(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "BIOGRAPHIE UNIVERSELLE, ANCIENNE ET MODERNE"

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



I 



é^2 . - â- . 



V"--; 



I 



^ 



^S . â - 



T- 



•2.6.5 ^/■^e.,-. . z/. ") 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE, 



ANCIENNE ET MODERNE 



GA— CH. 



\ 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE, 

ANCIENNE ET MODERNE, 



BIITOIBE, TitL ORDBE ALFBABETIQrZ , SE LA VIE TTBLIQrE ET rBIV£E DE 
TOUS LES HOMMES QTII SE SOUT DISTinoinÉS PAR LEURS ÉCRITS, LEUU 
ACTIONS , LEURS TAI^HTS, LEURS VERTUS OU LEURS CRIMES. 

OCVltlSB BHTlifttMEMT HEOP, 

ItÙDlG^ PAB VSE SOOÉTË DE GENS DE LETTHES ET DE SAVANTS. 



TOME SEPTIÈME.* 



A PARIS, 

CHEZ MICHAUD FRÈRES, LIBRAIRES, 

RUE DES BOIfS-EIfPLDTS, s", 34> 
SE L'IMPBIHEBIE DE L. G. HICHADD. 

l8l3. 



SIGNATURES DES AUTEURS 

,DU SEPTIÈME VOLUME. 



B— o. 
B-o- 



MM. 

A. Baiante fils (ob). 

A. B — ^T. Bbvchot. 

A— D. Artaud. 

A — ^D — R. Amar-Dvbiyier. 

A— G — R. AVGER. 

A — s. Avouis. 
B — BB. Balbe. 

f. Barahte fiU ( de ). 

BOUROOIKG. 
G — T. BoVRGEAT. 

I. Bbrbardi. 
Bellahger. 
B — p. Beaughamp ( Alphonse de ]. 
B-— SE. Bergasse. 
Boissobade. 

BlOT. 

B — u. Beauliev. 

C Chaumetob. 

C — AU. Catteau. 

c. G. Gadet-Gassxcoort. 

Ch— B. CbArob: 

C. M. P. PlLLBT. 

C — ^B. Castellab. 
C— R. Clavier. 

C. T — ^T. Coquebert bb Taist. 
C— ▼ — R. Cutier. 

D— o. Dbppibo. 

D. L. Delaulbatb. 
D. L. C Lacokbe (de). 
D — 1» — E. Delambre. 

D — M — T* Dbmusset-Pathat. 
D. M — L. De Noual^Lahoussatb. 
D>B L-B. Dauxiob-Layaisse. 
D — P— s. Du'Petjt-Trouars. 

Desportes (Bosghbbob). 

DURDEBT. 

D-d.£herig Datii>. 

ETRiès. 

P— E. • Fl^YéB. 

G— <. GibguebA. 

G-— B. GuiLLOB. 

Cr— R. GrOSIBR. 

€r — T. GuxioT. 



M~:DJ. 

M — ^LE. 
M— OB» 

N— L. 
P—E. 



MM. 

J. B. E—DJEsKéBARD ( J. B }. 
J'-B. JOURDAIB. 

L — lE. Last^trib. 

L— LB. Lagrbtblle. 

L— p— B. La Porte ( Hippoljte de }. 

L. R-— E. La REBAuoiiRE. 

L— B. Labdob. 

L — s. Labglâs. 

L — S^B. La Salle. 

L— •T—- L. Lallt-Tolebdaii (de ). 

L — V— E. LévÊSQUE. 

L— .T. L^ÉcuT. 
M — D. Mighaud, 

MiCHAUD jeune. 

Mebtelle. 

Marrob. . 

Noël. ^ 

P0BGE4 
P — R— L. Petit-Radbi^. 

Q — R— T. QUATREKÂRE-ROISST. 

R. G. Roquefort , revu par IML 

GiBGUEBi. 
ROSSEL ( OB }. 
ROBIB. 

Rhacis. 
Roquefort. 

SUARD. 

S. D. S—* t.Silyestre-db-Sagt. 
S—s. Sebobes(oe). 
s. S— I. Simobdb-Smmobdi. 

S— Y— T. SAYART. 

S— t: . Salaberrt ( DE ). 
T — D. Tabarauo. 

T — B. ToGHOB. 

u— I. USTÉRI. 

y. S— L. yiBGEBT-SAlBT-LAURBBT. 

V— YB. YlLLEBAYE. 

Yabboz (M»«.de}. 

Walkebabr. 

Wbiss. 

Revu par SI. Suabb. 

Anonjmet 



R— L. 
R— B. 
R— s. 
R— T. 

S— D. 



V— J 

W— R. 

W— s. 



Z. 



rx/. 



.' I 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE. 



IX»<»»^%%<%^^»^^^^^>^^l^^^^^^^i^^>^»^^<%i^^^»^i^^^^%^^^i^^^^^^^^H 



G 



vjANâGHUS, sculpteur grec, frère 
d'Aristoelès ( Voy. Aristocles ) , na- 
quit à S jcione , et florisssait, suivant 
Pline, dans la gS*'. olympiade, 4^ 
ans avant J.X. Élèye de Polyclète , 
il n'^ala point ce maître cëlèbre, 
parce qu'il conserva toujours dans ses 
ouvrages la roideur et l'âpretc' du 
style qu'on reprochait aux plus an- 
ciens sculpteurs. On pourrait conclure 
d'un passage de Gceron , que Gana- 
cbus avait adopté et conservait cette 
manière plutôt par système que par 
imperfection. Les principaux ouvra- 
ges de Ganachus , dont Pausanias 
parle fréquemment, étaient la Statue 
d^ Apollon Didjrme^ qu'il ut pour 
les Milésiens^ celle ai Apollon Ismé- 
nieny pour les Thébains; une Fénus 
assise f en or et en ivoire; la Statue 
deBjrceUus, qui, le premier, montra 
aux jeunes gens Fart du pugilat^ enfin, 
une des trois muses dont il est fait 
mention dans une épigrammede l'An- 
thologie^ attribuée à Antipater ; les 
deux autres muses étaient d'Ageladas 
et d' Aristocles. Ganachus fit encore , 
de concert avec Patrocle , trente-une 
statues de bronze , qui furent érigées 
dan^ le temple de Delphes en l'hon- 
neur des chefs grecs vainqueurs des 
Athéniens au combat d'Ëgos Potamos. 

L — S— E. 
CANALETTO (Antoine Ganal, 
dit le) , peintre , naquit à Venise en 
>^7 7 de Renard Ciinal ; peintre en 

vu, . 



décorations de théâtre* Il snivit la 
profession de son père, et montra 
dans ce genre une bizarrerie de pen- 
sées ^ une singularité et une promp- 
titude d'exécution qui lui donnèient 
bientôt de la réputation. Il se dé- 
goûta de cette profession, et passa à 
Rome , où il s'appliqua à étudier la 
nature et à peindre des ri|ines anti- 
ques. Revenu à Venise, il composa 
un grand nombre de Fues de cette 
ville , qui sont très recherchées. Dans 
ses perspectives, le Ganaletto se ser- 
vait de la chambre obscure pour ce 
qui regarde l'exactitude des lignes , et 
avait soin de corriger les défauts qui 
en résultaient quant à la teintede l'air* 
Il est le premier qui ait appliqué k la 
peinture l'usage de cet instrument 
d'optique, en le bornant à ce qui 
peut être utile. Ganaletto avait une 
telle liberté de pinceau, que les spec- 
tateurs peu instruits ne voyaient que 
la nature là où les connaisseurs re- 
marquaient toute la profondeur de 
l'art. Le Musée a six tableaux du Ga- 
naletto, tous d'un choix heureux et 
d'une finesse exquise. Geux qui re- 
présentent le Palais ducal et la 
Place de St-Marc à Venise offrent 
des effets admirables. On a publié 
d'après lui : Urbis Fenetiarum pros* 
pectus celehriores , en trente-huit pi. 
gravées par Antoine Vicentini, Ve- 
nise, 174^, in-fol. Les principaux 
élèves du Ganaletto sont Bernard Bel- 



!i CAN 

lotto y son neveu, et François Ouardi. 
Ils ont imité les belles lignes droites 
des fabriques de leur maître; mais 
ils n'ont pas toujours eu son exacti- 
^lde précise, et cette magie harmo* 
nieuse qui n'appartient qu'au Cana- 
letlQ. S'il est permis, de faire un re- 
proche à cet artiste , il faut le blâmer 
d'avoir néglige une étude importante. 
C'est souvent Tiepolo qui a composé 
les figures de ses tableaux; mais le 
Ganaletto a du peut-être à cette heii- 
teose de'fianoe de lui -ma me l'avan- 
tage de se perfectionner dans k genre 
qui lui était propre. 11 est mort en 
1 768. A— D. 

CaNALS y MARTI ( Juan Pa- 
BLo ) , fils d'un fabricant d'indiennes 
de Barcelonne, s'adonna à l'étude de 
l'histoire naturelle et de l'économie 
politique, et entreprit plusieurs voya- 
ges pour acquérir de nouvelles con-* 
naissances. Animé du désir de se ren- 
dre utile à ses compatriotes, il travailla 
k encourager et à rétablir en Espagne 
différentes branches d'agriculture et 
de conunerce , et surtout celle de la 
garance. Ses travaux furent récom* 
pensés par la place de directeur-géné- 
ral des teintures du royaume , que le 
roi lui accorda en 1 763. Il publia en 
1769 un ouvrage sur la garance , 
dans lequel il rapporte ce que Du- 
hamel avait écrit sur ce spjet, et ce 
qu'il avait appris par sa propre expé- 
rience. On y trouve aussi les diverses 
mesures et r^lements que le gouver- 
nement espagnol avait adoptés pour 
' encourager la culture et l'emploi de 
cette plante. Cet ouvrage a pour titre : 
Colecckn de lo pertenecienu al 
Bamo de la Rubia o Granza en 

£5/^afta, Madrid, in-4°* I^^'-'-ie* 

CANAPE ( JsAir ), selon La Croix 
du Maine , oiédecin de François P'. , 
vers iS^i f et lecteur des chirui^ens 
4e Lyon^ mérite que «on nom soit 



CAN 

conservé parmi les bienfàitenrs de 
l'humanité 9 pour avoir, le premier, 
enseigné la chirurgie en français , et 
traduit dans cette langue plusieurs 
ouvrages latins, où ne pouvaient pui- 
ser les élèves en chirurgie , alors trop 
peu instruUs. Ces ouvrages sont : L 
Deux livres des simples de Galien , 
swoir j le cinqmème et le neuviè- 
me j Pansai 555, in-16; II. le Zi-^ 
vre de Galien , traitant du mouve- 
ment des muscles ; lll. VAnaio^ 
mie du corps humain , écriu par 
Galien , Lyon, 1 585 , 1 54 1 9 in-8''. } 
ly. ÏAnaiomie du corps humain , 
écrUe par Jean FassCj dàxFassœuSy 
Lyon , 1 542 ; V. les Tables anato^ 
miques dudit Fassœus ; YI. Corn'- 
mentaires et annotations surlepro* 
loQue et chapitre singulier de Gui 
de ChauUac , Lyon, i54^ ; VIL 
Opuscules de divers auteurs médem 
cins , Lyon, i^u, in-ia; YlII. U 
Guidon pour les barbiers et les chi- 
rurgiens, Lyon ^ i538,in-i!i;Paiis^ 
1 565 , in-8''. ; 1 57 1 , in-.i 2. Z. 

CâNAPLES ( LE Sire de ), servit 
avec distinction sous François F', et 
Henri IL En i5a5, sous la conduite 
du vieux La Trémouille , il contribua 
k l'expulsion des Anglais de la Picar* 
die, sauva près de Corbie le sire de 
Créqui y son oncle, dont il était le 
guidon, en le dégageant d'un grof 
a ennemis ; et, n'ayant gardé avec lui 
que vingt gendarmes, il se défendit 
dans un défilé contre deux mille cinq 
cents chevaux , pour laisser au sire 
de Créqui et à sa petite troupe le temps 
de gagner Amiens ; enfin , accablé par 
le nombre, il fut fait prisonnier avec 
sept «endarmes : ie reste avait été tué. 
En I SaC , lorsqu'une fusée termina si 
singulièrement les jours du sire de 
Créqui, à Hesdin, en entrant par sa 
bouche et bhUant ses intestins , dî«> 
lent les histj(>ricBS du temps, le sire 



4e Canaples , qui était à côte de son 
iODclc y eut le visage brûle et manqua 
de perdre la yue. Nommé gouverneur 
de Montreuil , il obtint en 1 5a5 que le 
parlement de Paris sacrifiât six mois 
de ses gages pour f approvisionnement 
de cette place. Il y fut assiégé Fan 
•1557 par les Anglais , que comman- 
dait Floris d'Ëgmond, comte de Bu- 
res. On avait retiré de Moptreail pres*- 
que toutes les munitions , pour les met* 
tre dans la place de Saint^Pol , que 
le général anglais venait d'emporter; 
il avait fait passer au fil de Tépée 
toute la garnison, et menaçait du même 
sort celle que commandait Canaples. 
€e guenîer n'avait avec lui que mille 
if^onnaires et deux cents gentilshom*- 
nés de l'arrière -ban de Normandie; 
il manquait âe munitions ; cependant 
i( attendit , pour demander à capitu* 
1er, qu'une partie des remparts fut 
renversée par l'artillerie , et il obtint 
des conditions honorables. En 1 55a , 
le sire de Canaples fut un des volon- 
taires qui y avec trois priuces du 
ftang^ les deui fils aînés du conné- 
table Anne de Montmorenci, les La 
Tremouille, ks Mortemar, lesBiroa 
ctQD gr^md nombre de gentilshom- 
nies français, vinrent se réunir au 
duc de Guise pour défendre la ville de 
Metz contre Charles-Quint , et il se 
distingua dans ce siège mémorable. 
— Canaples , mestre-de-camp du 
i^^iment des gardes, après la^mort du 
maréchal de Créqui , son père , força , 
l'an 16^7 , le duc de Buckingham, 
qui avait débarqué dans 111e de fthé 
avec trois mille Anglais soutenus de 
cinq cents Bodielois, à se rembarquer. 
Canaples n'avait avec lui que douze 
cents hommes. V— ve. 

CANAVERl (jEAif- Baptiste), 
éféque de Verceil, naquit le a5 sep- 
tembre 1753 , à Borgomaro, où son 
pm exerçait la première magistraiiH 



càn s 

Ire. }i commença ses études à Giave> 
no, et les acheva dans l'université de 
Turin , ou il fut reçu docteur à l'âge de 
dix-huit ans. Il entra chc z les orato»- 
fiens de la même ville. Aucune science 
ne lui paraissait étrangère. 11 était à 
vingt-cinq ans l'admiration des savante 
qui se réunissaient chez lui pour jouir 
de ses entretiens. Ce fut surtout daiis 
l'éloquence de la chaire qu'il se distin** 
l^ia ; il improvisait tous ses discours* 
Victor-Amédée Phonora de son estime* 
Canaveri établit, sous la protection de 
M*^*. Victoive, soeur du roi , une maison 
pour les dames nobles qui désiraient 
se retirer du monde, et fit les plus ssh 
ges règlements pour cette institution^ 
qui existe encore. Nommé à l'évéchë 
de Bielle en 1797, il fut sacré â Rome 
le 6 août. Sur l'invitation de Pie VII , 
il s'en démit, en 1804^ à Texemplc de 
tous les prélats du ci-devant Piémont; 
et, lors de la nouvelle organisation des 
diocèses, il fut placé, le i*"'. février 
iBo5, sur le siège de Verceil, auquel 
se trouvait réuni l'cvéclié de Bielle. 
Bientôt après , il fut nommé premier 
aumônier de Madame Mère, etmem^ 
bre du conseil de la gi*ande-aumône- 
rie. Il mourut dans son diocèse, le 1 3 
janvier 181 1 . Son oraison funèbre fuC 
prononcée à Bielle et à Verceil. On e 
de J.-B. Canaveri des Panégyriques 
imprimés , entre autres ceux de S. Jo- 
seph , et de S* Ëusèbe y évéque de Ver- 
ceil ] plusieurs Lettres pastorales ea 
-latin et en italien , sur l'obéissance 
due aux sow^erains, etc. ; mais l'ou- 
vrage le plus considérable de ce prélat 
est celui qui a pour titre : Noiizia 
compendiosa dei monasterj délia 
Trappafondati dopo la riçobizùme 
diFrancia^ Turin, 17949 in-d"". 
L'auteur, dont le style est estimé , a 
kissé plusieurs manuscrits qu'on se. 
propose , dit-on , de faire imprimer». 

V— TB* 



•• 



4 GAN 

CANATE ( Phiufpe , sieur de 
Fresne de ), né à Paris en i55i , 
de Jacques de Ganaye , célèbre avocat , 
qui avait été nommé pour travailler 
k la réforme de la coutume de Pa- 
lis, fut élevé dans les principes du 
calvinisme. A l'âge de quinze ans, il 
voyagea en Allemagne et eu Italie , et 
profita même d'une circonstance fa- 
vorable pour se rendre en Turkie. Il 
écrivit la relation de son s^our àCons- 
tantinople , sous le titre à^Éphéméri-' 
des j et revint à Paris y où il suivit le 
barreau pendant quelques années avec 
une assez grande distinction. Henri III 
Je nomma conseiller d'état y place 
qu'il remplit de manière à se concilier 
1 estime des personnes mêmes qui ne 
partageaient pas ses opinions. Hen- 
ri IV le fit président de la chambre 
mi-partie de Castres , et il s'acquitta 
de ses nouvelles fonctions avec beau- 
coup d'iut^rité. Il fut ensuite employé 
â des commissions délicates y tant en 
Angleterre qu'en Allemagne , avec le 
titre d'ambassadeur. Chargé d'assister 
k la cclèbr^ couJEerence qui eut lieu à 
Fontainebleau, en 1600, entre Du- 
plessis Mornay , pour les calvinistes, 
et Du Perron, évequed'Ëvreux, pour 
les catholiques, Ganaye fut ébranlé 
dans sa croyance ; il eut ensuite k 
Venise , avec le P. Possevin , des con- 
férences qui le déterminèrent à abju- 
rer le calvinisme. Le pape Clément 
VIII le fëlicita de sa conversion par 
une lettre fort obligeante , et ce fut pro- 
bablement à cette circonstance qu'il 
dut d'êti'e nommé, l'année suivante , 
ambassadeur à Venise, avec la com- 
mission de terminer les différends 
survenus entre celte république et la 
cour de Borne ; il y réussit à la satisûc- 
tion des deux parties. Il mourut à son 
retour en France, le 17 février 161 o. 
Ph, de Ganaye était un honnête homme, 
TQuiant sincèrement le bien \ mais il 



CAN 

n'était pas grand politique ; aussi ses 
lettres et ses mémoires , relatifs aux 
diverses ambassades dont il avait été 
chargé , présen^nt peu d'intérêt. Ces 
pièces ont été recueillies par le P. Ro- 
bert ( Begnault), minime, avec un 
sommaire de la vie de Philippe de 
Ganaye, Paris, i655-36,3voLin-fol. 
Les pièces les plus importantes sont , 
au I*'. volume, le procès du maréchal 
de Biron , rédigé par de La Guesle , 
procureur général, et au 3^., l'his- 
toire des démêlés de la république de 
Venise avec les papes Qément VIII et 
PauJ V. W ^s. 

GANAYE ( Jean ), jésuite, né à 
Paris en 1 594 y professa les humani- 
tés dans cette ville , au collège de Cler- 
mont , fut ensuite recteur du collège 
de Moulins, puis de celui de Blois; 
s'acquit quelque réputation comme 
prédicateur, et parvint à être nommé 
supérieur des hôpitaux de l'armée d« 
Flandre. Il est moins connu par ses 
talents et par les emplois qu'il a exer- 
cés que par un petit ouvrage inséré 
dans les œuvres de St.-Évremond ^ 
intitulé : Conversation du maté» 
chai étHocquincourt et du P. Ca- 
na^e. Quelques-uns attribuent ce mor- 
ceau à Charleval. L'auteur a eu pour 
but de jeter du ridkule sur les prin- 
cipes des jésuites, concernant la grâ- 
ce. lUen de plus ingénieux que le ca- 
dre qu'il a imaginé. Les caractères des 
deux interlocuteurs sont parfaitement 
soutenus , et le contraste de la fran- 
chise un peu grossière du vieux guer- 
rier avec la droonspection et l'embar- 
ras du jésuite est très plaisant. I^a 
P. Ganaye est auteur : I. d'un Re-* 
cueil de lettres des plus saints et 
meilleurs esprits de Va/ntiquilé tou^ 
chant la vanité du monde, Paris , 
1 6sft8 f in-8''. : l'abbé de MaroUes fai- 
sait cas de oe recueil , ce qui ne prou-* 
Te rien pQur son mériteî IL des f^ers 



CAN 

français et Matins , imprioM^s clans 
le yolume intitulé : Ludovici XIII 
triumphus de Rupeîld capta, Paris, 
1628 , iii-4°* Il est mort à Rouen, 
k 26 février 1 67 o. W— s. 

CANAYë( Etienne de) , arricre- 
petit-neyeu de Philippe^ et cousin- 
germain de Jean, dont on vient de 
parler dans les deux articles prëcé* 
dents, naquit à Paris, le 7 septembre 
1694. Il était fils et petit-fils de deux 
doyens du parlement. Après qu'il eut 
£adt son cours de théologie au sémi- 
naire de St.-Magloire , son përe le 
pressa de prendre une charge de con- 
seiller-clerc, et ce fut pour se sous- 
traire à ses importun] tés qu'il entra , 
en 1716, dans la congrégation de^ 
rOratoire, dont le P. de Latour , son 
proche parent , était général . Il professa 
la philosophie avec beaucoup de dis- 
tinction au collée de Juilly, en sortit 
en 1 7^18 y pour complaire à sa famille^ 
et fîit reçu , la même année , de l'aca- 
démie des inscriptions. Le recueil de 
cette compagnie ne renferme que trois 
mémoires de lui ; ils sont écrits avec 
mi ordre, une précision et une élé- 
gance qui les font lire avec le plus 
gFflttd intérêt, et donnent du regret 
qu'il n'en ait pas multiplie le nombre. 
Quand ses amis lui reprochaient, à cet 
égard, de ne pas enrichir le public du 
irait de ses études : n Je veux toujours 
« demeurer dans la foule , leur répon- 
» dait - il. En littérature , comme au 
» théâtre, le plaisir est rarement pour 
» les acteurs. » Le premier de ces 
mémoires est sur V^iréopage, Il y re^ 
cherche l'origine et la fondation de ce 
tribunal , examine les qualités des ju- 
ges, la jporme de Knstruction et le 
Jugement des affaires. La connaissance 
profonde qu'il avait de la langue greOf 
que et sou goût décidé pour les ma^ 
tières philosophiques l'avaient déter- 
nôoé 4 débrouiller le cb^os de l'an^ 



CAN 5 

denne philosophie. 11 donna deux 
mémoires sur Thaïes y chef de l'école 
ionienne, et sur jinaximandre y son 
disciple. On y trouve des recherches 
intéressantes sur leurs vies, leurs dé* 
couvertes en astronomie, leur système 
touchant les causes premières ; et , de 
l'examen approfondi de ce système , 
considéré sous tous ses rapports , il 
tire des conséquences peu favorables 
à la doctrine de l'école ionienne. Sa 
paresse naturelle, son indifférence pour 
fa gloire littéraire, le désespoir de 
jamais pouvoir tirer quelque cnose de 
satisfaisant de l'ancienne philosophie , 
la crainte peut-être de se voir engagé 
dans la guerre qui commença vers 
cette époque entre les philosophes et 
les théologiens, le déterminèrent à 
quitter cette carrière, et sa retraite ht 
l'objet d'un mémoire très piquant, 
qu'il lut à l'académie ; mais qu'il n'a 
pas jugé à propos de rendre public. 
Cette retraite ne fut pourtant pas en- 
tièrement oisive. C'est ce qu'attestent 
ses livres, chargés de notes savantes^ 
surtout son Homère, pour lequel il 
avait une telle passion, qu'il le savait 
presque tout par cœur. L'auteur de son 
éloge, parmi ceux de l'académie des 
inscriptions , dit qu'il avait fait, dans 
sa jeunesse, des notes intéressantes 
sur Florent Chrétien, qui furent pei> 
dues, à son grand regret , par la ma« 
ladresse de ses domestiques, qui n'en 
connaissaient pas le prix. L'anecdote 
est rapportée d'une manière bien diffé- 
rente par l'abbé de St.-Léger : il dit 
que Florent Chrétien , grand- oncle de 
l'abbé Canaye , avait rempli un tonneau 
de corrections et de remarques sur les 
auteurs grecs , écrites sur de petites 
bandes de papier; que Cauaye, enfant 
et fort espièglf , ayant découvert le 
tonneau dans le coin d'un cabinet, 
s'amusa , avec ses frères , à brûler , 
déchiqueter; faire voler ces morceaiu( 



6 



CAN 



de papier , de sorte qne h tonncAu ht 
bientôt vide. L'abbë de St. - Léger 
ajoute , te qui supposerait une indiifë* 
Tcnce peu konorable dans un bomme 
de lettres, que Canaye, à quatre-vingts 
ans , riait encore aux éclats de cette 
espièglerie de son enfance , qui avait 
causé une perte irréparable. Le même 
M)liographe raconte que d'Âlembert, 
9mi de Tabbé Ganaye, auquel il a dédie 
son Essai sur les gens de lettres y lui 
ayant présenté le manuscrit du Dis- 
cours préliminaire de VEnc^clopé" 
die , Tabbé , après l'avoir parcouru, le 
jeta au milieu de la chambre^ en disant : 
« Fi donc ! cela ne vaut rien ; » qu'en* 
suite il l'apostilia , le retoucha , fit des 
retranchements , et de nombreuses ad* 
ditions, lui donna de la couleur, de 
1a vie, et en fit un chef-d'œovre{ Rem, 
à la suite de la notice de Mercier- 
Su-Léger^ par M^ Chardon de la 
Rochette ). L'abbé de Canaye portait 
dans la sodété les qualités- les plus 
propres à rendre un homme aimable^ 
intéressant ^ et surtout une singulière 
indifférence pour tout ce qui n'est 
bon qu'à flatter la vanité. On rap^- 
porte à ce sujet, qu'un de sts amis , 
voyant dans la chapelle de son château 
de Montereau , diverses armoiries, et 
lui demandant quelles étaient les sien- 
nes , il lui faUul recourir à aon cachet 
])onr satis&ire ir la question , et que 
c'était pour la première fois de sa vie 
qti'il avait pensé à l'examiner. Son 
excellente constitution et la régularité 
constante de sa vie lui conservèrent 
une santé ferme et vigoureuse jusqu'à 
la fin de sa longue carrière. Il mourut ~ 
des suites d'une attaque d'apoplexie, 
le 12 mars l'j 8^. T— ». 

CANDâGE. On donnait ce nom à 
]a mère du roi, dans l'ile de Méroé^ 
liu-dessus de Syéné. Il est question 
dans l'histoire de quelques reines de 
«9 nom 2 ^ui gouvernaient saiii doute 



CAN 

pendant la minorité de leurs éls. Phw 
sieurs auteurs anciens prétendent que 
c'était la coutume des Éthiopiens d'é-* 
tre gouvernés par des reines qui Vap 
pelaient Gandaces {Voy* les ouvrages 
de Pline, Eusèbe, Strabon , Ptotémée, 
etc. ) Suidas parle d'une Gandace qui fit 
prisonnier Alexandre- le- Grand, ce 
qui est sans doute une faUe. -— Une 
autre Gandace^ privée d'un œil, fift 
une irruption en Egypte y sous le rè'^ 
gne d'Auguste, l'an 20 avant J«-C.r 
Elle prit et pilla tontes les villes sur 
son passage y jusqu'à Éléphantine^ 
mais T. Pétronius, préfet de l'Egypte^ 
s'étant mis à sa poursuite, pénétra 
dans ses états qu'il pilla à son tour , ce 
qui la força de rendre le butin qu'eHe 
avait fait et de demander la paix. -«-« 
11 est question dans les Actes des 
apôtres, ch, VIII, v. a j, d'une au- 
tre Gandace, reine d'Ethiopie, dont 
l'un des eunuques fut baptisé par S4 
Philippe. C—R. 

GANDALE { Henri de Nooaret 
ji'ÉpERNoir, duc de) , fils aîné du fa<* 
meux duC'd'Ëpemon, fut gouverneur 
de l'Angoumois, de la Saintonge et de 
l'Aunis , en survivance de son père , 
en 1596. En 161 2, entratné par de 
mauvais conseils, il s'éloigna de sou 
père, et se rendit , l'année suivante , à 
k cour de l'empereur. Il offrit ses ser« 
vices au grand-duc de Toscane, qui ar-r 
mait contre les Turks , et il s'embarqua 
sur la flotte de ce prince , à Givita-Vec^ 
cbia. Il fit des prodiges de valeur à 
l'attaque d'Agliman , forteresse impor^ 
tante dans la Caramanîe : on lui dut le 
succès de cette expédition. La forteresse 
Alt prise, pillée et minée par les Flo- 
rentins. En 16149 il fut fait premier 
gentilhoinra^ de la cbaifibre du roi 
Louis XIIL Quelques mois après , em« 
porté par le dépit, il prit le parti dcx 
princes , parut embrasser le calvinist 
mei tty dsQs uoe assemblée des calvivi»* 



CA'ir 

«nde Nîmes, en i6i5,ilfttt âëclanS 
gênerai des Gevennes. Rendu bieutoC 
après à sa religion et k son père , il 
rentra dans lé devoir. La guerre se 
ralluma en 1621 , entre l'Espagne et 
la Hollande ; il servit sous le prince 
li'OraDge , général des Hollandais y en 
qualité de colonel d'un régiment d'in- 
fanterie. Ed 1622 y il se jeta dans Ber- 
goe , assiégée par Spinola y et se si- 
gnala à toutes les attaques où il se 
trooTa. Il se démit alors des gouverne- 
ments d'Ângoumois, de Saintonge et 
d'Aanis. Il commanda les troupes de 
la république de Venise dans la Val- 
teline, en i624. H fut en i65o géné- 
ral de Pinfanterie vénitienne; cheva- 
lier des ordres du roi en i633. Mé- 
content de n'avoir p^s obtenu le bâton 
de maréchal de France , aigri contre 
le cardinal de Richelieu , il retourna à 
Venise, dont la seigneurie l'élut géné- 
ralissime de ses armées. Le cardinal de 
la Valette^ son firere, ménagea son 
raccommodement avec le cardinal de 
Bichelieu. Il revint en France , et fut, 
en 1 656, lieutenant-général de l'armée 
de Guyenne y sous le duc d'Epernon y 
•on père , puis del'arméede Picardie , 
et enfin de celle d'Italie, sous le car- 
dind delà Valette; il y commanda jus- 
qu'à sa mort, arrivée à Casai , le 1 1 
fé?rier 1639. Il avait quarante-huit 
ans. D. L. C. 

CANDALE (LotJis-CHARLEsGis- 

TOir DE N0GAf«ET DE FonC , duC DE ) , 

ne à Metz en 1627 , était fils de Ber- 
nard de Nogarct, duc d'Epernon, et 
de Gabrielle-Angélique , légitimée de 
France , fille naturelle de Henri IV , 
petit^ib du fameux duc d'Epernon , et 
neTeu du précédent. H eut en 1649 
nn riment d'infanterie de son nom , 
commanda les troupes en Guyenne y 
sous le duc d'Epernon son père, qui 
consentit «n i65a h lui céder la 
diarge de colonel-général de Finfante*^ 



CAS 7 

lie française. 11 fut pourvu , ta même 
année , du gouvernement d'Auvergne 
sur la démission du cardinal Mazarin, 
et commanda l'arméede Guyenne après 
le comte d'Harcourt en i6S^. Lieute- 
nant-général de l'armée de Catalogne 
sous le prince de Gonti et le raaré« 
chai d'Hocquincourt en i654 9 il 
concourut à la prise de différentes 
villes. Apres le départ dn prince de 
Conti, il coDunanda ea chef dette même 
armée; mais le peu de troupes qu'il 
avait et des pluies eontinuelies ne lui 
permettant pas de tenir la campagne , 
il revint en France , et tomba ttalade à 
Lyon , où il mourut le !:^8 janvier 1 658. 
Son oraison funëbrefut prononcée par 
le P. Jacques d'Autun (de Gfaevanes ) , 
capucin , Dijon y 1 658 y in - 4°* , et par 
plusieurs autres. On peut voir dans 
oaint-Evremont un portrait intéres- 
sant de ce brillant chevalier, qui pas- 
sait pour le personnage le plus ga- 
lant de son siècle. •— Suzanne-Hen- 
riette de Foix de Candale se rendit 
recommandable par sa piété. Son ne* 
veu Beisunce a écrit sa vie ( Fojr. ^ 
Belsvnce). D. L. g. 

GANDAMO ( Francisco Baiides 
T ) y auteur dramatique espagnol y 
d'une famille noble dans le royaume 
des Asturies, travailla pour le théâtre 
de Madrid, reçut de Gharles II une 
pension qui cessa d'être payée pen- 
dant la guerre de la succession, et 
mourut dans findigence en 1 7 09. Sui- 
vant Vélasquez, les pièces de Ganda- 
toO méritent le siiccès qu'elles obtin- 
rent h la fin du 1 7°. siècle : « La vrai- 
*» semblance y est, dit-il, conservée; 
Il les incidents sont naturels, les carac- 
9 tères bien tracés, le dialogue spirituel 
^ et le style élégant. » En-deçà des Py- 
rénées , cet éloge peut paraîtiie exagé- 
ré. Une des meilleures pièces de Can- 
damo est sa comédie héroïque^ inti- 
tulée : el Escliwo en grillos de orù 



8 



CAN 



( Tesdave aux. chaities d'of ); on y 
trouve cependant de longs et fades 
discours écrits en vers assez harmo- 
îiieux, et un mélange ridicule de scè- 
nes historiques et de scènes romanes- 
ques. Le sujet de la pièce est tiré de 
rhbtoire de Trajan. Linguet a traduit 
de Gandamo , dans le 4*^» volume de 
son Théâtre espagnol y une comédie 
en trois journées, ou actes , intitulée: 
el Diielo contra su dama. Le théâtre 
change trois fois dans le premier acte ; 
la scène est successivement dans un 
jardin , dans un palais, dans une forêt; 
il y a quelques situations heureuses y 
des intentions comiques y du désordre 
et du mouvement. V^— ve- 

CANDâULË , que les Grecs nom- 
ment M^rsile y était fils de Myrsis , 
roi de Lydie ^ de la race des Héra- 
clidés. Il succéda à son père , et , 
comme lui , fixa son séjour à Sardis. 
H aima les arts. Pline dit qu'il acheta 
fort cher un tableau de Bularque, sou 
contemporain. Sa femme est nommée 
u^hro par Abas , Nyssia par Ptolé- 
mée Ephestion^ Tydé on Clutiafar 
cl'autres auteurs; tous s'accordent à 
dire qu'elle était d'une rare beauté. 
L'événement qui, suivant Hérodote, 
amena la mort de Gandaule est ainsi 
raconté par cet historien. Le roi^de 
Lydie» encore plus vain qu'épris des 
charmes de la reine , voulut , en les 
montrant sans voile à Gygès , Pun de 
^s 'gardes et son favori, qu'il corn- 

I)rit bien tout le bonheur de celui qui 
es possédait. Gygès se défendit , Gan- 
daule insista, et le plaça dans im 
lieu secret où il pût tout voir ; mais 
quelques précautions qu'on eût pri- 
ses, la reine aperçut Gygès, et dissi- 
mula. Dès le lendemain , ne son- 
geant qu'à se venger de l'injure qu'elle 
avait reçue, elle voulut punir , par un 
crime , la folle iniprudence de son 
époux, fit vçnir Gygès ^ et ne lui 



CAN 

laissa le* choix qu'entre sa prompte 
mort et le meurtre de son roi. Gan* 
daule fut assassiné, et Gygès devint 
possesseur de sa femme et de son 
royaume. Quelques auteurs ont pensé 
qu'une passion secrète de la reine avait 
eu autant de part que la faute de Gan- 
daule à la sunite élévation de Gygès. 
Quoi qu'il en soit, l'action de la reine 
de Lydie vengeant l'afiront fait à sa 
pudeur, a trouvé des apologistes dans 
S. Jérôme et dans Agathias. Plutarque 
et d'autres historiens rapportent d'une 
manière bien différente la révolution 
qui plaça Gygès sur le troue de son 
maître. Il se révolta contre lui , et ce 
fut les armes à la main , avec le se- 
cours des Gariens, qu'il vainquit GauT 
daule , et le tua sur le champ de ba- 
taille, vers l'an 716 av.J.-G. Ge prince 
avait régné dix-huit ans. 11 fut le der- 
nier roi de la maison des Héraclides, 
qui , suivant Hérodote , régnèrent , 
sans interruption, pendant un es- 
pace de cinq cents années et dans le 
cours de vingt-deux générations. ( F* 
les Recherches sur les rois de Ly^ 
die et sur les rois de Carie, par 
l'abbé Sévin, dans les Mémoires de 
Y académie des belles-lettres , t V, 
pag. !25:2 etsuiy.y et t, IX, p. iil^-- 

125). V— VE. 

GANDAULE. Foy. Gampolle. 
GANDIAG ( Jeait-Louis-Pieeuue- 

E¥.lSAB:pTn DE MONTGALM DE ), Cufaut 

célèbre, né au château de Gandiac, 
près de Nîmes ^ le 7 novembre 17191 
mort à Paris , le 8 octobre 1726* 
Sa vie n'eut que sept ans de durée , 
et cependant , outre sa langue ma^ 
ternelle qu'il connaissait par princi* 
pesy il avait des notions assez avan- 
cées de latin , de gf*ec et d'If ébreu ; il 
{)ossédait toute l'arithmétique, savait 
a fable , le blason , la géographie , et 
plusieurs parties importantes de l'his- 
toire sacrée et proismCy ancienne e^ 



moderne. Candiac attira rattention et 
les hommages des savants à Frimes , 
ii Montpellier, à Grenoble, à Lyon , 
à Paris. Cest pour lui que fut imaginé 
le bureau typographique. L'inven- 
teur de ce moyen d'instruction ( voy, 
Dumas ) mit d'ailleurs à développer 
les Êicultés de son élève toute l'afTec- 
tion d'un proche parent ; car les liens 
du sang, quoique non avoués^ unis- 
saient le maître et le disciple. A la mort 
de celui-ci , causée par une hydropisie 
de cerveau , l'instituteur désolé eipri- 
ma ses regrets dans une épitaphe his- 
torique , dont il orna la tombe de cet 
enfant extraordinaire, dans l'église de 
St.- Benoit , à Paris. V. S — l. 

, CANDL\NO ( Pierre P'. ), doge de 
Venise, élu le 17 avril 887 , après 
Fabdication de Jean Particiaccio. Il fit 
la guerre aux Narentins et aux Escla- 
vons, et it fut tué par eux , après avoir 
gouverné cinq mois seulement. On 
loue son courage, sa piété et sa géné- 
rosité. La famille Sanudo , qui a donné 
des magbtrats et des historiens dis- 
tingués à Venise, prétend être la même 
qui portait dans les 9°. et i o**. siècles 
le nom de Candiano, A la mort du 
premier doge de ce nom , son prédé- 
cesseur, Jean Paiticiaccio , qui avait 
abdiqué, remonta sur le trâne, jusqu'à 
ce qu'une nouvelle élection lui eut 
donné pour successeur Pierre Tri- 
buno. — Candiano (Pierre II), doge 
de Venise, succéda, en 952, à Orso 
Particiaccio. Il était fils de Pierre Can- 
diano V', La république de Venise 
n'avait point encore entièrement se- 
coué la dépaidance de l'empire d'O- 
rient , et Pierre Candiano brigua et 
obtint de la cour de Constantinople la 
dignité de protospathaire. Il prit Co- 
macchio, il imposa un tribut à Capo- 
d'Istria, et il fit avec succès la guerre 
aux Narentins. Il mourut en 969, et 
il eut pour successeur Pierre Parli- 



GAN 9 

daccio; — Candiano( Pierre III ) , 
succéda, en 94^9 à Pierre Particiaccio. 
Pendant le gouvernement de ce doge, 
les pirates de Tri este enlevèrent , au 
milieu de l'église de Castello, douze 
épouses vénitiennes, qui devaient être 
mariées le même jour, la veille de la^ 
Chandeleur. Ils pénétrèrent dans l'é- 
glise le sabre à la main , et ils les en- 
traînèrent sur leurs vaisseaux ; mais 
avant qu'ils pussent les conduire k 
Trieste , ils furent atteints par le doge 
Pierre Candiano , qui les poursuivit 
avec toutes les galères de la république, 
et qui leur enleva leur proie , après le 
combat le plus acharné. Une fête an- 
nuelle iiit instituée en commémoration 
de cet événement. Au jour anniver- 
saire de cette victoire , douze jeunes 
filles étaient conduites en triomphe 
dans tous les quartiers de Venise, et 
mariées aux frais de la république. 
Un fils de Pierre Candiano, du même 
nom que lui, se révolta contre son 
père; mais il fut battu sur la place du 
nialto, et fait prisonnier. Un décret 
l'exclut à perpétuité des emplois pu- 
blics; et, dans son exil àKavennc, il 
arma en course contre la république. 
Cependant , son père étant mort en 
959, il fut unanimement élu pour lui 
succéder. — Candiano ( Pierre IV )• 
La loi portée contre lui n'empêcha pas 
qu'à la mort de son père on ne lerappc « 
lât de Raveque pour le mettre à la tête 
de l'état. Il déploya , pendant un assez 
long règne , des talents pour la guerre 
et pour l'administration ; il obtint des 
empereurs d'Orient et d'Occident des 
privilèges pour la république ; le pape 
enfin , à son intercession , augmenta la 
juridiction du patriarche de Grado; 
mais , en même temps , Pierre IV indis- 
posa le peuple par son faste et son or- 
gueil; il s'entoura d'une garde étrange* 
re , et voulut qu'on lui obéît comme à un 
roi. Une révolte, dirigée par Pierre Ur-» 



i« CAN 

sëolo , éclata en 976; le palais du doge 
fut attaqué, et , comme les séditietu ne 
pouvaient en forcer l'entrée, ils mirent 
le feu anx maisons voisines. II y en eut 

5 lus de trois cents de détruites. Le 
oge, en voulant échapper auxflam* 
mes, fut massacré avec son fils encore 
enfant. Pierre Urséolo , qui avait diri- 
gé contre lui la sédition, lui succéda* 
— Cawdiano (Vital), frère du pré- 
cédent, succéda, en 978, à Pierre 
XJrséulo, qui s'était fait moine. S ré* 
concilia les Vénitiens. avec Otlion II, 
^ui était fort irrité contre eux ; mais 
après quatorze mois de règne , il revê- 
tit rhabit de moine, dans le couvent 
de St.-Hilaire , et il y mourut quatre 
jours après. Tribune Mémo fiit son 
successeur. S. S— -x. 

CANDIDE, prêtre de l'Eglise ro- 
maine , fut envoyé dans la Gaule par 
S. Grégoire-Ie»Grand , au mois de 
septembre 5q5 , pour y gouverner le 
patrimoine de S. Pierre , précédem- 
ment confié aux soins du patrîce Dy- 
namius. Candide fut chargé de re- 
mettre au roi Childebert de la limaille 
des chaînes de S, Pierre, afin qu'il 
portât au cou cette relique. S. Gré- 
goire écrivit aussi à ce prince et k 
Bninehaut, sa mère, pour leur re- 
commander son nouvel agent. Dans sa 
lettre à Childebert, le pape disait : 
' « Vous êtes autant au-dessus des au- 
» très rois, que les rois sont au-des-< 
» sus des autres hommes. » Suivant 
les instructions qu'il avait reçues, 
Candide employa les revenus du pa« 
trimoine de S. Pierre en œuvres de 
charité. Il fournît aux pauvres de quoi 
se vêtir. Il acheta plusieurs jeune&Bre^ 
tons de leurs parents idolâtres, les fit 
baptiser, instruire dans lesmonastères^ 
et préparer pour la mission que S. 
Grégoire avait envoyée en Angleterre 
sous la conduite de S. Augustin .V — \ e. 
CANDIDEDEFULDE. r.Uwif. 



CAN 

CANDIDO DECEMBMO. rqyet 
Decembrio. 

CANDIDUS , né dans llsaurie et 
chrétien de religion , avait écrit rhis-« 
toire des empereurs grecs, dçpuis le 
règne de Léon de Thrace , l'an 4^7 de 
notre ère, jusqu'au commencement 
de celui d'Aoastase, l'an 491- «Son 
style était très affecté, au jugement de 
Photius,' qui nous a donné un extrait 
de cet ouvrage dans sa Bibliothèque , 
cod, 79 ; on le trouve aussi dans le» 
Excerpta de legationibus ,| Paris , 
1648, in-fol. Candidus mourut vei-s 
la fin du 5". siècle. C — a. 

CAN DIDU S ( P Aif tale'ok ) , minis- 
tre protestant à Deux- Ponts , né en 
Autriche en 1 54o, mom ut le 5 février 
1608. Son nom était ffeiss, qu'il 
latinba suivant l'usage de son siècle ; 
il a publié : I. Gotiberis, hoc est 
de gothicis per Hispamam regUnis è 
TeuUmicd génie oriundis hbri VI^ 
Deux-Ponts, 1 597 , in-4°v ^I- ■^^^o,-' 
les seu Tabudœ chronologicœ ad an^ 
num 1 60a ^-Strasbourg, 1602, in-S".; 
III. Belgicarum rerum epitome ah 
anno 74^ ad ann, i6o5, Francfort^ 
1 606 , in-4''. } IV. Bohemiades , sit^e 
de ducibus Bohemiœ libri 121 et de 
regibtts Ubri F ^ carminé complexi, 
Strasbourg , 1 590 , in-4^' On a encore 
du même auteur : Epigrammala et 
orationes funèbres, 1600, in-8°.; 
Orationes funèbres ex Mose concUw 
natagy Deux<-Ponts, I6o6,iu-8^, et 
Orationes funèbres ex Uhris Samue- 
lis, regum, ehron,et Jobi concinna^ 
tas , Baie, 1608, in-8". -^ Candidv» 
( Gerhard ) est auteur d'une histoire 
intitulée : De rébus SelgkiSy impri- 
mée à Francfort en i58o, et, en 
1 583, dans le rcaieil donné par Arnold 
Freytag , sous ce litre : Scriptores très 
de rébus Belgicis. •— Caitdidvs 
( Jean ) , jurisconsulte , est connu par 
une histoire de kTilled'Aquilée : Com- 



CAir 

mèfOoridlrum jiqmleiensiuni lihri 
FUI, Venise, i5ai, ia-fol. Celte 
Instoire a été inse'rée dans le tome YI 
du Trésor des antiquités de GraTÎns, 
et traduite en italien^ Venise, 1 544» 
in*^". Jean Ckindidos avait aussi com- 
posé une histoire des rois de France , 
depuis Pharamond juscpi'à Louis XI , 
sous ee titre : De origine regum Gai- 
Uœ. Cette histoire était conservée ma- 
nuscrite dans la biUiothèqne des mini- 
mes à Paris. V— VB. 

CANDIOTE, r. BoKiFACE III. 

CANDISH ( Thomas ) , gebtilhom- 
me du eomté de Snfiblk , encoura^ 
par le succès de l'expédition de Drake 
dans la mer du Sud, partit de PH* 
moath le aa }uiHet i586, avec trois 
vaisseaux. Sa navigation fut heureuse : 
]e!i7 de décembre y il relâcha dans un 
port sur la côte des Patagons , et rap- 
pela pori Désiré j du nom du vaisseau 
qu'il mtmtait. U entra le 6 janvier 
i587 ^^'^'^'^ ^® détroit de Magellan; le 
lendemain , il prit à bord de son vais- 
seau vingt-un Espagnols, restés seuls 
de cette colonie , qui avait été conduite 
en ce lîea par le canitaine Sarmiento. 
Le gouvernement d Espagne avait cni 
pouvoir réussir à fortifier et à défénf- 
dre l'entrée de ce détroit; mais de 
quatre cents hommes et de trente 
femmes > il ne restait que les malheu- 
reux qu'y trouva Candish. On voyait 
encore les restes du fort appelé Phi- 
Uppeyâle, Le capitaine anglais donna 
à cette Gobnie le nom de Péri de For 
mine. Après avoir passé le détitÂt et 
fait de grands dégâts sur les côtes du 
Chili , du Pérou et de la Nouvelle-Es- 
pagne , il lut obligé de brûler un de 
ses vaisseaux a cause de la diminution 
de son équipage, et tourha aux Phi- 
lippines , après avoir été séparé de 
Fautre, qu'on n'a jamais revu. Il ren- 
tra à Plimouth le 9 septembre 1 588. 
Gaudisb entreprit un second voyage 



CAK M 

avec (ine flotte de cinq bâtiments, et 
partit de PUmouth le 6 août iSgi. 
La traversée fut assez heureuse; mais 
on éprouva une terrible tempête sur 
la cote des Patagons. Toute la flotte 
se rejoignit cependant le 8 mars 1 Sqa 
dans le port Désiré, et. entra dans !• 
détroit de Magellan ; mais les vents 
furent si constamment contraires, que 
les vaisseaux ne purent doubler le 
cap Froward; bientôt les vivres man* 
quèrentf les froids excessifs firent 
périr la pltq>art de eeia qui étaient 
descendus à terre : quelques bâtiments 
dumdonnèrent Candish. Pour comble 
de disgrâce , les Anglais forent, à leur 
retour, battus par les Portugais sur 
les côtes du Brésil. Candish, accaUé 
de fatigues et de chagrin , mourut en 
route en 1 SqS. M— le. 

CANDIÏO ( PlERSE DE WlTTE ; 

dit), peintre, naquit^à Bruges vers 
1548. U peignait également bien k 
fresque et k l'huile, et modelait en 
terre. Ayant entrepris le voyage d'Ita- 
laUe, il travailla beaucoup à Rome 
avec Vasari dans le palais du pape. 11 
exécuta aussi à Florence plusieurs pa- 
trons de tapisseries et quelques au« 
très ouvrages pour le grand - duc. 
Maximilîen , duc de Bavière, le prit 
ensuite k son service, et le séjour pro<- 
longé que ce peintre fit k Munich a 
&it croire k de Piles qu'il était né dans 
cette ville. Cet artiste y peignit pres- 
que en entier les ornements du palais 
du prince. On lui doit aussi les dessina 
iiès Ermites de Bavière^ gravés, ainsi 
que plusieurs autres dessins de sa main, 
par deux des Sadeler ( Jeau et Ra- 
phaël )• Gilles Sadeler a gravé d'après 
iui les Quatre Docteurs de VEgUse^ 
Les estampes faites d'après Pierre de 
Witte, portant son nom italianise en 
celui de Candito, ou Candide^ la plu- 
part des biographes ont parlé de lui 
sotts ces derniers noms, D«-^* 



sa 



CAN 



CANDOLLË ( Pyramus DE ), kn- 
primeur-libraire à penève , quelques- 
uns disent à Cologny, petite ville sur 
les bords du lac. On lit en effet ce nom 
sur les livres qu'il a imprimes. 11 alla 
s'ëtablii: en i6i 7 à Yverdon. CandoUe 
était instruit; mab il n'a cependant ëtë 
qu'éditeur des ouvrages que quelques 
personnes lui ont attribués. C'est Clau- 
de Fauchet qui est auteur de la traduc- 
tion de Tacite qui porte le nom de 
CandoUe , Anvers , 1 696 , in - 8**. ; 
Douai, 1609, in- 12. Parmi les livres 
sortis des presses de cet imprimeur ^ 
on remarque ; I. les Œuvres de Xé- 
nophon^ docte philosophé et valeu^ 
reux capitaine athénien, nouvelle^ 
ment traduites en français y recueil- 
lies toutes en un volume , et dédiées 
mu roi par P, de Candole^ Cologny , 
^6 1 3 , in-fol. ; Yverdon , 1 6 1 9 , in- 
8^. ; on attribue ces traductions à 
Simon Goulard, à Cl. de Seissel, et 
autres auteurs. IL \] Histoire des 
guerres d' Italie ^ traduite de Gui- 
Chardin par Chemedejr^ nouvelle 
édition, revue, corrigée et augmentée 
des observations politiques , militaires 
et morales de François de Lanoue^ 
etc., par Pyrame de CandoUe, Genève, 
1693, 1 vol. in-8°. j III. Trésor de 
Thistoire des lanç^ues de cet univers 
( rqy, DuRET ). Outre les soins d'imr 
primeur , P. de CandoUe a donné à ces 
ouvrages des soins d'éditeur. CandoUe 
était originaire de Marseille, et l'on 
remarque un Bertrand de Candolus, 
qui se distingua en 1 5^4 ^^^ ^^ ^'^^ 
de quarâinte jours que soutint cette ville 
contre le connétable de Bourbon et le 
marquis de Pescaire, commandant les 
Impériaux, Le botaniste , notre con« 
temporain , qui porte le nom de Can- 
dole , est de la même famiUe. Z. 

CA^DOiUER (J^an), maire de 
la RocheUe sous le règne de Charles 
V I se ^ryit , dit Fi:ois$af 4 » d'ua 



CAN 

singulier stratagème pour cbâsser lef 
Anglais qui occupaient la citadelle. Il 
assembla secrètement les principaux 
bourgeois, leur fit part de son projet, 
et leur dit : a Nous en viendrons aisé- 
» ment à notre honneur; car Philippe 
9 Mancel (c'était le nom du comman- 
» dant de la garnison anglaise ) , n'est 
» pas trop malicieux.» LelendemaiD, 
U invita Mancel à diner , et lui mon- 
tra un ordre supposé d'Edouard, roi 
d'Angleterre, portant injonction do 
passer en revue la garnison avec la 
bourgeoisie. Mancel qui, comme la 
plupart des gens de guerre de ce 
temps, ne savait pas ure, examina 
les sceaux qu'il reconnut pour être 
ceux d'Edouard : ils étaient attachés à 
d'anciennes dépêches reçues dans une 
autre occasion. Mancel pria le maire 
de Ure l'ordre prétendu, et Candorier 
lut ce qu'il voulut. Mancel promit 
d'obéir. Le lendemain , 8 septembre 
i5n^,iï fit'sortir la garnison , laissant 
seulement onze des siens dans la cita« 
délie ^ mais à peine les Anglais eurent* 
ils passé les fortifications, que douze 
cents Bochellois, qui étaient en embus* 
cade f se mirent entre eux et les rem- 
parts , tandis qu'un autre corps s'a- 
vança pour les envelopper. Mancel fut 
contraint de se rendre à discrétion. 
Les onie soldats restés dans le fort, 
sommés par le maire de se rendre , 
avec menaces d'être décapités sur le 
pont*levis en cas de résbtance, se 
soumirent sur-le-champ. Candorier 
ayant informé Du Guesclin du succès 
de sa ruse , le connétable somma \eê 
Rochelois de reconnaître le roi Charles 
y , comme ils avaient promis de le 
faire, et ajouta que, s'ils manquaient k 
leur parole, il brâlerait leur ville, ail 
» n'est pas aussi facile d*y entrer que 
« vous pouvez le croire, » répondit le 
député envoyé par le maire, et le cobt 
nétable repiit; «Si les rayons du so» 



CAR 

» lA percent dans l'enceinte de la Ro- 
» chelle , Du Guesclin saura y pënë* 
* trer, » Cependant, il consentit à en- 
trer en nc^odation , et y après la con« 
clusion du traité, il se présenta pour 
entrer dans la Rochelle. Le maire , qui 
Tattendait hors de l'enceinte, le pria 
de s'arrêter sur le seuil de la porte 
qui était traversée d'un cordon de 
soie; il lui présenta les privilèges de 
la ville , et Du Guesclin fit serment , au 
nom du roi, de les conserver. Alors 
le cordon fut coupé , et les Français 
entrèrent aux cris de Montjojre au 
roi de France notre sire I Candorier 
fut anobli par Charles Y , et reçut du 
monarque de riches présents. La con- 
quête de la Rochelle sur les Anglais 
Ait rapidement suivie de celle de la 
plupart des places qu'ils occupaient 
alors dans l'Aunis , la Saintonge et le 
Poitou- ( P^qy. Froissart). V*— ve. 

CANE FAQNO. F. Faqwo. 

CANEPARI (Pi£aB£-MARi£), 
médecin , né à Crémone , ou , selon 
d'autres, à Crème, dans le I6^ siè- 
cle, exerça sa profession à Venise, 
où il publia un ouvrage intitulé : De 
atramentis cujuscumque genens in 
sex descriptiones dwisumy lôig^ 
in-8% n y traite des difierentes espèces 
d'encre, et étale souvent une érudi- 
tion fort étrangère au sujet. Cet ouvra- 
ge a été réimprimé plusieurs fois : Ve- 
nise, lôag, in-4''M Londres, 1660; 
et Rotterdam, 17 18, in-4^. L'édition 
de Londres est la seule qui soit re- 
cherchée. W—- s. 
, GANÈS. Foy. Canhes. 

GANETTA ( Don André Hurtido 
DE Mendoza, marquis de ) , gouver- 
neur de Cueuça, envoyé au Pérou en 
i555, en qualité de vice-roi, par 
Philippe II , pour y rétablir le calme , 
fit son entrée publique à Lima au 
moif de juillet i557. Uniquement oc- 
cupe d'aiffermir l'autorité royale ^ il 



CAN 



iS 



proscrivit tous les^ Espagnols qui 
avaient été engagés, soit dans les fac- 
tions de Pizarre et d'Almagro, soit 
dans les révoltes de Se'bastien de Cas- 
tille, de Godiuez et de Giron. Ceux 
qui évitèrent la mort fîirent bannis et 
dépouillés de leurs biens. Cet inflexi- 
ble vice-roi porta ensuite son attention 
sur les Péruviens , et particulièrenient 
sur les princes Incas , ou enfants du 
Soleil, qui avaient survécu à la perte 
de leur empire. Par une négociation 
habilement conduite , il attira , en 
i588, hors de sa retraite, le prince 
Sairi-Tapac , fils de Manco II, et lui 
assura un établissement honorable 
dans la jiu*idiction de Cuzco, afin de le 
tenir plus sûrement sous sa dépen- 
dance. Son excessive sévérité à l'égard 
de ses compatriotes lui ayant suscite 
des ennemis à la cour, Philippe II lui 
nomma un successeur , et le rappela 
en Espagne. Le vice-roi fut si sensible 
à cette disgrâce , qu'il en moiurut de 
chagrin à Lima , en 1 56o. B — p. 

CAINEVARI ( Demetrio ) , méde- 
cin , né à Gènes en 1 SSq , mort en 
1625 , à Rome y où il se distingua à la 
fois comme médecin et comme littéra- 
teur. Sous le premier rapport, nous 
avons de lui : I. De ligno saneto 
commentarius , Rome, 1602, in-S**.; 
il. Morborum omnium , qui corpus 
humanum affligunt , ut decet et ex 
arte curandorum accurata et ple^ 
nissima melhodus, Venise, i6o5 , 
in-8°,; et Gênes, 1626 j III. Jlrs 
medica. Gênes , 1626 , in>fol. ; IV. 
De primis naturdfactorum princi-* 
piis commentarius , in quo quœcum^ 
que ad corporum naturam , ortus et 
inieritûs cognitionem desideraripoS' 
sunt , accuratè sed breviter expUcan^ 
tur , 1626; V. Commentarius de 
kominis procréations Quoiqu'il fut 
premier médecin du pape Urbain VII, 
on le taxait d'une ayarice sordide, qui 



\ 



i4 CaN 

ne lui permettait de ùire de dépense 
qiic pour sa bibliotkèque , aussi était* 
elle fort renommée. Z. 

GANGE ( Charles du Fassme , 
sieur dit ), naquit à Amiens, le i8 
décembre 1610. Son père, qui était 
pévôt royal de Beauquesoe, Fenvoja 
de bonne heure au collège des jésuites 
d'Amiens , où le jeune Du Gange ne 
tarda pas à se distinguer par son ap* 
plication et par (a vivacité de son es- 
prit. Après avoir achevé ses études , il 
alla faire son droit à Orléans, vint 
ensuite à Paris, fut reçu avocat au 
parlement, le 1 1 août i65i. Ayant 
fréquenté le barreau pendant quelque 
temps, il revint dans sa patrie, où il 
se livra à l'étude de l'histoire considé- 
rée dans toutes ses parties. Après la 
mort de son père , D« Gange épousa , 
le 19 juillet i638 , Catherine Du 
Bos , fille d'un trésorier de France à 
Amiens, et, sept ans après, en i645, 
il acheta cette même charge , dont les 
occupations ne l'empêchèrent pas d'a- 
chever les grands travaux qu il avait 
entrepris. La peste, qui, en 1668, 
ravageait la vilfe, le força d'en sortir 
pour venir s'étd)lir à Paris , où il se 
trouva à même de consulter les char- 
tes, les diplômes , les titres , les ma- 
nuscrits, et une foule d'imprimés qu'il 
lui aurait été impossible de trouver 
ailleurs. M. ^Hérouval, son ami , lui 
procura beaucoup de pièces curieuses, 
«t l'aida souvent dans ses recherches. 
Attaqué , en 1688, d'une strangurie, 
il mourut des suites de cette maladie, 
le 23 octobre de cette année. Aux ti- 
tres de bon fi^ls, de bon époux et de 
bon père , Du- Gange joignait une dou- 
ceur , une affabilité et une raodes^ 
extrêmes. Il a rempli une carrière de 
soixante-dix-huit ans par une muki- 
tude de travaux littéraires , dont le 
nombre paraîtrait incroyable , si les 
•riginaux, tous écrits de sa main^ 



CAN 

n'étaient encore en état d'être mo»* 
très. On tr<mve réunis dans ses ou- 
vrages les caractères d'un historien 
consommé, d'un géographe exact, 
d'un jurisconsnlte profond , d'un gé- 
néalogiste éclairé , d'un antiquaire sa- 
vant, et pleinement versé dans k con- 
naissance des médailles et des inscrip- 
tions, il savait presque toutes les lan- 
gues, possédait à fond les belles-let- 
tres , et avait puisé dans un nombre 
infini de manuscrits et de pièces ori- 
ginales, des connaissances sur les 
mœurs et sur les usages des siècles les 
plus obscurs. Les savantes pré&ces 
de ses glossaires font encore preuve 
d'un génie philosophique, et sont , en 
leur genre, ce qu'on peut lire de meil- 
leur pour le fond et pour le style. 
Aussi, en parlant de ces glossaires, 
Bayle a-t-ii dit : « Où est le savant, 
9 parmi les nations les plus fameuses 
» pour l'assiduité au travail et pour 
» la patience nécessaire k copier et à 
» ùnre des extraits, qui n'admire là- 
» dessus les talents de M. Du Gange, 
» et qui ne l'oppose à tout ce qui peut 
» être venu d'ailleui'S en ce genre-là ? 
» Si quelqu'un ne se rend pas à cette 
» considération générale , on n'a qu'à 
» le renvoyer ad pcenam libri : qu'il 
» feuyiette ces dictionnaires , et il 
1» trouvera, pour peu qu'il soit con- 
1» naisseur, qu'on n'a pu les compo- 
» ser , sans êd*e un des plus laborieux 
» et des plus patients honmies du 
» monde. » Du Gange a publié les 
ouvrages suivants : L Histoire de 
t empire de ComtanUnople sous les 
empereurs francois f Paris, imprime- 
rie royale, 1657 ^ in-fol. Cet ouvragt 
est divisé en deux parties ; la première 
contient l'histoire de la conquête de 
Gonstantinople par les Français et les 
Vénitiens, en 12049 écrite en vieux 
français , pr Geofrix>y de Ville-Hap- 
douin, .avec une version à coté; le. 



Mxte rmi et corrige sur un manutcrit - 
àe la bibliothèque royale , enrichie 
d'observations historiques , et d'un 
^ossaire , a-vec la suite de cette his- 
toire , depuis 1220 jusqu'il 1240 , 
tirée de l'histoire en vers par Philippe 
Mouskes^ chanoine , et depuis ëvéque 
de Tournay. La seconde partie con- 
tient une histoire de ce que les Fran- 
çais et les Latins ont fait de plus mé- < 
morable dans l'empire de Gonstanti* 
nople depuis qu'ils s'en sont rendus 
maîtres , jnstiliëe par les écrivains du 
temps et par plusieurs chroniques et 
chartes , et antres pièces non encore 
imprimées. IL Trotté historique du 
chef de S. Jean- Baptiste , Paris , 
1666 , in-4*'* j in* JHistoire de S, 
Louis , roi de Frsnce , écrite par 
Jean^ sire de JoinviUe ^ Paris, 1668, 
in-fol. Cet ouvrage , enrichi de nou- 
velles observations et d'un grand nom- 
bre de dissertations curieuses , con- 
tient les établissements de S. Louis, 
le conseil de Pierre de Fontaines, et 
plusieurs autres pièces concernant ce 
règne, tirées des manuscrits. IV. Joaji' 
lus Cimami historiarum de rébus 
gestis à Joarme et Manuele Conp- 
nenis Ubri FI, grœcè et latine cum 
noiis historids etphilologicis ^ Paris, 
imprimerie royale, 1670, in-fol. ; V. 
Mémoire sur le projet d'un nouveau 
recueil des historiens de France ^ 
avec le plan général de ce recueil , 
inséré dans la BihUothèqtie histori- 
que de la France, par le P. Lelong ; 
VI. Ghssarium ad scriptores me- 
dùeet ù^mœ latinitatis, Varis^ 1678^ 
5 vol. m-fol. 'f réimprimé dans le 
mèoMt format à Francfort, 1681 , 
puis en 17 10; nous en avons une 
nouvelle édition en six volumes ,4>u- 
bliée par les bénédictins ( Foy. €ar- 
FEHTiER ). VIL Lettre ^ sieur JV,, 
conseiller du roi ^ à son ami M. Jlnt. 
d^fférowfal^ au sujet des U^ 



CAN i5 

belles ifui de temps en temps se pu- 
blient en Flandres contre les RR, 
PP. Henschenius et Papebroch , jé^ 
suites (Paris ), 1682, in-4\; VllL 
ffistoria Byzantina duplici com' 
mentario illustrata , Paris , 1680 , 
in-foL Cet ouvrage , divisé en deux 
parties, contient d'abord l'histoiro des 
empereurs d'Orient, de leurs famille?, 
avec la description des médailles frap- 
pées sous leur règne , et ensuite une 
description de la ville dcxConstanti- 
nople, à l'époque où elle était gouver- 
née par les empereurs chrétiens. IX. 
Joannis Zonarœ annales ab exor- 
dio mundi ad mortem Alexii Com- 
neni , gnécè et latine , cum notis, Pa- 
ris, imprimerie royale, 1686, 2 vol. 
in-fol.; X. Glossarium ad scriptores 
mediœ et injimœ grcecitatis , Paris, 
1688, 2 vol. in-fol. , aussi curieux et 
aussi recherché que le Glossaire latin ; 
XL Chronicon paschale à miindo 
condito ad fferaclii imperatoris an- 
num vigesimum y Paris, 1689, in- 
fol. Cet ouvrage était k l'impression 
lorsque Du Gange mourut ; il fut soi- 
gné pr Baluze , qui le publia , et mit 
en tête l'éloge de notre savant. On a 
publié sous le nom de Du Gange': //- 
Ijrricum vêtus et novum , Presbourg, 
1 746 , in-fol. Le comte Joseph Kegle- 
vich de Huztn en est l'éditeur, et a 
composé seul la premièie partie : il a 
tiré la deuxième de V Histoire byzan^ 
Une , citée plus haut, N**. VIII. Après 
la mort de Du Gange, ses manuscrits 
autographes, sa nombreuse et riche 
bibliothèque, passèrent à Philippe Du 
Fresne, son fils aîné , homme instruir, 
et qiH mourut quatre ans après son 
père , sans avoir été marié. François 
Du Fresne, son frère, et deux sœurs ^ 
recueillirent sa succession , et vendi- 
rent sa bibliothèque : la plus g'rande 
partie des manuscrits fut achetée par 
î'abhé de Camps , qui n'en fit au- 



i6 



CAN 



cun usage , et les céda au libraire Ma- 
nette ^ qui les revendit en partie au 
baron de Hohendorif. L'autre partie 
fut acquise par d'Hozier , le généalo- 
giste. Le gouvernement français y pé- 
nétré de l'importance de tous les écrits 
de Du Gange y parvint, avec beaucoup 
de peine, à rassembler la plus grande 
partie des manuscrits autographes de 
ce savant, et, quoiqu'ils fussent dissé- 
minés à Paris , à Amiens et à Vienne , 
il en est très peu de perdus. Voici la 
notice de ceux qui sont conservés au 
dépôt des manuscrits de la Bibliothè- 
que impénale , et qui doivent être di- 
visés eu trois classes ; la première con- 
cerne l'histoire de France en cénéral ; 
la seconde, l'histoire générale de la 
province de Picardie ; la troisième 
traite de difiërents sujets. La première 
contient tout le plan d'une géographie 
historique ancienne et moderne de 
tous les pays compris dans l'ancienne 
Gaule, entre le Rhin, les Alpes, les 
Pyrénées , l'Océan et la Méditerranée. 
Plusieurs dissertations qui devaient 
entrer dans cet ouvrage, sont com- 
mencées. Les dissertations sur les Bé- 
bryces , sur la Gaule narbonnaise et 
sur l'Aquitaine sont presque achevées. 
A ce travail, on doit joindre d'abord un 
volume intitulé : Gallia , dont on ne 
peut concevoir l'érudition qu'en le par- 
courant, quoique ce ne soit qu'une 
table de noms a rec des citations ; puis 
une Histoire de France divisée en sept 
époques. La plus grande partie des dis- 
sertations est achevée , quelques parties 
même sont complètes, et , pour celles 
qui ne le sont pas , les matériaux sont 
considérables et les secours abondants. 
Ces pièces forment plusieurs volumes, 
et caitous ou portefeuilles. Huit mille 
articles leufermés dans trois grands 
portefeuilles pour un Nobiliaire de 
Fiance, ou une Histoire des grands 
fiefs ) des Catalogues historiques , ou 



CAN 

dépouillement par noms de tous les tî« 
très originauiL de la chambre des comp-* 
tes, rangés chronologiquement depuis 
I :ioo jusqu'en i S 1 5 ; une Histoire des 
seigneurs , comtes et ducs de Guyse ; 
une Histoire des comtes de Montagu 
dans les Ardennes; un Traité du droit 
des armoiries ; un grand nombre de 
corrections, remarques ou additions 
sur l'histoire de S. Louis et sur les 
chroniques de Moiistrelet. La seconde 
partie des manuscrits de Du Gange se 
compose d'abord de cinq volumes in- 
fol., contenant les extraits de tous les 
titres originaux qu'i} avait lus sur la 
Picardie et sur la Gaule belgique,puis 
un portefeuille de plus de trois cents 
pièces originales copiées par lui pour 
servir de preuves à cette histoire ; en- 
suite un volume contenant des renvois 
pour les noms de lieux , et enfin un 
autre volume pour les noms de fa* 
milles , etc. La troisième classe ren- 
ferme deux volumes de dissertations 
sur toutes sortes de sujets ; un porte- 
feuille de recherches sut l'histoire 
d'Angleterre , avant le règne de Guil- 
laume-le-Conquérant; un autre porte-, 
feuille sur les anciens oracles, pris 
séparément; une Généalogie fort avan- 
cée des rois de Hongrie ; des maté- 
riauximmenses sur les rois de Bohême, 
les marquis et ducs d'Autriche , les 
ducs de Moravie , les marquis de Sty- 
rie , les marquis , comtes , ducs et rois 
de Saxe, les ducs de Sclavonie, les 
ducs de Sles wic , les ducs de Naples et 
les ducs de Spolète ; des recherches 
considérables sur les anciennes fa- 
milles de Constantinople, de Jérusa- 
lem , et autres d'Orient. Tout ce qui 
est relatif aux croisades , partie aussi 
importante que curieuse, est achevé. 
Un autre ouvrage non moins intéres- 
sant est un volume intitulé : Princï" 
pautés d'outre'-mery ou familles d'O" 
ritnU , c'est-à-dire, une histoire des 



CAN 

principautés et royaumes de Jérusa* 
lem, de Chypre et d'Arménie, et des 
Êunilles qui les ont possédés (i). Une 
histoire des familles normandes qui 
ont conquis la Fouille, la Calabre et la 
Sicile ; une nouyelle édition de Ville- 
Hardouin , tellement retouchée , cor- 
rigée et augmentée, qu'elle devient un 
oiivrage entièrement neuf. Enfin -un 
grand nombre de lettres contenant une 
foule de projets utiles , et qui deman- 
daient la plus vaste érudition. Tous les 
livres qui composaient la bibliothèque 
de Du Gange étaient chargés de notes 
de sa main (2). R— t. 

GANGIAGE , ou CABIAZI (Luc )• 
Fcry* Gambiaso. 

(i^ Cet ouvrage est complet. On voit par pluf 

simn lettrée de H. Anision, qui était en corre»* 

pundaace avec Da Gange , en i w8 , qae cet impri- 

neur te propoaaït de le mettre sous presse. 

(a ) Les onse rolnmes des manuscrits de Du Cançe, 

3 m étaient à Vienne , parent recouvrés par les soin! 
uckaueelicrd^Aenessean j qui tenta plusieurs fois 
de faire imprimer les princxpanx de ces manuscrits 
avant la mort du caniinal de Fleurj. Ce projrt fut 
repria «n 1750, et Ton doit regretter qiril ait été 
abandonné n avait été approuvé par Secousse, 
Foncemagae , D. Boumet , D. Vaissette , de Boxe , 
I« président IJén«ut, Charpentier, etc. Cétait Jean 
Charles Dnfresne d^Aubigny , neveu de Du Cange , 
qai, poesessenr dhi ne grande partie de ses mattu»> 
crits, se proposait de les publier , et qui fit impri- 
mer à cet eflPet : i**. Notice det owraget manus' 
eritsde M, Du Cange ^ Paris ^ I7i3)0, in-4'^. Cette 
notice de vingt-trois peges^ qui parut dans le Jou/^ 
nul dexSavanls^ est divisée en deux parties, dont 
la première contient la description des manuscrits 
qni étaient à Vienne; elle est incomplète. «Les 
» onze volâmes revenus de Vienne, dit d'Aobignj 
» dans nn de ses projets manuscrits , fournissent 
» au-delà de ce qni est énoncé dans l'imprimé. » 
a*. Mémoire hirt'ori^ue ttw let manuscrits de 
M. Du Congé , i^Sa , in-4<'. ; 3*^. Uémoire histo- 
rique pour servir à l'éloge de Charles Dufresne 
Du Cange { ParU^, 1766, 10.4". et in-8''. ; 4». 
Projet ntr remploi des manuscrits de M. Du 
Cange , compris dans la notice imprimée en 
t^5o, à la suite du Journal des Sas^ants, manus- 
crit, in-fol. ; 5^. Ouvrages de M. Du Cange en 
état éTtlre imprimés sans aucune révition^ raa- 
mucrit , iB-4*'> 1 ^î « *▼«« 1' précédent , fait par- 
tie de ma coUection. On peut encore consulter sur 
Du Cange le P. Nicéron, t. VIII ; Perrault, Hommes 
illustres^ t, I; Baluse , Epistola devild et morte 
C. Du Cange ad Eus, Renaudotum , Paris , i()88, 
in-ia , réimprimée a»-devant jlu Chronieon pas' 
chale^ Paris, 1698, in-fol. ; V Eloge de Du Can^^ 
•ouronné par l*académie d^Amiens en 1764 , par Le 
Sage de Sanûae , Amiens , in-ia i cet éloge n*a pas 
été imprimé U On conserve dans les registres de la 
yaéme académie plusieurs éloges manuscrits de On 
C«n^e , par Hérissant et autres auteurs. On trouve 
ayast va long aruc'e sur Du Gange dans VHistoire 
lutêraire da la ville d'Amiens , par Tabbé Dairf . 

yii. 



CAN 17 

CANGI AMILA (François-Emma- 
1vu£l), inquisiteur-général du royaume 
de Sicile, et chanoine de l'église de 
Palerme, né en celte ville le i*'. jan- 
vier 1 702 y est connu par un ouvrage 
intitulé: Embrj'ologia sacra ^ con- 
tenant des avis aux femmes sur la con- 
duite qu'elles ^doivent tenir durant 
leur grossesse, et aux médecins sur 
les précautions à prendre dans l'ac- 
couchement pour assurer le baptême 
des enfants. Il publia cet ouvrage en 
italien , puis le traduisit en latin , et 
le fit imprimer , avec des additions , à 
Palerme, 1758, in-fol. L'abbé Di- 
nouart (/^o/. Dinouart ) en a donné 
une traduction française abrégée, sous 
le litre i Embr/ologie sacrée y Paris ^ 
1 762 et 1 766, in- 1 2, à laquelle lemé-^ 
decin Boux a eu part. Cet ouvrage a été 
traduit encore en différentes langues , 
et, ce qui est assez remarquable, en grec 
moderne par le jésuite Yelastie. Il ne 
méritait pas ce succès, puisque l'auteur 
montre assez peu de jugement pour 
attribuer quelques accouchements dif- 
ficiles au soitilégc et à la malice du 
démon. On a encore de Gangiamila un 
Discours sur les moyens de rap^ 
peler les noyés à la vie, imprimé 
dans un recueil d'opuscules de diffé- 
rents auteurs siciliens. Il est mort le 
7 janvier 1763. W— s. 

CANINI ( Ange ), d'Anghiari en 
Toscane, né en i52i , fut un très 
habile grammairien , au jugement de 
Downe, de G. J. Vossius, de Lance- 
lot, de Lefevre, de Scaliger. A la con- 
naissance de la langue grecque, qui 
lui valut ces honorables suffrages ,Ca- 
nini joignait la connaissance de l'hé- 
breu, du syriaque et des autres langues 
orientales. 11 erra long-temps , ensei- 
gnant toutes ces langues, à Venise , à 
Padoue, à Bologne, à Rome, en Es- 
pagne. François I". l'attira à Paris 
pour être professeur à l'université^ et 



i8 CAN 

il est assez singulier que du Boulay et 
Crëvier ne fassent aucune mention de 
Canini dans leurs histoires dé Tuni- 
Tersitë. Ce fut à Paris, et non en Hon- 
grie, qu'il. eut poui* écolier André Du- 
dith ( Voyez Duditu ). Il fut ensuite 
attaché à Guillaume Duprat, évêque 
de Glermont, et mourut en Auvergne 
en i557.^ioolas Antonio cependant , 
sur le témoignage de François Foreiro, 
le dit mort à Séville, et, à ce titre , 
lui a donné place dans sa BibUotkeoa 
Extero-Hispana^ faisant partie de sa 
Bihliotheca Hispana nova. Voici la 
liste des ouvrages de Canini : I. De 
lods S. Scripturœ hehreucis commen- 
taria, imprimé avec les Quinquage- 
nçs d'Antoine de Lebrija , Anvers , 
i6oo,in-8°,; II. Dehellemsmo,i 555^ 
in 4*** 9 réimprimé avec les notes de 
Charles Hauboès , Paris, 1578, in- 
8". , et Londres, 16 1 3 , in-8'*.; réim- 
primé à Leyde en 1 700 , par les soins 
de Thomas Crenius, qui, outre quel- 
ques notes, y a ajouté une pré&ce, 
dans laquelle il donne la liste des hom- 
mes et des femmes illustres qui s'ap- 
pelaient Jlnge ; III. InstituUones lin-- 
guarum sjrriacœ , assjrriacœ et thaï" 
mudicœ unà cum œthiopicœ et ara- 
bicœ collaiione , quibus adéUta est 
ad calcem N, T. mullorum locorum 
historica enarradoy Paris, Chai'les 
Estienne, i554, in-4'*«; IV. Gram- 
matica grœca , Paris , in-4°.; V. une 
version latine du commentaire deSim- 
plicius sur Epictète , imprimée à Ve- 
nise, i546,in-folj i569,in-fol. 

A. B— T. 
CANINI ( JÉRÔMB ) , d^Anghiari , 
ëtait neveu du précédent. Il com- 
posa quelques ouvrages et publia un 
grand nombre de traductions. Parmi 
ses ouvrages , nous citerons : I. ffisto- 
ria délia eletUorie e coronatione del 
re de* Romani , etc. , Venise , les 
Juntes , 1 6 1 a , iQ-4^ > H* ^Jorismi 



CAN 

poUtici cavaii dalV fUstoria di Fr. 
Guicciardini , Venise , lôaS , in« 1 2* 
Canini traduisit en italien : i *'. le Trai* 
té de la cour y de Denis du Refuge , 
et il y joignit des notes , Venise , 1 Ô!» 1 , 
iiM!i ; 2". les Aphorismes politiques 
sur Tacite, de l'espagnol d'AÛmo 
Varienti : on les a réimprimés dans 
la traduction italienne des Œuvres 
de Tacite, donnée par Adrien Politi , 
Venise , les Juntes , 1618 et 1620, 
in-4\j 3^ Y Histoire de Louis XI , 
de P. Matthieu , Venise , 1628 j 
in-4°* :'il y joignit un Giuditio po^ 
litico sopra la vita di esso re ; 
4". les Lettres du cardinal d'essai ^ 
in-4°., Venise, 16*29; 5". la CenA»- 
logie de la maison de Bourbon ^ 
Venise , 1 638 , in-4". V — ^ve. 

CANINI (Jean- Ange) ^ peintre et 
graveur, né à Borne et mort dans la 
même ville en i665. Quoiqu'élève du 
Dominiquin , il profita peu de ses le- 
çons , mais il réussit beaucoup mieux 
dans le genre des pierres gravées, qu'il 
dessinait avec beaucoup de finesse. 
Ayant accompagné eu France le car* 
dinal Chigi, légat du Saint-Siège, il 
présenta au grand Cotbert le projet 
qu'il avait conçu , d'un recueil de por- 
traits des héros et des grands hommes 
de l'antiquité, plan que M. Viscouti 
exécute aujourd'hui avec plus de soins 
et de critique, et avec un grand luxe 
typographique. Colbert, toujours dis- 
posé à favoriser les arts et les lettres , 
engagea l'auteur à offrir cet ouvrage à 
Louis XIV. Canini, de retour dans sa 
patrie, avait déjà conunencé avec suc- 
cès son entreprbe , lorsque la mort le 
surprit.— Son frère, Marc- Antoine 
Canini, sculpteur, s'étant chargé de 
terminer cet ouvrage, eu fit graver les 
figures, au nombre de cent quinze , 
par Etienne Picart le Romain , et par 
Guillaume Valel.'Il le publia en italien 
en 1669, in-foliO; sous ce titre: Ico^ 



CAsr 

nografia ai Gio. Jng. Caninl; \t 
mot êi iconographie , invente à cette 
occasion par C^ni , pour designer la 
connaissance des portraits des person- 
nages célèbres , a été généralement 
adopté. Les dix dernières planches 
n'ont pas d^explication, ce qui faitiioii- 
jecturcr que î'ouVrage n'est pas ter- 
miné. Cette collection, accompagnée 
d'explications savantes et curieuses, 
dont Jean-Ange n'avait Êiit que les 
soixante-trois premières, prouve l'éru- 
dition des deux frères Câuini ; mab 
on y désirerait pins de choix et de 
critique. Elle a été réimprimée à Ams'^ 
terdam, en français et en italien, > 7^ i y 
in-4'*- La traduction est de Cbevrières» 

P— E. 

CANISIUS (Pierre), né à Nimè* 
gue le 8 mai 1 5^ i , fut d^abord attà*. 
ché au clergé de Cologne, et entra eii- 
snite chez les jésuites à l'âge de vingt- 
cinq ans. Il y enseigna ta théologie^ 
s'aoqmt une grande réputation par son 
talent pour la chaire, surtout à Vienne, 
où il devint prédicateur de l'empereur. 
Ferdinand , et parut avec éclat au cons- 
ole de Trente. Son zèle pour la pro-^ 
pagation de la nouvelle société lui va- 
lut l'honneur d'en être fait le premier 
provincial en Allemagne. Les héréti'- 
ques, auxquels il ne cessa de faire la 
guerre, l'appelaient, par allusion à son 
nom, le chien d'Autriche, Le Saint- 
Si^e, pour le récompenser, le nom- 
ma nonce en Allemagne. Le P. Canisius 
mourut le 2 1 décembre i Sgy , à Fri- 
bourg en Suisse , dans le collège qu'il 
y avait établi. Ses livres ne sont pa$ 
profonds , mais ils sont instructifs. Il 
est principalement connu par l'ouvrage 
intitulé : Summa doCtrinœ chtistia- 
ncCy dont l'édition la plus complète a été 
donnée par le P. Busée , Paris , 1 585, 
in-ibl. Il a été traduit dans toutes les 
langues; en illyrien, i583, iu*4°v 
oo grec par leP.Mayr^ P):ague, 1612, 



CAI* 19 

îh-S**. ; Augsbourg, grec et latin, 
1612, m -8°. L'auteur en donna un 
abrégé , dont la meilleure édition est 
<Selle d'Augsbourg, 1762, par les 
soins du P. Windehofer; puis un fort 
bon Catéchisme, encore plus abrégé, 
dont les jésuites faisaient usage dans 
leurs i^blléges. Les autres ouvrages de 
Canisius sont une édition des Sermons 
et des Homélies de S. Léon^ Lou- 
vain, i566, in-12; des Commen- 
iaria de verhi diçini corruptelis , 
contre les centuriateurs de Magde- 
bourg, lugolstadt, i585, 2 vol. in- 
fol. , et divers autres écrits, tant h-, 
tins qu'allemands , dont on trouve la 
liste dans Paquot. Sa vie a été com- 
posée par Raderus et Joachim, en fa- 
tin, Munich, 1623, in-8". ; pr le 
P. Dorigny, en français , Paris, 1 707, 
in- 1 2 ; par le P. Langora, en italien ;, 
mais la meilleure de toutes est celle du 
P. Foligatti, dans la même langue. 

T— D. 
CANISIUS ( Henri ) , neveu du 
précédent, natif de Nimègue, après 
avoir fait ses études à Louvain ^ fut 
appelé à Ingolsladt, où il professa le 
droit canon pendant vingt-un ans, et 
mourut en 1610. C'était un savant 
modeste et laborieux. Son principal 
ouvragé est intitulé : Anlîqutte Lectio- 
nés , Ingolstadt , 7 vol. in-4**. , 1601 
à 1608. Comme il faisait imprimer 
les pièces de ce recueil à mesure qu'il 
les découvrait, elles y sont mises sans 
ordre de dates, et dans une très 
grande confusion. Les règles de la 
critique littéraire n'avaient pas été 
ajppliquées de son temps aux monu- 
ments ecclésiastiques ; de^-là vient que 
Canisius n'a pas assez démêléleft faus- 
sés pièces des vraies , et qu'il s'est 
quelquefois trompé sur le nom des . 
auteurs auxquels il les attribue. Il avait 
promis des notes et des éclaircisse- 
ments } mais il mourut sans avoir rem- 



20 



CÂN 



pli cette promesse. Basnage a remèSli 
à ces défauts daDS rëdition qu'il en a 
publiée , SOUS le titre de Thésaurus 
monumentorum ecclesiasticorum ^ 
Amsterdam , sous la rubrique d'An- 
vers, 1725 , 7 tomes qu'on relie or- 
dinairement en 4 ou 5 vol y in-fol. , 
dans lesquels l'éditeur a fondu le sup- 
plément de Steyartius. It mit toutes les 
Înècesdans leur ordre naturel, remplit 
es lacunes à faide de manuscrits , y joi- 
gnit les yariantes^ ajouta de nouveUes 
pièces, orna cette édition de notes pour 
expliquer les endroits difficiles et ob- 
scurs , et d'une savante préface , ou il 
discute plusieurs points intéressants 
de l'histoire ecclésiastique. Il y fit 
us^e de quelques variantes de Gappe- 
ronier ; mais il négligea celles qui 
avaient été recueillies par Gretser, et 
il paraît qu'il ne connaissait pas le 
supplément au cinquième tome, publié 
par Canisius, sous le titre de Promp' 
tuariunij qui contenait cinq pièces aé 
plus. Tous ses ouvrages sur le droit 
canon ont été recueillis par Valère 
André, Louvain, jd^^/m'^**. C'est en- 
core à Canisius qu'on est redevable de 
la première édition d^la Chronica FiC' 
toris TununensiSy Ingolstadt, 1600,' 
in-4''* ; d'une édition de YÙistoria 
miscellayàe Paul Diacre^ ibid., i6o3, 
în-i2 , et de quelques autres ouvrages 
dont parle Paquot , qui , dans ses mé^ 
moires pour servir à Vlùstoire litté* 
raire des "Pays-Bas^ donne le détail 
de toutes les pièces contenues dans 
les LecUones antiquœ. Le Moréri de 
1759 donne aussi cette liste; mais 
ils ont l'un et l'autre oublié de mention- 
ner le Promptuariumy et ne donnent 
que sis volumes aux Lectiones anti' 
quœ. — Canisius ( Jacques ) , son ne- 
veu , né à Calcar, dans le duché de Qè- 
yes, entra chez les jésuites, y enseigna 
les humanités et la philosophie pen- 
dant plusieurs années ; et mourut le 2 7 



GAN 

maS 16479 ^ Ingolstadt, où son onde 
l'avait attiré. Il est auteur d'un traité 
du baptême^ intitulé : Fons saluds» 
On a aussi de lui Meditationes sacrm 
super mysteriis ChristietB.Firginis 
€t super virUUibus acvitiis y 16289 
in-8°.; Hyperdulia Mariana, i636, 
in- 16; j4rs anium, seu de hono mor- 
tis , i63o , in- 12. Il a traduit divers 
sermons de ses confrères , de l'italien 
et de l'espagnol, en latm, ainsi que les 
P^ies des Saints , de Ribadeneira, 
auxquelles il en a ajouté beaucoup 
d'autres, i63o, in-fol. — Cimsius 
( Henri ) , né à Bois-le-Duc vers. 
16249 ^^'^'^ ^^^ l'ordre des ermites- 
de St.-Augustin, fut prieur du couvenl 
de Tenremonde, puis à Tirlemont et à 
Maëstricbt. Il mourut le 4 "i^rs 1 689. 
On a de lui : I. Camûnum fasoiadus ; 
II. Manipulas sacrarum ordinatio-' 
Tiumy Louvain, 1661 , in-12 ; III* 
Fax y et una chantas , per casque 
chara unitas ; Anvers y i685 , in-foL 

T— D. : 
GANITZ ( FaEoÉRiG-BoDOLPBS* 
Lotjis, baron de), poète allemand , 
né à Berlin en i654, ^^ ^^ études à. 
l'université de Leyde , et manifesta de 
bonne heure un goût si décidé pour 
la poésie, qu'il lui arrivait souvent de 
mettre ses idées en vers, sans y pen- 
ser. Sa vie ne fut cependant pas con- 
sacrée à la poésie; après avoir sou- 
tenu , en 1674, une dissertation De 
cautelis principum circa coUoquia 
et congressus mutuoSy il fit quelques 
voyages et entra dans la carrière di- 
plomatique. Le grand électeur de 
Brandebourg, Frédéric-Guillaume, le 
nomma d'abord son chambellan , en- 
suite conseiller délégation, et lui con- 
fia diverses négociations qu'il con- 
duisit avec adresse; Frédéric I*^*". lui 
donna le titre de conseiller intime, et 
l'envoya en 1698 au congrès de la 
Baye y pour y suivre les affaires de. 



CAK 

la succession d'Espagne; rempcreur 
Le'opold releva cette même année 
au rang de baron d'empire; mais 
Ganitz ne jouit pas long-temps de ces 
bonnenrs; ii mourut à fierlin le ii 
août 1699. Aucune de ses poésies né 
iiit imprimée de son vivant; un an 
après sa mort, le docteur Lange, qui 
avait été précepteur 4e son fils, en 
publia une partie , sans nom d'autein*, 
sous le titre de Délassements poé- 
UqueSy Berlin, 1700, in-8°. Elles 
ont été augmentées et rectifiées dans 
douze éditions successives ; le nom de 
Canitz ne paru,t que dans la neuvième , 
publiée en 1719, et les deux der- 
nières ne sont que des répétitions de 
la dixième , donnée à Berlin en 1 727, 
par Jean-Ulrich Kœnig. Un succès si 
prolongé semble annoucer un mérite 
supérieur; les poésies du baron de 
Canitz n'ont cepeildant ni originalité, 
ni verve; on y trouve des odes, des' 
satires, des'el^es, des chants. reli- 
gieux , et nulle part, de la poésie. 11 
eut néanmoins le mérite de rester tou- 
jours simple et naturel au milieu du 
goût bizarre et grossier de ses contem- 
porains ; aussi est-il le seul poète alle- 
mand dont le grand Frédéric fit quel- 
que cas. Son style est pur et facile; 
mais les seuls objets qu'il ait peints 
avec quelque chaleur sont les folies' 
des poètes et la vanité des plaisirs du 
monde. Son ûéfft sur la mort de sa 
première femme, qu'il a appelée Daris^ 
offre quelques traits de sensibilité as- 
sez touchants; mais ^ par une singula- 
rité plaisante , la plupart de ceux qui 
ont chanté la femme qu^ls venaieni* 
de perdre en ont épousé une se-' 
conde : c'est aussi ce que fit GanitZ;* 
Huber, dans son Choix de poésies^ 
allemandes y a traduit quelques uiies 
de ses satires. Ses œuvres complètes 
ûnt été traduites en italien, sôus le 
litre de Componimenti poetki del 



Ubero signor de Canitz, volgariz-' 
zali da un academico deîla Crusca, 
Floreûce 1757; mais cet académicien , 
qui se nommait Leonardo Riccio, sa- 
vait malj'allemand^ et sa traduction 
est fort médiocre. La vie de Ganitz se 
trouve en tête de Fédition de ses œu- 
vres, donnée par J. Ulr. Kœnig. G — t* 

CANNAMARÊS (Jean), catalan , 
né dans la classe des laboureurs , ac-* 
ôuit une malheureuse célébrité , le 7 
aécembre 149^9 c° frappant d'un 
coup de poignard le roi Feroinand-Ie- 
Catholique, qui venait de faire soif 
entrée à Barcelonne, après la con- 
quête de Grenade. Ce prince sortait 
de son palais, accompagné d'une suite 
nombreuse , lorsque Cafiamarès ^ qui 
^e tenait caché derrière une porte, 
s'élança sur lui, et le blessa entre le 
cou et les épaules. Sans le cbllfér d'or 
que portait Ferdinand et qui rompit 
k violence du coup , ce monarque au- 
rait été tué sur la place. Canamarès 
fut aussitôt interrogé et mis à la ques- 
tion. On reconnut qu'il avait l'esprit 
aliéné, et que , s'etant imaginé que le 
roi lui avait pris la couronne d'Arra- 
gon , il avait attenté à- la vie de ce 
prince , dans Tesperance de la recou- 
vrer. Ferdinand voulait qu'on fit grâce 
à ce ihisérable, mais la sévérité du 
Cardinal Ximenès s^ opposa. On le 
condamna à avoir la main coup(fe, à 
être tenaillé et tiré par quatre ehc- 
vatn: la seule grâce qu'on lui fit, à' 
cause de son état de démence , fut dt 
l'étrangler auparavant. B — p. 

CAJNNEGIETER ( Ezvm), né en 
1691 , àStéinfurt'cnWcstphalie, fut 
recteur au gymnase d'Ariiheim, et 
historiographe des états de Gueldre* 
B commença à se faire oomiaitre par 
une bonne édition àes'Fables d'Avia' 
nus, Amsterdam,. i75i, in-S*'. Les 
ouvrages qu'ildouna par la suite eu- 
rent principalement pour objet les 



aa 



CAN 



autiquitcs romaines et hollandaises; 
les plus cdnnus sont : I. Disserta- 
tio de Brittenburgo , matribus Brit- 
tis^ Britannica herbd ^ Brittid, etc., 
ia Haye, 1754, in-4**. fig. Cannegie- 
ter y a joint quelques remarques où il 
re'futc l'opinion de Munting sur Vher- 
ba briiannica* IL De mutatd Ro^ 
manorum nominum sub principibas 
ratione, Ulrecht , 1 768, in-4°. A la 
$iiite de cette dissertation, ou trou- 
ve une histoire critique de l'empe- 
reur Posthumus, et i'e^^plication d un 
^lopument découvert à Dodenwerd 
( f^oT^.PosTHXJMus )f III, De gemmd 
JSentinckiand , item de Jside ad 
Turnacum inventa, necnon de Ded 
Puronind, Utrecht, 1764, in-8**.; 
ly. Epistola de ara ad Noyioma- 
gumrepertdy etc., Arnheim, 1766, 
in -8**.; V. la première édition des 
Tristes de Henri Harips, dont le 
nom hollandais était ffenrik ter 
fiaer^ Arnheim, 1766, inr4^; VL 
deux lettres latines , dans le Muséum 
Turioense de Hottinger, sur diffé- 
:rentes inscriptions. Gannegieter mou- 
rut en 1770, sans avoir doni^é les 
jintùjuites d^ Dombourg et les Mo* 
numen^ de la Satavie romaine, dont 
il avait plus d'une fois fait espérer la 
publication. Il avait aussi préparé une 
édition de Festus , que son fils , Her- 
mann Gannegieter, avait promis ^e 
donner; m^is cette promesse n'a pas 
été tenue. firr-ss. 

GANNEGIETER ( Hermawn ) , fils, 
du précédent, naquit à Arnheim en 
17^3. Pendant le cours de ses études , 
qu'il fit à Arnhetni et & Leyde, il pu-: 
blia une dissertation sur la loi de Nu< 
ma , De ara Junonis pellici non tan- 
genddf Leyde, 1 743 , in-4°« L'année 
suivante, il soutint, pour le grade de 
^docteur en droit, une thèse Dediffir 
cilioribus auibusdamjuris capitïbus, 
Après avoir exercé pendant six aur 



ÇAN 

nées les fonctions d'avocat près le f rî<» 
bunal supérieur de la Goeldre , il liit 
nommé en \nSo professeur de droit 
à Franeker, a la place de Balck (i), 
qui venait de mourir. Dans son dis* 
cours inaugural, imprimé à Franeker, 
1751 , in-fol., il traita De multipli^f 
ci et varia veterumjurisconsultorum, 
doctrind* Deux autres ouvrages con-t 
sidérables l'ont mis au rang des )uris-» 
consultes les plus érudits; le premier 
est intitulé : Observationes ad colk^ 
tionem legum Mosdicarum et Ro^^ 
manarum, Franeker, 1760, in-4**«, 
réimpiîmé en 1 765 avec des additions^ 
très importantes ; le second est un re-* 
cueil di Observations de droit ro-^ 
main , en quatre livres , Leyde ,1772, 
in-4"* : la première édition de Frane- 
ker , 1 768 , iu-4°«) n'avait qu'un seul 
livre, On lui attribue les notes qui ac-« 
compagnent la S'', édition des Anti^ 
cuites de Heineccius, donnée h Leu- 
warden et Franeker, 1777 , in-S**. Il 
est mort le 8 septembre 1 8o4« B*-ss« 
. GANNEGIETER ( Jean ), fils de 
Henri et frère de Hermann ,fut comme 
eux un jurisconsulle distipgué. Il était 
depuis 1770 professeur à l'académie 
de Groniu'gue , et y est mort dans ce^ 
derniers temps. H a publié quelques 
0|)uscules , entre autres ; I. Ad diffi-, 
cdiora quœdamjuris capitu^ animad" 
versiones, Franeker, 1754, in-4°. % 
II, Domitii Vlpiani fragmenta Ubri, 
singulafis regularum , et incerti auc^ 
tpris coUatio legum jnàsaicarum et 
fomanarumy cum notis, Utrecht, 
\ 768; Leyde, 1 774, in-4°.; IlL Oro* 
tio de Romanorumjurisconsuhomm 
excellentid et sanctitatç , Groningue, 



^1) Dominique Balck naquit k Lenwanlen <n 1684^ 
1« la atril. Il fat nomiAé profircseur en dA>it dnnn 
IVniversiié de Franeker , le 99 mars i^«f)f ft il oc- 
cupa cette place jasqu'à ca mort , arriTéc le 17 lami 
1790. On ne connaît de Ini que êix di««ertAtionc 
a.cadéniiqne« , pen importante* , sur de* sujet* c|« 
|arispruden«e. On en peut Totr les titres da^ V^- 
tjfcnm Fr'uiaetf de Yricnoet. 



1 



CAN 

1770, în-4*- î c'est le discours qu'ff 
pronoiiça en prenant possession de sa: 
chaire. A. B — t. 

CANNES ( François )^ natif de 
Valence , religieux fiauciscain et 
missionnaire apostolique, passa seize 
années de sa vie au collège de St.-Jean, 
à Damas , et s'y appliqua avec beau- 
coup d'ardeur et de succès à l'ëtude des 
hngues orientales. De retour en Es- 
pagne , il y publia sa Grammatica 
arabigo^spanola , vulgar, y literaly 
con on diccionario arabigo-espanol , 
en que se ponen las voces mas usua' 
Us para una coiwersacion familiary 
ton el texto de la doctrina christiana 
en élidioma arabigo, Madrid, 1775, 
in-4*'- Douze ans après, à l'instance 
du comte de Gampomanès, il mit au 
jour : Diccionario espanol latino- 
arabigo en que siguiendo el diccio- 
nario àbreviado de la academia se 
ponen las correspondencias latinas 
y arabes^ para facilitar el èstudio 
de la lengua arabigo a los misione- 
ros, y a los que via^aren contra- 
tan en Africa y Lapante , Madrid , 
1787 , 3 vol. in-fol. , ouvrage estime 
et recherche. Canes mourut à Madrid 
en 1795. Il était membre de l'acadé- 
inîc royale d'histoire , e'tablic dans 
cette ville. * J — n. 

CANNIZARÈS ( D. Joseph de) , 
un des meilleurs auteurs di-amatiques 
da théâtre espagnol , vivait à la cour 
de Madrid dans le I7^ siècle. Il est, 
avec Cervantes, Moreto, Solis et Za- 
inora , au-dessus de Lopez de Vega 
et deCalderon pour l'observation des 
règles. Il composa un grand nombre 
de pièces, dont la plupart sont indi- 
quées dans le catalogue de quatre mille 
quatre cent neuf comedias , que pu- 
blièrent à Madrid, en 1 755 , les héri- 
tiers de François Medè!. Canizarès se 
distingua principalement dans la co- 
médie d'intrigue^ que les Espagnols 



CAN 



a3 



appellent comedia dijtguron. a II 
» offre; dit Yélasquez, une peinture fî- 
» dèle des mœurs ; son style est plein 
9 de verve; il a de la finesse et de la 
V grâce dans les détails. Il a donné àla 
» poésie dramatique un tour que ses de- 
» vanciers n'avaient pas connu. 1» On 
estime son Musico por el amor, et 
surtout son Domine Lucas , pièce à 
caractères , qui pourrait être intitulée : 
le Pédant gentilhomme; elle est d'un 
bon comique, et Tune des plus régu- 
lières du théâtre espagnol. V-— ve. 

CANO ( Jacques ), navigateur por- 
tugais, envoyé par le roi don Juan 
pour pénétrer aux Indes orientales , 
s'embarqua à Lisbonne en 1 484 9 ar- 
riva à l'embouchure du Zaïre , décou- 
vrit le royaume de Congo, revint en 
Portugal avec quatre Ethiopiens , fut . 
renvoyé ensuite en ambassade au roi 
de Congo, découvrit deux cents lieues 
de pays au-delà du Zaïre, rentra à 
Lisbonne en 1 486 , après avoir rem- , 
pli l'objet de sa mission , et mourut 
Yers la fin du 1 5^^ siècle. B — ^p. 

CANO (Sebastien del), né à 
Guetaiia dans le Guipuscoa, s'em- 
barqua comme maître à bord du na- 
vire la Conception , qni faisait par- 
tie de l'escadre de Magellan. Lorsque 
ce dernier et un assez grand nombre 
des siens eurent été tués aux Philip- 
pines, les équipages des trois vais- 
seaux qui restaient sous le comman- 
dement de Jean Carvallo ne se trou- 
vant pas assez forts pour les con- 
duii*e , en brûlèrent un , et , avec les 
deux autres, la Trinité el la Vic- 
toire j se mirent en route pour les 
Moluques. Us y arrivèrent après bien 
des traverses , et firent amitié avec le 
roi de Tidor, qui leur permit d'éle- 
ver un comptoir , et de charger du 
girofle. Les deux vaisseaux firent en- 
suite voile pour l'Espagne; mais la 
Trinité se trouva hors d'état de con- 



al 



CAN 



tinuer la route, et retourna aux Mo- 
luqiies. La Victoire partit seule sous 
le commandcmeut de Cauo y arec 
quarante-six Espagnols et treize In- 
diens. Après ayoir reconnu Amboine , 
5olor, Timor, il prit la route du 
cap de Bonne-Ësperauce y en s'éloi- 
gnent des cotes des Indes , pour évi- 
ter les Portugais^ Avant de doubler 
le cap, il fut ballote' par hs vents 
contraires pendant cinquante jours ^ 
et perdit vingt hommes par la misère 
et les maladies. La disette le força de 
relâcher aux iles du cap Vert, oii 
lès Portugais lui enlevèrent encore 
treize hommes. Enfin , il arriva à San- 
Lucar, près de Sëville, le 8 septem- 
bre iS^a , après' une navigation de 
trois ans et quelques jours , et eut 
ainsi la gloire d'avoir fait le premier 
voyage autour du monde. Les Espa- 
gnols conservèrent précieusement jt 
Se ville le vaisseau la Victoire y qui 
enfin pe'rit de vétusté. Gano reçut du 
roi d'Espagne de grandes récom- 
penses, et mourut le 4 août i526, 
dans la mer du SuJ| ou il avait en- 
trepris un nouveau voyage avec une 
flotte commandée par Loaysa. Celui- 
ci étant mort le 3i juillet, Gano, qui 
lui succéda , ne jouit de l'honneur du 
commandement que pendant quatre 
jours. E— s. 

GANO (Melchior). Voy, Ganus. 

C4N0 (Aloivzo, ou Alexis ), l'un 
des plus grands artistes que l'Espagne 
ait produits. 11 fut à la fois peintre^ 
sculpteur et architecte; de sorte que 
la variété de ses talents et surtout leur 
étendue peuvent le faire considérer 
comme le Michel-Ange de l'Espagne ; 
on verra même dans le courant de 
cet article, que, souille rapport du 
caractère, Gano eut aussi plusieurs 
|M)ints de ressemblance avec ce grand 
artiste. Il naquit à Grenade en i6oo, 
de Michel Gano^ architecte , qui lui 



l 



CAN 

donna les premières notions de l'art 
u'il professait. Séduit par le charme 
e la peinture , le jeune Gano étudia 
h. Séville sous François Pacheco , pein- 
tre estimé , et qui a composé un livre 
sur son art ( Vojr, Pachego ). Après 
s'être perfectionné dans l'école de Juan 
del Gastillo , ou dans celle de Berce- 
ra, Gano, qui s'était en outre exercé 
dans la sculpture, se fit connaître 
par trois statues de grandeur naturel- 
le placées dans la grande église de Le- 
brija ; elles représentaient une Vierge 
at^ec V Enfant' Jésus , iS. Pierre et 
iS. PauL Gano n'avait que vingt-quatre 
ans , et dès - lors il fut mis au rang 
des grands artistes; cependant, comme 
tous les hommes destinés à occuper 
un des premiers rangs dans les arts^ 
il sentit mieux que personne ce qui 
lui restait encore à faire, et, prot^é 
par le duc d'Olivarez, il se rendit à 
Madrid. La vue des tableaux précieux 
qu'il y trouva lui arracha une de ces 
exclamations que la médiocrité , ton* 
jours contente d'elle-même, ne profère 
jamais : a Pauvre Gano, combien tes ta- 
it lents sont encore bornés \ Gorobiea 
» de vies comme la tienne ne te fau- 
» drait - il pas pour approcher seu- 
1» lement de ce qu'il y a de beau dans 
» l'un de ces morceaux ! r> L'appui da 
■linistre, son protecteur constant, lui 
valut en i658 le titre de maître 
des œuvres royales , de peintre de 
la chambre , et la première pkce 
parmi \ts artistes qui donnèrent dts 
leçons au prince don Balihasar Gar^ 
los d'Autriche. La réputation de Gano 
lui procura un grand nombre de tra^ 
vaux. Gomme architecte , il donna 
les plans de plusieurs constructions 
pour des palais , des portes de ville, 
et d'un arc de triomphe érigé lors de' 
l'entrée solennelle ae Marie - Anne 
d'Autriche, seconde femme de Phi« 
lippe lY; ce dernier monument lut 



CAN 

géoëralementadiuirë. Comme peintre, 
3 exécuta plusieurs compositions cé- 
lèbres. Il était alors au comble de ,sa 
doire : aussi ue tarda-t-il pas à être en 
buUe à l'enyie. Un événement iacbeux 
iîit pour lui la cause d'une foule d'au- 
tres malheurs. En revenant chez lui , 
il trouva sa femme assassinée et sa 
maison volée. Un domestique italien, 
sur qui le soupçon tomba naturelle- 
ment, ne put être arrêté. Les juees fi- 
rent une enquête sur ce délit : ils dé« 
couvrirent qu'Alonzo Gano avait été 
jaloux de cet Italien, et qu'il était at- 
taché à une autre femme; ils acquittè- 
rent l'amant fugitif, et condamnèrent 
le mari. Gano tut alors obligé de s'en- 
fuir de Madrid. 11 fit répandre le bruit 
qu'il était allé eu Portugal , et se réfu- 
gia à Valence. La nécessité le força 
bientôt d'avoir recours à son art, et 
son art aussitôt le fit reconnaître. Il 
chercha un asyle dans un couvent de 
chartreux, parut quelque temps déci- 
dé à prendre leur habit; mais il aban« 
donna bientôt cette idée, et eut même 
Timprudence de revenir à Madrid. Il 
s'jcacba d'abord; mais, ne pouvant 
se soumettre à cette contrainte , il se 
laissa arrêter eu disant : Excellens in 
Mie non débet mori. S'il ne put se 
soustraire à la torture , il obtint com- 
me une marque d'égards pour son ta- 
lent que les bourreaux épargnassent 
son bras droit. Il souffrit la question, 
et eut le courage de ne proférer au- 
cune parole qui le fît juger criminel. 
Cette circonstance ayant été rapportée 
au roi , ce prince le reçut de nouveau 
dans sa faveur. Gano, voyant qu'il n'y 
avait de sûreté absolue pour lui que 
dans le sein de TËglise , entra dans les 
ordres , et fut uommé résident (racio' 
nero) de Grenade. Le chapitre s'oppo- 
sa à sa nomination, et députa deux de 
ses membres pour faire des représen- 
tations au roi ^ obs^rvainty entre autres. 



CAN ti5 

choses , qu'il manquait d'instruction. 
Ge prince renvoya les députés, en 
leur ordonnant de procéder à sa no- 
mination, et en leur disant que, si 
Gano avait été un homme instruit, il 
l'aurait peut-être nommé leur évêque* 
Il se servit même des expressions 
, qui, dit-on, avaient été employées par 
Gharles-Quint, au sujet du Titien: 
«Je peux, leur dit-il, £aiire à mon 
» plaisir des chanoines comme vous, 
i>. mais Dieu seul peut faire un Alonzo 
i> Gano. » L'église de Grenade profita 
de sa nomination ; il lui fit présent de 
plusieurs peintures et sculptures , aus- 
si bien qu â r<%lise deMalaga.Un con- 
seiller de Grenade lui ayant demandé 
une statue de S. Antoine de Padoue , 
Gano lui en demanda cent pistoles. 
0. Hé quoi! lui dit cet homme, vous 
» avez été vingt-cinq jours à sculpter 
» cette figure de S. Antoine , et vous 
» m'en demandez le prix exorbitant 
i> de quatre pistoles par jour, tandis 
» que moi , qui suis conseiller et votre 
» supérieur , je ne me procure point 
» la moitié de ce gain par mes talents? 
» — -Imbédlle que vous êtes , avec vos 
» talents, s'écria l'artiste furieux , pour 
» faire cette statue en vingt-cinq jours 
» il m'a fallu étudier pendant cinquân- 
» te années» » £t aussitôt il la brisa 
avec violence contre le pavé. Le cou*- 
seiiler s'enfuit , certain qu'il ne le res- 
pecterait pas plus qu'une figure de 
saint , et Gano dut s'estimer heureus 
que cette aventure ne parvint pas à* 
l'Inquisition ; il n'eut d'autre punition 
que d'être suspendu de ses fonctions 
pr le chapitre de Grenade : le roi les 
lui rendit cependant en i658; mais* 
il exigea qu'il finit un magnifique cru- 
cifix que la reine lui avait ordonné 
de sculpter , et qu'il avait long-temps 
négligé. Depuis cette époque, Gano 
mena une vie exemplaire , charitable- 
et pieuse. Quand il n'ayait pas d'ar« 



i>6 



CAN 



gent pour faire Fauindne , ce qui lui 
arrivait souveut, il prenait ud papier , 
et ^sait au mendiant' un dessin qu'il 
lui donnait eh lui enseignant où il pou- 
vait le vendre. Il avait une telle anti- 
pathie pour les juifs , qu'il regardait 
comme une tache d'être touche par 
quelqu'un d'eux, et, en pareil cas , il 
se dépouillait de ses habits , défendant 
à son domestique , à qui il les donnait , 
lie porter jamais ce qu'il avait rejeté. 
A son lit de mort , il refusa de re- 
cevoir les sacrements du prêtre qui 
l'exhortait, parce qu'il les avait don- 
nés à des juifs convertis. 11 ne voulut 
point accepter d'un autre le cruci6x 
qu'il lui présentait, parce que, lui dit- 
il, c'était un morceau si mal travaillé , 
qu'il n'en pouvait supporter la vue. 
( Ce trait a été aussi attribué à Wat- 
teau. ) Âlonzo Gano mourut à soixante - 
seize ans , en 1676. —Un autre Gang 
( Jean ) exerça aussi la peinture , mais 
avec bien moins de succès. Il naquit 
à Valdemoro , à quatre lieues de Ma* 
drid, en i656. Son principal talent 
consistait à bien peindre des écrans. 
11 peignit cependant la chapelle de 
N.-D. du Rosaire dans l'église de sa 
ville natale. Palomino Velasco , qui ne 
cite de lui que cet ouvrage , dit qu'il 
mourut en i6g6 à l'âge de quarante 
ans. D — T. 

• CAfifONIËRI, en latin Canonhe- 
rius ( Pierre-André ), médecin du 
17^ siècle, né à Gênes, fut tour à 
tour militaire et docteur en médecine 
et en droit. Après avoir été reçu doc- 
teur en médecine à Gênes , il alla se 
faire recevoir docteur en droit à Par- 
me. Il servit ensuite dans les armées 
espagnoles, et se fixa enfin à Anvers, 
OÙ il cultiva à la fois la médecine et la 
jurisprudence. Il a commenté Hippo- 
crate dans l'ouvrage suivant : Jnsep^ 
iem apkorismorum Hippocraiis li- 
hros medicœ ^ poUticœ^ morales ac 



CAN 
theologieœ interpretatîones , Anvers^ 
16 18, 2 vol. in-4**. Se^ autres ouvra- 
ges sont : I. Epistolarum laconica^ 
rum libri IF , Florence, 1607, in-^ 
8**. 'y\\,De curiosâ àocUind Ubri V, 
Florence, 1607, in-8'*.; III. Délie 
cause delï infelicità e disgrazie 
degli huomini letterati e guerrieri , 
Anvers, 16112, in-8".; IV. De admi" 
Tandis vinivirtuiihus Ubri ires, ibid.^ 
1627 , in-8**. : il avait d'abord publié 
ce traité en italien , Viterbe , 1608, in- 
8**., sous ce titre : Le lodi e i biasmidel 
vino; V. Flores Ulustrium epiiaphio* 
mm, Anvers, i627,in-8°.;VI./ïo- 
res axiomatum poUticorum , ibid. » 
i6i5, in-8'*.; VIL Quœstiones ac 
discursus in duos primos libros Ane' 
nalium TVzrt^i^Rome, 1609, in-4^.; 
VIIL Disseriationes et discursus ad 
Taciti Annales y Francfort, i6to, 
in-4®. ; IX. Introàuzione alla poli- 
lica, alla ragion di stato et aUa 
pratica del buon govemo^ en dix ' 
livres, Anvers, 161 4, in-4'*. Z. 

CANOVAI (Stanislas), savant 
religieux italien du I8^ siècle , na- 
quit à Florttice le 27 mars in^o. Il 
y fit ses premières études cnez les 
pères des Ecoles pies , et obtint dès 
l'âge de douze ans d'en pretidre l'ha- 
bit. Transféré à Pise dans le col- 
lège de son ordre , il y eut pour maî- 
tres •les plus célèbres professeurs de 
l'université , et se distingua surtout 
dans les mathématiques , qu'il ensei- 
gna ensuite â Gortone et dans le col- 
lège de Parme. Reçu membre de 
Tacadémie étrusque de Gortone, il 
enrichit d'excellentes dissertations les 
recueils de cette société. L'académie 
lui décerna en 1788 le prix fondé par 
le comte de Durfort , ambassadeur de 
France en Toscane , pour l'éloge d'A- 
méric Vespuce. Le discours du P. Ca- 
itovai est une de ses plus remarqua- 
bles productions. Il sut j exposer 



CAN 

ayec beaucolip d'art ses idées parti- 
culières sur les biens et les maux 
qui sont derive's de la découverte du 
Nouveau-Monde, et sur le degré' de 
lumières et de culture Httëraire où 
ce pays peut atteindre. 11 soutint, 
contre Topinion du sayant M. Ga- 
Icani Napione , de l'académie de Tu- 
rin, que cette découverte est vrai- 
ment due h Améric Vespuce , qu'il j 
aborda un an avant Christophe Co- 
lomb , et que ce fut encore lui qui 
fit celle du Brésil , sans s'arroger 
l'honneur de lui imposer son nom. Il 
joignit à son discours des pièces ju»* 
tificatives, et entre autres une lettre 
de Vespuce , qu'il accompagna d'un 
savant commentaire et d'une liste de 
mots et de phrases espagnoles de ce 
temps-là, qui se. trouvent dans cette 
lettre^ et qu'il a mieux expliqués 
qu'on ne Favait fait avant lui. M. Ga->. 
leani Nâpione a repris depuis ce su- 
jet; il a donné de nouveaux dévelop- 
pements à soif opinion dans sa dis». 
sertation intitulée Délia patria àeVr 
Cclombo y insérée d'abord dans les 
Mémoires de f académie de Turin en 
i8o5 , et réimprimée, avec des aitg- 
mentations considérables, et avec deux 
Lettres sur la découverte du Nou- 
veau-Monde y Florence, 18089 in- 
8®. Il panit, peu de temps après, un 
écrit anonyme intitulé : Osservazioiû 
inlomo ad una lettera su la sœper^ 
ta del NuovO'MondOy ou l'on criti- 
quait durement la deuxième lettre do 
If. Napione. Le P. Canovai y était 
beaucoup loué, et son opinion défen-» 
due à toute putrance. Il déclara que 
ces observations n'étaient pas de, lui, 
mais d'un jeune homme, son élève, 
qui s'était trop laissé emporter à 50a 
fêle. M. Ijîapione répliqua par une 
nouvdle dissertation qui a pour titre s 
Del primo scopritore del continente 
delNuoyo Mondoy e dei più, antichi 



CAN i^ 

sforici che ne scrissero , etc. , FJo-» 
rence, 1809, in-8". Cette réplique 
parait démonstrative; le P. Canovai 
défendit cependant encore , par deux 
nouveaux écrits, la cause d'Americ 
Vespuce. On peut s'abstenir de pren- 
dre un parti dans cette questidn , ou 
même se ranger de l'avis du savant aca- 
démicien piémontais , sans refuser ce- 
pendant de rendre justice au savoir et 
au talent pour la discussion qui brillent 
dans le discours du P. Canovai. Mal- 
gré son amour pour les sciences et 
pour les lettres, il ne cessa jamais de 
remplir avec exactitude les fonctions 
du ministère ecclésiastique. La con- 
fiance et l'estime qu'il s'y était ac- 
quises étaient telles que, se trouvant à 
Florence lorsque le poète Alfieri y 
mourut, ce fut lui que cet homme 
célèbre fit appeler k ses derniers mo- 
ments, fiienfaisant, charitable et vé- 
ritablement homme de bien^ il ne 
comptait pour rien ni la plus grande 
' fatigue , ni même la privation des 
choses les plus nécessaires, quand il 
pouvait rendre quelque service. Il re- 
venait de visiter des malades lorsqu'à 
la nuit tombante, le 17 novembre 
181 1 , il fut firappé d'apoplexie dans 
la rue méine, et mourut peu d'heures 
après. Sa mort causa dans Florence 
une consternation générale : ses ob- 
sèques furent faites avec une pompe 
extraordinaire ; et , quçlque temps 
après, dans une cérémonie particu- 
lière , son oraison funèbre fut pro- 
noncée par M. l'abbé J. 6. Manciati , 
recteur du séminaire. On reproche à 
Canovai d'avoir eu quelquefois dans 
son. style un peu d enflure. On a de 
lui les ouvrages suivants : I. Compo» 
nimenio drammatico da cemtarsi 
nella nobûe accailemia Etrusca, 
etc., intitolatoErcole in cielo, Flo- 
rence, 1771, in-4^; II. RifieS"' 
sioni. intomo aUe pûbbliche scuole , 



08 



CAN 



Florence, 1775, iii*8°.j HI. Disset- 
iazione suLV armo magno seconda 
Flutarco e Suida irwalso appresso 
gli antichi Toscani , imprimée dans 
le septième volume de Vaccademia 
Etrusca di Cortona , Florence , 
1783; IV. Concetto in cui iennero 
eu antichi il teatroj imprime' dans 
le tome YIII des Libri poetici délia 
Bihbia tradotU daSaverio Matteiy 
Naples , 1 78 1 , in - 8''. ; V. Orazione 
funèbre del marchese ctwaUere 
Giuseppe Bem^enuio Fenuti , di 
Cortona, Florence ^ 1780, in-4°v 
VI. il donna en 1781 , de concert 
avec son disciple le P. Gaelan del 
BiccOy une traduction italienne des 
Leçons élémentaires de mathéma^ 
tiques de La Caille, revues par Yshhé 
Marie, en y faisant des additions et 
des améliorations fil s'en est £aiit cim^ 
éditions , et les célèbres professeurs 
Grégoire Fonlana à Pavie, et Antoine 
Cagnoli dans l'école militaire dé Mo- 
dène, adoptèrent cette traduction dans ' 
leur enseignement. VI. Ce fut Gano- 
vai qni donna la première édition ita- 
lienne des Tables logarithmiques de 
Gardiner ,F\orence f 1782; Vïl. ii 
publia, conjointement avec le même 
P.Gaétan Ricco, Elementi dijisica 
matemaUcay dedicati ait aUezze 
reali di Ferdinando^ etc. , Floreuce, 
1788; VIII. Monumenti relatii^i 
algiudizio prenunziato ddlT acca- 
demia Èirusca di Cortona di un 
elogio d^jimerigo F'espucci, etc., 
Florence, i787,in-8°.; IX. Elogio 
d'Amerigo Fespucci che ha ripor-^ 
lato il premio daUa nobile accadc" 
nûa Etrusca di Cortona ^ etc., con 
una dissertazione giustijicativa dà 
questo célèbre nat^igatore, Florence^ 
1788; ibid., 1798, quatrième édi-« 
tion , avec le portrait d'Améric Ves« 
puce ; X. Dissertazione suUe vi-* 
cende délie longitfidini geografiche 



CAN 

da' tempî di Cesare Augusto fino 
a quelli di Carlo F^ dans le tome 
IX de l'académie de Gortone ^ XI* 
la même année , dans le tome II 
des Memorie istoriche di piu uomini 
îZZu5<ri, imprimé à Pise, V Eloge du 
dominicain Alexandre Spina^ né 
dans cette ville après la moitié du 
iS". siècle, et qui ne fot pas le pre- 
mier inventeur des lunettes, mais qui, 
sachant qu'elles étaient récemment 
inventées, et n'ayant pu obtenir de 
l'inventeur qu'il lui en communiquât 
le secret, parvint à en fabriquer sans 
maître et sans modèle; XII. Bifles^ 
sioni sul metodo di risohere Vequor 
zioni numeriche proposte dal signo^ 
re de La frange , dans le tome Vil 
des Atti de* fisiocritici di Siena , 
Sienne, 1794; XllI. Dissertazione 
sapra il primo tfiaggio d'Amerigo 
Fespucci aile Indie occidentali , 
Florence , 1 809 , in-8 *. ; XIV. Èsame 
critico del primo viaggio d'Ame* 
rigo Fespucci al Nuovh Mundo, Flo- 
rence , 1 81 1 . On voit qu'il eut à cœur 
ce sujet intéressant jusqu'à la fin de 
sa vie , puisqu'il publia ce dernier 
écrit peu de temps avant sa mort. 

G— E. 
CANSTEÏN (Rabaw de), minis- 
tre d'état prussien , né le 19 août 
i€i 7 , étudia le droit à Witlenberg , 
fut employé dans des négociations 
qni le firent voyager en Hollande, en 
Angleterre, en France, en Suède; de- 
vint conseiller aulique de la pria- 
cesse Anne-Sopbie de Brnnsvvick , et 
entra enfin au service d» grand élec- 
teur Frédéric-Guillaume , qui prit en 
lui une telle confilance qu'il s'en fit 
accompagner à l'armée, Ini donna 
l'administration de la justice dans 
tout sou électoral , et le no^rama 
grand maréchal ; mais l'envie perdit 
peu à peu Ganstein dans l'esprit du 
Mmverain , et l'obligea enfin à se dé- 



CÂN 

mettre de ses dignités. Il mourut le 
33 mars 1 680. * G — t. 

GANSTËIN (Gharles-Hilde- 
shaiidde), né à Lindenberg le i5 
août 1667 y ^^ ^^ études à Franc- 
fort-sur-i'Oder, fut d'abord pgc de 
l'éleccenr de Brandebourg ^ servit 
comme volontaire dans les Pays« 
Bas, et y attaqué à Bruxelles d'une 
longue et cruelle maladie , quitta le 
service pour se retirer à Balle , ou 
l'amitié qu'il contracta avec le doc* 
teur Speoer lui fit consacrer sa vie 
aux exercices de la piété la plus ac« 
tive. Le désir de répandi'e ses senti-' 
ments religieux parmi les classes les 
plus pauvres lui fit chercher les 
moyens de publier une édition des 
livres saints qu'on pût donner à très 
bas prix. L'idée de la stéréotypie se 
présenta à son imagination ; il saisit 
tous les avantages de ces planches 
fixes qui épargneraient les frais d'une 
composition répétée, et laisseraient la 
facilité de corriger les fautes. Il pu- 
blia son projet , ouvrit une souscrip- 
tion y et mit la main à l'œuvre. En 
171a, après avoir fait fondre un 
nombre de caractères suffisants pour 
composer en eoàsxXeNouveau-Tes- 
tament , il en tira 5ooo exemplaires 
qui fiirent vendus à très bas prix. 
Quatre éditions suivirent successive- 
ment en 1 7 1 3 , et , cette même année , 
parut la première édition de U Bible 
entière , imprimée de la sorte. Elle se 
répandit avec une étonnante rapidité^ 
et fut si souvent renouvelée que, 
d'après un calcul exact fait à Halle en 
1 791 y on avait vendu depuis l'inven- 
tion de M» de Ganstein jusqu'à cette 
époque 1,566^759 Bibles complè- 
tes, 660,000 JVouyeitU'Testament 
avec le Psautier, et 60,000 JVou' 
veau* Testament in- 12 isolés. En 
1735, Frédéric-Guillaume P'., roi de 
Puisse, donna à la maison des orphe« 



ÇAN 29 

lins de Halle, où était cet établisse-» 
ment , un nouveau privil^e , j fonda 
une nouvelle imprimerie, et on y a 
publié depuis plusieurs Bibles en 
langues étrangères. Ganstein a écrit 
aussi une Harmonie des quatre 
Ei^angiles , Halle ,1718, in-fol. , une 
Fie de Spener^ qui ne fut publiée 
qu'en 1 729, c'est-à-dire, dix ans a^n-ès 
sa mort, et quelques autres ouvrages 
de théologie. 11 mourut à Halle le 19 
août 1719, léguant à la maison des or- 
phelins sa bâbliotkèque et une partie 
de sa fortune. G— --t. 

G4NT. Fa^. Kant. 

GANTAGUZENE(Jeak), empe. 
reur d'Orient , exerçait en 1 320 la 
chai*ge de grand-domestique, l'une des 
premières dignités de l'empire grec , 
et à laquelle sa naissance, ses vertus 
et ses talents l'avaient fait parvenir. A 
cette époque, le vieil Andronic Paléo- 
logue refusait d'associer à l'empire 
son petit-fils Andronic III, auquel la 
mort de Michel, son père, venait d'où* 
vrir le chemin du troue. Gantacuzène, 
guide et ami du jeune Andronic , se 
déclara pour lui ; mais il s'opposa en 
même temps aux conseils violents que 
lui donnaient Syrgien et Âpocauque 
( Foy. Andronic III et ApocAt^uE). 
Lorsque ce prince fut seul possesseur 
du sceptre , il trouva dans Gantacuzène 
unministrehabile et vigilant. En i336y 
il négocia la paix avec les Génois qui 
désolaient l'Archipel. Un afn après , il 
battit lesTurks , et, en 1 33o , son élo« 
quence fit rentrer dans le devoir plu*^ 
sieurs rebelles ; mais la mort d An* 
dronic III , arrivée en 1 34 1 , et là 
minorité de son fils Jean Paléologue , 
âgé de neuf ans , livra bientôt l'empire 
aux plus crudles agitations , et Ginta- 
cuzène, en voulant le servir , fut lui- 
même le jouet de la fortune. Andronic 
l'avait nommé régent; le protovestiaire 
Apocauque et le patriarche Jean d'A- 



3o 



CAN 



pri excitèrent contre lui 1 impératrice* 
mère, Anne de Savoie. Les troupes se 
déclarèrent pour le régent , qui , loin 
d'abuser de ces dispositions, calma 
lui-même leur indignation , détrompa 
rimpératrice, et ne songea plus qu'à 
bien gouverner l'état confié à s^s soins. 
Il employa ses biens à payer les^ou- 
pes. Cependant, les Bulgares et les 
Turks déclarèrent la guerre. Ganlacu- 
zène les défit; mais, pendant son ab- 
sence, Apocauque fomentait une cons* 
piration. Le régent l'amena à une 
soumission apparente ^ mais Apocau- 
que forma bientôt de nouveaux; com- 
Î>lots , et il y entraîna l'impératrice , 
e patriarche et la populace. Gantacu- 
eène, à cette nouvelle, fit prier l'im- 
pératrice de lui donner des juges; 
Apocauque fit maltraiter ses députés, 
jeter sa mère en prison , et saisir ses 
propriétés. .Malgré ces persécutions, 
Qintacuzène voulait encore se mettre 
entre les mains de ses ennemb; mais 
ceux qui l'accompagnaient l'en dé- 
tournèrent, et lui représentèrent que 
le seul moyen de mettre fin à tant 
d'intrigues et de soutenir l'état chan- 
celant, était de ceindre un diadème 
que tout l'empire lui déicrait. Ganta- 
cuzène consentit à se laisser couron- 
ner; mais il ne voulut être nommé 
qu'après Jean Paléologue et l'impé- 
ratrice Anne. Celle-ci penchait vers 
un accommodement ; les factieux l'en 
détournèrent; les partisans de Canta- 
cuzène furent bannis des villes qu'ils 
croyaient soulever; son armée se dé- 
couragea. Dans ce péril , il eut recours 
k l'alliance du crâle de Servie. Les 
pièges se multipliaient sous ses pas , 
les intrigues , la caltmmie, et le poison 
étaient employés tour à tour contre 
lui; on débauchait ses troupes, ou 
publiait sa dé&ite ou sa mort. Il fit 
inutilement le si^e de Pherès ; ses al- 
liés le servaient faiblement; qudquçs 



• CAN 

uns furent pi;ès dé le trahir; enfin, en 
1543, Amir , sulthan de Lydie, vint 
unir ses armes aux siennes, et, l'année 
suivante , Cantacuzène se vit en état 
de menacer à son tour ses ennemis. 
Amir et lui firent proposer la paix à 
l'impératrict; mais les députés deGan» 
tacuzène fm'ent traités avec la der- 
nière barbarie. Il s'en vengea en pous- 
sant ses conquêtes avec vigueur. L'im- 
pératrice , pressée de toutes parts , 
redoubla d'intrigues et arma contre 
Cantacuzène les Bulgares et le crâle 
de Servie, et un de ses propres offi- 
ciers nommé ^ontmitet'Z^, qui l'atta- 
qua en trahison , et faillit le tuer. Ce- 
pendant , Apocauque ayant été massa- 
cré en 1346, les amis que Cantacuzène 
avait conservés dans Constantinople 
résolurent de lui en ouvrir les portes ; 
ils le firent prévenir de ce dessein , et 
le régent s'étant approché avec ses 
troupes, fut reçu presque sans oppo-^ 
sition. L'impératrice, pressée par son 
fils Jean Paléologue, alors âgé de 
quinze ans , consentit enfin à partager 
le trône, et Cantacuzène entra dans 
le palais le 8 février i547* ^^ signala 
d'abord sa clémence et sa modération y 
et ne s'occupa qu'à fermer les plaies 
de rétat; cependant, la nomination 
qu'il fit faire d'un moine palamîste au 
siège de Constantinople causa quel- 
ques dissensions, et, dans le même 
temps, les Serviens lui déclarèrent la 
guerre; Cantacuzène voulait la pousser 
avec vigueur; plusieurs partis s'y op- 
posèrent , et Manuel , son propre fils , 
leva dans cette occasion l'étendart de 
la révolte. La peste vint accroître les 
malheurs de l'empire et les chagrins 
de Cantacuzène, qui cependant né- 
gocia secrètement , mais inutilement , 
l'alliance des princes d'Occident. Les 
Génois établis à Galata prirent les 
armes , et osèrent même assiéger 
Constantinople; en i348. Après plu^ 



CAN 

sîenrs succès, ih lurent forçât St 
demander la paix. En i35o, Ganta- 
cuzène vainquit le crâle de Servie, et 
le contraignit à signer un accommo- 
dement , qui fut aussitôt rompu. L'an- 
née suivante^ il assembla un concile 
k Constantin opie, et s'y déclara en fa- 
veur des palamistes. Il entreprit aussi 
de réduire les Génois, de concert 
avec les Vénitiens, qui ne coopérè- 
rent que faiblement à cette entreprise. 
Mais de nouvelles intrigues allaient 
enfin décourager le grand cœur de 
Cantacuzène. Il s'aperçut que la ja- 
lousie de Jean Paléologue devenait de 
jour en jour plus vive ^contre lui et 
contre Mathieu son fils aîué. En vain 
voulut -il apaiser ces querelles^ il 
ÊiUut combattre; car déjà Paléolo- 
gue assi^eait Mathieu dans la cita- 
delle d'Andrinople. Cantacuzène le dé- 
livra; Jean fit venir à son secours les 
Bulgares et les Serviens; son rival 
appela les Turks , et fît couronner Ma- 
thieu dans l'église de Ste. Sophie. Ce- 
pendant l'empire était dans un désor- 
dre affreux. Cantacuzène ne voulant 
pas prolonger taut de maux , et voyant 
diminuer la . faveur publique dont il 
avait joui si long-temps , se hâta de 
conclure un traité avec Paléologue , 
et , après avoir engagé lui-même les 
ivilles qui tenaient pour lui à se sou- 
mettre , il renonça au sceptre eu 1 355, 
prit l'habit religieux et les noms de 
Josuaphus Christoduhis , sous les- 
quels il a composé ses écrits, et se re- 
tira dans le monastère de Mangane. 
Irène, sa femme, suivit son exemple; 
elle prit le voile et le nom à* Eugénie ^ 
et s'enferma dans le couvent de Ste.- 
Marthe, fondé par les aïeux de Can- 
tacuzène. Leur fils Mathieu fut bientôt 
en guerre ouverte avec Paléologue; 
Cantacuzène, du fond de sa retraite, 
lui conseilla d'imiter sa modération et 
de descendre du trâne; Mathieu sous- 



CAN 



Si 



fertvit à ce conseil, et l'amitié de Paléo- 
logue le dédommagea du sacrifice qu'il 
avait fait. L'histoire a placé Cantacu- 
zène au rang des plus grands hommes 
que l'empire Romain ait compta ; il 
était digne, par ses talents, par l'élé- 
vation et la modération de son carac- 
tère, des plus beaux jours de cet em- 
pire; il a vécu dans ses moments les 
plus obscurs et les plus agités , et sou 
génie seul ne pouvait résister au tor- 
rent qui entraînait les tristes débris 
du trône de Césars. Lambecius place 
sa mort au 20 novembre i4io, mais 
il est difficile de croire qu'il ait pousse 
sa carrière aussi loin. Jean Cantacuzène 
a écrit : I. ffistoriœ hyzanJdnœ libri 
quatuor. Jacques Pontanus en trouva 
le manuscrit dans la bibliothèque de 
Bavière , le traduisit en latin avec des 
notes; Gretscr, qui en fut éditeur, y 
ajouta de nouvelles notes, et publia le 
tout à Ingolslâdt, i6o3 , in-foL Cette 
édition ne contient que la version la- 
tine. Le texte grec fut, avec la version 
latine, imprimé d'après un maniis- 
crit du chancelier Seguier , Paris , 
imprimerie royale, i645, 3 vol. in- 
fol. , et fait ainsi partie du corps d'his- 
toire byzantine. Cette édition a .été 
réimprimée à Venise en 1729. Le 
président Cousin l'a traduit eu fran- 
çais dans le tome YIl de son Histoire 
de Constantinople, Cette histoire s'é» 
tend de i32o à 1357. Les harangues 
dont elle est semée sont éloquentes , 
mais souvent trop longues» On répro- 
che à l'auteur les éloges qu'il s'est pro- 
digués. II. Quatre apologies ou dé» 
fenses de la religion chrétienne , et 
quatre Discours ou livres contre les 
erreurs du mahométisme, qui ont été 
imprimés par les soins de Rodolphe 
Gaultier ( Gualterus ) , qui les avait 
traduits en latin, sous ce titre: jis- 
sertio contra fidem mohammedi'^ 
çam^ Bale^ i543; in-fol. L'éditeup 



Sa 



CAN 



remarque que Gantacazene combat 
plusieurs erreurs des )uifs , qui sont 
communes aux mabome'tans; ce qui 
a fait présumer à J. A. Fabricius que 
les traités de GantacuzèQe, contre les 
{uiis y pourraient n'être autres que cet 
ouvrage; mais Fabricius ajoute que 
cependant Pbilippe'Labbe, dans sa 
Biblioth. manuscript. Tiwa, parle de 
Tteuf discours de Gantacuzène contre 
les juifs. III. Quelques autres ouvra^ 
ges de tbéologie, qui n'ont point été 
imprimés , dont on possède des ma* 
nuscrits dans plusieurs bibliothèques , 
et dont Fabricius donne la liste dans 
sa BibUotheea grœca , libr. Y ^ cap. 5; 
IV. Paraphrasis ethicorum Aris- 
totelis y aussi inédite ^ et dont parlent 
Simier et Ph. Labbe. —- Mathieu Gan- 
tacuzène , à l'exemple de son père, 
cultiva aussi les lettres dans son cloî- 
tre. On a de lu^: ExposiUo in Can» 
ticum Canticorum, imprimée à Rome , 
grec et latin , avec les notes de Vinceut 
Biccard^ 16^49 in-fol. L— S— e. 
GANTACUZÈNE ( Serban ), prin- 
cède Valacbie dans le 17*". siècle, ne 
fut pas plus tôt parvenu à cette dignité, 
qu'il chercha les moyens d'arracher 
son pays au joug de la Porte othomane. 
Le séraskicr qui commandait en Bul- 
garie , ayant découvert qu'il entrete- 
nait des correspondances avec les en- 
nemis du croissant , résolut de le faire 
déposer; mais Serban, par ses hbé- 
ralités et son adresse, sut détourner 
l'orage } il envoya un de ses frères , 
Georges Gantacuzène , auprès de l'em- 
pereur Léopold, et il. conclut aussi 
une alliance avec le czar. On lui pro- 
mettait de le déclarer souverain des 
Grecs, comme descendant de la fa- 
mille impériale de Gantacuzène , si les 
Turks étaient rejetés au-delà du Bos- 
phore. Les préparatifs de Serban ré- 
pondaient h là grandeur de son entre- 
]prise : il avait fait fondre un grand 



CÀN 

nombre de pièces d'artillerie; trente 
mille hommes rassemblés dans les 
bois et sur les montagnes n'attendaient 
que le signal du combat, lorsqu'il fut 

empoisonné, en i684r P^^ ^^^^ ^® 
ses parents que l'ambition conduisit à 
ce crime. -^ Un autre frère de Serban, 
nommé DémétriuSj fut deux fois hos- 

Î)odar de Moldavie. G'était un prince 
aible, privé de moyens, qui rendit 
odieuse sa domination. M. Thornton , 
Auteur de V État actuel de la Turquie, 
doute que la famille actuelle des Gan* 
tacuzène descende de celle qui a ré- 
gné à Gonstantinople ; Démétrius Gan- 
ternir l'assure positivement ; mais on 
doit observer qu'il ayait épousé une 
Gantacuzène. D. N — l. 

GANTAGUZÈNE ( Gonstantiw )• 
F*. Bassaraba. 

GANTA-GALLINA ( Rémi ), gra- 
veur, peintre et ingénieur, né en 
i556, doit l'espèce de céle'brité dont 
il jouit à la gloire qu'il eut d'ensei- 
gner à Gallot les premiers éléments de 
son art ; cependant cet artiste dessinait 
le paysage à la plume avec une certai- 
ne facilité. Il a gravé aussi, d'après ses 
propres compositions et celles de Jules 
Parigi , un grand nombre de vues, de 
fêtes et de décorations théâtrales. Il 
mourut h Florence en i6^4« P — ^e. 

GANTALYQUS, ouCANTALIClO 
(Jean-Baptiste ) , poète latin du 1 5*. 
siècle , n'est connu que sous ce uook 
qui lui venait de sa patrie, et sous ce- 
hii de Falentino, qu'il tenait d'une 
famille puissante à laquelle il fut atta- 
ché. Il était né à Gantalice dans l'A- 
bruzze , et fut, en considération de son 
savoir, choisi par le pape Alexandre 
VI pour instruire son neveu Louis 
Borgia. Ge jeune homme étant devenu 
cardinal , obtint pour son précepteur 
l'évêché de Penna et d'Atri , et la per- 
mission de porter le nom de Falen- 
tinOf sus «lors en grand honneur par 



CAl!t 

« 

leorëditiet la fortune du trop fameux 
César Boi^. On sait que César , cTa* 
bord cardinal de Valence en Espagne, 
avait ensuite été fait duc de Yalenti* 
nois, CNi de Valence en Daiiphiné. Les 
Italiens , à ces deux titres , l'appelaient 
U FàLemino^ et révéque de Pennà 
se tint sans doute fort hionoré de por- 
ter ce nom. Ses poésies ne sont pas. 
sans, me'rite , quoique moins disantes 
que celles de plusieurs autres poètes 
latins qui fleurirent en Italie , surtout 
dans le siècle suÎTant. On « réuni et 

{)ablié ses Epigrammes , en douze 
ivres, Venise, 149^, in-4^, et Ton 
eu a mis, à la fin des siennes , quel- 
ques-unes dfi ses disciples. On a aussi 
de lui un poème latin en quatre Uvres, 
d(mt le grand capitaine, Gonsalvc.de 
Cordoue , est Idiiéros , Naples, 1 5o6 , 
in-£bi.; réîmjHÎmé à Strasbourg, 1 5 1 3, 
in 4**. Ce poëme a été traduit en prose 
italienne par Sertorio Quattromani de 
Cosence. G^— i. 

CâNT£L ( Pierre-Joseph J^ né le 
i^. janvier 164 5, dans le pays de 
Caux, jésuite en 1664, mort à Paris 
le 6 décembre 168^, avait altéré sa 
santé par excès de travail. It fut em- 
ployé à l'édition des auteurs latins 
destines à l'éducation du dauphin , et 
publia Justin ( 1Ô77 ) , et FaUre 
Maxime ( 1679, in-4^ ), enrichis 
de notes estimées et de bonnes disser- 
tations. On a de lui : I. De Romand 
repubUcd, sive De re militari et ci' 
vài romanorum, Paris , 1 684 , iu- 1 2 ; 
Ulrecht, 1691-96, 1707; Venise, 
1730, in -8^. avec fig. C'est un bon 
ahcéfi^éàes Antiquités romaines^ qui a 
été traduit en français. II. Metrapo- 
Utanarum urbium kisiariœ civilis et 
€cclesiasticœ , 1684 9 in'4*'. Ce pre- 
mier volume devait être suivi de plu- 
sieurs autres; mais la mort prématurée 
de Tauteur l'arrêta au., milieu de ce 
Irarail. Le P. Cantd avait été cha^jj^é 

VII. 



CAN 55 

de contiliuer les Dogmes îhMogiques 
àe Petau, et il était capable, dit le P. 
Oudin , de remplir cette carrière avec 
honneur. T— D. 

CANTEMia (CoNSTiiTTiN ) , né en 
Moldavie, entra fort jeune au service 
de Pologne, et en sortit avec le grade 
de colonel. Il fut attaché quelque 
temps à Georges Gika , prince de Va-» 
lachie, revint ensuite dans sa pro- 
vince, où il fut élevé successivement 
aux premiers emplois. 11 commandait 
la division auxiliaire des Moldaves, 
h>rs de l'expédition de Mahomet IV 
contre les I^lonais; et, loin d'imiter 
le vayvode Pétreczâcus , qui passa du 
cÂté de l'ennemi à la jour|iée de Ghoc- 
zim , il défendit avec courage les fem* 
mes du sulthan, et empêcha qu'elles 
ne fussent enlevées. Cet exploit lui 
valut la promesse de régner un jour 
sur la Moldavie. Il fut provisoirement 
revêtu de la dignité de Soudan, et 
chargé, en cette qualité, de la défense 
des frontières entre le Dniester et le 
Pruth. Constantin Cantemir occupait 
ce poste depuis plusieurs années, lors- 
que le prince Démétrius Cantacuzène, 
qui était jaloux de son mérite^ le dé- 
nonça, au séraskier Soliman -Pacha.. 
Constantin réussit à se justifier; et, 
par uu jeu singulier de la fortune , il 
obtint la principauté de s6n aecnsateur^ 
sur la demande de ce même séraskier 
qu'on avait voulu rendre l'instrument 
de sa perte. Bon offijcier et politique 
adroit, il favoirisa , mais sans se com- 
promettre , les entreprises des Polo^ 
nais sur la Moldavie. Ces derniers 
l'ayant attaqué, par une espèce de tra- 
hison, à la bataille de Boian, il les 
combattit avec tant de valeur que les 
Turks lui durent la victoire. 11 eut la 
satisfaction d'apprendre à son lit de 
mortquelesétatsluiavaientdonnépour 
successeur son second fils , le célèbre 
Dém.étrius Cantemir. U mourut le ^i 



34 CAN 

mars 1.693, après avoiir gouverne là 
]!tf oldavie pendant huit ans. D. N<<^l. 
G;iNTEMll((D£M£TRivs\ seeond 
lils du précèdent , naquit en Mohlavie 
le 'i6 octobre 1673. A quinze ans, il 
fut envoyé à Gonstantinople pour y 
remplacer, comme otage, son frère 
Antiochus , et il y resta quatre ans. Il 
apprit la langue turke, et introdui- 
sit chez cette nation l'usage de la mu- 
sique notée. 11 fit ses premières armes 
en 1691 , sous les ordres de son père, 
^u si^e de Sorocz, sur. le Dniester. 
A la mort de Constantin , ses grandes 
qualités déterçiinèrent les barons do 
\^ province à le choisir pour leur prin- 
ce, quoiqu'il n'eût pas encore vingt 
ans ; mais l'intrigue prévalut à la Porte 
Othomaue sur les services du père et le 
mérite du fils : aa nomination ne &it 

Es confirmée,, et il reçut l'ordre d'al* 
* vivre à Gonstantinople, où il ne 
larda pas à jouir d'une grande faveur, 
tlommc deux fois hospodar de Mol-» 
davie , il eut toujours le crédit de £iiré 
donner cette principauté à son frère 
Antiochus. Il l'avait accompagné en 
Moldavie, Ja.première fois que ce prin** 
4^ alla prendre possession de sa digni^ 
jté, et, lorsqu'il eut été déposé par les 
intrigues de Brancovan Bassaraba, 
pémétrius revint à Gonstantinople , et 
fil bâtir un palais dans cette capitale : 
c'est alors qu'il commença son His^ 
foire de rimpire ottoman. Echappé 
aux manœuvre^ que Bassaraba (^of . 
JBassarabji )>, ennemi de la famille 
Gantemir, avait employées pour le 
perdre, il iiit nommé une troisième 
ibis prince de Moldavie, en novembre 
1710. Pour. s'assurer de son accepta'- 
.tion, la Porte lui donna l'expectative 
/ie la principauté de Valachie. On lui 
promit, en outre, qu'il conserverait 
4ou(e sa vie la souveraineté de cette 
province, et qu'il ne serait tenu àau- 
Kua tribut ou présent pour l» temps 



î 



CAN 

qu'il re;sterait en Moldavie; mais k 
peine était-il installé, qu'il reçut l'or- 
dre d'envoyer à Gonstantinople ies 
sommes d'usage pour son joyeux avè- 
nement, et de tout préparer pour la 
guerre qui' allait éclater contre la Rus- 
sie. Le prince, voyant le peu de fonda 
u'il avait à faire sur les promesses 
es Turks , résolut de traiter avec le 
cîar. Il fut convenu que Démétrius 
joindrait ses troupes à Farmée d« 
Pierre ,.et que la Moldavie serait éri- 
gée en principauté héréditaire , dont 
il jouirait , ainsi que sa descendance , 
sous la protection des empereurs rus- 
ses. Ge traité ne put recevoir sort 
exécution. Le czar, qui avait compttf 
sur le secours des Polonais , des Va- 
laques et des Moldaves , fut abandonné 
par les uns, trahi par les autres , et 
Démétrius lui-même, trompé dans ses 
espérances , n^eut bientôt d autre a&yfe 
que le camp de son allié. La haine des 
Turks l'y poursuivit. Le grand vézyr 
exigeait, comme une des premièi-es 
conditions de la paix, que Gautemir 
lui ffit livré; mais le czar, quoique ré- 
duit à la plus fâcheuse extrémité , s'y 
refusa constamment. «J'abandonnerai 

■ 

» plutôt, écrivait-il à son'tninistre, tout 
» le pays qui s'étend jusqu'à Kursk ; i t 
» me restera l'espérance de le recou- 
» vrer; mais la pcrtede ma foi estirré- 
» parable, je ne peux la violer.» Pierre, 
rentré dans ses états, créa Gantemir 
prince de l'empire russe. Les nobles 
moldaves qui l'avaient suivi ne du* 
rent relever que de leur ancien souve- 
rain, et ils obtinrent des établisse- 
ments considérables en Ukraine. Dé- 
métrius perdit en 1713 sa femme, 
Cassandre Gantacuzèné, et il épousa 
•en 1 7 18 une fille du prince Trubezkor, 
feld-maréchal des troupes russes. Il 
fut ndmmé h cette époque conseiller- 
privé. Il accompagna Fierre-le-Grand, 
en i^t^o^ dans son cxpédilioii coqU# 



; il devait même diriger 
sous ce prince les affaires civiles; mais 
à vingt iieaes de Moscou, il ressentit 
de grandes ùiblesses et de la fièvre; 
il ne gagna la ville d^Âstracan, et en* 
suite Derbent, qu'avec une extrême 
difficulté; il eut la douleur d'y appren*^ 
dre que la firëgate qui portait ses équi- 
pages avait péri dans la mer Gaspien^- 
ne , et que son cabinet et tous ses pa- 
piers étaient perdus. Oémétrius revint 
k Astracan dans un état désespéré; 
les smns d'un médecin habile prolon- 
gèrent ses jours ; mais le mal ayant 
reparu avec plus de force-, il mourut 
ie ^ 1 août 1 7ti3 , dans Us terres qu'il 
tenait de la munificence du czar. Dé- 
métrius Gantemir parlait le turk , le 

Eïrsan , l'arabe, le grec moderne, le 
tin, l'italien y le russe, le moldave, 
et il entendait fort bien4'ancien grec^ 
le slave et le français. Il était versé 
dans rarchiteclure, la musique, la 
géométrie et dans les sciences philo- 
sophiques. L'académie de Berlin le 
comptait au nombre de ses membres. 
Ses principaux ouvrages sont : I. ffis^ 
toire de t agrandissement et de la 
décadence de l'empire ottoman -: 
Toriginal latin est demeuré manuscrit. 
J. L. Schmidt l'a traduit en allemand, 
Hambourg y i745,in-4°.; Nie. Tiu'- 
dal le traduisit en anglais , par ordre 
de la reine Anne, Londres, 17349 
a vol. in - loi. , précédé de la vie 
de l'auteur; de Jonquièrés l'a tra- 
duit en français, d'après la versiob 
anglaise , Paris, 1 743 , in-4''*^ idem , 
4 Tol. inria. Cette histoire, qui se 
divise en deux parties , va jusqu'à Tan 
171 1* On reproche k l'auteur d'y 
^montrer peu de critique, et de n'avoir 
point consulté les historiens orientaux : 
néanmoins , cet ouvrage sera toujours 
consulté avec fruit ; la chronologie en 
est généralement exacte, et les noms 
propRs n'y sont point défigurés oom^, 



'CATS 



55 



me dans la plupart des ouvrages de 
ce genre. IL Sj^stém^ de la re/i- 
gion mahométaney St.-Pdtersbourg , 
1722, in-folio, en allemand; IlL 
Histoire ancienne et moderne de la 
Dacie, en langue moldave, demeurée 
manuscrite ; le même ouvrage en latin 
( il fut perdu dans là mer Caspienne ); 
'IV. Etat présent de la Moldavie ^ 
avec une grande carte du pays^, im- 
priméen latin, en Hollande. La traduc- 
tion allemande, faite par le professeur 
J. L. Redslob , de Berlin, a été insé- 
rée par Biisching dans son Magasin, 
pour r histoire moderne et la géogra* 
phie , et a étc imprimée à part, Franc- 
fort et Leipzig , 1771, grand in-8°. , 
avec une carte , et la vie de l'auteur. 
y. Histoire des familles Brancovan 
et Cantacuzène , manuscrit in-4***> 
écrit en langue moldave ; on l'a traduit 
en russe, de russe en allemand, et de 
l'allemand en grec moderne, y l.V His- 
toire des mahométans , depuis leur 
prophète Mahomet jusqu'au premier 
suHan des Turcs : cet ouvrage s'est 
perdu dans la mer Caspienne. VIL 
Notice survies portes Caspiennes et 
autres antiquités du Caucase , sou- 
vent mise à contribution par Bayer 
dans sa dissertation De muro Cauca- 
seoy insérée dans les Mémoires de l'a- 
cadémie de St.-Pétersbourg ; VII L Inr 
troduction à la musique turque , en 
moldave, in -8°. Suivant Toderini, 
Cantemir, h. la demande de deux mi- 
nistres puissants, composa en turk un 
traité de musique , et le dédia au sul- 
than Ahmed IL Les notes y sont indi- 
quées en lettres et en nombres turks* 
Cet Ouvrage a joui chez ce peuple d'une 
grande célel)rité; mais la routine a fini 
par reprendre le dessus. D. N— l. 

CANTEMIK ( Antioçhus , et, se- 
lon d'autres, Constantin DiifETRius, 
prince ) , fils de Démétrius , naquit à 
Constantinople en 1709. Après avoir 

5.. 



5Ç CAH 

reçu uoe ëducation soignée k Moscou 
.et à- Pétersbourg, il devint lieutenant 
de la $;arile impériale , avec le rang de 
colonel, sous le règne de Pierre IL II 
venait de perdre sa fortune dans un 
procès avec sa belle-mcrc et son frère 
aîné, lorsqu'Anne monta sur le trône; 
cette princesse lui accorda sa protec- 
tion , et il lui en témoigna sa reconnais- 
sance, en obtenant qu'elle fut rétablie 
dans la jouissance du pouvoir absolu , 
•auquel le parti de%Dolgoroucki l'avait 
obligée de renoncer. A l'âge de vingt- 
.trois ans, Cantemir fut nommé minis- 
tre de Russie à Londres. £n 1 7^6, il 
.se rendit à Paris pour se faire gué- 
rir d'une opbtalmie , et, peu après , il 
devint ambassadeur de l'impératrice 
.auprès de la cour de France. Sa santé 
s'étaut affaiblie , il obtint la permis- 
rsion de se rendre en Italie ; mai^ sa 
faiblesse augmenta au point qu'il ne 
pur entreprendre le voyage, et il mou- 
1 lit à Palis le 1 1 avril i ^44 9 ^^^ ^^ 
.trente-quatre an«. Aptiocbus Cantemir 
avait bérité de son père le goût des 
sciences et des lettres , et son séjo^rr à 
Palis lui donna celui des b«Attl-arts. 
)\ était versé dans la physique, les 
. mathématiques , la géographie et l'his- 
toire ; il cultivait la poésie, savait plu- 
sieurs langues , et connaissait la pein- 
.turectla musique. 11 est surtout connu 
par ses satires en vers russes , dont il 
iit la première à l'âge de vingt ans ; 
Celles sont au nombre de huit , et ont 
principalement pour objet les mœurs 
moscovites. On les a traduites en fran- 
çais et en allemand. La traduction 
françsise, par l'abbé de Guasco, a 
,pour titre : Satires du prince Canr- 
Xemirj précédées de thistoire de sa 
vie, Londres, i^So, 2 parties in- 1 2. 
tL composa aussi en russe des canti- 
ques, des fables , des odes, nu poème 
sur le çrir Pierre, intitulé : Fêtréidef 
«A Traité de la pro^die russe ; et 



EAI^. 

il traduisit dans la inéme langue leK 
Lettres personnes y la Pluralité des 
mondes j Foiiyrage d'Algarolti sur la 
lumière et les couleurs, et quelques 
auteurs grecs et latins. C— au.. '. 
CANTENAC ( le sieur de ), poëtq 
du 1 7'". siècle, est auteur d'un volume 
intitulé : Poésies nouvelles et autres 
œuvres salantes du sieur de C. , 
Paris , Guard , 1662 , in- 1 '2 ; 1 665 ," 
in- 12. Ces poésies sont divisées eii 
trois parties; la première contient les 
Poésies nouvelles et galantes ; la^ 
seconde , les Poésies morales et chré~ 
tiennes ; la troisième , les Lettres 
choisies galantes du sieur de Canr 
tenac. C'est à la suite de la premier* 
partie , entre les pages 102 et io3, 
qu'on intercala un cahier de quatorze 
pages contenant Y Occasion perdue 
et recouvrée , poème de quarante 
stances. Aussitôt que l'ouvrage parut ^ 
le président Lamoignon manda le 
libraire, et lui ordonna d'oter cette 
pièce scandaleuse des exemplaires qui 
lui restaient; il ne s'en était vendu que 
quelques-uns , et cette pièce n'a pas 
été reproduite dans l'édition de i665. 
Le Çarpeniariana attribue à tort à 
Pierre Corneille V Occasion perdue et 
recouvrée. Les Mémoires de Trê^ 
- youx , de l'année même où parut le 
Çarpeniariana ( 1 724 ) 9 relevèrent 
cette erreur; le jP. Nicéron la signala 
encore dans le i5". volume de ses 
Mémoires , imprimé eu 1751 ; cela 
n'a i)as empêché plusieurs auteurs de 
la commettre depuis, et entre autres 
M. J. Christ. KIotz, qui, dans sou ou- 
vrage De libris auctoribus suisfatur 
Uhus » Leipzig, 1768, in -8^. , a co- 
pié la faute du Carpentariana. Cante* 
nac n'était pas sans talents. Son Ocr 
casion perdue et recouvrée &etrouyt 
dans le Recueil des pièces du temps, 
ou divertissements curieux , la Haye, 
J. Su-içk, ii^S , ia-i2 ; et i^core 



CÀN 

ions les Poésies gaillardes et hérot' 
(fU€S de ce temps , petit volume ia- 
la , sans date. A. B — t. 

GANTER ( Guillaume ), était fils 
de Lambert Ganter, sénateur d'Utrecht 
11 naquit dans cette ville le *2.l^ juillet 
i54'i- AprëÀ ses études, et <juelques 
voyages littéraires entrépris pour vi- 
siter les savants et les bibliothèques 
de France, d'Allemagne et d'Italie , il 
se iîxa dans la ville de Louvaiii. Satis 
ambition , sans passion , que celle de 
Fétudé, GatitiT ne voulut pfendï'e de 
grade dans aucune université, et s'éloi- - 
gna de toute espèce de fonctions pu- 
bliques, pour se livrer eiclusivement 
et sans réserve à la culture des lettres 
savantes. 11 ne voulut point non plus 
se marier , craignant |es distractions 
que peuvent causer une épouse et des 
en&uts , et il mourut sans avoir ja- 
mais eu de liaison avec aucune fem- 
me. L'amitié même lui semblait dan- 
gei'euse; il était souverainement en- 
nemi des repas et des réunions de 
société ; et quand il consentait àrece^ 
voir quelqu'un , cette rare exception 
n'avait jamais lieu que pour uu sa- 
vant. Gbaque heure de la journée avait 
son usage déterminé d'avance , et il 
observait scrupuleusement la règle 
qu'il s'était £iitc. « Je n'ai jamais vu » 
^t Juste Lipse , dans une de ses let- 
tres ( cent . 1 , ép. I • ) , « je n'ai jamais 
» vu un esprit si infatigable, si amou- 
» reux des travaux littéraires, si pro- 
» pre à tes supporter. Il est au milieu 
» des livres et des papiers le jour , 
» la nuit , sans cesse ; il n'en bouge 
« pas. Tops les jours de la vie vont 
» de compte fait à ces études savan-^ 
» tes ; que dis-je ? toutes (es heures : 
• il les partage , la clepsydre sous 
» les yeut ; et chacune est consacrée 
» k telle ou tçlle lecture, à telle ou telle 
» composition. » Get excès de travail 
jeta Caînter dans une maladie de km- 



CAN 57 

gueur dont il moif mt , n^ayant pas en- 
core trente-trois ans accomplis , le i8 
mai 1575. Ses ouvrages sont nom* 
breux , et l'ont placé parmi les plus 
habiles critiques. En voici l'indication; 

I. Orationes funèbres in olntus alU 
quot animalium. Ces discours sont 
traduits de l'italien d'Oi tensio Lando* 
La seconde édition est de Lcyde^ 
1 591 yiii'-S^ L'ouvrage de Lando avait 
été traduit deux fois en français ; 
la première par Pontoux ( Lyon ^ 
1569, in^i6); la seconde- par Fran- 
çois d'Amboise , sous le faux nom de 
Thierry de Timophile ( Paris, 1 585, 
in- 16). On a cru que Ganter, qui 
savait peu l'italien , s'était aidé de 
l'une ^ ou de l'antre de ces versions. 

II. iVwfl? Lectiones , etc. : la pre- 
mière édition ( Bâle , 1 564 ) n'avait 
que quatre livres ; la seconde ( Bâle, 
1 566 ) , en eut sept ; la troisième 
huit : elle fut donnée à Anvers en 
1571, in-8". , et est aussi complète 
que celle de Gruter , qui a imprima 
les N(wce Lectiones en neuf livres ^ 
dansje tome troisième de son ThesaU' 
rus criticus. Le quatrième livre qui , 
dans les autres éditions , a trente-un 
chapitres , n'en a que trente dans 
Gruter , et c'est de ce chapitre retran<« 
ché qu'est formé le neuvième livre* 
Les Novœ Lectiones sont uu recueil 
très précieux d'observations pbilolo^ 
giques ; .la critique verbale en est le 
principal objet. Scaligcr prétendait 
que Ganter lui avait volé uu bon nom- 
bre d'excellentes remarques , et ce rcr 

)ix)che n'a pas semblé tout-à-lait in«^ 
uste. ni. Jtristidis orationes. C'est 
a traduction latine des discours d'A- 
ristide. Reiske a dit qu'Aristide était , 
après Thucydide , le plus difficile des 
ailleurs grées, et cette opinion a été* 
adoptée parle savant bibliothécaire do 
Venise, M. l'abbé Morelli. En traduis 
sant d'une Bauièce k la foisél^ante et 



58 



CAN 



fidèle un écrivain aussi obscur /Ganter 
se fît beaucoup d'honneur. Cette tra- 
duction , inij)riraée pour la première 
fois à Bâle, 1 566, in-fol. en 3 parties, a 
reparu dans V Aristide de P. Etienne, 
et dans celui de Jebb. Ganter y joignit, 
dans une quatrième partie , la traduc- 
tion de quelques discours de Gorgias, 
d'Antistlicne , d'Alcidamas , de Les- 
bonax , d'Hérode-Atticus, etc. A la fin 
de cette quatrième partie, ou trouve, 
lY . Sj'ntagma de ratione emçndandi 
grœcos autores. Ce petit ouvrage , ou 
sont indiquées tes principales sources 
de la corruption des textes grecs, vit le 
jour, pour la seconde fois , et avec des 
augmentations , à Anvers ,1571-, in- 
8". Jebb l'a réimprimé dans le second 
volume de son édition d'Aristide. Y« 
AristoieUs Pepli fragmentum^ Bâle , ' 
1 566, inr4°»^ et Anvers, i57i,in-8\ 
Ganter est le premier qui ait attribué à 
Aristote les épitaphes anonymes des 
héros grecs morts à Troie , et il les a 
données , sous ce titre , avec une tra- 
duction latine , qui a été réimprimée 
fréquevamenUYLEuripides , Anvers, 
1 5^ i , in-i t2. Dans cette édition, Gan- 
ter a, le premier, mis quelque ordre 
et quelque mesure dans les chœurs. Il 
doit être compté parmi les meilleurs 
éditeurs d'Euripide. YII. Sophocles , 
Anvers, 1 5^9, in-i 2 , édition rare et 
estimée. YlII. Msch^lus , Anvers , 
1 58o , in-i a; le travail de Ganter est 
fort bon , et ce volume n'est pas com-> 
muu. IX. "tfous nous bornerons à 
nommer ses traductions latines de 
LycoD^ron,dc Stobée, de Pléthon , 
de quelques ouvrages de Synesius ; ses 
notes sur Properce, sur les lettres 
diverses et les offices de Gicéron ; ses 
F'ariœ lectiones ad Biblia grceca , 
dans le 6*', volume de la Pofygloile 
d'Anvers. Il y a de lui , dans le recueil 
intitulé : Deliciœ poëtarum belgi^ 
corum ,. quelques pièces qui prour 



CAN 

vent qu'il n'était pas sans talent pouv 
la poésie latine. B-*ss. 

GANTER ( Théodore), frère de 
Gmllaume , naquit à Utrccht, en 1 545. 
Gomme son frère, il cultiva les lettres^ 
mais sans renoncer au commerce àe% 
hommes , et aux devoirs qu'impose la 
société. Il n'avait pas encore vingt ans^ 
lorsqu'il composa se^ Farke lectiones^ 
qui parurent à Anvers en 1 574^ et sont; 
réimprimées dans le t. 5"". du Thésau- 
rus àe Gruter. Scaliger, parlant de Gan- 
ter, dans le Scaljgeriana , dit : « 11 jr 
» a de bonnes choses dans ses Farke. 
» lectiones ; j'y profite beaucoup. » 
Son second ouvrage est une éditioi^ 
d'Aruobe (Anvers, 1 58a, in-S**.), avec 
de courtes notes, qui ont reparu dans 
la grande édition d'Arnobe, donnée à 
Leyde en i65i , ia-4"* Il avait fait 
une collection de tous les fragments 
des anciens poètes grecs, j^ C'est un 
» beau labeiu: guamvis non doctuf m, 
( dit encore Scaliger à l'endroit cité) ; 
» il a lu tous les auteurs grecs pouie 
» recueillir cela, v Après la mort de La 
Bovière , qui était chargé d'imprimer 
Cet ouvrage, le manuscrit passa suc-t 
ccssivement en diverses mains, et, veri^ 
le milieu du dernier siècle , il se trou- 
vait entre celles de Pierre d'Orville^ 
frère du philologue de ce nom. Noos 
ignorons quel ^n est aujourd'hui le 
propriétaire. Ganter avait aussi £ai| 
oeaucoup de remarques sur S. Ciér 
ment d'Alexandrie. A l'époque 011 Gu 
Burmann écrivait son Trajectum 
erudiiiuny en i ^58 , elles étaient dans 
la bibliothèque de Drakenborch. Le 
premier tome de la colleclion épistolai- 
re publiée par P. Burmann offre trois 
lettres de Ganter. Ce savant mourut en 
1 6 1 7 , à Lcuwarden , et fut enterré à 
Yoilenho ven ; ce que nous remarquons^ 
parce qu'il y a eu quelques doutes sur 
le lieu de sa sépulture. . B— -ss. 

CAISTHARUS,sciilpteur grec^étaif 



-CAN 

AeSyctone, et fils d'Alexis, qu'on ne 
^oit pas confondre avec Alexis de Sy- 
cioney sculpteur, ëièye de Poljclëte , 
qui florissait plus de cent vingt ans- 
avant Ganthanis. Celui-ci a reçu dans 
la Tao% olympiade , trois cents ans 
arant Jesns-Christ. Il se forma par les 
leçons d'Eutychides. Guitharus fit un 
grand nombre d'onvrages recomman- 
dables , mais aqcun né fut range' parmi 
les chefs-d'œuvre de l'art. On voyait 4 
Élis, de la main de cet artiste^ la Sta- 
tue d^Alexinicus Eléen,q\n remporta 
le prix de ia lutte destiné aux adoles- 
cenu. — - Un autre Gantb abxj^ inventa 
ces vases de terre auxquels On donna 
le nom de canthares. Ir-^S^^v.* . 

CANTON ( Jean-Gibhiel ) , naquit 
à Vienne en Autriche le 24 mai 1710, 
et ipournt dans la même ville le 1,0 
mai 1 755. Quoiqu'il ne soit pas comp- 
té au nombre des peintres célèbres , 
il réussit à peindre les hommes et les 
cliovanx ; ses traits sont hardis et sa 
main assurée. Il a trayaillé les ani- 
maux dans les paysages du fameux 
Orient ( Foyez Orient ) , et les ba- 
tailles dans quelques p;rands tableaux 
de Meyitens ( Voyez I^eyltens). Les 
ouvrages de Gabriel Canton sont très 
rares en France ; les amateurs de 
Vienne en font un cas particulier ; les 
Anglais les recherchent aussi, et, quoi- 
qu'ils ne soient connus en Angleterre 
que d'an petit nombre de personnes , 
le prix en est considérable. A— s. . 

Canton (Jea»), physicien et as- 
tronome anglais, naquit en 17 18- à 
Stroud dans le comte de Glocester* Fils 
d'un onvrier en draps , il fit de bon- 
nes études dans l'école de cette yille , 
dont son père le retira ensuite pour 
lui Ciire apprendre son métier. Dans 
ses loisirs, il se livra avec une tHIe 
ardeur à l'étude de l'astronomie, que 
son père, craignant que son application 
Moen^ngeât sa sauté, le priva de lumiè* 



CAM 4^ 

redans te chambre. Le féune Cantoti 
trouva moyen d'en cacher une , dont il 
ne se servait que lorsque toute sa famil- 
le était couchée. Il employa ce temps 
à faire , avec la^ pointe d'un couteau , 
un cadran solaire en pierre, qui mar- 
quait non seulement l'heure du jour, 
mais le lever du soleil , sa place dans 
l'écliptique, etc. Il le montra à son 
.père, qui^ enchanté de ce travail, lui 
permit alors de se livrer à son goût, 
et plaça le cadran sur le devant de sa 
maison , où il attira l'attention de plu- 
sieurs personnes du voisinage; ce qui 
commença à faire connaître le jeune 
Canton , et hii ouvrit l'entrée de plu- 
sieurs bibliothèques, où il trouva les 
secours qui lui avaient manqué. Il 

S rit alors le goût de la physique et 
es autres sciences naturelles. Le doc- 
teur Miles obtint de son père^ en 1 737, 
la permission de l'amener avec lui à 

<r Londres, OÙ, l'année suivante, il s'en- 
gagea commme clerc de Samuel Wat- 
kins, maître de l'académie de Spital 
Square, et, pendant cinq années, 
il se rcTâdit tellement recommandable 

. par sa bonne conduite, qu'à l'expira- 
tion de son engagement, en 174^9 
Watkins se l'associa pour trois ans. 
Canton lui succéda ensuite dans son 

. emploi, qu'il exerça tout le reste de sa 
vie. En 1 744 9 il fi^ un mariage avan- 
tageux. En 174^9 l'invention de ia 
bouteille de Leyde ayant tourné les es- 
prits vers les expériences électriques, 
Canton s'y livra avec ardeur, et ren- 
dit compte à la société royale de plu- 
sieurs découvertes sur l'électncitï, sur 
l'aimant , et sur plusieurs autres jioints 
de la physique. 11 fut nommé en 1 75 1 
membre de cette société.' Le'<20 juillet 
175a, pendant un orage, Canton, le 
premier en Angleterre ^ attira le ton- 
nerre des nuages , et vérifia ainsi la dé- 
couverte de Franklin. On assure qu'il 
découvrit ensuite, à peu près en métiou» 



^ 



4o C A N 

temps que Franklin en Amérique, que 
quelques nuages, contiennent rëlectri'* 
cite positive, et quelques autres l'élec- 
tricité négative. Il continua assidue- 
ment ses utiles ira vaux jusqu'à sa mort 
en 177^^. X— s. 

CANTWEL ( André), médecin ir- 
landais, nédansle comté de Tippérary, 
mort le 1 1 juillet 1 764, fut un oes plus 
ardents antagonistes de Tinoculation. 
JReçu médecin de Montpellier en 1 739, 
il concourut pour la chaire de méde- 
cine vacante par la démission d' As- 
truc Arrivé à Paris en 1755. il (ut 
reçu docteur k la faculté de cette ville 
en 17401 , étant déjà alor's de la société 
royale de Londres. Ses trois thèses 
furent : j^n aer àb inundatione sa- 
iubris ? An ptyalismus frictUmbus 
' jnercurialibus prouocatùs y perfectœ 
luis venereas sanatwni adversetur? 
An caiculo vesicœ scalpellum sent- 
. per necessarium ? Ses conclusions fu- 
rent toutes nq^atives. £n 1 760 , il fut 
chargé de professer la chirurgie latine , 
en 1760, la chirurgie françabe, et 
en 1 763 , la pharmacie. 11 a beaucoup 
écrit : I. Conspeoius secretionumy 
1 75 1 , itt-i!2 ; II. IKssertations latines 
sur ce qui manque à la médecine, 
paris, 17^299 in- ta; III. Disserta- 
tion sur lesfihn'es en général^ Paris , 
1750, in-4".;lV. Quasiiones me- 
dicœ duodecim , etc. , Montpellier , 
X752, in-4^ ; V. une traduction des 
Nouvelles eocpériences sur le remède 
de M^. Stepkens , par Hafler ,^ Paris, 
174^^ ÎD-'^ 9 ^ 'a suite de Y Etat de 
la médecine ancienne et moderne^ tra- 
duit de l'anglais de (llifton par Fabbé 
Desfontaines ; VI. Histoire d'un re- 
mède très eficace pour la faiblesse 
et la rougeur des feux y et autres 
maladies dfi même genre , avec un 
remède infaillible contre la morsure 
du chien enragé , traduite de l'anglais 
è^ Bans Sloane ^ Paris , 1 7 4^ 7 in-^''*. 



/CAW 

avec dés notes du traducteur, et aum 
dans l'ouvrage de St^Yves sur les ma- 
ladies des yeux, Amsterdam, 1769, 
in-iîi; VII. Lettres sur le Traité\des 
maladies de turèthre ( de Daran ) , 
Paris , 1 749 , in- 1 a ; VIII. plusieurs 
observation^ dans îcs Transactions 
philosophiques , sur une tumeur glan- 
duleuse considérable située dans îe 
bassin, N". 44^9 année 1737; sur 
une paralysie extraordinaire des pau- 
pières , N**. 449 > ^nn^fi ï 7^8 ; Des- 
cription d*un enfant monstrueux ^ 
N*. 453, année 1 739; IX. Lettre an- 
glaise y OÙ le mercure est indique 
comme spécifique de la rage , Londres , 
1 73B; X. Discours latin sur la di-- 
'ffùtéet la difficulté de la ntédecine^ 
prononcé à la faculté en 1 755 ; XI. 
Tableau de la petite-vérole ^ Paris, 
i 758 , in- 1 2 ; XII. Analyse des eaux 
dJd Passfy Paris, 1755, in-ia; XII* 
beaucoup d'écrits contre l'inoculation; 
une réponse à M. de La Gondamine 
sur ce sujet, Paris, 1 755, in-i a ; deux 
autres lettres sur le même sujet à Fré- 
ron et à Raulin, même année; une 
autre réponse à M. Missa sur le même 
sujet encore , etc. Z^ 

CANTWEL (André- Samuel- 
Michel), fils du précédent, né en 
1 744 9 fut lieutenant dès maréchaux 
de France, et, à ce titre, il fut admis 
dans l'hôpital des Invalides , en i ^gfi. 
Il devint bibliothécaire de cet éta- 
blissement, et y mourut le 9 juillet 
i8oa, Cantwel fut un des plus igno- 
rants et des plus inexacts traducteurs 
qui aient aratgé là littératcure. Il a 
' traduit de l'anglais un grand nombre 
d'envrage» i 1. Isabelle et Henrj^ 
178g, 4^ol. in-ia; II. Histoire de 
la décadenee et de la chute de Vem- 
pire romain. Les trois premiers vo- 
lumes parurent en 1 777 , sous fe nom 
de Leclerc de Sept-CneHcs ; mais on 
croit que le véritable traducteur était 



CAN 

Sooîs XVI. MM. DemeuDief et Bou- 
jard continuèrent la traductioii, qui fat 
£râe par Gantwel et M. Martnié , «t 
revue, quant aux deroiers yoitimes, 
{lar M. Boulard. Les dix-buit volumes 
de cette traduction out paru de 1^77 
à 1795. La nouvelie édition, entière- 
ment revue et corrigée , H accom- 
pagnée de notes critiques et histori- 
ques , relatives , pour la plupart , 
à l'histoire de la propagation du 
christianisme y par M. Guizot , Paris , 
Maradan, ittia-i3, a i5 vol. m-8^ 
II L Histoire des femmes , depuis la 
plus haute antiquité jusqu'à nos jours, 
1795, 4 vol. in- 12; iV. De la nais- 
sance et de^d chute des anciennes 
républiques^ '79^? in-8^ L'auteur 
anglais (Montagd) avait divise' son 
ouvrage en neuf chapitres ; le traduc- 
teur y a ajoute' un dixième chapitre , 
ou des conclusions qu'il applique à la 
re'publique française. Les réflexions 
de Gantwel à ce sujet sont très sages ; 
elles relaient trop pour être appréciées 
dans le temps. V. Discours sur Vhis^ 
foire et la politique en général , par 
le docUiur Jos, Priestley , 1 798 , 
3 vol. in - 8^. Le traducteur a ajouté 
quelques notes ^ où il contredit quel- 
quefois son auteur. VI. Foyage en 
HoUande et sur les frontières occi- 
dentales de V Allemagne , fait en 
' 794 f suivi itun voyage fait dans 
les comtés de Lancaster, de West- 
moreland et de Cumberland , 1 796 , 
a vol. in-8\; Vil. Zéluco, ou le Fice 
trouve en luirméme son châtiment , 
roman de J. Moore , 1 796, 4 vol. in- 
11 j V1II« Leçons de rhétorique ^ de 
BUir ( Foy. H. Blaib ); IX. Hubert 
de Sevrac , ou Histoire £wi émigré, 
par Marie Robinsou , 1 797 , 5 vol. 
in-187 ^' Louise Béverlejr , ou le 
Père égoïste, i79^K 3 vol. în-ia; 
XI. Laura , ou la .Grotte de P. Phi- 
lippe, romau die Bùrtoni i79B> 2 



G AN 4^ 

▼ol. in-ia; XII. les Aventures de 
Hugues Trévory ou le Gilblas an- 
glais, roman de Th. Ha'croft; XI 11. 
le Château d'Albert ,oi\le Squeleite 
ambulant, 1 799, 'j vol. in- 18; XIV. 
Foy âge en Hongrie fait en 1 797 » 
précédé d'une description de Fidime 
et des jardins de Schœnbrun, par Hob. 
Towuson , 1799, 3 vol. in-8'.; XV. 
Foy âge de M. Byron à la mer du 
Sud , comprenant la relation du 
voyage de V amiral Anson^ avec un 
extrait du second voyage de M. Hy* 
ron autour du monde, 1799, iu-8". 
Gantwel, enfin a eu part k la traduc- 
tion de la Géographie de W. Ont lirie , 
par M. Noël. A. B — t. 

CANUS (JuLius.), roinaiu d'une 
naissance illustre ,qui avait cultivé 5oa 
esprit par l'étude de la philosophie , 
donna l'exemple d'une constance 
Lérûïque que Se'nèquc admire dans 
son traité De tr^nquillitate animi* 
U se retirait à la suite d'une loiigae 
contestation. qu'il avait eue avec Gati- 
gula, lorsque cet empereur lui ditr 
a Î4e vous y trompez pas , j'ai ordonné 
)) que l'on vous mît à mort. » GanuS 
répondit tranquillement : * Je vous 
» en rends grâce , prince plein de 
» bonté. » Gependant, d'après un dé- 
cret du sénat , il devait s'écouler dix 
jours entre le jugement et l'exécution. 
. Pendant cet intervalle, Ganus ne mon- 
tra ni crainte , ni inquiétude , et lors-» 
que le centurion vint le chercber pour 
le mener au supplice, il le trouva 
jouant aux échecs avec un de ses amis. 
Ganus cpmpti froidement son jeu et 
celui de son adversaire , et dit ensuite 
au centurion : « Vous êtes témoin que 
» j'ai sur lui l'avantage. » Il y avait 
peut|être beaucoup d'ostentation dans | 
un soin si puéril ; niais Ganus fit voir 
uu esprit plus élevé, lorsque, ^'adres- 
sant a ses amis qui pleuraient sur son 
^ort , il l«ur dit : « Pourquoi ces ^- 



4» 



CAN 



» missements ? Vous êtes en peine de 
» savoir si Famé est immortelle ; \c 
» vais en être éclairci en un moment. 
» Je songe à bien examiner si mon 
^ ame se sentira sortir; » et il leur 

Sromit , s'il apprenait quelque chose 
e l'état des anies après le trépas , de 
revenir leur en faire part. V— ve. 
CANUS, ou CANO ( Mblchior), 
évêque des Canaries, naquit en 1 525 
à Tarançon , bourg du diocèse de To- 
lède, entra jeune dans Tordre de St.- 
Dominique à Salamanque , succéda en 
i 546 au célèbre Vittorja , son maitre, 
dans la première chaire de théologie 
de cette université, y forma un parti 
opposé a celui du savantCaranza, son 
collègue, qui fut depuis archevêque de 
Tolède. Ganus, fier , véhément, ayant 
joint à l'étude de la philosophie et de 
la théologie celle de l'histoire et des 
belles-lettres, contribua, dit-qn , à la 
disgrâce de Garanza , homme doux et 
poli , et aux malheurs de-Don Carlos; 
mais le P. Touron le défend sur ces 
lieux accusation» dans son Histoire 
des hommes illustres de Vordre de 
Saint^ Dominique , tome IV. T^ors- 
que les jésuites voulurent s'établir à 
Salamanque, l'impétueux Canus les 
dénonça comme les précurseurs de 
VAnte-Christj et il réussit à \ti fai- 
re renvoyer : ils ne purent s'y fixer 
qu'après qu'il eut quitté cette ville. 
On prétend que ce fut à leur sollicita- 
tion que Paul III l'appela au eoncile 
de Trente, et qu'ila le firent nommer 
évêque des Canaries en 1 552 , pour se 
del)arrasser d'un ennemi si dange- 
reux ; mais Canus y qui avait su s'insi- 
nuer dans l'esprit de Philippe II , dont 
il flatta l'ambition en lui persuadant 
qu'il pouvait faire la guerre à quelque 
prince que ce fût , lorsqu'il s'agissait 
de soutenir ses droits, se démit de 
son évêché , obtint bientôt son rap- 
pel en Espagne ^ devint provincial de 



CAN 

son ordre dans la province de'Ca 
tille , et mourut à Tolède en 1 56o. 
C'était sans contredit un des théolo^ 
giens les plus judicieux de son temps. 
Il contribua beaucoup à Êiire bannit 
des éooles une foule de questions vai- 
nes et absurdes qu'on y agitait alors 
avec une ridicule importmce. Sou 
Traité De locis tkeologicis en douse 
livres, c'est-à-dire, des principes <;t 
des sources d où les théologiens peu- 
vent tirer les preuves de leurs sentin 
ments et les arguments pour combat- 
tre ceux de leurs adversaires , est uii 
des meilleurs ouvrages de ce genre, <^t 
ne fut imprimé qu'après sa mort (Sala-* 
manque, i562, in-fol). A quelques 
digressions près. , il y a beaucoup de 
méthode ; le style en est pur ^ élégant 
et même fleuri. Les règles en sont ex- 
. cellcntes ; mais elles pèchent qudquér 
fois dans l'application. On lui repro- 
che encore d'avoir trop voulu nklui- 
re cette matière en art, à Timitation 
d'Arîstole , de Cicéron , ,de Quintî- 
lien dans leurs Traités de rhétori- 
que et de dialectique. Le reproche 
qu'on lui fait d'une trop grai-ide prë- 
yeution contre les scolastiques vient 
sans doute de ce qu'il a réduit leur 
autorité à sa juste valeur. Baronius 
ne peut lui pardonner d'aroir dit que 
S. Grégoire le grand et Te vénérable 
Bède ont adopté sans trop de discer- 
nement des miracles qui n'étaient foQr 
dés que sur des bruits populaires. Ou 
est étonné que son bon esprit ne l'ait 
pas «paiement désabusé des opinions 
ultramontaines. C'est k tort qu'on l'ac- 
cuse d'avoir dit que les écrivains sa- 
crés n'avaient eu besoin que d'une sim- 
ple direction du S. Esprit ; il ne l'en- 
tend que des faits historiques dont 
ils avaient d'ailleurs une connais- 
sance assurée. La dernière édition de 
cet excellent ouvrage , souvent réim- 
primé^ est celle qu'a donnée Hya^ 



ÇAH 

«UbeSerry, Vienne, i754»aTot4nr 
4^ Quoique son Traité des sacre- 
tnents en général et ses Leçons sur 
la pénitence n'aient pas la même ré- 
putation que le Traité des lieux théa- 
logiques ^ on y reconnaît le même 
caractère d'instruction , de solidité , 
de clarté et de méthode , et le même 
goût de la bonne latinité. Ses œuvres 
ont été publiées à Cologne en i6o5, 
in-8°.; ibid, 1678, in-S*^.; Ljon^ 
1704, in-4**. T"^— D. 

CANUS. Tq^. Cano. 

CANUT I". , roi d'Angleterre et à^ 
Danemark y monta sur ces deux trônes 
réunis l'an i o 1 5. 11 fut surnommé le 
Grand j pour sa puissance, comme 
Alfred Pavait été pour ses vertus. Les 
barbaries commises par les Danois éta* 
blis eu Angleterre avaient attiré sur 
eux une vengeance plus barbare çn-^ 
core. Étbeircd II , ia% monarque 
anglais de la race saxone, avait formé 
la résolution d'exterminer ces étran- 
gers , et il était parvenu à les faire 
massacrer tous ^ bommes , femmes et 
enfants, en un seul jour ( 23 février 
ioo!2 ). Il avait même voulu repaître 
ses yeux de cet horrible spectacle , et 
avait fait trancher la tête devant luiii 
h propre sœur du souverain qui ré- 
gnait alors eu Danemark. Ce monar* 
que (Voy* Suéwon) , transporté de fu- 
reur , était venu descendre en Angle- 
terre. Ethelred , après avoir su assas- 
siner, n'avait pas su combattre, et 
s'était enfui en Normandie , abandon» 
liant son pays k des vainqueurs fu- 
rieux. Ceux-ci avaient. à leur tour 
rempli l'Angleterre d'incendies, de 
carnage, et, ce qui était peut-être pire , 
de pemdie et de dépravation. Cepeur 
dant, abandonnés par leur roi, les pcur 
pies, dans plusieurs provinces, résis- 
taient encore à leurs oppresseui*s. Sué- 
non perdit la vie enAngleterre en 1 o 1 4« 
avant d'avoir pu y affermir sa domi- 



CAN 4S 

nation* Edmond, surnommé if^te-^tf* 
fer^ plus digne du trône que son père 
Ethelred, luttait avec succès contre la 
puissance des Danois , lorsque Canut , 
fils et successeur de Suénon , vint re- 
vendiquer le trône d'Angleterre. Son 
premier acte de souveraineté fut de 
ravager toute la côte orientale de son 
nouveau royaume, et de jeter à Sand«» 
wich tous les Anglais remis en otage à 
son père , après leur avoir coupé le 
nez et les mains. Bientôt, avec des 
renforts qu'il était allé chercher en 
Danemark, il revint dévaster le midi 
de l'Angleterre avec la même fureur, 
entra dans le Dor^tshire , sut qu'il 
était menacé par une armée qu'avait 
levée contre lui le valeureux Edmond, 
et trouva moyen delà dissiper par ses 
iutelUgences avec le perfide Édric^ son 
beau-frère ( Voy. Èdbic ]. Edmond' 
en leva une seconde, une troisième, 
toujours vaincu par la trahison, mênie 
quand il avait été vainqueur par \% 
courage, mais résolu de n'abandonner 
qu'avec la vie la défense de .son trône 
et de son peuple. Enfin , malgré les 
désavantages et les dangers de son 
affreuse situation , ayant moins à crain* 
dre des aimes de son ennemi que de 
la perfidie d'Edric, tour à tour décon- 
certé par une trahison ouverte, et sé^ 
duit par un faux repentir, et ne pou- 
vant être en sécurité ni dans son 
camp ni dans son palais, Edmond 
sut encore tellement balancer la for- 
tune entre lui et Canut , que les nOf 
blés anglais et danois , épuisés de 
combats et de fatigues , demandèrent 
impérativement à leurs deux souve- 
rains de se partager l'Angleterre. Un 
traité solennel assura le nord au prince 
danois , le midi à l'Anglais : un rnois^ 
après ce traité, deux chambellans 
achetés par Édric assassinèrent Ed- 
mond, et toute l'Angleterre fut à Car 
nut Edmond laissait deux cn&uts m^ 



4î CAÏÏ 

netirs : Canut compo^ une assemblée 
d'ëtatSy fit paraître devant eux des 
témoins subornes, qui jurèrent que, 
lors du dernier traité, Edmond, au 
préjudice de ses eiifants, avait cédé à 
Ganut l'héritage de sa couronne; et les 
états conûrmërent cette cession. Fai« 
blés et dépossédés qu'ils étaient , ces 
eniants portaient encore ombrage ; les 
immoler près du tombeau de leur père 
n'était pas sans danger : Canut les en- 
vova au roi de Suède, son ami, en le 
jpriant de le délivrer de toute inquié- 
tude par leur mort. Le roi de Suède 
eut horreur d'une telle proposition, 
reçut les deux jeunes prînces, mais 
les envoya au roi de Hongrie, qui 
leur donna l'hospitalité la plus géné- 
reuse. Après leur mort , qu'il n'avait 
pu obtenir, un tel éloignea^ent était ce 
qui convenait le plus à Canut. Il dési- 
ra dès-lors de sortir des routes du 
crime, mais se crut encore obligé d'en 
commettre quelques-uns, et, pendant 
vingt ans qu'il Tégna, il se montra d'a- 
bord cruel et injuste , devint ensuite 
équitable et humain, et finit par être dé- 
vot et superstitieux. Plusieurs victimes 
de ses nouvelles cruautés n'étaient rieii 
moins qu'intéressantes : il frappa sur- 
tout ceux des Anglais qui avaient trabi 
pour lui leur roi Ethelred, et i'inlâme 
Edric, ayant osé lui reprocher ses 
services , fut pendu et leté dans la 
Tamise. Il accabla ses su{ets d'impôts 
pour satisfaire l'avidité de ses chefs , 
mit ceux-ci à la tête de vastes terri- 
toires , pour les intéresser h l'affermis- 
sement de son autorité^ puis les ban- 
nit l'un après l'autre ; et , confondant 
les Danois avec les Anglais , rétablis- 
sant les coutumes saxones dans une 
asseniblée des états, assurant à tous 
une distribution impartiale de la jus- 
tice , à chacun iine protection égale de 
. sa vie et de ses propriétés , il changea 
en respects et en bénédictions rhorrear 



*CAïr 

qu*avait excitée sa tyrannie II acheva 
de charmer les Anglais en épousant 
Emma, veuve de leur roi Ëtnelred', 
dans laquelle ils aimaient à retrouver 
leur reine, et, par ce mariage, Canul 
arrêta les entreprises du duc de r^or- 
mandie , frère d'Emma, lequel se pi'ë- 
parait à faire valoir les droits de ses 
deux neveux , fils puînés d'Etheli*ed , 
au trône d'Angleterre. Sur désormais 
de pouvoir s'éloigner sans craiute. 
Canut fit un premier voyage sur lé 
continent, pour vaincre la Suède, et 
jun second, en io!i3, pour conquérir 
la Norvège. Ce fut alors que , monté 
sur le faîte y ou le vit aspirer à des^ 
cendre. Devenu le plus puissant prince 
de son temps, ne trouvant que vanité 
dans les grandeurs , poursuivi pat 
l'idée du prix qu'elles lui avaient co6^ 
té, il se jeta dans les bras de la reli- 
gion, couvrit le sol anglais d'églises et 
de monastères , fonda des prières pu- 
bliqueç pour les âmes de tous ceux qui 
étaient morts en combattant pour lui , 
et couronna tous ces actes religieux 
par un pèlerinage â Home, où il ob- 
tint de grands privilèges en favetir 
des écoles anglaises. Quelque mina*^ 
tieux qu'ait paru à Hume cet esprit 
de dévotion, l'on aimera toujours 4 
voir Canut confondre lef flatteurs qiu 
lui attribuaient la toute^puissance, 
entrer dans la vase de la mer à Pins* 
tant du reflux , défendre aux flots dé 
monter jusqu'à lui , et , lorsqu'ils ont 
mouillé ses pieds , se retourner vers 
ses vils adulateurs, pour leur dire 
avec dédain : « Apprenez que celui- là 
» seul est tout-puissant, à qui POceaa 
» a obéi , quand il lui a dit : Fa jus-- 
» que-là et pas pbis loin. » La der- 
nière expédition de Ganut fbt contre 
Malcolm , roi d'Ecosse , qui refusait et 
qui fut forcé de se reconnaître vassal 
de l^gleterre pour les domaines qu*-tl 
possédait dans le Cumb^rland : ^boai- 



CAR 

lti«;e bien posîtivemeiit borne h oes^ 
lerrîes situées bors du sol écossais , et 
^ui postérieurement causa des guerres 
terribles, lorsque les monarques an-; 
glais voulurent Téteudre h tout l'inté- 
rieur de rÉcosse. Quatre années d'un 
Kgne paisible suivirent cette expédi- 
tion, et Gailut mourut en io56, à 
Shaftsbury, laissant de son premier 
maria^^e avec Àlswen , 611e du comte 
de Hampsbire, Sweyn et Hacold, et 
d'Emma , sa seconde femme , Hardi- 
(linut. Sou testament assigna au pre- 
mier la Norwége , au second l'Ângle- 
terrc , et le Danemark au troisième. 

CâNUT II, autrement Habdi- 
Cahitt , ou Ganut-le-Bobuste , fils 
du précédent, apprit en Danemark la 
mort de son père, et le testiment qui 
lui assignait ce royaume du nord pour 
son partage, en établissant Harold, 
son firèr^ consanguin, sur le trône 
d'Angleterre. Fils d'Emma, sœur de 
Richard, duc de Normandie , Hardi- 
-Canut devait être apprlé à la monar- 
chie anglaise, d'après le traité passé 
entre te duc , son oncle , et le roi, son 
père , lorsque celui-ci avait épousé en 
secondes noces la veuve d'Ethelred IL 
Le vœu général des Anglais était pour 
le fils de leur reine ; mais ils craigni- 
rent la guerre civile, et réglèrent que 
Harold serait maître du pays au nord 
de la Tamise , et Hardi- Canut , de la 
partie, méridionale^ Harold ne tarda 
pas à s'emparer de tout , et mourut 
aprësun règne très court, lorsque Har- 
di-Canut venait , les armes à la main , 
revendiquer sa part. Beçu en triomphe 
jk Londres, et roi d'Angleterre sans 
partage, en io4o,l^fils d'Emma, 
comme s'il lui eut tarde de perdre l'af* 
Section de ses sujets , les révolta tous 
en exerçant sur les restes de son frère 
Harold une. vengeance également bas- 
4e y absurde et impie. Il osa oixlonner 



CAK 4S 

4 Parcbevéque d'York de violer le 
tombeau de Harold , d'exhumer son 
corps, de lui couper la tête , et de lo 
précipiter dans la Tamise. L'ardievê- 
que ne put empêcher l'ouverture du 
tombeau , et le duc Godwin se charçra 
de l'exécution du cadavre. .Des pé- 
cheurs trouvèrent ce corps flottant, 
et l'ensevehrent à Londres ; Hardi-' 
Canut le fit déterrer de nouveau , et 
rejeter dans la même rivière. Bientôt 
il se montra aussi avide que cruel. La 
nation vit rétablir,' de tous les impots ,' 
ceux qu'elle détestait le plus. Partout 
on murmura; le peuple de Worcesler 
massacra deux des collecteurs. Hardi- 
Canut jura d'exterminer la villeentière* 
Godwin, Sivard, Léofric, y mirent / 
le feu , et la livrèrent au pillage des 
soldats. L'Angleterre frémissait d'un 
règne qui s'anuonçait sous de tels aus- 
pices. Heureusement, il fut encore plus 
court que celui de Harold , et ne s'é* 
tendit pas au-delà de deux ans. Hardi- 
Canut ayant bonoré de sa présence les 
noces d un seigneur danois, en io4^y 
y mourut subitement, d'intempérance 
selon les uns , de poison suivaut d'au** 
très. Avec lui s'éteignit en Angleterre 
la dynastie danoise. Les Anglais re- 
vinrent aux deux frères d'Edmond 
C6te-de-fer , fils puînés d'Ethelred , 
appelés , l'un Alfred ^ et l'autre 
Edouard. Ce dernier fut préféré, soit 
que Hardi-Canut et Godwin eussent 
assassiné de concert le prince Alfred , 
ainsi que le disent quelques historiens, 
soit que Godwin eût commis ce meur- 
tre à lui seul , après la mort de Hardi- 
Canut , ainsi que d'autres le rappor- 
tent ( Foy, Alfred n, et Edouard- 

L£-C0NFESS£ITR ). L ^T L. 

CANUT IV (S.), fils de Suénon 
II , roi de Danemark*, et d'une de ses 
maîtresses, avait, à la mort de sou 
père, en 1074, partagé les suffrages 
de la jQ^tion pour occuper le trône.. 



46 CAN 

Ses partîsaus avaient nséme pris h» 
armes, et l'on ctait sur le point d'en 
venir aux mains, lorsque les discours 
deHarold,son frère aînë, aides des 
artifices de deux seigneurs de son 

Sarti, ûrent pencher en faveur de ce 
crnier les suffrages de l'assemblée 
générale. Canut , en apprenant cette 
nouvelle, se retira en Suède , et, sourd 
aux offres d'Harold, qui promettait 
de lui donner l'investiture de quelque 
partie du royaume, à condition qu'il 
reconnaîtrait son élection , il alla en 
Prusse, où il avait déjà 'donne des 
preuves de sa valeur ^ continuer la 
guerre que les chrétiens faisaient aux 
habitants encore idolâtres de ce pays. 
Harold étant mort en 1080, les états 
résolurent unanimement de rappeler 
Canut, qui se trouvait alors en Suède* 
Dès qu'il eut pris possession de la cou- 
ronne , il épousa Adèle , fille de Robert , 
c^>ite de Flandre , puis il termina glo- 
rieusement la guerre de Prusse et de 
Courlande. Il s'occupa ensuite de faire 
rentrer dans le devoir ses sujets ac* 
Coutumés\ la licence et à l'impunité, 
délivra la mer des pirates qui l'infes- 
taient , fit punir tous les coupables , et 
ota m^e à ses frères les gouverne- 
ments des provinces où ils s'étaient 
conduits d'une manière tyrannique ; 
mais sa sévérité souvent poussée à 
l'excès et sa déférence impolitique 
pour les prêtres aigrirent les peu- 
ples. Lé mécontentement général n'at* 
tendait qu'une occasion pour éclater; 
elle se présenta. L'Angleterre, arra- 
chée à la domination des rois .de Da- 
nemark depuis la mort de Hardi-Ca- 
nnt , était regardée par eux comme 
une province révoltée. Canut , qui eâ 
avait médité la conquête , avait pris 
des mesures pour cette grande entre- 
prise. Il conclut un traité avec Olaiis- 
le-Débonnairc, son beau -frère, roi 
*de Norwège, qui lui promit un s^ 



CAN 

cours de soixante de ses plus grand» 
vaisseaux et d'une armée d'élite. Son 
beau-père lui envoya près de mille 
vaisseaux , qui se joignirent à ceux 
des Norwégiens dans le Lymfiord 
( golfe du Jutland ). Guillaume-le- 
Conquérant, au bruit de cet armement; 
leva des troupe^ de tous cotés , et 
prit de grandes mesures pour préve* 
nir l'invasion ; mais Canut n'effectua 
pas son entreprise, soit, comme lo 
rapporte un historien anglais, qu'il 
fût retenu par les vents contraires , 
soit qu'il apprît que lès Wendes pré- 
paraient un armement contre le Da- 
nemark ; Canut prit le parti d'apai- 
ser les Wendes en leur envoyant des 
ambassadeurs^ et, tandis qu'il atten- 
dait leur réponse pour se décider à 
rejoindre sa flotte , l'armée, impa- 
tiente d'un délai dont elle ignorait la 
cause , chargea Olaiis, duc de Sles- 
wig et frère durci, de s'en informer. 
Canut , indigné des murmures de 
l'armée et de la hardiesse d'Olaiis ^ 
lui interdit sa présence. Bientôt même 
Sçupçonnant, non sans raison, qu'il 
est l'auteur du mécontentement , U le 
fait arrêter , et le commet à la garde 
du comte de Flandre. Cette rigueur , 
en consternant les troupes, accroît 
leur animosité contre le roi; on pro- 
jette une vengeance ; mais la crainte, 
plus forte crue le ressentiment , dis- 
perse toute rarmécf au premier bruit 
de l'arrivée de Canut.' rTayant trouvé 
au lieu du rendez -vous que les Nor- 
v^égiens , il les renvoya* dans leur 
pys comblés de présents, et resta 
en Jutland pour punir la désobéis - 
-sance de son armée. Sa sévérité en 
cette occasion^ sa préférence sans ré- 
serve pour les ecclésiastiques , et 
surtout un nouveau tribut qu'il im- 
posa par tête conmie expiation d^ 
1 injure que son peuple lui avait faite , 
reyoltaient même les pins modérés de 



GAN 

m sujets. L'indignation fat au com*- 
Ue quand il convertit ce tribut en 
décimes au profit du clergé , et qu'il 
ordonna que cette espèce d'amende 
fût exigée avec rigueur y espérant 
par-là uire. consentir les Danois à 
pjer au clergé les .décimes aux- 
quels les états avaient constamment 
refusé de se soumettre. Les collée* 
teurs ayant, par leur dureté, rendu ce 
filxleau insupportable y le peuple se 
plaignit , murmura ; enfin , dans ie 
Bora du Jutland , les babitants mas* 
sacrèrent deux 'collecteurs, poursui* 
virent le roi qui se trouvait dans le 
voisinage , et le contraignirent à fuir 
en Fionie. Le soulèvement qui sVtait 
âendu dans tout le Jutland mena- 
çant de gagner cette île, Canut se ré- 
fugia en Selande. II eût pu y. rester 
en sûreté } mais un traître nommé 
Black lui persuada de retourner en 
Fionie , où sa présence suffirait pour 
imposer aux insurgés. G^nut arri- 
ve à Odensée accompagné de Black, 
qui , feignant de remplir auprès des 
Jiitlandais le r61e de conciliateur , les 
excite à saisir Foccasion de se ven* 
ger. Le roi , déçu par ce perfide , se 
fiait à la promesse d'une réconcilia- 
tion. Il entre dans une église que les 
conjurés investissent. Black , qui les 
voit retenus par la crainte de profa- 
ner ce lieu, leur ouvre la porte ; ils 
le suivent. Ganut et ses deux frères, 
Eric et Benoit , font une résistance 
inutile; ils sont massacrés, à l'ex- 
eeption d'Eric , qui parvient â s'é- 
chapper. Ainsi périt dans l'élise de 
St. -Alban à Odensée, le a juillet 
1,086, Ganut, victime du peuple ir- 
rité de la dureté de son gouverne- 
ment. Son zèle, plus ardent qu'éclairé, 
pour les intérêts du clergé, lui mérita 
en 1 100 les honneurs de la canonisa- 
tion. Plusieurs églises lui furent dé- 
diée» Les anâennes chroniques nous 



CAN ^^ 

jiipprennent qu'il était grand, bien 
fait, d'une figare agiéable, qu'il avait 
le regard plein de vivadlé, beaucoup 
d'esprit , aéloquence et de bravoure } 
mais ses belles qualités furent ob-* 
scurcies peu à peu , et enfin anéan- 
ties par un manque de jugement qui 
fit son malheur. Il commit, en ad- 
ministration , une faute grave , en 
créant son frère Olaiis, duc de Slcs- 
wig. Il retira des fruits amers de 
cette mesure, et donna un mauvais 
exemple k ses successeurs , qui dé- 
membrèrent la monarchie. Adèle, à la 
nouvelle de la fin tragique de son 
époux, se retira auprès de son père 
avec un seul de ses enfants , nommé 
Charles. Ses deux fi|^es étaient ma- 
riées en Suède. Gharles devint comte 
de Flandre , fut tué dans une église 
par ses sujets révoltés , et mis au rang 
des saints comme son père. Adèle 
épousa dans la suite Roger , duc de 
la Fouille , dont elle eut un fils ap- 
pelé Guillaume. Elle légua en mou- 
rant tous ses biens au pape Honoré. 
£lnoth , moine de Gantorbery 9 a écrit 
en latin la vie et le martyre de S. Ga- 
nut. Get ouvrage , imprimé Id'abord à 
Gopenhague, en i6oa, a été publié, 
avec des notes de «fcan Meursius , à 
Hanau, i63i , in-4°M «t 1667, in- 
^°, André Angeletti a aussi composé en 
italien la vie du tnéme saint. E«— s. 
GAWUT ( S. ), duc de Slcswig, 
second fils d'Eric-le-Bon , roi de Da- 
nemark, ne fut pas, non plus que son 
frère atné, appelé à porter la couronne 
de son père , qui passa en 1 1 o5 à 
Nicolas, leur oncle. Ge monarque 
n'ayant pu arrêter les progrès de 
Henri ) roi des Slaves , qui ravageait 
le Holstein , et ayant été trahi par le 
gouverneur du Sleswig, trouva un 
défenseur dans son neveu. Nommé 
duc de Sleswig en 1 1 15 , Ganut com- 
mença par offrir la paix à Henrir Ayant 



4» CAN , 

essiiyë un irefus , il ne tarda pas à re- 
couvrer le Sleswig , et porta même 
bientôt la gnt-rre dans les états de son 
ennemi , qui revint à des sentiments 
plus paciûques.. Ganut s'occupa à faire 
régner dans sa province la paix et la 
îustice, et sut y re'^irimer le brigandage 
tenu , en quelque sorte à honneur ^ par- 
les braves de ce siècle. Hepri e'iant 
mort, et ses descendants ayant tous 
péri dans la guerre qu ils s'étaient fai- 
te , Canut monta sur le trône des Sla- 
yes Obotrites , et fut couronné par 
Fempereur Lothaire II , à la cour du- 
quel il avait pas^é une partie de. sa 
jeuuessc, et a qui il prêta le serment 
accoutumé. Tandis que Canut se faisait 
diéiir par ses vertus, Harold, son frère 
aîné, que ses vices avaient exclu du 
Irônede Danemark, se faisait détester 
par ses brigandages. Eric, son autre 
ÎVère, s'y op|)Osait de tout son pouvoir, 
^'icolas, trop faible, laissait à Canut le 
soin de rétablir la paix entre ses frè- 
res et de mettre le peuple à l'abri de 
leurs violences. Cette marque de con- 
fiance ayant augmenté rattachement 
des Danois pour Canut , ses ennemis 
insinuèrent au roi, qu'à sa mort ses su- 

i'cts. prctèreraient a son fils Magnus , 
e duc de Sileswi^> sur qui tous les re- 
gards se fixaient , et qui était trop puis- 
sant pour rester fidèle. Nicolas résolut 
de se défaire de son neveu; mais crai- 
gnant le ressentiment de ses peuples , 
il se décida à tâcher de le noircir 
^ans leur esprit. 11 lui manda de venir 
à l'assemblée des états répondre aux 
^charges qui seraient portées contre 
lui. Canut, fort de sa conscience ^ 
comparut. Le roi l'ayant lui-même ac- 
cusé de manœuvres pour s'emparer 
du trône , Cianut se défendit avec faut 
de clarté, de raison et de fermeté, que 
l'assemblée le déclara innocent , et que 
le ix)L s'apaisa ou cacha sa haine. Ul- 
vilde^ la POuvcUe reine , qui avait 



t 



CAN 

aussi conçn de la jalousie contre Ga-» 
nut , réussit à entretenir les mauvai- 
ses dispositions du roi et de son fils r 
Maf^nus jura la mort de Canut. 11 l'in- 
vita à venir passer les fêtes de Noël à 
Boskild. Canut s'y rendit, malgré les 
prières de son épouse. Api'ès des fêtes 
qui durèrent quatre jours, il alla à 
un château de son frère Harold^ situé 
à peu de distance. Magnus lui expédia 
alors un message pour l'engager à Ic^ 
venir trouver dans une foret voisine . 
où il désirait l'entretenir. Canut , ar^ 
rivé sans armes au lieu de l'entrevue , 
trouva Magnus qui l'embrassa et le 
conduisit dans un endroit écarté , et , 
pour parler plus à Taise, s'assit à terre 
avec lui. Au milieu de l'entretien , il se 
leva, le saisit par les cheveux et lui^ 
coupa la tête. Ce lâche homicide , com-^ 
mis le 7 janvier i i5i, consterna tou^ 
le royaume. Les vertus de Canut , sa 
valeur, sa prudence ^ sa bonté, sa jus- 
tice, lui avaient gagné le coeur des Da- 
nois, Il l'ut canonisé en 1171. Le 
Martjrolùge tomain le confond avec 
S. Canut, roi de Danemark. Il laissa 
sa femme Ingeburge,. petite-fille de 
Waladimir , ou Woldemar , grande 
duc de Russie , enceinte d'un fils qui 
naquit huit jours après , et qui, sous 
le nom de FaldemarV''.y occupa^lo-*' 
rieusement par la suite le trône de 
Danemark ( P''oy, Nicolas ). E— s» 
CANUT y, fils du prince Magnus 
-et petit-fils du roi Nicolas , fut, après 
l'abdication d'Enc-l'Agneau, en 1 147» 
l'un V des prétendants à la couronne 
de Daneinark.' Suénon, sou compéti- 
teur , avait pour, lui les peuples de 
Sélande et de Scanie. Canut était sou- 
tenu par les Jutlandais. Tous deux , 
élus rois par les étals- généraux de 
leur parti, coururent aux armes : la 
victoire se déclara contre CaiNit, qui^ 
battu en Sélande , fut obligé de se re- 
lier ci^ Jailaud. Bientôt les deux rois . 



CAK 

k la sollicttation da pape Eugène Itl, 
f 'uairent pour faire la guerre aux Van- 
dales y OU Wendes, afin de les obliger 
k embrasser le christianisme. Les Da- 
Bob , peu d'accord entre eux et aban- 
donnés par les Allemands,- leurs al- 
liés y éprouYerent du désavantage, et 
se retirèrent dans leur patrie, où les 
Vandales vinrent commettre des dé- 
gâts, ce qui n'empêchait pas les deux 
rots rivaux de se combattre avec achar* 
nement. Ganut s'empera de RoskUd, 
mais il fut battu une seconde fois à 
Thestrop. A cette époque, le parti de 
Suénon reçut un renfort important 
par l'accession de Valdemar, fils de 
Canut, duc de Sleswig, assassiné par 
Magnus, père de Canut V. Ce prince 
revendiquait le Sleswig compris dans 
le Jutland. Aidé de son nouvel allié, 
Suéndn défit Canut une troisième fois 
près de Viborg en Jutland. Canut se 
réfugia en Suède , passa de là en Rus- 
sie, puis en Saxe, et enfin à Ham- 
bourg ; il j trouva un allié zélé dans 
l'archevêque Hartvig, qui ne pouvait 
pardonner aux Danois de s'être sous- 
traits k la iurisdiction de son église. 
Ganut avait cependant travaillé à rele- 
ver son parti en Jutland. Il ne s'y fîit 
pas phildl montré, qu'il eut sur pi^ 
une armée nombreuse, et força Sué- 
non à s'enfermer dans Viborg, où il 
Fassiégea. La disette allait le rendre 
maître de la place , lorsque Suénon 
fit une sortie pendant la nuit, et mal- 
traita tellement l'armée de Canut , que 
celui-ci, resté sans ressources, fiit 
obligé d'aQer chercher un asyle k la 
cour de l'empereur Frédéric I*'., et 
lui offiît de recevoir, comme fief de 
Tempre, les provinces de ses états 
qu'il recouvrerait avec son aide. Fré^ 
déric, ravi de cette proposition, jugea 
pourtant que , pour l'effectuer, le con- 
sentement de Suénon , demeuré maî- 
tre du rojaumei n'était pas moins 



GAN 4g 

nécessaire que celui de Canut; il offrit 
donc , dans ce dessein , de servir de 
médiateur aux deux princes, et, sous 
prétexte d'une conférence où leurs in- 
térêts seraient discutés', il indiqua une 
entrevue à la diète de Mersebourg, 
et y fit ittviUur Suénon. Ce roi , redou- 
tant l'inimitié de l'empereur, y vint 
avec Valdemar et une partie de sa 
coiur. Quand il fut question de régler 
les prâentions de Canut, on déclara 
k Suénon qu'il devait, k l'exeinple da 
son rival , reconnaître l'empereur pour 
son suzerain. Cette proposition , ap- 
puyée de menaces , ne laissant pas à 
Suénon la liberté du choix, il fut obli- 
gé de dissimuler et d'y accéder. Alors 
l'empereur prononça a son avantage^ 
et lui conserva la couronne, en réser* 
vaut k Canut l'île de Selande , qu'il 
tiendrait conmie fief du royaume. Ce 
traité fut suivi , selon les auteurs alle- 
mands , du couronnement de Suénon 
par les maius de l'empereur; mais les 
l)auois prétendent, avec quelque fon- 
depient, que le différend soumis k 
l'examen de Frédéric ne conoemaic 
que le royaume de Vandalie, et non 
celui de Danemark. Au reste, Suénon, 
k peine de retour dans ses états', pro- 
testa contre le traité qu'on lui avait 
arraché, et refusa de remettre la Se- 
lande à Canut. Valdemar , qui s'était 
rendu caution des engagements da 
Suénon, l'engagea, pour éviter la 

Suerre , k donner k Ganut, en place 
e cette île* divers domaines en Jut<- 
land, en Selande et en Scanie. Après 
cet arrangement, la paix rc^na queîqua 
temps entre les princes; mais Suénon 
s'étant, par ses excès, attiré la haina 
générale, Valdemar, qui se défiait da 
ses intentions, et qui depuis quelqua 
temps penchait pour Canut, s^unit 
plus étroitement a ce dernier en ^ou« 
sant sa sœur. Canut lui céda la troi- 
sième partie de» domajoe» qvl'i pgs<* 

4 



/ 



5o 



CA» 



ftédait. Cette alliance dotitiâ de Tam- 
brage k Suëoon , qui r^'solut de se ven- 
ger paiT la pet€die. Canut ^ Vakkmar 
prirent le titre de rois en jutlâfid , et 
laarehèreiÉt contre Suenon , qui s'en* 
fuit en Saxe, puis revim en Fionie^ 
où hs deux rois le suivirent. Valde- 
tnar tfffi-it sa médiation , et la paix fut 
conclue. Suénon «lit là Scanie , C&nul 
}esi(ès, Valdemar le Jutfand et le 
Sleswig. Chacun derait gouverner ft vec 
le titre et l'autoritë de roi. Le* r^ouis- 
lances qui suivirent la conclusion du 
traite foornirenl & Suënon l'occasion 
de se venger. 11 invita les deux rots 1 
mie gitmde fêle qu'il donna a Roskild 
en 1 1 56. fié y ix^çîirent tontes sérteft 
de te'moignfàges d'affêciion ; mais vers 
le soir div^rë indices firent soupçon-» 
^er h Garnit qnetque perfidie; il se 
le^a , et, à^ant embrassé Valdemar, il 
se disposait à sortir, lorsqu'une trou-^ 
pe de gardes armés, guidée par Sué* 
non , entre dans la salle , et attaque 
les deux princes : Valdemar ë'échap- 
{)a, mars Canut ftit tué d'un cyp 
ci'épée à la tête. Il avait i^gvé neut 
tins en Jofland , et tpielqnes fours dani 
les Iles danoisfes. Il laissa plusieurs 
«nfànls. Un de ses fils, nomme 19ico« 
las, nli4kirut eto odeur de saStifeVé; ^ 
tm connu sons le nom de S. Nicolas 
Se Vibwg; uii autre, nommé Hàrald y 
fut par la suite tbèf d'un pïirti de rè^ 
belles^ une ée ses fillejs ( Hildegarde ) 
fut mariée k Joromor , pHntee de Ru^ 
|;en ; une aiaftue ( ludhk ) , ëpouSà 
fiemard, doc de SaKe. Son fils natQ«- 
^1, Valéem'ar, duc de Sleswig , cansii 

Ïiar la suite de grands troubles dans 
éiat. ( Fef. SùBifON III et Valde* 
%«Ait !•'•.) E— s. 

' CAWUTVÏ, roi de Danemark, fib 
•aine'de Vialdctnar V. , désigné par lei 
'états pour lui succéder, et conronne 
idépuis dbo^ ans, motota sur le tr^ne 
^i la moit ^ 80B père, m i i6i. Peift 



. CAN 

de temps 'âprb non avènement, le» 
Soaniens, qui s'étaient révoltés sous le 
règne précédent, st soulevèrent de 
nouveau , sou!s prétexte qde les étran*- 
gers occupaient les meilleurs emplois, 
ils choisirent pour chef Harald , qui 
h'avait d'autre mérité que celui d'éùrë 
fils de Canut V, et Reçurent des se- 
cours de Canut, roi dé Suède; mais 
bientôt, vaibcus par le petit nombre 
de sufets restés fidèles , et par Tarcbe* 
vlque Abâalon,'qui avait amené des 
troupes de Scanie, ils abandonnèrent 
leur chef, qui s'enfuit en Suède, ok 
il mourut l'année suivante. Cette même 
Itnnée, rempereur Frédéric Barbe* 
hms^ fit inviter Canut à Tenir h sa 
tour , sous prétexte de renouveler Ta- 
toitié qui avait existé entre lui et Val- 
demar^, RHÔs , en efiet, pour l'engager 
ft iuilRiire hobmage( FVr. AssALOir ), 
et il excha Bogrslas , duc de Pome'ra- 
nie, à attaquer tte Danemark. Ce prince, 
battu à plusieurs reprises, vint se je-^ 
ter AUX pieds de Canut avec ses en- 
fants et sa femme , soeur de ce monar» 
que. panut lui rendît sa principauté , à 
condition t{U*H h tiendrait sotTs la suze- 
raineté du Danemark. Il soumit ensuite 
le Meklenbouirg, et prit le titae de roi 
des Slaves ou des Vandales , que les 
rots de DanemariL ont conservé. La 
VândaHe comprenait le pays sitité de- 
pliis l'extrémité onentale de !a Pomé- 
rame, jusqu'à laba^se Elbe, Verà Ham- 
bott^. FVédb'ric apprenant la prompte 
lioumission de cette contrée, ne ptit; 
dans 'les conjectures où il se trouvait , 
Songer à la vengeance , mais il mâni» 
fésia son dépit , èû sommant Canut, 
%)Our la froisièfme fois , de venh* en Al- 
lemagne; et , sur son refus , il hri ren- 
▼oya te princeisse Hélène, sa sœur, 
^i avMtété 'fiancée k Fâgede sept ans 
"à Frédéric , duc de Souabe, confonné- 
mént & la prompcsse faite par VaWe- 
ttar. £n il 106, pendant que Gaaot 



CAN €AK 5i 

prësidaît aoK ëtafs assedblëftà Oief- qui* ilëfendâient V^joUrée ^u Jatland» 

sée, des messagers ai rÎTërent avec des et reootnmafida d'éviter tout engage* 

lettres du pape Giement III, ^i ment* L'evé^e ayatit épuise ses trë* 

exhortait le^ Danois à se croiser, k sors, futobligéde remercier ses allies. 

Timitatioii des autres fidèles de TÉti- il se -mit en cbemin pour venir de- 

vope. L'empereur, qui avait pris la mander gràne au roi; mais comme il 

croix , empto^ le crëclit du pape poôr tt'avait pris aucnnes sûretés , il fut ar- 

«ngager Ganet il conolore ime con ven- rèté, ; chargé de cliaînes , et conduit au 

lion par laquelle ce roi Rengagerait à diâteau de Soeborg en Sélande. Canut 

ïespecter la paix de l'empire pendant marcha ensuite contre le comte de 

l'absence de son chef; et, pour lui Hoistein, qui lui envoya uneambas- 

^ter tout pre'texte de méconteniemeort , sade pour acheter la paix : eHe ne dura 

îl révoqua le décret de proscription pas longtemps. Canut prétendait trai- 

renda contre Henrilo-Lîon , beait^ <tcr Adolphe en vassal; celui-ci no 

pcre de Garnit. La noblesse danoise -voulait reconnaître d'autre maître que 

iut vivenient émue par les exhorta- l'empereur ; il miit ses intérêts k ceux 

lions du souverain pou tife,qu'£sbem, d'Otton, margrave de Brandebourg. 

Irere d'Absalon , appuya de toute son 'Canutex]]édia en Vandalie une flatte 

^oquence. Quinze des principaux sei- qui , renforcée par plusieo's vassaux 

^neurs se croisèrent, mais cinq seule- . du Danemark , entra dans l'Oder. Ot« 

ment persistèrent dans leur résoludon. ton s'avança contre les Danois avec 

Le roi fut assez sage pour n'y prendre une armée ^ale à la leur. Le ckoc fut 

aHcnne part. En 1196, il marcha en terrible: les Danois furent défaits, Tor- 

"personne en Estonie, s'empara de la bem, leur général, fut tué; l'évéque de 

Livottie y où il établit la religion chrd- -Roskild , prisonnier; mais il s'échappa 

^enne , et fît rentrer dans l'obéissànoe -btentdt. Après cette action , les deux 

les TiUes de la Vandafie qui; s'étaient princes confédérés ravagèrent la Van* 

révoltées. 14 s'appliqua ensuite à faire dalie ; mais , l'année suivante, ia face 

jouir ses états aune paix glorieuse et des affaires changea : Adolphe, réduit à 

d'une administration sage. L'évéque demander la paix , ne l'obtint que par 

"ée Sleswig^ fils naturel de Canut V ^ ia cession de la Ditmarse et de Kends- 

k qui il avait donné ce dtaché à gou- "bourg* Canut fortifia cette place , y 

▼emer durant le bas âge de Valdemar, «mit une garnison nombreuse , cons- 

son frère, piqué de ce qu'on lui otait truisit nn pont sur l'Ëyder, et, par- 

«eue provmee, "voulut s'en venger, ià , tînt Adolphe en échec; mais celui- 

Depuis longtemps il ourdissait des t;i était d'un caractère trop turbuleiit 

trames dans le royaume, et formait ^ourresler-en repos. Il assiégea Lauen- 

des alliances avec quelques princes boih>^,qiH appartenait au duc de Saxe. 

-d'Allemagne, notamment avec Adol<- Les habitants , se voyant vivement 

jhe , comte de f lolstein . Enfin , il leva jit^séi , avaient fait secrètement averw 

le masque, j).issa en Norr^e, en Ih* Canut qu'ils étaient disposés à lui 

rerint avec une floPte de tr&tc-cinq Temettre la place. Canut leur avait fait 

vaisseaux , fit une descente en Dane- promettre un prompt secours, en leur 

naik , et prit le titre de roi, pendant Recommandant d'arborer sur leurs rem* 

-que ses aHiés s'avançaient vers l'Ey*- parts l'étendard de Danemark. Adol- 

dcr pour le soutenir. Canut se conten*- plie ^Vn poussa le siège qu'avec plus . 

Il de &ire garder les retranekemenlft ««Ktettr^etpntLaflenbotirgavantl'axy 



r*« 



5a 



CAN 



pWée des Danois, Canot entra dans le 
floUtein. Les sujets d'Adolphe et ceux 
. d'un conUe^ son voisin, qui l'avait puis- 
samment secouru ,. outres de se voir 
sacrifies à des guerres étrangères , en 
murmuraient hautement. Une partie 
.de la noblesse alla même se renare au 
roi y ou à Valdemar, qui avait pris le 
commandement de l'armée ( F, Val- 
JDEMAR II ). Ce prince soumit toutes 
.les villes du Holstein, et reçut l'hom- 
mage des sujets des deux comtes. U 
.ft'empara ensuite de Lubeck» qui re^ 
^ionnaissjttt, sous quelques rapports , 
Je comte de Holsteiu pour souverain. 
Valdemar reçut des otages , distribua 
les fiefs «t les gouvernements de la 
province aux seigneurs qui avaient 
jpris son {Murti , et retourna en Dane- 
.mark jouir de ses triomphes4t pren- 
dre de nouvelles mesures pour les as- 
surer. J}ks qu'il fut éloigné, Adolphe 
sortit de Stade, où il s'était réfugié, 
^empMra de Hambourg, et chercha à 
soulever le Holstein contre ses nou- 
veaux mattres;<mais Canut le surprit 
£r une marche forcée , et l'enferma 
ns Hambourg. On était au cœur de 
Thiver ; FËlbe était pis par les glaces. 
Adolphe ne pouvant se sauver, fut 
contraint de traiter de sa Kberté. Val» 
demar consentit À la ki laisser , à con- 
. dition qu'il lui livrerait Lauenbourg. 
Xe commandant de cette place ayant 
refusé de remplir cette clause, Adol- 
phe fut conduit prisonnier en Dane- 
mark. Ces succès , et l'avènement à la 
CDuronne impériale d'Otton , duc de 
Saxe, fils de Henri-le-Lion , beau- 
père de Canut y ajant afibimi les con- 
quêtes de ce monarque en Allemagne, 
il vint se montrer à ses nouveaux su- 
jets. Les bourgeois de Lubeck lui firent 
une réception magnifique. Il convoqua 
dans cette ville les députés du Hol- 
stein et des autres provmces, et reçut 
bur seriusnl de fidélité; mais cettQ 



CAH 

pompe se changea bientôt en appaveil 
de deuil. Canut, de retour dans ses 
états, fut atteint d'une maladie qoi 
remporta le i a novembre i ^01 , dans- 
la 40*** année de son âge et la a 1 ^. de 
son règne. Il n'eut peut-être pas pour 
la guerre autant ae talents que sok 
frère Valdemar, ou que Tarchevâque 
Absalon » mais sa piété» sa modéra*- 
tbn et la pureté de ses, m«urs lui 
ont acquis une gloire qui ne périra 
pas. Jamab le Danemark n'avait été 
aussi puissant et aussi florissant que 
sous son règne. Canut n'ayant pas 
laissé d'enfants , eut pour successeur' 
son frère VaUemar. Leur sœur IngeL- 
burge avait épousé Philippe-Auguste,, 
roi de France , qui la répudia ( f^o^» 
IvGELBVRGE )• Cauut, instruit de la 
manière indigne dont elle était traitée^ 
envoya à Rome demander justice au 
pape Célestin III. Sous le règne de œ 
prince, le Danemark eut des hommes 
distingués en tous genres ; les plus re* 
marquables furent Ëskitd et Absalon , 
archevêques de Lund: Esbern, se* 
nateur et frère de ce dernier ; Saxo 
Gramquiticus, et Suéno Aagesen^ his- 
toriens de Danemark; André Suensen, 
qui , entre autres ouvrages , traduisît 
en latin les lob de Danemark, et Guil- 
laume de Paris, mis depuis au rang des 
saints, et qu*Absalon avait fait venir 
de France. E— s. 

CAMUT, tts de S. Éric, roi de 
Suède , espérait succéder à son père en 
1 160; mais les évéqoes et les grands 
décidèrent que les princes de la race 
de Sverker et ceux de la race d'Éric 
régneraientltour à tour. En conséquen- 
ce , le trône tomba en partage à Charles 
Sverkefton, àé^ roi de Gothie. Les 
fils d'Éric, qui soupçonnaient Charles 
d'avoir trempé dans le meurtre de 
lemr père, se retirèrent en Norv^e* 
Charles avait r^né sept ans, lorsque 
Canut ^iva avec une troupe nom- 



CAN 

kreose à Visingsoe , tle du kc Wetter , 
anaqua le roi et le tua, le 1 8 avril 
1 168. Il fut ensuite ëlu roi de Suède» 
Ce|)endaiit il ne jouit pas paisiblement 
delacouroiuie; undescendantdeSver- 
ker fut prodaméroten Gothîe ; d'autres 

Jretendanis essayèrent de soulever dif- 
frentes prerifices ; nais Hs furent dë- 
£ûts à la bataîUe de Biaelbo. La Iran» 
quilKté du règne dé Ganut nefut trott* 
Ûée depuis lor&que par les incursions 
des peuples païens de Test, qui vinrent 
nvager une partie.de ilJpland. GanuC 
ne prit aucune 020*1 aux troubles de 
la Norvège et du Daiientark. Un de 
ses granœ vassaux envoya cependant 
des troupes pour simtemr les révd*- 
îts de>5canie contre Ganut YI, roi 
de Danemarck. La paix qui r^n» 
en Suède sons ce r^e fut favora- 
ble au progrès de la culture. Canut 
Ibnda un grand nombre de monas- 
tères, Êivorisa beaucoup* les moines-, 
et se fit mém^ recevoir èfuns l'ordre 
de Giteau-x. Vers la fia de sa vie , on 
rengagea , en expiation du meurtre de 
Charles , à nommer pour successeur 
le fils de ce prince. On "essaya ensuite 
vainement de lui faire entreprendre la 
guerre contre son beau-frère , le roi de 
Norvi^ H mourut en 1 1 gc ^ , à Ërics- 
berg en Westrogotbie, et laissa un 
fils ( Éric X , roi de Suède ) et deux 
filles. Les chroniqueurs rapportent 
qu'il avait des scaldes k sa cour, ce 
qui ùk pr^umer qu'il prot^eait les 
fcur^s. E— s. 

G\NZ' (haicEL«GoTTLiB»), ne' h 
Beinsheim « le a6 février 1 6go , fit ses 
éludes à Tubingen, fut diacre k Nur- 
tingen, et Succei^sivement professeur 
£4oquence , de poésie , die pMoso- 
|bie et de théologie dans sa- ville 
natale, où il mourut le ^9 janvier 
1753. Cest un des plus profonds dis* 
ciples de Wolf , dont il avait embrassé 
les opinioos sans» s'en fiûre l'esclave* 



GAQ 



«S 



Son penchant pour la scholastîque et 
pour l'introduction d'une terminologie 
nouvelle a nui è «a réputation. Il n 
laissé un grand nombre d'ouvrages de 
philosophie et de théologie ; les prin^ 
cipaux sont r t. Fhilosopkiœ Ltib^ 
nHzianœ et fVolftanœ usus in îheo-' 
logid , per prœcipua fidei capiUt, 
Francfort et Leipzig, 17^8- 1739, 4 
parties in-4"* ? cet otfvrage a beaucoup 
contribué à répandre en Allemagne la 
philosophie de Leibnitx et de Woif^ 
IL ElûquenticB et prœseriim orato^ 
riœ lineœ pauêœ , Tubingen , 1 754 ^ 
in-4^; IIL GrammaXicœunwersaUs 
tenuia rudimêMa^ ibid., 1757 , in-^ 
4°.; IV. Disciplinât morales omnes , 
eiimm ece quœ forma artis nondum 
huc'Hsqius comparaerunt^ perpétua 
n^jTEitraWittF, Leipzig, i739,in-8\; 
V. Ontolègin poUmieu , Leipeig , 
1 741 , in-8".; VI. MedHaiiones phi- 
Iffiophwœ^ Tubingen, 1750, in-4^f: 
Vil. Theologia ihetico-polemica , 
Dresde, 1741 5 in-8\; VIII. Com^ 
pendium theologiœ punoris^ Tubin- 
gen , 1 762 , in-S''. , et un grand nom* 
bre de dissertatîonr» &— >t; 

GAOUAM-EDI>OULÉ-KOR- 
BOUGHAH. Fojr. Korbovosar. 

GAOURSIN ( Gvillaitve), né k 
Douai, vers i^i^kf d'une fiimille ori- 
ginaire de Yie de Rhodes , possédée 
alors par les chevalier» de St.-Jean 
de Jérusalem, obtint, par sa capacité-, 
la-confiance du chapitre dé l'ordre, et 
en jouit pendant' plus de quarante ans* 
Son méÂte le fit dispenser de» vœux 
d'usage et même de porter l'habit, 
privilège qui ne s'accordait que rare- 
ment ei k des sujets distingués. En 
liSrif Gaoursin remplissait les fonc- 
tions de vice^anœlier. En 14Ô6, il 
accompagna le'^grand-mattre à Bome ,. 
en qualité de secrétaire. Il v retourna 
seul , en 1470, pour solliater des se- 
cours contre les Turks, qui mena- 



54 CAO. 

çaient de faire le siège de Bbodes ^ et 
il s'acquitta de cette commission avec 
beaucoup de diligence et de succès f 
mais les Turks ajournèreut leur des- 
sein y et ne parurent devant l'île 
qu'en 1 480 ( Voyez Aubussow ). En 
i4B4) Caoursin fut député par le 
grand-maitre à Innocent VIII , pour 
le complimenter au sujet de son exal- 
tation , et lui demander sa protection 
•pour l'ordre. Le pape fut si satisfait 
du discom^s qu'il prononça dans cette 
circonstance, qu'il le nomma comte 
palatin , et lui donna Ite titre de secré- 
taire apostolique. L'année suivante, 
il se rendit à Naples , pour conférer 
avec le roi Ferdinand sur les mesures 
à prendre à l'c^ard de Zizime^ frère 
de Bajazet, qui s^était réfugié dans 
l'île de Rhodes y pour se soustraire à 
la cruauté de son frère. Enfin, lors- 
qu'en 1 488 , il fut décidé que ce mal- 
heureux prince serait remis au pou- 
voir du pape, Caoursin vint encor.e à 
Rome pour r^kir \è% conditions. Cette 
afiàire est la dernière dont il ait été 
chaîné. Il passa le reste de ses yours 
dans sa famille ; car il était marié de- 
puis 1 48i> et, à cette occasion même, 
le grand-maître lui avait fat un pré- 
sent. Il mourut en i5oi. Caoursin a 
écrit plusieurs oirvrages en latin , q4ii 
ont été recueillis et imprimés à Ulm, en • 
1 496, in-foL , avec des figures en bois. 
Le principal est la description de la 
vSle de Rhodes, et i'histoif« du si^ 
qu'elle a soutenu contre les Turks : 
Obsidionis et urbis BhoéUœ descri^* 
tio. On en connaît une édition ^ Rome, 
sans date , in-4''* 9 ^ ^^^ autre , Rome, 
i584> ia-foL, avecdes augmentations*. 
Les antres ouvrages de Caoursin sent 
tous relatifs à l'ordre qu'il servait et 
aux différentes commissions deat il 
avait été chargé. On en troave la liste 
dans les Mémoires de Niceron , tome 
XV, et dans Paquot; U IIL W~a< 



CAP 

CAPACCIO (Jules César), écri- 
vain fécond , naquit vers 1 56o , à 
Canipagna, petite ville de la principaux 
té citérieure, <iu royaume de Naples. 
Sa famille, quoique peu riche, y était 
considérée. Son savcnr et ses talents le 
rendirent célèbre. La ville de ^aplea 
le choisit pour son secrétaire , |Jace 
qu'il occupa pendant trente ans. 11 
fui un de ceux^qui contribuèrent à y 
établir une académie degli oziosi ( des 
oisifs), qui eut alors beaucoup de re- 
nommée. François de la Rovère, duc. 
d'Urbin, lui confia l'éducation de spa , 
fils, et ce fut pendant qu'il exerçait 
les fonctions de cet emploi qu'il com- 
posa la plus grande partie de ses ou- 
vrages, il mourut en 1 65 1 . 11 a laissé :' 
L TraUato deW iipprese in tre parti 
diviso, Naples, i5(p, in'4"*^ H* ^ 
Segretario y Venise, iSgg, in-4"-; 

III. il FormsUerOy Naples , 1 6ao , iu- 
4'*»« dialogues divisés en dix jour- 
nées , dans lesqMels un Napolitain ins- 
truit un étranger de ce qu'il y a de 
plus curieux à Naples ; cet ouvrage a 
reparw avec un nouveau titre en i65o 
et 1 654 y in-4''. ; 3 est cependant rare } 

IV. Mergellimiy egloghe pescatorie , 
Venise, iSqS, in-ia : ce sont dix 
églogues en vers, mêlées de. prose , 
daiis le genre det^rcadie de Sanna- 
zar ; V. Declamaziofû in 4ifesa del^ 
la poesiay recUakk nelt accademia 
degli Oziosi, Naples, 161 2, in-4''. ; 
VI • AnootdzioTÙ alla Gerusalemnie 
liberata di Torquato Tasso , pour 
l'édition de Naples, i58a, in-ia, 
VU. NeapoUta^ historiosy Naples , 

1607, in-4''M ^^^^ ^* ^ °'^ paru, 
que ce volume. Le Toppi ( Bibliotecd 
napoUi.)y prétend que cet ouvrage,- 
celui qui fit le plus d'honneur à Capac- 
cky>, est de Fabio Giordano; Lenglel. 
du Fresnoy pense que Giordani l'avait, 
éerit en italien , et que Capaçcio l'a mis 
en latin. Burmanu a inséré cette bis- * 



iMff dafi$le tome IX des AnHqvdL Ita* 
Im. yiïh Puleçlana kiswria , cui 
accessit d^balneis libellus, Staples , 
i6o4, iu-4"-» figuics. Le Toppi a»* 
sure encore que cet ouYc^ge est d« 
Fabio Giordauo , et que Gapaccio n'en 
est que l'éditeur. Il n'est cependant 
fait aucune mention de Giordano daiv» 
les pièces préliminaires. Le petit traita 
J}e kalneis a été' insère par fiminann 
dans le tom. IX des AntUfHitai* liàUaf* 
Capaccio traduisit l'histoire de Pounôl 
en italien, avec des retranchements, 
des additions et d<^ changements , et 
la publia sous ce ture : \%. La vent 
anlichità di FozzuolOy Naples, 1 607, 
in-S^., Rome, |652, in-8^ Ces troi^ 
derniers ouvrages sont assez rare^ 
Tiraboschi met le 4^nier au nom})re 
de ceuK qui participent aux défaut^ 
du siècle où ils parurent, époque 
où, d'un coté, la critique et la scienct 
des antiquités n'étaient pas encore per? 
lectionnécs comme elles l'ont été de* 
puis , et où ^ d'un autre cote, l'ambition 
de paraître savant entraînait souvent 
les écrivains hors de leur iiQuto , pour 
s'occuper de longues et inutiles digresr 
sions. X. Illustrium mulierum et tir 
luslrium liUBris virorum elogia^ Na^ 
pies, 1608, in-4*' ; XL uipologfii 
jfavole in versi volgari , con la giunUt 
délie dicerie morali, Naples, i6o!i , 
in-8 '. Ces apqlc^ues en vers sont faits 
sur des sujets indiqués par 3e;rnar'' 
dino Baldi , et qui se trouvent dan^ le 
recueil de ses Fersi e prose ( Fqy^ 
3eroardino BiJ«Di ). CeujL de Capaor 
£10 opt surtpu^ le mérite d'un sens 
juste et d'un style concis. Le rédac- 
teur de cet futicle en a imité deux 
dans aoQ recueil de Fafdes nouvelles, 
Paris , Micfaaud frères , 1810. Ce sont 
la aof. et la 56*. G— £ 

CAPACl US ( Pri AU ) , né i Mazara , 
SMT la cdie occidentale de Sicile , dans 
le i5% siède ^ fré^ueu^ dans sa jeu* 



oesse les universités tes phis célèbrei 
de l'Allemagne , où il se Ci remai'quer, 
autant par ses dispositiQn& pour, lei^ 
sciences , que par son goût pour la poé- 
sie. 11 prit ses degrés en droit à Leipzig^ 
et proBoaça, dans une assemblée pu* 
biique de Tuniversilé, un discours e» 
vers latins , à la louange de Frédéria 
1*''. et de Frédéric 11, qui fut ici* 
primé. Cette pièce lui mérita la bien* 
veillance de ses maîtres, qui l'encou- 
ragèrent à m^tre au ^ur un poëmf 
qu'il avait composé à l'occasion d'un« 
victoire remportée par Frédéric I*"*. 
sur les Suédois. Ce poëme , intitulé t 
Fridericeidos j parut a Leipzig, en 
1 4B8 » in^4''* ^^ retour dans sa patrie, 
Capacius sut allier les devoirs de sa 
profession avec son penchant pour lea 
lettres, et obtint l'emploi de trésorier 
du roi. Une émeute ayant ^laté à Ma« 
zara, en iS 17, il se porta au milieu 
da la fpule qM il espérait faire rentrer 
daas le devoir y mais les révoltés l'en- 
tourèrent , et le percèrent de coups. 

W— s, 
CAPAJSNA ( PucaQ ), fot disc^lt 
de Giotto, peintre du il^"* siècle, et 
l'un des plus anciens depuis la renais^ 
^ance des arts. On n'a pas d'autres 
renseignements sur l'époque de sa vit; 
Yasari dit qu'un des premiers ouvra- 
ges de Capanna fiit un tableau à fres* 
qi«e, représentant un Famjait perdes 
navigateurs au milieu d^un violent, 
orage dontils spnl assaillis'.Ce tableau 
fifi trouvait chez les dominicaitts de Bir 
mini. Un autre tableau du même peia* 
tre , plus remarquable, pour l'histoire 
4e l'art, se trouvait dans l'église de St.- 
JQominique, à.Pistoie; il représentait 
ufi Christ^ la Fierg^ H S. Jeaa^ 
avec cette inscription , qui indique la 
lieu 4e la naissance de l'auteur : Puc^ 
eio di Fiorenza me fece. Capanna 
■travailla long-temps à Assise avec 
iGiPtto I qu'il aida dans ses tableaux de 



J6 



CAP 



FëgUse de St.-François , dont tous les 
murs sotit couverts. On les y voyait 
«ncore en 1775, quoiqu'ils fussent 
noircis par la fumëe d'une multitude 
ée lampes dont cette église était rem- 
plie. Gapanna se maria dans cette ville, 
4111 sa £simille existait encore dans le 1 6'. 
siècle, û. Son pinceau a de la douceur, 
» dit Vasari, et tient de la manière de 
» Giotto. » ( J^iGioTTO.) R— F. 
CâPARàNIE, vestale romaine, qui 

Sërit accusée d'avoir yiolé son vœu 
e chasteté , et "victime de la supersti- 
tion de ses compatriotes. L'an 489 de 
Rome ( 265 av. J.-G. ), sous le consu- 
lat de Q. Fabius Maximus Gurges et 
de L. Mamilius Vituius, une maladie 
contagieuse fit dans la ville et aux en- 
' Tirons de si terribles ravages, qu'on 
eut recours aux livres sibyllins pour 
savoir quel crime avait pu attirer ce 
fléau sur l'état. On parvint enfin à 
découvrir le dâit de Caparanie, qui 

Souvait être réel , sans en avoir plus 
e rapport avec i'épidémie. Condam- 
née, selon la loi , à être enterrée vi- 
vante , elle s'étrangla , pour éviter un 
supplice long et douloureux. On obser- 
va envers son corps privé de senti- 
ment les mêmes cérémonies que si elle 
eût encore existé. £)•— t. 

GAPASSO (Nicolas), poète napo« 
litain, d'un génie original, et dont le 
style, dans le dialecte de son pays, 
est regardé comme l'un des plus vifs 
et des plus piquants., naquit à Fratta, 
au royaume de Naples , en 1671. Il 
était docteur en droit , et professa in 
vtroque jure , dans Funiversité de 
Naples. il fit quelques ouvrages re- 
Ij^tifs à sa profession ; mais ils sont 
moins connus que ceux qui étaient 
analogues à son génie. Ce. sont des 
poésies latines et napolitaines*, Na- 

Îples, i78o,in-4^. Sa traduction napo- 
itainc de V Iliade est regardée comme 
son chei^d'œu?re. Onyjpeconnaitpeu. 



CAP 

le cbcf- jœuvre d'Homère: c'est iiBf 
parodie , que ceux qui entendent bien 
cette langue, fertile en tours poétiques, 
en expressions figurées et en meta- 

S bores, trouvent remplie de sel et 
'originalité. Gapasso mourut a Naples 
en 1 746. — Le même pays a produit 
un autre Capasso (Jean-Baptiste), peut- 
être de la même famille, médecin de 
profession , né h GrumO , et mort à Na* 
pies, en 1 735. Il a laissé un ouvrage 
latin sur l'histoire de la philosophie , 
intitulé: HistoriœphUosophiœ synop^ 
sis^ sive de origine etprogressupht^ 
losopkiœ; de vitis et sjrjstematibus 
omnium phUpsophorum , etc. , divisa 
en quatre livres , et dédié au roi de 
Portugal , Naples, 1 71*8, in-4". G— E. 
CAPDUELH( P08DE ), troubadour 
que Nostradamus a confondu avec 
Pos ou Pons de Breuil , vivait vers la 
fin du la'. siècle, dansées environs 
du Puy, où il possédait une baronie. 
On trouve de lui vingt pièces de poé<^ 
sies dans les manuscrits de la Biblio* 
thèque impériale, avec une notice Sur 
sa Vie, dans laquelle on voit que 
c'était un chevalier des plus courtois 
et des mieux âiits de son temps. Il fît 
partie dfe la troisième croisade , â la* 
quelle il avait lui-même exhorté ses 
compatriotes dans différentes poésies ^ 
et il y trouva la mort. Z. 

CAPECE ( Marin et Conrad }, 
gentikhommês napolitains, célèbres 
par leur dévouement à la maison de 
Souabe^ conduisirent , en 1 254^ Main- 
ftoï , persécuté par Innocent IV , au 
travers des montagnes^ et lui donne* 
rent asyle dans leurs châteaux. Ik le 
firent parvenir jusqu'à Luoéria , et ils 
le mirent sous la protection des Sarra- 
sins , à la tête desquels Mainfiroi re- 
conquit son pays. Après queMainfrei 
eut péri dans la bataille contre Chal*les 
d'Anjou , les Capece passèrent en At- 
iemagné comme députes de la noblesse 



CAP- 

gibeKne ^ pour solliciter Conradin de 
Tenir recouvrer l'héritage de ses pères. 
Après VsvfÂr détermine à l'expédition 
qd eut une si fatale issue , Conrad Ca- 
pcoe yint à Pise, pour assiflrer à son 
prince les secours de cette république; 
il passa ensuite en ^Afrique , et il rame- 
na de Tunis en Sicile, Frédéric d^ 
Gisiflle , et huit cents chevaliers napo- 
litains qui s'étaient réfugiés chez les 
Maures^près les malheurs delà mai- 
son de Souabe. La Sicile fut recon*' 
quise presque en entier par les Gapece ; 
mais qôaud ils reçurent la nouvelle de 
la dé&ite et de la mort de Gonradin, 
leurs partisans perdirent courage. Ma- 
rin et Jacques Gapece , faits prison- 
niers par les Français , furent mis à 
mort , et Conrad Capece, livré à Guil- 
laume-l'Éteudard par les habitants de 
Gentnrbia , fut pendu après qu'on lui 
eut arraché les yeux. S. S-^i. 

GAPECE ( Antoine) , jurisconsulte 
napolitain à la fin du i5*. siècle et 
au commencement du l6^ , était 
d'une famille noble et ancietiiie qui 
avait été en faveur sous les règnes 
de Ff^déric I''., de Henri, de Fré- 
déric II et de Mainfroiy mais tom- 
bée dans la disgrâce , à cause de cette 
fiivenr même, depuis l'avènement de 
Charles d'Anjou. Antoine, après s'être 
tût une grande réputation au barreau, 
dbtint, dans Funiversité de Naples, 
la première chaire de droit civil. Quel- 
ques troubles s'étant élevés en Sicile, 
en i5i7^il fut désigné à Charles- 
Quint, par le vice-roi de Naples,comme 
rhomme le plus capable de les apaiser* 
L'empereur lui confia cette mission , 
qu'il remplit avec succès. De retpur à 
Naples, il fut nommé professeur de 
droit féodal , publia un recueil de Dé" 
osions , et mourut en 1 545. G— £. 

GAPECE ( ScoioN ) , fils du précé- 
dent, et célèbre poète latin , fut profes- 
senr en droit dans Funiversité dé Na- 



CAP 57 

pIes,comiiieson père.Unouvragedesa 
profession, qu'il a laissé, prouve qu'il 
était fort instruit, ce qui ne l'empê- 
cha point de cultiver avec ardeur les 
belles-lettres. Il avait rassemblé une 
riche 'et nombreuse lûbliothèque de 
bons livres et de précieux manuscritsc 
c'était un lieu de réunion pour les gens 
de lettres et les savants , qui s'y entre- 
tenaient avec lui sur des sujets de phi* 
Losophie, de phiblogie et de littérature. 
Cest à lui que l'on dut la publication 
des commentaires de Donat sur Vir- 
gile ; il les fit imprimer ; par les soins 
ae Paul Flavius , d'après im manuscrit 
qui était passé de la bibliothèque du 
célèbre Pontanus dans la sienne , Na- 
ples, i555 , in^'fol. ; édition si rare, 
que Fabridus, dans sa Bihliothfiquis 
latine , n'en parlé pas. L'épttre dédi- 
catoire adressée par Gapece au célèbre 
poète espagnol Garcilasso de la Vcga^ 
nous apprend qu'ils étaient amis , et 
que Garcilasso Ait un de ceux qui l'en- 
gagèrent le plus à cette publication. U 
paraît, par quelques lettres de Ber- 
nardo Tasso, autre ami de Gapece, 
qu'entre les grandes affaires dont il 
était chargé, se trouvaient celles du 
prince de Salerne , Ferrante Sanse- 
verino, et la gestion des biens de ce 
prince pendant qu'il était en Flandre, 
au service de Charles-Quint. La con^* 
fiscation de ces biens , lorsque Sanse* 
verino eut quitté le parti de l'empereur 
pour celui du roi de France, contribua 
peut-être au mauvais état de fortune 
dont Gapece se plaint dans une de ses 
élégies. On a de lui : I. De Divo Joan* 
ne Baptista vate maximo lihri III ^ 
imprimé, pour la première fois, k 
Bâle, dans un recueil donné par Jean 
Oporinus, sous ce titre : Poëmata 
sacraprœsiantium poëtarumy i £14^, 
in-8**.; réimprimé â Venise, par Aide 
Manuce , avec le poème suivant ; et à 
Naples, i594, in-8".^ IL Deprinci" 



58 CAP 

jHÎs rerum lihri II , De voie maxU 
mo Uhri m y Venise, chez les fîls 
d'Aide, ]546,in-8'. Cette ëdilioa y 
qui est rare, est accompagnée iwiQ 
lettre du cardinal Bembo à l'auteur ^ 
et d'une autre d'Aide Manuee , adres^ 
9ee è la princesse de Saleroe , où le 
poëme De principiis rerum reçoit les 
plus grands e'Ioges, Il a été reimprimé 
plusieurs fois , avec d'autres jioëmcs 
du même genre , à Paris , à Naples, à 
Padoue, et ailleurs. Le P. Ricci, abbe 
du mont Gassia, traducteur italien de 
V AnU'Luerèce du cardinal de Poli- 
gnac, en y ers libres ou scioltij a tra^ 
duitde la même manière le poëme de 
Capece, et cette traduction a été pu-> 
bliée avecle teste btiu , dans la bonne 
édition de toutes les œuvres de notre 
poète , donnée à Venise, 1 754-, in-S**. 
La pi.ysique sur laquelle jce poëme est 
fondé est meilleure que celle de Lu» 
crèce, mais n'est point encore une 
bonne physique, puisque c'est en plus 
grande partie celle du 16**. siècle. Se- 
lon l'auteur, c'est l'air qui est le prin- 
cipe de toutes choses , et c'est à l'air 
qu'il attribue les effets que quelques 
philosophes ont attribués auB atomes, 
quelques autres au feu , d'autres à i'eau^ 
et d'autres à tous les éléments^ la fois« 
La yersification et la latinité y raient 
mieux que la philosophie , quoique 
dans plusieurs endroits cette dernière 
se soit pas à mépriser, et que l'auteur 
j emploie contre celle de Lucrèce des 
arguments qui ont pu n'être pas inu- 
tiles à ceux qui l'ont combattre après 
' r lui. IIL Quatre élégies et six épigrau* 
mes, impiiméesayec ses autres poésies 
daus l'édition de Naples, i594', ^t 
reproduites dans celte de 1754- IV. 
Magistratuum regni NeajHÀis^ qua^ 
Hier cum antiquis romanorun^ con* 
veaioiU, compendiolum nunc demum 
recognitum et instauratumy imprimé 
dans les deux mèsies éditons f.opu^ 



CAP 

eule de six pages seulement, mais qui 
donne des notions claires et suffîsatttet 
sur les rapports existants entre ces 
magistratures. V. Un traité sur lama** 
tière des liefs, impriiaé k part, et lo 
seul ouyrage relatif à sa profession 
que l'auteur ait laissé: Super tiu de 
acquir. possessioius ^ uhi mulia in 
pract et in materia faudorum et 
eonst. regni çontinerUur^ Naples, sans 
date , in %'\ Le P. Hicci place la mort 
de Capece vers 1 55o ; mais la seconde 
de ses élégies est adressée au carcfinal 
Seripando , qui ne fut revêtu de cette 
dignité qu'en i56i , notre poète vécut 
donc au moins jusqu'à cette époque ; 
et le cardinal étant moit lui-même au 
concile de Trente, en mars i565, on 
ne risque pas de se tromper de beau* 
coup en plaçant* la mort de Capece 
vers 1 56a. G— ^É« 

CAPEL (Arteto), fils du chevar 
lier Henri Capel , se fit remarquer 
par ses excellentes qualités , dès ses 
premiers pas dans le monde, et fut 
élu membre du parlement en i64o. U 
présenta en arrivant une pétition des 
propriétaires du comté de Hartford , 
ses commettants, contre la chambre 
étoilée, les commMsions extraordinai* 
res et autres institutions de ce genre. 
Le parlement où il siégeait, ayant été 
soudainement dissous, Capel mt nom<- 
inéà celui qui commença le 5 oovem* 
bre 1640, et qui devint si fameux sous 
le noni de long- parlement Lorsque 
la cité de Londres promit d'avanoev 
1 00^000 liv. sterl. pour payer les 
armées anglaises et écossaises , et de- 
manda des sâretés pour celle avance, 
Capel offrit d'être caution pour i,oo(» 
livres , et plus de cent membres de la 
chambre l'imitèrent. H vota ensuite 
l'accusation du comte de Stafford, 
démarche dont il témoigna, par la 
suite, un repentir sincère. Jusqu'alors 
il avait été opposé à la^OHr; Biais ^ sob 



\ - 



CAP 

que le roi Teiit gaçué , soit que les me- 
sures adoptées par les communes lui 
panisseiit trop violentes^ il changea 
de senlimeBts. 11 fut fait baron en 
i6^i. Plusieurs lords, parbi lesquels 
il se trouvait , siguëreut à York , le 1 5 
juiu 164^, une déclaration par la- 
quelle ils attestèrent que le roi n'avait 
pas l'intention de fisiire la guerre au 
''parlement. Deux jours après , Gapel 
s engagea à lever un corps de cent ca- 
valiers pour te roi , et lui avança 
i^yOoo liv. en aident et en vaisselle. 
L'année suivante ^ Charles l'envoya en 
qualité de licutenant-gënëral dans la 
partie septentrionale du duché de Gal- 
les et dans kes provinces voisines. Ga- 
pel ne tarda pas à y former une petite 
armée, qui donua beaucoup d'em- 
barras aux troupes du parlement. La 
même année /le roi le nomma un des 
conseillers du prince de Galles; il pa- 
rut y en 1 645 y comme un des commis- 
saires du roi pour le traité d'Uxbiidge, 
et fut ensuite employé dans l'ouest de 
l'Angleterre, surtout à Bristol ^ à Exe- 
ter et au siège de Taunton. Il déjoua un 
projet formé pour se saisir du prince 
de Galles, qu'il sauva encore dans 
deux autres occasions, notamment 
aux îles Sorlingues , d'où il l'emmena 
à Jersey, Capel fiit alors envoyé à Pa- 
ris, avec lord Colpeper, pour engager 
la reine Henriette à ne pas retirer son 
£Is de Jersey. 11 était si fort opposé 
au projet de faire passer le prince de 
Galles en France , qu'il offrit d'aller 
à f*Iewcastle, où le roi était alors pri- 
sonuier des Écossais, pour y prei^dre 
ses ordres positif sur ce point; mais 
nonobstant les motifs^ plaïuibles qu'il 
alléguait, et dont le principal était 
que la cour da France n'avait pas fait 
la moindre démarche efficace pour ve- 
nir au secours du roi, l'avis de la reine^ 
prévalut. Capel , après le départ du 
prince, était resté à Jersey , lorsque 



CAP 5a 

les communes votèrent la vente de ses 
biens. En 1 647 , il alla à Paris , et ob- 
tint du prioce de Galles la permission 
de retourner en Angleterre. 11 s'enK 
barqua eaZélande , et , après ^voir £iit 
sa paix avec le parlement | il se retira^ 
dans ses terres , où il vécut tranquille 
et se concilia l'affection générale. Quel- 
que temps après, il saisit une occasion 
de se rendre auprès du roi à Hamp* 
toncourt, et l'instruisit de tout oe qui 
s'était passé à Jersey avant que le 
prince de Galles quittât cette Ue, dea 
raisons qui engageaient les membres 
du conseil à y rester, et de beaucoup 
d'autres particularités que Charles 
ignorait encore. Ce prince lui commu- 
niqua ses espérances et ses craintes , 
ainsi que les ouvertures que luiavaicnt 
faites les Ecossais , ajouta que leur di- 
version en Angleterre ne pourrait ob- 
tenir quelque succès qu'autant quo sefk 
partisans la seconderaient, et invita 
Capel à ne pas négliger cette occasion 
et à réunir ses amis. Capel le lui pro- 
mit, et, lorsqu'il jugea que le pi*ojet des 
Ecossais allait s'exécuter , il écrivit à 
Paris pour que l'on envoyât le prince 
de Galles à Jersey , mit beaucoup 
d'ardeur à rallier dans le Hertford* 
shire des soldats pour le service du 
roi , et alla avec sa troupe jpindre le 
comte de Norwich et le chevalier Char^ 
les-Lucas,dans le comté d'Essex. Ayant 
réuni uncorps de quatre mille hommes, 
ces fidèles Anglais s'enfermèrent dans 
Colcheste.r, où ils soutinrent en 1 64 5 uu 
siège de soixante-^lix-sept jours, durant 
lequel Capel déploya ime énergie et 
une activité incroyables. La place , ré:« 
duite aux extrémités, et déchirée par 
des divisions, ayant ouvert ses portes, 
Capel fut obligé de se rendre à discret 
tion au général FaiiÊix,. qui, après lui 
avoir donné l'assurance d'avoir la vie 
sauve, l'envoya au cliâteau de Wind* 
i^r, 011 il fut mis à la di^^ûion du 



6o ' CAP 

Erlement y et décrété d'accusation par 
( commones. Instruit de cette me- 
sura., Gapel écrrvit aux communes 
que Fair&x , après iiii avoir promis la 
vie sauve , en avait informé )a chaiir* 
hre. On demanda nne explication au 
général, et Fairfax répondit que la 
promesse de la vie sauve n'était reh*. . 
tive qu'au traitement que les prison- 
niers auraient pu essuyer, suivant les 
lois de la guerre, à l'instant où ils se 
Fendirent à discrétion ; mais qu'il 
n'avait pu les garantir de l'action des 
lois civiles. Le parlement vota le ban- 
nissement de Gapel et de quelques au- 
tres prisonniers ; mais cette punition 
ne paraissant pas assez sévère, on l'en- 
ferma dans la tour de Londres , et le 
I*'. février 1649, ^^^ décréta que les 
lords Gapel et Goring , et d'autres pri- 
sonniers, seraient les premiers aux- 
quels on ferait le procès. Gapel s'évada 
le même jour^ mais des recnerches ri- 
goureuses, et la promesse d'une n^ 
compense de 1 00 liv, st. offerte à qui- 
conque le ramènerait, le firent décou- 
vrir deux jours après. Amené devant 
la baule cour de justice, il fut accusé 
de haute trahison. Sa défense roula 
principalement sur la promesse qui lui 
avait été faite lorsqu'il se rendit ; mais 
ce motif ne fiit pas admis. Ramené de- 
. vaut la cour, la partie publique con- 
clut à ce qu'il fut pendu^- et son corps 
partagé en quatre; et, à la cinquième 
comparution , il fut c-ondamné à être 
décapité. Sa femme présenta alors au 

Sarlement une pétition qui occasionna 
e grands débats. Plusieurs membres, 
et Gromwell même , firent le plus 
grand éloge des belles qualités de Ga- 
pel ; mais Gromwell ajouta que c'était 
précisément ce qui le rendait un hom- 
me dangereux, et qu'en conséquence 
il voterait contre la pétition. Treton en 

Sarle aussi comme d'un homme dont 
avait peur. Le 9 marS; jour fixé pour 



CAP > 

VeticvXwin , Gapel qui , depuis sa eon-^ 
damrr*tonf était enfermé au palais de 
St. -James, avec le duc de Uamiltoa 
et le comte de HoQand, fut conduit 
avec eux h Féchafaud dressé devant 
Westminsterhall. Ses deux compa- 
gnons furent frappés avant lui. Gapel , 
après avoir adressé aux spectateurs 
un discours touchât et rempli de sen-*- 
timents de piété, présenta avec calme 
sa tête au bourreau. Tous les histo- 
riens-se sont accordés pour rendre 
justice aux vertus éminentes de Gapel, 
et surtout à son courage et à sa fidé- 
lité. Il laissa quatre fils et quatre filles. 

E— s. 
GAPEL ( ARTHim ) 9 fils aine da 
précédent y naquit en i635. 11 ne 
reçut d'abord , à cause du désordre 
des guerres civiles , qu'une éducation 
assez n^ligée; mais parvenu à l'ado- 
lescence , il se livra à l'étude des 
langues savantes et des sciences avec 
tant d'ardeur qu'il fit de très grands 
progrès , surtout dans les lois et les 
mathématiques. Gharies II, lors âm 
son rétablissement, ayant égard à ce 
que son père avait souffert pour a» 
fidélité, le créa vicomte de Malden ^ 
et, en 1661., comte d'Essex. Gepen«^ 
dant il se montra opposé à la cour r 
Gharies imputant cette conduite k quel- 

?ue ressentiment secret, résolut dfr 
employer. Il l'envoya, en 1670, en 
ambassade en Danemark. Le gouver- 
neur du château deGronenbourg vou- 
lut exiger le salut du vaisseau qui 
portait le comte ; celui-ci le refusa ; le 
gouverneur fit tirer stur lui. Arrivé » 
Gopenhague , le comte se plaignit ; le 
gouverneur fut condamné à lui adres- 
ser des excuses. Cette affaire mit Essex 
en grand crédit à la cour. De retour 
en 167a, le rot le nomma menriM^du 
conseil privé , et^ vice-roi d'Iriande. Se 
conduite dans son gouvernement le fit 
|[énéralement ehérir»^!!' (ut rappelé «a 



CAP 

1677, parce qu'A se plaçait ile oe 
que la régularité ne présidait pas à la 
gestion des finances de ce royaume. 
De retour en Angleterre , sa profonde 
connaissance des lob, son éloquence , 
sa réputation, le rendirent un des 
membres influents de la chambre 
haute. Il eut dans le conseil privé for- 
.mé â la retraite du comte de Danby, 
une grande part à la conduite des af- 
£iires , et devint un des comnûssaires 
de la trésorerie. En 1679, lorsque!' on 
agita dans le parlement la question 
jelative à l'exclusion du duc d'York, le 
comte d'Ëssex vota contre cette mesu- 
re ; mais sa haine bien prononcée con- 
tre le pouvoir arbitraire et contre les 
principes religieux de ce prince lui 
firent proposer, pour le cas où il hé- 
riterait de la couronne, des restrictions 
qui Fempécheraient de rien innover 
dans FEut ai dans l'Église. 11 resta 
néanmoins attaché au parti de la cour 
jusqu'au moment où u jugea qu'elle 
prenait des moyens violents. Désigné 
alors comme complice du complot du 
héuil de farine { ^oj\ Charles II ), 
il résigna son emploi , et, depuis cette 
époque, se montra constamment oppo* 
se à la cour. Lorsque l'on présenta le 
hill d'exdusion pour la seconde fois , 
Ele soutint avec chaleur , et proposa , 
dans le cas où on ne l'adopterait pas , 
de former une association entre les 
mains de laquelle on remettrait, dfirant 
la vie du roi, certaines villes comme 
s&retésdes mesures que l'on prendrait. 
En 1681, il se réunit à quinze autres 
pairs pour présenter au roi une péti- 
tion , qu'ils avaient tous signée , pour 
supplier ce prince de ne pas assembler 
le pariement à Oxford , comme il fa- 
vaitannonoé. U eut aussi des entrevues 
avec les personnes mécontentes du 
gouvernement. Toutes ces démarches 
le rendirent si odieux à la cour qu'il 
fol rayé de la liste du conseil privé. 



CAP 



Gi 



Accusé, ^u mois de juin i663, de 
complicité dans la conspiration de 
Bye-Huose , ou le cobplot protestant, 
on l'envoya à la tour , et, le 1 5 juillet 
on l'y trouva la gorge coupée avec un 
rasoir. Le magistrat déeUa qu'il s'éuift 
donné la inort; mais on crut générale- 
ment qu^ avait été assassiné par son 
domestique , instrument d'hommes 
puissants. H laissa de sa femme , qui 
était fille du comte de Northuinber- 
land, un fib et une fille. E-— s. 

GAPELL ( Edouard ), savant cri- 
tique anglais , né en 1 7 1 3 , â Trostou» 
dans le comté de Suffolk. On a fort peu 
de détails sur sa vie, absorbée par une 
étude in&tigabledes ouvrages de Sfaa* 
kespeare, llentreprit, le premier, de 
donner une édition fidèle de ce poète ^ 
cette édition, qu'il publia en 10 voL 
in-8'., est précédée a'une introduction 
écrite dans le vieux langage anglais, et 
qui est regardée comme un morceau 
très curieux. Il y promettait de faire 
imprimer par la suite quelques autres 
volumes pour servir de commentaires 
aux œuvres du tragique anglais; mais 
comme il s'écoula beaucoup de temp» 
avant l'accomplissemenfde cette pro- 
messe, plusieurs écrivains le prévin- 
rent, en donnant des éditions de Sha- 
kespeare avec des commentaires qiû 
rendaient les siens moins intéressants. 
Ils parurent cependant après sa mort 
.en 1 783, en trois gros volumes in-4''-> 
sous le titre de Notes et variantes de 
Shakespeare , suivies de V École de 
Shakespeare 9 ou extraits de divers li- 
vres anglais qui existaient imprimes 
de son temps , par lesquels on voit 
d^oà il avait tiré ses faJbleSy etc. Cet 
.ouvrage était le firuit de près de quaran- 
te ans de i'echerches et de travail. Ca- 
pellest aussi l'éditeur d'un volume de 
poésies anciennes, appelées P.rolu-' 
sions. Il mourut en 1 78 1 . X— s. 

GAP^LM ( IMU&Tuirus. Misfzvtfi 



61 CAP CAP 

* 

Ffiii^), fruleitr d'aoeespècedeftetite j/rithméHi/ue , et roule priDCipale' 
cncyclopédîeeniatin, mélangée de pro- ment sur les propriete's des nombres, 
fe€tdeTers.L'ëpO(|iieàlafl[«eHeilécri- le huitième livre est consacré h Tas- 
vit n'a pds encore été bien déterminée; tronomie^ il j fait tourner Vénns et 
quelques*- nos la fixent à t'an 474 ^^ Mercure autour du soleil, et-, sutrant 
49oaT.J.'C., tandis qu'un crihque ré' Lalande , c'est là quèCo^mica pris 
cent recmie le temps de sen existence la première idée de son système. Lé 
jusqu'au milieu ^u 5". siècle , aous les •neuvième traite de la musiqne , et n'est 
deux Gordiens. Cassiedore nous dît guère qu'un extrait d'Aristide Quinti- 
qu'il était né à Madaui^'en Afrique, et lien. L'édition la plus estimée de cet 
lui-même se nommé nourrisson êtE^ , auteur est celle de Grottus , in-8". , 
Uce , TtHe de l'Afrique prcçi^e. Surles Lcyde , 1 599. Eîle est au nombre des 
manuscrits de «on ouvrage, il a le sur- prodiges littéraires , puisque Grotius , 
nom de "Car^kaginois, et le titre de pro- lorsqu'i 1 l'entreprit , n'avait que qua - 
consulaire , vir proconsuktris. Il est lorze ans , et seulement quinze lors- 
probable qu'il a résidé quelque temps qu'elle parut. Il est probable qnll fiit 
jt Rome. L'ouvrage qui nous reste de aidé dans ce travail par Joseph Scali- 
luiest intitulé Satyricrni, fet-ctt di- çer, qui le lui avait indiqué; mais fl 
visé en neuf livres. Les deux premiers, est certain qu'il le fut par son pcre lui- 
qui forment une sorte d'introduction même , comme il nous l'apprend : elle 
aux sept autres , sont remplis par un est d'ailleurs , quoique très vantée , 
^etit roman philosoplnque et aNégori- insuffisante , et pleine d$ fai?tes typo- 
^le assez bien imaginé , mais dont le ^raplnqnes. Une bonne édition de cet 
^tyle est dur, obscur, et barbare, auteur est encore adonner, et, comme 
îl est rntrtulé : Des noces de ta Phi" il n'est pas tout-à-fart indigne de trou- 
îologie et de Mercure. Oii y trouve Ter un éditeur, nous croyons devoir 
une description !dii ciel , qui prouve indiquer toutes les éditions qui sont 
que les idées mystiques de la pbiloso^ parvenues à notre connaissance : L 
pbie platonicienne se rapprochaient Tedilio princeps est in-foKo, imprimée 
'singulièrement, à cette époque, des a Vicence en i499> Curd Fraritisci 
vérités du christianisme. Les autres Fiîalis Bodiani ; cette édition fut 
livres sont consacrés aux sept arts li- réimprimée à Modène Tannée suivante 
béraux. Le troisième livre est intitulé: < 1 5/oo), sous le même format; IL Bâie, 
Grammaire ; le qfiatrième , Dialec- in-fol., 1 55!i , chez H. Pierre. La mê- 
tique. Ce livre est divise en deux par- ine a été réimprimée à Lyon en 1 559, 
ties, dont là première comprend ce in-8'*.; ill. BâIe , in-fol., 1599 5 ï^- 
que nous nommons la métaphysique , BâIe, cumvariislectionihas et schoUîs 
et la seconde , la logi(Jue. Le cinquième B, Fulcanii , in-fol . , 1577, imprimée 
livre traite de la rhétorique; Je sixiè- avec les Ch'igines d'Isidore ; V. vienlt 
me , de la géométrie, et GapeHa em- ensuite, par ordre de date, l'édition de 
ploie ce mot suivant son sens étymolo- Grottus , dont nous avons parlé, et 
gique; car ce livre contient un petit trai- dont le titre est ainsi qu'il suit : Jf^xr- 
té de géographie qui n'est qu''mi court tiani Hfinei Felicîs CapeUœ, Car- 
extrait de Pline et de Soi in , et ce n'est thaginiensis , viri proconsutaris Sa- 
qu'à la fin qu'on troiivequclquescour- tyricon ifi quo de nupiiis PhiloJogim 
tes généralités sur les figues, les figures et Mercurii lihri duo , et de septem 
^iejiSoHdes.Le^tièHEieestintHulé: urUbus l%traUbu$ iàfri singùlaret 



êmms et emendaU et noih swe fe» 
émis ffug. Grotii iilustrati : ex of- 
ficind Plantiniand, iSgg, in-d***; 
Vf. Lyon , 1619 , apud hœredes 
Simonis Fmcentii , in-S». ; VIL le 
neuvième livre a été inséré dans lé re* 
cueii dés anciens anteurs relatifs à la 
iD«si({ne, ^ar Meibomius, Amsterdam, 
«65:2 î VIÏI. Lyon, i656, ^n-«^5 
iX. Reme, 1763, in-8**., cura L. 
^aUhmrdL Oelte édiitoa m renferme 
que ies deux premiers livres , c'est-à- 
dire l'onvrasie De tmpUis irOer Mer* 
eurium et FfUioîogiam ; X. Nurem- 
berg, in- 8®. , 1 794 ? eâente'io. Ad* 
Goetz, Cette édilibn , de même <fne la 
précédente, ne renferme que les deux 
prettaiers livres. Heinstus semble avoir 
kk «me étude particulière de Martia-* 
mis Gapella, et a proposé, dans ftes wh 
tes sur Ovide, beaucoup de corrections 
hearen^s sur cet auteur. Munker , 
dms seft notes sur Hygin , etc, a don- 
né beaucoup de variantes importantes 
prisbs d\in nàanuserit de Leyde. — « 
Capella , poète él^iaque , a été nien->> 
tiooné avec éloge par Ovide {De Ponto, 
IV, 16, 36 )• fine nous reste rien de 
loi. W— R. 

CAPElXi A CGaiaa^ïo-Plavw-Ca" 
VRÀ , plus connu sous le nom de ) , né 
à fiitan en 14^7 , se 'ditingua dans 
les lellï«ft. Piiil. Picinelii dk que son 
nom de femille était €apra , el que 
ce fat à raison de la pureté de ses 
feoenirs et de Wtendue de ses con- 
naissaiioes qu'on le surinomma C«^ 
peUa, Son rare savoir lui mérita Tes- 
tirae et Vamîtié de François» Sforze, 
duc de Milan , qui lui donna la place 
de secrétaire d'état , et le chargea d'é- 
crire son histoire. H l'emp^bya aussi 
dans plusieurs nëgodations importan- 
tes. 'Capefla fut orafteur de l'empereur 
Maximilten , et conservé dans ses'foac^ 
tions , «lorsque Gbaries-Qumt devint 
mAte. àe Wiam, La délité d^ C^ 



CAP 



63 



Sella envers son premier maître est 
igné d'être remarquée dans les di<- 
verses révolutions qu'éprouva sa pa- 
trie. Il mourut d'une chute de cheval 
dâiis une ra^ de Milan^ après deux « 
ans de souffrances , le 23 février 
1537. On a de cet écrivain : L De * 
rehus nuper in luUid gesîis et de 
beUo Mediolanensi lihri FIII^ Nu- 
remberc, i552,in-4*., Paris, i533, 
in-8°., Venise, i555,in-4°» Cet ou- 
Trage a été réimprimé encore plu- 
sieurs fois. On le trouve aussi dans 
le Tkesnurus «ntî^»it deGneviiis, 
tom. II , «t dans les Scriplores rerum 
Germamcerum , de Simon Scbar- 
diuB , tom. if . Il a été traduit en alle- 
mand, eten italien, par Fr. Philipopoli, 
Venise, i539,in-4'« C'est l'histoire 
des guerres du Milanais, de iS*i\ k 
i530. EBe est ëcrile avec intérêt ; 
maison sent qu'9 aurait été difficile à 
l'auteur d'être impartie. H. Historié 
belU Mussikmi; c'est l'histoire de ià 
guerre faite près de Musso , sur le 
lac de Cêrae-, parie fameux, capitaine 
Jean-Jacques de Méd^s : elle fatt suite 
à l'ouvrage précédent, et fut imprimée 
daito t^édition de Strasbourg, i538; 
4d4^".; on )a trouve aussi dans le 
Trésor des antiquités de Graevius , 
lom.îIT, el«9ï:c\*fiistx)iredes Médicis 
de Henri Du Puy , Anvers , 1 634, i^* 
l'i ; III • Fiemus Austtiœ à suîtano 
^limarmo Twvorum tyranno ob- 
se^aœ fdsteria , Angsbourg, t53o , 
in-4*. ; IV. De rébus gestis Franc. 
Sf&Ptim II, ducis Mediolani, Ve^ 
nise, i555, in-4**. 5 V. VAntropoh^ 
"^ià ôf^ero r'agionamento delta na- 
tura umana f îa quale contiene le 
iodi e exceUenza degli uomini, la 
'dignitâ délie donne; la miseria d*a* 
mèndwe, ^et la vanità degli stuâj 
toro, Venise, Aide, ï533, inr8\, 
ouvrage rare et recherché. On a m*. 
core du «téme des Hm^angues mîli>^ 



6i CAF 

faites i imfviméea h Francfort ^ en" 
1573. W — s et V— VE. 

CàPELLEN (ÀLEXAifDHETânder). 

yCjy. ÂARTSBERGEPr. 

GAPËLLO (fiLiiifCBE), seconde 
femme de François deMédicis, p;rand- 
duc de Toscane. Elle était fille de 
Bartheiemi Cajpello, un des nobles 
les plus considérés de Venise , niè- 
ce de Grimani , patriarche d'Aqui- 
lée , et alliée à toute la première no- 
blesse; mais en 1 565 elle fut séduite 
par Pierre Bouaventuri , jeune floren- 
tin (jui apprenait le commerce à Ve- 
nise dans la maison de banque de 
aSalviati. L'oncle de Bonaventuri était 
le chef du comptoir de Salviati, 
sa maison était tout proche de celle 
des Gapello , et Bouayenturi , qui 
n'avait ni fortune ni Êiroille , se donna 
pour parent des Salviati, et pour as- 
socié à leur commerce. Les charmes 
de sa figure, et soif adresse séduisi- 
rent Blanche ^d'autant plus facilement 
qu'elle était alors sous l'empire d'une 
belle-mère qui la haïssisdt. Les deux 
amants se donnèrent, à l'aide de 
fausses clefe , plusieurs rendez -tous 
nocturnes; mais, craignant ensuite 
d'être découverts , ils s'échappèrent 
de Venise au mois de décembre 1 563, 
emportant avec eux les joyaux les plus 
précieux de la maison de Gapello. Les 
.parents de Blanche , et plus encore 
ceux de sa bcUe-mère, manifestèrent 
rindignatîoD la plus violente, lors- 
qu'ils apprirent cet enlèvement. Ils 
«prétendirent que tout le corps de la 
noblesse vénitienne avait été insulté 
en eux ; ils firent arrêter comme com- 
plice Jean-Baptiste fioBaventuri , on- 
cle du ravisseur, qui mom*ut en pri- 
son ; ils obtinrent du sénat un ordre 
de courir sus à Pierre, avec une ré- 
compense de ^eux mille ducats pour 
celui qui le tuerait ; enfin, ils envoyè- 
rent sur ses traces des assasw^ ^ui 



CAP 

le suivirent k Florence^ 011 Bonaven- 
tiiri s'était retiré avec sa maitressew A 
cette époque , Gosme P'. de Médfoîs 
régnait encore; mais d^oûtédu pou- 
voir suprême qui avait été pour lui ui^ 
constant exercice de dissimulation et 
de perfidie , il avait confié tous les 
soins * du gouvernement à son fils 
François , dont le caractère était plus 
sombre encore, et plus sévère que le 
sien. François devait épouser Jeanne, 
archiduchesse d'Autriche ; mais cette 
princesse avait trop d'oi^eil et de 
froideur pour pouvoir inspirer de l'a- 
mour. Bonaventuri, dès. la première 
semaine de sou arrivée k Florence , 
se mit sous la protection de Françob . 
et l'ambition ou l'avarice fusant taire 
en lui tout autre sentiment, il permit 
entre ce prince et sa femme une liai- 
son scandaleuse. François chercha ce* 
pendant à la dérober aux yeux du pu- 
blic jiéqu'après son mariage avec l'ar- 
chiduchesse, le 16 décembre i565; 
mais dès-lors , croyant n'avoir plus 
rien à déguiser, il introduisit Uancbe 
dans son palais, en nommant Bona- 
venturi son intendant. La liaison de 
François avec Blanche blessait égale- 
ment, et Gosme P'., et la cour d Au- 
triche que les Médicis devaient mé- 
nager , et le peuple qui se plaignait de 
l'insolence et de l'avulitéde la fevorite* 
Son mari , dont l'arrogance devenait 
iusupportable aux courtisans , et gé- 
nanle pour elle-même , fut assassiné 
en 1570, par des gens qde François 
avait apostés. Blanche cependant savait 
captiver toujours davantage le prince 
par les charmes de son esprit , le pi- 
quant de ses manières, et l'enjoue- 
ment de son c.j*actère« Plus Médicis 
était sombre et sévère, plus il avait 
besoin d'être distrait par la vivacité^ et 
les grâces de la Vénitienne* Gosme I*^. 
mourut en 1 574 ; François avait deux 
^es qu'il détectait y et auxquels il 



CAP 

eraigoait àt devoir taisser son lai- 
tage; sa femme ne lui avait donne' que 
des filles, et Bknche, qui avait eu 
aussi une fille de fionaventuri , n'avait 
phis d'en&nts depuis sa liaison avec 
le prince. Gelai-ci di^sirait ardemment 
avoir un fils, même iUégitime , dans 
fespérance de le ùife reconnaître pour 
soDliéiitief ^ filanche, désesperantd'en 
avoir elle-même, prit le parti de 5up-> 
po6er une grossesse , et toutes ses me^ 
sures étant prises pour cda, elle pa- 
rât délivrée dans la nuit du 2g août 
iS*]ôf d^un enfant qu'une femme du 
petq^lc avait mis an monde la veille : 
on le nomma don Antoine de Mëdids. 
lie grand-duc, au comble de la joie, 
redoubla d'affection pour sa maîtresse^ 
et celle-ci , pour n'être pas trahie, fit as- 
sasâner presque tous ceux qui avaient 
eu part à cette supposition; mais cou* 
tre l'attente du public et de Blanche , 
f archîducbesse à son tour donna l'an- 
née suivante un fils k son mari ; bien> 
tôt elle parut grosse de nouveau , et 
elle mourut en 1 578 , en couches d'un 
second en&nt François, touché de 
la mort de sa femme, et â)rànlé par 
les représentations de, ses frères et de 
quelques gens de bien , s'âoigna pour 
quoique temps de Florence, avec l'in- 
tention de rompre avec Blanche; il 
donna même à œUe-ci l'ordre de quit- 
ter la Toscane; mais Blanche , pour 
conserver le cœur de son amant , mit 
en usage toute son adresse et tous 
ses moyens de séduction ; elle gagna le 
conficsseur du grand-duc , pour qu'il 
l'encourageât dans sa passion, et, 
moins de deux mois après k mort 
de Tarchiduchesse, elle parvint à se 
fûre épouser secrètement par Fran- 
fob y le 5 juin 1 S^S. Un mariage se- 
cret ne satb&isait ni l'ambition de 
Blanche, ni les espérances du grand- 
duc , qui , ayant perdu son fils peu 
après sa première fiemme^ en attea- 



CAP 



65 



dait un autre de la seconde. Il cokn^ 
muniqua d'abord son mariage i Phi- 
lippe II, roi d'Espagne, dont il re- 
cnerehait la protection , plutôt que 
l'amitié , et , l'ayant tait approuver par 
ce monarque, il résolut de l'avouer 
publiquement. Il fit déclarer au doge 
et h la république de Venise que son 
intention était de s'allier à eux ^lar les 
nœuds les ^us étroits, en prenant 

λour épouse une fille de St.-Marc ; e^ 
es mêmes magistrats qui avaient dif- 
famé Blanche Capelto , et mis à prix 
la tête de son mari , s'empressèrent 
alors de la combler d'honneurs. Une 
déclaration des Pregadi, du 16 juin 
1 5^9, la nomma fille véritable et par- 
ticulière de la république; deux am-* 
bassadeurs, suivis de quatre-vingt-dix 
nobles, furent envoyés à Florence, 
pour solenniser en même temps l'a- 
doption de St.-Marc et le mariage. Ces 
deux cérémonies furent célébrées avec 
une grande pompe le 1 !2 octobre 1 5 79, 
et le mariage de Blanche coûta trois 
cent mille aucats à la Toscane, dans 
ilMtemps où la disette et des calami- 
té de tout genre accablaient les peu- 
ples. Cependant le gouvernement du 
grand -duc devenait tous les jours 
plus odieux par l'abus que Blanche 
«usait de son pouvoir , et par l'arro- 
gance et la cupidité de Vittorio Ga** 
pello, son frère, qu'elle avait appe- 
lé i Florence, et qui était désormais 
le seul ministre et le seul favori du 
grand-duc. Vittorio excita enfin tant 
de haine et de mécontentement , que 
François prit le parti de l'éloigner. 
Blanche, qui ne pouvait plus avoir 
d'enfants, et qui rencontrait beaucoup 
de difficultés à faire appeler à la suc- 
. cession don Antoine, son fib supposé , 
feignit par deux fois une nouvelle grosr 
sesse ; mais , soit qu'elle craignît de 

Îasser outre, ou que la vigilance des 
rèret du grtnd-duc mit obstacle à ses 



66 CAP CAP 

artifices ^ 'elle déclara autant de fois -ris , fameux {lar ses crimes, sons le 
s'être trompée, et elle clierclia eufiu il règne de Cbarles VJ. Digne chef* 
se réconcilier de bonne foî avec, le d'une vile populace ^qiie -la faction 
cardinal Ferdinand de Médieis, le des Bourguignons encourageait au 
plus proche heViticr du trône. Celui-ci , ineurtre et au pillage , Gapelw^e or- 
en 1 587 , cc'da aux instances de son donnait les éxecutions , dictait ses 
frère et de sa belle-sœur; au com» lois dans Paris , et l'on obéissait. )l 
mencenient d'octobre , il se rendit an se fit livrer les prisonniers de Vin- 
Poggio a Caiano, maison de campagne ee'nnes, qu'il promit de Conduire an 
des Mëdicis; il y fut accueilli avec une Châtelet, et qui furent bientôt ëgor- 
grande tendresse par François et par -gés sous ses yeux. 11 força les portes 
Blanche; il paraissait y être sensible^ du palais. Le duc de Boui'gogne vint 
lorsque tout à coup, le 8 octobre , le au-devant de lui , et, tandis qu^its 
•grand -duc tomba malade; le lO oc- conféraient ensemble, le bourreau, se 
tobre BlanclK fut atteinte de la même -croyant devemi l'^al du prince , hti 
maladie , qu'on nomma fièvre tnter- frappa dans la main en signe d'ami- 
mittente. Le premier mourut le 19 tié. Cependant le doc , hiquiet de voir 
.octobre , a quatre heures de matin , et croître de jom: en fotrr les troubles 
sa femme le lendemain à trois heures qu^il avait ;excités lui-même , et rc- 
après midi. Ferdinand, qui déposa doutant l'empii^qvie Capehiclie avait 
l'nabit religieux pour succéder à son «pris sur la mollitude, fit mârclier des 
frère, et qui régna en Toscane d'une troupes qui ise ' saisirent des princt* 
manièic glorieuse, n'a pas échappé à .paux chefr.Oapeluchefnt arrélé, jugé 
l'accusation d'avoir empoisonné son sommairement, et condamné k mort, 
frère et sa bcHe-sœur. En vain leurs 'L'éohafaud était dressé aux fialles. 
corps furent ouverts publiquementpar Le valet du bourreau, devenant son 
les médecins^ en vain on iudiquayfcs successeur, s'apprêtait à lui trancher 
.causes naturelles pour une mafflle la tête : c'était son coup d'essai; Cape- 
aussi subite^ la mémoire de Ferdi- ludie lui donna froidement une le- 
nand reste encore souillée par ce soup- çon sw les mesures qu'il devait pren- 
çon , et sa haine pour sa belle-sœur, -dre pour ne 'pas le manquer. U se mit 
.qu'il appela dans quelques actes pu» ensuite à geooax , et reçut le coup 
blics la détestable Blanche^ a été -mortclsansanToir montré la plus légère 
considérée, par beaucoup de .gens*, '«motion. V^^-ye. 
comme confirmant l'accusation du CAPËT (HvoirBs). 1^. Hbgves. 
peuple. Siebenkees a écrit une vie de CAPETAL ( Heuhi ) , chriginafrede 
Bianca CapeUo , d'après )es sources Picardie, "prévôt de Paris s<ms le rè^ 
originales. Gotha , 1 7 59^ in-8\ ; cette .gne de Philippe V , se rend ooupblt 
vie a été traduite en anglais par Lud- d'unorimc atiroce que les lois puni- 
gcr. Mcissner a fait de ses aventnres rent, et que l'histoire a retracé pour 
un roman en dialogue qui a été traduit 4élrir d'un éternel opprobre ce ma^ 
de l'allemand en franiçais pr M. Kau- gistrat prévaricateur. Un YÎdhe bomi- 
quil-Lieutaud , Paris, 1 788 , 5. vo|. cide , détenu dans les prisons du Cha- 
in- 1 2. M. de Luchet a aussi publié la telet , fut condamné à mort d'tme voix 
. vie et la mort de Bianca Capello, Pa- linanime. il ofirit une M>nldie d'or 
ris , 1 788 , 5 vol. io- 1 &., fig. S. S-*-i. considérable au prévôt, s'il vioulait le 
^ CaPELUCHE, bouri!CAu de Pa- soostraire au supplice» Legréi^ôlchoî- 



CAP 

sitQD prisoiimer innocent, sans for- 
tune et sans appui , le fif pendre sous 
le nom de rhomicide , et remit ce der- 
nier en liberté sous ie nom de Tinno- 
cent supplicié ; mais cette f;rande ini- 
quité ne tarda pas à être découverte. 
Le roi indigné fît faire le procès à 
Capetal , et il fut pondu en 1 5'2 1 au 
même gibet où il avait fait attacher la 
rictime de sa cupidité. V— ve. 
GàPILâ. Foy. Kapila. 
CilPILUPI ( Camille ) de Man- 
tpue s'est rendu fameux dans le 1 6^". 
siècle par un ouvrage intitulé : lo 
StratS^ema di Caroh IX j eontra 
gU ugonatti , Rome , 1 57a, in-4°* y 
imprimé en italien et en français en 
1674 y in-S*". , augmenté dans la ver- 
sion d'un avertissement du traduc- 
teur. Cest une relation de l'horrible 
massacre de la Saint-Barthélcroi , dans 
laquelle l'auteur rend compte dès mo- 
tifs qui déterminèrent cette afireuse 
journée, des préparatifs qui la pré- 
cédèrent, et des suites qu'elle eut. 
On doit être en garde contre les 
feits qu'il raconte^ mais on y trou- 
ve des cboscs curieuses. Capilupi, 
croyant faire beaucoup d'honneur à 
Charles IX et à son conseil , s'atta- 
che dans sa préface à proqver que la ' 
St-Bartbélemi était méditée. Le car- 
dinal de Lorraine , qui se trouvait, k 
Kome quand cet écrit parut, l'avait 
d'alxNrd approuvé; mais quand il sut 
qu'on avait bonté en France de ce 
massacre , et que l'idée d'une telle bou- 
cherie préparée paraissait atroce même 
aia Italiens les plus forcenés, il cher- 
cha à en empêcher le débit. T— *o. 

C4P1LUPÏ (Ulio), frère du pré. 
cèdent, né à Mantoue le 19 décem- 
bre 1498, se fit quelque nom par 
des centons qu'il composa avec les 
Ters de Virgile, qui se trouvent ainsi 
appliqués à des matières dont ce grand 
poète n'a pv ayoir idée» Lélio Capi- 



CAP 67 

lupi mourut à Mantoue le 3 janvier 
1 56o , deux jours après son ami Joa- 
chim du Bellay. Parmi les centons de 
Lélio , on remarque : f • Cento Fir^ 
giUanus de vitd monachorum quos 
vulgofratres appellant, imprimé d'a- 
bord à Venise, i543, i55o,in-8'.; 
Rome, 1575, etc.; réimprimé dans 
l'ouvrage intitulé: Varia doctorum 
piorumqiie virorum de corrupto ec- 
clesiœ statu poemata , Bâlc, i556, 
in-8°. , dans le Regnum papisticum 
de Naageorgus « et encore dans les 
Méinoiresde littérature àê Sallengre, 
t. Il, 2^ partie; IL Cento Fit^giUanus 
infosminas , imprimé dans les jé mo- 
res de Baudins ( F. Baudius), et encore 
dans les Schediasmala de eruditis 
cœlibibus de God. Wagner, 1717, 
in - 8''. ; lll. Cento Firgilianus , in 
siphiUimy etc. Les vers et centons de 
L. Capilupi ont été réunis avec ceux 
de ses frères, sous ce titre : Capilupo- 
rum carmina et centones , ex editio^ 
ne Jos. Castallionisj Rome, iSgo, 
in-4*'* 7 rare : on a retranché de cette 
édition les centons obscènes et ceux 
contre les moines. — Capilupi ( Hip- 
poryte ) , évê(£ue de Fano , mort en 
i58o, à soixante-huit ans , et Jules 
Capilupi , tous deux frères de Lélio , 
s'exercèrent à diverses sortes de poé- 
sies. ^— Jules Capilupi, leur neveu, 
fit aussi des centons qui , au jugement 
de Possevin, sont meilleurs que ceux 
de Lélio. A. B — ^t. . 

CAPISTRAN (Jean de), ainsi ap- 
pelé de la petite ville de ce nom dans 
l'Abruzze, où il vit le jour en i585 , 
était fils d'un gentilhomme angevin, 
qui, ayant suivi Louis, duc d'Anjoa , 
lorsque ce prince devint roi de Naplcc^, 
avait fixé son séjour dans cette ville. 
Il alla faire son cours de droit civil et 
canonique à Pérouse, prit le bonnet 
de docteur dans l'une et l'autre/aculté, 
s'y fit teliement estimer qu'on lui don* 



66 



CA> 



oa an emploi de judicature , dont il 
remplît 1(^9 fonctions avec autant d'în- 
tëgritë que d'intelligence. Ces qualité 
réunies à sa fortune lui procurèrent 
un mariage riche etlionorable. Char- 
ge par la ville de Pe'rouse d*aUer né- 
gocier la paix avec Ladislas, roi de 
Napies, oc Faccusa de favoiiser, dans 
cette négociation , les intérêts de son 
ancien souverain. Â son retour , il fut 
eufiermé au château de BrufTa, et traité 
dans sa prison avec la plus extrême 
rigueur, pour avoir tenté de se sau- 
ver par adres>e. La mort de sa femme 
mit le comble à ses malheurs* Les 
tristes réflexions qui Toccupëreut alors 
sur TinstabiHlé des choses humaines 
lui firent prendre la résolution de se 
consacrer à Dieu dans Pordre de St.- 
François. 11 traita de sa rançon, vendit 
ses biens pour la payer, diistribua ce 
qui lui restait aux pauvres , et alla , en 
i4i5y se présenter chei; les Francis- 
cains de Pérouse. Il n y fut admis qu'a- 
près qu'on eut éprouvé sa vocation 
par des humiliations qui le donnèrent 
en speetacle dans une ville où il avait 
autrefois brillé par ses talents, sa 
,#[)rtune et ses emplois. Gapistran s'ac* 
quit une grande considération parmi 
ses confrères, par la pratique exacte 
- des vertus et des observances qui 
avaient formé le caractère primitif de 
l'ordre. Ses succès dans cette partie 
du ministère évangéliqae étendirent 
au loin sa réputation : on le rechercha. 

Îiour les stations les plus renoDunées. 
l prêcha avec écLit dans les princi- 
fales vides d'Italie , d'Allemagne , de 
ologne, de Hongrie, laissant par- 
. tout des monuments de son zèle et de 
' sachante. Il sut faire servir la grande 
• eonfiance qu'il inspirait à rapprocher 
les cœurs désunis , à réconcilier les 
familles, k calmer les séditions popu- 
laires. II rétablit la bonne harmonie 
' ^Dtre la ville d'Aquila tt le roi Charles 



CAP 

d^Arragon. H délivra la Marche d'An- 
cône des restes des Fraticelles, connus 
sons les noms de Frérots et de Bé- 
roches. Nommé deux fois vicaire-gé- 
néral des observantins , il fit rédiger, 
dans un chapitre général, de sagfS 
constitutions pour le maintien de la 
discipline rc^ulière, contribua k afier- 
mir la réforme de S. Bernardin de 
Sienne « dont il ftit le disciple et l'apo- 
logiste contre ses calomniateurs. lies 
ppes Martin V, Eugène IV, Nicolas Y, 
Galixte lll , remployèrent dans les af- 
Êûrës les plus importantes deJO^lise^ 
Il fut député par eux en OrieW , pour 
j rétablir la discipline dans les mai- 
sons de son ordre. Il travailla effica- 
cement k prévenir les suites du schis- 
me occasionné par la translation du 
concile de Bâle k Florence , et se trou- 
va, dans ce dernier concile, 4n nom- 
bre des théologiens employés â la 
réunion des Grecs. Il remplit, à la 
satisfaction des souverains pontifes, 
les nonciatures de Lombardie , de 
France , et de Sicile. Envoyé légat en 
Allemagne, à la réquisition des prin- 
ces, il parcourut la Bohême, la Mo- 
ravie, la Hongrie, hiPologney agitées 
par les Hussites , combattit le fameux 
nockysana , et convertit plus de quatre 
mille de ces sectaires. Mahomet H , 
après la prise de Constantinopk , en 
1455, menaçait iltâdie et l'Allemagne 
d'une invasion prochaine. Nicolas V 
et Galixte III chargèrent Gapistran d« 
- prêcher une croisade contre ce &- 
rouche conquérant. Il s'enferma , en 
' 1456, avec le brave Huniade, dans 
Belgrade, assiégée par le suhbân en 
personne, avec une armée fière de 
son nombre et de ses victoires. On It 
vit partout aux premiers rangs , sur 
la brèche, bravant tous les dangers , 
animant les soldats , un crucifix à ki 
main, et ne quittant jamais le champ 
de bataille qu'après que r^mncim avait 



, CAP 

èé repoussé* Tous les historiens lai 
aftribaent la gloire d'avoir, dans cette 
occasion mëmorable , autant contribué 
par son sèle , à délivrer la ville , qu*Hu- 
jiiade |Mir son courage et ses belles 
dispositions. Gapistran survécut peu 
i ce triomphe. 11 fut attaqué à Wil- 
bch , en Garinthic , de divers maux à 
la fois. Les princes se firent un devoir 
daller le visiter dans sa maladie, et 
il termina sa carrière le ^5 octobre. 
i456. Il fut béatifié en 1690, par 
Alexandre VII , et canonisé en 1 7^4 9 
par Benoit XIII. Parmi les ouvrages 
qai nous restent de lut, on distinguo : 
1. De papœ et concilii swe ecclesiœ 
auUjritate, Venise , i58o, in-4''** 
ce traité est contre le concile de Bâle ; 
IL Spéculum clericarum , ibid. ; III. 
Spéculum conscientiœ^ïkid,; IV. De 
comme pceniientùdi y ibid., i584; 
y.AUquot repetitiones injure cwili, 
iltid, 1587 > ^' ^^^ Traités duJHge- 
vient dernier , de VAnte'Ckrîsi , de 
la guerre spirituelle ^ du mariage, 
de ^excommunication , de ta con- 
cepdon immaculée f etc. Ses ouvrages 
contre les Hussites , n'ont jamais été 
iaiprim(^. T^— n. 

GAPISUGCHI (JcAN-AifTomE), 
savant jurisconsulte, cardinal , évé- 
que de Lodi, naquit à Rome, d'une 
famille ancienne , le ïi 1 octobre 1 5 1 5. 
11 fut d'abord chanoine du Vatican , 
ensuite auditeur de rote. Pie V le fit 
préfet de la signature de grâce , le mit 
au nombre des cardinaux préposés 
pour le tribunal de l'inquisition , et le 
nomma gouverneur de Gualdo , avec 
le caractère de légat apostolique. Il 
mourut à Rome, le 29 janvier 1S69 » 
â^é de cinquante-trois ans. On a de 
lui des Constitutions y qu'il publia dans 
son £ocèse de Lodi , où if tint un sj" 
node. CajPisuccBi ( Paul ), oncle du 
précédent y fut, comme lui, chanoine 
du Vatican tt auditenr de rote» r^om- 



eAP 69 

m( évèqne de Neoeastro , et vice-légat 
en Hongrie , il se distingua dans plu- 
sieurs négociations importantes qui 
lui furent confiées par Clément VII 
et Paul m. Il calma les dotions qui 
déchiraient la ville d'Avignon , et mou- 
rut à Rome, le 5 août 1639, âgé de 
soixante ans. V — ^ve. 

GâPISUCGHI (Raimord), né k 
Rome en 1 6 1 6, entra dans l'ordre des 
dominicains, et professa dans cette 
ville la théologie et la philosophie. Sou / 
mérite lui valut plusieurs emplois im- 

Sortants. En ]654» il fut feit maître 
u sacré palais ; lunocent XI le fit 
cardinal en 1681 , et il mourut à Ro- 
me le 2ti avril 1691. Il a laissé pki- 
sieurs ouvrages de théologie, entre 
autres : Controversiœ iheologicœ se^ 
lectœ y Rome , 16^7 , in- fol. — - Gapi-^ 
8I7CGBI ( Camille) et GAPisuccai ( BIai« 
se), deux frères, de la même femille 
que les précédents^ suivirent la car* 
rière des armes* Le premier, après 
avoir donné des preuves de valeur h 
la bataille de Lépante, en iS^ i, com- 
manda un corps de quatre cents gen- 
tilshonunes à l'expédition de Tunis. Il 
se signala souvent dans les guerres 
des Pays-Bas , où le duc de Parme lui 
donna un régiment d'in&nterie , en 
i584* U commanda avec distinction 
les troupes du pape en Hongrie , où il 
mourut en novembre 1 697 , dans sa 
60*. année. Biaise Capisucchi, son 
frère, marquis de Monterio, se distin- 
gua dans les guerres civiles de France, 
sous Charles IX , en coupant les câble9 
d'un pont que les calvinistes avaient 
jeté sur la rivière de Qaii^ , devant Poi- 
tiers , en 1 569. Ce pont fut entraîîié 
par les eaux. Pendant la ligue , Biaisa 
Capisucchi commanda la cavalerie du 
duc de Parme, et ensuite les troupes 
papales dans le comtat Venaissin, en 
15949 et mourut à Florence après 
l'année i6i3. Le P. Annibal Âda». 



']o' CAP 

jésuite y a fait en italien les ^oges liis- 
toriques de ces deux frères , Rome , 
1 685 , in-4°. C. T— Y et V— ve. 

CAPITEIN ( Pierre) , né à Mid- 
delbourg en Zelande , vers i5ii , 
étudia la médecine à Louvain et à Pa- 
ris, pritie bennet de docteur à Va- 
lence en Dauphiuc , fut professeur a 
Bostock et à Copenhague , deux fois 
recteur de l'université de cette der- 
nière ville, et médecin dé Christian 111. 
Il mourut le 6 janvier t 557. On a de 
lui : I. DepoteMiis ammee, 1 55o; H. 
Calendaria, C'étaient des médecins , 
presque toujours partisans de Tastro- 
Jogie judiciaire, qui faisaient les alma- 
nachs dans les 1 5*^. et ^ 6\ siècles. III. 
ProphylacUcum consïlium anti-pes- 
tilentiale ad cives HafrUenses anno 
JH, D. LUI, impr. dans la Cista 
. medica Hafrâensis de Th. BarthoHn. 

A. B— T. 
- CiÂPITËIN (Jàcques-Élisa-Jean), 
nègre, né en Afrique, fut acheté, k 
^pt ou huit ans, sur les bords de 
la rivière St -André, amené en Hol- 
hnde , où' il apprit la langue du pays , 
et .^e livra à la peinture. Il fit ses pre- 
mières études à la Haye , apprit le la- 
tin et les éléments du grec, de l'hé- 
breu et du chaldéen de M'^**. Roscara , 
passa h l'université de Leyde , où il 
étudia la théologie dans l'intention 
d'aller prêcher la foi h ses compatriotes. 
Après avoir pris ses grades , il partit, 
en 174^, pour Ëlmina en Guinée. 
Les uns prétendent que Capitein y 
reprit ses mœurs idolâtres ; d'autres 
révoquent ce fait en doute. M. Gré- 
goire, à qui nous devons tout ce que 
nous savons de ce personnage, ne 
donne pas la date de sa mort; il se 
contente de parler de s^s écrits ^ qui. 
sont : I. une Élégie en vers latins sur 
la mért de Manger, son maître et son 
ami. M. Grégoire en rapporte lecom- 
iuenoement avec la traduction libre 



CAP 

dans son ouvrage intitulé : Vé la litté" 
rature des nègres ; II. De vocaiione 
Ethnicorum, dissertation qu'il compo- 
sa pour son entrée à l'université de 
Leyde; 111. Dissertailo politico-theo- 
Ibgica de seruitute liberlati chris- 
tianœ non contraria , quant sub 
prœside J. van der Honert publias 
disquisitioni suhjicit J. E, J, 'Capi- 
tein , ylfer, Leyde, 174^7 in-4^. Il 
est assez singulier que ce soit un nègre 
qui ait soutenu cette thèse. Elle a été 
imprimée quatre fois, et traduite en 
hollandais par Wilhelm, Leyde, 1 74^, 
in-4**. IV. Des Sermons, en hollan- 
dais , Amsterdam, i74^f in-4**- On 
trouve le portrait de Capitein par Rey- 
nolds , dans le Manuel d histoire 
naturelle de Slumenbach , traduit en 
français. A. B — t. 

CAPITO ( Ateius ), fut un des 
plus groiîds jurisconsultes de son siè- 
cle. Il était fils d'un préteur. Auguste 
le porta au consulat, il avait écrit sur 
le droit divers ouvrages dont il ne nous 
reste plus rien. Sous le règne de Tilic- 
re, il se signala dans le sénat par une de 
ces adulations serviles dont le prince 
même était fatigué. On accusait L. En- 
nius du crime de lèse-majesté. L'em- 
pereur trouvant Taccusation injuste , 
ne Touhit pas qu'elle fût intentée. Sur 
celaCapito dit hautement, en afièctaut 
un air de liberté, qu'on ne devait pas 
enlever aux sénateurs le droit de pro- 
noncer sur cette accusation ; qu'un si 
grand délit ne devait pas rester impu- 
ni; qqc l'empereur pouvait bien ne 
point écouter son ressentiment ; mais 
qu'il ne fallait pas que l'état en soufirît. 
« Cette lâcheté marqua d'autant plus , 
dit Tacite, que Capito était un honune 
très éclairé, et qu il flétrissait un ca- 
ractère que sa conduite publique et par- 
ticulière avait fait honorer. )> II mou- 
rut peu de temps après. Q — R— y. 

CAPITOLIN ( Jiru;s ), historien 



CAP CAP 71 

roBHÎn d|ss 3^. et 4^ siècles de J.-C , caclifs clans tes forêts. CapîloliDus ra« 
est l'^a des six écrivains de TlRstoirQ iiagea l^urs terres , et revint à Rom9 
auguste ( Voy*. Spabtisji. ), J.C^pito* nhâ^rgé d'ua ncbe bulin. Au milieu de 
iJD a iaissë les Vies d' AatQQiorle-Piefiiiy leurs a^lainatâoiis , les citojeus lui de« 
de KIarc-Aatoai^-]ei>philosopbe{ NtaiiC) cqroèreut- le surnom de pdiv d€S 50/- 
Aurèlc), de. Yerus, dç Pçitj^iuas., li^ts, lapdis qu'A p(»ius s'était connu 
d'Albin , de Itf acnn , des detu Maxi- que squs celui de ^nm de Vaxntnée. 
mins, de Maximiu^le-jeupe, dss troi^ Trois, ans plus tard ^ Capitolinns fut 
Gordiens,,. de Maxime et 3albin, qui poaMué consul avce Q. Ser?ilius Pris* 
sont in^primoçs avec Içs atuvi<rs dd «us , et ils surent adcoitement occuper 
Spaftiçn, Les autres Viiss. qu*ayait de guerres étrangàies la multitude, 
composées GapitoUn ÇA spnli pas vqi^ue^ toujours remuante. Vainqueur . des 
jusqu'à aotts, L^ plupart des épriits d^ Èques eldes Vobques, Capitoliaus fut 
Capitolii^ soi^ d^'dif s à DioQlqÛQn et 4 honoré du triomphe. Le sénat et le 
CoostantiiK J. G. IVIoller a ppbUé une peuple formèrent son corto^, et se 
Dissert0^ 44 JmUq Ca/fitçÀim)^ AU rendirent a^ec lui au Gapilole. Ce fut 
torf,i(>80yip-4''*'^-^^n6JU€|.C4;i9i'TO^ sans doute à cette occasion qu'il eb* 
us,auteurdu5*'.sif»cle^dpnAiM)usaar tÎAt U si^oom de CâfdtûUnus. L'an 
Vtios aiictui é<;rit , e^t cité p^r Tvç'bdiT srSg de fit^me , on le nomma consul 
]iu& PttUfon , da9&sa Fi^ 4* (Menait, pour la troisième /ois , et il combattit 
qui Eût partie de ses Tr^te ^rant 4vec4vautagelesÈques«I>ansl^flbire 
( ^. T^ces^i^ius Potuoif ), A. B-r-Ttr. 4e spu neveu Geson , il prit en vain le 
. CAP|TÛ(>lNUi$ ( T. Q^iiurçisius ) , {lairti de ce malheureux jeune homme 
frère du c4là];>re CiAcinii^li^ « fift. élu l F* CxaON)^ Le quatrième consulat de 
consul, ppujr |a, preipÂèice îçii^ , l'^n de jCapiteiiuus eul lieu l'an 5oBde Rome , 
Borne '^o3 ( 4? > ^v» ^--GO^ ^Y^ Ap* 1^ ^t remarquable par i'acbapneœent 
piusCUudiuSypère du4écent?ic»Quov- ^ue les nobJea ellcpeuple mirent dans 
que les plébéiens le reg^irdiassefttcoiii-r Jeurs querelles politiques, ^es^ Èques 
me un des chefs du paifti de le nor .et les Yolsques, empressés de profiter 
blesse 9 ils lui portaieiit une affiection da ces dissensions , recommencèrent 
sincère^ pa^çe qu'ils connaissaient son .leurs courses sur le territoire de la 
peqçh^nt pour les n^esitres d^ dou^ république. On vit alors combien le 
ceur, Capitotifuis ét^it e^ e^ t)*ès op^ peuple avait pour Capitoli;itis âe res- 
posé à sofi fouguem^ collègue, aussi le .pect et d'attachement. Les tribups ne 
peuplp Ven ainiait-il d^ Y^^^« ^^^ voulaientpas pern^ettrc que tes citoyens 
tefois , Capitolinns rendîit 9 Appius ie .prissent les armes ; CapUolinus haran- 
service signalé de f arracher à la veA- gu^ia multitude pour ry déterminer , 
g^uce de U n^Mltitude , et proposa et Içs levées fiy?ent complétées dans le 
li ensevelir toutes les h4nes d^Uis un jour même. Les consuls battirent Peu- 
éternel oubli. 11 fit ensiMte adt^ler la • idemi , cependant ils n'osèrent pas 
loi de Voléroç, qui portait ffff^ les demai^der le triomphe^ parce qu'ils 
triboBS seraient désorm.£4s élus parles n'avfient vaincu que dans une senh» 
curies, et noa par les trihns. Ënsuile .«^ion. Ils ne purent empêcher que^ 
Capitolinus marcha contrç les Èques, -eette même année , Te peuple romain 
et ces peuples, n'osait eombattre vp .ne donnât une preuve éclatante de 
général dont les troupf s préfi^raient s^ enpidité et d'injustice. Les Ardéales et 
gloire À leuf propre vie, se tiureot les Ariciens se disputaient un territoi- 



7a CAP 

ttr: ils prirent les BomaÎBS pour arbi- 
tres, et ceux-ci s'emparèrent du terrain 
contesté. Les iuteiminables dissensions 
«utre le sénat et le peuple s'étant en- 
core renouvelées, Capitoiinus se fit 
constamment remarquer p<ir un oarac* 
tëre dotix et modéré. Il fut 'nommé 
inierroij pour décider si Ton élirait 
des consuls ou des tribuns militaires. 
Son cinquième consulat se rapporte à 
Tan 3 1 1 de Rome, Depuis dix<sept 
ans y il n'y avait point eu de cens , ou 
dénombrement; Capitoiinus et son 
collègue firent alors adopter l'établis- 
sement de la magistraturedesc^TiStfiirj. 
L'an 5 j 5 de Rome , il fut encore con- 
sul une sixième fois, et le sénat le 
chargea de nonnmer dictateur son frère 
Quinctius Gncinnatus^ afin d'opposer 
une autorité toute puissante à Sp, Mé- 
lius , accusé d'avoir voulu se faire roi 
( f^cpr. CurciNNi^Tus et Mélius), Ca- 
pitoiinus eut ensuite le tjtre de lieute- 
nant-général du dictateur Mamercus 
iElmilius , pour Combattre l'armée des 
Falisques, des Fidénates et des Véiens, 
qui furent vaincus. Il mourut proba* 
Uemeut peu de temps après cette épo- 
que^ puisque l'histoire ne fait plus 
mention de lui. D*— t. 

CAPITON ( Wolpgiko'Fabrige) , 
originairement nommé fVolff Koêp^ 
^tein, naquit en 1478 ou So^ d'un 
des premiers magistrats de Haguenau. 
Il fit st8 études à fiâle, prit le grade 
de docteur en médecine par complai- 
sance pour son père ; en théologie , par 
goût pour cette scienc^i^ en droit, par 
circonstance. Ses talents , son savoir., 
ses manières agréables, lui procurè- 
rent successivement la confiance de 
Tévéque de Spire; la place de prédi- 
cateur de celw de Bàle, et celle de se- 
crétaire du cardinal Albert de Bran- 
debourg, archevêque de Mayence, 
qui,* par considération pour son mé- 
IJt», lui fit donner, en i SsS, des lettres 



CA^ 

de noblesse pour lui et pour tonte ia 
Êimille. U était dans ce dernier poste , 
avec l'espérance fondée de pousser sa 
fortune beaucoup plus loin^ lorsqu'il 
embrassa la nouvelle réforme j dont il 
répandit les premières semences à 
Rate, et devint ensuite ministre à 
Strasbourg. Capiton se lia très étroi- 
tement avec OEcolampade et Rucen 
Il fiit député avec le derniera presque 
toutes les diètes de l'Empire , coavo* 
quées pour pacifier les difierends d« 
religion ; à toutes les conférences qui 
Client lieu peur trouver les moyens 
de réunir les luthériens et les sacra- 
mentaires. Dans la seconde conférence 
de Zurich, en i5aS, il s'opposa à 
l'abolition violente du catholicisœe , 
et proposa d'opérer la réforme par b 
.voie d'instruction; il se tirouva aussi ao 
colloque de Marpurg en 1529, Député 
en 1 55o h la dièie d'Augsbourg, il prë« 
senta à Tcmpereur, deconcertavec Bu- 
cer , la confession de M des sacramen- 
taires, qu'ils avaient eux-mêmes dressée 
elfait approuver parle sénat de Stras^^ 
bourg, il s'aboudba cinq ans après k 
Râle avec Calvin , porta les ministres 
à modifier leurs expressions sur la, 
cène et sur l'efficacité des sacrements^ 
afin d'aplanir les voies à une réunion 
avec ceux de la confession d'Augs- 
bourg, d*où résulta l'accord simulé e| 
éphémère de Wittemberg. Dans ton- 
tes ces démarches et plusieurs autres 
de la même espèce, Capiton et Bncer 
se rendirent suspects aux zwtn^ens 
sans gagner la confiance des luthériens , 
ce qui arrive ordinairement k tous les 
auteurs de transactions en fait de doc- 
triiaiFfeligieuse. On a de Capiton un» 
lettre à Fard , parmi celles de Calvin , 
où il déplore amèrement les désordres 
qui Tenaient dès-iors dans les églises 
réformées, qu'il représente énerg^que- 
ment comme une suite nécessaire du 
principe qui avait brisé k frein àe 



CAP 

lonte antoritë dans P<^se. L«>siiIk 
tHittts, les modifications en matière 
de doctrine^ auxquelles Capiton avait 
été obligé de plier son esprit pour 
coDcifier ensemble les hithëriens et 
les zwiifgliens , Favaîent disposé k 
pousser encore pins loin sa complai** 
sanœ. Ses liaisons avec Martin. Cella- 
fias en Crent un prosélyte de l'ana- 
nisme; du moins, c'est l'idée qu'on 
('enforme, en lisant sa lettre, qui 
lertde pré£si€e au livre de son "ami, 
Z)e aperibus Del y Albe-Julie (Caris* 
bottig), j568, in'4*^ et qui IniTalut, 
de la part des ministrea unitaires de 
TransylvaDie,riionneor d'être nommé 
le premier de leurs bonunes iliiistrea. 
iJ mourut de la peste à Strasbourg , en 
J54I9 avec la réputation d'un des 
plus, habiles théologiens de son parti. 
Sn ouvrages sont : I. InstUutiones 
hebraîcœ , Ubri duo ; Il . Enmnatiih' 
nef ûi As^cudk^Stirasboitrg, i5a6 
et iSstS, in^<>.9 iort rare; UI. in 
Oseam,ûâA.f i528^iu-8°.;lV.Ae^- 
pmtsio de wissdy matrimoma et jure 
magîstraids in teligionemy ibid. , 
i539eti54o, în^".; V. FitaGEca- 
lampadiiy de concert avec Sim. Gr j- 
nseus, 16 17, in^'\; VI. ffexameron 
J)ei offus éxplicatum, ibid., iSSg, 
in^". «etc. Sa seconde épousé , nom- 
mée Agnès j femme savante, le sup- 
pléait dans sa chaire de théologie lors- 
qu'il était malade, T««^ik 

CAPjVACCiO,ou CAPO DI VÂCr 
CA ( Jimom ), médecin du \ù\ siè- 
cle , né ii Padone, d'une famille noble, 
mourut en 1 589, après avoir professé 
la médecine pendant trente-sept ans 
dans sa patrie, et s'être surtout adon- 
né an traitentent de la maladie véné- 
lienoe , avec lequd il avouait avoir ga- 
gné j^Usde i8,oooiducat5. Ses œuvres 
OBt été reciicîlUes à Francfort , 1 6o5 , 
in-bL On en peut voir le détail dîna 
b AiR wmJL de llanget, C. T-^t^ 



CAP ^ 

CAPMANI ( D. Aktoitio dk ) , né 
en Catalogne vers le milieu du i8'. 
siècle, fut, dans ces dermers temps , 
mi des meilleurs pfailologiies espa* 
gnob. Après avoir passé une partie 
de sa vie à Barcelone , il vint s'éta- 
blir à Madrid , fot reçu membre de 
plusieurs académies , et mourut en 
181 o. On a de lui plusieurs ouvrages 
estimés , dont ks principaux sont : L 
Théâtre historique et critique de Vé' 
tomence, Madrid, 1786-17949 5 
Tol. in-4''- } n« Philosophie de Vélo* 
mtence, ibid», 1777, in-S''.; IIL 
tjért de bien traduire du français 
en esnamioly ibid., 1776 y in•î^^, 
précéoé d'un savant discours sur le 
génie des langues , et suivi d'un dic- 
Amnaire figuré de la phrase dans 1^ 
langues espagnole et française; IV. 
Dictionnaire fiwicais - espagnol , 
Madrid , i8o5 , in-^^^., précédé d'une 
bonne dissertation sur les deux lan- 
gues, comparées ensemble; V. Dis^ 
cours analjrUque sur la formation 
des langues en général, et particu^ 
■Hèrement de la langue espagnole» 
Parmi les autres ouvrages de- Capma- 
ni , on distingue des Mémoires his^ 
toriques sur la marine, le commerça 
et les arts de Barcelone , Madrid , 
•1779^^», 4 vol. in-4^, publiés par 
ordre et aux lirais de la junte du com- 
merce de Barcelone. On attribue au 
même auteur un' Discours économe' 
que et politique en faveur des arti^ 
sans y qui fut publié en 1 778 , in-4^» 
aons le nom ae D. Bamon-Mîgui&l Pa- 
lacdo, et qui traite de llnfluence des 
associations et des maîtrises sur les- 
moeurs du peuple. V— v». • 

Ç APMARTIN. fV. Xaupl 
CAPNÏON. r. BKucaLur. 
CAFONI ( AiTGusTiir ) , entra tm 
1 5 1 5 dans imeconjorationavec Pierre- 
Paul Barcoli et le célcbre Machiavel, 
pour enlever aiâi Médlda l'autorité 



^i CAP 

qu'ils avaient recouvrée l'année précé- 
dente avec l'appui d'wie année etran-^ 
|;ère. I«e». citoyens les plus distingués 
â<% Florence et l'arc^eYêque hii*méin« 
prenaient part à ce complot ; mais CÀt 
poni, le pins zèle de tous, fut celui 
qui perdit les autres. Un papier qui 
contenait la Uste des conjurés échappa 
de sa poche , et fut porté aux magis- 
trats : tous ceux qui y étciient nommés 
lurent aussitôt arrêtés et mis à la tor<r 
^urc. Gapoui et Barcoli eurent la tête 
ti^anchée ; les autres , condamnés à une 
prisôp perpéluelJe , reçurent ensuite 
leur grâce de Léon X. S* S-*^t. 

G APONSâCGHI (Pierre), religieux 
fraociscain , né dans les environs d'A<^ 
re^o eu Tosoane, au 1 5®. siècle , a pci- 
}>hé quelques ouvrages peu connus : I, 
.^ Johannis apostoU uépocafyjuin 
,ebseivaUOrVloreskee^ 1 57Q, in-4". Ce 
commentaire sur V^pocafy-pse, daox 
il existe une seconde édition publiée 
■dans la même ville en i586, in-4^, 
est', par une singnlarité très remarqua- 
.}»(e, dédie à Sélimll, empereur des 
.Turks. IL Dejustiiid etjuris audi^ 
tione^ Florence, 1 57 5, in-4'*.; ^ï^ • ^^ 
corso inlorao alla canzone del Pe- 
irurca che ihcotnincia : Fergine bel- 
la che di sol vestita^ Florence , 1 56^ 
et 1 590, ia- 4°« • ^^^^ UQÇ des produc- 
tions de la jeunesse de l'auteur, qui<, 
comme on l'a vu, se livra par la suite 
a des études plus conformes à la gra- 
.vite de son état. Le P. Lelong parle de 
cet ouvrage dans la Biblioth. sacréù^ 
mais , trompé par le titre qu'il avait 
trouvé cité d'une manière peu exacte, * 
il a cru qu'il était questiou du Cantique 
4cs Cantiques , et n'a pas nuinqué de 
dire que notre autçur en avait publks 
tm commentaire. W--^. 

CAPORALI (César), né le 20 
}uin i53i , à Pérouse, d'une famille 
.originaire de Vicenoe ,.membre de l'a* 
«adémie des insensaêi^ fut un des pof- 



CAP 

tes iltiÂéns qui se distinguèrent le 
plus dans la satire burlesque, il écri- 
vit de meilleur goût, et surtout avec 
plus de décence qu'on ne le fsiit 
communément ^dans ce genre^ Après 
d'excellentes études y il se rendit k 
Home , et s'attacha successivement à 
trois cardinaux : Fulvio de laCornia , 
dont l'humeur brusque et difficile ne 
lui permit pas de rester long^temps 
auprès de lui; Ferdinand de Médiois , 
bientôt après grand-duc de Toscane , 
et Octave Aquaviva. Ce dernier le fit 
gouverneur d'Att-i , ville del'Abruz«e, 
et duché appartenant à sa Damillc; 
mais, quoique très heureux avec lui , 
Caporali se trouva encore plus li« 
bre auprès d'Ascagne . marquis de la 
Gornla, petit «-neveu du cardinal, et 
il y resta jusqu',à la fin de sa vie. 
Il moàrut de la pierre , à CastigUo- 
iie , près de Péreuse, en 1601 , 
après avoir long-temps soufifert avec 
patience, et même sans perdre de 
sa gaîte. Ses satires, à l'exception de 
deux capitoli sur la cour , délia 
.CortBy et de deux autres contre un 
pédant, sont des poèmes en action. 
Le premier est son Foyage du Par^ 
nasse, suivi d'uu autre moins consi- 
d^able, intitulé; ^m du Parnasse 
{AwlH di Parnaso), Dans un autre 
poëme, il feint que les obsèques de 
Mécène sont cëlelirëes tous les ans 
sur le Parnasse , et la description de 
ces obsèques, Esequie éU Sfecenaie ^ 
est pour lui tin nouveau cadi^e satirif 
que , qu'il remplit d'une manière aussi 
piquante que le premier. Celui-ci lui 
oouna ridée d'un autre poëme, dont 
la vie entière de Mécène est le sujet. 
Cette vie y est arrangtSe selon la Êm- 
taisie du poète, et c'est encore uni- 
quement un moyen d'amener toutes 
,Us gaités satiriques qui lui viennent 
h l'esprit; mais c'est une satire un 
peu longue; oc poème n'a pas moina 



CAP 

de dix cbants. Enfin, les JarMns de 
Mécène sont un-drriiiçr petit |)oikne, 
conçu dans le Bieme esprit, eC écrit 
avec la néme oripii«liië» IjA Fka di 
Mecenate fot publiée après b mert 
de Fauteur , par Antimo Caporali y 
son fils , . Yeuise , 1 6o4 9 petit in* 1 a. 
Ces poésies , qui se distioguent sur«* 
tout par la héikké^ i'eléganec, et par 
un respect pour les mœurs aw^oel 
Fauteur manque rareanent, ont été 
réimprimées plusieurs ibis. On cite or» 
dinairemeut comme la première édi- 
tion de ces poésies celle qui p«rut sous 
oe titre : Rttccolta di aloune rime 
piacevoUj Parme, i582, in-iaj 
mais ce petit volume ne contient que 
le Fqyage au Parnasse, les Obsè* 
ques de Mécène , et le^ deux capitoli 
sur la cour. Le reste du vohime est 
rempli par des poésies du même gf n- 
re , et de diflerents auteurs. Il est inu^ 
tile de citer les 'nombreuses éditions 
de celles du Caporali; la meilleure fà. 
ta plus compièle est celle de Péruuse, 
1770, in-4^> 9 sous le simple tiM*e de 
Rime, On a feiissement attribué au 
Caporali deux comédies, ilPazzo, 
ou plutâl lo Sciocco i et la Berceuse t 
ce sont deux comédies de rÂiétiii, 
la Coriigiéma et la TalarUa , tron- 
quées et défigurées , imprimées à Yc* 
nise, în-ia ; la première sous le titre 
de lo Sçioeeo, eu lô^^S; la seconde ,< 
sous celui de la Ninetta, en i6o4» 
Elles ont été portées, sous ces deux 
litres, dans plusieurs Catalogues de 
comédies itidiennes. Baillet n'eDten<- 
dant point apparemment le nom de 
JfineUa, q«i est Fabr^é de Catari'* 
netta^ Fa rendu par la Berceuse ou 
VEnfani bercé, qui n'y a pas le moio- 
dre rapport , et les Dictionnaires uni* 
versets , qui prennent leur érudition 
dans JBâolIcC, l'oBt r^été d'après lui; 

G— ]é. 

CAPJP£L (OpiL^VW); iOiis 4'uB 



CAP 75 

• 

aroeat-général an parlement de Paris , 
se trouvait recteur de l'université en 
1491, époque à Uquelle le pape In- 
Boceut Vlll venait d'imposer nnedé- 
eimesur ce corps. Cappel en interjeta 
appel comme d'abns , dans une -as- 
semblée des quatre facultés, et défen- 
dit par un décret à tous les suppôts de 
Futtiversilé, sous peine d'en être ex- 
clus, de payer ladite décime. Ayant 
ensuite pris ie bonnet de docteur, il 
remplit une cbaire de théologie avec 
tant de réputation, qu'on actourait de 
de toutes parts pour assister à ses le- 
f ons. Il devint -airé de Sti-Come, et 
mourut doyen de la faculté de tbéolo - 
gie. Dans sa dispute avec le pape In- 
nocent VIII, il avait puMié un ouvrage 
in-fol. pour soutenir son appel. T-— D. 
CAl^BL (Jacques), neveu du 
précédent, fut atoçatcgénéral au part 
lencnt de Paris , charge qu'avait aussi 
possédée mn grand-père. Nous avens 
de ce savant magistrat : I. Fragment 
ta ex varus autoripus kumanarum 
Utterarum candidaîis ediscenda , 
Paris, i5i7, i"-4**» Ce i^ecueîl, qui 
est comme un abrégé de 'toute Fnntî- 
quîté païenne , renflTmc un discours 
plein de bon sens , pro]K)iicé a ses 
^ères , lorsqu'il enseignait dans Ftmi- 
versité de Paris. H. In Parisiensium 
laudem oratio , Paris ( 1 5!2o) , in -4". 
C'est une Harangue qu'il avait dântéc à 
la tenue des grands jours de Poitiers , 
en recevant le bonnet de doe^nr en 
droit dans cette ville. III. Un plai-, 
doyer célèbre prononcé en i557 , le 
roi séant en son Ht de justice, accom- 
pagné du roi d'Ecosse, des princes Tt 
des grands du royaume. Ce plaidoyer 
tendaità faire dépouiller Charles-Quint, 
comme vassal rebelle, des comtés da 
Flandre, d'Artois et deChardois. IV 
Mémoire pour le xoi et l'église galli- 
eanôp contre la levée des deniers au pro" 
&t de Ja cour de Borne , dans 1^ Tt^ai^' 



^ô CAP 

té des Ubetiés gallicanes det freros 
Du Puj. U y lait moater à 5 ou 600,000 
livres cette levée ^ ely soutient que le 
IsoQoordat est uu ouvrage de cirooDS- 
tance et de nécessité; que la nomina- 
tion royale aux évécliés et autres 
grands bénéfices est fondée sur l'an- 
cien droit du royaume^ et indépen- 
dante de ce traité; que le roi peut, dans 
une assemblée des princes du sang et 
de relise gallicane , rétablir les më- 
tropditains dans leur droit primitif 
d'instituer les évéques nommés par 
lui(i), T— 1>. 

GAPPEL (Louis), dit VJncûsn, et 
siurnommé Mpiii ahsert, fib du précé- 
dent , naquit à Paris le 1 5 janv* 1 534 9 
fat régent d'bumanités à seize ans au 
cftU(%e du Gardinal-le^Moine. Appelé 
à Bordeaux pour occuper une chaire 
de langue grecque, il y fréquenta les 
nouveaux réformés de cette ville, em- 
brassa leurs dogmes, et se rendit i 
Genève pour se fortifier dans la doc- 
trine de Calvin. Ses parents voulaient 
qu'à l'exemple de ses ancêtres, il sui- 
vit la carrière du barreau; mais son 
. goût et ses nouveaux engagements le 
déterminèrent pour l'étude de la théo* 
logie. Il ne tarda pas à devenir un 
personnage important dans son parti. 
Les réformés de Paris le chargèrent 
de faire insérer dans les cahiers du 
bailliage de cette ville leur requête, 
tendante à obtenir des états d'Orléans 
le libre exercice de Leur culte. Il échoua 
dans cette démarche, et n'en fut pas 
moins député aux états. Echappé à la 
St.-Bartbélemi , il se retira à Sedan, 
fiit envoyé en Allemagne pour sollici- 
ter les secours des princes protestants. 
Guillaume, prince d'Orange, l'appela 
en 1575 à Leyde, pour être pro^s- 
seur de théologie dans la nouvdie uni* 

(0 Oa trovTc dans ]«■ maamerita de Du 1^ m 
^rrét contre Ut luthériens^ «n i535, «rec U 
pUtidojrêrde Jm^imet Cmpptly «éimcmté9rojr. 



CAP 

▼ersité de eelte viile. Etant depuis rtii«' 
tré en France , il iîit quelque temps 
ministre dans les troupes protestantes, 
et finit par retourner à Sedan, où il* 
exerça le ministère , professa la théo- 
logie, et mourut le 6 janvier i5Bd. 
Le P. Niceron lui attribue quelques 
ouvrages qu'il croit n'avoir jamais 
été imprimés, si ce n'est la harangue 
inaugurdb qu'il avait dite pour fou- 
verture de l'université de I^eyde , et 
qui se trouve ii^primée à la tête des 
jitheruB BaUtf^œy de Meursius, où Pou 
trouve aussi sa vie et son portrait. — 
Son frère Guillaume Capfsl y homme 
de lettres , docteur et professeur en 
médecine, mort en 1 584 » ^ pubhé les 
mémoires de Du Bellai, traduit Macbia«> 
vel en français, et composé divers au- 
tres ouvrages. T — ^d. 

CAPPEL (Auge), sâgneurdii 
Luat, frère du précédent, fut secrétaire 
du roi , et traduisit de Senèque : I. le 
Traité delà clémeneeyVxnSj iS^S; 
II. le premier tivre des Bienfaits ^ 
ibid., 1^80; lil. divers autres mor- 
ceaux sur la vertu , qu'il intitula le 
Formulaire de la vie httmaine^ 
Pari^s, 1 582. U traduisit de Tacite la 
Fie d*Âgricoia , qu'il fit imprimer 
k Paris. La Croix du Maine dit qu'il 
avait aussi traduit les Histoires an 
même auteur, mais que, deson temps , 
eltes n'avaient pas encore vu le jour. 
L'ouvrage le plus curieux d'Ange Gap- 
pel est son Atfis éUmné au roy sur 
labèréi^iaiion des procès { Paris ) , 
iS6^ , in-fol. ; il le publia de nou- 
veau avec de grands changements , 
sous ce titre : lAius des piaideurs^ 
Paris , I ()o4 9 in-fol. , dédié au roi Beo^ 
ri IV. U propdse de punir par des 
amendes tous ceux qui plaîociraîent 
témérairement et perdraient leafs pro- 
cès. Ange Cappel se fit graver sous la 
forme attribuée aux anges, au com- 
mencement de ce livre, avec un qua- 



CAP 

train contenant un éloge bien digne 
de f orgueil du costume. Cet orgueil fot 
puni par cet autre ipwtndn, attribua 
au satiriqQe Bapin , et qui peut don- 
ner une idée dies aménité littéraires 
de ce temps-là : 



Db pc«r «•• e«l uift «Mlèv* , 
Lucifer •nirefoM , 



U I« ttÊÊÈ faire ««g* de Grève , 
Cl eluirgcr aoa dot de grai boi«« 

— Gavpel (Tsoaar4} 9 un des seize ^ 
signa la lettre que le conseil des seiie 
quartiers de Paris envoya au roi d'Es- 
pagne PhiUppe II y par le P. Matthieu, 
|ésuite, et dans laquelle Philippe était 
prié de donner k la France un roi « de 
» son estoc et de sa main. » Après la 
rédaction de Paris , Tsouard Gappel 
fut chassé de cette ville, c CTétait , dit 
» rEioile j un grand ligueur et un vrai 
» Espagnol. » V— te. 

^ ' GAPPËL (Jacques) 9 seigneur du 
Tilloy , petit-fils de Louis , et fils atné 
de Jacques Gappel , conseiller au par- 
lement de Rennes, mort le ^i mai 
i586 h Sedan 9 où les fureurs de la 
ligue l'avaient obligé de se ^réfugier , 
naquit à Rennes en mars iS^o. Il 
fut d'abord ministre dans le lieu de 
sa naissance , puis professeur d'hé- 
breu et de théologie jusqu'à sa mort , 
arrivée le 7 septembre i6'i4* 1^ ^st 
auteur des ouvrages suivants : I. Epo- 
chantai iUustrium ihematismi cum 
expiicatione sélectorum aliquoi dif- 
JiciUum scripUtrcB locorum , Sedan , 
1601 j in-4''*; IL ^^ ponderihus 
. et nummis Ubri II , Francfort , 
1606, in-4°. ; 111. De memuris 
Ubri III, ibid.^ 1607 , in.4". Cet 
ouvrage forme la suite du préoé- 
dent.qui avait éré publie sans la par*^ 
tidpaùon de l'auteur. Ce dernier est 
peut-être l'ouvrage de ce genre le plus 
méthodique et le plus exact qui eût 
para jusqu'alors; il est accompagné de 
seize tableaux et d'une planche ou on 
a gravé en Sailli dott(Si là longaimr 



CAP 77 

exacte des onze pieds qu'il a regardés 
comme les plus usités ou les plus im- 
portants, IV. Siena moUatm in Gai- 
Ud nuper exeiiatontmy FirgUianis et 
Homerieùversibusexpressay 1616, 
în-8^; Y. FindicUe pro Isaaeo 
Casaubonoy contra Roswttydum , 
etc. y Francfort, 1619; cet ouvrage 
produisit une querelle entre le pro- 
fesseur de Sedan et le savant jésuite , 
qui donna lieu â plusieurs écrits de 
part et d'autre ; YI. des notes estimées 
sur V Ancien-' Testament ^ qiû se trou- 
vent â la suite des commentaires de 
Louis , son frère , sur les mêmes li- 
vres ; YIL Plagiarius vapulans , 
contre le P. Gotton, Genève, i6ao. 
On peut voir , dans Nicéron , la liste 
de ses autres ouvrages. T— *d. 

CAPP£L ( Louis ) , dit Ze jeune , \t 
plus célèbre des Cappels, frère cadet du 
précédent , naquit à Sedan le 1 5 oct 
i5dS, alla faii^ ses études à Oxford, 
rentra en France , devint ministre , 
professeur d'hébreu et de théologie i 
Saumur , et remplit ces différents em- 
plois avec distinction pendant tout It 
cours de sa vie. Il se rendit surtout 
célèbre par un nouveau système de 
critique sacrée, dont il jeta les fonde- 
ments dans son Arcanum punctuoh 
tioms revelatum, Get ouvrage éprouva 
les plus grandes contradictions de la 
part de ceux de la communion de l'au- 
teur, au point qu'il fut obligé de l'en- 
voyer à E^penius, qui le fit imprimer 
à Leyde en i6a4, in-4°* Trois opi- 
nions partageaient les hëbraïsants sur 
l'origine des pokits voyelles. Les uns 
la dataient de celle de la langue hé- 
braïque même ; les autres en attri* 
huaient l'invention à Esdras. Le sa- 
vant rabbin Elias Levita en avait fait 
honneur aux massorètes, qui exis« 
taient dans le 6'. siècle de l'ère 
chrétienne. Cest à ce dernier senti- 
. ment que s'attacha Gappel^ il allait 



7» 



CAP 



même plus loin 'qu'Clias. Non seule- 
ment il prouvait que les points voyelles 
ctâtenl inconnus avaht lesmassorètés, 
mais encore que ces critiques avaient 
'ponctué les livres saints sans être gui- 
des par des traditions authentiques , 
«t qtie, par conséquent, la ponctuation 
du texte hébreu est une invention 
toQt humaine qu'on peut soumettre à 
k critique. Il étaya son système de 
pretives si démonstratives qu'il a en- 
fin prévalu parmi les plus doctes hé- 
braïsanCs. 11 avait envoyé son manus- 
crit à Bnxtorf le père, qui en parut 
ébranlé; mais vingt ans après qu'il 
eut été imprimé, Buxtorf le fîls, héri- 
tier des préventions de son père en 
faveur ^s points voyelles, Tattaqua 
Tivenent , et fit tons ses efforts ponr 
rétablif l'antiquité de ces 'points. Il 
prétendit que c'était Esdras lui-même 
qui les avait introduits dans le texte 
original, et qu'il fallait leur rendre 
l'antiquité et l'authenticité qu'Elias et 
Cappel leur avaient enlevées. Gappel 
prit Id défense de son Kvre dans un 
écrit qui ne parut qu'après la mort 
iks deux combattants , et qui lui a 

" assuré un trioi^he complet sur son 
adversaire. Le savant professeur de 
Saomnr proposait en même temps 
de«x projets , I'uà d'une Gramoiaire 
b^raïqne sans points ToyeHes , exé- 
cuté depuis par Masclef ( F. Masglef); 
loutre d'une réforme du telle original 
de la Bibie par le moyen dès anciennes 
versions, des parapkrases chaldaï- 
ques , àés commentaires des juifs, de 
la collation des textes correspondants 
des divers livres de l'Ecriture, et de 

• ceux du Vieux et du Nouveau -Testa- 
ment. Ce projet reçut un plus grand 
développement dans sa Cntha s'a- 
cm ( Paris , i05o , iti-fol. ) Ce nouvel 
ouvrage «prouva feneore plus de coh- 
tradiettens de la part Ûes protestafrits 
que -n'en avait éprouvé ie preiJDùel:^ 



CAP 

elles ne purent être vaincues qu'au bont 
de dix ans par Jeaii Gappel, son fîls 
aîné , prêtre de l'Oratoire , qui , sou- 
tenu du crédit des PP. Morin , Peta'u 
et Mersebne, obtint enfin le privilè- 
ge du roi , et en dirigea l'édition , 
qui parut eh i65o , in>fol. Gappel y 
prétendait que tous les exemplaires 
du texte lie'breli , tel que nous l'avons 
llti)Ourd'hui,sont postérieurs à la ré- 
vision qui en fut faite par les masso- 
l'ètes , et qu'ils sont tous calqués sur 
l'unique exemplaire de Ben-Asser , 
qui s'était occupé pendant plusieurs 
années à corriger le texte et à en fixer 
le sens au moyen des points nou- 

. yellement inventés. H concluait de là 
que nos exemplaires sont très infé- 
rieurs aux anciennes versions , fa i t'es 
originairement sur ceux qui étaient 
antérieurs à la nouvelle critique des 
massorètes. C'est d'après ce système 
qu'il proposait le plan d^ une Sîble hé- 
braïque corrigée et d'une version lati- 
ne, plan qui a été exécuté au bout d'un 
siècle par le P. Houbîgant de l'Ora- 
tpire. On a reproché à Gappel d'avoir 
trouvé entre les anciens interprètes 
et le texte hébreu des différences , ou 
qui n'existent pas réellement, ou qiiî 
sont de peu d'importance; d'avoit fait 
dans ce texte des corrections qui ne 
valciit pas mieux que les fautes quM 
y relève j de n'avoir pas mis assez 
d'exactitude à recueillir les Variantes. 
On ne lui contestait pas d'êlre de 
beaucoup supérieur à Buxtorf dans la 
connaissance des règles de critiquée, 
mais on soutenait'qu^l lui était qut^l- 
quefois inférieur dans l'application de 
ces règks ; enfin, on disait cfu^ayaùt 
appris la langue heliraïque avant de 
s'exercer à la critique, il donnait trop 
de confiance aux rabbins qui Ibî 
avaient servi de maîtres j que ses ou- 
vrages agiraient été plus parfaits s*il 

• ^t consulté davanti'^e les manuscrits. 



CAP CAP 70 

si les grandes polyglottes Ae Paris i* pet An passe' et la frayeur de Tav»?-. 

de Londres eussent été imprimées de nir^ De veris et antiques hebrœo^ 

son temps* Bootius l'accusa de s'être rutnlitteris, Amsterdam, i645, m- 

entendu avec le P.Morin pour ruiner 8'^., pour prouver, contre Buxtorf le 

le texte original de la Bible. Cappel £is , que les caractères hébreux d'à 

s'eut pas de peine à prouver , dans sa présent sont différents des anciens ca*^ 

lettre apologétique à Usscrins, qu'il raetères dont les juifs se servaient 

avait foitemeut attaqué le sentiment avant la captivité de Babylone. On 

du docte oratorien ; mais qu'en con»* trouve dans le même recueil , on dans 

sidération du service que Morin loi 1^ Critiques sacrés , plusieurs antres 

avait rendu en procurant l'édition de pièces de ce savant bomrae, qui dé|Kh- 

son livre , il avait cru devoir retran- sent toutes en faveur de ss^ profonde 

cber cette partie qui ne fut pas per* érudition , de son bon goût pour une 

due, puisqu'il l'imprima dans sa iet- critique saine, dq^agée des préven» 

tre. Nous nous sommes étendus sur tions vulgaires , en tout ce qui ne con- 

ce point important de ^ibilologie , cerne pas la controverse avec les ca^ 

parce que Cappel doit être regardé tholiques. Indépendamment de ses traî- 

comme le père de la véritable critt* t^ de philologie sacrée, nous avonà 

que sacrée, et que ses ouvrages font encote de lui , en latin, une Histoirt 

époque dans cette partie. Ce savant apostolique tirée des apôtres et des 

homme çiourut àSaumur le i8 juin épitres de Saint Paul, précédée dW 

1 658. Jacques-Louis Cappel, son fils abrégé àe V Histoire judaïque ^ de 

et Sun successeur dans la chaire d'hé- Josephe, Genève, i654, i^'4°*9 des 

breu à Saumur, né dans la même ville Thèses iJie'olagiques sur le juge des 

en i659 , publia en i6Sg , in-4bl. , à -controverses , Saumur, i635 , in-4". ; 

Amsterdam, ses CommenHaires sur 'deux écrits sur la Pdque de N. 5.^ 

le Fieux- Testamen$, à la suite dies- -dans les ceuvres de Cloppenbourg, et 

quels il mit VAreanum punetuatio- Amsterdam, i645, in-ii; une Chro^ 

ms, corrigé et augmenté, avec la dé- iwlogie sacrée k la tête de la poly- 

fense de cet ouvi^ge qui n'avait pas glotte d'Angleterre ,* et imprimée à 

encore vu le jour. Parmi les antres part, Paris, i655, in-4°« Ce savant 

pièces que renferme cette collection^ noteme , quoique naturellement pac^- 

on distingue YJffistoire de la fa^ fique et porté, par caractère, à des 

wSLe des Cappel ^ à laquelle il faut voies de conciliation, était très attaché 

ajouter le Supplément qui se- trouve à son parti ^ x;ar, après avoir loiijjj- 

dans le 5'* tome des Singularités temps aisputé contre son fils Jean*, 

historiques de dom Liron; un Traité devenu catholique, et qui entra dans 

de Vétat des âmes après la mort, rOrateire,il le mit hors de sa maison. . 

ou Tauteur soutient que celles des Ilohefcha, avec Amyraultet Lapiace, 

justes , aussi bien que celles des ré- ses collègues, h modifier la dureté des 

prouvés, ne seront couronnées ou pu- décrets de Dordrecht sur la grâce et la 

nies qu'après avoir repris leurs corps prédestination. Il eut un di^ne succès- 

au jugement dernier ; qo'en attendant, seur dans son fils cadet Jacq ues-Louis, 

les premières jouissent d'un doux rq- qui , dès l'âge de dix-neuf ans , pos- 

pos qui n'est altété que par le pioux sédait k fond la langue hébraïque. La 

désir de la çuprêsie béatitude, et que révocation de l'édit de JNantes Toblr- 

Its dcraiàres «ont diîdiirées par h re- gea de se rékgter eu Angleterre , oii ^ 



8<> 



CA? 



après atoir fvoks^é le latk dans une 
ëcole> afin de se procurer des OMyeos 
de subsistance , il mourut en 1 73^ , 
âgé de quatre-vingt-trois ans. En loi 
finit la famille des Gappel , qui , pèn-^ 
dant deux cents ans, s'était lait un 
nom Slustrc dans la magistrature et 
dans les lettres. T— ^d. 

C^PPELER ( Mauricb-Ahtow e) , 
ne à Lucerne en i685, mort le 16 
septembre 1769, s'appliqua des sa 
tendre jeunesse à la médecine, à la 
philosophie, à l'histoire naturelle et 
aux mathématiques^ et obtint des sao> 
ces dans toutes ces sciences. Médecin, 
attaché à l'armée iiàpériale qui conquit 
le royaume de Naples en 1 707 , ses 
connaissances dans le génie mUitairp 
le firent employer dans cette partie. Il 
revint dans sa patiie, et servit de 
même comme officier du^ génie dans 
la guerre civile de 1 7 1 2. Bientôt après, 
il se voua exclusivement aux sciences 
et i^ la médecine. En 1 7 1 7 , il donna 
l'analyse des eaux minérales de Rus* 
f wyl , près de liucerne. Les crystaux 
découverts sur la inontagne duGrim- 
sel, canton de Berne,l'engagèrent à des 
recherches étendues et à la composi- 
tion d'un grand ouvrage, sous letitre de 
Crystallographie , dont il n'a publié 
qu'un chapitre ( Prodromus crystàt- 
lograpJUas y de crysialUs improprie 
sic dictis ), Luccrne^ 17^3, in-4^ 
11 écrivit une lettre savante sur l'étude 
de la Uthographiè, sur les entroques 
et les béiemniteSé Klein l'a publiée h la 
tête de son Nomenclateurdes pierres 
fiffiréeSy Dantzk, 1740, in-4°« !-« 
iameux mont PiTat fut l'objet le plus 
coifttantdeses recherches. Ladescrip- 
.tiou qu'il en a publiée en latin , PilaU 
monUs historiaj Bâle, 1 «^67 , in-4"., 
avec sept planches , conUent des ob- 
servations très curieuses, et, pour 
ainsi dire, un abrégé de l'histoire na- 
turelle du canton de Luceme. Ses 



CaF 

talents et la douceur de son carac* 
tère le firent généralement estimer. 
On trouve son Eloge historique , 
par Balthasar , dans le Nwweau 
Journal heU^étique, novembre 1 769. 

U— I et D— ^P— e. 
GAP^ETiTiARI (jAinriEa-ANTOiirE ) 
naquit à Naples le 10 avril i655. 
•Douéd'unc facilité vraiment extraofdi- 
naire, ilétaitàpcineâgé de quinze ans, 
quand il fit son cours de philosophie 
sous le savant jésuite de Beriedicds , 
et il entra peu de tempsaprès dans cette 
société, où l'on fut très empressé de 
le recevoir. Il y continua ses études 
avec ardeur , et donna des preuves de 
son savoir et de ses talents dans an 
cours de rhétorique dont il rédigea 
ensuite les leçons en italien. Il ayant 
fait une élude approfondie de la lan- 
gue latine, dans laquelle il écrivait 
également bien en vers et en prose ; il 
la parlait si él^amment, et avec une 
telle facilité, qu'il étomteit tous ceux 

3ui venaient l'entendre. La faiblesse 
e sa santé le força de quitter llnsti- 
tut qu'il avait embrassé. Après avoir 
passé quelque temps à Rome, où il 
se lia d'amitié avec les cardinaux Pic 
de la Mirandole et Ottoboni, ainsi 

Juavec la plupart des savants qui y 
orissaient, il retourna dans sa patrie^ 
et publia divers ouvrages, parmi \es^ 
quels on doit distinguer : I. De lau^ 
dibus phihsophiœ^ traité en forme de 
dialogue, dans lequel l'auteur examine 
les diverses opinions des philosophes 
.anciens et modernes. U y joint des 
considérations politiques aux riches- 
ses d'une vaste érudition grecque et 
latine, et la noblesse du style à la 
clarté. IL De forUmœ progressu; 
il y explique h la manière des émdits, 
par de nombr^ises citadons des air- 
ciens historiens et des pères , ce que 
c'est que la fortune. IIL Un poëme 
latin sur Us Comètes de 1664 el 



CAP 

i665, imprime à Venise en 167$; 
lY.il ëcrivît aussi en latia Y Histoire 
de la Réunion arc€uUûnne^ daas la* 
guclle il avait ëlc reçu en 1694 : on la 
conserve dans les archives de cette 
académie. Son talent et sa facilité à 
écrire en iatin lui firent attribuer les 
satires de monsignor Sergardi, pu- 
bliées d'abord sous le nom de Quin* 
tus Sectanus. Cest avec plus de fon- 
dement qu'on lui attribuela traduction 
de œs mêmes satires en tercets , ou 
terza rima , publiée sous ce titre : Le . 
Satàre di Q. Settano tradotte da' 
Sesto SetUmioadi stanxa di OtUwio 
Nonio, etc., Palerme, 1^07. Cette 
traduction est faible, et ne vaut pas, 
à beaucoup près , cdle qui parut à 
Zurich eu 1 760 , in-S"". , et dont on 
croit que Sergardi lui-même est l'au- 
teur ( r. Sergardi )• Gappeilari avait 
encore composé des drames , des son- 
nets et des canzoni, dont Gresdmbeni 
a parlé dans scm Hiitoire de la poésie 
vdpire. Se trouvant à Palerme lors- 
que le cardinal del Giudice gouvernait 
la Sicile, Gippellari fut faussement 
accusé d un crime de lèse-ma)esté , et 
condamné à porter sa tête sur Téoba- 
faud. Ainsi périt le 29 mars 170a , à 
Page de quarante-sept ans , et vic- 
time d'un jugement, inique, un écri- 
Tain él^ant et laborieux , qui méri- 
tait un meilleur sort. •«- Gafpellari 
( Michel) fut secrétaire de Christine , 
reine de Suède , pendant le séjour de 
cette princesse à Rome , et publia h sa 
louange , sous le titre de Christma y 
un poëme latin. On a encore de lui 
quelques épigrammes et autres poé- 
sies. R. G. 

^ CAPPELLI ( Marc-Aïitoine ) , de 
Tordre des mineurs conventuels , na- 
quit à Este, dans le Padouan, vers le 
nûlieu dn 16°. siècle. 11 prit parti 
pour la république do Venise, dont 
il éuit né sujet y contre i'iuterdit de 

Yll. 



CAP 



8r 



Paul V, et publia, à cette occasion, . 
d«ux écrits asses vifs, l'un en italien , 
intitulé : Auis sur la controverse , 
etc., Venise, i6o6, in-4^J et Tau- . 
tre, en latin, De interdicto PauU 
Fj etc., Francfort, 1607, in-4°'5 
mais^ soit qu'on lui eût bit des me- - 
naces , comme le prétend l'auteur do 
la vie de Fra Paolo , soit de lui-même^ * 
il se rétracta dans la suite , alla Êiir^ 
une espèce d'abjuration à Bologne , . 
devant le cardinal Justiniani, et.assu« . 
ra la sincérité de son changement par 
un traité De absolutd rerwn sticrA* 
rum immuniUUe à potestate princi*^ 
pum laicorutn , qui ne fut point tm* • 
primé; mais tons ses autres ouvvages 
se ressentirent pluS ou moins de sa pa« 
linodie. Cappelli passa par toutes les ' 
charges de son onire, devint qualifi- 
cateur du, saint o£âce, et mourut k 
Rome en i6:i5. Il était savant dans 
l'hébreu , dans le grec et dans les an- 
tiquités ecclésiastiques. Ses ouvrages . 
sont: \, Adversus prœtensum régis 
An^ùe priméUum, liber ^ Bologne, 
1610, in-4''.s IL Disputationes âfice 
de summo pontifice^ etc., Cologne, 
1621 , -in-4''*; <£^DS la première dis- 
sertation , il établit la primauté de S* 
Pierre contre un ouvrage attribué à 
Antoine de Dominis; et dans la secon- 
de , il prouve, contre Jacques Gode- 
froi, que les pontifes romains lui ont 
succédé en cette qualité* III. De ap^ 
peUationibus ecclesiœ Africance ad 
Romanam sedeniy Paris, 1623, in- 
4°.; 3% édition, Rome, 1751a, in-8\, 
avec la vie et la liste des écrits de l'au- 
teur, par Jean Bontoni; IV. De cas* • 
ndChristisupremdj Paris, i6a5,in« 
4^* Le savant Vecchietti avait soute-, 
nu, dans son traité De anno primi^ 
Uvo ( Augsbourg , 16a 1 ) , in-fol. , que 
J.-C. n'avait point mangé l'agneau pas- 
cal la veille de sa mort, ni institué 
l'Eucharistie arec du pain azyme. Ces% 

a 



da 



CAP 



h 'réfuter cet ouvrage y condamne au 
feu par rinqtdsiûon, que Gappelli a 
Consacré le sien , où il prouve que la 
dëmiëre ccoe de J.-^H. a été une cène 
mscale , et qu'elle a été célébrée le 
lendemain du i4 de la Ittne de mars. 
L'ouvrage est Ûen écrit et rempli 
de recherches ; mais le fond de hi 
question a été mieux traité par le 
P, Bernard Lamy. L'auteur en a 
composé d'autres qui attestenjt son 
érudition. T> — ^d. 

C^PiPERONNIER (Claude \nék 
Mont-Didter le I'^ mai 1671, était 
destiné k fêtât de tanneur , qu'exer- 
çait sa ftimiHe» Il apprit sans mahre 
les premiers éléments de la langue la- 
tine , et Ch, de Sl.-Léger, son oncle, 
bénédictin, en ajdnt été instruit, ob- 
tint qu'on envoyât le jeune homme au 
coliége de IVfonb-Di^er. Ily fit dé très 
grands progrès , et ne se distingua pas 
moins â Amiens, où if acheva ses étu- 
des. Il vint r^ Paris en 1688, &ire 
«es cours de philosophie et de théolo- 
gie au séminaire des Trente^ Trois. 11 
avait cultivé les langues grecque et la- 
tine, et s'occupait dies langues orien- 
tales, lorsqu'en 1 694 , on l'envoya à 
Abbeville pour guider les eoclésiasti- 
' ques qui s'appliquaient k l'étude de la 
langue grecque. L'année suivante , il 
professa les humanités et la philoso- 
phie à Montreuil sur-Mer. Sa santé 
ne lui permit pas d'y rester; il revint 
& Paris , y vécut du produit de quel- 
ques répétitions; alla , en 1698, rece- 
voir les ordres k Amiens , et revint 
reprendre ses répétitions , qui , avec 
le fevenu très modique d'une cha-' 
pelle de l'élise St.-André, faisaient 
toute sa fortune. Collesson , profes- 
seur en droit , k qui il enseignait le 
grec, lui offrit et le força d'accepter 
chez lui , en 1 700 , la table et le loge- 
ment. Il donna sa démission de la 
%i{«ll«. Vielftrateur del'ttfiiversité^ 



CAP 

Pôurchot, syndic, et Billet, ancien 
recteur , obtinrent pour lui, de la fa- 
culté, en 1 706, une pension de 4oo fr., 
k condition qu'il veillerait à la correc- 
tion des livres grecs qui s'imprimaient 
pour les classes. Cappcronnier ensei- 
gna le gi*ec h Bossuet en 1 704 , l'année 
méôie de la mort de ce prélat. Il resta 
dix ans chez Collesson , et ce fut dans 
cet intervalle qu'il refîisa les offres lu- 
cratives et honorables que lui fit l'uni- 
versité de Bâle pour l'engager à venir 
professer la langue grecque. Il con- 
sentit ^ en 1 7 T I , à âtre instituteur des 
enfants Grozat , dont la famille lui fit , 
six mois après , une pension viagère 
de 1 ,000 fr. A la mort de l'abbé Mas- 
sieu, en 17^^, il lui succéda dans la 
chaire de professeur de grec au col- 
lège de France. «Non seulement , dit 
»-Goujet , il possédait parfaitement 
» cette langue, il était de plus verse 
» dans l'hébreu^ le srec vulgaire, Tita- 
1» lien et l'espagnol , et il n'ignorait 
» rien de ce qui peut former la con- 
» naissance la plus profonde delà lan- 
» gue latine. C'était un des plus habiles 
» philologues qui aient patU depuis 
riong-temps. » Il se faisait un plaisir 
de communiquer ses recherches, et^ 
parmi les «avants qui en ont &it usage, 
on doit citer Bernard de Mont&ucon^ 
Baudelot de Dairval, Boivin le cadet, 
Knster , le P. Tournemine , etc. , etc« 
En 1732, Claude Cappcronnier ap- 
pela aupès de lui sou neveu Jean , et 
acheva son instruction. 11 obtint la &- 
ycur de l'avoir pour successeur dans 
sa chaire en 1 745, peu de temps avant 
sa mort , qui eut lieu le !24i*ûllet 1 744* 
On a de lui : I. Fliustrissimce acade^ 
miœ PaHsiensiy Francorum regum 
primogenitce JUi(B et litlerarum ma-^ 
tri ac nutriciy atque ampUssimo ejus' 
dem rectori Petro Fiel gratiarum, 
actiOy Paris, Thiboust, 1706, in-4*% 
C'est un petit poëme ea vers grees^ 



î 



CAP 

•è il témoigne sa reconnaissance pour 
k{)ensioii qu'on lui avait faite. La Vcr^ 
sioQ latine en yers de cette pièce est 
de P. Billet , et non de Yiel imnoiéme , 
€omine ie dit le Moréri de 1759. II. 
Jpahgie de SophoeU ccmtre la let'' 
tre de Foliaire ^ 1719, in-8'*. La lettre 
de V<^ir6, à laquelle Capperonnier 
réplique, est la troisième de celles qu'on 
Irouye à la tète ^ Œdipe. IIL Marçi 
FàbU QuiniiUani de oratorid insii-^ 
tuûonelibri duodecim, Paris, î7^^> 
in-folio. Il revit tout le texte, le cor-* 
rtgea en plusieurs passages , y ajouta 
d^ notes extraites des <iivers criti* 
ques , en mit quelques-unes de non-' 
Telles. Cette édition lui valut une pen- 
sion de 800 fr. de la part du roi , à 
uiel!e est dédiée, et une querelle avec 
. Burmann ( f^qy. Burmann ), Cap- 
peronnier n'a pas fût imprimer la ré- 
ponse qu'il fit à ce savant. Au juge- 
ment d'Ërnesti et de Spalding , Cappe- 
ronnier est resté inférieur à Burmann 
pour la partie critique et philologique; 
mais on fait cas de ses explications 
des termes techniques de la f nétoriqne. 
}y. Traduction de la dispute de NU 
céphore Gr égaras avec Càbasilas, 
insérée dans l'édition de Nicéphore 
Gr^ras, donnée par Boivin. Cappe- 
ronnier était licencié en théologie , et 
ses connaissances dans cette science 
le rendirent plus propre qu'un autre 
k bien entiendreet bien traduire la dis- 
pute théologiqne de Grëgoras et de Ca- 
basilas. V. ErplicaUon etjustifioaiiùn 
du sendment de Longirij touchant le 
sublime d*unpassage de Mme , im- 
primée dans rëdition des Œm^res dé 
BoileaUy donnée par St.-Marc. C'est 
d'après ses manuscrits qu'a été donnée 
Féaition des Rhetores aàdqui , Stras- 
i*^^^) 17S6, in-4''- Ses reikuifques 
sur la traduction de Quinlilien, par Ge^ 
doyn, avec quelques-unes de sonne veu, 
ontété pubÙéès par M. Jean- Augustin 



CAP 



83 



Capperonnier , dans l'édition de celte 
traduction, Paris, Barbou, i8o5, 4 
vol. in-12 , et dans des éditions posté* 
heures. Il a fourni un grand nombre 
d'observations pour l'édition du The» 
sauras linguee latina , de Robert 
Etienne, faite à Bâte, r 740-4^9 4 ^^^» 
in -fol. Dans l'édition de Basnage des 
Lectioties anliquce de Canisius, on 
trouve de Capperonnier : Observa^ 
tions et àorrections sur la version 
latine des fragments d*Hippofyte 
par Anastase , sur un passage des 
fragments de Clément d*Alexanf* 
drie, mal traduit par J9. Nourry , 
et sur ta version de V apologie d*Eu- 
ROmittS. Il avait commence', avecTour- 
nenmre et Du Pin, une édition des ÛEu« 
çres de PKotius ; Du Pin s'était chargé 
de la direction de tout l'ouvrage; Cap- 
peronnier faisait une nouvelle version 
des onvrages déjà ti'aduits, et devait 
traduire ceut qui ne l'avaient pas en- 
core été;*Tourncmine composait là 
S lus grande partie des notes ; on avait 
éjà imprimé cinquante feuilles de la 
Bibliothèque , quand l'exil de Du Pin 
suspendit leur entreprise. Il a laissé 
en manuscrit beaucoup de travaux 
philologiques , stir lesquels on peut^ 
consulter Yffist, lict, de Mont-Didier 
du P. Daire , et surtout Feloge de Cap- 
peronnier que St.-Mafrc a fait imprimer 
dans son édition de Boileau. A. B— x'. 
CAPPERONNIER ( JtAir ), nevea 
du précédent, né à Mont-Didier le 9 
mars 17 r6 , n'avait pas achevé ses 
études quand il perdît son père. Uiî 
de ses parente, curé dé la Hérelle^ I» 
prit chez lui , continua son éducation , 
et, voyant ses progrès , le fît envoyer 
à Amiens. Jean quitta cette ville en 
1732, que son onde Claude l'appela 
à Parîs. n entra en 1733 à la bu)]io- 
thëque du roi^ et, dix ans après, suc- 
céda à soil oncle dans la. chaire dd 
grec. Après avoir été comtois en $4- 



84 CAP 

cond h la garde des livres de la biblio- 
thèque du roi , puis garde des manus- 
crits, il fut enfin bibliothécaire , en 
remplacement de Tabbë Sallier. L'a- 
cadémie des inscriptions Tayait admis 
dans son sein en 1 749* ^^ ^^^ ^^^^^ ^^ 
3o mai 1775. Gapperonnier a été édiy 
teur de V Histoire de S. Louis y par 
JoinvillCy 1761 , in-fol. , édition que 
Mellot et Sallier avaient disposée. Il 
copia , sur le manuscrit que possédait 
la bibliothèque du roi, le Lexique 
de Timée^ et c'est sur cette copie 
que Buhnkenius mit au jour son édi- 
tion de cet ouvrage. Il a donné chez 
£arbou les éditions de Jules Cœsar^ 
1754, a vol. in-12; de /ii5ftn, 1770, 
in- 12; de Plaute^ 1759, 3 vol. in- 
12. Il avait fait imprimer avec M. 
Querlon une édition grecque SAna* 
créon, accompagnée de la traduction 
de Gâcon, Paris, Grange, 1754 , 
jn-i6. Enfin , il a fourni quelques se- 
cours à Wesseling pour son édition 
H Hérodote , 1 765. Il avait fait impri- 
mer un Sophocle y mais cet ouvrage ne 
fut publié qu'après sa mort par J.-F. 
VauvUliers , qui est auteur des notes \ 
il porte ce litre : Sophocles , tragediœ 
septem cum interpretatione latind et 
.fcholiis veterihus et notais , Paris , 
1 781 , 2 vol. in-4®. : celte édition était 
attendue avec beaucoup d'impatience; 
elle ne répondit pas à l'attente du pu- 
blic. Gapperonnier a donné trois mé- 
moires à l'académie des inscriptions, 
entre autres un sur les ilotes. Il établit 
des différences entre les esclaves do- 
mestiques des Spartiates et les ilotes ; 
c'était , par exemple , du nombre des 
premiers que les Lacédémonieus ti- 
raient ceux qu'ils forçaient de boire 
jusqu'à s'enivrer, pour inspirer à la 
jeunesse l'horreur ae l'ivrognerie. Les 
ilotes n'étaient pas renfermés dans les 
villes , et étaient employés à divers tra- 
Yaia* Ils étaient encore destinés à sui- 



CAP 

vre les funérailles des rois hoéàémo* 
niens, à s'y ft'apper la poitrine, et à 
s'écrier, comme le font les orateurs fu- 
nèbres, que le roi qu'on pleurait était 
le meilleur qu'on eût encore perdu» 
•— -nGapperoicnibr ( Glaude- Marie ) y. 
né en 1 768, fiis de Jean, attaché à I» 
bibliothèque du roi, devait, lorsqu'il 
aurait atteint ving-cinq ans , succéder 
k son père dans ses places de garde de 
la bibliothèque du roi et de profes- 
seur de grec; il avait même la moitié 
des appointements de la chaire grec- 
que , mais il périt en 1 780. Il était 
allé à Sainl-Qoud avec neuf de ses 
amis dans une petite nacelle qull avait 
fait enjoliver çn forme de gondole; 
craignant, à leur retour, de n'arriver 
que trop tard à Paris en n'employant 
que les rames, ils attelèrent un dieval 
au mât de leur petit bateau ) mais l'ef- 
fort du cheval dominant h plomb de la 
barque, lui fit faire capot du premier 
coup : cinq des jeunes gens sont cul- 
butés dans la Seine ; Gapperonnier , 
le seul qui sût nager , était près de ga- 
gner le bord, quand il fut saisi et en- 
traîné par un de ses camarade^ d'in- 
fortune. A. B— T. 

GAPPONI(àUGUSTIN). r.GAPOlfl. 

GâPPONI ( GiNo ), appartenait k 
la haute bourgeoisie qui dominait k 
Florence au milieu .du i4^ siècle. II 
fut témoin de l'insurrection des ciom^ 
pi (ou cardeurs de laine) , dirigée con- 
tre son parti en 1 378, et il nous a lais- 
sé un récit de cette ré?olution, que 
Muratori a inséré dans sa collection 
des écrivains d'Italie ( tom^ XVIII )• 
Ce morceau est écrit sans agrément et 
sans art , mais sa simplicité déhote un 
homme de grand sens, rompu dans 
les affiircs et consommé dans la po- 
litique. Cependant Gapponi était trop 
jeune , et peut - être aussi d'un ca- 
ractère trop modéré, pour éprou- 
ver aucune persécution persounelki^ 



GAP 

lonqu'ttu parti contraire au sien avait 
le dessus* Il feutra dans le goiiver- 
Dément en 1 58a , avec Pierre des AI- 
Imzzî ( F'oyez Albizzi. ) , et l'ancien 
parti guelfe ; mais il s'occupa moins de 
Fadministration inte'rieure que de l'é- 
tat militaire de la république. H se lia 
d'amitié avec les principaux condot- 
tieri qui servaient alors en Italie. Il 
fut presque toujours chargé de traiter 
avec eux , lorsqpie les Florentius vou- 
laient les prendre à leur service, ou 
de suivre les armées comme commis- 
saire de la république , lorsqu'elles en- 
Iraîent en pays ennemi. Il était revêtu 
de cette dignité , et en même temps 
dëcemvir de la guerre, en i4o5 et 
i4o6y lorsque les Florentins firent 
la conquête de Pise. Il réussit à faire 
agir de concert Sforza et Tartaglia, 
deux généraux alors enne^i^is et près 
de se combattre. La république lui dut 
plus qu'à personne la conquête de 
Pise : aussi fut-il le premier gouver- 
neur donné à cette ville , et il s'effor- 
ça de réconcilier, par sa modération, 
le peuple conquis au joug qu'il détes- 
tait. Gino Gapponi mourut en 1 4^0-, 
honoré des larmes de ses concitoyens* 
fïous avoi^ encore de lui un fragment 
historique sur la conquête de Pise, écrit 
avec une grande simplicité.. S. S— t. 
CAPPONI ( Neri ), fib du précé- 
dent y et, comme lui , un des premier» 
magistrats de la république florentin 
ne, hérita des vertus et de la- fortune 
de son père. Il fut contemporain de Re- 
naud des Albizzi et de Corne de Médi» 
cis ; mais quoique sa naissance et ses 
relations rattachassent aux Albizzi , il 
n'embrassa point leur cause avec cha- 
leur , et il fut plutôt considéré comme 
neutre par eux et par leur« adver- 
saires. Gapponi, ainsi que son père, 
s'était attaché de préférence à la car- 
.ricre militaire. H fut commissaire des 
Florentins au siège de Lucques , en 



CAP 85 

14^9 <t i43o. Il est vrai qne ses avis 
n'ayant point été suivis , l'armée près 
de laquelle il se trouvait éprouva une 
suite de revers. 11 fut plus heureux en 
i44<'* ^^^ victoire d'Anghieri, rem- 
portée par les Florentins sur Nicolas 
Piccinino , fut attribuée presque uni- 
quement à son habileté. Il était devenu 
enfin l'égal, en réputation, deCdme 
de Médicis, et, lorsqu'il lui arrivait 
d'embrasser un avis contraire à celui 
de ce citoyen cél^re, il bala!içait le» 
décisions de la république ; mais ces 
deux grands hommes trouvèrent leur 
intérêt l'un et l'autre à demeurer uni» 
jusqu'en 14^79 que Néri Gapponi 
mourut, le 21 novembre, âgé de 
'soixante-neuf ans , après avoir exercé 
quarante ans les emplois les plus im« 
portants de l'état , sans exciter ni hains 
ni jalousie. Il a écrit des commentaires- 
sur son administration, imprimés par 
Muratori dans les Renmn Italicarum 
seriptores, à la suite des commentai- 
res de Gino, son père (t. XVIII); ils 
sont écrits avec beaucoup d^elégance, 
et on reconnaît dans son style un hom^" 
me de goût et d'érudition. Le célèbre 
Barthel. Platina a écrit sa vie politi- 
que : elle est imprimée dans la même 
eoUcction , au tome XX. S. S— i. 

GAPPONI (Pierre), petit-fils du 
précédent II occupa comme lui les pre- 
miers emplois delà l'épublique floren*- 
tine, et il fut, entre autres, charge de 
plusieurs ambassades, soit en Italie , 
soit en France. Gharles VIII, étant en- 
tré à Florence en 1 494 9 ^ ^ ^^^ àe sa 
gendarmerie et la lance à la main, 
prétendait avoir fait ainsi la conquête 
de la république, et demandait qu'elle 
le reconnût pour souverain. Les Flo- 
rentins n'avaient vu en lui qu'un allié 
qui demandait l'hospitalité; ils lui 
avaient ouvert leurs portes ; mais iîs 
avaient eu soin de rassembler dans les 
maisons des principaux citoyens tous 



80 



CAP 



les sddats de la rëpablique et un grand 
nombre de paysans armes. Charles 
YIII eut plusieurs conférences avec 
Pierre€apponi, qui leconnaissait de'jà ^ 
et ayec d'autres magistrats florentins. 
Enfin , il fit lire devant eux ^ par son 
secrétaire, son ultimatum. Les con- 
ditions en étaient toutes contraires à 
la dignité et à la liberté de Florence. 
Pierre Capponi arracha ce papier des 
mains du secrétaire , et le déchira 
sous les yeux du roi: a Avant que 
» nous accédions à des demandes dés- 
9 honnêtes, sonnez vos trompettes, 
» dit-il, et nous sonnerons nos clo- 
> ches. » En même temps il sortit j 
€t il fut suivi par les trois commissai- 
res, ses coliques. Cette intrépidité 
étonna les Français; ils rappelèrent 
Capponi, et lui proposèrent des con- 
ditions plus douces. On assure que 
Charles YIII, en le prenant par la 
main, lui di| en italien : Cappon^ 
.Capporiy tu strilli corne un Gallo, 
Un traité fut conclu entre le roi et la 
république, et Charles reprit la route 
de Naples. Pierre Capponi fut tué en 
1 49O, d'un coup d'arquebuse, devant 
Sciauo , petit château des montagnes 
de Pise , qu'il attaquait avec l'armée 
florentine, dont il était commissaire. 

CAPPONI (Séraphin), savant 
•dominicain , né dans le Bolonais, en 
i536, passa sa vie 4 étudier la théo- 
logie , et à la professer dans différentes 
villes d'Italie. Il mourut à fiologne, le 
n février 161 4* Il a composé une mul- 
titude d'ouvrages sur l'Écriture-Sainte 
et sur la théologie , tous imprimés à 
Venise ;-'0n peut en voir la liste dans 
la Bibliothèque des auteurs domini- 
cains y par les PP. Quétif et Échard, 
tom. II. Sa Vie a été écrite par J. Mich. 
Pio , et imprimée en it)a5 , iu-4^ — * 
Capponi ( Jean- Baptiste ), médecin de 
Bologne y mort le it) novembre 1626. 



CAP 

Il envoya an cabinet des mëdaîlks da 

roi de France une médaille en bronze 
de l'empereur Othon, bien conservée, 
avec une légende grecque , et il Ht un 
traité latin pour en soutenir et prou- 
ver l'autheuticité, Bologne y 1669, 
în^4"* Outre plusieurs ouvrages pos- 
thumes sur la médecine , et diflerents 
ouvrages de critique en italien , on a 
encore de lui : Imprese e ritratti de' 
f/i academici gelati di Boiogna^ 
Bologne, lôaa, in-4°« —Capponi 
(Dominique- Joseph ), dominicain ita- 
lien , et docteur en théologie du 1 8^ 
siècle , a publié , pour la première fois , 
le recueil des lettres latmes de Jean- 
Antoine Flaminio d'Imola, Bologne, 
1 744 9 in-8''. L'éditeur y a joint des 
sommaires , des notes , la vie de l'au- 
teur, et le catalogue de ses ouvrages , 
tant imprLne's que manuscrits. 

C T— Y. 
CAPPONI ( le marquis Grsgoike.- 
Alex ANDRE ) , patrice romain , né à 
Rome , vers la fin du 1 7^. siècle , s'est 
acquis une assez grande célébrité , non 
par ses ouvrages , mais par son goût 
éclairé pour ks livres et pour les anti* 
quités , et par le soin qu'il prit de for- 
mer dans ces deux gcnreji de' riches 
collections. Il occupait à la cour de 
Bome la place àejoriere maggiore y 
ou degrandmaréchal-des-logis. Quand 
le pape Clément XII fît rassembler 
au Capitule ce beau recueil d'antiqui<- 
tés qui a été regardé depuis comme un 
des principaux ornements de Rome, 
ce fut le marquis Capponi qu'il cbar- 
ge^'y faire disposer les statues, bas- 
reliefs , inscriptions , bustes des grands 

hommes, et autres monuments (i). 

■ 

(1) Un Dictionnaire hùtori^pie^ 4)u*un est tOH- 
jours foreë de citer de temps en tenps , trompé 
par ces mots , nelle Hanxe del Campidoglio , ^n^l 
« lus dans un Ijictionnaire italien , dit |}[atsam« 
ment que le pape cbai;gea Capponi des embeliis" 
tements à faire à ta maison de Camyidoglio, 
Les saTants rédactears aurout pris le CatHpidogiip 
( le Capitule ) poqr «ne maison de piaiaukce d« 
p«pe. 



CAP 

Uordre et la symétrie bien entenclae 
qu'il DÛt dans la disposition de ceA 
nchesses de Fart obtinrent Fapproba* 
lion des plus savants antiquaires et 
Tadmiration des tftrangers. Il possé- 
dait loi-même un musée précieux , 
composé de camées , de médailles et 
d'autres antiquités, qu'il légua en 
iDouraot au P. Gontucdo Goutucd, 
savant jésuite , Pun des antiquaires les 
plus instruits qui fussent alors k Borne. 
Geiui-d plaça depuis cette collection 
dans une salle à part du musée Kirch^, 
dont il était conservateur, et qu'il a 
considérablement enrichi. La biblio- 
thèqne du marquis Capponi était du 
meilleur choix, et remplie des éditions 
iespjus rares. Il ne voulut point qu'elle 
fat démembrée après sa mort , et ta 
laissa, par son testament, k la biblio- 
llièque du Vatican. MonsignOre Giorgi 
m fit imprimer séparément le catalo- 
gue, avec de savantes notes , où Fon 
troQTe un grand nofflbrede renseigne- 
ments et de &its intéressants pour 
fhistoire littéraire; il est intitulé : Ca- 
^p délia libraria Cavpmi^ ossia 
de* lihri itàUani del fu marqhei€ 
^kssandro Gregorio Cappohiy pé^ 
tnzw romanOj etc., Rome, 1747» 
m-4". Ccst un des livres de ce genre 
^e les bibliographes recherdbent (e 
plos. Le créateur de cette belle biblio- 
l^ne âait mort à Rome Tannée pré- 
cédente, septeitibre 1 74O. f>— lé. 
C^RA ( Gal£1z2o Flavio ). K 

ClïElU. 

CiPRA ( Marcel ) j fnédedn sici- 
*eo, originaire de l'île de Qiypre, 
exerçait son art avec succès k Paier- 
ie et à Messine à k fin du i6«. siède. 
On lot doit un trmté , en ktin', sur 
une maladie ^idémique dont la Sicile 
fct affligée en 1691 et 9a {Messine, 
'SgS, in-4«, ) j et quelques ouvragés 
ne philosophie péripatéticieAne , ou- 



CA> «7 

( le comte Balthasar ), médecin et phi- 
losophe mitauais, mort le 8 mai 
lÔtiô, s'appliquait aussi k l'astrono- 
mie et même à l'astrologie. Ses pritt- 
cipaux ouvrages sont : L Tyrocinia 
astrononùca , in quibas calculas 
eefypsis solatis à Tychdne restitu- 
tus explicaturj et traditur methodiis 
erigendi et dirigendi thema'adPtô' 
lemœi mentent, Padoue, 1606, in- 
4®.; IL Considerazione asttanomtca 
sopra la nuova Stella del 1604 
( i6o5, in-4».);ni. DeusU et fà- 
hricd circifà cujusdam proporHonià, 
Padoue, 1607, in-4''. Dans cet on- 
vrage , il chetthe à enlever à Galilée 
l'honneur de Finvention du compas 
de proportion, et, ikns le précédent, 
ill'attaque arec aigreur, relativement 
aMx observations de la nouvelle étoile 
qui parut en i6o4* Galilée répliqua 
par Une Difesa contro allé càlumrde 
ed imposture dî Baldassare Caprd , 
Venise, 1607, în-4*'. Ces deux opus- 
cules se trouvent dans le tome i "'*. des 
œuvres de Galilée, Padoue, 1744» 
in-4®. — CltRA ( Alexandre ) , archi- 
tecte de Crémone, publia, de 1672 à 
i683, eA 3 vol. ià-4^, un grand 
traité de géométrie et d'architecture 
civile e^ militaire , qui est encore un 
peu recherché à cause des planches. 
^CApai (Dominique), autre ma- 
thématicien de Grémfone, s'occupa de 
l'aiichitecture hydraulique, et publia , 
Stff l'art de eonsrtruire les digues, un 
ouvrage sous ce titre : ïl vero rèparo , 
U facile ^ il nàtutale , pet oiHfiàre , e 
rimediare ogni corrasione e racine M 
fiume, iènchè giudicatairr&medià- 
lnle^^oh^ne, i685,in-4". €. M.f>. 
CAPRâIS ( s. ) , ne à Agen iatns le 
3'. siècle , s'était retii^ dans une ca- 
verne de la montagne voisine de cette 
Tille pour y mener la vie eVémil^qne. 
Un jour que, du haut de la montagne, 
• il regaidait ce qui^àe passait dans te 



«6 



CAT 



ville, il aperçut, dit-on, le* supplice 
de Ste.-Foj. Il courut aussitôt se pré- 
senter à Dacien-, gouverneur de l'Es- 
pagne tarragonaise , qui était alors à 
Agen ( vers l'an ^87 de J.-C. ) , et il 
se dëdara chrétien.' Saisi, chargé de 
chaîne^ , il se montra ' insensible à 
.rappareil des tortures et à rufTre 
.d'une ^ce à la, cour des. empereurs. 
JH. eut la tête trancl^ée le 6 octobre , 
,-ayec Ste.-Foy. Les/chrétiens .enlevé- 
Tcnt leurs corps peoda^t la. nuit , et , 
.dans la suite, vers le milieu du 5*. 
siècle , lorsque la paiii eût. été rendue 
.il l'Église, Dulcide ou Dulcice^ évé- 
. que di'Agcn , fit bâtir une . église sous 
l'invocation de S* Gapraiâ. Ge martyr 
est nommé le 20 octobre dans Adon, 
Usuard, dans le martyrologe attribué 
. à S. Jérôme , et dans le romain.. Un 
chanoine de la collégiale de S. Ciprais 
d'Agen, Bernard I^benazie, publia 
dans cette ville , en 1 7 1 4 , in- 1 !2 , un 
. volume intitulé: PrûBconaim dm Ca- 
prasii Aginnensis ejusque episcopa- 
Us dignitas , seu disserlatio de anU* 
,quUate ecclesicR S, Caprasii Agin- 
. nensis. Labenazie et quelques autres 
; auteurs font de Gaprais un évêque 
..d'Agen ; mais Baillet dit que cette opi- 
, niou est sans fondement. V-— v£* 

CAPR Aïs ( S. ) , que plusieurs agio- 
. graphes appellent CapnUfey pour le 
. çlistinguer du précédent , avait étudié 
^l'éloquence et la philosophie ; mais 
pressé du désir de renoncer au raon- 
^ ae,il vendit son bien , le distribua aux 
' pauvres, et se retira versles montagnes 
• qui séparaient la Gaule belgique et la 
. Genaaanie , daiCi une des solitudes des 
.Vosges. II. j vivait depuis plusieurs 
: années dans lesilence, lorsqu'un jeune 
. seigneur , Honorât , qui fut depuis 
: évéque d'Arles, vint, avec son frère 
, .Yenance , consulter le solitaire sur le 
projet, qu'ils avaient formé de se cou- 
\ pàc^X À Dieu, Gaprfiis les Moçova^^à 



CAP 

dans divers pèlerinages. Us arrivèrent 
enfin dans File de Lerins, où Honorât 
•jeta les fondements du célèbre monas- 
tère de ce nom. Gaprais se fit alors le 
•disciple de celui dont il avait été le 
^maître ; mais Honorât ne voulut gou- 
."vernerquesous sa direction et par ses 
conseils. Gaprais mourut le i*"'. juin 
43o. £ucher de Lyon, Sidoine Apol- 
linaire et Hilaire d'Arles , ses contem- 
porains , font un grand éloge de sa 
vertu. Tous les martjrologes latins lui 
donnent la qualité d'abbé de Lérins. 
( Fc^^ la ChronoL monast Lirinen^ 
•sis y la Vie de S. Honorât, Surius, 
Baillet , etc. ) V — ve. 

GAPRALIS. Foj. Cabral. 

GâPBâBA ( Albert, comte de), 
seigneur de Siklos, général de cavale- 
.rie, chevalier de l'ordre de la toison 
d'or , gentilhomme de la chambre de 
l'empereur Léopold, naquit à Bologne 
en i65i. INeveu du fameux général 
.Piccolomini, il entra au service de 
l'Autriche, fit quarante-quatre cam- 
pagues, fut battu par Turenne, et se 
distingua dans les guerres de Hongrie. 
•11 commanda souvent en chef les ar- 
mées impériales , prit d'assaut sur les 
,TurHs la villedeNeuhausel,en i685; 
. assi<^ea Tékéli dans Gassovie , fit lever 
Jle siège de Titul, coupa les Turks qui 
. voulaent se jeter dans Bude , et en fit 
. un horrible carnage. Ilrendit degrands 
services à Fempereur-^ en découvrant 
. diverses .conspirations , et en mainte- 
nant dans la soumission les. pays con- 
.quis^Non moins bon politique qu'ha- 
. bile capitaine , il fut envoyé deux foài 
.ambassadeur extraordinaire à la Porte 
.en ifift» et i685. U avait servi plu- 
sieurs années en qualité d'cmvoyë dans 
• les Pays-jBlas , et avait assisté à la con- 
. clusion de la paix de Nimègue» Sa pre- 
. mièrei .ambassade à Constantinople 
.n'eût aucun succès;. 11 était. chargé 
,4'obt)enii: l^^prqlou^^q'de t^t^^ye^ 



/ 



CâP 

Bub la Porte éley a si baiit ses pr^ten* 
dons ( entre autres conditions était 
celle d'an tribut annuel de 5oO|000 
florins ) que le comte Gaprara ne put 
rien obtenir. Le grand-yézyr le renvoya 
â Bude, et vint mettre le siège devant 
Vienne {V, Gara-Moustapha). Jean 
Benaglia, qui avait été secrétaire des 
chiffres dans l'ambassade de Gons- 
tautinople , publia une Relazione del 
viaggi^fatto a Constantinopoli , e 
ritomo^ in Germania dell iUustr. 
conte Alberto Capraray per trattare 
la condnuazione délia Tregua, Bo- 
logne , 1 684 9 ii>* 1 ^« ^<:tt6 relation est 
curieuse et intéressante. On a du comte 
Albert Gaprara diverses traductions : 
Seneca , délia clemenza , Lyon , 
1664, ûi-4''* 9 Seneca y délia colera, 
para/rose , Bologne , 1666, in-ia; 
Seneca y délia hreviià de la vita^ 
partfrase , Bologne , 1 664 , in* 12; 
\Uso delli passioni, traduit du fran*- 
çaisda P. Senault, Bologne, 1662, 
in-B".; 77 Desînganno, ovvero ilpaS" 
tore deUa notte felice , traduit de 
l'espagnol, Venise, 1681 , in-ia. Le 
général Gaprara composa aussi plu* 
sieurs opuscnks et pièces de circons- 
tance qu'on peut voir dans la Biblio^ 
ieca volante, de Ginelii. -— Gapraba 
( Ënée ) , frère d'Albert , était général 
comme lui , et se distingua dans les 
guerres de Hongrie. Adelung s'est 
trompé en lui attribuant l'ambassade 
à Coostantinople* V— ve. 

GAPRARA ( j£Aif-BAPnsTE ) , car- 
dinal-prétre , du titre de S. Onupfare^ 
archevêque de Milan , légat à latere 
du Saint-Siège , comte et sénateur dn 
royaume d'itafie, grand dignitaire de 
l'ordre de la couronne de fer, naquit 
a Bologne le 29 mai. 1 755 , de Fran- 
çou , comte de MontecocoUi,. et de 
JAarieoVictoire, dernier rejeton de la 
maison Gapralra.Ilprit dans le monde 
k]iqmde.4a.lMille matemeile^^ntn 



CAP 8a 

fort jenne dans l'état ecdcsiastique , 
et se livra particulièrement à Tétude 
du droit politique. Benoit XIV ne 
tarda pas à distinguer son mérite , et 
le nomma vice-légat à Ravennc avant 
•qu'il eût atteint l'âge de vingt cinq ans* 
En 1 76*7 , Clément Xlli l'envoya, en 
qualité de nonce , à Gologne ; il y mé* 
rita, par son uri)anité, l'estime de 
l'impératrice Marie-Thérèse, qui dc« 
manda pour lui la nonciature de Lu- 
cerne. Ëllelui fut conférée par Pic VI, 
en 1775. Dans ce poste difficile, il 
éteignit les dissen»ons, et se fit géné- 
ralement estimer. Nommé, en 1 785, 
à la nonciature de Vienne » il fut ho* 
norablement accueilli par Joseph II , 
et par son ministre, le prince de Kau- 
•nits. Riche de son patriujoine et des 
biens de FÉglise, il appliqua ces der- 
niers à leur véritable destination , en 
les distribuant aux pauvres, et surtout 
aux habitants de l'un des faubourgs de 
Vienne, qui fut submergé par une inon- 
dation. 11 reçut le chapeau de cardi- 
nal le 18 juin 1 79^ , et fut rappelé à 
Rome en 1 793. Témoin des troubles 
que la révolution française excita dans 
cette ville , il en fut affecté jusque dans 
sa santé, et l'on craignit même pour 
ses jours. Il fut nommé, en 1800, 
évéque d'Iési. Son diocèse était eii 
proie à la plus affreuse disette ; il part 
de Rome le 7 janvier , par un froid 
rigoureux, parcourt les villes et les 
campagnes, fait vider ses greniers, se 
dépouille de tout son argent, emprunte 
des sommes considérables pour ache- 
ter des grains et des farines , qu'il £aiit 
distribuer à tous les indigents. G'est au 
milieu de ces travaux vraiment apos- 
toliques que , par un bref du 4 sep- 
tembre 1801 , il fut nommé légat à 
latere près le gouvernement français. 
Sa mission avait pour objet le rétablis- 
sement du culte. Le cardinal ejifra 
4aiis les. Tues de Napoléon, et }e cou- 



go CAP 

cordât rendit k paix a TÉglise eikh 
France. Le 1 8 avril, jour de Pâquf» 
iSo'i, les consuls, le sénat, lesmiuis*' 
très, et toutes les autorités dfiles et 
militaires, se reunirent dans l'Oise 
Kotre-Dame. Le cardinal Caprara ce** 
lel)ra la naesse , entonna le Te Deum^ 
et le culte fut rétabli. Le a8 mai i8a5, 
il sacra Napoléon roi d'Italie, dans la 
cathédrale de Milan. Dans les relations 
qu'il eut , pendant près de neuf an- 
nées, avec le gouvernement français , 
il sembla devoir platofrà son noble ca« 
ractère qu'à ses (ugnités , l'estime et la 
considération dont il |ouissaiL Deve« 
au aveugle et infirme, ii mourut le 2 1 
}uin 1810 , âgé de soixante^ix^s^ 
ans. Son corps , revêtu des habits 
pontificaux, fut exposé pendant plu* 
sieurs jours dans une e^pefle ardente. 
Un décret impérial ordonna qu'il se*- 
rait inhumé dans l'église de Ste.-Gene- 
yiève, et ses funérailles eurent lieu le 
â5 juillet , avec la plus grande solen- 
nité. L'oraison fun^ne fat prononcée 
par M. de Bozan. Le cardinal Capra- 
ra l<^ua tous ses biens. à l'hépital de 
Milan. V— ve. 

GAPRÉ (François ) , président de 
la chambre des comptes du due de 
Savoie, mourut en 170S. 11 a publié 
deux ouvrages qui peuvent encore 
trouver leur place dans les grandes 
bibliothèques ; l'un est intitulé : Traité 
historigue de la chambre des comp* 
Us de Savoie, justifié par titres^ 
etc., Ljon, i66tt, in-4°M et le sC'*- 
cond : Catedogue des chevaUers de 
l'ardre de Vannoneiade de Sa^aye ; 
depuis son institution , en 1 56a , par 
^vnédée FTjusqU'à Charles EmmO' 
n^el, Turin, 16Ô4, in-fol. On trouve, à 
ta suite do premier, un petit Traité da 
saint suatre- de Turin , -qui n'est pas 
fait pour donner une bien baute idëe 
de la critique de Tauteuri L'autre est 
remarquable par la siiigalanté4e scte 



CAP 

€xënition; il contient cmq cent quai- 
rante-deux gravures en bois, dont 
chacune remplit presque en entier une 
grande page in-folio; il peut encore 
être recherché par les amateurs de la 
science héraldique. W— *«. 

CAPREOLUS ( EtiE Cavriolo , 
plus connu sous le nom de), juris* 
consulte , né à Brescia , dans le 1 5** 
siècle, a publié l'histoire de cette ville 
sous le titre suivant: Chronica de re- 
plis Brixianorum ad sénat, popubim'^ 
que Brixianum opus. La première 
édition est in-fol., très rare, et san» 
date; mais comme elle ne contient que 
:1e récit des événements qui se sont 
passés depuis la fondation de Brescia, 
jusqu'à Tannée i5oo, on conjecture 
de-là, avec raison, qu*elle a paru, à 
Brescia , vers cette époque. Burmann a 
inséré cette histoire dans son Tkesaur 
rus antiquitat ItaHœ^ et a ajouté aux 
douze premiers livres qui avaient pa- 
ru, les i5 et i4*'« restés manuscrits, 
et qui en renferment la continuation 
jusqu'en ï 5 1 o. Palritio Spini a traduit 
cet ouvrage en italien, Brescia, 1585, 
in-4°« : cette traduction ne contient 
que les douze premiers livres. On con- 
naît encore de Gapréoius un traité De 
eonfirmatkme ckristianœjidei^im'' 
primé avec différents opuscules dn 
Mantuan, Brescia, i4999 in -4^-; 
Dirfensio Statuti Brixiensium ; de 
amtUione et sumptibus funerum mi- 
nuendès. Cet écrivain est mort en 
•i5«9, dans nn k^ avancé. W— s. 

CAPBUTA ( Pierre- Jban), ci- 
toyen et historien de Gènes , qui flo- 
^nssait dans le 17*. siècle, a compose 
sur les aHaires de son temps pldsieuA 
Mémoires historiques fort estimes 
par la sagesse , l'impartiaHté et la 
droiture avec lesquelles ils ont été ré- 
digés. Gaprkkta divisa son histoire d'I- 
talie en deux parties ; il publia h pre- 
flûèM^ ài Gènes en deux lifres, x yoL 



CAP 

b^. , en 1 6a6y ou , selon le catalogue 
deDe Thou , en 16^7. Il la fit réim* 
primer à Gènes en 1 638 , in-4°* y et y 
ajouta dix livres qui, joints aux précé- 
dents, contiennent l'histoire d'italiey 
depuis 161 5 jusques et compris i634« 
La seconde partie, divisée en six livres 
qui offrent quelques événements militai- 
res hors de l'Italie, et comprennent de- 
puis i654iusqu'en i6449^u^pti^U^iP 
â Gènes , 1 649 9 in-4°' Ces deux par** 
ties, réimprimées à Genève in-S"., 
furent traduites en anglais par Henri, 
comte de Monmouth, Londres^ i665, 
iii-4°- Capriata était mort quelque 
temps auparavant. Il laissa une troi- 
sième partie en six livres , contenant 
la suite de la guerre en Italie jusqu'en 
1660; elle fut publiée après sa^nort 
par Jean-Baptiste Capriata, son fils, 
Gènes , j655 , in-4^. Cet auteur était 
aussi habile )urisconsuite* 11 aurait 
voulu y dans l'histoire comme au ba]^- 
rcau, arranger tout par arbitrage; son 
système était de tenir la balance égale 
entre les puissances , et d'être franc 
et véridique en toutes choses. Cest 
par siûte de cette franchise que Ca- 
priata ne voulut jamais dédier son ou- 
vrage à aucun prince , pour que sa plu- 
me restât libre, et que la flatterie ou 
la complaisance n'altérassent point en 
lui la vérité. H. G. 

CAPTAL DE BUCH. F. Ghaillt. 

CAPUâ ( Bartuelei» da ), qui oc- 
cupa , dans le 1 2^. siècle, les premières 
dignités du royaume de Naples , est 
auteur des ouvrages suivants : I. Sin- 
guîaria jwris, Francfort, iSgô^ a 
vol. ; II. Glossœ- ad consHiutienes 
re^ni Neapolitani , Lyon 1 533 ; 

Venise, 1594' ^ ^^ ^"^^^ ^^^ Com- 
ment, in capiuda regni Neapolitani^ 
de J, A* de N^is , Naples, 1 6o5 , iii- 
foL 11 mourut en i3oo. -^ Capi7A 
( André da ), de la même ÊuniHe que 
le prééédenty ëcriyit fiassi sur k IM- 



GAP 9t 

geste et sur le Code , et sur les consti- 
tutions du royaume de Naples. Il était 
avocat fiscal à Naples en it^Sa. -— 
Quelques autres écrivains du même 
nom et du même pays ont laissé 
des écrits de peu d'importance. 

V— VE. 

CAPUA, ou C APO A ( Lïonard de ), 
en latin Capuanus, médecin, né en 
1 6 1 7, à Bagnuolo , dans le royaume de 
Mapies, étudia chez les jésuites la philo- 
sophie et la théologie, puis se livra à la 
jurisprudence , qu'il abandonna pour 
•la médecine. Persuadé que les traduc- 
tions n'offrent qu'imparfaitement les 
traits de l'original, il apprit la langue 
grecque, afin de lire Hippocrate, Ga- 
lien , Arétée et les autres principes 
ariis medicœ. Il puisa dans ces lec- 
tures le germe du scepticisme médical 
-dont toutes (es pages de ses écrits 
portent l'empreinte. A vingt-deux ans, 
il revint k Bagnuolo; mais ayant été 
impliqué dans un assassinat , il fut 
obligé de retourner à Naples: cette 
ville d'ailleurs lui offrait un théâtre 
plus propre à &ire briller ses talents, 
professeur de l'université, dont il rem- 
plit les premières chaires, il fut un des 
J}lu9 ardents propagateurs, de la phi- 
osophie cartésienne en Italie. Telle 
est probablement la principale cause 
de l'estime que lui témoigna la reine 
Christine de Suède. Il fut aussi l'un 
des fondateurs de l'académie degli 
int^estiganli , et celle degli Arcadi 
l'admit au nombre de ses membres , 
sons le titre de Aheslo CiUerUo, Cn- 
pua mourut le i ^^ janvier i ôgS , après 
ftvoii* publié les ouvrages suivants: I. 
Parère, divisato inoiW raggiona-y 
menti, ne* quali partitaménte , nar- 
randosi Vorigine el progresso del- 
ta medîdna , chiaramente Vincer- 
tezza délia medesrma si fa mani- 
fèsta, in-4**. Naples, 1681 ; IL Bag* 
gionamenii intomo aW incertezza 



91 C A F , 

de meâicamentiy in -4** 9 Naples, 
1689; 111. Lezioni intomo alla na- 
tara délie mofete^ m't^°.y'^ii^\e%y 
i633y iD-4''* Ces trois ouvrages ont 
été' réimprimés en trois volunies in- 
8*^., à Naples, sous la da^ de Golo* 

gne , en i^ î4' ^ ^'^^ encore à Ga- 
poa la TÎe du cardinal Ganteimo y Na- 
ples, 1695, in-4*^- Il avait composé 
en outre plusieurs comédies, et divers 
opuscules de littérature, dont les ma- 
nuscrits lui furent volés dans un voya* 
ge de Uagnuoli à Naples. La vie de ce 
médecin a été écrite par Nie. Amenta', 
et sou éloge, par Hyacinthe Gimma et 
I^icolas Grescenzio. G* 

G ARA-MOUSTAPHA, grand-vézyr 
de Mahomet IV, était fils de Ouredj- 
Bey, capitaine des spahys, (pii périt 
lors de la prîse de Bahgdâd. 11 naquit 
à Merzyfour, ville de la Turkie asia- 
lique, en 1 o44 de Thég. ( 1 634) Le fa- 
meux Kioprouly - Mouhammed , ami 
intime de son père, se chargea delà for- 
tune de Moustapha, et le fit élever avec 
son fils Ahmed. Lorsque Kioprouly- 
Mouhammcd fut devenu grand-vézyr, 
il lui donna la place de telhysdjy 
( portcjar des rapports du vézyr au 
grand-seigneur), et> peu de temps 
après, il l'envoya & Gonstantinople 
avec la nouvelle de la prise de Yanik; 
le sulthan le gratifia de la place de 
grand-écuyer. En 1070, il devint pa- 
cha de SiÛstria; amiral en 1072, et 
caïmmecam en 1 07 3. Enfin , en .1 07 7, 
il succéda à Kioprouly- Ahmed-Pacna,. 
dans ta place de grand-vézyr. Ge fut 
lui qui détermina Mahomet IV à faire 
la guerre à Léopold 1*'. , en 1074 de 
Fhég. ( i664)« Il marcha à la tête des 
troupes othomanes, prit plusieurs for- 
teresses sur les impériaux, et donna 
des secours à Tékéli et aux mécontents 
de la Hongrie ; mais , sans égard pour 
les représentations des pachas compo« 
sant son conseil, et qui s étaient foxmçl- 



CAR 

lement opposés^ l'attaque de Vienne ,' 
avant que l'on fut maître des autres 

{)laces, qui, par cette entreprise, aL« 
aient rester sur les derrières de Par-* 
mée, il laissa une petite partie de ses 
troupes pour faire le siège de ces pla« 
ces , et se dirigea sur Vienne. Il arriva 
à la vue de cette ville le mardi 1 8 de 
redjeb de Pan 1094 de i'hég. ( i4 
juillet i683), et l'assi^ea pendant 
soixante jours. Enfin , le dimanche 10 
ramazan ( la septembre ) de la même 
année, l'armée impériale, réunie k 
celle des Polonais et d'autres princes 
chrétiens de l'Allemagne, sous les or- 
dres de Sobieski , arriva sur une émi- 
nence à douze lieues de la ville. Elle 
fondit à l'improviste sur l'armée de 
Gara-Moustapha , qui fut totalement 
battue et forcée de prendre la fuite , 
abandonnant tous ses bagages k l'en- 
nemi. Gara-Moustapha distribua l'ar- 
gent qui lui restait aux soldats , et se 
retira avec les débris de son armée i 
Budc , et de là à Bahgdâd , où il eut la 
tête tranchée par ordre de son maître 
le 6 mouharrem l'an 109S ( 26 déc. 
i683) Le grand vézyr, sans être un 
homme extraordinaire , n'était pas dé- 
pourvu de moyens; successeur des 
Kioproulys au vézyriat, il remplit cette 
place avec beaucoup d'éclat. Les his- 
toriens orientaux, tout en plaignant 
son sort^ rendent justice à son dé- 
vouement aux intésêts de son pays» 
. et vantent sa politique ; mais ils avouent 
sa cruauté etson injustice envers quel^ 
ques pachas qu'il tâcha de sacrifier 
après l'af&irede Vienne, pour justi- 
fier sa conduite* L'un des plus riches 
personnages qui eussent jamais existé 
en Turkie, il avait amassé ses riches- 
ses dans les différentes places lucrati- 
ves qu'il avait occupées pendant vingt- 
.quatre ans..Il fît construire des mos- 
quées et des fontaines dans les villes 
. de Gpflstantioople ^ d'Adxinople et de 



CAR 

Sieddah, et dans le &ubouq; tic Ha" 
lata. Merzyfour, sa patrie, s'embciiit 
k ses frais d'un grand marche', de 
belles mosquées, et devint, disent les* 
historiens tnrks , une des plus belles 
villes de la Turkie asiatique. B— s. 

CAM - YAZYDJY- ABDOULHA- 
LTM, clief de rebelles, oontempo- 
rain de Mah#met III , parut, pour la 
première fob, à la tête de quelques 
bordes , aux environs de Robâ, eu l'an 
1600. Il donna asyle à Hocéin-Pacha, 
proscrit par la Porte, et s'enferma 
avet lui dans la citadelle de Rohâ ; 
mais, ne pouvant pas résister long- 
temps aux forces de Moubammed-Pa- 
cba, il livra la fwteresse, sous la con- 
dition que Hucéin serait rendu au pa- 
cba, et ^e, quant à lui, il serait in» 
vesti du gouvernement d'Amassie. 
Gara-Yazyd^y, persistant dans sa re* 
bellion , mais battu et réduit à prendre 
la faite Vers les frontières de Sywas, 
s'enfonça dans des montagnes inac-* 
cessibles. Au printemps de Ja même 
année, Moubammed-Pacha reçut, pour 
la seconde fois, ordre de marcher 
contre les Djelalys ( c'est ainsi que 
s'appelaient Gara-Yazydjy et ses par- 
tisans ) ^ mais , d'anrès le témoignage 
de Mahmoud , pacna de Sywas , qui 
s'était rendu caution pour lui, le gou- 
vernement lui pardonna , et lui accor- 
da le sandjacat de Tcbourm. Quelque 
temps après , il fut envoyé, conjointe- 
ment avec le même Mahmoud-Pacha , 
contre les brigands qui s'^'taient réfu- 
giés dans la province d'Itch-Yl. L'an- 
née suivante > Gara-Ya^ydjy se révolta 
de nouveau, et deux pacbas reçurent 
ordre de marcher contre lui. Celui-ci 
attendit l'armée othomane dans la 
plaine de Césarée avec une armée de 
vingt mille bommes. Hadjv-Ibrahym- 
Pacha, qui reçut l'ordre le premier , 
ayant eu l'imprudence de l'attaquer 
«eol, fut battu, et les Djelalys pour- 



CAR $3 

suivirent les Othomans et en tuèrent 
à peu près seize mille. Le pacha s'en- 
ferma dans la citadelle de Gaïsaryé* 
On rapporte la dé&ite d'Ibrahym-Pa- 
cha en 1 009 de Fhég. ( 1 60 1 ). Hassan-* 
Pacha, commandant les troupes de 
Diarbekr, et qui devait réunir ses ef« 
forts à ceux d'Ibrabym pour extermi- 
ner Gara-Yazydjy , marcha sans diffé- 
rer contre le rebelle le 12 safer de l'an 
loiodeFhég., le renconti*a à Lyped- 
lan, et, après un combat opiniâtre, 
le mit en déroute , et tua à peu près 
les deux tiers de son armée, composée 
de trente mille hommes. Gara-Yazydjy 
ramassa les del>ris de son armée^ et 
se retira dans la province de Djanyk. 
Il y mourut en ramazan 1010(1 6of2)* 
Cfcjah-Verdy , son kyabya (intendant) , 
raconte qu'après sa mort , ou mit en 
pièces son cadavre, et qu'on l'enterr^ 
par morceaux dans des endroits diffé- 
rents, afin que les Othomans ne le brû- 
lassent pas. Après sa mort , Dely-Has- 
san, son frère, lui succéda, et fut 
unanimement reconnu par tous les 
che& des Dfelalys. Il marcha sur les 
traces de son frère, et «ut long«temps 
à se battre contre les efforts des pa- 
chas que le gouvernement otthoman 
envoyait pour le réduire. Enfin, voyant 
qu'on ne pouvait en venir à bout par la 
force , la Porte chercha à le gagner par 
la douceur, et lui donnale gouverne* 
ment de liosnie; msÂs^jÊk les plaintes 
réitérées des habitants 7» ^t envoyé 
au gouvernement de Témeswar. Ge fut 
là y en I o 1 4 ( 1 6o5), qu'un jour , étant 
à la*chasse , il se trouva assailli par des 
gen$ qui l'attendaient dans une em- 
buscade 'y toute sa suite fut passée au 
fil de Pépée, et lui-même se réfugia à 
Belgrade. Le gouverneur de cette 
place , Geizy-Hassan-Pacha , le fit en* 
fermer, et écrivit à la Porte othomane 

Ïour demander ce qu'il en devait faire» 
i reçut, pour touterépoqse, Tarrêt de 



^1. CAR 

mort ie Delj^Hassan et de son frëre : 
cet ordre fut aussitôt exe'cuté. H— «» 
CARA-YOUSOUF, premier prince 
de la dynastie des turkomans , dite du 
Mouton noir^ parce qu'ils portaient 
la figure de cet animal sur leurs en- 
seignes, était fils de Gara- Mohammed, 
chef d'une des hordes de ce peuple. 
Ce dernier résista long-temps aux 
troupes de Tamerlan , et mourut , 
laissant son fils en possession de ses 
grades militaires. Cara-Yoùsoùf entra 
ftu service d'Aveïs ïï ( Voyez Aveïs) , 
et, comme il était plus habile guerrier 
et meilleur politique que ne Test or- 
dinairement un barbare, il parvint 
eu très peu de temps à se rendre 
puissant dans le Diarbekr et l'Armé- 
nie , et poussa ses conquêtes jusqu'à 
Tauris. L'arrivée de Tamerlan vint y 
mettre un terme, et le forcer à prendre 
la fuite. Il alla chercher un asyle en 
Egypte, où il trouva Aveïs, fugitif 
comme lui , et avec qiu il s'était pré- 
cédemment brouillé. Le malheur les 
réconcilia , et ils se jurèrent une étroite 
amitié. En 807 de Thég. ( i4o4 de 
J.-C ), la mort de Tamerlan les tira 
de la prison où le sulthan Faradj les 
avait jetés pour complaire au conque" 
Tant tatar , et ils reprirent la rente 
de leurs états ; mais^ le serment qu'il» 
•'étaient juré fut bientôt oublié, et ils 
n^ songèrent plus qu'à satisfaire leuil 
ambition. Crf Yoùsoùf, plus habile^ 
sut profiter dés débauches de son en-^ 
nemi et des querelles des enfents de 
Tamerlan pour se former un rojau-» 
me. Il s'empara de Flrnc , d'une partis 
de la Mésopotamie it de la Géorgie ^ 
prit Tauris^ vainquit et fit prisonnier 
Ahmed, et entra triomphant dans 
Baghdâd. Il menaçait dcjÀ la Syrie et 
l'Asie mineure, lorsque l'arrivée de 
Chahrokh le força a songer à sa pro- 
pre défense. Fort de ses succès, et 
«aitreiTune armée aguersie} il ne r^ 



CAB 

douta pas un si puissant enncinîj maii 
au moment où une bataille allait déci* 
der du sort de deux empires , il tom- 
ba malade , et mourut dans son camp 
Srès de Tauris, en 8*25 de l'hég. ( 1 4^® 
e J.-C.) On jugera facilement du trou-< 
ble que jeta sa mort parmi des troupes 
indisciplinées , et que le seul appât du 
butin attachait à leur chef: elles se 
débandèrent ; les tentes de Cara-Yoù* 
soùf furent pillées ; son corps resta 
quelque temps sans sépilture , et quel- 
ques soldats lui coupèrent les oreilles 
pour en avoir les pendants. Ge prince 
avait régné dix-neuf ans. Il eut trois 
successeurs : Iskender , qui débuta sut 
le trône par le meurtre d'un de ses 
frères , fut vaincu trois fois par Chah* 
rokh , et périt assassiné par son fils , 
digne châtiment du fratricide dont il ' 
s'était souillé. Djehan-Giah, son frère^ 
qui 9 soutenu par Chahrokh , f avait 
vaincu , lui succéda , et devint très 
puissant; mais il fbt vaincu et tué par 
le célèbre Usnn-Gassan ( f^cj^. Usim- 
Gassan) en 84 a de l'hég. ( 1 49^ de 
J.-C. ) Aly, son fils, eut le même 
sort, et en lui finit la dynastie du 
mouton noir , à laquelle succéda celle 
du mouton blanc. J— ^ir. 

GABABANTES ( Joseph de ) , ea« 
pucin espagnol , né en 1 6128. Enflam- 
mé du désir de prêcher l'Evangile 
aux nations sauvages du I^ouveau- 
Monde, il s^embarqua pour aller par- 
courir d'immenses déserts , se rendit 
célèbre par de pénibles travaux, et 
mourut en 1694, avec la réputation 
d'avoir opéré des prodiges. On lui 
donna, après sa mort, le titre de 
nouvel apôtre du royaume de Gallice. 
Il fit aussi des missions en Europe. 
Son biographe l'appelle : Misionurio 
ttpostolico en là America y Europa. 
Il publia quelques ouvrages intitulés : 
I. Ars addiscendi atque doeendiprù 
missiQntirii$ ad conv^rsionêm Indo* 



CAR 

mm aheunUbus ; IL Léxicon nés vo^ 
cabularium ad meliorem inteUigen* 
tiam sîffdficationemque verborum 
Inâomm; III. Practica de misio^ 
nés; W.Practicas dominicales. Ce 
dernier ouyrage fut imprime à Ma- 
drid, 1686 et 1687, a vol. in-4».; 
les autres avaient élé publies, dans le 
même format , a Léon et à Madrid en 
1674 et 1678. Les Pratiques domi^ 
fiicales contiennent des explications 
sur les priBcipau!i points de l'Evan- 
gile , etfurelit si estimées en Espagne, 
que Afiehel de Fuentes, évéque de 
Lugo, en ordonna des lectures pu-' 
bliqaes dans tout son diocèse. Diego 
Gonziles de Quiroga a public la Fi-^ 
àa^ virtutes , predicacion y prodi- 
poSf du P, de Carabantes, Madrid , 
1705, in-4", V— VE« 

CARACAL^ y empereur romain^ 
•insi nomme cronbamllement gauk)i9 
qn'il se plaisait k porter , s'appelait d'a- 
bord J^As^i/uii^, du nom de son grand* 
père maternel : il est aussi quelque- 
fois appdë Set^erus dans les médailles 
grecques et les monuments. II naquit 
alcyon en avril 188. L'empereur Sé- 
vère, son përe, lui donna les noms 
de Marc - Aureîe - ArUonin , en le 
créant César à l'âge de huit ans; le fit 
proclampt Auguste dans sa 1 1^ année, 
et se l'associa au consulat avant qu'il 
e&t quatorze ans. A la mort de Sévère , 
Je4féFrier2i ? (964 de Rome ), Ca- 
racailalui succéda, conjointement avec 
Gcta. Ces denx frères se portaient une 
naine mutuelle qui datait de leur en- 
feocc. Ils régnèrent cependant quel- 
que temps ensemble. Caracalla mena 
Géta aune expédition -contre les Calé- 
doniens (en Ecosse). Après une paix 
«sez honteuse, ils revinrent et firent 
lolenneUement une entrée dans Rome. 
Tons deux concoururent à Tapothéose 
de leur père* Ils n'en cherchaient pas 
Moipsies mojeiude s'entre^détruircù 



CAR gS 

Un moinent ils s'arrêtèrent i un parti 
qui les accordait^ c'était de partager 
l'empire. Caracalla aurait eu Rome , 
l'Occident, etc. Julie, leur mère, et 
les grands de l'état s'opposèrent à ce 
partage. Caracalla, dans l'impatience 
de régner seul , ne songea plus qn'à se 
débarrasser de son collègue par l'as* 
sassinat. Les occasions lui manquant^ 
il feigtiit de désirer une réconciliation^ 
et pria sa mère de lui ménager , dans 
son appartement , une entrevue avee 
son frère. Le jeune prince s'j rendit 
sans défiance. A peine fut-il entré, 
que des centurions placés en embus*^ 
cade TassaïUirent. 1\ se sauva dans lei 
bras de Julie, eiî il fut percé de plu* 
sieurs coups. L'impératrice fut cou* 
verte de son sang, et blessée à la main* 
La cruauté de Caracalla s'étendit jus-* 
qu'à sa mère : il ne lui fut pas permis 
de pleurer lamert de son fils, et elle fut 
même obligée iTen paraître satisfaite* 
Pour régner seul , Caracalla avait be- 
soin du consentement des soldats pré* 
tortens. Il feignit d'abord de n'avoir 
échappé qu'avec peine à un complot 
formé contre savie; mais bientôt la 
promesse qu'il leur fit de dix miîle 
sesterces par tête et d'antres largesse^, 
promesse ^ectuée sur-le-champ , lui 
gagna tous les cœurs. Les prétoriens 
le proclamèretit seul empereur^ et 
déclarèrent Géta ennemi public. Assiir- 
* ré des soldats, il se rendit an sénat; 
armé d'une cuirasse sous sa toge, et 
entouré de ses gardes. K se plaignit 
des embttcfaes dressées centre sa vie 
par son frère , et s'efforça de présenter 
sa mort comme Feffet d^une défense 
légitime. Pour en imposer au sénat 
par un grand acte de clémence, il or- 
donna que tous les exilés et déportés^ 
pour quelque cause que ce fllt, eussent 
la liberté de revenir à Rome. Depuis 
lors la vie de* Caracalla ne fut plui 
qu'un enchaînement de cruautés et de 



ffi CAK 

folies. Il fit périr tous ceux qui ayaient 
été attachés à Géta , à quelque titre 
que ce fut , n'éparguant pas même les 
enfants. L'historien Dion fait inonterà 
vingt mille le nombre des victimes , 
parmi lesquelles on comptait une û'.\e 
de MarC'Aurèle , dont le crime était 
d'avoir pleuré Géta ; une petite-fille de 
cet empereur ; le célèbre juiisoonsulte 
Papinien ( Fo^, Papinien ), etc. Par 
une contradiction qui tenait delà folie, 
il fit mettre à mort plusieurs des com- 
plices du meurtre de son frère , et de- 
manda au sénat un décret pour placer 
Géta au rang des dieux. Il parut même 
souvent le pleurer. Sylla,le plus san- 
guinaire des Romains , au temps de la 
république, était son idole: il fit cher- 
cher et reconstruire sou tombeau. Per- 
sonne n'imita mieux ce dictateur dans 
b manière de payer ou plutôt dVnri- 
chir ses soldats. L'augmentation de 
paye qu'il leur accorda se montait k 
.d8o millions de sesterces par année, 
ou 35 millions de livres tournois. « Je 
D veux, disait-il , qu'il n'y ait que moi 
» dans l'univers qui ait de l'aident: je 
» veux tout avoir pour en Eure des 
j» largesses aux soldats. » Ses extor- 
ûons et ses r^^pines égalèrent ses cruau- 
tés. Il obligeait les provinces de fournir 
gratuitement toutes les provisions né- 
cessaires h l'entretien et à la subsistan- 
.ce de ses armées* Quand il était hors 
de Rome pour ses voyages et ses ex- 
péditions militaires, il allait que les 
riches citoyens construisissent à leurs 
lî^ais^ sur tous les chemins par lesquels 
il pouvaitpasser , des maisons magni- 
fiques, garnies de tout ce qui était né- 
cessaire pour le recevoir. Dans les villes 
où il devait prendre ses quartiers d'hi- 
ver^ on était tenu d'dever des amphi- 
théâtres pour des combats de bêtès, et 
dés cirques pour des courses de chars. 
Ces constructions dispendieuses étaient 
détruits sm:-k<chain{« Au^i cnv^) 



-CAR 

que Caligula et Néron , mais pins foa 
que ces deux empereurs, il confondait 
dans la même haine et le même mépris 
le sénat et le peuple. 11 les attaquait par 
des invectives qu*il publiait en forme 
d'édits ou de harangues. Il se plaisait 
surtout à ruiner des sénateurs. Ce fut 
lui qui rendit commun à tous les hom- 
mes libres de l'empire le droit de ci- 
toyen romain , et il admit , le premier, 
des Égyptiens dans, le sénat. Mais de 
toutes ses folies, la plus grande fut sa 
passion pour Alexandre. Dès l'enfance, 
il eu fit son modèle, et le copia en tout 
ce qui était facile à imiteir. Parmi les 
statues. qu'il lui éleva à Rome et dans 
toutes les villes, il y en avait plusieurs 
dont le visage était moitié d'Alexandre, 
moitié de Garacalla. 11 avait une. pha- 
lange macédonienne composée de seize 
mille hommes tous nés en Macédoine, 
et commandés par d9 officiers qui 
portaient les noms de ceux qui avaient 
servi sous Alexandre. Il se croyait lui- 
même un autre Alexandre , et se fai- 
sait aussi donner le titre de grand, il 
était convaincu qu'Aristote avait trem- 
pé dans la conspiration d'Antipater , 
et, dans Son enthousiasme pour le roi 
de Macédoine, il fit bsûler partout 
les ouvrages d'Aristote. Enthousiaste 
d'Achille avec folie > comme il Tétait 
d'Alexandre, il se rendit à lliurai pour 
y honorer le tombeau du héros de la 
* Grèce. Voulant copier Achille jusque 
dans l'excès de sa douleur , il lui fallut 
un Patrocle : il le trouva dans Festus, 
le plus cher de ses affranchis, qui ve- 
nait de mourir, ou qu'il avait fait em- 
poisonner pour son objet , comme ou 
le soupçonna. Il célébra ses obsèques 
avec la pompe la plus extraordinaire ; 
lui dressa uu bûcher; lui fit des sacri- 
fices , des prières , des offrandes. G'est 
surtout dans ses expéditions militaires 
qu'il faut voir G.iracalla. U commença 
par visiter les Gaulée; et fit tuer le pro-; 



CAR 

4oiisiiIdela.GaulenarboQnaise. H exer^ 
ça toutes sortes de cmautés dans la pro* 
viace snr le people et sur les déposi- 
taires de l'aatoritë. Il porta ensuite b 
guerre en Germanie, au«delà du Rhin, 
contre les Gennes ou Cattes, et contre 
ks Allemands. Les Gennes se battirent 
ayec courage , et ne lui permirent de 
se dire vainqueur et de repasser le 
fleufc qu'après ayoirreçu de lui beau- 
coup d'or, il entra comme ami et allié 
curies terres des Allemands , et y fit 
construire des forts ^ dont ce peuple 
Jie s'alarma point. Quand il compta 
l)ieDSur sa sécurité' , il rassembla toute 
sa jeunesse, comme pour la prendre à 
sa solde , et la fit massacrer par ses 
troupes, dont il l'avait enveloppée. 
Pour cette grande victoire , il prit le 
nom SAlemarmicus. S'étant porté 
sur le Danube, il rencontra les Gotbs 
dans une partie de la Dacie , et eut 
sur eux quelques avantages. La guer- 
re que Garacalla méditait contre les 
Partbes l'appela à Antioche. Artaba- 
ne, qui régnait alors, effrayé de ses 
menaces , le satisfit , et en obtint la 
pftix. Abgare, roi d'Édesse, était allié 
des Romains ; Caracalla l'invita à ve- 
nir le trouver à Antiocbe , et , lorsqu'il 
Teut en sa puissance, il le fit charger 
de chaînes, et s'empara de ses états. 
Même perfidie à l'égard de Vologëse , 
roi d'Arménie , qui s'était rendu avec 
ses enCants auprès de lui , comme au- 
près d'un médiateur. Les Arméniens 
prirent les armes pour venger leur 
prince et heur liberté: ib battirent et 
repoussèrent les Romains. L'empe- 
reur vint ensuite à Alexandrie , dans 
l'intention secrète de tirer vengeance 
de plaisanteries malignes que le peuple 
de cette ville , naturellement lécer et 
railleur, s'était permises contre lui. Il 
annonça qu'il venait visiter le tombeau 
d'Alexandre, et rendre ses hommages 
AQ dieu Sérapis. Il se rendit en effet 

VII. 



CAR 97 

ail tempTe du Dieu , et j offrit des 
hécatombes, de làau tombeaud'Alexan-^ 
drc, où il déposa, en forme doffian-* 
des, ses vêtements impériaux et ce 
qu'il portait de plus prcfcieux. Ge fut 
ainsi qu'il prépara le massacro qu'il fit 
faire des habitants d'Alexandrie. Les 
historiens ne sont pas d'accord sur les 
moyens qu'il employa. Il parait que 
ses soldats, répandus dans la ville , 
firent main basse , pendant plusieurs 
jours et plusieurs nuits ^ sur les habi« 
tants et les étrangers , et mirent tout 
au pDlage. Garacalla contemplait cet 
affreux spectacle du haut du temple de 
Sérapis* Il termina en consacraut 
dans ce temple le fer dont il s'était 
servi, quelques années auparavant, 
ponr ordonner ou peut-être pour 
consommer lui-même ht meurtre de 
-son frère , comme il était accusé d'à-* 
voir, dans sa ieunesse, attenté h la vie 
de son père. Le désir qu'il avait tou- 
jours eu de triompher des Parthcs , et 
le dépit de voir qu'Artabaue, leur roi, 
lui avait refusé sa fille en mariage , lui 
firent rompre la paix qu'il avait faite 
avec ce prince. Use mitaussitoten mar* 
che, trouva le plat pays sans défense, 
ravagea les campagnes , prit des villes , 

{larcourut la Médie, et s'approcha de 
a ville royale. U viola les tombeaux 
des Arsacides , et jeta leurs cendres au 
vent. Les Parthes, retirés dans des 
montagnes au-delà du Tygre^ se pré- 
paraient k tomber avec toutes leurs 
forces sur les Romaius , l'année sui- 
vante -.Garacalla ne les attendit pas ; il 
revint en Mésopotamie, fier de sa vio« 
toire sur les Parthes, qu'il n'avait pas 
même vus. Dans une lettre qu'il écri< 
vit au sénat et au peuple , il se vanta 
d'avoir subjugué l'Orient* Le sénat lui 
décerna le triomphe , et le titre de 
Parthique, Instruit des préparatifs 
que faisaient les Parthes , il se dispo- 
sait lui-même k recommencer la guerre^ 

7 



g8 CAR 

quand il trouva le terme de ses fo- 
lies et de ses cnuutes. Macrîn , pré- 
fet du prétoire, haïssait Garacaila, qui 
lui prodiguait ^ en toutes occasions , 
les outrages et le mépris ; il crut avohr 
à craindre pour sa vie, des soupçons 
que l'empereur avait conçus contre 
lui , et résolut de le prévenir : en 
conséquence, il s'assura de Marlialis , 
un des officiers des gardes , sa créa- 
ture, pour tuer leur ennemi commun, 
quand l'occasion se présenterait. Ga- 
racalla , d'Édesse où il était, voulut se 
rendre à Garrhes pour j offrir un sacri- 
fice dans le temple du dieu Lunus; 
sur la route , Macriu trouva le mo- 
ment Êivorable , et le frappa d'un coup 
qui le tua le i8 avril 217. Ainsi périt 
ce priuce, jeune encore, après avoir 
régné uu peu plus de six ans. Les 
hbtoriens Dion et Hérodien ne s'accor- 
dent pas avec Spartian, son biographe, 
sur son âge. Avec des dispositions na- 
turelles qui avaient été cultivées par 
l'éducation, Caracalla montra toujours 
de l'ignorance et du mépris pour les let- 
tres. Quoiqu'il eût toujours vécu dans 
la débauche, il affectait du zèle pour 
la pureté des mœurs : il voulait même 
qu'on le crût religieux. Il condamnait 
à mort les adultères , et ordonna le 
supplice de quatre vestales dont le cri- 
me n'était pas avéré. Ennemi de toute 
dignité et de toute retenue, et passion- 
né pour les jeux du cirque et de l'am- 
phithéâtre, il prostituait sa personne , 
soit en combiattant lui-même contre 
des sangliers, soit en guidant des chars, 
vêtu en cocher, avec la livrée de la 
faction bleue. 11 chobLssait ses princi- 
paux ministres parmi les plus vils des 
hommes : c'étaient un eunuque , un fils 
d'esclave, etc. Il avait épousé Fulvia 
Plautilla , fille de Plautianus , préfet 
d^ prétoire, qui joubsait d'un très 
grand crédit auprès de Sévère , et qui 
lut mis k mort par Garacalla. Le règne 



CAR 

de ce prince > l'un de ceux qui contri- 
buèrent le plus à souiller le trône des 
Césars, est remarquable par les grands 
monuments qu'il fit élever dans Ro- 
me, par les thermes magnifiques qur 
portèrent son nom, et par an porti- 
que où étaient représentés les victoires 
et les triomphes de Sévère, son père. 
Malgré ses crimes , Caracaîla fut mis 
au rang des dieux par un séuatus- 
consulte , et par Macrin lui-même , 
qui l'avait tué. Ses médailles attes- 
tent sa consécration ; on en a de grec- 
ques et de latines, en tous métaux. 
On trouve , sur ces médailles, la mê- 
me légende que sur celles d'Antonin- 
le-Pieux , quoique ces deux empereurs 
ne se ressemblassent guère : anto- 
zfiNus Plus AUG. Q — R— y. 

CÀRACCIO. rox> au Supplément 
CARACCIOLI ( Ser Gianki ), 
gentilhomme napohtain de la bran- 
che cadette d'une maison dès long- 
temps illustre et puissante , fut le fa- 
vori de Jeanne II, qui le combla de 
ses dons , et le laissa maître absolu de 
sa personne et de son royaume. Ca- 
raccioli, pour affermir. son pouvoir, 
fit arrêter en i4i6. Jacques de la 
Marche , mari de la reine , et il le con- 
traignit ensuite à s'enfuir. Il trouva 
un rival dangereux dans Sforza de 
Cotignola , qui lui disputa , sinon le 
cœur de la reine , du moins la puis- 
sance ; mab l'ambition qui les divisa 
les réunit aussi h plusieurs reprises, 
et lorsque Caraccioli fut arrêté le ti j 
mai 14^5 par Alfonse d'Arragon, fils 
adoptit' de la reiue, qui voulait se dé« 
faire de lui , il dut sa délivrance à ce 
même Sforza , qui céda aux Arago- 
nais, pour le racheter, les vingt pri- 
sonniers les plus illustres qu'il càt 
faits sur eux à la bataille des For- 
melles. Caraccioli n'était plus jeune ; 
mais la reine était plus vieille que 
lui , «c , quoiqu'elle ne lui fut poiiU 



CAR 

fidèle 7 elle continuait à Faimer, à le 
craindre et à se laisser gouverner par 
lui. L'ambition et l'orgueil du favori 
étaient sans bornes ; il avait allie sa 
famille aux plus puissantes du royau- 
me; il s'était surtout assuré l'appui 
des gens de guerre et de Galdora, le 
condottiere le plus renommé parmi 
les sujets de la reine. Il s'était fait nom- 
mer grand sénéchal, duc de Véuuze , 
comte d'AvelIino , seigneur de Ga- 
poue , quoiqu'il ne portât pas le titre 
de cette principauté. Il demandait en- 
core à la reine la principauté de Sa* 
lerne et le duché d'Amalfî; mais 
Jeanne, lassée de l'humeur violente et 
impérieuse de Caraccîoli, avait été 
obligée de chercher une confidente; 
c'était Cobella Ruffà , duchesse de 
Suesse , fille d'une tante de la reine. 
Elle engagea cette princesse à résis- 
ter aux instances de Caraccioli pour 
avoir occasion de le perdre* Le fa- 
vori, ne pouvant obtenir les fiefis qu'il 
demandait, s^em porta en effet à ce re- 
fus d'une manière si violente et si in-» 
jurieuse que Jeanne fondit en larmes. 
La duchesse lui arracha aussitôt un 
ordre d'arrêter Caraccioli. On choi- 
sit, pour l'exécuter , la nuit qui suivit 
le mariage de son fils avec la fille de 
Caldora, le 19 août i452. Des as- 
sassins se présentèrent à sa porte 
avec un message supposé de Jeanne, 
et, feignant que le grand sénéchal 
avait fait résistance, ils le tuèrent sur 
son lit à coups d'épée et de hache. La 
reine ne se contenta pas de pardon* 
ucr à ses tneurtriers , elle confisqua 
tous ses biens. Dès qu'on apprit dans 
Naples la mort de Caraccioli, toute la 
ville se précipita dans son palais pour 
Toirun homme devant qui le mari de 
la reine, ses deux fils adoptifs , ses 
généraux, toute la noblesse et tout le 
peuple avaient tremblé pendant dix* 
Auitaus. Son cadavre était couché par 



CAR 99 

terre, à moitié couvert de ses habits. 
Une seule jambe était chaussée, et per- 
sonne n'avait pris soin de l'habiller ou 
de le remettre sur son lit. S. S— •!• 

CARACCIOLI (Robert) de la 
même famille que le précédent, mais 
plus connu sous le nom de Robertus 
de LiciOf parce qu'il était de Lecce, 
dans la province d'Otrante , au rojau* 
me deriaples, naquit en i4'25, et entra 
dans l'ordre des mineurs observan- 
tins, d'où il passa dans celui des 
conventuels; il y fit de grands pro- 
grès dans les sciences ecclésiastiques 
et profanes , professa la théologie, et 
se distingua surtout par son talent 
pour la prédication dans les princi- 
pales villes d'Italie. Le hixe de la cour 
romaine n'échappa pas k ses censures, 
sans que les papes devant lesquels 
il prenait cette lioerté lui en sussent 
mauvais gré. Callixtc II le chargea de 
la nonciature dans l'Ombrie ; Paul II 
lui donna une coramis9ion impor- 
tante à Ferrare, et le nomma prédi- 
cateur apostolique; Sixte IV réleva 
en 147 1 sur le siège d'Aquino, et en* 
suite sur celui de Lecce ; mais Sixte 
étant mort avant l'expédition de ses 
bulles, Caraccioli garda son premier 
siège , et il n^ ourut à Lecce le 6 mai 
1 495. Si nous en croyons Erasme, son 
ami , Caraccioli avait commis quelques 
infractions à la règle de S. François sur 
l'article de la chasteté. On cite de ses 
sermons des traits assez semblables 
à ceux qu'on attribue au petit père 
André y et même des saillies dignes des 
Menot, des Barlette et des Maillard. 
Ces sermons , dont la première édi- 
tion est de Venise, 147^*? in-4*-> 
ont été souvent réimprimés, et ses 
deux Carêmes ont été traduits en ita- 
lien. On a encore de lui : I. De ho* 
winis forma^one Uber^ Nuremberg , 
i4'79y in-fol. ; II. Tractatus de ira- 
camatione Ckristi; III. Speei^tum 



7- 



1 00 Car 

jidei Christianœ , Venise , 1 555 , în- 
fol. ; 1 V. Tractatus de immortalilate 
animœ^ ibid., i49^« in-4''»; V. De 
wtemd beatitudine, ibid. , 1 496 , inc 
4''. Sa Vie a érë composée par Do- 
sienico de AugeKs, Naples, 1705, in- 
4°. T— D. 

CARACCIOLI ( AwToiNE ), fils de 
Jean Garaccioli, prince de Melphe, qui 
fut maréchal de France en 1 544? et qui 
mourut à Suze en i55o, naquit à Mel^ 
pbe au commencement du lô*". siècle. 
Après avoir reçu une éducation dîstin- 
piée sous les plus habiles maîtres , il 
se produisit à la cour de François P"*.^ 
mais il se dégoûta promptcment d'un 
séjour oiî le rolc que lui imposait sa 
naissance l'obligeait à des dépenses 
au-dessus de sa fortune. Un accès de 
dévotion le conduisit dans le désert 
de la Sainte-Baume, eu Provence , où 
il mena pendant quelque temps une 
vie pénitente chez les dominicains 
<fni habitaient cette solitude. De re- 
tour à Paris, il prit Thabir de char- 
treux ; mais , avant d'avoir fini son 
noviciat, il passa en i538 chez les 
chanoines réguliers de Saint- Victor, 
dont , au bout de cinq ans , il fut fait 
abbé i c'est le dernier régulier qui ait 
possédé cette abbaye. Brantôme rap- 
porte qu'à l'arrivée de Charles-Quint 
à Paris, l'abbé de St.-Victor leva deux 
régiments , l'un d'écoliers , l'autre de 
moines , afin de rehausser la magnifi- 
cence de sa réception. Son esprit in- 
quiet et ambitieux lui suscita de fô- 
cbeuses afiàires avec ses religieux , et 
le jeta dans les cabales de la cour. On 
prétend même que , pour complaire à 
Diane de Poitiers, il intrigua pour 
faire dépouiller son père du gouver- 
nement de Piémont. Ayant permuté 
$on^ abbaye avec Louis de Lorraine, 
pour i'éveché de Troyes , il obtint des 
lettres dé Hçnri II , adressées au cha- 
pitre , pour qu'il lui fut permis d'en 



CAR 

5 rendre possession sans être oblige 
e se faire couper la barbe, afin de 
pouvoir être envoyé en ambassade 
dans les cours étrangères. CaraccioH, 
devenu évêquo, se montra favorable à 
la nouvelle réforme, la prêcha -même 
en chaire , et finit par en faire pro- 
fession ouverte f mais le peuple , in- 
digné de cette apostasie , le força i 
une abjuration publique. Il entreprit 
en 1557 le voyago de Rome, pour 
solliciter auprès de Siite IV , son pa- 
rent, le chapeau de cardinal et quel-* 
que riche bénéfice. Déçu dans ses es- 
pérances, il reprît le chemin de la 
France, et s'arrêta à Genève, où il 
eut des conférences avec Calvin et 
Théodore de Bèze, qui réveillèrent son 
penchant pour la réforme. H dissimula 
néanmoins tant que Henrî II vécut; 
il assista même au colloque de Poissy, 
et fut l'un des six évêques qui , après 
ce colloque, entrèrent en conférence 
avec le même nombre de ministres, 
chargés de trouver quelque moyen de 
conciliation, pr(^et qui n'eut aucuo 
succès. Caraccioli ne fiit pas plutôt de 
retour à Troyes, qu'il leva entièrement 
le masque, et prêcha le calvinisme 
avec beaucoup de chaleur. Ou assure 
même qu'il mit le sceau à son apos- 
tasie , en se mariant; mais ce hii n'est 
pas suffisamment prouvé. Forcé d'a- 
Aandonner son évêché, moyennant 
tme retenue de 4y5oo liv. de pension , 
tA reprit son litre de prince de Melphe^ 
et se retira à Châteauneuf-sur* Loire, 
où il termina sa carrière en i56g. 
Quelques auteurs disent, sans fonder 
ment, qu'avant sa mort, il était rentré 
dans le sein de l'Ëglîse. Théodore de 
Bèze en fait Un portrait qui n'est pas h 
son avantage : « C'était, dit-il, un hom- 
me qui avait beaucoup plus de paroles 
que de science, un esprit Ic^r, am-* 
DÎtieux, et menait une vie impudique. » 
De Tkou assure cependant ^'il ne 



CAR 

nuuHittait pas de littérature. Aprëi son 
apostasie , il continua à prendre le titre 
àévéque, quoiqu'il eut renonce' à Vé* 
piscopat, et celui de ministre du 
saint Evangile, quoiqu'on eût refusé 
de te recevoir ministre, surtout à cause 
de sa conduite équivoque après ia ba« 
taille de Dreux, où il était allé faire 
sa cour à Catherine de Médicis et au 
connétable de Montmorenei. On a de 
l»i : I. Miroir de la vraie religion , 
Paris^ t544 1 in-i6; H* une Lettre k 
Corneille de Muis, évêque de Bitonte, 

S nir justifier Montgoméri de la mortde 
enri II , dans te recueil des Epttres 
des Princes, deRuscelii; III. une autre 
Lettre aux ministres d'Orléans , pour 
dissiper leurs soupçons sur le peu de 
sincérité de sa conduire, par rapport 
à la religion réformée , dans les Mé- 
moires deCondé; iV* une traduction 
italienne de l'éloge latin de Henri II , 
par Pierre Paschalius. Il se mêlait de 
poésie française et italienne , comme 
on le voit par quelques pièces peu 
importantes. Ou a souvent imprimé 
sous son nom un traité historique et 
politique, De republicd Fenetorumj 
qu'on sait être de Trifone Gabrieli , 
noble vénitien. T— »d. 

CARâGCIOLI ( Antoine ), de la 
même famille que les précédents , en- 
tra dans l'ordre des théatins , et s'y 
distingua au I7^ siècle par un grand 
nombre d'ouvrages qui font honneur 
il son érudition. Les principaux sont: 
1. Synopsis veterum religiosorum ri' 
Utumy^c, cum nùtis adcomSituUo- 
nes clericorum regidarium eompre" 
hensa, Rome, 1610, in-4''* ; réim^- 

rié à Paris en 'i6'i8, in-4*., pat 
soins du cardinal de fiérulle; If. 
NomenclatùT et propylea in qual^ 
tuor antiquos chronologos , Naples, 
j6!i6, in-4*-> ^^^ ' ces quatre 
^'hroniqneurs sontHéfempert, moine 
du Monl-Cassin^ auteur de VHis- 



CAR 



»ot 



toire des princes de Bénéçent j 
depuis 785 jusqu'en 880 ; Lnpus 
Protospata, qui a fait une chroni- 
que du royaume de Naples , depuis 
806 jusquen 11 oa; l'Anonyme du 
Mont-Cassin, qi^i a écrit une autre 
chronique du même royaume, depuis 
l'an 1000 jusqu'en laooi; enfin , Fal^ 
con, notaire du sacré palais, à qui 
Ton doit une relation des événements ' 
du même pays , depuis 1 1 oa jusqu'en 
i^So, écrite avec exactitude, mais 
d'un style barbare ; tout cela est en- 
richi des notes estimées d& l'éditeur. 
Ces pièces ont été réimprimées dans le 
tome V du recueil des Historiens d*l» 
talie, de Muratori , avec lés additions 
et corrections de Camille Peregrini. 
Les autres ouvrages du P. Carâccioli, 
sont : Biga iUustrium coniroi^ersia- 
rum ; De S, Jacobi acûessu ad His- 
paniam et defunere sancti Martini 
à S. Amhrosio procuràtô , Maples , 
i5i8, in-8^; CollectaneavitœPau- 
li; B, Cajetani et sodorum vitœ y 
Cologne , 1 6 1 2, in-4"« ; -^^ sacris ec- 
oleske Napolitanœ mbnumentis, Na- 
ples, 1645, in-fol., ouvrage posthu- 
me; 1$. BasilU mafpii oratiortts de 
jejunio; Apologiapro psahnodid in 
choro; Fïta sancii Antonini. T— d. 
CARAGCIOLI ( Tristan ), de la 
branche cadette dite d'Alleone, naquit 
vers l'an 1 439. Il était homme fait et 
même marié lorsque le désir de s'ins^ 
truire lui fît «ommencer à étudier la 
grammaire et la langue latine, dont il 
n'avait aucune teinture. Ou ne connaît 
pas la date exaete de sa mort , mais ou 
Toit par ses écrits qu'ilvivait encore en 
iSi^. On a de lui des opuscules la- 
tins, que Muratori a insérés dans le 
tome XXIl de son Recueil des écriT 
vains de Vkistoire d'Italie. Tristan 
y est en général d'une teHe rése l'Vc, 
que Foh y apprend rarement des 
choses particu|ici:es. *^ Métellus .G a- 



109 CAR 

iu.CGioLT,îesuite, professeur dethéo* 
logie et d'Ecriture-Sainte k N:aples , en 
iSgS, a laissé un Commentaire sur 
le prophète haïe* ^^ Octave Carag« 
Giou, né en Sicile, avocat, et ensuite 

!*uge à la cour royale de Palerme , pu* 
>Ua en latin un recueil. des décisions 
de cette cour , et un autre intitulé : De 
Jbrl pripilegiorum remissione ; il 
mourut en 1671.-^ On cite encore 
UD Michel Car agciou de Francavilla , 
jurisconsulte et poète, qui n'a rien 
publié, et dont on a seoleinent oon*' 
$ervé en manuscrit des ouvrages de 
sa profession, et quelques poésies 
italiennes ; et uu Ferrante Caracgio» 
Li, comte de liiccari, qui publia en 
italien, en 1 58 1 , des commentaires des 
guerres de D. Juan d'Autriche contre 
]es Turks, Florence , 1 58i , in-4"* y et 
qui a laissé en manuscrit dans la même 
langue, une Fie de ce même D. Juan 
d'Autriche ^ un discours sur les mai* 
sons Caracciolaet Carafa; un autre 
sur le décret du concde de Trente , 
relatif au duel^ etc. «-^ Enfin , un au* 
tre Càracgioli, ambassadeur de Na- 
ples à Londres , et ensuite à Paris, à 
]a fin du ï8\ siècle, s'y fit remar- 
quer par l'étendue de ses connais* 
sances et la finesse de son esprit , 
et fut lié avec les gens de lettres les 
plus distingués , et surtout avec les éèo^ 
nombtes , dont il voulut ensuite meto 
tre les principes en pratique lorsque 
sa .cour le nomma vice^roi de Sicile, 
Il écrivit de Païenne à plusieurs de ses 
amis de Paris , et surtout à d'^Uem* 
hert et h Marmontel. Ce dernier en 
fait un très beau portrait dans ses Mé- 
moires. C. T«-*Y. 

GàBACGIOU ( Louis - Artoiici: 
9E ) , naqiiit h Paris , en 1 73 1 , d'une 
branche de l'illustre maison napoli^ 
taine de ce nom , et d'un père dont 
la fortune avait été ruinée par le sys«> 
tême de I^aw, Après avoir fait ses étu« 



CAR 

des au Mans , où son père était établi , 
il entra en 1 759 dans la congrégation 
de l'Oratoire; il s'y distingua par sa 
facilité et son goût pour les belles-let* 
très, par la gaité de son caractère, les 
agréments de son esprit, et par le ta* 
lent singulier pour imiter, de la voix 
et du geste , toutes sortes de person- 
nes , au point qu'on s'imaginait con-* 
verser avec les originaux dont il n'é« 
tait que la copie. Après avoir rempli sa 
carrière classique avec succès dans le 
collée de Vendôme , son goût pour 
les voyages et le désir de connaître la 
patrie de ses ancêtres le conduisirent 
en Italie. Le nom qu'il portait, ses qua^^ 
iités aimables, ses connaissances litté* 
raires , lui valurent un accueil distin^» 
gué. Benoit XIV, et ensuite Qément 
Al II , le reçurent avec honneur, et il 
conserva des i^elations épistolairesavec 
plusieurs membres du sacré collée* 
Etant passé en Allemagne et de là en 
Pologne, il devint gouverneur des en- 
fants du prince Rewski, grand-génë« 
rai et premier sénateur du royaume, 
U V fut décoré d'un brevet de colo- 



i 



nel, afin d'être admis à la taUe du 
grand général. Cette place lui valut 
une pension viagère de S^ooo livres , 
qui lui a été régulièrement payée jus- 
qu'à la révolution de Pologne , et il 
témoigna sa reoonnaissance envers son 
bienfaiteur, en composant la vie de 
Wenceslas Rei^«ki, le plus illustre 
personnage de cette famuie. Lorsque 
sa mission fut terminée, CaraodpU 
rentra en France ; il résida quelques 
années à Tours , et vint enfin se ûxex 
à Paris. Il sut se rendre intéressant 
dans plusieurs sociétés par une con- 
versation gaie, nourrie d'une foule 
d'anecdotes qu'il avait recueillies dans 
ses voyages, et qu'il racontait d'une 
manière piquante, M^js comme sa mo- 
dique fortune suffisait à peine à son 
entretien , il chercha ik y suppléer par 



CAR 

U composition d'un grand noinbre 
d'oavrages qui se suceëdèreiit rapide- 
ment sous sa plume féconde. On ne 
doit j ckeicher ni des vues profondes , 
ni un style brillant; mais ils respirent 
tous un grand respect pour la religion 
ft pour la saine morale; ib sont d'ail- 
leurs écrits avec une clarté qui les met 
il la portée de tout le monde ; ils eu- 
rent surtout beaucoup de vogue parmi 
les ecclésiastiques de province, qui 
trouvaient dans plusieurs d'abondaots 
matériaux pour leurs sermons , quel- 
quefois mémo des sermons tout faits. 
Od en traduisit la plupart en italien, 
en allemand , quelques-uns en anglais. 
Garacdoli n'avait jamais été dans l'ai- 
sance ; les troubles de la Pologne le 
privèrent de la pension que lui di- 
saient ses anciens pupilles. Il perdit y 
peu après , une autre pension que lui 
avait laissée l'impératrice Marie-Thé- 
rèse. La révolution française lui ravit 
encore des secours du même genre. Il 
reçut de la convention nationale y en 
I ^95, un traitement annuel de 2,000 
livres. Enfin , il mourut à Paris , le 
^g mai i8o5, ne laissant à son fidèle 
domestique que vingt*quatre francs 
pour tout héritage, et la recomman- 
dation de ses amis. La seule nomen- 
clature de ses nombreux ouvrages 
remplirait plusieurs colonnes ; nous 
nous bornerons à indiquer les prin- 
cipaux : I. Caractères de r amitié ^ 
Francfort, 1766, iu-i!2; II. Con- 
versation avec soi-même } Jouis* 
sance de soi-même; \\\. le Férita* 
Ue Mentor; le Tableau de la mort ; 
Vf .le Cri de la vérité contre la sé^ 
duction du siècle ; Y. les Derniers 
J dieux à la maréchale ; VI. Lettres 
et récréations morafes; Y II. les Fies 
du cardinal de Bérulle, du P. de Gon- 
dren, de Benoît XIV, de Qément 
XIV, de M"*, de Maintenons de Jo- 
seph II; Vin. les Nuits Clementi- 



CAR 



iô5 



nés, poème en quatre chants, traduit 
de l'italien de fiertolo ; IX. Lettres 
intéressantes de dément XI F , 
Paris, 1775, a vol. in-ia; ibid. , 
1776, 5 vol. in -12. Une philoso- 

Shie douce , une morale tolérante , 
es maximes de conduite sagement 
exprimées, des préceptes de littéra- 
ture .pleins de goût , qui forment le 
caractère de ces lettres, sous la plu- 
me d'un pape auquel l'opinion pu- 
blique attachait un grand intérêt, leur 
donnèrent une vogue extraordinaire. 
La critique forma des doutes sur leur 
authenticité; en effet, elles paraissaient 
si supérieures à tous les ouvrages Aie 
Caraccioli , qu'on ne pouvait se résou- 
dre à les lui attribuer. On le somma 
de produire ses originaux. U les fit 
imprimer en 1777. On crut n'y aper- 
cevoir qu'une traduction italienne de 
l'oiiginal français. C'est ainsi que Ca- 
raccioli est resté malgré lui l'auteur du 
meilleur ouvrage qui soit sorti de sa 
plume, ayant constamment protesté 
jusqu'à sa mort, qu'il n'en était que 
le traducteur, et, lorsque l'illusion a 
été dissipée, ces lettres ont encore con- 
servé une grande partie de leur pre- 
mière vogue. On attribue aussi à Ca- 
raccioli la Notice intéressante et eu* 
rieuse des ouvrages satiriques qui 
parurent à Vépoque des états gêné-' 
roux dé i664> et une foule d'autres 
ouvrages dont on peut voir le détail 
dans la table du Dictionnaire des 
anonymes et pseudonymes^ T— d. 
CARACTACUS , roi des Silures 
( peuple de la Grande-Bretagne dans 
la principauté de Galles ) , était l'un 
des princes les plus puissants qui ré- 
gnaient dans cette île , lorsque le pro- 
préteur Publias Ostorius y fut envoyé 
par l'empereur Claude contre les en- 
nemis qui s'étaient )eté$ sur les terres 
des allies de Rome. Caractacus, dit 
Tadte , s'était élevé, par beaucoup de 



io4^ GA R 

revers et beaucoup de suocis, fort ao^ 
dessus des autres chefs de la Grande-' 
Bretagne. II se défendit Ipng^temps , 
et opposa une grande résistance au 
général romainr Enfin, son armée 
s'e'tant renforcée de tous ceux qui crai- 
gnaient la paix avec ce peuple, il 
choisit son cnamp de bataille , haran- 
gua ses troupes , et se décida à une 
affaire générale. Du coté des Romains, 
le soldat demandait aussi le combat. 
Ostorius marcha aux retranchements 
. de l'ennemi , le mit en déroute , et le 
poursuivit sur les montagnes où il s'é- 
tait réfugié. Garactacus fut vaincu ; on • 
prit sa femme et ses enfants , et ses 
frères se rendirent. Quant à lui, il 
crut trouver un asyle auprès de Gas- 
tîmandua , reine des Bngantes (peu- 
ple du duché dToi^k); mais elle le 
livra au vainqueur. Il iiit conduit à 
Rome, où son nom avait quelque ce* 
lébritd : il avait bravé la puissance des 
Romains pendant neuf ans. On attacha 
uuc grande importance a la prise de 
Garactacus; Glaude augmenta les états 
de la reine Castimandua qui l'avait i ivre, 
et on décerna les honneurs du triom- * 
phe à Ostorius. On compara cet ex- 
ploit à la prise de Syphax par Scipion , 
et à celle de Persée par PauUËmite. La 
femme* de Garactacus, ses enfants et« 
les grands de sa cour , servirent au 
triomphe de Glaude, devant lequel ils 
s'humilièrent; mais lorsque Garactacus 
iiit amené devant son tribunal , il con« 
serva toute la fierté de son caractère , • 
et lui adressa ce peu de mots que nous 
a conservés- Tacite : « Si dans mes 
» jours de prospérité j'eusse eu autant 
» de modération que j'avais de nobles* 
» se et d'éclat, cette ville m'eût vu> 
» entrer dans ses murs l'ami, non le 
» captif des Romains f leur empereur 
» n'eût pas dédaigné l'alliance d'un 
i> prince né d'illu^stres aïeux et souve- 
» rain de plusieurs coiçit^^s, Aujour- 



CAR 

y.d'hui la fortune vous élève de ton- 
» te la hauteur d'où elle.me précipite ; 
n mais j'étais né ayant des chevaux,. 
V des armes , des soldats, des trésors. 
» Etes>vous surpris qu'avant de les 
» peixlre j'aie tenté de les défendre ? 
» Parce que vous voulez commander. 
T» au monde, s'ensuit-il que le monde 
» veuille vous obéir? Au reste, si .je 
a me fusse livré sans défense à votre 
» discrétion , votre victoire eût été 
» aussi, obscure que mon infortu^. 
»Dans ce moment même, envoyez-- 
n moi au supplice , et l'oubli de mon 
» nom va suivre la fin de mes jours. 
» S'il vous plaît de me laisser vivre ,> 
^]e deviens un monument éternel de 
• votre démence.— -Vivez et soyes 
» libre, » répond l'empereur, moinS' 
entraîné par sa propre émotion que. 
par celle qu'il a lue dans les.yeux d'A- 
grippine. Aussitôt c'est à qui détachera 
les fers de Garactacus, de sa famille , 
de son cortège. Garactacus, comme < 
les«utres , court se jeter aux pieds de 
l'impératrice ; la reconnaissance ob- 
tient de lui l'hommage que la crainte 
n'avait pu lui imposer. La place pu->- 
blique retentit d'acclamations , et pen- 
dant ce jour et pendant ceux qui le 
suivent, la cour, le sénat , le peuple , 
l'armée , s'occupent à l'envi d'honorer 
le courage et d'adoucir le malheur des. 
Bretons. Enfin, Glaude renvoie Ga« 
ractacus chaîné de présents exercer 
encore dans sa patrie une .puissance 
qu'il ne tournera plus contre les Rou- 
mains. C'était le seul moyen qu'eut le 
vainqueur de s'égaler au vaincu : la 
politique l'eût saisi au dc&ut de la gé- 
nérosité. Les historiens écossais di- 
sent que Garactacus régna encore deux 
ans sur leurs ancêtres, uniquement 
occupé du gouvernement intérieur et 
du bonheur de sts sujets. On ne le vit 
lus prendre aucune part aux iiou vêl- 
es insurrections des peiipies britauni* 



p 

le 



CAR 

^es'fJDntfe Ostorius , et le^ Romains 
«'«liront pas lieu de se repentir d'avoir 
voulu 

Eacajer dëtormaU 
Sa ce eoBvr indompté U force des bienfaiU* 

€es mêmes historiens placent la mort 
du héros breton dans l'année- 54 de 
J.-G. Il y a une tragédie anglaise de 
Caractacus, ouvrage estimé , dont 
Tauteui est M. Masson. C'est par èr« 
reur que Uaym a attribué une mé» 
daille à Caractacusf elle n'est pas de 
ce prince. T — n. 

Ci AAADOG ( DE Lanf-Carvan ) , 
bistorien breton , né dans le pys de 
Galles y florissait sous le roi Etienne , 
dans le i ti*. siècle ^ et mourut vers l'an 
] 1 5o. Il était contemporain de Guil- 
laume de Malmesbury et de Henri de 
Himtington , qui ont aussi écrit k'his-' 
loircde leur temps. H est loué par Gau- 
fnd, ouGaifrid , évéque de St-Asapli , 
qui vivait daBS le même siècle. Gara- 
dog écrivit l'histoire des petits rois'bre- 
tons, qui y lorsque les Saxons étaient 
maîtres de TÂngleterre, se maintin- 
rent dans les montagnes de Galles et 
de Gomouailles. CetlÀ histoire , qui a- 
pour titre : Britarmorum successio- 
nés , est €onse|*vée manuscrite dans 
UQ des seize collèges de Cambridge 
(celui de St.-Benott ). Cette chronique, 
commence à l'an 686, et a été conti- 
nuée jusqu'en 1^280. Caradog com- 
posa aussi un livre De situ orbis,' 
une vie de 5. Gildas l'Albanien, et 
des commentaires sur Merlin le Cale* 
donien. Sylvestre Giraldus , qui vivait 
sous Henri II , avait écrit la Vie de 
Garadog. V— ve. 

CARAFFÂ, maison illustre de f4a* 
pies , qui se dit issue de la famille Sis- 
mondi de Pisc. Le premier qui porta 
ce nom était un gentilhomme Pisan qui 
sauva l'empereur Henri V I, en se Jetant 
entre lui et un homme qui voulait le 
Utâser. 11 reçut lui-même le coup desti'* 



CAR 



to! 



né à son souyerain, et son sang coulant 
sur son })oucUer, Henri l'essuya de la 
main , et fit paraître trois raies blan« 
ches sur le rouge ; il s'écria en même 
temps : Cara fè m*è la vostra. Telle 
est 1 origine du cri de guerre et des ar- 
mes des Sismondi et des Carafia ^ qui 
prirent eux-mêmes , comme surnom , 
les deux premieis mots de leur devise, 
cara fi. — - CarafTclio Caraffa , un 
des courtisans de Jeanne ^^, entra 
dans la conjuration contre André, sou 
mari, et fut au nombre de ceux qui 
périrent sur l'échafi^iud. -— Antoine 
Caraffa, surnommé Malizia, un des 
politiques les plus habiles qu'il y eut 
alors en Italie, fut envoyé par Jeanne 
Il en ambassade auprès du pape Mar- 
tin V , et c'est là qu'il conclut , en 
1426, l'alliance entre Jeanne et Al- 
phonsed'Arragon, en vertu de laquelle 
le dernier fut adopté comme héritier 
du royaume de Naples. Paul IV^eufin, 
qui fut fait pape en 1 555, était de la 
même famille, et ses efforts pour ren- 
ies Caraffa puissants et riches, trou- 
blèrent long-temps l'Italie. S. S- — i. 
CARAFFA ( Charles , Jean , et 
AnToiiTE), neveux du pape Paul IV, 
et fils de Jean-Alfonse Caraf£si , comte 
de Montorio. Paul lY , ayant été élevé 
à la chaire de St. • Pierre, le 20 mai 
1 555 , voulut aussitôt faire jouir ses 
parents de sa haute dignité. 11 créa 
Charles cardinal , quoique ce seigneur, 
qui auparavant était chevalier de Maû 
te , fût bien plus fait pour la carrière 
militaire, qu'il avait suivie jusqufalors, 
que pour tes dignités de l'Église. Il 
dépouilla, sons de vains prétextes, 
les Colonne, de tous les biens qu'ils 
possédaient dans l'état de Rome, pour 
en investir Jean, le second de ses ne- 
veux, qu'il créa duo de Paliano, et 
capitaine-général de l'Eglise^ enfin, il 
donna au troisième , Antoine , le mar* 
quisat de Montebello , qu'il enleva aux 



io6 



CAR 



eomtes Guidi. Gomme cesconfiscdtioDS 
excitaient le mécontentement de toute 
Ja noblesse, et que les Colonne, pro* 
tegës par le vice-roi de Naples , vou- 
laient re<^ottvrer leur patrimoine, Té- 
lé vation des Carafia. engage^ les éiats 
de l'Église dans une guerr« sanglante; 
elle devint même bientôt générale en 
Europe; car , tandis que le duc d'Albe, 
vice* roi de Naples, envahissait le pa- 
trimoine de St.-Pierre > Henri II, roi 
de France , rompait , pour le défendre , 
la trêve qu'il avait faite l'année précé- 
dente avec les Espagnols. Philippe II 
faisait à contre cœur la guerre à TE- 
glise; il proposa des termes avanta- 
geux aux Carafia ; au lieu des biens de 
la maison Colonne, il offrit de leur 
donner l'état de Sienne, que les armes 
de Charles-Quint avaient soumis en 
1 555. Mais Paul IV formait déjà pour 
ses neveux des projets plus rélevés; il 
soutint la guerre avec l'aide du due de 
Guise , qui lui avait amené une armée 
française, et, lorsque la retraite de ce 
duc le força enfin à traiter, il trouva 
Philippe encore disposé à lui accorder 
des conditions avantageuses. Son traité 
fit signé le i5 septembre 1557. Mais 
Guise en partant avait dénoncé au 
pape l'insolence de ses neveux. Leur 
rapacité et les injustices qu'ils com- 
mettaient soulevaient contre eux tous 
les sujets de l'Eglise, et l'ambassadeur 
çle Toscane vint à son tour porter les 
plaintes de son maître contre leur ar- 
rogance. Paul IV , qui y jusqu'alors 
avait paru n'écouter que leurs con* 
seils, prit tout k coup contre eux les 
résolutions les plus violentes ; il les 
dépouilla, au mois de janvier i559, 
de toutes les dignités qu'il avait accu- 
mulées sur leurs têtes, et il les exila 
loin de Borne, après avoir déploré, 
dans une congrégation de cardinaux, 
les fautes qu'il avait commises pour 
avoir suivi leurs conseils. Huit mois 



CAR 

aprës avoir exercé conti'e sa famille 
^une justice aussi séyhrt , Paul IV 
mourut, le 18 août 1 559, et ^^ P^^' 
pie de Rome , ne trouvant point encore 
que les Caraffa fussent assez punis , 
effaça de tous les monuments publics 
leur nom et leurs armes , força les pri- 
sons pour en tirer leurs ennemis, et 
brûla le palais de l'inquisition que 
Paul IV avait rendue plus sévère : 
dans le même temps, le sénat romain 
abolit, par un décret, la mémoire des 
Caraffa , et le conclave porta sur la' 
chaire de S. Pierre- le caraiual de Wé- 
dicis , leur ennemi , qui prit le nom de 
Pie IF* Le nouveau pontife ne tarda 
pas à satisfaire le désir de vengeance 
que le peuple manifestait. Le 7 juin 
1 56o , il fit arrêter les deux cardinaux 
Caraffa, Charles et Alfonse, ainsi que 
Jean Caraffa, comte deMontorio; un 
procès fut intenté contre eux , soit 
pour les abus dont ils s'étaient rendus 
coupables dans leur administration, 
soit pour le meurtre de la comtesse 
de Montorio , que son mari avait fait 
assassiner. Philippe II pressait leur 
condamnation pour se venger des Ca- 
raffa; le pape lui-même désirait don- 
ner un exemple aux favoris et aux 
neveux des pontifes à venir. Le pro- 
cès fut lu aux cardinaux , en plein con-^ 
sistoire, le 5 mars i56i, ensuite de 
quoi Charles Caraffa , cardinal , fut dé- 
gradé et condamné à mort : il fut étran« 
glé dans sa prison la nuit suivante. 
Jean Caraffa , comte de Montorio, eut 
la tête tranchée le même joar, avec le 
comte d'Alife et Léonard de Cardine 
qui l'avaient assisté dans le meurtre 
de sa femme; son neveu , le cardinal 
Alfonse Caraffa , fils du marquis de 
Montebelio , fut relârhé , après avoir 
été soumis à une amende de cent mille 
écus , et se retira dans son archevêché 
de INaples , où il mourut de chagrin en 
1 565^ âgéde vingt^inqau^ Maisaprès 



Car 

Pie IV, Pie V, créature dé Paul IV, 
fatéleYé, en i566, au pontificat; ce 
nouveau pape fit revoir le procès in- 
tenté aux GarafTa ; la sentence pronon- 
cée contre eux fut déclarée injuste ; 
le juge rapporteur , Alexandre Pallen- 
lir re, eut la tête tranchée , et la maison 
Giraffa fut restituée dans les honneurs 
qu'elle tenait de ses ancêtres , et qu'elle 
a conserva jusqu'à nos jours* S. S— i. 

CARAFFÂ ( Antoiite ) , cousin du 
troisième an quatrième degré de Paul 
IV, fut éieyé par ce pontife , qui lui 
donna pour maître le savant Gui!« 
laumeSirlet, et le pourvut d'un cano- 
DÎcat de St.*Pierre ; mais à la mort de 
son parent et protecteur , Antoine par- 
tagea la disgrâce de sa famille, fut 
dépouillé de son canonicat, et contraint 
de se réfugier à Padoue , où il se livra 
à l'étude avec le plus grand succès. 
Fie V le rappela à Home , et le fit 
cardinal en i568; nommé bientôt, 
après cbef de la congrégation établie 
pour la correction des fiibles , il fut 
eocore, sous Grégoire XIII, biblio- 
tbécaire apostolique, et mourut en 
jSqi. Il a traduit du grec en latin : 
Catena vetenim patrum in omnia 
saerœ scripturœ cantica, Cologne, 
157a, in-8". ; c'est lui qui a recueilli 
les lettres des papes, depuis S. Clé* 
ment jusqu'à Grégoire Vît , et qui est 
l'éditeur de la Bible grecque des Sep<» 
tante , imprimée avec la préface et les 
abolies de Pierre Morin , Rome , 
1 587 9 in-'fol, , à laquelle il ajouta des 
notes et UQe épître dédicatoirc au pape 
Sixte V. C. T— Y. 

CABAFFA (GeARLEs), de la même 
famille que les précédents, naquit à 
Naples,en i56i , et, à l'âge de seize 
ans, entra chez les jésuites. I^a faiblesse 
de sa santé l'en fit.soitîr après cinq 
ans. n prit alors le parti des armes , 
et se signala par ses exploits. Il vint 
solliciter à Naples la récompense d« 



CAR 107 

ses services militaires. «Un jour, dit 
» M. de Chateaubriand , comme il se 
» rendait au palais , il entre par hasard 
» dans l'église d'un monastère. Une 
» jeuue religieuse chantait ; il fut tou- 
» ché jusqu'aux larmes de la douceur 
» de sa voix ; il jugea que le service 
» de Dieu doit être plein de délices , 
» puisqu'il donne de tels accents à ceux 
» qui lui ont consacré leurs jours. Il 
» retourne à l'instant chez lui, jette au 
» feu ses certificats de service, se coupe 
» les cheveux , et fonde l'ordre des 
» ouvriers pieux y qui s'occupe en gé* 
» néral du soulagement des infirmités 
» humaines. Cet ordre fit d'abord peu 
» de progrès, parce que, dans une 
» peste qui survint à Naples, les re* 
» ligieux moururent tous en assistant 
» des pestiférés , à l'exception de deux 
» prêtres et de trois clercs. » Grégoire 
XV, approuva , en i6ai , la congr€^- 
gation des Ouvriers pieux. CaraflTa mou* 
rut le 8 septembre 1 653. A. B— -t. 

CARAFFA ( Vincent ) frère du pré- 
cédent , se fit jésuite à Tâge de seize ans, 
parvint, en i645, à être élu le 7*. gé- 
néral de sa compagnie, et mourut en 
1 649 , âgé de soixante-quatre ans. Il 
a laissé quelques ouvrages de piété. Sa 
vie a été écrite en italien par Dan. Bar- 
toli , Rome, i65i , in*4''« ; traduiteen 
français par Thomas Leblanc, Lyon, 
j65a , in* 8''. y et en latin par Jacques 
Hantin^ Liège, i655, in-8°. — Ca» 
BAFFA ( Charles ) , fils de Fabrice Ca* 
raffa, prince de la Boccella, fut évê-» 
que d*Aversa , nonce apostolique, puis 
l<%at en Allemegne près de Ferdinand 
II, sous le pontificat d'Urbain VIII, 
et mourut en 1 644* I^ ^^^ auteur d'uu 
ouvrage intitulé : CommenUiria de 
Germardd sacrd resimjoraidy Golo* 
gne, 1639, in-8^; cet ouvrage, qui 
9 été traduit en français pr le prési- 
dent Cousin , concerne l'état de la re* 
ligioQ (>R AUcBiagne, depuis l'an 1620 



io8 



CAR 



jusqu'en 1629 ; une seconde édition , 
Francfort , 164 1 , in - 1 a , contient 
une deuxième partie ou continuation 
jusqu'à 1641 9 ^te par un anonyme. 
-—GABAFFA(Gfaa ries-Marie), dernier 
des princes de la Roccella et de Bu» 
tero, premier baron du royaume de 
Kaples, et grand d'Espagne, fut am- 
bassadeur extraordinaire d'Espagne à 
Rome en i684f et mourut sans en<r 
fants en 1695, âge d^ quarante-neuf 
ans. C'était un homme très savant 
dans les belles-lettres , les langues , 
l'art oratoii^e, la philosophie, les ma* 
Ihématiques et le droit. On a de lui : 
Opère poUtiche chrisiiane ^ 1692 , 
în-M. , divisées en trois parties , dont 
la première concerne le prince, la se- 
conde l'ambassadeur , et la troisième 
est une critique de la Raison d'état 
de Machiavel : les deux premières 
avaient déjà été imprimées sépré» 
nient. C. T— T. 

CARAFFA ( Jean-Baptiste ) est 
auteur d'un éliisloire de Naples, IstO' 
rie del regfto di NapoU, Naples, 
1572, in-4*'.; elle est divisée en dix 
ivres , s'étend depuis l'an premier de 
Jésus-Christ jusqu'à l'an 1 48 1 , et est 
précédée d'un discours sur l'origine 
oes familles nobles de la ville de Na- 
ples. Le mémcpublia un traité De Si" 
numiis, i566, in-S". — Caraffa 
( Plaade ), historien de Sicile, né à 
Modica au commencement du 17". 
siècle, a composé : I. Sicaniœ des» 
criptio et deUneatio in qud ulterioris 
regni SicUice partes, oppida^ litto- 
ra hreviter describtmtur, P^erme , 
1655, in-4^; 11. Motucœ illustratœ 
descriptio sisfe deUneatio , Palerme , 

1654, iii-4''*' ^^^ ^^ description de 
la patrie de l'auteur. Barmann a in- 
séré ces deux ouvrage^ dans sa col- 
lection. III. la Chiave dell lialia , 
compendio istorico deUa città di 
Messina, Venise ,1670, in-4"r, rare j; 



CAR 

cette histoire de Messine remonte à 
l'an du monde 1974^ ^t s'étend jus** 
qu'à l'an 1670 de J.-C. — Cahaffa 
( Joseph ), savant italien du iB"". siè- 
cle, est connu par divers ouvrages 
estimés, entre autres par celui qui a 
pour litre : De Gymnasio romano y 
et de ejus professoribus ^ ab urbe 
conditd usque ad hœc tempora^ H" 
bri II, Rome, 1751 , in-4"> 11 avait 
publié dans la même ville ^ en 17491 
m-4***: De Capelld régis utriusque 
Siciliœ y et àliontm principum liber 
unus. — Cabaffa ( François), piince 
de Colobrano, poète italien du i8^ 
siècle. On a de lui : Rime varie ^ Fio« 
rence, i75o,in-4"« V— ve. 

CARAGLIO, ou CARALIUS 
( GîovANin Jacopo ) , surnommé /o*- 
eobus Feronensis , dessinateur et gra-r 
veur au bunn, naquit à Vérone daus 
le commencement du 1 6". siècle , et 
fut élève de Marco Antonio Raimondi* 
Cet artiste a beaucoup gravé d'après 
Raphaël, Jules Romain, le Titien, le 
Parmesan , et autres grands maîtres* 
Ses estampes sont cependant assez 
rares. 11 a gravé aussi des camées , 
des pierres fines et des médailles , 
avec succès. 11 s'occupait encore d'ar- 
chitecture. SigismonaP^, roi de Po- 
logne, l'appela près de sa persoDne, 
et le combla de bienfaits. Caraglio est 
mort à Parme en 1 55 1 . P— -e. 

CARAMAN. Ftyy. Riqvet. 

CARAM AN-OGLOU- ALY - BEY> 
prince de Caramame, descendait da 
prince de même nom qui, se disant 
issu deKaykobad-Ala-Ëddyn, mort en 
654 ^^ ^'^é^' ( 1^56 de J.-C ) , avait 
reçu en partage, lors de la destructioo 
de l'empire d'iconium par Kandgia* 
toutkhan, emi)ereurdes Moghols, h 
Phrygie, depuis Philadelphie jusqu'à 
la Gilicie. 11 épousa la fille de Mourad 
P'. , troisième cmj)ereur des Olho- 
jpans, et profita de l'absence de son, 



CAR 

beau-père, qui était en Romèiie, pour 
&ireqiielques elcursious dans les pays 
odiomans limitrophes de son domài« 
oe; ce qui détcrmiDa Mourad V'* à 
loarner ses armes du côte de TAsie , 
et à marcher contre lui. Caraman- 
Ogkni tâcha en yain d'apaiser Mou- 
nd, par des protestations de soumis- 
sion, qui ne furent point écoutées. Il 
fat complètement battu près d'Ico- 
Binm, l'an 788 de l'hég. ( i586 de 
J.-C. ). N'ayant plus d'espoir dans le 
sort des armes, il députa sa femme 
auprès de Mourad ; elle parvint à 
desarmer le vainqueur par ses larmes. 
Garaman-Oglou ne resta pas jusqu'à 
la fin fidèle à ses engagements ; car y 
après Fayènement du sulthân Baya- 
lyd, il eut Timprudence de recom- 
mencer des excursions dans les pro- 
vinces des Turks. Bayazyd marcha 
contre lui, s'empara dîes principales 
villes de la Garamanie , et ne lui accor* 
da la paix que lorsqu'il fut rappelé 
en Europe par les progrès d'Etienne , 
prince de Moldavie. Garaman-Oglou 
crut pouvoir profiter des revers de 
son ennemi pour se soulever de nou-' 
▼wiu ; il marcha contre Tymour-Tâch- 
Pacfaa, gouverneur d'Ancyre , le vain- 
quit et l'emmena prisonnier avec toute 
ta suite. Bayazyd, indigne, repassa 
eo Asie avec son armée. Garainan tâ- 
cka encore en vain d'apaiser son en- 
nemi, en €aiisant relâcher Tymour- 
Tâch-Pacha, après l'avoir comblé de 
présents. Obligé de livrer bataille dans 
la plaine d'Ac-Tzay, il fut mis en fuite, 
et atteint avec son fils Moùhammed- 
fiey. On les conduisit devant Bayazyd, 
qui renvoya le fils à Brousse, pour y 
être enfermé, et confia le père àTy* 
nour-Tâch- Pacha. Celui-ci n'avait 
point oublié les mauvais traitements 
qu'il avait endurés qunnd il était son 
prisonnier. Il profita de cette occasion 
IHHir se venger^ et le fit mourir à l'insu 



CAR 1 09 

du sulthân. Bayazyd feignit d'aboid 
d'être mécontent du procédé du pacha ; 
mais il finit par réunir les principales 
tilles de la Garamanie k son empire. 

R— s. 
CARAMUEL ( Jean ) , évêque de 
Vigevano, naquit à Madrid, le a3 
mai 1606 , d'un gentilhomme du 
Luxembourg, et d'une mcre de l'illus- 
tre maison des Lobkowitz, dont , sui- 
vant l'usage des Espagnols , il joignit 
le nom à celui de son père* Sa pre- 
mière éducation développa en lui des 
talents rares pour les mathématiques, 
ce qui ne l'empêcha pas de réussir 
également dans les différentes parties 
de la littérature et de la philosophie* 
Ce fut après avoir parcouru aune 
manière brillante toutes les routes de 
cette carrière , qu'il entra dans l'ordre 
de Cîteaux. Quelques années d'étude 
de la théologie à Salamanque lui suf- 
firent pour enseigner dans l'université 
d'Alcala,oii il consacra une partie de 
son temps à apprendre les langue» 
orientales. Appelé ensuite dans les 
Pays-Bas, il s'occupa de divers ou- 
vrages, s'y fit beaucoup de réputation 
par ses sermons , prit le bonnet de 
docteur eu théologie a Louvain , et 
s'attira quelques fâcheuses affaires par 
son zèle contre le livre de Jansénius. 
L'abbé de Citeaux le nomma abbé de 
Melros en Ecosse, avec le titre de son 
vicaire-général dans les Ses Britanni- 
ques; mais comme il n'e^cistait plus, 
dans aucun des trois royaumes, de 
couvents de cisterciens, il ne passa 
jamais la mer pour aller exercer des 
fonctions qui étaient sans objet. Cara- 
muel fut alors fait abbé de Dissem- 
bourg, dans le bas Palatinat. Il s'y ap- 
pliqua avec succès à r^arer les dé- 
sordres que l'hérésie y avait causés , 
k ramener ceux des habitants qu'elle 
avait égarés, et, pour donner plus d'au- 
torité à sa mbsion, l'archevêque d» 



T 10 



c \ n 



Mayence le choisit pour son suHragant, 
sous le titre d'civéque de Missy. Les 
révolutions arrivées dans le Palatinat 
Tayaut oblige' d'en sortir, le roi d'Es- 
pagne l'envoya, en qualité de son 
agent , à la cour de l'empereur Ferdi- 
nand m. Ce dernier prince fut si sa^ 
.tisfait de sa conduite , qu'outre une 
pension considérable, il lui donna 
deux abbayes , l'une à Vienne , l'autre 
à. Prague/; et le cardinal de Harach, 
archevêque de cette dernière ville , l'y 
fit son vicaire-gëne'ral. Lorsque les 
Suédois l'assiégèrent, en 1648, Gara*- 
niuel ne crut pas que sa double qualité 
de moine et d'évêque dût l'empccher 
de prendre les armes pour la défense 
commune contre les hérétiques. Il 
avait déjà donné des preuves de son 
humeur guerrière et de ses talents mili- 
t^iires dans les guerres des Pays-Bas, 
où ses talents pour les mathématiq;ies 
le ûrent employer comme ingénieur. 
A Prague, il se mit à la tête d'une com" 
pagnie d'ecclésiastiques exercés par 
lui et animés par son exemple , et se 
porta p.iilout où sa présence pouvait 
coDtribuer à repousser l'ennemi* Ses 
services en celte occasion furent ré- 
compensés par un collier d'or que 
l'empereur lui fit remettre : c'est ce 
qui a fait diœ qu'il avait abandonné 
son état de religieux pour celui de sol- 
dat. A la paix de Westphalic , il re- 
prit ses travaux apostoliques , et M. de 
Harach fait noutcr à deux mille cinq 
cents le nombre des hérétiques qu'il 
ramena dans le sein de l'Église. Son 
zèle lui valut l'évêché de Kônisgratz, 
dont il ne put jouir, parce que les ter- 
res en étaient occupées par les proles- 
tants. En 1657, Alexandre VU loi 
donna Févêché de Ganipagna , au 
royaume de Naples; mais comme il 
n'y trouva pas assez de facilité pour 
faire imprimer ses volumineux ouvra- 
ges , quoiqu'il entretînt à ses dépens 



CAR 

une imprimerie à Sant' Angclo , il s'en 
démit en 1675, et fut nommé par le 
roi d'Espagne à l'évêché de Vigevano, 
dans le Milanais, où il termina sacar- 
rièi^, le B septembre 1682. Garamuel 
avait une vaste érudition , mais mal 
digérée ; une imagination très vive , 
mais peu réglée ; une prodigieuse faci- 
lité de s'énoncer , mais sans justesse ; 
beaucoup d'esprit , mais peu de juge- 
ment. Gest sans doute d'après cette 
idée qu'on disait de lui, qu'il avait reçu 
le génie au huitième degré , l'éloquence 
au cinquième , et le jugement au se- 
cond* Il se dispensait de lire les an* 
ciens , parce qu'il supposait que les 
modernes s'étaient emparés de tout ce 
qu'ils contenaient de bon , et l'avaient 
embelli. 11 avait imagine une gram« 
maire pour exprimer d'une manière 
claire et distincte les conceptions oh^ 
scures et équivoques des métaphysi-* 
ciens et des scolastiques ; mais les 
mots barbares qu'il voulait introduire 
étaient plus propres à embrouiller les 
choses qu'à les éclaircir. Il avait com« 
posé soixante-dix-sept gros volumes , 
autant qu'il comptait d'années dans 
sa vie, et, pour en faciliter le. débit ^ 
il les avait disposés de manière que 
les derniers renvoyaient toujours aax 
précédents , et que les premiers ne 
pouvaient guère s'entendre sans ceux 
qui les suivaient. Il y en a sur la 
grammaire, la poésie , l'art oratoire, 
les mathématiques, l'astronomie, la 
physique, la musique, la politique, le 
droit canon, la logique, la métapby^ 
sique, la théologie, et sur des sujets de 
piété. A travers beaucoup de fatras , 
on y trouve quelques bonnes yues« 
Get auteur aurait pu sei*vir utilement 
le public s'il se fut moins livré k son 
excessive fécondité . et qu'il se lût bor- 
né aux matières pour lesquelles la nu* 
turc lui avait donné uu talent décidé* 
En théologie, sa morale est si décriée^ 



CAR 

que ceQX qui s'ëloigucnt le plus du 
rigorisme ne voudraient pas qu'on les 
soupçonnât du moindre penchant pour 
ses opinions. li prétendait résoudre les 
questions théologiques , même celles 
de la grâce et du libre arbitre , par 
des règles d'arithmétique et de mathé- 
matiques. Il enseignait que les pré- 
ceptes du décalogue ne sont point im- 
muables; que Dieu peut les changer 
DU en dispenser, commander le vol, 
fadultëre, etc. Le moindre degré de 
probabilité lui suffisait pour justifier 
une aclioU , quelque criminelle qu'elle 
fût. L'auteur des Lettres provincial 
les a versé quelque ridicule sur cette 
étrange morale. On trouve dans les 
Mémoires pour servir à t histoire lit-' 
téraire des Pays-Bas , par Pacquot , 
une notice détaillée et intéressante des 
ouvrages de Garamuel , au nombre de 
deux cent soixante-deux, non compris 
les manuscrits. î^es titres de la plupart 
des volumes qu'il publia sont très sin- 
guliers : Primus calamusy ars gram- 
matica; Secundus calamus , rhjrth- 
mica ; Calamus terlius , metame- 
trica; Càbalœ grammaticœ spéci- 
men ; Grammatica audax; Herculis 
logici làbores ; Metalogica ; Pan» 
doxiwn phxsicothicum ; Malhesis 
audax ; SubUrmum ingerdorum 
crux : Salis et artis adulteria ; Ut y 
re, mi^ fa^ solfia, si , nova musi- 
ca. Vienne, i645, in-4'*.; Intérim 
astronomicum ; Musœum mortis ; 
Bemardus triumphans ; Cahalœ 
theolegias excidium; Theologia in- 
tentionalis et prœter-intentionaUs f 
Sckoîion eUmatum ; Libra de prœ» 
cedentid ; Benedicius ChrisUformis ; 
Offirii divini encjrclopedia ; Tribu- 
nal Dedali; CaramueUs Deus, elc»^ 
etc. Nie Antonio, dans sa BibUoth, his- 
pana^ donne le catalogue de vingt-sept 
volumes in-foL, dix in-4°-« etc. , de 
Caramnel. 11 ciljc, parmi se« mauuscrits, 



C\\\ 



1 1 1 



^nn j^rt militaire en esp.ip;nol , et uu 
autre en latin. Grégoire Majans dit , 
en parlant de Caramuel :^ u^/ictor i» 
omnibus operibus suis , guœ quam 
plurima sunt , suî similis est , magis 
ingeniosuSy ^uàmjudiciosus; ma» 
gis mirabilis , quàm utUis, T-«o. 

CARANUS, fils d'Aristomidas, et 
descendant deTéménus , à la septième 
géuération, aida Phidon, son fière, à 
monter sur le trône de sa ancêtres : 
il se mit ensuite à la tête des mécon- 
tents, et les emmena dans la Macé- 
doine, où il s'empara d'abord d'Ë- 
desse. Ayant ensuite chassé du pays 
Midas , roi des Briges , il jeta les fon- 
dements du royaume de Macédoine , 
vers l'an 800 av. J.-G. Il eut pour 
successeur Gsnus son fils. G— r. 

GARANZA ( Alphonse ) , juris- 
consulte espagnol, vécut sur la fin du 
16". siècle, à Séville, et ensuite à 
Madrid, où il publia divers ouvrages 
en latin et en espagnol : I. De partu 
naturali et légitima , 1 628 , in - fol. 
Gct ouvrage estimé, sur les droits des 
enfants naturels et légitimes, offre uoe 
nouvelle preuve du crédit que les lois 
romaines eurent en Espagne. Il a été 
souvent réimprimé in-4".) à Genève, 
161 1, i63o, i668, 1677; à Franc- 
fort, i6i4; à Gol(^e, 1629, etc. 
On trouve à la suite de ce traité, écrit 
avec beaucoup de clarté , une diatribe 
du savant jurisconsulte, sur la Doc» 
trinédes temps du P. Petau. IL Boga» 
cion al rey D. Felipe IF^ en detes» 
tacion de los grandes abusas , etc., 
nuovamente inlroducidos en Espa^ 
ha y i656, in-4^; ÏII. El ajusta» 
mientoy proporcion de las monedas 
de oro, platay cabre , y la reduc» 
cion de estas metales a su debida es» 
timacion,etc,, 1628, in-fol> V— ve. 

GARAUSIUS ( Marcus Aurelius 
Valerfus ) , naquit de parents ob- 
scurs cliez les Menapiens , peuple de 



III CAK 

lu Gaule bclgique, entre la Meuse et 
rK^caiit. It se distingua par plusieurs 
actions d'éclat dans la guerre que Maxi- 
mien Hercule eut à soutenir contre les 
• Germains et contre les Gaulois reVol- 
te's, qu'on appelait Baguudes, Comme 
îl avait passe sa jeunesse à s'exercer 
dans la marine, l'empereur le chargea 
il'e'quiper a Boulogne une flotte pour 
ilelJTrer l'Océan dcij pirates, dont il 
ctait infeste, et pour de'fendi'e les côtes 
de la Belgique et de rAquitaine con- 
tre les Saxons et les Francs qui déso- 
laient ce pays; mais Garausius fut 
soupçonné de laisser passer librement 
les oarbares pour leur enlever à leur 
i-etour le butin qu'ils avaient fait , et , 
romme d'ailleurs il n'était pas fort 
exact à en rendre compte , Maxi- 
mien donna ordre de le faire mourir. 
Averti da danger qu'il courait , Ca- 
rausius se décida à se faire reconnais 
tre empereur , l'an 287 , par les lé- 
|;ions de la Grande-Bretagne, où il 
parait qu'il était vivement désiré. On 
' rouHaîl une médaille au revers de 
laquelle on lit: expegtate vziri; elle 
est d'autant plus curieuse que c'est la 
^eule, dans la longue suite des empe-> 
leurs romains, qui nous offre une 
telle légende. Maximîen Hercule fit de 
grands préparatifs pour marcher con- 
tre cet usurpateur, et ordonna la cons- 
truction d'un grand nombre de vais- 
seaux qu'il fit descendre par les riviè- 
res jusqu'à la mer ; mais , malgré les 
h^ers succès qui semblaient dans les 
commencements lui promettre une 
heureuse expédition , il fut obligé de 
céder au talent et à l'expérience de 
Garausius , avec lequel , suivant Eu- 
trope et Aurel. Victor, il fil un traité 
qui le laissait jouir pisiblement de 
. cette île. Quelques historiens le met- 
tent au nombre des empereurs, d'au- 
tres ne le regardent que comme un 
tyran ; Mameriin et Eumènes l'^ipel- 



CAB 

lent constamment le PinUe; mais f 
soit qu'il ait été reconnu par Dioclë-' 
tien et Maximien comme leur collègue 
k l'empire, soit qu'il voulût passer 
pour tel , ses médailles attesteraient 
cette association» si elles n'avaient pas 
été frappées par ses ordres. La plus 
importante est celle où se trouvent les 
t^tes accollées des trois empereurs , 
avec la l^ende garavsivs et fha- 
TRES svi. Elle a été publiée et savam^ 
ment expliquée par Gasp. Oderico, 
daus une lettre insérée dans le jour- 
nal Dé* letlerati de Pise, de l'an 1 78^ . 
D'autres médailles nous donnent la lë- 
gendç suivante : fax avggg , t^TiTiAi 
AVGGG ( la paix des trois Augustes , 
la joie des trois Augustes ). Ce qui 
pourrait faire croire qu'il ne Ait pas 
reconnu par les deux empereurs corn-' 
me leur collègue , c'est qu'il parait, 
d'après lui-même et Mameriin , que 
Constance Chlore partit pour ré- 
duire Garausius aussitôt qu'il fuf 
nommé César ( Voy. Goi»STAi»rcE). 
Quoi qu'il en soit , il se maintint avec 
gloire dans la Grande-Bretagne, la 
gouYcrna avec sagesse , la défendît 
contre les barbares, et même contre 
les Romains. Il j régna tranquillement 
pendant sept ans , et fut assassiné en 
293, par Allectus, un de ses princi- 
paux officiers, qui se fil proclamer 
empereur à sa place. Genebrier a don- 
né V Histoire de Carausius prouvée 
par les médailles , Paris , 1 740 , in- 
4°., ouvrage beaucoup moins complet 
que celui de Guill. Stuckeley , publie 
en anglais , Londres , 1 757 , in-4**- * 
qui contient pourtant plusieurs er-* 
reurs. T— -w. 

CARAYAGE (Mickel-Ange-Ake- 
RiGHi , OU MoRiGi, dit Michel-Angk 
nE ) , peintre , naquit à Garavaggîo , 
dans le IVlilanais, en 1 56g. Il fat d'a- 
bord compagnon maçon; mais bientôt 
il s'appliqua à rétode de la peinture , 



CAR 

et netM'da pis k deyenîr celibre» On 
peut le regarder comme Tinventeur 
d*Qoe. manière nouvelle qui trouva 
ooe foule d'imitateurs* Tailldssou parle 
ainsi de cet artiste : « Très fort dans 
j» quelques parties d« la peinture j 

> très faible dans d'autres , Caravage 
» fîit admiré de beaucoup de gens y 
» et peu senti et déchire par beau- 
» coup d'autres. Sur une surface pla- 
»te, donner aux objets la rondeur 
» et la saillie qu'ils ont dans la nature, 
» et offrir cette saillie de la manière 

> la plus piquafnte que la nature puisse 
»la présenter elle-même, voilà une 
ides grandes parties de la peinture, 
» et le but qu'elle a dû avoir avant toits 
» les autres. Le Caravage est un de 
«ceux qui l'ont approché de plus 

> près. A la force ,. à la vérité du clair- 
» obscur , il joint la force et la véiité 
» de.Ia couleur , et c'est là un de ses 
» caractères distinctifs. Pour obtenir 

• ces vérités y il affecta d'éclairer les 
B objets d'en haut ^ avec des lumières 
» étroites. Q donna à la nature qu'il 

> imitait, des masses d'ombres larges 
>et vigoureuses , qui accroissaient 
1» beaucoup Tédat des lumières. Ces 
'moyens, dont il a tiré un grand 

* parti, sont une des choses y{ui le 
V caractérisent le mieux. Cette manière 
» neuve séduisit l'Italie , et fît au Cara- 
» vage une réputation étonnante. » Il 
faut maintenant faire connaître les dé- 
buts de ce peintre. Quand il avait 
imité la nature, il croyait avoir tout 
lait. Il ignorait quelle gloire acquiert 
un maître qui , à ce premier succès , 
sait allier la sagesse dans la composi- 
tion , et l'élévation dans les idées. An- 
nibal Garrache et le Dominiquin, 
Pendant leur vie , birillèrent peut-être 
moins que le Caravage; mais, après 
leur mort, ib obtinrent une place plus 
distinguée, parce que, sans négfiger 
le coloris et l'étude de la nature ; ils 

VII, 



CAR iiB 

cherchèrent la correction du dessin 
et la noblesse des pensées. On repro« 
che au Caravage d'avoir trop employa 
la terre d ombre dans ses demi-teintes 
et dans ses carnations , tt on pense 
que l'obscurité , souvent désagréable 
et à contre-sens, répandue aujour- 
d'hui dans beaucoup de ses tableaux ^ 
doit être attribuée à cette terre d'om- 
bre sujette à pousser au noir. Nous 
apercevons dans ses ouvrages une 
sorte de crudité , là où ses con tempo* 
rains voyaient une vérité frappants 
qu'ils ont tant louée. £n effet, Félibi/PU 
dit de lui qu'il possédait parfaitement 
l'art de peindre, et quil exprimait 
heureusement les objets de la nature 
qu'il avait sous les yeux. On doit con- 
venir qu'il a traité si bien les carna» 
tiens, qu'à cet égard il a surpassé le 
Poussin, à qui il reste la gloire d'être 
infiniment plus noble dans le choix de 
ses sujets. Am^ghi eut le tort de par- 
ler avec mépris des ouvrages des au- 
tres. Il s'éleva une querelle à ce sujet 
entre lui et le peintre Joseph Gesari , 
connu sous le nom de Josépiriy che-* 
yàUer XArpino» Caravage voulant se 
battre avec Josépin, celui-d s'excusa 
en disant qu'il ne se battait pas avec 
un homme qui n'était pas chevalier. 
Caravage passa alors à Malte, et de- 
manda à être reçu chevalier servant. 
Il obtint cette faveur, et se mit en 
chemin pour venir retrouver son en« 
nemi^ mais , après diverses aventures 
malheureuses, il fut saisi par une fièvr« 
violente, dont il mourut en 1609, i 
l'âge de quarante ans* Les peintres qui 
l'ont imité le plus, sont: Manfredi^ 
VaIentin,etBibeira, dit l'Espaenolet^ 
Le musée Napoléon a quatre taoleaux 
de cet artiste. Il y a un peu de con^ 
fusion dans celui qui représente un 
Concert', mais on y trouve de la véri- 
té, et une couleur vigoureuse. On e»^ 
time beaucoup celui qui représente le 



ti4 CAR 

Corps iu Christ porté au tombeau 
par S, Jean et Nicodéme , accompO" 
gnés des trois Maries, — d. 

GARAVAGE ( Poudore de). T. 
Galdara. 

GARAYITA (Guégoirx), natif 
de Bologne, exerçait la chirurgie à 
Borne au opmmenoement du 16*. sië- 
de. Il imagina la composition d'une 
lniile qu'il regardait comme un an- 
tidote certain. Le pape Glément VU , 
voulant en faire constater Tefficacité 

Îar nne expe'rience positive et pu- 
lique , lui fit livrer , en 1 5^4 y deux 
criminels condamnés à mort. On leur 
fit prendre une forte dosé d'acouit- 
napel. L'un, auquel Garavita avait ad- 
Biinistré son antidote, nVprouva au- 
cun effet nuisible de cette plante yé- 
iiéneuse,au lieu que Tauti'e, qui fut 
abandonna à l'action du poison, pe'- 
rit. Matlhfole, qui rapporte ce fsiit 
comme témoin oculaire , était le dis- 
ciple de ce chirurgien. H rapporte 
aussi deux autres expériences sem- 
blables qu'il fit lui-même une tren- 
taine d'années après , k Prague , en pré- 
sence de l'empereur.*— Deux juris- 
consultes italiens du même nom ont 
publié dans le i6*« siècle des écrits 
sans importance. D — ^P— s. 

GARBEN (Victor ra), rabbin 
allemand y né en 14^3 de parents 

Eu abés y fit cependant de très 
unes études, et acquit des connais- 
sances fort étendues dans les langues, 
les coutumes et les lois des peuples 
de l'Orient. Les juife de Gologne le 
choisirent pour kur rabbin , et, dans 
cet emploi, il acquit une réputation 
tdUe que l'archevêque de cette ville 
attacha une grande importance à sa 
«onverrion: u Fentreprit, et y réus- 
sit. A rage de cinquante-neuf ans , 
Carben renonça piwliquement h sa 
croyance , abandonna sa femme, plus 
Ibrme dans la foi judaïque, et trois 



CâB 

enfants nés de leur mariage, et reçut 
le baptême en présence d'un grand 
concours de peuple. Quelque temps 
après, il entra dans les ordres, hit 
fait prêtre, et, dès ce moment, em- 
ploya ses talents à combattre les er- 
reurs qu'il avait luinnême partagées 
pendant tant d'années. U mourut ii 
Gologne le 2 février ]5i5, à l'âge de 
quatre-vingt-douze ans« Tous ses ou- 
vrages sont rares ; les plus remar- 
quables sont : I. Propugnaculumji'' 
dei christianœ , instar dialogiy 
ehristianum et judœum disputato^ 
res introducens , in-4''* 9 s^ns date , de 
1 7 1 feuillets : cette édition est la plus 
recherchée des curieux ; II. Judœa^ 
rum errores et mores , opus aureum 
ac novum et à doctis viris diù eor* 
pectalumy Cologne, iSog, in- 4^.; 
traduit en allemand , 1 55o , in-S**» 
Jean-Antoine Strubberg & publié une 
lettre latine touchant Victor de Car- 
ben et son ouvrage contre les juifs , 
Jéna , 1 7îi I , in-4*. W— s. 

GARBON(Gaïvs) fut un des plué 
grands orateurs de son temps. Il 
n'avait pas, dit Gcéron, une élocu- 
tion brillante; mais il avait de la fi- 
nesse et de la grâce. Son carac- 
tère était d'une mobilité qui se mon- 
tra dans sa conduite publique. Tri- 
bun du peuple au temps de Tibërius 
Gracchus, il agit en fsictieux; il per- 
sécuta Sdpion Emilien , et fut forte- 
ment soupçonné d'avoir eu part à 
Tassassinat de ce gi'and homme , Taa 
632. Gonsui aussitôt après la niort 
de Gaïus Gracchus, dont il avait été 
l'ami et le collée , il défendit publi- 
quement le consul Opimius , ennemi 
du tribun, qui avait pris les armes 
contre lui et provoqué sa mort. A soa 
tour , il fut accusé par L. Grassus , 
jeune orateur, dont cette cause était le 
début {Fo^, L. Crassus). Garbon, 
pour se soustraire à la condanmatioa 



CAR 

qu^rcâoâuît, se donna h mort.—* 
Carbo» ( Arvina } fut sénateur, et per* 
dit la vie dans le massacre que ût au 
sénat le prêteur Brulus Damasipus, 
par Tordre de Mari us le filstGceron, 
dans SCS Lettres familières , dit que, 
de toute la famille , Carbon Arvina fut 
le seul bien intentionné' pour la répu- 
blique. Q— R— Y, 

CARBON (CiTÉnrs PAPiBius),fils 
de Caïus-Papirius , fut soupçonne' de 
complicité dans le crime de peculat, 
dont on chargea la me'moire de sou 
père. Marius ayant éle' rappelé d'exil , 
l'an de Rome 665 , Carbon, Fun des 
chefs de son parti , fut mis à la tête 
d'une des quatre armées qui assiégé* 
rent Rome à cette époque. Deux ans 
après, Cinnale prit pour collègue dans 
le consulat. Tous deux persécutèrent 
k outrance les partisans de Sylla , 
et se préparèrent à la guerre contre 
ce généra], qui la disait alors à Mithri- 
date. Ciuna ayant péri par les mains 
de ses soldats , Câr]9on resta seul con- 
sul, et ne voulut point accéder aux 
propositions de paix que faisait Sylla, 
quoique le sénat les trouvât raisonna- 
bles. Pour continuer la guerre avec 
plus de sécurité , Carbon imagina 
d'exiger de toutes les villes et de tou- 
tes les colonies dltalie des otages de 
lenr opposition à Sylla. Il fallut toute 
Tautorité du sénat pour résister à une 
innovation si dangereuse. Pompée s'é- 
tant déclaré pour Sylla , marcha con- 
tre Carbon , qui était à la tête d'une 
nombreuse cavalerie , et le battit au- 
près du fleuve ^in. Consul pour la 
troisième fois avec le fils de Mariu&i 
en 670, Carbon, soutenant encore la 
guerre contre Sylla retenu en Italie, 
et contre ses lieutenauts, reçut un 
nouvel échec. On cite de lui le mot 
suivant sur Sylia, qui del)aucbait les 
troupes de ses adversaires: «J'ai i 
9 combattre un renard et un lion; 



CAR ii5 

» mais le renard est plus dangereux. » 
Enfin, les chefs des deux partis, Sylla 
et Carbon , se trouvèrent en présence 
l'un de l'antre auprès de Ousium ; il ne 
se passa rien de décisif; mais , en Tab* 
sence de Sylla , Carbon et Norbanus 
ayant réuni leurs forces , se portèrent 
sur le camp de Métellus pour l'assié* 
ger , quoique la nuit fût proche, et la 
situation des lieux désavantageuse. Us 
fiirent défaits avec une très grande 
perte , et le reste de leur armée fut dis- 
persé. D'autres revers firent perdre à 
Carbon l'espoir de conserver l'Italie; 
et , quoiqu'il eut encore trente mille 
hommes, des forces assez considéra- 
bles sous divers généraux , et la nation 
des Samnites pour lui , il abandonna 
honteusement l'Italie et son armée , et 
se réfugia en Afrique, puis dans l'Ile 
de Cossura , où il fut arrêté par l'or* 
dre de Pompée , et conduit garrotéaux 
pieds de ce général, qui prononça 
son arrêt de mort. Lorsque Carbon 
vit le fer prêt à le frapper, il chercha 
lâchement h prolonger sa vie, jus- 
qu'au moment où un soldat impatient 
lui coupa la tête. Pompée l'envoya à 
Sylla, pour qu'il eut à repattre ses 
yeux de ce spectacle. C'était l'an de 
Rome ÔTo. Q— R— y. 

CARBON. Foy. Fliws. 

CARBONDALA ( Jean de), né à 
Santhià en Piémont , exerça avec dis- 
tinction la chirurgie à Crémone , Pa* 
vie, Plaisance, Vérone, où il était 
professeur en i^igS, et, dans les der- 
nières années de sa vie, à Santhià» 
Nous avons de lui un traité fort boa 
pour son temps , que Marc de Ver* 
gasco , son élève et son compatriote , 
nous a conservé , et qui a pour titre 
De operatione manuali, manuscrit 
in-folio de trois cent vingt colonnes , 
suivi d'un supplément qui contient 
deux mémoires, i"". Effectus tupim 
vita miralbiUs in corpore et extra 

a. 



n6 



CAR 



corpus humanunty l^ colonnes; a*. 
Ad inflammationem carbunculi , 
5 cdounes. Ah commencement de ce 
traite , que l'auteur composa pour ac- 
quiescer aux demandes de sesoonfrè^ 
res, et qu'il adressa à un certain Bono, 
il assure qu'il n'indique ni remède, ni 
Opi^ration quelconque qu'il n'ait exé- 
cutée ou essayée plusieurs fois pen- 
dant le long exercice de sa profes- 
fion dans les villes et endroits les 
plus remarquables de la Lombardie, 
L'ouTrage est divisé en cinq parties , 
que l'auteur expose lui-même ainsi : 
.J?rimus iractatus erit deœgriUidi- 
jùbus omnibus quasJUmtin manifesta 
fiorpore à capiteusque ad pedes ah 
irUrmsecd causa ^ JSecundus de om^ 
fiibus vulneribuS' et contussionibus 
ijuœfiunt in omnibus metnbris à ca* 
pite ustfue ad pedes ; Teiiius est de 
aigebra^ idest restauratione amve- 
nienti circa fracturam et disîoca' 
tionem; Quarius de anathomid in 
çùmuni et de formis membrorwn et 
figuris quesimt considerande in m- 
cisione et <!auierisacione f Quintus 
de ctuiteriis scUicét quibus in mem- 
tris < possint fieri ; dé formis instru- 
mentorum et de meMcinis necessa" 
nis ad hanc artem et ultUbus pênes 
unamquamque aperationem.En exa- 
ininant ce traité, on resiarque que 
Garbondala était un bomme profond 
dans son art. Il recommande surtout 
à ses élèves la pratique et l'observa- 
tion ; et désire que le chirurgien ne 
$e livre à la pratique qu'après avoir 
assisté à un grand nombre d'^opéra- 
tions exécutées par un excellent maî- 
tre ; car il ne croit pas que l'on puisse 
jamais devenir un bon chirurgien en 
se bornant à la lecture des livres. 
Dans le cours de l'ouVrage , on trouve 
d'utiles observations sur Thydrocë- 
phale, sur une maladie du cuir cfae- 
;velU| sur les maladies des jeux, sur 



CAR 

une énorme épulie , sur les ipoaiiimes 
des cuisses et des bras , sur les frac- 
turcs du crâne , sur l'influence de là 
fièvre et des convulsions dans les Ues- 
sures , sur les plaies et les contusions 
du larynx et de la trachée-artère , sur 
une ancienne dislocation du fémur, 
sur les différentes espèce» de cautères, 
et les endroits où on peut les appli- 
quer; et, comme il avait pratiqué dans 
les armées , son traité est parsemé de 
détails précieux sur la chirurgie mili- 
taire. Mais ee qui est toot-à-fait sin- 
gulier , c'est qu'il parle de la maladie 
vénérienne dans lé chapitre 4^> ^^ 
surtout dans le chapitre 4^ du pre- 
mier livre, Depustulis albis ut milium 
et rubeis etfissuris et corruptiombus 
quœfunt in virga et circa prepU" 
ciumpropier cojrtum cumfeda vel 
meretrice. Dans ce chapitre il ne fint 
point mention du mercure et de ses 
préparations; cependant il les con- 
naissait, puisqu'il s'en servait pour le 
traitement de la igale. Quoiqu'il ait 
vécu avant Mondino, Garbondala n'é- 
tait pas moins versé dans l'anatonûe. 
Son traité sur cette science , qui est 
divisé en six chapitres, et ne contient 
que les connaissances purement né- 
cessaires au praticien, est, sans con*^ 
trèdit , tout aussi iM)n que celui qui a 
immortalisé le nom de Mondino ; il 
est même plus exact, plus précis eu 
plusieurs endroits, et, dans d'antres 
qui semblaient Pexiger , il s'étend da- 
vantage. Au suiplus , des hommes d'un 
S rand- mérite qui ont été à même 
'examiner l'ouvrage de Garbondala , 
nous assurent que sa chirurgie est 
bien plus claire et plus instructire que 
celle de Guy de Ghauliac , qui lui est 
de beaucoup postérieure. Sa pharma- 
copée chirurgicale est assez simple, 
et ne se ressent nullement du goût 
prédominant des Arabes pour la com • 
plicatioA et la multiplicité des feimu* 



CAR 

bs,â^ moyens étaient simples, et il 
Ae se servait jamais des instrunients 
dès qu'il pouvait s'en passer. S avait 
lu avec attention les ouvrages d*Hip- 
pocrate, Galien, Celse, Avioenne, 
etc.; ce sont même les seuls auteurs 
dont il appuie ses opinions. ( Ârûcle 
tiré de Touvrage du docteur Mala^ 
carne, intitulé : DelU cfere de* nte- 
dici e de^ cerusiciche nacquero ofio- 
rirono prima del secolo XVI liegli 
stati délia real casa diSa»oja). Z. 
GAABONE (Loois), orateur et 
poète latin, naquit à'Fcrrare vers 
1 456 , d'une famille originaire de Cré- 
mone. Après avoir étudié la langue 
grecque, sous Guarino de Vérone et 
sous Théodore Gaza , il fut nommé 
pro£esseur d'éloquence et de poésie à 
Paniversité de Ferrare , à peine âgé 
de vingt ans. Le pape Pie II passant 
par cette ville en 1459 , pour se ren* 
dre au congrès de Mantoue, Carbone 
fut choisi pour le haranguer. Pie fut 
si content de son discours, qu'il lui 
accorda le titre de comte palatm. Car- 
bone alla passer quelques ann^s à 
Bologne, et y donna, en diverses occa- 
sions, des preuves de ses talents pour 
Fcloqucnce. Revenu à Ferrare, il s'y 
maria , ce qui ne l'empêcha pas de sui- 
vre, en i 473 , les prmces aËste , Si- 
gismond et Albert , dans un voyage 
qu'ib firent à Naples, et d'aller à Ro- 
me , à Florence et à Sienne , où il pro- 
nonça plusieurs discours punlics. Il 
mourut de la peste, vers i483. Il 
avait composé plus de deux cents dis- 
cours latins , et fait plus de dix mille 
vers , comme il le dit lui-même dans 
noe harangue qu'il prononça en 1 4^ 
devant l'empereur Frédéric IIL La 
plupart de ses discou^s , dont aucun 
n'a été imprimé, sont des oraisons fu- 
nèhits , ou fiirent prononcés pour des 
cérémonies de mariage. Ils co;itien- 
nent souvent des particularités histo- 



CAR. ny 

tiques peu connues. Onen conservait 
plusieurs en manuscrit, à Rome , dans 
la bibliothèque de Ste.-Marie del Po^ 
polo. La piu>lication en serait ulile , 
même pour l'histoire. •— Un autre 
CàaBOAE ( Jérôme ), poète napolitain 
dans le 16*. siècle , a publié quelques 
poésies de peu d'importance. R. G. 
CARBONE (Jeait-Berrard)» 

Seintre, né en 1014? à Albaro, près 
e Gênes , étudia sous André de' Fer- 
rari. Ses premiers ouvrages sont des 
sujets tirés de l'histoire ou de la fable. 
Il s'attacha ensuite à faire des portraits, 
et chercha surtout la manière dfi Van 
PycJL, qu'il sut heureusement imiter. 
On a de Carbone des portraits à l'huile 
de toute grandeur ; quelques - uns sont 
même assez, petits pour qu'on puisso 
les monter en bague. U eut le désir do 
voir Venise et les monuments de cette 
ville , et il en revint avec une collec- 
tion abondante de dessins et d'idées 
nouvelles* On .remarqna que son pin- 
ceau avait acquis de la finesse et de la 
franchise. A cette époque , Valerio 
Castello étant mort à Gênes sans 
avoir achevé une grande fresque à 
Senta Maria del Zerbino y Carbone 
reçut ordre de la terminer. Bientôt 
après, on exposa daus l'église de la 
ffunziata del Guastato , un tabkaur 
de Jean-Bernard , destiné pour une 
chapelle de la nation française , et qur 
représentait S. Louis en adoration 
devant la croix. Derrière ce prince,, 
on voit quelques se^neurs de sa. cour, 
au-dessus est une gloire d'aoges d'itne 
beauté surnatarelle. Contre l'attente 
de Carbone , cette composition n'eut 
pas de succès, et on en commaupla 
une autre sur le même sujet à un pein- 
tre de France. Le tableau vînt de Pa- 
ris et fut placé sm* l'autel. Peu de 
temps après , on fut mécontent de ce- 
second tableau, et on en commanda 
un troisième à Paris. Ce dernier 



1i8 CAR 

n'ayant pas encore convetta^ on se 
décida à donner la préférence à celui 
de Carbone. On lit ces détails dans 
Batti, qui les raconte de iuauicre à 
faire croire qu'il est animé par quel- 
que prévention nationale. Les autres 
ouvrages de Carbone se voyent dans 
Fégllse paroissiale de Celle ( rivière 
du Ponent ) et à Lérici. Cet artiste 
nioiu*ut d'une attaque de goutte en 
î683. A-'D. 

CARBONNET DE LA MOTHE 
( Jeanne de ) , religieuse à Bourg en 
Bresse , sous le nom de mère Jeanne 
de Ste,' Ursule, a fourni des maté- 
riaux aux agiographes et aux biogra- 
phes, en publiant l'ouvrage suivant : 
Journal des illustres religieuses de 
V ordre de Sainte- Ursule , avec leurs 
maximes et pratiques spirituelles^ 
tiré des vhroniques de l'ordre et 
autres mémoires de leurs vies. 
Bout g, 1684- 1690, 4 vol. in-4**«Cct 
ouvrage, à la rédaction duquel le père 
Groscz , jésuite , a eu beaucoup de 

f)art, est rangé suivant l'ordre du ca- 
endrier, et ne va que jusqu'à la fin 
d'octobre. Il paraît que les deux mois 
suivants n'ont pas été imprimés. Ce 
recueil , contenant le tableau des ver- 
tus de sept cent cinquante-cinq ursu- 
lines et de trente bienfaiteurs de l'or- 
dre, peut fournir aux religieuses une 
lecture édifiante et instructive , mais 
le manque de critique et le défaut de 
dates et de détails biographiques n'y 
laissent que peu de matériaux pour 
rhistoire. On y trouve cependant quel- 
ques anecdotes qui ne sont pas sans 
intérêt, par exemple sur le P. Cotton , 

!*ésuîte ; mais il faut de la patience pour 
es chercher. C. M. P. 

CARBURI ( Marin ), grec , natif de 
file Ccphalonie , a rendu son nom cé- 
lèbre par un des plus grands travaux 
de mécanique dont l'histoire de celte 
tfcience iasse mention. Obligé de quit- 



ter sa patrie pour un proccA criminel 
dont il était l'objet , il alla chercher du 
service etf Russie, eu il prit le uom 
dechevalfer Lascarr, Il y parvint au 
grade de fieutenant-colonet, chargé de 
la direction du corps noble àts cadets , 
après avoir éléaide-dc-catiip et adjoint 
du conseiller-privé Bclzky, intendant 
des bâfiments et des arts. Catherine II 
ayant fait exécuter en bronze la statue 
équestre de Pierre-le-Grand ( F, Fal- 
CONNET )', résolut de lui donner pour 
base un rbcber de granit que Ton trou- 
va dans la Carélie , au milieu d'un ma- 
rais , à un quart de lieue de Cronstat. 
11 s'agissait de transporter à Pétcrs- 
bourg cette masse énorme , qui avait 
vingt un pieds de haut , quarante-deux 
de long, et vingt-sept de large ,, et dont 
la pesanteur s'évaluait à plus de trois 
millions et deux cent mille livres , poids 
de marc. I^a distance était de vingt 
werstes ( plus de cinq lieues de poste ), 
dont les deux tiers pouvaient se faire 
par eau. On promit sept mille roubles 
de récompense à celui qui viendrait à 
bout d'amener ce lardeau , le plus con- 
sidérable que la' main de l'homme ait 
jamais remué. ( Le pins grand obélis- 
que connu , celui que l'empereur Cons- 
tance fit venir d'Alexandrie à Rome , 
ne pesait pas tout-à-fait un million. ) 
Lascary se chargea de Fcntreprise , 
surmonta tous les obstacles , et , eu six 
semaine , le rocher parcourut les six 
werstes qui le séparaient de la mer. La 
rigueur de l'hiver qui gelait la terre à 
plusieurs picd^ d'épaisseur , rendait le 
chemin asset ferme pour un pareil 
transport , qui aurait été impraticable 
dans tout autre climat. Aucune sorte 
de roues ni de rouleaux ne pouvait 
supjporter l'effort d'une telle charge. 
Lascary y substitua des boules de 
bronze, qui , roulant entre des rainu- 
res de même métal, diminuaient le 
frottement autant que possible^ ne 



€AR 

priant cfaaciine que sur daix potnU. 
Oo yoit à Paris, au Conseryatoire 
des arts et métiers, un modèie de 
cet ingénieux appareil, dont on doit, 
dit- on, Finvention à un serrurier- 
mecanicien de Pétersbourg , nommé 
Muriel y qai n'osa faire de réclama- 
tion quand Lascary s'en fut attribué 
Honneur. L'embarquement de cette 
masse énorme entre deux fr^ates, 
etson débarquement, ne demandèrent 
pas de moindres précautions. Enfin, le 
transport fut achevé en 1 769 , et la 
dépense totale s'éleya à «7 0,000 rou- 
bles. On peut Yoir un détail intéres- 
sant de cette belle opération dans l'ou- 
vrage intitulé: Ifo/uimen/ élet^é à la 
gloire de Fierre-le- Grand , etc. , 
par le comte Marin Carburi, etc. , 
Paris, 1777, iii-fol. , avec douze plan- 
ches. On trouve à la fin du volume un 
examen physique et chimique de ce 
rocher, par le comte J. B. Carburi , 
médecin de l'hôpital royal de Turin , 
membre de l'académie de la même 
ville, et connu par plusieurs ouvrages 
de chimie. Mariu Carburi ayant obtenu 
de ta république de Venise de pouvoir 
retourner dans sa patrie, s'y livra à 
de nouvelles entreprises, et voulut y 
introduire la culture de la canne à 
sucre et de l'indigo ^ mais ayant pris 
querelle avec ses ouvriers, ceux-ci 
rassassinèrent avec sa femme en 
178a. CM. P. 

CâRCâNO ( Frakçois ) , gentil- 
homme de Vicenoe , moi| en 1 58o , 
âgé de quatre-vingts ans , passait pour 
le plus habile chasseur de son temps , 
surtout dans l'art de dresser les oi- 
seaux de proie : il a publié sur ce 
sujet, Tre Ubti degU ucceUidapre- 
da, ne* quaU si cofUiene la ver a 
cagnizione deW arte de* struccien , 
ed il modo di conoscere tutti li uc- 
céUi di rapina , con un trattato de' 
cam^ Venise, i568| in-8^^ ViceDce, 



CAK 119 

162a) in-8^ Cet ouvrage, l'un des 
plus complets en ce genre, est fort rare, 
et a échappé aux recherches de MM. 
Lallemant, dans la bibliographie qu'ils 
ont jomte k V École de la chasse aux 
chiens courants, C M. P. 

GâRCANO ( ÀECHiLAVS), 

médecin, né À Milan en i556, fut 
professeur à l'université de Pavie, et 
mourut prématurément le aa juillet 
1 588, après avoir publié : L De pestç 
opuscuhan. Milan, 1577 , in-4^y li- 
In aphorismos Hippocrads luctûfror 
tiones , Pavie, 1 58 1 , in-8°. On trouve 
k la suite : i°,De methodo medendi et 
coUegian^Ubriduoi 2^ Deacuio» 
rum et diumorum morhorum cousis 
et signis , petit traité qui a été réimpri- 
mé à Paris avec des notes de P. PetiC 
— CAa€Àif o-L£0{r£ ( Jean-Baptiste ), 
son compatriote et son contemporain , 
fut disciple de Fallope, qui le choi* 
sit pour prévôt de son amphithéâ- 
tre^ et l'avait même désigné pour son 
successeur. La mort de Fallope dé- 
truisit les espérances de Carcano, qui 
de Padoue alla à Pavie , où il eut la 
chaire d'anatomie. Il vivait encore en 
1 600. On a de lui I. De muscuUs pal- 
pehrarum oculorum motibus inser" 
yientium , 1 574 9 in-8<^. ; II. Anato» 
mici libn duo; i574,in-8°. ; III. 
De vulneribus capitis liber absolu^ 
lissinù4Sf Milan , 1 583, in-4®* y 1 ^84» 
in-4°* ; rV. Exaceratio cadaveris 
ilhistrissimi cardinalis Borromœip 
Milan, i584» iu'i^''.i^.LetteredÀ 
felice successo di sua anaU}miafaU 
ta questo annoy i585, in-4''-CaiTère 
vante l'érudition et les recherches de 
Carcano , mais critique son style dur, 
prohxe, obscur et incorrect. .— Car- 
' CANO ( Ignace ) , petit-fils du précé- 
dent , docteur en médecine, et mem- 
bre du collège des médecins de Milan,, 
a donné : L Considerazioni alcuna- 
sopra Vubima epidemia boinna^ 



•é. 



îlft CAR 

Milan, 1 7 1 4; H. Reflessioni sopra la 
naturédezza del lucimerUo yeduto 
in un pezzo di came lessatUy etc.^ 
Milan, 17 ï6,in-4°. Z. 

CARCAVI (Pierre de) , ne à Lyon, 
fut d*abord conseiller au parlement de 
Toulouse , puis vint à Paris , où il 
acheta une charge de conseiller au 
grand conseil. Il avait été très lié avec 
Fermât, qui, en mourant, le ût déposi- 
taire de ses écrits. Il était ami de Pas- 
cal et de Descartes ; mais il se brouilla 
avec ce dernier pour avoir embrassé 
avec trop de chaleur le parti de Rober- 
val. En 1645 , il prit part à la dispute 

3ui s'éleva sur la quadi'ature du cercle, 
ont il démontra Timpossibilite. Gar'- 
cavi, après avoir quitté sa place au 
grand conseil, s'adonna à la bibliogra- . 
phie, et passa pour le plus habile 
îiomme de son temps. Golbertlui con- 
fia sa bibliothèque, 011, dans l'espace 
de cinq ans , Garcavi mit en ordre et 
fit copier l'immense recueil des Mé- 
moires du cardinal Mazarin, en 
656 volumes. Colbert, pour récom- 
penser Garcavi , le commit à la garde 
de la bibliothèque du roi en i653. 
Ge fut' pendant l'administration de 
Circavi, en 1666, qu'on transféra 1^ 
bibliothèque du roi , de la rue de la 
Harpe dans la rue Viviehne. Dans ce 
nouveau local , l'académie des scien- 
ces, qui venait d'être créée, tint long- 
temps ses séances , et Garcavi en fut 
un des premiers membres pour les 
mathématiques. Le Prince , dans 
son Essai historique sur la hihUo- 
thèque du roi , parle longuement des 
services rendus à cet établissement 
par Garcavi, qui se retira après la 
mort de Golbert , en 1 685 , et mou- 
rut lui-même en i684* *^ Garcavi 
( Gharles-Alexandre ) , fils de Pierre, 
né vers 1 665 , fut éiçvé auprès du 
duc d'Orléans , depuis régent , em- 
brassa l'état ecclésiastique, et mourut 



CAR 

r" ■ 

au moisde février 1 723. Il avait cour- 
posé , en 1 720, 1. le Pamasse'hoùf- " 
jon , comédie en un acte et en prose , 
^non représentée fil. la Comtesse de 
FoUenvUlcy comédie en un acte et eà 
prose , jouée avec peu de succès sur le 
Théâtre français , le 1 1 octobre 1 7 aa, 
et non imprimée. Z. 

GAUGINUS d'Agrigente , poète 
tragique et comique, florissait un peu 
avant l'époque de Philippe, roi de Ma- 
cédoine. Il se trouva avec le philoso- 
phe Eschyne à la cour de Denys. Il 
mit au théâtre quatre-vingt-dix-huit 
pièces , une , entre antres , intituke 
les Riches, que cite Athénée, et que 
d'autres ont appelée Phiius. Aristote 
parle de ce poète avec ^oge dans plu- 
sieurs endroits de ses ouvrages, et 
Diodore mentionne honorablement la 
pièce qu'il avait composée sur 'Oérès 
cherchant sa Cille Proserpine. Athénée 
.en cite des vers très piquants contre 
les vieillards qui épousent de jeunes 
femmes. — Un autre poète tragique 
du même nom était d'Athènes , et 
presque contemporain du premîen 
Athénée cite deux de ses pièces: 
Achille et Sémélé. On lui en attribué 
cent soixante. 11 ne fut couronnéqu'ùne 
fois. L'obscurité énigmatique de son 
style avait donné lieu au proverbe : 
Cest du Cardnus , pour désigner 
une diction pénible et entortillée, il eut 
trois fils, Xénoclès , Xénétime et Dé- 
motime, dont la vanité fut tournée en 
ridicule par Aristophane. A— 'D — n.' 

GARDAILLAG( Jean de), d'une 
ancienne famille du Querci , professa 
le droit â Toulouse, fut nommé, en 
i55r,évêque d'Orense en Galice^ 
eu 1 56o , évéque de Braga en Portu- 
gal; en 1 57 1 , patriarche d'Alexandrie 
et administrateur de l'évêché de^ Hho- 
dez^en 1376, administrateur |)erpéi- 
tuel de l'archevêché de Toulouse. H 
fut employé uiilement par la cour d« 



CAR ^ 

Rome en diverses légatioos, et donna 
des preuves éclatantes de civisme dans 
les guerres de Charles V. contre • les 
Anglais. En i568, il parcourut la 
Guiènne , où commandait le prince 
Edouard de Galles , alla de ville en 
Tille, engageant les habitants à se- 
couer un joug étranger , et gagna seul 
à son prince soixante villes, places ou 
forteresses. Une armée victorieuse 
eût fait des conquêtes moins rapides. 
Le zèle et l'éloquence du prélat facili- 
tèrent les succès qu'obtint en 1 5^0 
le connétable Du Gucsclin , qui soumit 
presque toutes les villes de la Guienne 
et du Poitou. Cardaillac fit fondre à 
ses frais , pour la cathédrale de Tou- 
louse, une cloche d'une grosseur ex- 
traordinaire qui portait son nom , et 
pesait cinquante mille livres : elle a e'të 
détruite pendant la révolution. Ce pré- 
lat mourut le 7 octobre i Sgo, laissant 
plusieurs manuscrits qui prouvent son 
éloquence et son érudition : on les con- 
servait dans la bibliothèque des domi- 
nicains de Toulouse. La vie de Jean 
de Cardaillac se trouve dans les Essais 
de littérature y imprhnés à Amstcr^ 
dam , en 1 702 , in-i 2. V— ve. 

CARDAN ( Jerôue), médecin et géo- 
mètre^ naquit à Pavie en i5oi. La 
date précise de sa naissance est assez 
incertaine; car il en indique deux dans 
ses ouvrages; l'une au ^5 septembre , 
et l'autre au ^4 novembre; drcons^ 
tance d'ailleurs peu importante, ainsi 
que la prétention qu'il annonce de des- 
cendre de la famille desChâtillons, sou- 
verains de Milan , cinq cents ans aupa- 
ravant, n était fils de Facio Cardan , 
médecin et jurisconsulte , qui mourut 
eu i524< On croit généralement que 
sa naissance était ill^time, et il est 
convenu lui-même que sa mère recou- 
rut à des breuvages pour se faire 
avorter lorsqu'elle était enceinte de 
lui. U fut cependant j^vé dans la mai- 



CAR lit 

son de son^pere, qui demeurait à Mi- 
lan. C'était un homme d'un grand sa- 
voir , d'une probité incorruptible \ 
qui donna beaucoup de soins à l'édu- 
cation de son -fils , et dont celui-ci n« 
•parle jamais qu'avec tendresse et vé- 
nération. A l'âge de vingt ans,' Jérd- 
me Cardan se rendit à Pavie pour y 
achever ses études, et, deux ans aprè^, 
il y expliqua Ëuclide. A trente- trois 
ans , il commença à professer les ma- 
thématiques , puis la médecine à -Mi- 
lan. 11 retourna ensuite à Pavie , pro- 
fessai quelque temps à Bologne, et , s'y 
étant attiré de mauvaises affaires, il 
alla terminer sa carrière à Rome. Là , 
il fut aggrégé au collège des médecins , 
et reçut une pension du pape. £n i547y 
le roi de Danemark l'avait fait inviter 
à venir dans ses états ; mais le climat 
et ia religion du pays le détournèrent 
d'accepter les offres avantageuses que 
lui faisait ce souverain. Le dernier mo- 
tif de son refus parait bien singulier 
Î)our un homme qui fut accusé d'irre- 
igion; mais les biographes sont peu 
d'accord sur ses véritables sentiments 
à cet égard. Ils citent des passages 
contradictoires qui n'ont rien de sur- 
prenant de la part d'un homme qui se 
perdait dans les rêveries de la cabale j 
qui di*«ait avoir un démon familier , 
dont il recevait des avertissements , 
.mais qui se croyait aussi quelquefois 
en la présence de son bon ange. On 
sent qu'avec de pareilles dispositions , 
lorsqu'il voulut philosopher suivant 
l'esprit du temps, il donna beaucoup 
de prise sur lui aux théologiens. Son 
orthodoxie fut vivement attaquée ; on 
le rangea même au nombre des athées. 
£t comment un athée pouvait-il croire 
, au démon , à la magie? Ce ne sont pas 
là les opinions d'un esprit fort, et 
-quand on les adopte , il reste peu de 
choses difficiles à croire. La vérité, 
ràxe qu'il nous semble ^ c'est que Car- 



laa CAR 

dan fut un esprit superstitieux, dont 
les chimères ne s'accordaient pas avec 
celles qui étaient en crédit , et que 
ses ennemis chargèrent de l'impu- 
tation d'athéisme , parce qu'elle était 
Ja plus odieuse qu'où pût imaginer 
.aiors. Cardan s'entêta de l'astrologie, 
au point de tirer plusieurs fois l'horos- 
cope de sa mort, et d'attribuer la faus- 
seté de ses prédictions , non à Vincer^ 
tilude de Vart^ mais à Vignorance 
de Var liste. Ou a été jusqu'à dire que , 
pour accomplir sa dernière prédiction, 
ou plutôt pour ne pas survivre à la 
honte que son erreur devait attirer sur 
lui, il se laissa mourir de faim à l'âge 
de soixante-quinze ans; mais ce fait 
n'est pas constaté. Il ne fut pas plus 
heureux dans les prédictions qu'il Gt 
pour les autres ; il annonça une longue 
vie à Edouard VI, qui mourut assez 
promptement; mais une révision du 
calcul justifia l'événement ; car Tastro- 
I(^ie ne pouvait^alors avoir tort. L'ho- 
roscope de Jésus- ('hrist peut être re- 
gardé comme un chef-d'œuvre parmi 
les extravagances de ce genre ; et , mai- 
gré les persécutions que Cardan éprou- 
va à ce sujet , il ne voulut jamais en 
restituer l'honneur à Pierre d'Âilly et 
Russilianus Sexlus, qui avaient fait 
les frais de l'invention. Deux trai- 
tés, qu'il publia sou^ ces titres : De 
subtiUtaie et De rerum varieiate^ 
.embrassent l'ensemble de sa physi- 
que, de sa métaphysique et de ses 
connaissances en histoire naturelle ^ 
et peuvent paraître curieux à ceux 
qui aiment â voir dans quelles er- 
reurs s'est promené l'esprit humain; 
mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler 
' plus au long. On en trouve un extrait 
fort détaillé dans l'article Cardan, 
placé à la fin du second volume du 
■ DicUonnairede philosophie de l'En- 
c^clopédie méthodique, 11 écrivit ahs- 
si sur k nifédecine; ei^ parmi beau- 



CAR, 

coup de fatras , il émit quelques idées 
saines. Sa réputation , comme méde- 
cin , fut très étendue, et le fit appeler 
en Ecosse par l'ai'chevêque de St.- 
André, primat du royaume. Les soins 
et les conseils de Cardan rendirent la 
santé à ce prélat , malade depuis dix 
ans , et qui avait recouru vainement 
aux médecins du roi de France et de 
l'empereur. Mais s'il reste à Cardan 
des titres réels à la reconnaissance des 
savants, ce sont ceux qu'il s'est acquis 
en mathématiques, sur lesquels cepen- 
dant une conduite peu délicate a ré- 
pandu beaucoup de nuages* L'algèbre , 
qui, depuis sa naissance, n'était guère 
cultivée qu'en Italie , excitait beaucoup 
d'émulation entre les mathématiciens 
de ce pays; ceux qui pouvaient Êiire 
des découvertes lés cachaient soigneu- 
sement, pour s'assurer les moyens de 
triompher dans les défis publics qu'ils 
se proposaient les uns aux autres, 
allant aie ville en ville , à la manière 
des musiciens, faire montre de leurs 
talents devant les curieux rassemblés 
dans les églises pour les juger. Cardan 
-apprit que Tartalea, ou Tartaglia 
( Voyez Tartax^ea ) , provoqué par 
de semblables défis, avait trouvé la 
résolution des équations du troisième 
degré, et, dès ce moment, il conçut le 
plus vif désir d'en obtenir la commu- 
nication. Ses premières sollicitations 
ayant été inutiles^ il écrivit à Tarlalea 
que le marquis del Vasto désirait le 
• connaître et s'entretenir avec lui de ses 
découvertes. Tartalea crut devoir cé- 
der à l'invita lion pressante d'un per- 
sonnage distingué, dont il espérait se 
ménager la protection ; mais en arri- 
vant à Milan , ce fut Cardan seul quil 
trouva dans la maison du marquis, et 
qui lui offrit de faire tous les serments 
qu'il exigerait de ne point révâer son 
secret , qu'il le jurerait même sur TK- 
vaofj^le. Vaincu; par ces iastaiice&.| et 



Car 

peur obtenir la lettre de recomman- 
dîiâoD qui devait l'introduire auprès 
da marquis del \asto, Tartalea fit 
connaître ses méthodes à Cardan , qui 
les imprima quelques années après, 
en 1 545 y dans son Ars magna , mal- 
gré la foi de ses promesses. Les plain- 
tes de Tartalea furent aussi vives 
qu'elles étaient fondées ; il dévoila la 
conduite de Cardan en publiant la cor- 
respondance et les entretiens qu'il avait 
eus avec lui. Cardnn , de son côté, ré- 
duisait à la formule du procédé de la 
solution ce qu'if devait à Tartalea; il 
afiirmait que seul il en avait trouvé la 
démonstration, et attribuait la pre- 
mière découverte à Scipion Ferreo. 
Quoi qu'il en soit de ce aeliat, sur le* 
quel il est assez difficile de prononcer 
aujoiu'd'hui , l'homieur de donner son 
nom à la méthode est demeuré à ce- 
lui qui l'a publiée le premier, et l'on 
dit encore: lajormulede Cardan» 
On s accorde à penser que Cardan dé- 
couvrit quelques cas nouveaux quine 
paraissaient pas compris dans la règle 
donuée par Tartalea , et, entre autres , 
celui qui porte le nom de cas irré- 
ductible; qu'il s'aperçut de la multi- 
plicité des racines des équations des 
degrés supérieurs , et enfin de l'exis- 
tence des racines négatives, dont pour- 
tant il ne reconnut pas l'usage. M. Cos- 
sali, qui a fouillé dans Its vieux ma-> 
noscrits italiens, fait remonter plu- 
sieurs de ces remarques jusqu'à Léo- 
nard de Pise; mais il n'en assigne 
pas moins à Cardan une part tfès 
nouorable dans les découvertes sur la 
résolution des équations , et revendi- 
que, en sa faveur, l'application de 
Falgèbre aux problèmes dé géométiie 
déterminés, généralement attribuée à 
Viète; mais, on cela, il nous paraît que 
M.Oossali va trop loin ( ^. le a*, vo- 
lume de V Origine e trasporto in lia" 
lia del algebra ^ ouvrage dont nous 



GAB 



135 



avons tiré une partie de ce qui pré- 
cède). Cardan tenta aussi d'appliquer 
la géométrie à la physique , comme on 
le verra par le titre de i'unde ses ou- 
vrages^ mais il manquait de données 
assez précises, et n'eut aucun succès. 
Avec un amour- propre excessif, une 
humeur trts irritable , et quelquefois 

S eu de scrupule pour s'emparer des 
écou vertes des autres. Cardan ne 
pouvait manquer d'ennemis. Jules Sca- 
-liger s'acharna paniculièrcment sur le 
traité DesubtUitate, et prétendit avoir 
fait mourir l'auteur de chagrin par ses 
critiques. La vie de Cardan fut encore 
plus troublée par ses vices, dont î| 
n'est pas besoin de chercher l'énumé^ 
ration dans les invectives de ses en- 
nemis ; car il a pris soin de tracer lid- 
méme un portrait affreux de ses mœurs 
et de son caractère dans l'ouvrage in- 
titulé : De vitdproprid, La francnise, 
ou plutôt la hardiesse des avenx , y est 
portée aussi loin qu'elle peut aller; et 
ceux qui, surcette'production, ont vou- 
lu juger Cardan avec quelque indulgen- 
ce , ont été réduits à le regarder com- 
me ayant des accès de folie : c'est ainsi 
qu'en ont parlé Leibnitz et Naudé. 11 
nous apprend que, dans le monde, il 
ne savait dire que ce quidevait déplaire 
à ceux qui l'entouraient , et qu'il persé- 
vérait dans cette mauvaise disposition , 
quoiqu'il en vît les effets; qu'il recher- 
chait les souffrances physiques, parce 
-qu'elles le préservaient des orages qui 
^'élevaient fréquemment dans son es- 
prit ; qu'il se procurait lui-4néme des 
sensations douloureuses dans celte 
vue f et pour jouir de la volupté qu'il 
-éprouvait à leur cessation; enfin qu'il 
employait aussi ce moyen ^comme un 
remède ou comme un palKatif dans les 
■grandes afflictions morales. Il éprouva 
dans sa famille des malheurs acca- 
blants; son fils aîné eut à vingt-six 
ans la tète tranchée , pour avoir em- 



1^4 CAR 

poisontt^ sa femme. Son second fils le 
tourmenta bèaocoup par son incon-^ 
duite. Cardan met encore au nombre 
de ses plus grandes infortunés Te'tat 
d'impuissance qui le priva du com- 
merce des fezqmes depuis vingt-un ans 
jusqu'à trente-un , époque à laquelle il 
se maria. Il a laissé une allé qui n'eut 
point d'enfants. Pendant une grande 
partie de sa vie , Tëtat de ses affaires , 
voisin de la pauvreté , l'obligea de 
multiplier ses ouvrages et de les gros- 
sir pour en tirer plus de profit : ce- 
Sendant, il n'est pas vrai qu'il mourut 
ans l'indigence. Nous avons de)à dit 
^u'il recevait une pension du pape , 
^ et il était alors, dit Montucla, dans 
» l'aisance d'un médecin accrédité qui 
» va voir ses malades en voiture. » Il 
j a quelque incertitude sur l'époque 
de sa mort; de Thou la fixe au l'T. 
septembre i5^5; mais Bayle, à l'ar- 
ticle Cardan , £iit remarquer qu'il 
écrivait encore sa vie au mois d'octobre 
1576, ce qui s'accorde avec l'âge de 
soixante-qumze ans, qu'on lui donnie 
au moment de son décès. Ses princi- 
paux ouvrages sont: l.Arlis magnce, 
seu de regulis algebrœ Uberunus, 
Nuremberg, i545, in-4°.; H. De 
snbiilitate, libri XXIj Nuremberg, 
j 55o , in-fol. : il y en a une traduction 
française par Richard Leblanc , Paris , 
1 556 , in-4°.; III. De rerum varie- 
tate libri XFIIy cum appejidice, 
liâle, 1557, in-fol.; IV. Opus no- 
if um de ffroportionibus numeronim, 
moiuum 9 ponderum , sonorum, Bâle , 
1570, in-fol.^ V. De vild proprid , 
Paris, 1643, in-8^ , publié paç Ga- 
briel Naudé ; réimprimé à Amster- 
dam, 1654, in-i2 ; VI, Neronis enr 
comium; VIL De samWe tuendd 
etvitdproducendd libri IF, Rome, 
1 58o. Tous les écrits de Cardan , au 
nombre de plus de cinquante , ont.été 
réunis en 10 volupies in-foUp par 



CAR 

CSierles Spôn, sous le lit#e de Meré^ 
Tvymi Cardani opéra , Lyon , 1 665 : 
c'est dans le tome IV que se trouvent 
Vuérs magna et les autres traités con- 
cernant les mathématiques. — Son fils 
aîné, Jean-iBaptiste Cardan, médecin, 
qui périt malheureusement comme on 
l'a dit, a laissé deux traités qui ont été 
imprimés avec les ouvrages du père, 
l'^.Defulgure; a**. De abstinentid 
ciborumfetidorum, L— x. 

CARDENAL (Pierre), l'un des 
plus féconds parmi ces poètes connus 
sous le nom de troubadours ^ naquk 
vers le commencement du i5*. siède, ^ 
et mourut en i5o6, âgé de cent ans. 
Les biographes ne sont pas d'accord 
sur le lieu de sa naissance ; ils dési- 
gnent pour sa patrie ou Beaucaîre , oa 
le Puy-en-Velay, et ne s'accordent pas 
davantage sur les différentes actions 
de sa vie. Millot rapporte qu'ayant fall 
quelques études, afin de pouvoir «n- 
trer dans les ordres sacrés, il pré- 
féra suivre la profession de chanteur 
ambulant. Jean Nostradamus le fait 
aller se fixer à Tarascon , où il se fît 
maître d'école. Les manuscrits de la 
. Bibliothèque impériale contiennent 
quatre-vingt-dix pièces qu'il a com- 
posées; elles consistent, i^en Ten- 
sons , ou Jeux partis , sorte de ques- 
tion de jurisprudence amoureuse qui 
renfermait ou un purisme d'amour 
poussé au fanatisme , ou un libertinage 
.outré; a*», des SirventeSj pièces or- 
dinairement satiriques ; 'ù^, des Chta^ 
sons. Les différentes pièces composées 
par Cardenal sont empreintes de celte 
manie de subtilité qui régnait dans les 
(écoles, et de cette métaphysique de 
^se^timeat devenue si ridicule. Aussi 
.trouve-t-on un grand nombre de pas- 
sages si obscurs qu'ils deviennent inin- 
telligibles. R— .T. 

CABDENÀS ( Bernardin de ) , né 
k C^uquisaca, dans la province de ia& 



CAR 

Gliarcas au Pérou , entra assez jeune 
dans Tordre de St- François, où il ne 
tarda pas à se distinguer par son ta- 
lent pour la prédication , et fut mis- 
sionnaire apostolique. Nommé en 
1643 à l'évêchc de TAssoraplion, 
dans le Paraguay , sa piété lui concilia 
la plus grande partie de ses diocésains; 
mais les missions des jésuites étant 
Toisines de son diocèse , il ne yit dans 
la dcCanoe avec laquelle ils en défen- 
daient l'entrée aux Espagnols, comme 
aux autres Européens , qu'un projet 
4e se soustraire à l'obéissance du roi 
d'Espagne, il les accusa avec chaleur ; 
les jésuites se défendirent , et parvin- 
lentméme à le mettre mal avec les 
ofBders du roi. Le zèle ardent de Gar- 
denas ne fut pas refroidi par les désa- 
gréments qu'on lui suscita. Son exem- 
ple encouragea d'autres évéques de 
r Amérique à combattre les entreprises 
des jésuites. Le plus célèbre de ces 
prélats, Palafox, était en correspon- 
dance intime avec Gardenas. La cour 
de Madrid, à qui les deux partis 
a(|raient envoyé des mémoires, nomma 
des commissaires qui eurent beaucoup 
de peine à concilier les esprits. On 
peut voir les deuils de cette querelle 
dans V Histoire du Paraguajr ^ par 
le P. Gharlevoix. Gardenas , nommé à 
Févéché de Popayan , refusa , en s'ex- 
cusant sur son grand âge ; mais le dé- 
sir de la paix lui fit accepter, en 1 666 , 
celui de Santa-Gruz de la Sierra , où 
il mourut peu d'années après. On a 
de lai : I. Manualjr relacien de las 
tosas di Piru , Madrid , 1 634 , în-4'*. } 
n. Bistorîa Indiana et indigenarum ; 
lU. Mémorial présenté au roi d'Ëspa- 
ene pour la défense de dom Bernar- 
din deCardenas , évêque de Paraguay, 
contre les religieux de la compagnie 
de Jésus , et pour répondre aux mé- 
moriaux présentés à la susdite majesté, 
^ le P. Pedraça ^ procureur des jé^ 



CAR 



laS 



suites aux Indes, traduit de Tespagnol y 
1662, in-i2, ouvrage curieux. Gent 
ans environ après la mort de Gardenas, 
ona publiécn Espagne le livre suivant: 
Documentos tocantes à la persecu^ 
don que îos regulares de la compa- 
na de Jesu suscitaron contra don B, . 
de Càrdenas , obispo de Paraguajr^ 
Madrid , 1 768 , in-4'». E— s. 

GARD EU (Peteb). Lorsque le 6 
septembre 1 5n8, le famtux Drake eul 
débouché du aétroit de Magellan dans 
la mer du Sud , il détacba de sa flotte 
un petit bâtiment pour revenir donner 
en Angleterre nouvelle de son passage. 
Gette pinasse, sous la conduite du ca- 
pitaine Garder, repassa le détroit, et 
vint aborder au nord de la rivière de 
la Plata , sur un rivage habité par un 
peuple sauvage, qui tua une partie 
des Anglais. En s éloignant de cette 
côte malheureuse, ils touchèrent con- 
tre une petite ile, et la pinasse fut mise 
en pièces. Le peu de monde qui avait 
échappé aux sauvaoes périt , à l'excep- 
tion de Garder et a un autre Anglais. 
Ils se nourrirent dans cette ile de fruits 
assez semblables à l'orange, de feuilles, 
de crabes et de petites anguilles qu'ils 
trouvèrent dans le sable; mais, coi^me 
il n'y avait pas une goutte d'eau , ils 
furent réduits à boire leur urine. Il 
fallut de nouveau se remettre en mer 
sur quelques planches de la pinasse. 
Après être restés trois jours et deux 
nuits à la merci des flots , la vague 
-les poussa sur le rivage du continent, 
près d'une petite rivière d'eau douce. 
Le compagnon de Cailler, malgré ses 
conseils, voulut en boire sans modé- 
ration, et enmourut deux heures après. 
Quant à Carder , il tomba entre les 
mains des sauvages, qui, quoique can- 
nibales, et dans le barbare usage de 
manger les prisonniers de guerre, res- 

Kctèrent à son ^ard les droits èa 
iospitalitéj ils le prirent même ea 



126 



CAR 



amitié' lorsqu'ils curent senti de quelle 
ntilltë leur pouvait être un homme fort 
industrieux et possédant plusieurs con- 
naissances. Après aToir vdcu parmi 
ces sauvages assez long-temps pour 
apprendre leur langue. Garder en ob- 
tint la liberté de partir. 11 entra sur les 
terres des Portugais , d'où enfin il re- 
vint en Angleterre, en 1 586. Le grand- 
amiral le présenta à la reine Elisabeth, 
qui prit beaucoup de plaisir au récit de 
j^cs aventures {Histoire des voyages), 

M LE. 

CARDILUCIUS ( JeanHiskïas ), 
médecin allemand du I^^ siècle , 
était grand partisan de l'astrologie , de 
Falchimie et de la doctrine de Para- 
cclse et de van Helmont. Après avoir 
étudié en Hollande et à Mayence y il 
s'établit à Nuremberg , où il prenait 
le titre de comte Palatin et de pre- 
mier médecin du duc de Wurtemberg. 
Il y a donné de nouvelles éditions- 
de deux ouvrages allemands de Bar- 
thélemi Carricbtei;. Il y fit des ad- 
ditions considérables. L'un parut à 
Nuremberg en i686, in-S^^ sous le 
titre de Lii^re déplantes et de méde-' 
cine : il a été réimprimé à Tubingen , 
en 1739, in -8**.; l'autre traite de 
V Harmonie , de la sympattUe et de 
V antipathie des plantes^ Nuremberg , 
]686, in -8". : Cardilucius y ajouta 
ime préface. On y voit que l'auteur et 
l'éditeur étaient paiement imbus des 
mêmes préjugés. Ils cropient qu'il 
fallait consulter tel ou tel signe du zo- 
diaque , avoir ^ard h son degré 
d'élévation sur l'horizon , lorsqu'on 
voulait cueillir une plante ou admi- 
nistrer un médicament. €e médecin a 
publié un ouvrage en latin , intitulé : 
Officina sanitatis , siVe praxis chjr^ 
miatrica Joannis Hartmanni^ eut 
qnnexus est Zodiacus medicus, Nu- 
remberg, 1677, in-4°. On lui doit 
encore une Ecole évangélique d^ 



CAR 

arts et des sciences , puisée dans ta 
nature, i685, 4 ^^^' in -8'.; un 
Palais royal de chjrmie etdeméde* 
cine y 1684, in-8'., et une Descrip^ 
tion de quelques maladies ( le typhus 
nosocomial et la dissenterie ) , 1 684 7 
in- 1 3 ; ces trois ouvrages , imprimés 
à Nuremberg , sont en allemand. 

D— P— s. 
GARDIM ( Antoine - François ) , 
jésuite portugais , né en 1 6 1 5 à Viana, 
près d'Evora , fut envoyé aux Indes 
comme missionnaire. Il visita le Ja- 
pon, la Chine, le royaume de Siam, 
la Cochinchine et le Tunquin , et rem- 
plit l'emploi de recteur du collège de 
Macao. Sa province le députa à la 
huitième congrégation générale de son 
ordre. Il fit naufrage en retournant 
aux Indes. Délivré de ce péril , Car- 
dim employa le reste de sa vie aux 
travaux apostoliques, et mourut à 
Macao en 1659. On a de lui en por* 
tugais : I. Relation de la mort glo» 
rieuse de quatre missionnaires por» 
tugais décapités au Japon pour la 
foif Lisbonne, i645; II. Relatione 
delà provincia del Giapone, Rome , 

1645, in-8\, traduite en français 
avec une autre relation du P. iJarettS, 
composée en italien, Paris, 1646, in* 
8*'« Le P. Cardim écrivit en latin : 
Fascicubis è Japordcis fioribus suo 
adhuc sanguine m^tdentibus compo' 
situs cum elogiii et imaginibus in-- 
terfectorum in odium fidei^ Rome , 

1646 , in-4''. ; Catalogus omnium in 
Japonidpro Christo interemptorum^ 
ibid. La relation de Cardim, indé- 
pendamment du détail des missions ^ 
contient quelques particularités rela- 
tives aux pays qu'il avait parcounts. 

E— s. 

C4RDINI (Ignace), médecin, né 

en i56ai, à Mariana, en Corse, est 

auteur d'un ouvrage latin, si rare que 

sous n'acyoBS pa nous en procurer 



CAR 

nim le titre. Le Moréri de 1 759 y 
d après lequel nous parlons de ce vo- 
Jume , dit qu'il est divisé en deux par- 
ties: «La première traite de Ja métaN 
> lique de son pays ^ la seconde con- 
i lient rhistoire des plantes qui y 
i croissent ^ et des lettres plus sati- 
» riques que critiques. » Les prêtres 
et les moioes , attaque's dans ces let- 
tres, suscitèrent à Fauteur une telle 
nersëcutiou, qu'il fut obligé de sortir 
de Corse , et se retira à Lucques , où , 
trois mois après , il mourut d'une dis- 
senterie. Les moines corses ont détruit 
de cet ouvrage tous les exemplaires 
qu'ils ont pu trouver. A. B— t. 

CARDONA ( Jeaw-Baptiste ), an- 
tiquaire et bibliographe espagnol, na- 
quit à Valence dans le i6% siècle , et 
Ait successivement chanoine de cette 
tille ^membre du tribunal de l'inqui- 
sition , évêque de Perpignan , de Vie 
en Catalogne, et enfin de Tortose. Il 
cultiva les lettres avec succès , ets'ap- 
nliqua « sur la fin de sa vie, à réta- 
blir, d'après les manuscrits , les véri- 
tables leçons des Pères ; il en avait 
déjà restitué plus de huit cents dans 
les oeuvres de S. Léon-le-Grand et de 
S. Hilaire, lorsqu'il mourut, le 3o 
décembre i SSg. On a de lui les ou- 
vrages suivants : L Orado de S, StC' 
phano , panégyrique prononcé à Bo- 
rne en 1 575 ^ IL De expungendis fuB' 
TetLcorwnpropriisnominâus, Rome, 
15^6, in-8". , dédié au pape Gré- 
goire XIII ; IIL De regid sancti 
LoMtrentii Scorialensis bibliothecd 
UbeUuSj sive consUium cogendiom" 
nisgeneris tUiles libros, et per ido' 
neos ministros fructuosè^ cMidèque 
custodiendi , Tarragone , 1 587 , in- 
4^. On trouve aussi dans cet ouvrage, 
dédié à Philippe 11 , un petit Commen- 
taire estimé , De dipijrcis ; un traité 
De hUdiotheds , tiré de Fulvio Orsi- 
&o, tt uu autre de la bibliothèque du 



CAR 127 

Vatican, extrait d'Onofrio Panvino 
( Fqy. les Bibliothèques espagnoles 
d'André Schott et de Nicolas Antonio , 
et V Histoire de Faïence j de Gaspar 
Escolàno.) V— *ve. 

CARDONE ( Raymowd de ) , géné- 
ral arragonais , fut envoyé en Italie en 
i3a2, par le pape Jean XXII et le 
roi Robert de Naples , pour comman- 
der les armées guelfes. Il jouissait de 
la réputation d'un grand général , et 
cependant il n'éprouva guère que 
des revers. Il fut dé&it le 6 juillet 
1 522, par Marc Visconti, à Bassigna- 
BO. Après avoir rétabli sou armée, et 
conquis Tortone et Alexandrie, ea 
1 3^5, il fut de nouveau défait à Var- 
rio, le 16 février i324 , et, cette fois, 
il tomba entre les mains des Visconti , 
ses ennemis. Ces seigneurs de Milan le 
relâchèrent au bout de quelques mois, 
pour ouvrir, par son moyen, une né- 
gociation avec l'Église ; ils lui firent 
seulement prêter serment de ne plus 
servir contre les gibelins; mais le pape 
le releva de ce serment, et l'envoya 
commander les Florentins , attaqués 
alors par Castruccio. L'armée de Car- 
done était fort supérieure en nombre 
à celle de ses ennemis ; mais il la re- 
tint pendant une partie de l'été autour 
des matais de Fucecchio, pour que les 
bourgeois florentins qu'il avait sous 
ses ordres, dégoûtés d'un si pénible 
service , achetassent de lui leur congé» 
Après que cette misérable avarice eut 
fait perdre courage à son armée ^ il lir 
vra bataille à Castruccio devant Alto* 
pascio ^ le a3 septembre 13^5 : il y 
fut complètement battu, et fait pri- 
sonnier. Son vainqueur l'obligea de 
marcher à pied devant son char, 
comme il rentrait en triomphe à Luc- 
ques. Ainsi se termina la carrière mi- 
litaire du premier Raimond de Car- 
done en Italie.-— Cardon£( Raimond 
II de }; de la.méme fiiiaille, fut nom- 



iîi8 



CAR 



me \ice-roide Naplespar Ferditaud- 
le-Gitbolique , le 24 octobre i Siog. CSe 
moDaïque s'étaut détaché, en i5i i , 
de la ligue de Gambray, donna com- 
mission à Raimond de Gardone de dé- 
fendre le pape et les Vénitiens contre 
Jes attaques de l'emperenr Maximiiien 
et des Français. 11 commença pend tut 
l'hiver de 1 5 12 le siège de Bologne; 
obligé de le lever à l'approche de Gas* 
ton de Foix , il livra à celui-ci la san- 
glante bataille de Bavenne , le 1 1 avril 
1 5 1 12. 11 la perdit après une horrible 
boucherie ; presque tous ses officiers- 
généraux furent tués on faits prison- 
niers ; ihais Gaston de Foix , son ad- 
versaire, perdit la vie dans la mêlée, 
et Gardone n'ayant plus ce terrible an- 
tagonbte, se releva bientôt de sa dé- 
faite , plus redoutable que jamais. Les 
Français, attaqués pr les rois d'Angle- 
terre et d'Arragon, et abandonnés 
par Maximiiien, avaient retiré leurs 
.armées d'Italie. Gardone fut alors en- 
voyé en Toscane pour* punir les Flo- 
rentins de leur alliance avec Louis XI L 
Il surprit la ville de Prato , et la li- 
vra au massacre d'une manière si hor- 
rible que les Florentins perdirent cou- 
rage ; ils rappelèrent les Médicis, 
leur rendirent l'autorité dont ils les 
avaient privés pendant dix-huit ans, 
et se soumirent à payer d'énormes 
contributions } mais à peine les Fran* 
çais s'étaient-ils retirés d'Italie , que 
f erdinand changea de nouveau de 
politique; il trahit les Vénitiens, qu'il 
avait défendus , et Gardone leur enleva 
la ville de firescia , avec les châteaux 
de Peschiera, Legnago et Trezzo, et 
les força ainsi à chercher un refuge 
auprès de ces mêmes Français qui Jes 
avaient jusqu'alors opprimés. Gardone, 
€u faisant la guerre aux Vénitiens, ne 
se* montra pas moins leroce qu'il l'a- 
vait été dans ses autres- campagnes. 
B^gr^âeiDy d'Alviano, pourréprûner' 



CAR 

la barbarie des Espagnols, leur livra 
bataille près de Vicence , le •} octobre 
1 5 13; mais son année fut détruite, et 
Gardone continua ses ravages jusqu'au 
bord des lagunes. Enfin , en 1 5 1 5 , la 
paix fut momentanément rétablie , et 
Gardone reconduisit ses troupes dans 
le royaume de Naples, dont il demeu- 
ra vice-roi sous l'autorité de Gharies- 
Quint. S. S — I. 

GARDONE ( VmcEKT ) , religieux 
dominicain, né daus l'Abruzze cité- 
rieure, s'amusait à ces sortes d'ou- 
vrages qui n'ont guère d'autre mérite 
que celui de la difficulté vaincue. Ayant 
naturellement peine à bien prononcer 
la lettre r , il composa d'abord un pe- 
tit volume dans lequel cette consonne 
ne se trouve pas une seule fois, ex* 
cepté dans le titre ; il l'intitula : la R 
sbaiidUay sopra lapotenza d*a *iore, 
et le publia sous le nom de JeanrJVi-' 
colas Oiminello' Carbone y qu'il avait 
porté dans le monde , Naples , 161 4 , 
in -8^. Un Dictionnaire univer^eVhis^ 
forii^zi^ a travesti letitrede ce livre en 
celui de la Religione sbandita , ayant 
apparemment pris l'r pour une abré- 
viation. Le succès de ce premier ou- 
vrage engagea Gardone à faire le même 
travail successivement sur chacune des 
lettres de l'alphabet ; cet ouvrage de 
patience, qu'il intitulait VAlfahelo dis- 
trutio , étant achevé , il était en route 
pour le dédier au duc de Savoie, lors- 
qu'il mourut à peine âgé de vingt-cinq 
ans: il venait d entrer dans l'ordre de 
St.-Dominique. G. M. P. . 

GARDONISE(Dekis-Domiotque) , 
' savant orientaliste , naquit à Paris eu 
17010, et paitit k l'âge ;de neuf ans 
pour Gonstantinople , où il apprit le 
turk , Tarabe et le persan , et où , pen- 
dant un séjour de viugt ans , il acquit 
de grandes connaissances sur les 
mœurs, les usages et le caractère des 
peuples dé l'Orieut* A sou retour k 



Car 

Paris, il fut nommé successlremeiit 
prolîisseur des langues turke et per^ 
saoeau collée royal y en i75o, se- 
crétaire-interprète du roî pour les bn^ 
pes orientales, censeur royal, cats* 
sier et inspecteur de la librairie. Si 
étudia avec beaucoup d'assiduité les 
niAQuscrits orientaux de la BibIiothè<- 
qne. Son premier ouyrage fut YBis^ 
taire de V Afrique et de V Espagne 
im la domination des Arabes , 
1765, 3 Yol. in-ta , traduite en alle- 
Duad par de Murr , Nuremberg , 
1768-70, en 5 yol. inr8\, dont un 
est compose de notes ; et par Faesi , 
Zarichy 1770, in-8^. Cet ouTrage, ré- 
digé en grande partie d'après des ma« 
Buscrits arabes , aurait jeté un grand 
jour sur Thistoire d'Espagne sous les 
Sarrasins, sîles matériaux qui ont ser- 
îi à le composer eussent été employa 
ivccplus oc critique; matsCaidonne 
s'est trompé quelquefois dans les dates; 
il a n^ge plusieurs manuscrits aussi 
importants que ceux dont il a profit 
lé, en sorte qu'on ne doil le considter 
qtt*avec défiance. Biôrustœhl, qui, du 
reste, parle de Gardonne ayec beau- 
coup d estime, lui reproche aussi de 
n'avoir pas dté exactement les auteurs 
dont il a tiré les détails de son histoi- 
re. Ge même voyageur parle du grand 
soocès qu'eurent à Paris les Mélanges 
de Uuérature orientale, traduits de 
différent manuscrits turcs , arabes 
et persans j que Gardonne publia en 
1770, en a.yoK ishia;id. , la Haye 
(Paris), 1 77 1 : c'est une contrefaçon, à 
laquelle on a ajouté les Bons mots des 
Orientaux f par GalUnd. Ges Mêlant 
ges ftirent traduits en anglais la même 
aoB^, et en allemand en 1781. Le 
choix en est très bien &it; tout, ce 
que Gardonne a donné est neuf, et ne 
se trouve ni ches d'Herbelot , ni chez 
d'autres orientalistes. Gardonne conti- 
nua b traduction des Conf^ etJMes 



CAR ia<) 

indiennes , commencée par Galland ; 
•Ile parut en 1778, 5 vol. in-iîi , et 
fut traduite en allemand en 1787. H 
avait assurée Biôrnstaehl qu'il s'occu* 
pait aussi d'une histoire des kbalyfes^ 
£lle n'a point paru. G'est encore lui qui 
a fourni les extraits d'auteurs orien- 
taux qui se trouvent à la suite de fffis* 
toire de <$• Louis , par le sire de Join* 
vill^, édition de 1741 9 et à VMûé 
Mignot beaucoup de notes pour son 
Histoire des Turcs, Gardonne mou- 
rut le a5 décembre 1 785. On a mis 
au jour en 1 796 ses £fou»eaux mé^ 
langes de littérature orientale , a yol. 
in-ia , qui ne sont que la réimpres- 
sion de ses premiers Mélanges sous 
un titre nouveau. H a aussi travaillé 
h la Bibliothèque uni\^erselle des ro'- 
manSy k laquelle il a fourni l'extrait des 

iirineipaux romans de l'Orient, dans 
es années 1 775 à 1 780. D---G. 

CARDOSO( FsRffAKD), médecin, 
né eu Portugal, exerça la médecine à 
Madrid, aprèis l'avoir professée àValla* 
dolid. U se retira, en 1675, à Venise , 
pour y suivre plus librement la reli- 
gion judaïque , qu'il avait embrassée. 
On a de lui : I. De febre syncopaU 
traetatiOj controversiiSj observatiO' 
nibus y historiis referta^ Madrid, 
1634, in-4^ ; IL UtiUdades del 
agua^y de la nieve^ del beberfnoy 
caliente, Madrid, 1637} llh Pane-- 
gyrico del color verde ^ Madrid, 
i635, in^\)IV- elFesuvio, Ma- 
drid, i63!2 , in•4^ i c'est d'après 
George Gardoso qu'Antonio lui attri- 
bua ces deux derniers ouvrages ; V» 
Philosophia libéra in septem libros 
distributa, Venise f 1673, in-folio, 
dédiée au doge de Venise : ce volume 
porte le nom êilsaàc CardosOy parcQ 
qu'en abjurant le christianisme , l'au» 
teur avait changé son nom de Femand 
en celuid'/5tfac ; y, las Excelenciàs 
de los H^rcQSy Amsterdam, 1678: 



i3o CAR 

dans ce TiTre, qui est fort rare, il dé- 
veloppe en autant de chapitres Tes dix 
prérogatives qu'il attribue il la nation 
juive 9 et réfute les calomnies dont elk 
a été l'objet. — - Gardoso ( Fernande 
Rodrigue ) , autrelnédecin portugais, 
né à Lisbonne dans le 1 6^ sicae , a 
laissé : I. Methodus medendi summd 
faciîHate ac diligfintid^ Venise, 1618, 
in-4''* L'ouvrage est divisé en trois 

Sarties ; la première traite des signes 
es maladies en général; la seconde , 
des moyens curatifs ; la troisième, des 
préservatifs; IL De sex rébus non 
naturaUbus , imprimé d'abord sans 
nom d'auteur, Li:»bonne, 1602, in- 
4''-; réimprimé avec son nom cbcz 
Pierre USenbach , Francfort , 16^10 , 
in>8®. Antonio attribue cet ouvrage à 
Fernand Rodrigue, et à un Rodrigue 
Gardoso. A,B— t. 

GAHi[X)SO ( Georgb ) , prêtre , né 
il Lisbonne au 17% siècle, mort le 3 
octobre 1669, est auteur d'un u^gio" 

• logio Lusitano dos sanctos e Fa^ 
^ rones illustres em virtude do reino 

de Portugal . e suas compiisUU j 
Lisbonne, i65t2-i666,3 vol. in- 
fol., contenant les six premiers mois 
de l'année. 11 avait composé ou du 
moins copunencé un Traité Dos sanr 
' tuanos de ForlugeA , c est-à-dirè , 
des lieux consacrés au culte de la 
. Vierge. Il préparait une Bibliotheca 
Ztisttonaydans^aquelle il aurait pro- 
fité des manuscrits délaissés par Jean 
Soarez de Brito et J^- François 
. £arreto , qui s'en étaient occupés avant 
.lui. Antonio, qui mentionne quelques 
. autres opuscules de Gardoso , parie 
de beau<^up d'auteurs du même nom , 

• dont aucun ne mérite d'être tiré de 
l'oubli. A. B— T. 

GARDUGHO (Barthelemi ), flo- 

' rentin , accompagna son maître Zuc- 

, diéro en Espagne, et fut employé 

dans l'Ëscttriai, de concert arec Pel- 



CAR 

legriniy de Bologne. Il peignit lé fa« 
rocux plafond de la bibliothèque. -I^s 
figures (fAristote , d'Eudide, d'Âr- 
cbimède et de Gicéron sont de lui , 
et lui font un grand honneur, tant 
pour le dessin que pour l'exécation. 
Une partie des fresqueslexécutées dans 
les doitres est aussi de lui. Gcs tra- 
vaux satisfirent entièrement Philippe 
II, qui lui donna deux cents ducats au- 
dessus de son salaire; et quand Gar« 
ducho fut invité à venir en France par 
le roi très chrétien ^ Philippe mon- 
tra tant de regret de ce qu'il se dis- 
posait à partir, que le peintre en fut 
touché , s'excusa le mieux qu'il put 
auprès de l'ambassadeur de pTan- 
ce , et demeura en Espagne. Gardu- 
cho passa quelque temps à Vallado- 
lid, où il reste plusieurs de &es pein- 
tures. Il peignit aussi queltjues ta- 
bleaux pour le palais de Madrid, 
particulièrement une Cène y 'et une 
Circoncision , qui est un excel- 
lent ouvrage; mais le tableau- qui a 
le plus établi sa réputation en Es- 
pagne est une Descente de Croix ^ 
•placée maintenant dans une petite 
chapelle près de la perte latérale de 
réguse de San Phelipe el Real à Ma- 
drid. Ge morceau est d'une exécution 
si supérieure , que Gumberland n'hé^ 
site point à dire qu'on pourrait le 
croire de Raphaël. Dans la seconde 
chapelle à droite de l'église de St.>Jé- 
rôme est une excellente figure de & 
François^ avec les stigmates. Il y ^ 
aussi dans la chapdle du vieux pa- 
lais à Ségovie uni^ composition très 
estimable de ce peintre, dont le su* 
jet est Vjidoration des Mages , et 
une autre au-dessus représeutant le 
Père 'étemel dans sa gloire, Gardu- 
cho continua de demeurer en Espa- 
gne plusieurs années après la mort 
'de Philippe II, et fut choisi par Phi- 
lippe 111 pour peindre une galaic 



Car 

dans le palais du Pardo;^ le sujet de-, 
vait être drë de la vie et des actions 
de Charles - Quint., Garducho com- 
ffleoça l'ouvrage ; mais.il mourut au 
Pardo , à l'âge de cinquante ans , avant 
d'j avoir beaucoup travaille. Son 
ffère Vincent , qui avait étudié avec 
lui, entreprit de unir la. galerie, et 
la finit effectivement; mais il prit ses 
sujets dans l'histoire d'Achille, et non, 
dans celle de Charles-Quint. Barthé- 
lemi Garducho était non seulement 
peintre distingué , mais encore sculp- 
teur et architecte. C'était un homme 
d'on caractère exemplaire, patient , 
se contentant de peu, et très jstu- 
dieux. Il était très avant dans la fa« 
yeur de Philippe II et de son fils ; 
mais, à Texccption du présent que hii, 
fit le premier de ces deux princes , 
il ne paraît pas avoh* eu grande part 
à leurs Ubéralités. Il mourut en i6i o. 
— Vincent Carducho , son frère et 
son élève , fut peintre des rois Phi^ 
lippe III et IV. Il jouissait de J'es- 
time particulière et de toute la faveur, 
de ces princes , et fut employé à plu- 
sieurs ouvrages remarquables dans 
le palais du Pardo. On trouve des ta- 
bleaux de ce maître dans toutes les 
villes de Castillc, à Tolède, Sala- 
manque , Ségovie et Vâlladolid, aussi 
bien. qu'à Madrid, où il mourut en 
i658. Cette date est constatée par 
la note suivante, écrite sur un ta-. 
Ueau de iS. Jérôme dans la grande 
église de Âlcala de Henarès : Fîncen^ 
lius Carduchi Florentinus , hîc v(- 
tam non cpus finiii armo i658. U 
publia un Traité sur la nature et la 
dignité de la peinture, divisé en huit 
livres, intitulé: Dialogo de la Pin- 
tara y sa defens<Cy ori^en^ essencia , 
definicion , modos y difsrencias , 
Madrid, i635l, in-4^; d moiurut à 
soixante- dix ans. Il eut un grand 
nombre d'élèves^ entre aiutres U £&* 



CAR 



i3t 



meux Vikfii , qui fut peintre de Phi- 
lippe IV et de Charles H. D— or, 
CâR£L (Jacques) , sieur de Ste.- 
Garde, conseiller et aumônier du roi , 
né à Rouen vers 16120 , est un de ces 
poètes auxquels Boileau a donné une 
célébrité malheureuse ; celui-ci est au- 
teur d'un poème qu'il avait d'abord 
intitulé: ChUdebrand, ou les Sarra- 
sins chassés de France ^ mais Boileau 
ayant dit dans son Jlrt poétique: 

o le pU'uant projet d*ua poète ignorant, 
<^i de tant de héros va cnoiair Cîhildebrand I 

il substitua au nom de ce prince celai 
de Charles Martel, et répondit à 
Boileau sous le nom de Lerac ( ana- 
gramme du sien ) , par la Défense des 
beaux esprits de ce temps y Paris, 
i675,iu-r2, petit ouvrage où il es- 
saye de justifier le choix qu'il avait 
fait de sou héros par la resseniblance 
qu'il trouve entre le nom de Childe- 
brand et celui â^ Achille. Le poëme 
de Carel devait être composé de seize 
chants. Les quatre premiers seule-^ 
ment ont été publiés, Paris, 1666 et 
1670) in -12. Les exemplaires avec 
la date de 1668 ne diffèrent de ceux 
de 1666 que par le frontispice; l'au- 
teur déclare, dans un avis placé en 
tête de cet ouvrage, qu'il s'y est très 
exactement attaché aux règles d'Â- 
ristote, et qu'il désirerait que ses cri- 
tiques les eussent lues, de peur qu'il 
ne leur arrivât de reprendre les en- 
droits le plus selon la règle. Cet avis 
est accompagné de remarques sur 
quelques parties de la versification et 
de l'orthographe. Il se proposait de 
développer ses idées à ce sujet, dans 
un Traité de V orthographe moderne j 
établie sif des principes certains. 
L'abbé Card voulait qu on supprimât 
les doubles consonnes, sans égard pour 
l'étymologie. Cette opinion a trouvé 
phisieurs partisans , entre autres Du- 
clos et l'abbé de St.-Pierre. W<— s. 

9.. 



i3a 



CAR 



GâRISW ( RtcRABD ) , auteur ail- 
les, né en i555, à East-Anthony, 
dans k comte de Oornonailles , e'tudia 
à Oxfoird, ou il eut llionneiir , à Vàge 
de quatorze ans, de soutenir, sans j 
ttre firtfpirë , et en présence des coni« 
tes die Leicestcr, de Warwick, etc., 
une thèsecontre Philippe Siduéy, de- 
venu ensuite si bâèbre. Il fiit &it, en 
i 58 1 , juge depaix, et, en 1 586, grand 
sbëriff du comté de CSornouailles , et 
commissaire royal pour la mHîce. Ses 
connaissances dans les antiquités de 
son pays le firent recevoir en iSBq 
dans la sodétédes antiquaires de Lon- 
dres. Il mourut en i6io« Les hom- 
mes de lettres do son temps lui ont 
décerné des éloges que n^a point con- 
firmés la postérité. Dans une pièce de 
▼ers dont il est Fo^ct, il est présenté 
teomme un nom^eau TUe^Lk^ej un 
notêçeam Firgiky un nouveau Pa- 
pirkts. On a de lui : I. une Descrip' 
fion du CorrumaiUes ( The sutvey of 
CùmwaU\ Londres, I6oa,Hl-4^9 
réimprimée en i^it et en 1769. 
€aBiden parle très avantageusement 
de cet ouvrage, qu'il avoue lui avoir 
été d'un grand secours; mais le tra- 
vail de Garew a beaucoup perdu de 
^on prix depuis Fouvrage qu'a publié 
k docteur Borlase sur le même sujet. 
II. Exmmen des espriis des hommes , 
ùày far VobsefvaiUon des dwers 
tempétaments , ùnfaâ voir à quelle 
frcfession thahun est propre , et jus'^ 
quà quel point d doit y réussir^ 
tradiût de l'italien, Londres, 1 594 et 
1604. Quoique le nom de Richard 
<]arew soit attaché à cette traduction , 
quelques personnes Font, attribuée à 
son père. III. La F'raie mëlhode pour 
upplrenâre promptement la langue 
latine. Cet ouvrage se trouve dans le 
traité de Samuel nartffi), sur le même 
sujet. X— s. 

CARE W ( Gsonox ) , frère du pré^ 



CAR 

cèdent, fut iSevé à Oxford , et destiné 
k la carrière du barreau. Au retour da 
ses voyages, le lord chancelier Hatton 
h prit pour son secrétaire , sur la re- 
commandation de la reine Elisabeth, 
qui le nomma en même temps proto- 
notaire de la chancellerie, et le créa 
cheyalier. Il fîit ensuite successive- 
ment maître de la chancellerie, am- 
bassadeur en Pologne, Fun des com- 
missaires choisis pour traiter avec les 
Ecossais de Funion des deux royau- 
mes, et ambassadeur en France. Pen- 
dant un séjour de quelques années k 
Paris ^ il se lia avec plusieurs hommes 
distingués, particulièrement avec le 
président de Thon, auquel il commii- 
niqua des détails intéressants sur les 
affaires de Pologne , dont cet écrivain 
a fait usage dans le m*, livre de son 
histoire. George Carew revint en An- 
gleterie en 1609, et obtint peu de 
temps après la place éminente de maî- 
tre de la cour de Tutèle. Il mourut 
vers i6iS^ On a de hii une Bêla- 
tien de Vétat de la France^ avec 
les caractères de Benri IF et des 
principaux personnages de sa cour. 
Cette relation , adressée k Jacques I*'. 
et écrite avec plus de naturd qu'on 
ne Fattendrait d un auteur de celte épo- 
que, a été publiée en 1 ^499 P^ ^ ^^ 
tenr Bircb, à la suite du TMeau 
historique des négociations entre les 
cours ^jén^eterrcy de France et 
de Bruxelles y de i59!i à 1617. — - 
Car£w ( sir Alexandre), de la même 
ihmiHe, fut décapité en 16449 P®^ 
avoir tenté de livrer aux troupes da 
roi le fort de St.-Nicolas k Himouth, 
qu^ commandait pour le parlement. 

X-s. 
CAWEW (Geouqe), brave officier 
et historien anglais, né d'une fimille 
ancienne , en 1 567 , dans le comté de 
Devon, étudia quelque temps k Funi- 
versiléd'OxIiMrd^qtt'u quitta pour prctt- 



J 



CAR 

jlrerâatmiliuîre. Il Tint en Iriande, 
•à la retiie Elisabeth le nomma l'un 
de ses conseillers privés et inaître de 
Fartillerie. Pendant nnsurvectioii 4e 
ce royaume^ il fut nommé prudent 
de Mpnster^ défit les insurgés, et m^ 
en jugement leur cbe^ le comte de Pes- 
mood. Le roi Jacques, dès la première 
année de son règne , le nomma gou- 
Teroeor de ille de Guernesey, et» troi^ 
ans après , le créa barop , ^yec le titrr 
de lord Garew dç QoDton. Il fut bk 
eosaite maître de l'artUlerie pouv toutf 
TAngletenT, conseiller priyé, et, à IV 
Tènemeot de Charles I*%, comte de Tpl- 
ncss dans le comté 4e Ûevon. I] mou- 
rut en 1 6t^9 , estimé po\^ ses ^ervîeef , 
ses talents dans la guerr#, et son 
amour pour les lettres. On a de lui mi 
ouvrage iqtilul^' : P(à:at0 Hikemii^ , 
ou HisUwe àçs dernières .guemfs 
^Irlande, publié à l^naîr^i , in-fol,, 
1033. %^. 

GÂREW (Thomas), poète anglais 
da 1 1^ siècle , eleyé à Oxford et movt 
en 1639, ^^ gentilhomme de 1^ 
cliambre privée de Charles i^., et l'up 
des beaux esprits de sa cour. On a de 
lui quelques poésies et une pièc^ de 
carnaval, intitulée: OpetumÉntanni' 
cm, jouée à Whitehall, en i653, 
le jour 4u mardi gras, par le roi, le 
doc de Lenqx, le comte de Pevon, 
^c. Ces ouvrages ûKit eu pluaieurs es- 
tions, ^nt la I'^ est de Londres, 
i65i, m-8% Les poésies de Càreyr 
se composiînt d'odps lyri^pes et 4^ 
sonnets amoureux. On y trouve |a 
grice et la £aciUté d'un homme 4n 
monde. Il a été ridiculement loué par 
Beo Johnson et Davenant. X— -$. 

GàfiËT ( Habrt ), poè^ang|j|is 
^ i8*. siècle y a composé quelques 
oayragjss 4^ peu d'étendiie , ipais qui 
se font remarquer par beajocoiip d-es- 
prit et de gaité, et par une satire me- 
arée et décente. Il publia en 1 729 Mn 



CAR 



i53 



recueil de poésies, et, en 1751 , six 
oa9tatea, dont les paroles et la mu- 
siqi|« «pnt 4e 94 epmposiùoa, Il donna 
^n 1 729 , par souscriptioii, une nou« 
v^e édition 4^ ses poésie» et, en 
174e, un volume de chanaona soms 1$ 
titre 4e Centime nmj^icaUy ou R^ 
cueU de cent h^i^lhdes ongj^âtfs. On 
a aussi de Im tine tragédie burlesque, 
repréffODlée en ijH^ av^ le titre 
sii^uKer de Oi^fonenkMnikQlQgos , 
où il (ourne ^n lîdicule le style am- 
poulé des tragédies anglaises modei»- 
ne& Getlp pièce a été imprimée eu 
1 745 , ep un petit vqlumeitt-4*'- y avec 
quelques autres fi^rfuea 4u It^me au- 
teur. Carey , poète et musicien, vécut 
presque tou)our« dans un élal voisin 
de l'indigence , et «e tua dans un mo- 
ment de désespoir , en 1 744* G'eat de 
lui qu'est le fameux chant : God saife 
grettt George çurking y ete. ( Di«u 
coniierve le grand George , noire roi , 
etc. ) On a remarqué, k sa lonas^, 
que, dans tQutes ses poésies et soi chan- 
sons sur l'amour, le vin, et autres su- 
jets du mime genre , il a «n eonaerver 
le respect dû^ji )a déoenoe et aux 
mesura. X.w Sm 

GAREZ ( Jeissm ), imprimeur à 
Tout , était passionné pour le perfec- 
tionnement de sQu art, et doit être 
considéré comsie l'inventenr du di- 
chage, propédé auqiiei tient k béan- 
te acxécution du stéréotypam. Ins- 
truit parles papiers publics cws pre- 
miers essais qu'Hoffmann exécutait 
sous le nom de ppfyixp^^y il t^nta , 
en 1 785 , de deviner son procédé , et 
4e le perfeetiQUiier en appliquant au 
moulage de9 planches, ou formes d'im- 
primerie , le procédé que H* Thouve- 
qin , de Toul , amateur en nu&illes , 
eipployait avee suecès pour en tirer 
4e4 empreiniea parfaitement nettes , 
jiu moyen 4'n» oaup sec qu'il donnait 
avec un marteau sur iwe biOe d'«taiti 



i34 CiR 

posëe sur îa mëdaille. Garez , voyant " 
que la netteté de rempreinle dépen- 
dait de la vivacité du coup, imagina 
de frapper un coup vif, au moyen 
d'un bloc de bois suspendu a unie 
bascule qu'il laissait tomber sur le 
métal qui devait recevoir l'empreinte 
de sa planche, quand il était au point 
de fusipn convenable. Cette ecbpreinte 
en creux , attachée à son tour sous le 
bloc , et frappant sur un nouveau mé- 
tal en fusion et commençant k se 
figer, y donna une empreinte en re- 
lief, à laquelle , après beaucoup de tâ-^ 
tonuements , Garez parvint à donner 
1^ plus grande netteté. En 1786, il 
ûmprima , par ce procédé , un livre 
d'église avec le piain-chant noté , en 
a vol. in-S**. de plus de mille pages , 
«t successivement vingt autres volu- 
mes de liturgie , ou d'instructions à 
l'usage du diocèse. En 1791 , il fiit 
député à l'assemblée législative par le 
IcfMftement de la Meurthe , et se fit 
remarquer par la modération de ses 
opinions. 11 fut membre du comité des 
assignats, à la eonfection desquels ses 
procédés purent être fort utiles. Il se 
déclara hautement contre la persécu- 
tion dont les prêtres insermentés 
étaient l'objet dans plusieurs sociétés 
populaires, et demanda que les dé- 
nonciations faites contre eux fussent 
toujours vérifiées par les départe- 
ments. Rendu à ses travaux, il termi- 
na l'impression d'un Dictionnaire de 
la fable et d'une Bible en nomipareilley 
format grand in-S". , dont le caractère 
est d'une grande netteté , et bien supé- 
rieur aux essais de Valleyre , de Ged , 
d'Hoffmann et de tous ceux qui l'a- 
vaient pirécédé dans cette découverte* 
On peut voir une page de cette Bible 
dans X Histoire des procédés du po- 
fytjjfage et de la stéréotfpie, par 
Â.-G. Gamus. Garez donnait h ses édi- 
^ lions le nom d'omo(^e5y pour ex- 



CAR. 

primer la réunion de plusieurs typeé 
en un seul. En l'an ix ( 1801 ), il 
fut fait sous-préfet à Toul , et y mourut 
la même année. G. M. P. 

GARIBERT, ou CHEREBERT, 
Faîne des fils de Glotaire P^, eut en 
partage le royaume de Paris, et com- 
mença à régner en 56i. Ge prince > 
ami de la paix et des lettres , montra 
beaucoup de zèle pour l'observation 
de la justice, obtint de l'ascendant sur 
les grands de sa cour par son éloquen- 
ce, et s'attira le respect des monarques 
voisins par les instructions qu'il don- 
nait à ses ambassadeui*s. « Un roi de 
TU ce caractère , dit avec raison le P. 
1» Daniel, était en ce temps-là une 
» chose plus rare qu'un roi guerrier, 
» les vertus militaires ayant beaucoup 
» moins d^opposition avec quelque 
1» barbarie qui restait encore dans fes- 
» prit des Français, que toutes ces 
» qualités et toutes ces vertus civiles 
1* et politiques. )» L'esprit pacifique de 
Garibert étonnera peu, si l'on réfléchit 
qu'il avait quarante ans lorsqu'il com- 
mença àYégncr, et qu'il était l'aîné 
des enfants de Glotaire P'^., prince am- 
bitieux et cruel, qui prouva, par le 
supplice effroyable de Ghramne, le 
plus aimé de ses fils, qu'il ne pardon- 
nerait pas dans ses héritiers les défauts 
qu'il avait lui-même. Le royaiime de 
Paris , que possédait Garibert , était 
avantageusement situé pour un prince 
ami de la paix , puisqu'il se trouvait 
défendu de toute attaque subite par 
les royaumes de ses frères; et cepen- 
dant l'esprit guerrier l'emportait si 
hautement dans le caractère des Fran- 
çais, que l'histoire a pris s9in de re- 
marquer que la puissance dés maires 
du palais, qui absorba bientôt la puis- 
sance royale , parce qu'ils devinrent 
chefs de l'armée, commençai sous ce 
' prince. Les Francs , fidèles à leurs 
coutumes y se faisaient un chef mili- 



CAR 

taire funi le roi qui les gouvernait ne 
moDtrait pas d*ardeur pour les com- 
bats. Caribert ne mit pas la continence 
au nombre de ses y^tus. Aussitôt 
après la mort de son père , il chassa 
la femme qu'il lui avait donnée, e'pou* 
sa les deux filles d'un ouvrier en laine, 
et, plus tard, la fille d'un gardeur de 
troupeaux. Il est le premier roi de 
France exclu par son évêque de la 
commanion des fidèles ; et sa conduite 
scandaleuse l'aurait sans doute jeté 
dans des embarras plus grands que la 
guerre, si la mort ne l'avait enlevé en 
56^ j après ua règne de sept ans. 
Gomme il ne laissa que dfs filles , son 
royaume rentra dans le partage de ses 
frères.— Il ne iaut pas le confondre 
avec GARiBEaT, ou Chabibebt, roi d'A- 
quitaine, frère de Dagobcrt 1%, et 
mort an château de Biajt en 65 1 . 

F— E. 
GARIGNAN ( Thomas • François 
DE Savoie, prince de ), cinquième 
fi!s de Charles-Emmanuel V". , duc de 
Savoie , naquit en i $96. Son caractère 
actif et inconstant le jeta successive* 
ment dans plusieurs partis, et,. pen> 
dant vingt ans , il fit la guerre avec 
divers succès. Mécontent du cardinal 
de Richelieu, il s'unit en i655 aux 
Espagnols > et obtint le commande- 
ment de leur armée. Son début dans 
le géoéralat ne fut pas heureux : vou- 
lant empêcher la jonction des troupes 
françaises aVén celles des États* Géné- 
raux, il perdit la bataille d'Avein , où, 
sur treize mille bouimes qu'il comman- 
dait , les maréchaux de Châtiiton et de 
Brézé lui en tuèrent cinq mille, lui &• 
RDt dix-huit cents prisonnier», et lui 
prirent quatre-vingts drapeaux. En 
i638, il battit le marécnal de La 
Force , et lui fit lever le siège de St.- 
Omir..Déjà il avait formé, avec le 
cardinal de Savoie, son frère, le des- 
Kiu d'ôter. à Christine , leuve de Vio- 



CAR 



i35 



tor-Amédée, la tutelle de ses enfants 
et le gouvernement pendant la mino- 
rité. « Ces deux princes, dit le prési- 
dent Hénault , donnèrent à la du- 
chesse de Savoie bien de la peiné 
pendant $a régence. » Le prince 
Thomas entre en 1659 dans le Pié- 
mont , s'empare de Ghivas ; Quiers , 
Moncallicr, Yvrée , se déclarent pour 
lui; Verrue lui ouvre ses portes j il se 
rend maître de Grescentin; et, réu- 
nissant ses troupes aux Espagnols que 
commande le marquis de Légauez, il 
marche sur Turin avec douze mille 
hommes et cinq miile chevaux. La 
duchesse régente était dans sa capi- 
tale, que défendaient le cardinal de 
La Valette , le comte de Plessis-Pras- 
lin , et six mille Français. Après avoir 
. fait jeter dès bombes dans 1a ville, le 
prince Thomas , désespérant de s'en 
rendre maître par la force, se retire, 
s'empare de Saluées , de Goni , df plu- 
sieurs autres places , et médite d'enle- 
ver Turin par surprise. Il y envoie six 
à sept cents soldats , qui entrent par 
différentes portes , déclarent qu'ils 
viennent grossir la garnison , servir la 
duchesse, et sont imprudemment re- 
çus sans être interrogés, sans éveiller 
aucun soupçon. Dans la nuit du ^5 
au 1^6 {uiliet, le prince Thomas dit 
appliquer un pétard à une des portes; 
à ce signal, toutes les antres sont ou- 
vertes ; ses troupes entrent ; il est reça. 
lui-même aux acdamations du parti 
nombreux qu'il a dans la ville. A peine 
la dudiesse a»t-elle le temps de se 
sauver dans la citadelle; les Français 
la défendent : plusieurs combats san- 
. glants sont livrés. Enfin , il est résolu 
dans le conseil de la princesse, qu'elle 
partira avec une escorte pour se reti- 
rer à Suze ou à Ghambéri. Gependant, 
le nonce du pape, Gaffarelli, s'établit 
médiateur entre les deux partis , ^t 
leur fit accepter une suspension d'ar- 



iS6 



CAR 



mes. Le marquis de L^anez retourna 
a Milan , et le prince de Carignao de- 
jmeura dans Turin. Après l'expiration 
^ de la trêve , la guerre recommença. Le 
prince fut défait par le comte aflar» 
court au conLbat de Quiers. Ep i64i> 
le comte dllarcourt avant battu le car- 
dinal de Savoie, $1 lever le siège de 
Cbivas à son frère, qui échoua aussi 
çn voulant escalader Quérasque. L'an- 
née suivante , il eut une entrevue avec 
la duchesse de Savoie .sur le chemin 
d'Yvrée , monta dans le carrosse de la 
princesse, sa belle-sœur, et entra avec 
çlle dans Turin , au milieu des aecla- 
mations du peuple , qui voyait dans 
cette réconciliation la* Su de ses mal- 
heurs. A cette époque, le prince Tho^ 
mas fit aussi son accommodement avec 
Louis XI II ; le due de Lmiguevilie lui 
apporta la commission de Ueutensmt- 
çénéral. Déclaré généralissime des ar- 
mées de France et de Savoie en Italie, 
il eut pour lieutenants Turenne e| le 
comte de Praslin. La prise d'Ast , celle 
de Trio , qui valut à Turenne le bâton 
de maréchal de France à ti^nte-deox 
ans; celle de Santià , -de Booca , de Vi- 
gevano , et la bataille de Mcira , gagnée 
sur don Gantefane , ràiéral4es Espa- 
ipols , signalèrent ues campagnes de 
1643 à i64^< Le jprinoe Tbomaa se 
rendit en&uite à fms , «où il obtint 
toute la confiance du cardinal Ma^arin. 
Çorbînelli écrivait au comte de Biiâsy- 
Kabutîn, le ^ juillet iQ5^ : « Le 
» prinee Thomas e&t du petit conseil 
» du cardinal, et i'up djes psiiicip^uK 
» Mazarins du moude. Ils sont en 
9 pei'pétnelle conférence, son émi- 

V nence, ledit prince , H- de Bouillon 

V et le maréchal D|i Plessis. » ( Voye?; 
les Mémoire du comte de Bussy^, 
liabuUn. ) En i654 9 le prince Tbo* 
mas fut fait gra»d*mai^ di6 F/apoe 4 
ht place du priupe de &ndé, fui ve- 
nait d'aire déclaré aimigicl 4^ lèi^ 



CAR 

iBiaî^alé. En i655, il marcha aa se- 
cours du duc de Modène , €t lever le 
siège de Reggio, asriégea Pavie, et 
mourut à Turiu le as janvier i656é U 
avait épousé Marie de Bourbon-Sois- 
SOBS, dont il eut deux fils : l'aîné, 
Emmanuel, qui continua la branche 
de Garignan ; le cadet, Eugène-Afau* 
rice, qui fut père du célèbre prince 
Eugène. On trouve la vie du prince 
Thomas dans Y Histoire géfté^logi" 
que de la maison rojrale de Savoie^ 
par Guichenon, Lyon, 166a, n vol. 
in-fol. ; une antre vie du même {nrince 
a évé publiée sous ce titre emphatique s 
n Colosso : historia panegjrrica del 
fnrincipe Thomaso di Sa»oi^^ per 
jintonio'jéfostino Codretto ydoUorm 
délia feff^, Tmrin, i663, in-4*- Le 
portrait de ce prince , peint p^ Van 
Dy ck , a été gravé par Pontius. 

- VTr-VE. 

CARILLO lyAGUNHA ( dom Âl- 
PBONss ), archevêque de Tolède, ori- 
ginaire du Portugal, embrassa l'état; 
ecclésiastique, quoique son naturel ar^ 
dent le rcndk plus propre aux fiine- 
tions politiques et militaires. 11 occupa^ 
jeune enco^ le si^e de Sigiienza , 
parvint en 1 44^ ^ rarchevêohé de To- 
1^, .puis au ministère sous Henri IV, 
roi de Gasdle , dont il trompa la Gon« 
fiance^ en dii^eant ie parti des sei- 
gneurs mécontentset en se vendant au 
W d'Arragon. Henri ouvrit «ifin les 
"jfeuXf ^t l'écarta du coQseil. Le fier 
prélat, outré de sa disgrâce, se dis^ 
posa à la guerre civile , leva des trou- 

K' s contre son souverain, et, après^ 
voir déclaré indigne de la couronne , 
proclama roi de GastiHe, en ï^^S.^ 
Alphonse, frère de Henri. S'étant èn^. 
paréensiiite de Penaflpr, il- mena ses 
Iroupes devapi Simancas. Henri aer 
eourut avec ufie aimée , lui fit lever i< 
sii%e , et demanda iustiee au papecoiK 
Ue i'archevécpie q^ui l'avait déposé. Ca* 



CAR 

nHo osa soutenir à Rome que la depo- 
iition était juste , et qu'il u'avak été 
que l'organe de la naticm. Le pontife 
le condamna. Alors la giierre-âvile , un 
moment suspendue, recommença avec 
phis de ftirenr. T/archevéque y k la tète 
d'une armée de vingt-cinq mille hom- 
mes j ayant avec lui le frère de Henri p 
marcha contre ce monarque, et lui livra 
bataille sous les murs de Médina del 
Gampo , le ao août i ^6/^ On le vit 
diarger en personne à la tête des trou- 
pes , ayant par-dessus son armure une 
étole ëcarlate avec des croix blanches. 
Il fut blessé, et resta le dernier sur le 
champ de bataille, malgré sa blessure. 
La nuit sépara les deux armées , qui 
s^attribuèrent l'uneet l'outre la victoire. 
Le jeune Alphonse étant mort, Henri, 
qui avait déjà offert lâchement la paisc 
k CariUo, ocmdut un traité avec les 
chefs de la ligue, par l'entremise de ce 
prâat, qui qt d^rer Isabelle, sasur 
de Henn , héritière de la Castille , au 
mépris des droits de Jeanne, fille de 
ce monarque* Devenu l'ame du parti 
4'lsabelle, T^rchevAque de Tolède 
{krit de nouveau ks armes contre Hen- 
ri, et vint mettre le si^e devant Pé» 
raies. En vain le roi lui offiit des éta«> 
blissements immenses, rien ne put 
vaincee f animosité du fbugneuz pné- 
lat Henri, obtint un bref du pape pour 
lai faire son procès : quatre chanoines 
àe Tolède commencèrent la prooédu^ 
çe^ mais ÇarîUo enleva les juges , s'as^ 
lura nmpunité, et parvint enfin k 
ncondlier ^cnri avec sa so^ur. Dc« 
venu tout - puissant à l'avènement 
dlsabeHe, il sontint c^tte princesse 
contre le parti de sa nièce Jeanne, et 
r%U dans le conseil la part xjue Fer«- 
oinand d'Arr^gpn, époux d'jisabelle, 
aurait dans le gouvernement; mais f 

S* loQx ensuite du crédit du cardinal 
lendosa, il se xetira mécontent, et 
WVk dans le parti de Jeanne : « Je 



CAR 1S7 

» veux, dit-il en parlant , forcer T&a- 
» belle k reprenare la quenouille quo 
» je lui ai &it quitter. » On le vit com- 
battre avec les Portugais pour oetto 
même Jeanne, dont il avait ruiné Ica 
espérances , et se précipiter dans les 
plus grands périls à la bataille de Toro, 
où son paru lut dâait. Isabelle triom- 
phante, fit saisir les revemls de ce 
prélat factieux , et procéder eontre faiî 
pour crime de rebalion. Enfin, l'opi- 
niâtre Gurillo , après avoir inutilement 
tenté de livrer Tolède aux Portugais « 
et lutté jusqu'à la dernière extrémité 

Jour soutenir les droitsde k princesse 
eanne, le soumit en li^^o, remît 
toutes ses lorlevesees , et, à ce prix, 
rentra en grâce et obtint la rostituiion 
de ses imnsenees «ewenns.!! se retira 
jiir la fin de sa vie^aosim monascèrt 
^'il avait fondé a Alcak de Henarès, 
ok il mourut le s^. juillet i4B!&. Ce 

Erélat eut du courage et de grands ta** 
(nts; il iivait présidéie concile d'A-r 
randa, ten»eo 147S; mais il fut in* 
quiet et séditieux , né enfin pour renr 
verser les trônes et pour le malhettr 
de son pays. Passionné pour l'akhi^ 
mie, il fit des dépenses immenses, 
dans l'espoir de trouver le seor^ de 
&ire de 1 or. B-«« 

CA&INU3 (M^MMM-Avasuvs), 
était fils aine de l'empeineur Gan», 
fui h^i donna, avec Je titre de Otsar 
et la q^alité 4'Aogusie, le genverae* 
ment de lltalie, le ritiyrie, de l'A^ 
firiqoe et de l'Ocoident, lorsqu'il partit 
avec Nufflérien, son second fils, pour 
aller iaireJa guerre aux Perses. Cartnus 
fut particuUèreraeAt chaîné de défen* 
dré les Gaules contre ks baibares qui 
n^enaçaient de laive une irruption dans 
ce pays. Ce n'est qu'A regret que son 
père se d^ennina k lui confier cettf 
expédition; U mmi vAuht tm éhac^ 
Nomàrien , prince plus sage, plus séi* 
serve ^ nais trpp jeune. U oonuaissail) 



i58 CAR 

les mauvaises qualités de Garinus , qui 
ne justifia que trop les craintes <'t les 
soupçoiis de l'empereur. Tous les his- 
toriens peignent ce jeune Gësar comme 
uu bomme corrompu ^ paresseux et 
cruel. Les Romains ne redoutèrent 
l'éfectioh de farus k l'empire , que 
parce qu'ils avaient en horreur les 
vices de son fils. Des qu'il fut arrivé 
dans les Gaules, il éloigna des emplois 
les hommes les plus vertueux , pour 
y placer les compagnons de ses débau- 
ches ; il fît mourir le pre'fet du pré- 
toire, pour lut substituer un homme de 
la lie au peuple ; il «pousa jusqu'à neuf 
ièmmes , et les^ répudia successiTe- 
ment , quoique plusieurs se trouvas- 
sent enceintes ; il remplit le palais d'his- 
trions , de courtisanes et de chan- 
teurs. Il avait une si grande répu- 
gnance k signer, qu'il avait chargé de 
ce soin l'un de ses favoris , et cepen- 
dant il le querellait souvent de ce qu'il 
contreÊiisait trop bien sa signature. 
Lorsqu'il apprit la mort de son père, 
il se crut d^agé de toutes entraves, 
et se livra avec plus de fureur k de 
nouveaux crimes. Il ne manqua ce- 
pendant pas <}e courage pour dé- 
fendre et pour conserver l'empire. 
Il eut d'abord à combattre Julien II 
(Marcus AureliusJuIianus), qui avait 
pris la pourpte en Pannonie , et qu'il 
défit près de Vérone à son retour 
des Gaules. Ensuite, il marcha contre 
.Dioctétien , qui avait été proclamé em- 
pereur après la mort de Numérien. 
Les deux armées se rencontrèrent 
dans la Mésic ; Garinus, après avoir été 
plusieurs fois vainqueur , et après s'ê- 
tre vaillamment défendu, succomba 
enfin , et fut tué par les siens auprès 
de Margus, l'an ^84* L*époque de 
son règne est mémorable en ce qu'il 
fit oélébrer à son retour des Gaules les 
jeux romains avec un éctat et une ma- 
gnificence extraordinaires. Il donna 



CAR 

an peuple des spcctadi^ nouveaux , 
dont on peut voir les détails dans Cal* 
purnius (égloguê Vil) et dans Vo- 
piscus. Si les historiens ont décrié cet 
empereur, à cause de ses crimes, il 
n'a pas manqué de poètes qui ont mis 
ses actions au-dessus de celles des 
meilleurs princes. Néinesien rt Gal- 
purnius ont suivi l'exemple de Vir- 
gile , qui a placé dans la bouche de 
ses bergers les louanges d'Auguste; 
comme lui , ils ont chanté dans leurs 
églogues Garinus et son frère , en 
mettant ces princes au rang des dieux. 
Quelques antiquaires ont donné pour 
femme à Garinus MagniaUrbica , prin- 
cesse qui n'est connue que par les 
médailles, i/autres ]Tétendent qu'elle 
étaii femme de Garus son père. Cette 
question a donné lieu à un grand nom- 
bre de dissertations entre les plus 
cé!el)rcs numismates du siècle pas- 
sé. Stosch et Khell la donnent a Gari- 
nus ; Genebrier , Banduii , l'abbé 
Belley , croient qu'elle était femme 
de Canis. On penche aujourd'hui 
pour cette dernière opinion, qui paraît 
d'ailleurs appuyée de raisonnements 
et de preuves plus solides. On a des 
médailles latines et grecques deflari- 
nus. Celles-ci ont été frappées en 
Egypte ( Fopiscus. A. Victor, Eutro* 
plus ). T— ir. 

GARION (Jean), professeur de 
mathématiques à Francfort-sur-1'Odcr^ 
. où il eut pour disciple Melanchthon , 
naquit h Butickheim en 1499? et mou- 
rut à Berlin , âgé de trente-neuf ans» 
Il publia d'abord des Éphémérides « 
qui s'étendent de i556 à ]55o, et 
contiennent des prédictions et des ju- 
gements astrologiques. Il fit imprimer 
ensuite des PracticiB astrologicœ ; 
mais ces deux ouvrages ne lui avaient 
fait aucune réputation, lorsqu'il devint 
tout à coup célèbre par une chronique , 
dont il n'était point l'auteur. Elk eut 



CAR 

dans le i6'. siècle un succès si prodi- 
gieux , il en parut un si grand nombre 
d'ëditioDS et de traductions, qu'il n'esl 
pashors de propos d'entrer dans quel- 
ques 4e'lails siu- l'histoire de cet ou- 
ouyrage. Caiion avait compose une 
clironique en allemand , et , avant de 
la &ire imprimer,.il voulut que Më- 
lancbthon la corrigeât. Me'Ianchtkon ^ 
au lieu de la corriger , en fit une autre , 
et la publia en allemand j k Wittem* 
berg , en 1 53 1 . C'est ce qu'il nous ap- 
prend lui-même , en écrivant à Camé- . 
rarius: Ego totum opus retexi^ et 
quidem germanicè. Peucer , gendi-e 
deMélancbthon, et continuateur delà 
même chronique, dit, dans son édi- 
tion de 1 57a , que Méianchthon raya 
tout le manuscrit de Garion : Totum 
abolwit una litura, dlio conscriptOj 
cm tamen nomen Carionis prœfuU. 
Tandis que Méianchthon publiait sa 
chronique sous le nom de Carion, ce- 
lui-ci fabait imprimer son ouvrage, 
et le dédiait à Jôachim , marquis de 
Brandebourg. U le terminait par qua- 
tre ou cinq prophéties appliquées à- 
Giarles -Quint, et qui ont été toutes 
iMisBes. Les deux chroniques sous le 
nom de Garion eurent divers traduc- 
teurs. Herman Bonnus donna une ver- 
sion latine de celle de Méianchthon, et 
Jean Leblond traduisit en français celle 
de Garion, Paris , t 556 , in- 1 a . ( Foy. 
•Melavchtron ). V— VE. 

GARISSIMI (JcAir- Jacques ), l'un 
des plus grands compositeurs de son 
temps , et le réformateur de la musi- 
que moderne en Italie, naquit à Ve- 
nise vers le commencement du 17*^ 
sîède. Ses talents, la haute réputation 
dont il joubsatt , et qu'il a conservée de 
nos' jours, le (irent nommer à la place 
de maître de la chapelle pontificale, et 
du collée de Rome, en i649. Garis- 
simi introduisit dans les églises Tac- 
' compagneineiit de la musique instru- 



GAR i39 . 

mentale aux motets, et, le premier, 
employa la cantate pour des sujets re- 
ligieux. Il refohna l'organisation du 
récitatif, dont Péri, et surtout Motite- 
vtrde , avaient été les inventeurs. A 
un style pur et savant, qui sert en- 
core de modèle à ceux qui étudient la 
composition , Garissimi joignait une 
mélodie enchanteresse. Parmi les re- 
formes heureuses qu'il introduisit, on 
doit distinguer surtout celle du mouve- 
ment et des marches de la basse, partie 
qui jusqu'alors avait été fort n(%ligée« 
Il sortit de son école une foule d'élèves 
distingués ; tels que Bassani, Buotion- 
dni , Ceid , Alex. Scarlatti, et plusieurs 
autres. On ignore si Garissimi a com- 
posé pour le théâtre; on a de lui des 
messes , des oratorio , des motets et 
des cantates. Cest surtout dans ces 
deux dernières parties qu'à s'est ren- 
du eélèbre, et qu'il mérite les grands 
éloges qui lui ont été prodigués par ses 
contemporains. Les plus remarquables 
de ses cantates sont : le Sacrifice de 
Jephté et le Jugement deSalomon. 

R— T. 
GARITEO, poète italien du i5\ 
siècle, était né, selon le Quadrio et 
. le Grescimbeni , h Barcelone en Es- 
pagne; mais il vécut habituellement 
h Naples. Il parait que Caariieo fut 
un nom poétique que Sennazar lui 
donna pour indiquer qu'il se consa» 
crait aux Grâces ( Charités) , et qui 
fit ouMier son nom de famiDé. 11 fut 
un des membres de la célèbre acadé- 
mie de Pontauus, qui parle de lui dans 
plusieurs endroits de ses ouvrages , 
et le fait parler lui-même dtfhs un de 
ses dialogues. Il était intime ami de 
Sannazar, et, ainsi que lui et toute 
cette académie de Naplis , fort attaché 
il la maison régnante d'Ârragon. Lors 
de l'expédition de Gbarles VITI , au 
moment où l'armée française descen- 
4»it en Italie , il fît édatee cet attache* 



»4o CAR 

ment dans plusieurs piioes de rers ^ 
et n'épargna ni le sarcasme, ni les in- 
jures aux Français et à leur roi. Les 
rapides progrès de cette armée ne le 
iirent point changer de ton; il exhorta. 
c|ans une grande ode les princes ita- 
liens à oublier leurs divisions , et à 
marcher ensemble contre leur ennemi 
commun. On ne sait ce qu'il devint 
après la conquête , mais il e'tait mort 
avant 1 5og. Ses Œuvres « ou Rime ^ 
recueillies pour la première fois en 
i5o6, furent reimprimées en iSog , 
in-4°* 9 par son ami Summonte, avec 
un grand nombre d'additions. Le style 
y manque d'élëgaiiee et de force; mais» 
pour les sentiments et les pensées, 
elles sont des meilleures de ce siècle, oii 
la poésie italienne avait déchu, pour se 
Mever avec plus d'éclat.^ G^-i. 

CABL (Jean -Samuel), savant 
médecin allemand, né en 1675,» fut 
disciple et l'un des plus zélés parti- 
sans de Stahl. Il devint premier méde- 
cin de Christian V I , roi de Danemark , 
et mourut à Meldorf , dans le duch^ 
de Holstein , le 1 5 juin 1 757. On a de 
lui : I. Lapis tydius phiiosopMco~ 
pyrotechnicus ad ossium fossilium 
ÀKimasiam amUyticè d^monstran- 
dam adhibiius, Francfor t-sur-le-Mein, 
1703, in -8". Sous ce titre singulier, 
l'auteur donne l'analyse chimique des 
os pétrifiés* IL Praxeos medicce ihe* 
rapeia generalis et speciaUs pro ho- 
dego tum dogmaticOf tum cUnico^ 
iaummprwalum audiiomm ichno* 
grapkke delineata , Halle, 1718, 
1720, in-4*'*; UI* Specimfin histo^ 
fiœ meékoff ex mommenUs Stahlin^ 
nis in sjrllabum aphoristicum radoù' 
tum, 17117, in-8^, réinçrimé, «vête 
additions, en 1 737, in-8''., sous le titse 
SHisUma môaioa , pathologioO'lhe' 
rapeatiçaflW. IdmograpUa praxeos 
cUmctey 17212, in*8^; V. ElemçtUa 
€hirufpœ rmikœ ex mMf $t me- 



CAR 

Aodo StaMiand, 17)7, in-8%;y7« 
Diœtica sacra y hoc est disciplina 
eorporis ad sancUmoniam animm 
accomodata , Copenhague , 1 7 38. «r-» 
Cest à Antoine-Joseph Garl, proies* 
seur de botanique à Ingolstadt , que 
Ton doit : I. Zjrmotechnia vindicata 
etapplicaîa^ Ingolstadt, 1759, in- 
(^"^r^lLDeoleis, i76o,in-4*.;III. 
Jardin hotameo - médical ( en allé-? 
mand), 1770, in-8". D P - s . 

CARLE (PiERiE), naquit à Yalle. 
rangue en 1666, et fit ses premières 
études à Puy-Laurens et k NSmes: ii 
avait dès -lors un désir si vif de s'ins* 
truire, que, pour n'être pas tenté de 
sortir, il coupa ses cheveux et les taloB» 
de ses souliers. Il sortit du royaume le 
12 ittin 1 685 , par suite de la révoca- 
tion de l'édit de Nantes , et se rendit h 
Genève , puis en Hollande et en An-^ 
gleterre. Uu grand seigneur l'engagea 
à revenir en fioHande, et lui promit 
de pourvoir à son avancement; mais 
ce seigneur étant mort. Carie se trou vji^ 
sans ressource. Dans cette extrémitë , 
il s'enferma pendant quelque temps, 
vécut avec la plus grande frugalité , et 
s'appliqua sans relâche i Pétude des 
mathématiques. D ménagea si bien une 
très petite somme qui lui était restée, 
qu'elle suiBt pour te faire subsister 
' pendant m. mois. Au bout dece temps, 
il se présenta pour se frire placer sur la 
liste des ingénieurs , et y réussit , sans 
antre appui que son mérite. A la révo- 
lution de 1688, Carie, entré au ser- 
vice du roi GuiQaume , servit sur mer 
et sur terre , en Idande , et principale- 
ment en Flandre, 'pendant les dix an- 
nées que dura la guerre. Dès l'année 
1693, il reçut ^e penâon de 100 
livres steri* , en oMisidération de 91^ 
services ; et déjà , à cette époque , son 
mérite Pavmt élevé au rang de quatriè- 
me ingénieur du royaume. Blessé au 
mob d'août i.6g5 , deiraitf la vUle de 



CAR 

Nânaiir, il fut.TÎsitë sur-ie-champ par 
tous ks officiers -gënéraux, et le roi 
Im témoigna le plus grand intérêt Ce 
fiit pendant le cours de cette guerre 
qall se diargea de £siire*€onstruire un 
pont , pour le passage de l'armée^ dans 
respaoede vingt-quatre heures, et il 
réussit dans cette entreprise, où les 
autres ingénieurs avaient échoué. Ce 
fut aussi pendant cette guerre que , 
dans an conseil où les oraciers-géné- 
raux étaient divisés (f opinion , après 
avoir entendu celle de Carie, le roi 
dit, eu levant la séance : « Nous sui- 
» vrons Favis du boiteux. » (Carie était 
boiteux ). 11 se fit naturaliser en i6g3 
en An^terre, et, pendant la courte du* 
rée de la paix qitt suivit le traité de Ris** 
wi<^, il résida à Londres. Lors de la 
guérrede la succession d'Espagne, Car- 
ie passa au service du roi de Portugal , 
et devint successivement maréchal-de- 
camp, lieutenant-général, et enfin ingé- 
nieur en chef du roi de Portugal , ^ans 
perdre le commandement d un régi- 
ment d'inÊinterie, au service d'Angle- 
terre, dont il était colond. Il prit , avec 
milord comte Gallowai, réfugié frail- 
fais comme Im , la ville d'Alcantara sur 
les Espagnols et les Français , condui- 
sit les travaux du si^ de Salaman* 
(pie, entra dans Madnd avec le mar- 
quis Das Minas, défendit Barcelone 
contre le ix>i d'Espagne , Philippe V ^ 
qui fut obligé d'en lever lesiége aprës 
trente-sept jours de tranchée ouverte, 
fit celte belle retraite de l'Andaioasié 
fpie le maréchal de ficrwick admirait 
unt , et se concilia Tastniie parttcuiièrt 
du roi de Portngal, qui ierécompeniâ 
génâneosement de ses services^ et hii 
offrît le libre exercice de sa religion 
dans son palais mémet œ que Carlere* 
ftisa. Après Ur paix générale, Carie ree 
ta pendant quelques années e^Dore an 
service de Portagal, etse retira vers 
j^7»o k Londres^ où il résida jusqu^à 



CAR i4i 

sa mort. Moins ambitieux que phfloso- 

She paisible, Carie goûta les douceurs 
e la paix au sein de sa patrie -adop- 
tive. 11 s'adonna à l'agriculture et en 
fit ses délices. Il tenta d'introduire en 
Angleterre la culture du mûrier, et 
même il essaya d'y élever des vers à 
soie. Il conserva toujours le désir et 
le projet de revenir dans sa patrie qui 
Favait rejeté de son sein ; mais il mou- 
rut k Londres , sans avoir pu les e£Feo- 
tiier, le 7 octobre 1750, d'une atta* 
que de goutte. Z. 

CARLENCAS. Foy. Jitvenel. 
CARLES (LiNCELOT dx), né i 
Bordeaux, an commencement du i6\ 
siècle, était fils de Jean de Caries, 

(résident au parlement de cette ville. 
•e roi Henri II le diargea d'une né- 
gociation avec la cour de Rome , et , en 
récompense de ses services , le nomma 
& l'éveché de Ries. Caries avait reçu 
une exceBente éducation , dont il avait 
heureusement profité. R était savant 
dans les langues grecque et latine ; il 
aimait aussi la poésie française , et 
recherchait ceux qui s'étaient acquis 
«pielque rotation en la cultivant. Il 
était particulièrement lié avec Ron- 
sard, Joadiim du Bellay et le chun^ 
oelier de l'Hôpital. Caries mourut k 
Paris, vers Fantiée 1570. La Croix 
du Maine lui attribue plusieurs ouvra- 
ges imprimés , et d'autres qui ne l'ont 
s été. Dans cette demièi^ classe, il 
t ranger une TraduetUm mt vers 
français de T Odyssée et Homère^ 
dont notre hiUtothécaire ne parie que 
sur te tédioisnage de Jacques Pelleiier 
du Mans. Il avait fait imprimer en 

1 56i , la Patàfhtase en versjrun" 
fais de tEeclesiasts de Salomon, 
et, en i5&2 , ceHe des CmUîques de 
la BiUe, et du Cantique des Confia 
mes , in-8*. On a encore de lui : 

Exhi/iioiion ou^ Parénèse en vêts 
héreiques ( latins et firançaîs ) à stm 



pas 
but 



i4^ 



GAB 



neveu y Paris , Yascocan , i56o , in- 
4°.; Éloge ou témoignagcd'Jionneur 
d'Henri II» roi de ^ance , traduit 
du latin de Pierre Fasckal, 1 56o , 
in-fbl. ; Lettres au roi de Franjce y 
Charles IX ^ contenant les actions • 
et propos de M. de Guy se , depuis 
sa blessure jusqiC à son trépas , Paris, 
i563 in-S''.; mais le plus rare dés 
.ouvrages de Caries et le plus r^er- 
chë est une Épitre contenant le 
procès crindneljait à Vencontré de 
la royne Bouuan (Anne de Bou- 
leyn ) , é[ Angleterre , Lyon , 1 545 , 
in 8®< M. Brunet en parle dans son 
Manuel du libraire ^ mais par erreur^ 
sous le mot Charles. W — s, 

GARLESOI^ (Charles), secrétaire 
d'état eu Suède , chevalier de l'Étoile 
polaire , naquit en 1 705 à Stockholm , 
où son père était négociant. Ayant fait 
de bonnes études k Upsal, il entra 
dans les charges, et s'éleva peu h peu 
il celle de secrétaire d'état. Il mourut 
en 1^761 . Carleson était versé dans les 
langues anciennes, et modernes, dans 
le droit et dans les sciences économi- 
ques. On a de lui un Dictlonnair^d'é" 
conomie , quelques traités de jurispru- 
dence et de morale, etdes traductionsen 
suédois de plusieurs ouvrages anglais , 
4inÀi,que du Traité de la vieiUesse, 
de Ciccron. -^ Carleson (Edouard ), 
son frère, fut président du conseil de 
commerce à Stockholm. Après avoir 
voyagé en Turkie avec le baron de 
Hœpken , il fut nommé ministre de 
Suède à Constantinople. Les services 
qu'il rendit à son pays furent récom- 
pensés d'une manière brillante. Ke- 
toumé en Suède. en 174^9 il devint 
successivement jsecrétaire d'état, comr 
mandant de l'ordre do l'Etoile polaire, 
chancelier de la cour, et président au 
conseil de commerce. Il mourut en 
1 767. Ses loisirs avaient été consacrés 
aux sciences; et it laissa plusieurs 



CAR 

ouvrages en suédois , parmi lesquels 
nous remarquerons ses Considéra" 
tioTis sur Vétat des pêcheries en Suè- 
de ^ et sa Relation du voyage de 
deux seigneurs suédois en Asie, 
en Palestine , à Jérusalem , etc. On 
trouve aussi plusieurs mémoires du 

Iirésident Carleson dans le recueil de 
'académie des sciences de Stockhojos , 
dont il était membre. C-— ait. 

CARLET. Fcy. Rozière ( la ). 

CARLËTON (George), évèque 
anglais , naquit en 1 559 , dans le Nor* 
thumberland, au château de Norham , 
dont son père était gouverneur. Cette 
place n'était probablement pas une 
grande source de fortune ; car l'éduca- 
tion de George fut faite en partie aux 
dépens de Bernard Gilpîn, connu 
des Anglais sous lé nom de VApAtre 
du nordf et sous lequel il avait com- 
mencé ses études. Il les acheva à Ox« 
ford, où il se distingua dans diflTéren- 
tes parties des sciences , et en particu* 
lier dans la théologie. Nommé, ea 
161 7 , évéque de Landaff , il fut en* 
yoyé en 1 6 1 8 , par le roi Jacques I""., 
au synode de Dordrecht, avec trois 
autres théologiens anglais , et un écos- 
sais ; il s'y prononça fortement en fa- 
veur de répiseopat,bien que, sur quel* 
ques points de dogme, notamment 
celuide la prédestination , il suivh la 
doctrine des calvinistes , et qu'il fut 
d'ailleurs violent ennemi des catho- 
liques. Nommé en 1619 évéquë de 
Chichester, il mourut en 16:28, âgé 
de soixante-neuf ans. 11 a composé un 
assez grand nombre d'ouvrages , entre 
autres: L Heroïci characteres (en 
vers), Oxford, i6o3, in-4^;IL^5 
Dixmes dues au clergé examinées et 
prouvées être de droit divin^ Lon- 
dres , 1606 et 161 1, in-4^; III. 
la Jurisdietion royale ', papale , 
épiscopaley etc. , Londres , 1610, in- 
4'*; IV. Consensus eccksiœ cmho^ 



CAR 

licee contra tridentinos , de script 
Ptris , ecclesid, fide et gratid , ejic, , 
Francfort , 1 6 1 5 , in-H \; V. AstrolO' 
gimaniaj ou la folie de V astrologie f 
Londres, i6i4, in-4°'> i65ï; VI. 
Fita Bemardi Gilpini , Londres / 
i6a8, iii-4''«» «t dan5 la collection 
des Fies de Bâtes y lôBi , Londres, 
in-4'- X— s. * 

CARLETON (sir Dudley), hom- 
me d'état anglais, né en 1 575 , à Bald- 
win Brightwell , dans le comté d'Oi- 
ford, et éleyé à l'université d'Oxford, 
fut, pendant vingt années, ambassa- 
deur du roi Jacques, successivement à 
Venise, ep Savoie et dans les Pro- 
Tinces-Unies. Il fut ensuite envoyé 
deux fois comme ambassadeur ex- 
traordinaire auprès de Louis XIII, et 
avec le m^me caractère dans les Pro- 
vinces-Unies. Charles V^, dès la 
deuxième année de son règne, le créa 
baron d'imbercourt, dans le comté de 
Surrey , et, trois ans après, vicpmte 
de Dorcbester , dans le comté d'Ox« 
ford. Nommé vers le même temps l'un 
des principaux secrétaires d'état, il 
conserva cette place jusqu'à sa mort , 
arrivée en i63i, et fut enterré dans 
Fabbaye de; Westminster. On a de lui 
divers écrits politiques y tant en fran- 
çais qu'en anglais , des discours au 
Srlement , et des lettres imprimées 
ns divers recueils. X— s. 

CARLETON (George ), officier 
anglais, entra fort jeune au service, 
comme volontaire , et assista à la 
fameuse bataille navale qui eut lieu 
entre le duc d'York et Ruyter y en 
167a, Pendant la campagne en Es- 
pagne, il fut &it prisonnier au siège 
de Oenia , et resjta ensuite , sur sa 
parole, pendant trois ans, à Santa 
Qemenza de la Mancha. Cest là qu'il 
eiit occasion dTobserver le caractère, 
les moeurs et les usages des Espagnols, 
Tivaatavw«uS dans une grande fa- 



CAR 143 

nûliarité , et gagnant içur confiance 
par le respect qu'il portait à leurs 
opinions politiques et religieuses. 11 a 
laissé, en anglais , des Mémoires cjon^ 
tenant entr' autres plusieurs notices 
et anecdotes sur la ffierre d'Espar 
gne ( de la succession ) sous le corn* 
mandement du comte de Péterbo^ 
rough. Cet ouvrage fut imprimé en 
1 7 4^ 9 c^ réimprimé eu 1808 , t voL 
in-8^. Il en existe une H'aduction fran* 
çaise par Gaspard Joël Monod , pu* 
bliée sous ce titre : Lettres , mémoi^ 
res et négociations du chevalier Car^ 
leton , 1 7 59 , 3 vol. in- 1 a. A, B— t. 

CARLETON ( Gui ), général an^ 
glais dans la gueiTe d'Amérique , fiit 
nommé eu 1 774 gouverneur de Qu#* 
bec, et, lors de Fiovasion du Canada, 
n'écbappa aux Américains qu'à l'aide 
d'un déguisement. Arrivé à Québec, il 
mit k ville en état de défense, et, lors* 
que Montgomeri .voulut s'en emparer , 
il fut repoussé avec perte, et. périt 
dans l'assaut qu'il donna à cette place. 
Peu de temps après, Carleton cnassa 
entièrement l'armée américaine du 
Canada. En 1777,11 donna sa dé- 
mission, et fut remplacé par JBur- 
goyne. En 1 78a , il eut le commande- 
ment en cbef des troupes anglaises en 
Amérique; et, après avoir conclu un ' 
traité, il retourna en Angleterre, oii il 
est mort en 1808 , âgé de quatre- 
vingt-quatre ans. Z. 

CARLETTI ( François) , yoyagear 
florentiti, fils d'un commerçant, fut 
e^voyé , en iSg^, à SéviUe, pour 
apprendre la profession de son père. 
Après deux ans de séjour dans cette 
ville , il s'end)arqua pour l'Afrique , ou 
son père l'envoya pour la traite des 
noirs. Il passa ensuite dans l'Amérique 
.espagnole. Aprè^ avoir vendu ses nè- 
gres à Carthagène, il se rendit à Lima, 
.puis k Mexico, et passa peu de^temps 
après aux ilea Pnilippinei^ dans le 



i/(4 CAR 

deMein de former de Doayelles spéeU" 
htions ; omis ne trouTant pas les cir- 
constances favorables , il s embarqua^ 
en i5g7 , pour se rendre au Japon , 
où il ût un séjour de neuf mois , ef 
passa ensuite à la Chine, où il resta 
pendant près de deux ans. Il continua 
sa route parGoa, et s'embarqua enfin 
pour TËurope, en i6o i , sur un bâti-^ 
ment portugais , qui, ayaiit relâcbë à 
llle Ste.-Hélène, fut pns par les Hol^ 
hndais. Ainsi , Garletii se trouva dé- 
pouillé eu un instant de toutes les ri- 
chesses qu'il avait amassées, et ne put 
se les faire restituer , malgré la pro« 
tection spéciale de son gouvernement* 
On loi remit seulement , par grlce*, 
une très faible somme. Débarrasse de 
ces alTaîres , qui le retinrent long* 
temps en Hollande , il avait formé le 
projet d'entreprendre nn second voya- 
ge, lorsqu'il fut appelé k Paris par le 
ministre de France, pour négocier , 
avec le consentement de son souve- 
rain , une affaire qtii intéressait les 
deux cours. Cette négociatioii n'ayant 
pas en de suite, Carletti renonça à son 
projet de voyage, et se retira à Floren- 
ce, où il rédigea rhbtoire de ses 
voyages, d'après l'invitatiou du grand- 
dàc Ferdinand P'. , qui lui fit un ac* 
eueil favorable, et le nonima maître 
de sa maison. GaitetU avait perdu tous 
ses papiers ; mais, doué d'une heureuse 
mémoire, il a décrit avec autant d'exac* 
titude que de vérité tout ce qu'il avait 
observé. On est étonné que, sans avoir 
reçu aucune éducation littéraire, il ail 
su peindre atec une si grande exacti- 
tude les mcéurs et les productions des 
paysftont il parle. Il a donné avant 
les autres voyageurs des notions exac- 
tes sur la cochenille, sur le coco des 
Maldives, et sur le musc Son ouvrage, 
qui est écrit avec beaucoup de simpli- 
cité, et qui ne fut pûbliéque plus d'un 
siècle a|)rck(lsa mort, porte pour titra : 



CAR 

Baqionamentidi Francesco CarletU 
Fiorentino sopra le cose da lui ve* 
dute ne* suoi viaggi , si deW Indie 
occidentali e orientali comê et abri 
pœsi , Florence , 1701,3 vol. in-S*** 

CARLETTO. Fa^.CAUAM. 

CARLI DE PIACËNZA ( Denis ), 
et Michel Angèlo GUaTTINI, tous 
deux capucins missionnaires , le pre- 
mier natif de Reggio, et le second àé 
Plaisance , furent envoyés au Con- 
go en 1666, avec quatorze autres ca- 
pucins, par la congrégation de la Pro^ 
paeande, munis d'amples pouvoirs du 
Saint-$i<^e , qui les autorisa même 4 
lire les livres déknduê , excepté Ma^ 
chioffel. Us se rendirent d'abord à Lis* 
bonne, ensuite au Brésil, et du Brésil 
au Congo. Us visitèrent St.-Pbilippo 
de Benguela et Luanda. Le vicairea|K>s- 
toliqaedu Congo leui' ordonna d'exer- 
cer leur zèle dans les royaumes de Bam« 
ba et de Sonho, situés sur la cote en- 
tre le fleuve Zaïre et la rivière Danda. 
Us baptisèrent trois mille enfants du* 
rant le cours de leurs missions, et fi- 
rent quelques ^conversions ; mais le 
plus grand obstacle qu'ils éprouvaient 
était de persuader lés nègres de l'o- 
bligation de se contenter d'une seule 
femme. Michel Angelo' mourut an 
Congo; Denis Carli ftit assez heureux 
pour résister aux fatigues et aux dan- 
gers de sa mission , et pour triompher 
d'une longuet cruelle maladie. U se 
mit en route pour revenir en Eun^, 
s'efobarqua sur un vaisseau qui par- 
tait pour le Brésil , et de là fit voile 
pour Lisbonne. l\ visita Cadix > fit un 
pèlerinage à 5t.-Jacques eu Galice, se 
rembarqua de nouveau pour retour- 
ner à Cadix ; mais le vaisseau sur le- 
quel il se trouvait, après avoir livré 
combat à un corsaire, entra dans le 
port d'Of an , et revint ensuite à Cadix. 
De là Carii traversa rEspagnt, et se 



CAR C^iV» i4é; 

rendit à BarcdoD£ , où il ' s^emba^qu» des ' voyages , de Prévôt, Jivre XU» 

pour la Sard^igne ; il éprouva uqç ch. 2 , et dans AUgem^iasr hi$tçriç 

vioieqte tempête, fut reiieté sur la côte ^er Reisenjh. 4* s* S3i. liap^ry 

de Roussillon , traversa le uaidi de la 4jne tradMCtion aUemande de la reia,** 

France, et se rendit ensuite à iiolo- tion de Carli, A«g$boi4*{;, 169^» , in^ 

gne^ où il rédigea la relation des voy^ 4''- j ^^^^ ^^^ une des pcemièr€s édif 

ges de son compagnon et des siens, «tipos italiennes. W^^^r. » 

La plus grande pgr^ie est remplie par CARLI ( ilçAXf - J«ftÔME )r naquît 

de longues descriptiqiiç des so^Û^ran^ dans les environs deSieime, eu 1 n 11)^ 

CCS de ces missionnaires et par deç d'un père cultivateur,. qfii lui fit &ii'e 

contes lidicules. Les renseigi^iq^nts Afi bonnes études* il ^npjirassa rét«i 

sur la ge'ograpliie et l'histoire n^tur Bcdésia^tique 9 |ut pl^sfeurs annccs 

relie qui s'y trouvent sont vagues^ e,t professeur d'élpquience ^ (^oUe en Tosr 

de'cèlent fignoraiice dfcs -auteurs ; mais iîai^e, et ensuite à <^ubbio, ^d^ns Iqs 

il y règt|e une sorte de naïveté et 4ç Qtats du pape. Sa reoc^mmee s'éteiidit 

bonhomie reli^euse qui en renç} la biet^tot dapis toute l'It^^ie ; tous leet 

lecture intéressante , ^t le peu derela.- savâiats , les littérateurs , les n^turar 

tioos que l'on a de ce pays a fait rer listes s'empressaient d!entrei' en relar 

chercher celle-ci et d'^^tres du méc- ^op avec lui sur des sujets relatifs ow 

me genre avec plus d'empressement aux. sciences ou ^\xjl art$ mécaniques ^' 

qu elles ne méditent. Ija première édi- dont il était iprt instruit Les habitan t^ 

tion d<^ voyages de Carli a été imr 4e Gt^bio avaient liine si grande esr 

primée sous ce titre : H Moro iras*- time po^r lui , qu'il$ ' k* consultaient 

portafQ m Fenezm^ ovvero raconU dans toutes les affaires diflliciles. Ils le 

de' costunU riU e rdi^ne de* papoU chargent de plusieurs missions àélï'' 

deW uifrica y America , Atia ed cates et importantes. Après un séjour 

EuràpUy Rs^ipa, 1672, io-12. Eilp de dix hiiit ans ^ il fut obligé de retour* 

fut réimpriiiée en 1674 à Bologne^ ner à Sienne, et, peu de temps apcès, 

in-S". et in-i2 ^ et en «687, à Ijassa- non^m^ secrétaire perpétuel de J'acar 

no, in-4^* Une npuvfdle édition de ce .demie àè^ sciences , art^ et ibe|tes*let* 

Toyagc parut à Bologne en 1 67S , in>- très de Manloue. 11 remplit cette placp 

12 , sous le titre suivant : Fiof^gio di avec di^tinetion jyjtqu'à sa mort , arr 

i>. Michel Angiphdi Quaxtinil e dd tïwéc le 99 septembre 1 .7 ^. Ojb dut 

P. Dionigi Carli.nelregfio del Cofi- à son zèl^ et à s€$ lumière» ,- pondant 

^0 , dêscrittQ p^ kêUfre con una fi'^ je séjour de treille pns qu'il fit à Manr 

Menafraihndéilpaese. En (f)8o, toue, l'aetivi^é rendue au^: soences, 

il en pÉaruI une trsduotiiin française, aux arts , auK u^anu&ctures , l'établis** 

iinpi'iioée à Lypn fiwi Amaulry , in- 1 2. seiojei^jt du niu^éeet de la bibliothèque 

Le P. Lab^tl'A néi«iprimée dans sa Her .publique* L'csiimegjénéraledes savants 

IdUian histmque dfl^ÉihU^ie orien- fot la récompense de ses travaux ;,il re- 

ùile , t. V, f^. 9i-a68. La première çut mêtpe des témoignages de celte de 

Iraduction anglaise a paru dans Cbujif- l'impératrice âlarioTbérèse et de Jo- 

chill, .CoU^çUans of voyages and sepbll* son (ils* ÇarU parooitrut en 

trweUj pag.Of 3*Ô5(». Dans 1^ Oôl- dÛfé^evfts temps prjosqve toiilc i'Jtalie 

Jertion d'Asitoy ( vol. UI,^g. i43 ^ povr rassembler à^ livreiS, des jné^ 

I G6) , on en n doniW nn ei^ifsit, qw a •dailles, de&sutiquiHfs>deséehantiUoas 

Qié reprpdoitdan^ ÏJUslfiir^.gméjc^ jlkifiWmm^^àÏP ^^tc.^et il parvint 

vu. 10 



t46 CA« 

il en former une collection considéra* 
Me. Il a laissé plusîeursouTrages, par^ 
mi lesquels on en distingue un de cri» 
tique, intitulé : Scnlture intomo a 
varie toscane e latine opérette del 
dottor Gioî^. Paolo Simone Bian- 
chi di Riminif che si fa chiamar 
Giono Planée , vol. I , contenenie 
la relazione di due opérette compos^ 
te dal sign* Planco in Iode dise me- 
"^esimo^ con moite notizie ed osser^ 
pazioni sopra questi ed altri opus- 
€UU dellq stesso autore^ Florence , 
V 749* A Mantoue , il publia deux dis« 
sertations d'un intérêt plus général, 
sous ce titre : Dissertazioni due delt 
^ate Girolamo Carli ; la prima 
suit impresa degU Argonauti ed i 
faiti posteriori di Giasone e Medea;. 
la seconda sopra un* antico bas- 
serilievo rappresentante la Medea 
d^ Euripide f conserçato nel museo 
deW accademia^ Mantoue, 1 785, in- 
8 "• Le comte Carli, qui a?ait écrit dans 
sa jeunesse sur le sujet des Argonautes, 
fit, sur cet ouvrage de Jérôme Carli , 
des Observations dans lesquelles il en 

rirle avec estime, et que Tou trouve 
la suite de sa première dissertation , 
dans le IO^ volume de ses œuvres 
( Foy. l'article suivant). Jérôme Carli 
a aussi enrichi d'excellentes notes un 
Ckoix d^ élégies de Tibulle, de Pro- 
perce et d'Albinovanus traduites en 
terza rima par François Corsetti , 
4e Sienne , Venise , 1 75 1 . On lui doit 
encore des notes sur le discours de 
Çeiso Ciitadini DelV antiehità delt 
çrmi gentilizie, Lucques, 174 1 » in-8®. 
Il a de plus laissé un grand nombre 
d^ouvrages de littérature qui n'ont pas 
4té publiés. Après sa mort, les habi- 
tants deGubbio , qui ne l'avaient point 
oublié , firent célébrer en son honneur 
de magnifiques obsèques. On j pro- 
nonça son oraison funèbre , et Ton 
^nsacra k sa mémoire une ayante 



CAR 

inscription latine. -— CaruC Jean ), 
dominicain, a publié en italien : I. 
Fie de Dominûpte, cardinal et ar- 
chevêque de Éaguse ; 11. Fie de 
Simon Sakerolo , arches^éque de Pin 
se; m. Fie d'Aldobrande Caval- 
canti, évéque de Cività-Fecchia, Ce 
biographe mourut à Florence le i*". 
février i5o5, à l'âge de soixante-cinq 
ans. R. G. 

Carli ( Jean-Rehaud, comte ] , 
appelé aussi quelquefois Carli-Rub* 
bi j du nom de sa femme, naquit ^ 
d'une famille noble et ancienne , 
à Capo-d'lstria , en avril 1720. Il 
y fit ses premières études, et, dès 
l'âge de douze ans , il composa une 
espèce de drame, don$.il se souvenait 
encore avec plaisir dans sa vieillesse. 
Il alla ensuite k Flambro, dans le 
Frioul, étudier sous le savant abbé 
Bini. 11 y apprit la physique et les élé- 
ments des sciences exactes. Son goût 
pour la recherche des monuments du 
moyen âge s'y déclara, et, cnltivaDt 
,avec la même ardeur les belles4ettres y 
il publia à dix-huit ans une disserta- 
tion sur l'aurore boréale, et quelques 
poésies. 11 se rendit l'année suivante à 
Padoue, et contiuua d'étudier à la fois 
les mathématiques, particulièrement 
la géométrie , et les langues grecque eC 
latine. Il apprit aussi l'hébreu. A vingt 
ans , il fut reçu de l'acadiémie des Ricfy- 
vrati. Il commença dès-lors à se £aiire 
eonnaître par des discussions littërai* 
res avec les célèbres antiquaires Fon» 
tanini et Muratori, et par plusieurs- 
ouvrages de divers genres qu'il publia 
presque k la fois ; des observations sur 
différents auteurs grecs; d'autres sur 
le théâti^ et snr la musique des an- 
ciens et des modernes } une tragédie 
ê^Iphigérde en Tawide , une traduc- 
tion de la Théogonie d'Hésiode, ma 
savant traité , en quatre liyros, sur 
l'expédition des argonautes , etc. lie 



CAR 

sénat de Venise., voulant alors mettre 
sa marine sur un pied respectable, 
créa une chaire d'astronomie et de 
science nautique, dont Garii , qui nV 
vait que vingt-quatre ans , fut nomme 
professeur. 11 ne se borna point à ses 
leçons ; on le vit d^ms cet arsenal cé^ 
lèbre donner des conseils, diriger ^es 
travaux, reformer les dessins, et faire 
adopter de nouveaux modèles pour la 
construction des vaisseaux de guerre. 
Gela ne Fempécha pas de se jeter dans 
des recherches d'an genre très éloigne 
des sciences exactes, à l'occasion d'un 
écrit qui lui avait été communiqué par 
fauteur. Cet auteur était l'abbé Tarta- 
rotti, et son ouvrage avait pour titre : 
il cangresso notiamo délie lamie, 
S niait l'existence des sorcières, mais 
il admettait celle des magiciens , au 
moyen d'un pacte avecje diable. Garli 
répondit par une dissertation, dans 
laquelle il démontrait également la 
iiaiusscté des magiciens et des sorciè- 
res, et ou il dévoilait toutes les rusés 
employées chez les anciens et chez les 
modernes par les charlatans des deux 
sexes qui se font passer pour tels. Tar- 
tarotti, à qui il l'envoya, eut l'indis-^ 
crétion de la faire imprimer avec la 
sienne, et d'y joindre une réponse 
très acre, où il taxait d'hérésie l'opi- 
nion de Garli. Le savant MaiTei prit la 
défense de ce dernier. Tartarotti ré- 
pondit à Maffei , qui répliqua. Quator- 
ze différents écrivains , les uns théolo- 
giens, les autres légistes, prirent le 
parti du diable : quatre seulement s'ar- 
mèrent contre lui ; ce fut, selon l'ex- 
pression de Garli lui-même, une guer- 
re dont le diable prut être l'Hélène. 
EUe ne s'apaisa qu'environ dix ans 
après. Un dernier écrit de Maffei , in- 
titulé: ia Magia annichilaîa^ réduisit 
enfin au silence les avocats du diable. 
Depuis longtemps Garli les laissait se 
débattre , «t s'occupdt de sujets plus 



CAR t47 

importants. Il adressa en 174.7^ à 
Maffei , une savante dissertation sur 
l'emploi de l'argent, qui prouve qu'il 
méditait dès-lors son grand ouvrage 
sur les monnaies. Une autre disserta- 
tion, adressée au savant Gori, sur 
les vaisseaux armés de tours des an- 
ciens, (ut suivie de celle ou il traite de 
la géographie primitive et des cartes 
géographiques des anciens ; et, dans 
le même temps, il composait et récitait 
dans l'académie des IUc(wratiy dont il 
avait été nommé président , un poèmn 
philosophique en trois chants, inti- 
tulé : Andropologia^ ou délia Socie" 
ta y daus lequel il entreprend de pron- 
Ver, I **. que la société, telle qu'elfe esl^ 
dérive de la nature de l'homme ; 2^« 
que l'homme est heureux dans la so- 
ciété heureuse et bien réglée ; 3**. en- 
fin , qu'il l'est encore dans la société 
corrompue. Garli s'était marié en 
1747; il ne le fut que deux ans. Des 
affaires multipliées , suites de la mort 
de sa femme, qui lui laissait un fil» 
à élever et une grande fortune à ad- 
ministrer, le forcèrent de se démet- 
tre de sa chaire de science nauti- 
que et d'astronomie , qu'il ne quitta 
qu'avec beaucoup de regret. Il partit 
pour llstrie avec le naturaliste Yi- 
taliano Donati. Ni les chagrins , ni 
les affaires , ne détournèrent Garli de 
rechercher avec l'attention la plus 
active les antiquités dont l'Isttie était 
remplie, et qui n'avaient point encore 
été décrites. L'édition qu'il donna en 
1751 à Venise, in-8^, delà relation 
de ses découvertes dans Yamphithéd-- 
tre de Pola , avec des dessins et des 
plans , lui assurent la priorité qu'on a 
vainement prétendu lui disputer long- 
temps après. Les monnaies étaient dès 
ce «temps-là le principal objet de ses 
études. Il publia cette année même 
( 1751 , à Venise, sous le titre de la 
Haye ) sçs deu^s premières disserta- 



10 



•• 



i48 CÂQ 

^on$ , iVne $ur l'oiigine, Tautre sur le 
commerce des moiiuaies. L'étendue de 
cette matière) et celle du plan qu'i} 
s'était tr^cé, e^geaient de$ travaux 
immenses, des ci^rrespondapces mul-? 
xipliéesy de frequei^ts voyages, de^ 
expériences délicates et coûteuses. Au* 
i;un de ces q9Pyeiis ne fut épargnç 
pour la parfaite exécution dç son des- 
sein , et, quoiaue dans ses excursions 
à Turin , à Milan et dans d'autres vil* 
les, il s'occupât sans cesse d'objet^ 
ïo\x\ diQërents , et (pn'îl publiât meiuç 
de temps en temps 4^^ dissertations 
$[ui supposaipnt des recherches fort 
l^trangères aux monnaies , il acheya et 
publia en neuf années cette grande en- 
treprise. Le premier volume parut en 
1754; la Haye (Venise) le second ^ 
Pise en 1 757 ; et le troisième , divisé en 
deux parties, 4 Lucqucs ei^ 1 760. Le 
titre d^ ce livre efi aununce toute l'im- 
portauce: V^lh n^jini^te, ^ 4^U' istl- 
tuzioipç dçlla zçccbe d'UaUay delf 
ântico, ^ présente sisfemfi di esse e 
4el loro iutrinseço valove e rapporta^ 
colla présente nkonei(\, claUa deçà- 
denza deU* mpçrio finp aj, secolo 
XF'lI , pet utile délie puhhlitch^ ^ 
délie, private ragioni. Cet ouvrage Gx 
une grande sensation en Italie; les sa- 
vants, les jurisconsultes, le^ ecpno- 
ix^stc^, (es l^oipi;nes d'état ^tlescorp^i 
politique^ y applaudirent. ^ y en euf 
eu peu d^ temps plusif v^rs édition^ 
i[^çs coitrs dç I^m^n, de Ti\rin et plu-r 
siei^rs autrçs ep adoptèrent ies^ prinçl-; 
pe^ dans leurs ess^^is mo^çtairçs cl 
Cpjxi leurs réductions; la cour imp^ 
fiale \e$ prit ppiu: b^se dans ses paie- 
ment P^^i^ ^^ rachat du droit 4ê r^r 
Ça^lç.; enûju Iç Traité 4e5 i^onn^^ ser* 
vit de rçgie dans toute l'Italie pour le^ 
îugcn^ci^ts ^ur cette matière, et pious 
lç3 rç'glemçnts publics. £)|aos l'iuteri 
valle qin s'ëcpula de i'in^press\qn du 
prqm^ \x)liwfte à c^J,©, d^ d^r^iç^, 



CAR 

Carlî ne laissa pas d'en publier plu- 
sieurs autres , lant sur des sujets d'e- 
rudition que sur d'iiutres plus analo*- 
gucs au sujet de son grand onvrage ; tel 
est son Essai politique et économie 
que sur la Toscane y adressé en 1 757 
9XX professeur StellinL La mort de son 

S ère le rappela peu de temps après 
ans sa patrie. 11 retourna ensuite en 
foscane achever son édition. Elle était 
enfin terminée, lorsqu'ayant trouvé 
à Venise, parmi les biens de la suc-» 
cession de sa femme , un grand éta- 
blissement de commerce et de manu» 
Êicture de laine , autrefois très floris- 
sant, mais détérioré par différentes 
circonstances, il crut faire une chose 
utile à sou pays et à la fortune de 
$on ÛU , en transportant cet établis- 
sement à Gapo-dlstrja, et en fon- 
dant une grande fabrique dans ses 
biens de campagne auprès de la ville* 
{1 y employa si activement son génie 
et ses fonds, qu'en moins de deux ans 
Iqut fut prêt, et la province commença 
^ jouir des. avantages que ces sortes 
d'établissements apportent toujours ; 
mais des préposés infidèles firent 
éprouver de grandes pertes à l'entre- 
prise 'y uu torrent débordé ot un oura< 
gan terrible détruisirent à plusieurs re- 
prises les principaux édifices , et,pouL' 
cofnble de nmlheur, un procès vint 
achever la ruine du propriétaire. Une 
maladie grave , occasionnée sans doute 
par tant de traverses, fit craindre pour 
s^ vio. l^a fortune sembla se réconci* 
^er avec lui* La cour impériale de 
Vienne établit à la fois à Milan le con- 
seil supême dn coxnmexce et d'éoono-' 
paie pnb)iq\|^, et celui des études , et 
choisit Carli p^ur présid/wt de l'un et 
de l'au^ra. Ses idées et ses plans lui fu^ 
rent demandée pour ce double étaUis- 
^ment. 11 fut mêmeappelésecrèlement 
à Vie««ej en 1 765, pour ^ concerter 
Vèn\U système ^vec le mixû^e Kau-» 



CAB 

mlz. n revint comble des égards da 
miuistre et des bontés de Timpëratrice, ' 
et des témoignages d*admîration des 
savants les plus distingues de rAtle- 
magne. Â Milan , les soins de ses nou- 
veaux emplois l'absorbèrent d'abord 
tout entier. Les écrits qu'il fît paraître 
à cette époque ont tous rapport an 
commerce et à féconomie publique. Le 
séjovr de Joseph II à Milan ^ en 1 769, 
offrît à GarK roécasionl de faire brifler 
ses talents et Son zcle; L'empereur fu< 
présent k treize séances dti côùseil dé 
commerce, dans ksqnclles le président 
fit des rappoils , préi^entâ des vues et 
des projets ^li forent afdopté^. Josepfcf 
lui témoigna sa sati^âètidb en lui ac- 
cordant une augmentation d'honorai- 
res et le titre de conseiller privé d'état. 
En I -j-^ I , on créa un nouvean conseil 
des finances à Milati , pour retirer les 
revenus publics de la Lombardie des 
mains avides' des fermiers. La prési- 
dence de ce conseil fîit encore donnée 
an comte Girii par un dipliotoe rempli ' 
des titres et des expressions les plu^ 
honorables. Le conj^il suprême des 
études l'occupait cependant comme s'il 
n'avait éù d'autre emploi que celui dé 
le présider. Il fit adopter cette année 
un nouveau plan pour les études du 
çéûic ; il songeait aussi à uhe réforme 
oans les études littéraires , et fit impri- 
mer à Florence , sous la date de Lyon , 
un petit traité rempli d'érudition et 
de vues utiles , intitulé : IVuof^o rheto- 
do per le scuoîe ffuhhtiche ttlialia. 
Au milieu de tant de travaux et d'oc- 
cupations graves , il n'abandonnait ni 
ses études philosophiques, ni son goût 
pour les recherches savantes ; son li- 
vre intitulé rUomo libéré fut le pro- 
duit des premières, et s'ed Letterè 
americane , le résultat dés Secondes. 
Dans l'an de ces ouvrages, il* ne se 
propose pas moins que de combattre 
en même temps UôbbeS; J.-J. Rous- 



CAR 



H9 



seau et Montesquieu ; c'est dire assee 
que ce livré ne peut être jugé légère^ 
riient, et que, quand même l'auteur 
se serait trompé , ce qui n'est pas , du 
moins sur quelques points, ia coricép- 
fion d'un tel oovrage en de telles 
circonstances , marque une grande 
forcé de tête et uiïc grande facilité 
d'esprit. Les Lettres américaines sont 
encore plus étohnautes. Elles eurent 
pour éfrrgïfle une correspondance fa- 
miHëre de notre président avec lé 
marquis Gravisi , son cousin , cU 
1777 et 1779; et ce qtri paraîtrait 
le travail d'un érudît , tout entier aux 
objets qrâ y sont traites , ne fut que lé 
délassement d'un homme d'état pres- 
que âdistorbé ddns des fonctlofis aussi 
Ii!rùlti^iées qu'îitaportantes. L'ouvrage 
est divisé en deux parties : la première 
est histdriqtle; l'auteur y décrit le^ 
m(èurs, lés usages, la religion, lei 
gouvernements deé peuples d'Améri- 
que tvaiii qné les Européens en eus- 
sent fait là décôu'vérte et la conquête ; 
Il y retiorte, sur tous les pbints, les 
paradoxes de Pauw dans sfes Recher- 
ches siir les Américains, La secondé 
partie est hypothétique ; elle a pout 
principal objet de rechercher à qtteflè 
époque les peuples de l'Atlantide , de 
ce gra6d conthient qui doit ^voir dis- 
pai*u daàs une commotion générale 
du globe, purent commuiàquér d'une 
part avec f Amérique, et de l'autre 
iveé notre continent, ce qui expli- 
querait , et te qui peut-être même peut 
seul expliquer les rapports qui se trou- 
vent entre d'anciens usages civils et re- 
ligieux , d'anciennes tradif ioiis astro- 
nomiques et mythologiques , commu- 
nes aux deux conlmeuts. Ces lettres, 
dont le premier volume avait été publié 
à Florence en 1780, ont été traduites 
en anglais , en allemand, et font aussi 
été en français , par Lefebvre de Yille- 
brune ^ impriiAées en 2 toL in-8°. ^ la 



i5q CAR 

pi^jernièrcfoit , sous la date de Boston ^ 
1788, et la seconde fois à Paris, 
1 .792 , avec une carte. Cette traduction 
est accompagnée de savantes notes , 
et suivie de deux lettres du traducteur 
sur le même sujet. Viilebrune annon- 
çait dans sa préfisice, qu'il avait aussi 
traduit un autre volume de lettres de 
Carli, contenant la réfutation de l'At- 
lantide de Bailli ; mais il ne l'a point 
fait paraître. La santé de Fauteur, 
usée par tant de travaux, était de'jà 
fort altérée; une colique hépatique, 
dont il fut alors attaqué et dont il eut 
de la peine à guérir, diminua encore 
ses forces , et lui laissa le germe des 
infirmités qui devaient terminer sa 
vie. Il obtint sa retraite de président 
du conseil de commerce , en en con- 
servant tous les honoraires , qui étaient 
de ao,ooo livres; mais un an après, 
des réformes générales dans les finan- 
ces de r£mpire les firent diminuer 
des deux tiers. Une branche de con- 
naissances qu'il avait peu cultivée , la 
physique animale et la physiologie, de» 
vint alors pour lui l'objet d'une étude 
p^ticuliëre. Le chevalier Michel Hosa 
ayant publié cinq lettres : Sopra aU 
cuhe curiosità fisiologiche y dont la 
première parut eu i «78 1 , et qui étaient 
adressées à Girli lui-même, celui-ci 
écrivit, à cette occasion, un Ragio- 
namento , dans lequel il rassemble et 
explique toutes les parties de la théo^ 
rie de Rosa sur la circulation et la co- 
loration du sang, sur la pulsation, 
la respiration , la chaleur animale et 
le prindpe de la vitalité. Pendant ce 
temps , il réunissait et mettait en or- 
dre une collection immense de recher- 
ches sur les antiquités italiennes , dont 
il s'était occupé toute sa vie« 11 en for- 
ma un corps d'ouvr^^e dont il publia 
les deux premiers volumes en 1 788, et 
deux autres dans les deux années sui- 
vantes : un cinquième yolume | sous le 



CAR 

titre XAppenâixy fut publié en l 'jgt'^- 
Les quatre premiers volumes , réîm- 

S rimes à Milan en 1 793-1)5 , et ornes 
e vingt-six planches et de beaucoup 
d'inscriptions inédites, traitent des an- 
tiquités de tous les peuples de l'Italie 
avant les Romains et dès les siècle» 
les plus reculés ; de celles des Romains 
eux-mêmes ; de la Gaule cisalpine , de, 
ristrie et de la Dalmatie avant et après 
la domination romaine. Les recher* 
ches de l'auteur s'étendent à travers 
le moyen âge, jusqu'au i3*. siècle, 
et même jusqu'au i4''. ; ce qui regar- 
de ristrie, patne de Carli, est traité 
surtout avec beaucoup d'étendue et 
avec un soin particulier. Cet ouvrage , 
intitulé : Dett arUickUe ItaUche^ est 
tottt-à-fait différent de ceux de Sigonius 
et de Muratoii ; il eut un succès prodi- 
gieux , et assigna à l'auteur, parmi les 
antiquaires, une place égale à celle qu'il 
occupait entre les écrivainsd'économie 
politique. Ce fut sans doute la sensa* 
tion que ce livre fit dans le monde 
littéraire qui détermina le nouvel enn 
pereur Léonold II, sur la denunde du 
prince de Kaunitz, à rendre à notre 
président émérite la pension entière 
ne ao,ooo francs que Joseph II avait 
réduite. Ce retomr de fortune lui- pro- 
cura une vieillesse heureuse. Malgré 
l'altération toujours croissante de sa 
santé, il n'interrompit point ses tra- 
vaux. Parmi les écrits qu'il produisit 
alors, on distingue sa Disseriatk^ 
sur la mémoire artificielle ^ compo- 
sée eu I ngi , et lue publiquement par 
Beltinelh à l'académie de Mantoue le 
aa mars 1 793. Ses infirmités aug* 
mentant toujours , des eaux qu'il prit 
eu 1792 et 1 794 ne lui procurèrent 
qu'un soulagen\ent passager, et, après 
plusieurs rechutes, il mourut le aâ 
février 179.5. Doué d'un physique 
avantageux, et d'un esprit aussi re** 
narquable par la justesse^ la sà^A-» 



cile et Pactivite, que par la soo^esse 
et retendue, le comte Garii fut pro- 
be et éclaire dans les grands em- 
plois, iagénieax dans ses vues, infa- 
tigable dans ses travaux. La collec- 
tion entière de ses œuvres a e'té pu- 
bliée par lui-même de 1 784 à 1 794 » 
sous ce titre : Délie npere âel sig, 
eommendatore D, Gioa-Binaldo 
conte Carlip présidente emerito M 
supremo consiglio di pubhUea eco* 
womiaj e del regio ducal magistrat 
to camerale di Milano ,e consielie* 
re intimo aUuale di stato di S. if. 
/. R, A.^ Milan , i5 vol. gr. in-S**. , 
Le grand Traité des monnaies en 
remplit six, et les Lettres américain 
jies^ trois, y compris la troisième par- 
tie qui n'est point traduite en fran^ 
çais. Les six autres renferment un 
grand nombre (f opuscules , de disser* 
tations et de mélanges d^économie po- 
litique, de pbilol<^ie et d'érudition. 
Les Jlntiqfdtés italiennes ne sont 
pas comprises dans ces quinze volu- 
mes ; elles forment à part cinq vo- 
lumes in-4*« Un libraire de Trieste 
avait annoncé, vers la fin du siècle 
dernier, une édition des œuvres pos- 
thumes de Carli en 10 vol. in-8''. , du 
même format que la collection de Mi- 
lan. La plus grande et la plus pré- 
cieuse partie était son commerce épis- 
tolaire, continué sans interruption 
pendant le cours de cinquante années, 
avec les plus grands bommes de son 
siècle , sur des objets d'érudition et de 
littérature : il est à désirer qu'on n'ait 
pas abandonné ce projet. G— É. 

CâBLIER. fT^J^.JBjSETBOLET-FUB- 
KiEL. 

CâRUER (GtAUDE) , né h Verbe- 
rie en i^aS, mort prieur d'Andresi 
le a3 avril 1987 , a reçu dans sa vie 
neuf couronnes académiques, quatre 
de Pacadémie des inscriptions, deux 
de celle de SoissonSy et trois de celle 



CAR 



iSt 



d'Amiens. I/abbé Garlier s'applioiui 
surtout à perfectionner l'éducation des 
brd>is , et fut Fun des premiers qui ap- 
pelèrent en France l'attention des pro- 
priétaires etdu gouvernement sur cette 
partie importante de la ricbesse publi- 
que. Il a cultivé rhistoire naturelle priiH 
cipalement dans ses rapports avec l'é- 
conomie rurale; il a aussi fiiit des 
recbercbes sur qudques parties de 
l'bistmre de France, et a fourni un 
grand nombra d'artides au JourruU 
des Saluants et mu Journal dePhysi" 

Îue, et quelques-uns au Journal d$ 
^erdun. On a de lui : L DisserUh' 
tion sur t étendue du Belgitan et sur 
l'ancienne Picardie, Amiens, 1 753; 
IL Mémoire sur les laines, in-12^ 
1755; l'auteur fît paraître cet ouvra- 
ge sous le nom de BlanchevïUe; IIL 
Comidérations sur les moyens de 
rétahlir en France les bonnes espè^ 
ces de béÉes à laine, l'jG^. L'abbé 
Garlier y traite de la qualité des pâtu- 
rages , des différentes températures de 
la France , et des provinces les plus 
favorables à l'établissement des bétes 
à laine. Le ministre Turgot avait ro- 
mis à l'auteur trois cents mémoires de 
divers cantons , sur les moutons : 
c'est d'après ces matériaux, fournis 
par les intendances , que cet ou- 
vrage fut comfwsé. IV. Histoire du 
duché de Valois^ contenant ce qui 
est arrivé dans ce pays depuis la 
temps des Gaulois jusqu'en 1703, 
Paris, 1764 9 3 vol. in -4^9 avec 
cartes et figures. On y trouve l'bistoire 
naturelle, les propriétés et produc- 
tions des diffifrents territoii^s du du- 
ché de Valois, et des recherches cu- 
rieuses sur les voies romaines qu'ep 
n'a commencé qu'au 1 3^. siècle à nom- 
mer Chaussées de Brunehaut; V» 
Instruction sur la manière d^éleçer 
et de perfectionner la bonne espèce: 
de béêê à laine m\ Flandre^ in^ 



■jîîl 



CAft 



Ta, 1765'; Vï. Traité des hâe$ k^ 

i^emJer les mmp^ux ûUx champs èi 
à ia bérgériâ^ Golirpiëgtie , i ^70 , ^ 
▼M. iw*4^, % Retraité est aimé m 

«orp$ #iiis!roction^sur la mtanièredé 
gourarnier kar snsuiôftâ ; In sécoRdé' 
0>kiéi^ \t éémmihremenï et U écs-» 
«ifîpfnm des pitn^rpaleâ^ espèces de ïfè^ 
fès àr laine àbût 01» fait èottmi^rce «nf 
lfranc<». VU. Tt^^ésurles manu-^ 
factures dèlaineHes, 2 tôI. inr-iaç 
Vm. Disserimicffi sur fétat au eôfn^ 
mèrcà êh fmnce soas lés rois de 
là pYemièr»^ èè di^ia seconde tdce^ 
Atoiétls , ï 753^ in- 1 ». Vûàié €af Ifei^ 
est édiieifr du Jvàrfod ûti Foj^agé 
fait ïtûtapdé Boniiè-E^êfarice pàt 
i\^é de h e»iffte ( i^cj^. GlatÉ), « 
MeiïT du Msèoàrs Sttr la tife de cet as^ 
tfoiioiâe , ^ se Xtôo^ h la fête d'6 
tétte éditkfA', Oti M doit àrùési lè^ O»^ 
sisrvàtims p&ûY servît de conclusion 
A Vhiitoirt du diocèse de Paris , in^ 
. itérées à la fin dti ttrttre'XV dé i'ou- 
tfagè de falbiM^ Lébeûf. D— m— t: 
G A R L î N . ( GAARLfis a Aïf ïort** 
llÉfttlirA**!^ cottiïm it\\% \e nom de ) ,^ 
naquil àTiirifl v*y 1713, d'itii offifelèi* 
dans )ds i^iipësdltf roi de SardàigYie ; 
et fut à qttafoi-zé aïïà pofté-efi'seighé 
(dans un rêgim(^iit.«A]^Yè'S la irrort-dé 
étM jpcrèy ^ tW^afelsfeins'ftrttiûé; 
fl donàa deî • fcSJoh'â d*^serkhé^ et dé 
dâiisé, eï ocèiipâif éèé kÈ^irs à ]b\iéiè 
lâ çomëdife afécséé 600111*8. «Se ttèu-* 
'^àt à BëWgnè'Uti jôlir (ffiVh donnait 
«né pièee nonVèfle, if offrit de reia-* 
placer f aètetïr charge' du rôle d'Arlc- 
qtiin , et qui \^nàil de S'esqni^ct". il 

giîrf'le rÔ!è idti^ Être rècoritra ètafëtf 
plus grand si/céès; Il É^e fut de'coirJ 
T*rt qtfà kr qnatricnie Tèprésèntation. 
jî alla ensuite à, Tenise et dans plu- 
sieurs autres vîUéà d^lie. En 1 74 1 / 
il débuta i P*« *ur Iç Ui^âtre de b' 



CAfit 

Comifdié îtaiiénile. Pendant eJuai^ahîtcJ 
deux ans ^ il f»« tmijours Applaudi 
dans les rôles d'Ai'lèffui^v !) moumt 
fe 7 s^eïiibre i783r. Gartin impro^ 
TÎ'Sôit Hliéux qti'il ne jouait les rôles 
cèi^lts. Ofi Ya Vu Sduretih* Uli grand su- 
jet eîi cinq a^teS( Us P^f^t-six /n^ 
firtuAûs d' j4!rîequm) y et rtnyùyer le" 

C* lie satiitfait. -De fa gaîté , une bon-» 
té' chaMante , une probité' à 
toute ëpteuve, furent ses titres à Tes- 
tivné Ss puètfc. Aussi a-t*oà dit dé 
hr: ' 

Da^s ia» ^tét , te» ton* , é'eêt la nninrie rtène ; 
So^i le jabii«c[iie oà Vatlmire ^ à dieofiverion raimé. 

&ëg<iât<? de» ti<^iftp)»Hies doht il avait 
été kl' éttpéy il sVcriaii quelquefois : 
<ti^ (^rois qi/it li^y el qtre moi dé par« 
»'éiiteffieilt bonAéte hoûtmë. »Oli 
dfe éé M il»; gi^nd noâ^bro de sait-* 
Hi!irspiritueHek. Uïr joér, tésftailî^nsse 
ti'tfuvèretft obliges de Jouèr pour deai 
spièdtà«èUrS'sèliléAidrt« A là* fin ûè là 

Siëee; GairlM s'àvataçetnt sur le bord 
u theMè, fit s^né ii Fuii dè^ s^ièc- 
tâtèuirs , eà le priahit de s'approéber^ 
êi , (jfufind iU furent prés Fiin de l'au^ 
tt'e î <( Moiifiietir i» , tâi dit-il tout bas ; 
avec cette grâce qui bii dtrfit si natu- 
f^He : fe Si VOtis rtncotififei quelqu'un 
ii;-fe k^taèt il'iciVÏtfJtès-WbrIèpiaîsir 
1» ;dS fui dif'é (|Uc îifo'à^ ddtanérons dt;-* 
xrïèèiti Une ref?féséhfeftitïn à'Jirle- 
^ tjuta , ét^. i^ On )» de Garlîh M 
mnmtés Mmmhrfhoé^s StArU-. 
^frt / cbMdié en diiij actei , 1763, 
iii^S^. 0âiiSrîà fcotàêdiètpi^ M. Pupulx 
d^oiifaâf èli. 1 ^84, «bbs fe titre de^ €a^ 
pricss de Prosëïfihè, Ml iès Enfers 
à'ldfàédSrnè\ if a éon'sacrë Une ^céne 
à l'ombre de Garlin. A. B— »-¥. 
- éARLÔïS; Fèjr. fafrticlé Gto«T 
et ëêluî de to ViEritlViLlfe. 
' GARIjOMÂN j fils de Obarlb Mar^ 
te!, et ftèté aînë de Pépi«-lé-Bréf; 
i^'f cft eô |iâ?rtage rAirélraste , la Souafee 
étttBiuripge^ qu'il gonvci'iia co ionr 



CAR 

y^nïtiy maïs sans prendre le titveâ^f 
un; pour apaiser le mëcontenteinent 
des seigneurs et les empêcher de se-* 
douer iejoug dé l'autorité, il fîit mélne 
obligé de s'entendre atec Pépiii-le- 
Brcf , et d'élever snr le trône un pfritice 
do sang de Glevi», Obildérie HI; mt" 
nommé ï Insensé. La même aikibi^én> 
qui portait un fils de Charles Marte! 
à s'ooparér de la couronne, eidtait 
les ducs de la Germanie à s'aiSranchir 
dn tribut qu'ils devaient k \a monar- 
chie française, et l'es grands de l'état 
les seédtldaîetit iatM t'éspèlr d'imitef 
un jou^ leur exemf>le , en se i^endaht 
souverains éatÈ htiré domaines. Cette 
eofiséepieneé néeessaif e de l\isorpation 
i^oisît Carleiman h aToir iâhs ce'sse 
les afffies à la main; à pernè étâit-il 
tainqdétor déS Alten^ands, qifa cou- 
inait apaÎM^ la rétoltè des peuplés 
d'Aqultaini^, et, pendint qn'il était oc- 
(îtipc à cette éxp^iibn, les ABcmamds, 
les Bàf ar6is et les Saxons levaient des 
troupes et atta^quaient ses états. Las de 
toujours taîncrè et de combattre tou- 
jours, peut-être effrayé du sang qti'îl 
arail versé et de celui qui devait cofi-* 
1er encore arvaàt que lei peu|>!és sn^ 
sounnssent à l'autorité d'une £imilié 
Doavdfe, il ihénonça aut graiideurs , 
remit cétre les ùidins de Pépin-lè-Birf 
ses pHffcipautcs et même ses enfants, 
sans jTroir pris auciitie mesure pdur 
leui* ëlablisseÀiéfat , et se rendit â 
Rome en 74? j pout* se ctmsarcrcr à 
Dieu àinà rordre de St. -Beùdt. Il 
fît bâtir bu inonasth'é sur le mont 
Soracte, dëptûs a{melé le mcfiït SU 
Orcstè et le màM St.-Silvestre; iiiais 
poar éfîierVés visites desFraii^dis qui 
Allaient à Rdrtie, visites qui sans doute 
Êisaieilt dtribrage à t>c{iin , il se MitA 
tfu mbnt Gassin, montrant autant de 
souhmsieii aux ordres de feès fchefs 
«pirittïéfs , ^u'il âVrfit déployé flc Cou- 
rage et de talent à la t^te des armées. 



CAS 



i53 



Ett^oy^eA France pftr l'abbé de son 
eouvent, pour y suivre urte négocia** 
tion qui intéi^SSalt le pape, il mourut 
à Vienne en Daopbiné, le 7 août 7 554 
Pépin fit conduine s«n ëorps a« moni 
Cassitt , etï l'acicotopagnam de pr^ 
seMs ce«isidéi*àbl0s< honqA'ùti Voil 
Garlomsn tenoneék' «u pou^oif , se fïti- 
*e couper \éi cbevcuft , se tofter à U 
fie moitastique, cbtiiâi^ enfin ,'par es-» 
prit de péiitteUce, ^e sort auqwel otf 
condafamait les rois détfênés de làf 
première tafce, ûà ûè peut fe'empêcbei* 
ëé réfléchir éur l'as^ceifdâttt qu'avaient 
pris à cette' époque le» idétes nloftastP 
qiies , et Trtn sVtohtie moins de voir 
le clergé feite et dëfeirc lés monarque^ 
de h secèÀde race. F-«-e. 

' CARLO]»AW,filsdePéJjin-lc.Bref, 
ftère de Cbàrîetaagne, né ett 751, 
devint roi tti -jœ. P<^-le-Bref avait 
partagé le royaume etitre ses deux- 
fils ; soit que les dispositions qu'il avait 
feites île convinssent pai à ses bénitiers, 
doit qu'un seul se trouvât mécontent 
dé son lot, les seigiierirs intervinrent, 
et divisèrent lé royâutaé comme àVait 
feft Charles Mattel 5 mais cet arrange-» 
ittent éproutâ encore quélcpiès modi-i 
fications ; chaque discus^ph nouvéllef 
ajoutait à l'animosité déclarée entref 
les deux frères. Carîoman, roi deNeus- 
trie, de Bourgogtfe et d'une paHie dé 
l'Aquitaine, soupçonné tû^jonr^ Char4 
l&mâgne de Votuoir se l^endre maîtref 
dé la France entière y et se tint avec 
lui dstns ufa étaft cdhtinUél de défiance. 
Obligés d'tfnir leurs forcés foMt sRet 
apaiser une révolte dans Ife dnchtf 
a Aquitaine, qui leul* appartenait eti 
commun , Carloman rebroussa che- 
min avec son arinée, craignant ^èl- 
que trahison s'il Mêlait ses tronpes k 
celles de ChaHemagne. fiiaiit mort en 
7*71 , après un règne de trdis an^, là 
reine Geberge, soli épouse, qui sans 
doute partageait ses soupçons, s'enfuit 



iSi CAH 

avec ses enbnts en lulie , et obtint un 
asyle à la cour de Didier , roi des 
Lombards. Quelques-uns des princi- 
paux seigneurs de Neustrie et de Bour- 
gogne imitèrent cet exemple. Gbarie- 
magi^e parut blesse de la méfiance de 
la reine Geberge; il s'en. plaignit fas- 
toeusement dans une diète tenue à Va- 
lencienneSy et ne s'empara pas moins 
des royaumes de son frère ^ justifiant 
«iinsi la fuite de ses neveux , et le peu 
d'amitié que lui avait témoigné Garlo- 
man. Les historiens qui ont voulu tout 
admirer dans Gbarlemagne , disent 
que ses neveux n'avaient point de 
droits h l'héritage de leur père, parce 
que la courontie étant devenue élec- 
tive, il n'j avait plus de droits que 
ceux reconnus ou accordés par l'as- 
semblée de la nation; mais était<e 
Gbarlemagne qui devait établir des 
principes subversi&de la monarchie, 
et préparer lui-m^me la ruine de ses 
descendants ? La spoliation de ses ne- 
veux n'aurait été juste en politique que 
dans le cas où elle aurait eu pour but 
de préparer l'unité de la^ouronne; et 
toutes les lois faites par ce prince ont 
prouvé que cette grande idée n'était ni 
dans son esprit ^ ni dans les mœurs 
de son siècle. F-^£. 

GABLOMAN, fils de Louis-le-Bè- 
gne> et frère de Louis III, se vit au 
moment d'être écarté du trône par les 
diverses Êictions qui agitaient la Fran- 
ce; mais ayant épousé une fille du duc 
Boson,qui s'était fait roi de Provence, 
le crédit dont jouissait cet usurpateur 
servit la juste cause de son gencte; et 
Carloman, ainsi que Louis III , furent 
sacrés l'an 879, le premier, roi^'A- 
quitaine et d une partie de ia Bour- 

Sogue; le second, roi de Neustrie et 
'une partie de l'Austrasîe: le reste de 
la France était passé sous des domina- 
tions étrangères. Carloman et Louis 
III trouvèrent leur salut dans kur 



CAR 

union; ils poursuivirent Hogae>-Ie« 
Bâtard, qui revendiquait la Lorraine , 
Boson, qui s'était fait un royaume danff 
le midi de la France, et les Normands 
qui ravageaient toutes les provinces. 
Us furent presque toujours victorieux ; 
mais ces victoires, peu décisives dans 
un temps où les rois sans pouvoir n'a- 
vaient que de petites armées levées à 
la hâte, n'éloignaient pas la nécessité 
de combattre sans cesse les méme^ en* 
nemis. Louis HI étant mort au moi? 
d'août 88a , Carloman devint seul roi 
de France t il mourut luinnéme au rooi^ 
de décembre 884 9 d'une blessure qu'il 
reçut à la chasse, et ne laissa point 
d'enfants. On remarque qu'en moins 
de sept années il périt sept souverains 
de la famille Carlovingienne , savoir : 
Louis, roi de Germanie ; deux fils de 
ce roi, nommés Louis et Carloman; 
Chai'les-le-Chauve , Louis -le- Bègue 
son fils ,et Louis et Carloman, fils de 
Louis'le-Bègue. Ces règnes précipités 
avancèrent la chute des héritiers de 
Charlemagne, comme les minorités 
successives avaient bâté l'anéantisse- 
ment des héritiers de Glovis. On trou- 
ve dans le tome II du recueil des his^ 
toriens de Duchesne , un firagment 
De rébus Ludovici III et Carlo - 
manniy regum^ tiré d'un manuscrit 
de Saint-Quentin. F— b. 

GARLON , ou CARLONI ( Jean % 
peintre génois, né en iSgi , mort à 
Milan en 1 63o, a l'âge de trente-neuf 
ans , fut d'abord élève de Sorri , pein- 
tre de Sienne qui était venu se fixer 
à Gènes, où il forma une école, et 
ensuite du Passignano, bon dessina- 
teur et médiocre coloriste; mais Car- 
loni avait des dispositions naturelles 
pour cette partie brillante de la pein- 
ture, et il y joignit la faicililé de com- 
position et la grâce du dessin, qualiti^ 
distinctives du talent de sou maître. 11 
traita surtout la fresqjue ayec une rare 



CAR 

perfection, et ses ouvrages dans ce 
genre ont une. force, une clarté, un 
bfillant dans la couleur cpii séduisent 
et charment les regards, — Jean-liap^ 
tiste Gabloni, son frère, beaucoup, 
plus jeune, 'et qui lui suryëcut cin- 
quante ans 9 était aussi élève du Passi- 
gnano. Il les surpassa tous deux, et 
porta , suivant Lanû, l'éclat delà fres- 
que aussi haut qu'elle peut atteindre. 
Les plus belles peintures des deux 
frères se trouvent à Gènes , dans l'é* 
élise de l'Annonciade del Guastato. 
Il est difficile de trouver d'aussi vastes 
fresques exécutées avec plus de soin, 
et en mémo temps avec plus de facilité. 
Les compositions en sont riches et 
neuves, les têtes vivantes; les figures 
se détachent du fond , et les couleurs 
sont d'un éclat extraordinaire. On y 
remarque un rouge de pourpre , un 
bleu céleste, et surtout un vert d'éme- 
raude, qui font le désespoir des artis- 
tes; il est vrai que ces tons un peu 
crus nuisent à l'harmonie générale ; 
mais le procédé n'en est pas moins 
digne de remarque. Les pemtu^^es des 
deuxCarloni ont beaucoup de ressem- 
blance ; néanmoins celles de Jean- 
liaptiste ont une plus belle entente de 
daîr-obscur , et sont d'un dessin plusi 
grandiose. Ce dernier pignit aussi à 
rhuile, travailla jusquà son dernier 
moment, e^ mourut âgé de quatre- 
vingt-cinq ans, en 1680. 11 laissa deux 
fiJs( André et Nicolas ), qui tous deux 
s'adonnèrent à la peinture. Le styliç 
d'André offre un mélange de celui de 
son père et du goût des écoles ro- 
maine et vénitienne qui plaît davan- 
tage dans les tableaux à l'huile que 
dans tes fî'esques. 1} travailla beaucoup 
à Pérouse ; mais il n'eut jamais la , fi- 
nesse et la grâce de son père : il jfut 
aussi moins heureux dans ses compo- 
sitions , quoi qu'elles ne manquent pas 
f esprit et de faicilité. Dans un voyage 



CAR 



i55 



qn*il fit i Rome, il améliora sa manière. 
On eu peut juger par les tableaux qu'il, 
peignit dans cette ville pour l'église i2el 
Gesày et par ceux qu'on lui demanda . 
à son retour dans sa patrie. Nicolas , 
soi> frère et son élève, fut le moins 
habile delà famille. -*- On connaît 
encore deux autres Garloni ( Taddex 
et Thomas ). Taddée, peintre, sculp- 
teur et architecte , naquit à Beno, pro- 
che du lac de Lugano. 11 fut élève de son 
père , Jean Carloni , se perfectionna à 
Home , et s'établit à Gènes, où il exé- 
cuta beaucoup de tableaux : il y mou- 
rut en 161 5. Thomas Garloni, sculp- 
teur lombard , fils et disciple de Giof- 
fedo Garloni, travailla à Gènes et à 
Turin , où il mourut. Le souver;ain 
lui fit faire de magnifiques obsèqnc^ f. 
et on lui éleva un tombeau avec S9£i 
statue. L'Orlandi, dans XAheceda^ 
rio pittorico , fait descendre tous les 
Carloni de Jean Girloni, né à Beno; 
mais cette généalogie est fort embrouil- 
lée, et Lanzi prévient qu'il faut un peu 
se méfier de l'Orlandi. G— w. 

GABLOS(don), iu&nt deNavarre» 
prince de Viane, naquit en 14^0, de 
Jean V'. d'Arragon et de la reine Blan* 
çhe de Navarre , de laquelle il devint 
l'héritier; mais à la mort de cette prin- 
cesse, Jean I"'. s'empara du trône de 
Navarre au préjudice de Don Carlos. Go 
prince, victime de l'ambition de son 
père, et des persécutions de sa marâ- 
tre, qui voulait le perdre, pour placer 
la couronne sur la tête de l'infant don 
Ferdinand, prit les armes, excité par 
le roi de Gastille, et se rendit maître: 
de la Navarre , qui lui appartenait en 
propre, du chef de sa mère : il en fut 
proclamé roi. Une guerre sanglante 
éclata entre le père elle fils, en i452. 
Le jeune prince , vaincu en bataille 
rangée par son père, dans la pleine ^ 
d'Aibar, fut pris , et conduit au châ- 
teau d^ TafaÛa^ d'où il ne sortit qu'a- 



i5fr 



CAR 



près 9fiÀf pfcmiis solefinellemètit iîé 
ne prendre lé titre de roi de Navarre 
Qu'après la mort de son père. Les 
denx partis étaient trop ânhàe» pour 
que le royaUtne pâl jouir d'tmé paix 
durable. La guerre civile se ralluma en 
if455. Poursuivi par son îinplacàfoie 
i&arâtre, dëshdrité par son prre, et 
vaincu de nouveau h Ëstellà , le mal- 
beureux prince de Viane se réfugia 
en France, et de là à Naples, auprès de 
son oncle ATpfion$e-ie-Magtiahnne, roi 
d'Arragon , qui se déclara l'arbitre de 
cette odietisè querelle. La mort d'Ai- 
phonse, prètecteui^ de don Carlos, 
laissa ce prince sans appui, irfalgréun 
trarte' d'amnistie, son barbare père, 
poussé par la reine, feignit de crain- 
dre pour sa couronne, et Ot arrêtpr 
don Garlds à Fraga , en 1 4^0 , après 
l'avoir attiré k la rour par d'artificieu- 
ses promesses : il nomma des com- 
missaires pour lui faire sou procès. A 
cette nouvelle , tous Irt pcu])}es de là 
Éioïiarchie Se soulevèrent : les Cata- 
lans fnrefat les prefûicrs à prendre lesr 
armes eu faveur de don Carlos ; les 
Arragouais et les Valencicns suivirent 
cet exemple. La reitie, qui était re- 
gardée comme l'umque cause des mal- 
heurs du prince, craignant d'être mise 
en pièces par le pétiphe fuHeux , alla 
éUe-liftéifte tirer don Carlos de sa pri- 
son de Mirélta , et le remit aux Cata- 
lans,' qui l'cthmchèrent en triomphe h 
Barcelone. Le roi se vit contraint de 
Itii promiéttre par serment la Catalo- 
gne, de lé reconnaître potir son héri-' 
tiér, et de ëonsentir à son mariage 
2^ec l'itifanté Isabelle de Castille. Ëù 
sbtiscifivant â ce traité , fë monarque 
af^ragonais signait en qiiekjue sorte son 
abdication. Là reine sauva son époux 
j(ar tm criîàe. Bon Carlos, qui ûk faisait 
qftiè languir depuis^qu'if atait recouvré 
là liBMé, mourut empoisonné le 25' 
^ptéinbre il^i, à cjuarantc-un axis. 



CAR 

Lés Catalans rcinirent les armes pour 
veAgcr sa mott , et accusèrent publi- 
quement la reine. Ce prince s'était Jâit 
chérir par son courage, sa douceur, 
et par son goût pour les lettres. L'Es^ 
pagne lui doit uhe traduction élégante 
de la Morale et krUtote enhuçyie cas- 
tillane, ofivrage qu'il dédia à Alphonse^ 
le-Magnanime , son oncle. 11 composa 
aussi une Chronique abrégée des rois 
de Was^drre depuis l'origine de la 
monairckie jusqu'au règne du roi 
Charles , son aïeul. Cette chronique , 
qui a été conservée dans les archives 
de PaïQpelune, n'a jamais été imprimée. 

E — ^p. 
CARLOS ( Do* ) , fils de Philippe 
11 et de Marie de Portugal , naquit à 
Valladolid le 8 janvier ï 545 ; et, qua- 
tre jours après , sa mère mourut au 
milieu des préparatifs des fêtes qui de- 
vaient ccle'brer la naissance du prince. 
Il était infirme, et avait une ^jàmbe 
plus courte que l'autre. L'indulgence 
excessive avec laquelle il fin élevé 
fortifia son naturel colère , opiniâtre et 
vindicatif. Il eut aussi le malheur d'à- 
Voir pour précepteur Rossuhis, fran- 
çais de nation , fils d'un moine de St.- 
benis , lïomiiié savant, mais d'une vie 
déréglée, qui n'inspira point au jeune 
prince une grande considération pour 
son père. On rapporte que D. Carîos 
ayant reproché à Bossnlns d'être bâ- 
tard, il répoîidil aVec insolence : a Je 
i( le suis ; mais j'ai un père meilleur 
lé que le vôtre. » En ï 56o, Pliilippefit 
solennellement reconnaître D. Carlos , 
héritier de la couronne, par les états 
âsieihblés à Tolède; et, deux ans 
après , il l'envoya k furiiversité d*Al- 
cala de Hcnarès, espérant que Tétude 
dés lettres adoucirait son caractère in- 
domtable. Uu accident malheureux mit 
bientôt sa vie en danger. Il fit une 
chute violente dans un escalier du pa- 
lais bâti par le cardiud Ximenès : oa 



CAR 

le crat mort; 3 était sans connaissan- 
ce; mais ne voyant aucune blessure , 
ou se rassura. Le onzième jour, une 
fiè?re aiguë le saisit. Les meVlecins le* 
vèrent l'epiderme pour examiner le 
crâne ; n'y ayant remarque ni tumeur , 
ni fracture y mais seulement une pe- 
tite tache rouge, ils jugèrent que le 
mal était interne. La fièvre augmenta , ^ 
les accidents s'aggravèrent; ou avertit 
le roi, qui se rendit sur-le-champ au- 
près de son fils , et trouva les me'de- 
cins désespérant de sa guérison. Alors 
on se rappela que D. Carlos avait une 
grande dévQtion à St.-Didaoe, qui n'é- 
tait pas encore canonisé. PLiUppe or- 
donna que le corps du saint wt pro- 
cession nellement apporté; on le plaça 
sur le Ut de son fils, et l'on couvrit du 
froid linceul de Didace le visage en- 
flammé de Carlos, Le prince s'assou- 
pit. A son réveil, disent les historiens 
espagnols, le délire avait cessé, la 
fièvre était tombée; le prince demanda 
à manger ; il guérit , on crut au mira«> 
de, et Philippe H sollicita à Rome 
la caBQnisatioa de Didace. Cependant 
la raison du jeune pritiee se trouva 

rrar ti>u}ours altérée, et il n'échappa 
la nlort que pour courir à une desti- 
née plus cruelle. Les historiens contem- 
porains varient dans le portrait qu'ils 
tracent de D. Carlos. Selon les uns , il 
était né avec pkisieiurs des qualités 
qui font lés héros. Il joignait à l'amoui* 
de la gloire une grande élévation de 
eourage ; à beaucoup de fierté , l'em- 
portement, la violence et le désir do 
dominer. Selon les autres , il aimait 
les aventures extraordinaires , tout ce 
qui était bizarre et singulier , et ses ao 
fions étaient souventcelle&d'un furieux 
qn'irrite le hasard ou la résistance , et. 
que c^lme l^dresse au la soumission. 
Une nuit qu'il parcourait les rues de 
Madrid, on laissa tomber par mégarde 
^a peu d'eaa sur fa xèHj ULoimIoiiii» 



CAR i57 

lor-Ie-champ aux gentilshommes qui 
le suivaient d'aller mettre le leu à kr 
maison, et d'égorger tous ceux qui 
l'habitaient. Us partirent , comme s'il» 
allaient obéir; mais bientôt après il» 
revinrent, et dirent qu'ils n'avaient 
osé e3^écuter l'ordre, parce que le saint- 
sacrement porté à un malade venait 
d'entrer dans la maison, et D. Carlos 
parut satisfait. Un des personnages de 
la cour de son père qui lui étaient ïù 
plus odiejux, le président Spinola, 
avait banni un comédien, nommé Çis^* 
neros, que don Carlos avait envie 
d'entendre; il rencontre un jour le 
président au palais, le saisit par son 
chaperon , et , mettant sa main sur son 
poignard : « Vous osez, s'éeria-t-il, 
» lutter contre moi, en empêchant 
» que Cisoeros ne vienne me servir l 
» par la vie de mon père , il £iut qu« 
» je vous tue. « Spinola tombe aux 
pieds de Carlos, U s'humilie, et la 
prince se radoucit. .Ferreras, qui rap*»* 
porte ces deux anecdotes , ajoute les 
traits suivants : un cordonnier ayant 
fait à IX Carlos des bottines trop âroi» 
tes , ce prince les fil couper par petite 
morceaux, et exigea que l'ouvrier le^ 
avalât. IX Âlonsodc Cocdoue, f^èra 
du marquis de Las Navas , et gcntiU 
homme de la chambre du prince , n'é* 
tant pas accouru assez vite lorsque I4 
sonnette l'appelait, Carlos se leva fu- 
rieux, le saisit au milieu du corps , 
et, sans, la résistance et les arts d'A« 
lonço , qui attirèrent les domestiquer^ ^ 
il eût été précipité par la fenêtre d»t» 
les fossés du palais. Mais on ne sait 
jusqu'à quel point il faut croire le» 
historiens espagnols , qui défendent la- 
mémoire de Philippe, protecteur de 
la religion, et représentent son û^& 
comme peu afi*enqi dans hi foi , parti* 
san des révoltés calvinistes dans les 
pays- Bas , et surtout comnie un ar-^ 
dent ennemi de i'inquis^iion. Qn di^ 









i58 



CAR 



que D. Carlos, avait fait un livre tn 
blanc des voyages de soo père, avec 
ce titre : los Grandes y admirables 
viajes del rey donPhiUpe^ et tous 
ces voyages consistaient à aller de Ma- 
drid à Thlscurîal, et de rCscurial à 
Madrid. Ce qu'il y a de certain , c'est 
qu au congrès de Câtau-Gambresis, en 
iSSg, il fut question du mariage de 
D. Carlos avec Elisabeth, fille de 
Henri II ; et que Philippe , alors veuf 
de Marie d'Angleterre , jugea à propos 
de se substituer à son (Us. On a dit 
que D. Carlos aimait Elisabeth, qu'il 
en était aimé, et qu'il ne pardonna ja« 
nais à son père de la lui avoir enle- 
vée. On lui fit espérer, en i565, de 
lui donner pour épouse l'archiduches- 
se Anne, sa cousine, fille de l'empe- 
reur Ma!(imilien ; mais Philippe s'op- 
posa ensuite à ce mariage^ et il épousa 
lui-même cette princesse après la mort 
de D. Carlos : il prit ainsi successive- 
ment deux femmes qui avaient été 
destinées à son fils. En i563, Phi- 
lippe , qui n'avait d'autre héritier que 
D. Carlos , le jugeant sans doute inca- 
pable de gouverner, fit venir en Es- 
pagne les archiducs Hodolphe et Er- 
nesf, ses neveux, afin de leur assurer 
la succession de ses états. Il alla les 
recevoir lui - même à Barcelone le 5 
janvier i564; visita avec eux une 
partie de i'Eispagne , et, pendant ce 
temps, D. Carlos était laissé à Madrid. 
L'année suivante, ce prince, inquiet 
et mécontent, vivant toujours en mé- 
sintelligence avec Philippe, projeta de 
sortir d'Espagne, sous prétexte de vou- 
loir aller au secours de Malte, alors 
assiégée par les armées de Soliman. Il 
ramassa 5o,ooo ducats, et il était près 
départir, lorsque Ruy Gomes de Silva, 
confident de Philippe, et que Carlos 
avait pris pour le sien , lui montra une 
lettre supposée du vice-roi de Napies , 
aimoflçajit quis l^tç avait été se- 



CAR 

cdurue; il ajouta que les mofife du dé^ 
part du prince ne subsistaient plus , et 
u le détourna ainsi de sa résolution* 
Carlos le pria de ne rien apprendre 
à son père d'un dessein dont il était 
trop bien instruit. En 1 567 , lors- 
que la révolte des Pays-Bas occupait 
les armes de Philippe et inquiétait ses 
conseils, D. Carlos écrivit à plusieurs 
grands du royaume, que son dessein 
était de passer en Allemagne. 11 en- 
voya Garcie Alvarez Ossorio chercher 
600,000 écus à Séville , et s'ouvrit à 
D. Juan d'Autriche, son oncle, qui 
lui parla avec douceur , lui représenta 
qae la plupart des grands auxquek il 
avait écrit ne manqueraient pas de 
remettre ses lettres au roi, ce que fi- 
rent, en efict, l'Amirante, d'autres 
encore ; et 0. Juan lui-même aUa rap- 
porter à Philippe ce* que son neveu 
venait de lui confier. On croit que D. 
Carlos avait été touché du malheur des 
Flamands } qu'il fut invité par eux à 
venir se mettre à leur têle; qu'il avait 
souri à ce projet, qui lui parut grand , 
parce qu'il était bizarre et extravagant. 
On le soupçonna même d'avoir eu des 
entrevues secrètes avec le comte de 
Berg et le baron de Montigny , dépu- 
tés des Pays-Bas à Madrid, et retenus 
par Philippe. Ce monarque parut croi- 
re que son fils cherchait à s'échapper 
d'Espagne, pour passer dans les Pays- 
Bas. Il eu coûta fa tête au baron de 
Montigny, confident et peut-être au- 
teur du projet d'évasion. Plusieurs his- 
toriens prétendent que , si Philippe ne 
se rendit pas lui-même en Flandre, 
à la tête de l'armée qu'il confia au duc 
d'Alhe, c'est qu'il craignit l'esprit re- 
muant de D. Carlos; qu'il n'osa ni le 
laisser à Madrid, ni le mener avec lui 
dans cette expédition. Le jeune prince 
avait témoigné le désir le ^us ardent 
d'être admis par son père dans i'ad- 
Kiinistration aime partie de ses. états ; 



CAR 

toats, trop jaloux de son autoriU, 
PiiiJippe se conduisait envers lui avec 
Iieauooap de reserve et de froideur^ 
tandis qu*il paraissait accorder sa con- 
fiance an duc d'Âlbe, à Buy Gomez 
de Sylva, à D. Juan d'Autriche et à 
Spinola. D. Carlos avait pour eux une 
répugnance invincible, soit qu'il fôt 
jaloux de leur crédit ^ soit qu'il les re- 
gardât comme des espions charges 
d'édairor sa conduite. 11 ne pouvait 
supporter que le duc d'Âlbe eût ob- 
tenu le gouvernement de la Flandre, 
qu'il avait sollicité pour lui-même. Ré- 
solu de se venger, il se jeta avec un 
poignard sur ce seigneur, quand il 
vint prendre congé de lui , et le duc 
n'évita la mort que par sa fbrce et son 
adresse. Philippe parut croire aussi 
que D. Carlos avait conspiré contre sa 
vie, parce qu'il poilait toujours sur lui 
denx pistolets /aits avec beaucoup 
d'art. Louis de Foix, architecte et in- 
génieur français , célèbre par la cons- 
truction de l'Ëscurial et de la tour de 
Cordouan , rapporta à l'historien De 
Thou , que D. Carlos l'avait chargé 
de lui faire un livre assez pesant pour 
tuer un homme d'un seul coup. « Ce 
» prince, dit-il, avait désiré d'avoir ce 
9 livre depuis qu'il avait lu dans les 
9 annales d'Espagne, qu'un évéque 
» prisonnier avait £aiit couvrir de cuir 
» une brique de la grandeur de son 
» bréviaire, qu'il s'en était servi pour 
9 taer son geôlier, et s'était sauvé par 
9 œ moyen. » De Foix ajoutait qu'il 
avait fait pour D. Carlos un livre com- 
posé de douze tablettes , d'une pierre 
bleue, couvert de lames d'acier cachées 
sous des lames d'or, et que ce volume, 
long de six pouces et large de quatre, 
pesait plus ae quatorze livres. Il disait 
encore que D. Carlos, voulant être 
seul dans sa chambre; lui avait fiait 
£ûre une machine avec laquelle , par 
Je laaojen de quelques poulies, il poa<- 



GAB iSg 

vait ouvrir et fermer sa porte sans s« 
lever de son Ut; que ce prince avait 
toujours sous son chevet deux épées 
nues, deux pistolets chargés, et, à 
coté de son ht, plusieurs arquebuses 
et un coffre rempli d'armes à feu. 
Cette extrême déûance, ces précau- 
tions alarmèrent Philippe. On avait 
souvent entendu D. Canos, lorsqu'il 
sortait de la chambre de la reine , $• 

{)laindre vivement de ce que son père 
a lui avait enlevée. Il laissait almrs im* 
prudemment éclater sa colère et son 
indignation. La veille de Noël , il dé- 
clara f dit-on , en se confessant à un 
Erêtre ; qu'il avait résolu de tuer un 
omme. La confession fut révâée à 
Philippe, qui s'écria : « Je suis cet 
» homme que mon fils veut tuer; mais 
» je vais prendre des mesures pour le 
9 prévenir. » Ainsi, mari jaloux, roi 
sombre et défiant, ou père malheu- 
reux , Philippe , conduit par la haine 
ou la crainte, résolut, par politique 
ou par superstition , de perdre un fils 
unique qui devait hériter de sa cou- 
ronne. Il ne faisait rien d'important 
sans consulter le Saint-Office. On lit 
dans la Continuation de l'Histoire ec'* 
cUsiastique ^ de Fleury, par le P. 
Fabre , de l'Oratoire, « que D. Carlos 
s'était expliqué en des termes qui fai- 
saient craindre à l'inquisition qu'il ne 
la supprimât dès qu'il serait le maître, 
et que c'était là son plus grand crime.» 
De Foix fut chargé d'arrêter les pou- 
lies qui servaient à fermer en dedans 
la porte de D. Carlos. 11 le fit secrète- 
ment et avec tant d'art , que le prince 
ne s'en aperçut point. Il dormait pro- 
fondément, dans la nuit du 1 8 janvier 
1 568 , lorsque le comte de Lermê en- 
tra le premier dans son appartement, 
enleva-, sans le réveiller, les épées et 
les pistolets qui étaient sous son, che- 
vet, s'empara des arquebuseS', et s'Iis- 
sit sur le coffre qui renferoiait d'autres 



finaes à feu. Alors le roi entra, pre* 
f^'de de Buy Gomesi dç SUva ^ du duc 
de F^ria et de piu^eurs autr^ fiei-* 
gneurs. D. G^rlos ëuit encore ploug^ 
^aos le soi9i9eii. On le ré?eiile : il 
yoit le roi^ ^,00 père, «ts'ëcrie : a Je 
» suis mort, » pt, s'adressant k Plii* 
lippe : a Votre mpjesté veuMle vofi 
X tuer? Je ue suis p99 fou, mais deV 
» sesperf de tout ce qu'où fait à mon 
» ^ard. » Ensuit^, a^eic àfis larnies . 
des cris et des gémissements , jl 
popjura ceux q^i étaient présents 
de lui donner la piort, « Je ne suis 
^ pas venu , dit Philippe , pour yous 
» tuer, ijaais pour vous châtier en 
» père, et vous Ëûrei rentrer .dans le 
» devoir. » 11 lui ordonna de selefcr, 
lui ota tms ses d^^es^tiques ,.fit saisir 
une cassette remplie de p^^iiors , qiû 
était sous son lit , confia le prince à la 
garde de six conûishommes, leur en* 
joignit de ne le perdre jamais de vue, 
de Tompecher d'écrire, de communi- 
quer avec personne, et il se retira. 
3ies gardes 4e D. Carlos le revêtirent 
d'habits de dpuil; on enleva les tapis- 
series , les meubles, le lit même, et on 
ne laissa dans la chambre qu'un petit 
lit roulant et un matela5. D. Carlos, s? 
laissaiit emporter au désespoir et à la 
fureur, avait fait allumer un grand 
l'eu , sous prétexte du fi'oid rigoureux 
de f hiver ; il se jeta dans les flamm€$ 
où il voulait être étouffé; ses gardes 
accoururent, et ne l'en retirèrent qu'a- 
vec de grands «Ifcorts. Il essaya de se 
détruire par ta soif, par la faim , par 
des aliments mangés avec excès; il 
.voulut aussi s'étrangler avec un dia- 
mant mis dans sa bouche. On dit que 
Philippe découvrit dans la cassette 
^jkhk sous le lit de D* Cairlos , ses inr 
teiligences avec les rebâties des Paysr 
Bas , et qu'il y trouva une ocircesponr 
4auce seerète avec la reine, qui ne 
iaissaitauigiifi doute «pi'il n'aiwât cette 



CAR 

E incesse et qu'il n'en fut aimé. Phi- 
^>pe éciivit au pape, à l'empereur, au 
roi de France, et aux princes ses al- 
liés , qu'il avait été obligé , par de bon- 
nes raisons, d'emprisonner son iils^ 
et que, dans cette affaire, il n'omet-^ 
trait rien de tout ce qu'on devait atten- 
dre d'un père et d'un i:oi également 
juste et prudent. Il fit part aussi de la 
résolution qu'il avait prise aux villes 
de ses états ^ par une lettre que Col- 
mcnares rapporte dans l'Histoire de 
5égovie, çt Zuniga dans les Annales 
de Séville. Philippe écrivit le ai jan- 
ivier à l'impératrice , sa sœur : « Quoi- 
» que votjre majesté ait pu voir^ par 
p tout pe que je lui ai déjà écrit sur la 
p cqnduite du prince , de quelle né- 
,» cessité il était depub lonc-tcmps d y 
» apporter remède , cependant la tenr 
y dresse paternelle, les précautions et 
» les^éclairoissement^ que j'ai dû pren* 
» dr^ avant d*en venir à cette extré- 
» mité , m'ont arrêté jusqu'à, présent. 
D Les fautes du prince se sont portées 
» à un tel excès, que, pour remplir 
9 mes devoirs envers Dieu, et pour 
p satisfaire à ce que je dois aux peu- 
n pies qu'il lui a plu de me confier, je 
p n'ai pu différer davantage de m'as- 
» surer de sa personne, et de le faire 
•p emprûonner. Votre tendresse ma^ 
•P ternelle vous jfera connaître combien 
,p cette résolution a dû coûter a mes 
p sentiments et à mon oceur. J'ai civ 
P devoir, en cette occasion, faire à 
V Dieu un sacrifice de ma chair et de 
« mon sdng, etc. p Les précautions 
excessives que prit Philippe pour jos- 
lifier sa conduite , sont peut-être ce qui 
.déposerait le plus en £iveur de D. Car^ 
los. Plusieurs princes et toutela nobles- 
se espagnole sollicitèrent en vain sa li^ 
bcBté. Phihppç voulut que l'inquisition 

Ei-ononçâtsurson sort. La piupartdes 
istociens-prélendeiit qu'il fut oondam^ 
m 4 ni^t pAT ,ce trjbm\alodieu^; ^u€ 



CAR 

la sentence fut exécutée secrètement ^ 
quon fil avaler au prince au bouillon 
empoisonné, et qu il mourut quelques 
heures après l'avoir pris^ D'autres 
croient qu'on lui ouvritles veines dans 
un bain; d'autres, qti'il fnt étranglé; 
mais Ferreras et les historiens espa- 
gnols en général prétendent que D« 
Carlos mourut d'une fièvre maligne , 
occasionnée par un régime extrava- 
gant, et par de violents accès de fu- 
reur; qu il reçut les derniers sacre- 
ments avec une grande piété; qu'il 
Toalut avoir la bénédiction de son 
père, et qu'il lur demanda pardon de 
tous les chagrins qu^il lui avait causés. 
On n'a donc rien de certain sur le gen- 
re, ni même sur l'époque de la mort 
de D* Garlos. Plusieurs ont placé cette 
époque au ti4 }^^^ i ^^^^ ? plusieurs 
au mois d'octobre; mais Louis deFoix 
e^De Thou la font remonter aux pre- 
miers mois de f année , et croient qu'on 
ne répandit la nouvelle de la mort de 
ce prince qu'après l'avoir tenue cachée 
pendant quelques mc^s , et qu'après la 
victoire remportée, le ^i juillet, par 
le duc d'Albe sur les Belges confédéi* 
Té& La catastrophe de D. Garlos pa- 
rait avoir été aussi mystérieuse que 
tragique. L'abbé de Sr.'Réal, au lieu de 
i'éclaircir, n'a contribué qu'à l'cm* 
bi^iller encore, en cherchant moin^ 
la vérité trop difficile à trouver , qu'à 
écrire un roman intéressant* D. Garlos 
n'était âgé que de vingt- trois ans et 
seize jours, suivant Louis de Gobrera, 
ce qui fixerait la date de sa mort au 
a4 janvier. Elisabeth mourut le 3 
octobre de la même année, enceinte > 
et à peine âgée de vingt -trois ans* 
On soupçonna aussi Philippe de l'avoir 
isàt empoisonner. On fit, après la 
mort de D. Carlos , un recueil , en 
espagnol, de tous les traits de bizarre- 
rie vrais, faux ou exagérés^ qui pouf 
vaient rendre ce priiice. odieux ^ 9U 

vu* 



GAR; i6i 

sîdioule. On publia aussi \a Fk et M 
mort du prince, D. Carlos ^Espa* 
gne. Cet ouvrage fut traduit en espa-. 
gnol ; mais Ferreras le regarde comme 
un libelle di&matoire, rempli d'er- 
reurs grossières , également attenta* 
toire à Thonneur de Gharles^^umt, de 
Philippe II, de D. Garlos, et de la 
reine Elisabeth. Il assure que Gr^oirio 
Léti lui-même en porta ce jugement ; 
et Philippe , ajoute-t-il , assura tou- 
jours que son fils .n'avait jamais rien 
tramé ni contres^ vie, nr contre sa per- 
sonne. En effet , ce monarque écrivait k 
l'impératrice, sa sœur : « Ma conduite, 
» à l'yard du prince, n'est fondée suf 
» aucun vice capital, ni sur aujcun 
» crime déshonorant. » Ce qu'il y a de 
bien certain, c'est que D. Carlps et 
Elisabeth furent malheureux ; qu'ils 
avaient été promis l'un à l'autre ; qu'ils 
moururent dans le même temp ^ la 
fleur de Tâgc, et que plusieurs mois 
s'étaient à peine écoulés, lorsque Phi-^ 
Uppe épousa l'archiduchesse Anne, sa" 
nièce, qui avait encore été promise à 
D. Garlos. La fin tragique de ce prince 
a fourni le sujet de plusieurs tragé"- 
diesc'à Campistron, en i685 , dans 
9on Andronic ; k M. de Xiqienès , et 
à Ghénier , dont la pièce n'a été ni re« 
présentée ni inoprimée.Otwajr, Schil- 
ler et Alfîeri ont aussi mis D. Carlos 
sur la scène. V— -v£. 

. C\RLOSTAD. Fo:r* Bopersteiit. 
. GAfiLYLË (Josefe-Dacbes)^ sa* 
vaut orientaliste anglais, fils d'un mé- 
decin établi à Carlisle , naquit dans 
celte ville en j 759. Elevé à l'univér^ 
site de Cambridge , il s'y livra à' l'ér 
jtudc de la langue arabe, et /en iu| &it 
.professeur à la place du docteur Cfs^ 
ven. Il publia d'abord : Maured AU 
latofet JemaleddirdJUU Togri Bar* 
du, seu rerum œgy:ptiacarum annU' 
Us , ab anno. çhr, 97 1 usque ad, anru 
iJ1^^5, Canibridge,. 1 79^1 in-4°*.Cette 

II 



lÔik 



ek R 



èhronîqu'e égyptienne, dont le texte 
arabe n'a vaitjamais été imprime', est 
accompagnée d'une traduction latine 
et de savantes notes. Il publia ençoi^e 
en 1796, nn Spécimen de poésie 
arabe, ouvrage^estimé. Ayant obtenu 
d'accompagner lord Ëlgin dans son 
ambassade à Goiistantinople, en 1799, 
il visita les principales bibliothèques 
des pays sotnnis aux Othomans, re- 
cueillit une multitude de notes pré- 
cieuses, et revint en Angleterre en 
1 801. Il s'apf^qua dès lors avec ar- 
deur k fédition de la Bible arabe , pu- 
bliée par la société biblique de Lon- 
dres, pour être répandue gratis chez 
les musulmans d^Afriquc. Ce bel ou- 
vrage , imprimé à Oxford , dans l'hn- 
primerie de Clarendon , avec debeaux 
caractères neu& , est fkit sur le texte 
arabe dé la Polyglotte de Waltoii, 
mais cqrrigé et revu avec soin. Car- 
lyie ne pul en voir la publication; l'ex- 
cès dil travail et la suite des fatigues 
de son voyage abrégèrent ses jours, 
et il movrùt le la avril 18049 âgé de 
quarante^cinq ans. L'édition de la Bi- 
ble arabe fut continuée , à son dé&uty 
par le docteur Henri Ford , professeur 
d'arabe â Oxford. Carlyle avait laissé 
très avancées eh près d'être publiées 
ks observations faites pendant son 
voyage-au Levant , et une dissertation 
aur la plaine de Troie. G. M. P. 

GABMAGNOLE ( Fra^vçois Bush 
aoifE, dit ), né à Carmagnole , ville du 
Piémont, en 1590, de parents obs- 
curs, et dont le métier était de garder 
les pourceaux, servit d'abord un offi- 
cier de Facino-Gaiie en qualité de va- 
let. Il entra comme simple soldat, en 
i4i'^9 dans l'armée de Philippe-Ma- 
rie Visconti , duc de Milan. Il se dis- 
tingtia sous les yeux de son souverain 
dans la seule occasion peut-être où 
Getui«cieÛt éfté présent à un combat , 
«t il fiii rapidament âevé par lut aux 



CAR 

plus hâttteà dignités militaires. En re? 
tour, il fut l'instrument de la grandeur 
de son maître. Il l'aVait trouvé sans 
argent, sans soldats, entouré d'enne- 
mis, ne commandant plus qu'à Milan 
et à Pavie, où il était encore menace 
par les factieux; mai§ Carmagnole sou* 
mit successivement tous les tyrans qui 
s'étaient partagé les conquêtes de 
Jean Galéaz, et il ramena la Lombar*- 
die entière sous la domination du duc. 
Il força les Génois h reconnaître aussi 
l'autorité de Philippe-Marie , et il se 
préparait, en 14^4* ^ jnouter sur 
leurs vaisseaux pour aller dans le 
royaume deNaples combattre Alphonse 
d'Arragon , lorsque le duc de Milan , 
qui avait donné à Carmagnole le titie 
de comte, qui l'avait adopté dans sa 
famille, et qui lui avait peimîs de 
prendre ^n nom, parut tout à coup 
jaloux d'un homme qu'il avait fait 
trop grand, et dont il avait reçu trop 
de services pour ne pas le craindre» 
Il voulut lui, ôter le commandement 
de ses troupes , et le borner à la car- 
rière civile ; mais Carmagnole , qui 
avait formé lui-même l'armée qu'il 
conmiandait, et qui trouvait sa sûreté 
dans le respect et l'amour de ses sol- 
dats , ne voulut pas se séparer d'eux , 
et demeurer sans défense vis-à-vis 
d'un souverain soupçonneux. Il de- 
manda au dac avec instance ime au- 
dience qui lui fut refusée ; il insista , il 
iut menacé, et, reconnaissant alors que 
sa perte était jurée, il s'échappa des 
états de Milan, au printemps de 1 4^25, 
pour se rendre à Venise. Ses biens 
furent aussitôt mis sous le sécjuestre; 
sa femme et ses filles furent traînées ea 
prison. Carmagnole excita les Yéni» 
tiens à prendre la défense des Floren* 
tins, alors accablés par les armes du 
duc de !9ilan.ll leur révâa les projets 
de Visconti pour les écraser à leuç 
tour , et oue tentative que fit le due 



CAR 

pour le faire empoisonner ne laissa 
pfus de doutes sur sa sincérité. Car- 
magnole , mis à la tète des troupes 
des deux républiques , fit changer la 
fece des affaires. Il ouvrit la campa^ 
gne par la prise deBrescia, et enleva 
toutes les forteresses du Bressan aux 
Milanais, par plusieurs si^s succes- 
sifs, sous les yeux d'une armée ennemie 
fort supérieure à la sienne. Il rempor- 
ta, Tannée suivante ; le ii octobre 
14^7 y une glorieuse victoire à Maca- 
io , sur les quatre généraux les plus 
câèbi'es de l'Italie ^ réunis alors au 
service du duc ^savoir : François 
Sforza, Piccinino, Ange delà Pergola, 
et Guide Torelio ; mais, par une im- 
prudente générosité, il renvoya tous 
les prisonniers qu'il avait faits, et il 
exata ainsi les soupçpns des Vénitiens. 
La pftix obtenue par ses victoires fit 
recouvrer la liberté k sa femme et \ 
ses en&nts, tandis qu'elle assura aux 
Vénitiens la conquête de Brcscia, de 
Bergame, et d'une moitié du Crémo- 
nais. Mais dans une guerre qui se re- 
nouvela bientôt après. Carmagnole ne 
répondît plus à l'attente que les Véni- 
tiens fondaient sur ses talents ; il fut 
cause, le 22 mai 1 43 1 , >dc la déÊtite 
d'une flotte vénitienne sur le Pô, et il 
ne répara point cet échec par son acti- 
vité dans le reste de la campagne. Le 
sénat, défiant, ne supposa pas que 
Carmagnole pût éprouver des revers 
sans être coupable de perfidie ; il crut 
que ce général avait pitié d'un maître 
qu'il avait long-temps servi et dont 
il s'était assez vengé , et il s'occupa de 
punir par une trahison sa trahison 
supposée. Carmagnole fut appelé à 
Venise au commencement de 1 année 
14^2 P^tr le conseil des dix, pour 
édairer la république par ses conseils 
durant les négociations de paix. Il fut 
reçu avec une pompe extraordinaire; 
i.e doge le fit asseoir à ses côtés dans le 



CAR 



i63 



sénat, et lui exprima , dans son dis; 
cours, l'affection et la reconnaissance . 
de la république ] mais à peine ses 
soldats se furent retirés, et l'eurent 
laissé au milieu des sénateurs , que 
Carmagnole fût chargé de fers , jeté 
dans une affreuse prison , et, bientôt 
après , soumis k I4 torture, pour qu'il 
avouât ses trahisons prétendues.EnfîDy 
le vingtième jour après son arrestation, 
il eut la tête tranchée , le 5 mai i432 ^ 
mais on eut soin, avant son supplice , 
de lui mettre un bâillon dans la bou- 
che, afin qu'il ne put pas protester de 
sou innocence. Ses biens, qui étaient 
immenses^ furent confisqués, et I^ 
république se chargea seulement de 
faire une misérable pension à ses deux 
filles. La Vie de Carmagnole , écrite 
par Tenivclli, se trouve dans les Pié^ 
montesi iUustri. S. S — i. 

CARMASAT. rçjr. Behram IV. 

CARMATH, fondateur, parmi les 
musulmans, d'une secte qui fit beau- 
coup de ravages dans l'empire des 
Araoes pendant le 3*". et le 4''* siècle 
de l'héglrë , se nommait Hamdan^ fiJs 
d'Alaschath. Le surnom de Carmath, 
sous lequel il est plus connu, lui 
fut donné, suivant les uns, çarce 
qu'il avait les yeux rouges ; suivant 
d'autres, parce qu'il avait les pieds 
courts^ et ne pouvait faire que de 
petits pas. Ce surnom , en admettant 
la première étymologie , est tiré, dit- 
on , de l'idiome des Nabathéens , diar 
lecte de la langue chaldaïque ou sy- 
riaque, qui nous est très peu connu : 
si l'on adopte la seconde étymologie , 
il est d'origine arabe. On donne encore 
d'autres motifs à cette dénomination , 
qui devint celle de la secte fondée par 
Hamdan. Suivant les livres sacrés de^ 
Druzes, dont la doctrine a de grands 
rapports avec celle des Garmathes, ces 
sectaires furent appelés ainsi, parce 
qu'ils affectaient un air refrogné. Quoi 



1 1.. 



i64 CÂK 

« 

qu'il en sôit, Hamdatiy ne dans une 
condition obscure au second siècle 
de rhc^e, ayant contracte des liai- 
sons arec un missionnaire de la secte 
des ismaëliensy embrassa leur doctri- 
ne \ et la répandit dans les environs de 
Xoufah. Les Ismaéliens, ennemis des 
XhàlyfeS de la famille d'Àbbas, comme 
toutes les sectes qui reconnaissaient 
dans la postérité d'Aly le droit exclu- 
sif à l'exercice de la souveraineté tem- 
porelle et spirituelle parmi les musul- 
mans , avaient cela de particulier , 
qu'au lieu que les autres chyites, ou 
partisans d'AK , admettaient une suc- 
cession de douze imams , ou pontifes 
souverains, les ismaeliens en bornaient 
le nombre à sept, et reconnaissaient 
pour dernier imam Mohammed, fils 
d'ismaël. Ils croyaient que celui-ci 
n'était point mort , et qu'il paraîtrait 
un jour pour Êiire valoir ses droits à 
la souveraineté , faire triompher ses 
'partisans , et tirer vengeance de tous 
ses ennemis. En attendant ce moment 
lieureilx, les chefs de la secte, qui, 
sous le voile de la religion > nourris- 
saient des vues ambitieuses, se te- 
naient soigneusement cachés , et entrer 
tenaient dans un grand nombre de 
provinces des missionnaires, qui, an- 
nonçant la manifestation prochaine de 
l'imam , employaient toutes sortes de 
moyens de séduction pour augmenter 
le nombre de leurs prosélytes, Ham- 
dan devint bientôt un de leurs plus 
zélés partisans , et le missionnaire par 
qui ii avait été. instruit, et auquel il 
avait donné le logement chez lui, étant 
mort, il lui succéda dans les fonctions 
de àiày ou chef de la mission^ dans 
une partie de la Mésopotamie, et par- 
mi les tribus qui habitaient le nord- 
bst de FArabie. On rapporte à l'an 
274 de l'hégire ( 887 de J.-C. ) , l'af- 
filiation de Garmath a la secte des is- 
maeliens. Cet homme ,^ insinuant et 



CAR 

fécond en ressources, ne larda pas, 
soit par lui-même, soit par les mis* 
sionnaires employés sous ses ordres^ 
à attirer un grand nombre d'hommes 
dans son parti. Quand il se fut bien 
^ssuré de leur obéissance, il commen- 
ça à exiger d'eux des contributions 
d'abord Itères, ensuite beaucoup plus 
fortes , et qu'il porta jusqu'au cinquiè- 
me de tout ce qu'ils possédaient, et 
du produit même de leur industrie» 
Bientôt, il obtint un tel ascendant sur 
ses sectateurs, quHl entreprit d'établir 
parmi eux la communauté des biens , 
et jusqu'à celle des femmes. Il ne s'en 
tint pas là, et, sûr de 1^ puissance 
sans bornes qu'il exerçait sur leurs 
esprits f il les initia dans les mystères 
les plus profonds de la secte des ismae- 
liens ; il enseigna ouvertement le mé- 
pris pour toute révélation , laissant & 
chacun un choix illimité entre les di- 
verses opbiions des sectes philosophi- 
ques; il ne. craignit point de publier 
hautement, que, par b oonnaissanoe 
de la doctrine qu'il prêchait, les fid^ 
les étaient dispensés du jeûne, de la 
prière , de Faumône , et de tous les au- 
tres devoirs imposés aux musulmans; 
qu'ils pouvaient impunément se livrer 
sans frein à toutes leurs passions, 
forger les ennemis de leur crbyanoe, 
piller leurs biens, fouler aux pieds 
toutes les lois; en un mot, quela con- 
naissance de la vérité .'et de Fimam 
leur tenait lieu de toute religion , et 
qu'il ne restait plus pour eux ni pé- 
ché dont ils dussent se préserver, ni 
châtiment qu'ils dussent craindre. Une 
association fondée sur le libertinage 
le plus absolu de l'esprit et du cœur, 
et qui ne connaissait de devoirs que 
l'exercice du Êinatisme le plus fà*oce, 
inspira la terreur à tous ceux qui 
n'appartenaient point à cette secte re- 
douUible ; mais comme le désir de la 
vengeance pouvait armer contre bs 



CAR 

prâîeateoTS de cette abominable doc- 
trine tous ceux qui en deyenaiènt lès 
ykdmeSf les missionnaires jugèrent 
à propos de se bâtir un fort qui pût 
leor servir de chef-lieu et d'asyle en 
même temps ^ et, par allusion sans 
doute âThc^ire, ou fuite de Mahomet, 
ils l'appelèrent Dar-àlhidjra, c'est- 
à-dire^ la maison de la fmie. 0^ 
peut conjecturer que Garmath y ëta- 
btit sa résidence. Ce fanatique y entre 
les missionnaires qtti exerçaient leurs 
fonctions ^sous son autorité , en avait 
denx qui jouissaient de toute sa con- 
fiance : Tim se nonmiait Zacrowiah , 
ou Zacroujrah , et joua dans la suite 
un grand r61e parmi les Carmathes ; 
l'autre , appelé Ahdan, avait épousé 
la sœur de Hamdany qui, de sou côté, 
avait aussi pour épouse une sœur 
d'Abdan. Jusqu'ici Hamdan n'avait agi 
que comme dàégué du chef de la secte 
des ismaéiiens , qui vivait dans une 
retraite ignorée à Salamyah , et qui ne 
se donnait lui-même que pour le lieu- 
tenant ou le vicaire de l'miam atten- 
du, Hohanuned, fils d'Ismaël. Celui 
qui était revêtu de cette dignité étant 
mort, son successeur, en anuonçant à 
Garmath son élévation au rang dé vi- 
caire de Fimam, laissa percer des vues 
d'ambition personnelle, qui parurent 
àCarmath une innovation dangereuse' 
et contraire à la vraie doctrine de. la 
secte. Il envoya donc Abdan à Sala- 
mia, pour s'éclairdr de l'objet de sts 
akumes. Dans l'entrevue d'Abdan avec 
ks chefs du parti qui résidaient à Sa- 
lamyah, celui-d eut tout lieu de se con- 
Tainere que les soi-disant vicaires de 
rimam travaillaient pour eux-mêmes , 
cl n'attendaient qu'un mpment favo- 
rable pour réaliser leurs projets de 
domination et leveir le masque. Abdan 
ne manqua point d'en £iire son rap- 
port à Carmath , qui lui Ordonna d'as-. 
sembler les missiomiaires , de les ins-- 



CAR 



i65 



truire de ce qu'il avait appris , et de 
leur' ordonner de cesser dorénavant 
de faire des prosélytes. Abdan exécuta 
ses ordres, et la prédication de la 
doctrine des' ismaéhens fut suspendue 
dans les contrées voisines de ta rési- 
dence de Garmath. Dès ce moment,^ 
Garmath rompit toute correspondance 
avec les ismaéiiens de Salamyah. On 
ignore ce qu'il devint dans la suite : 
peut-être périt-il victime de la ven- 
geance du chef de la secte, comme 
son beau-frère et son confident Abdan, 
qu'un fils de ce chef fit assassiner par 
Zacrowîah, dont on à déjà parlé. Za- 
crowiah , devenu odieux aux disciples 
de Garmath , par l'assassiuat d'Abdan , 
passa en Syrie vers l'an 28^ de l'hé- 
gire ( 900 de J.-G.). La disparition 
ou la mort de Garmath , ou Hamdan / 
doit être antérieure d'un an ou deux 
â cette époque. La division qui s'était 
établie entre le chef de la secte des 
Ismaéliens et Hamdan se communi- 
qua à leurs sectateurs, et, àks ce mo- 
ment, à ce qu'il parait, les istuaéliens, 
proprement dits , et les Garmathes ont 
forme deux sectes distinctes , quoique 
fort rapprochées l'une de l'autre par 
les dogmes et les opinions. A la pre- 
mière , appartiennent les khalyfes &- 
témites aEgypte et les ismaéiiens de 
Perse et de Syrie, connus sous le nom 
S Assassins ; les Nosaïris , qui subsis- 
tent encore aujourd'hui dans quelques' 
parties dé la Syrie, paraissent être' 
un reste des Garmathes. Les Druzes 
sont une secte née parmi les îsmaé-' 
liens de l'Egypte , a la fin du qua- 
trième , ou au commencement du cin- 
quième siècle de l'hécire. Quelques 
personnes croyent que les Wahhabis^ 
ou Wahhabites , qui paraissent appelés^ 
à jouer un rôle important cbms ilno 
partie de l'empire othoman , sont un 
rejeton des Garmathes; mais cette con- 
jecture uotis parait peu fondée^ En 



i66 



. CAR 



finissant cet article, nous devons ob- 
server que quelques historiens attrî« 
buent le surnom de Garmath à un 
personnage différent de Hamdan et 
plus ancien que lui : leur opinion nous 
semble dénuée d'autoiite'. S. n. S— y. 
CARMELI (MiGHEL-ÂivGE)y sa- 
tant helléniste italien, entra dans l'or^ 
drè de St-François , et fut professeur 
de théologie et d^Ëcriture-Sainte à Pa- 
doue. II mourut le 1 5 décembre 1 766 , 
âgé de soixante ans. Ses principaux 
ouvrages sont: I. un Commentaire 
( latin ) sur le Miles gloriosus de 
Plante, avec une traduction en vers 

Italiens y Venise, 174^» in-4'*' I^ F"" 
blia ce premier ouvrage sous le nom 
de Lacermi ( anagramme de Car* 
meli). II. Tragédie di Euripide in' 
iere XIX j frammenti ed epistole 
grecO'italiane in ver si iUustrati di 
annotazhni al testa greco ed alla 
iraduziane , Padoue , 1 743-1 754 , 
30 parties iiv-S'*. Paitoni , dans sa Bi* 
bUoteca degli volgarizzatori, fait 
de grands éloges de cette traduction 
^Euripide; quant aux notes, qui sont 
partie en italien , partie en latin , on 
ne peut rien voir de plus trivial et 
de plus iaible. III. Pro Euripide et 
navo ejus italioo interprète disserta' 
Uqj PadoMe, 1750, in-S*. : c'est une 
réponse à la censure que Reiske avait 
dite de cette édition dans les uécta^ 
eruditorwn de 1748; ReisLe répli-^ 
qua dans les Acta de 1761; IV. àto* 
ria 'de varj cosiumi sacri e profani 
degli antichi sino a noi pervenuti , 
con due dissertazioni sopra la ve* 
nuta del Messia, Padoue, 1 760 , a 
Tol. in-8^.; V. une traduction en vers, 
italiens du Phttus d'Aristophane, avec 
le texte grec, Venise, ijoi, in-SP.j, 
YL Dissertazioni y Padoue, 17^6» 
in-8^. La première de ces trois âh" 
sertations est relative à un passage 
dllérodien ^ la deiixième au Neptune 



CAR 

evvofféyaioc d'Homère , et la demièro 
k la poésie lyrique. VII. Spiegamenlo 
deir Ecclesiaste sut testa ebreo, o 
sia la morale del umaa vU^ere »i^ 
segnata da Sidonume , Venise ^ 
1765, in-8\^ VlII. SpiegamentQ 
délia cantica sul (esta ehreOj ibid*, 
i767,in-8°. C M. P. 

CARMONÂ ( Ji;an de), médecin j| 
Sévillç, et qui avait ité auparavant 
médecin de f inquisition à Llerena ^ 
dans Œstramaduve espagnole, a iais« 
se : I. Praxis utilissima a4 curant 
dam coenoscendismque pestilenfiam 
apprime necessaria^ sive de pesta 
et fehribus cum puncticuUs vulgà 
TabardiUa, Séville, i58i ; ibid*, 
I Sqo , in-8^. ; ottvrag<î composé pour 
répondre à J. Fragoso, qui soutenait 
que ces fièvres n'étaient pas conta<< 
gieuses. II. Tractatus anastraîoffik 
sit medicis necessaria , Séville p 
1 58ti, in-S"*. : l'auteur se déclare pour 
la n^ativew—-CARMONA (François-Xi* 
menés de), né àCoixloue, professeur 
d'anatomie à l'université de Sabman*? 
que, exerçait la médecine à SéviUe an 
commencemei^t du 17% siède, et j a 
ùit imprimer, en espagnol, un Traiid 
de la grande excellence de l'eau g 
et de ses merveilles ^ vertus , qualités 
et choix , et de l'usage de la rrfroi-'. 
dit avec de la neige ^ 1616 , in*4% 
-— C^RMovjk ( Alphonse de ), ne à 
Priego, dans le diocèse de Corcjoue, 
composa, avec Jean Coles, de Zafia,^ 
une Relation de la découverte et de 1^ 
conquête de la Floride. L'ynca Garci* 
lasso de la Vc^ parle de cet ouvrage! 
daiisson Histoire de la Floride. 

A. D""^* 

GARMONA( noif 3AirVAiH>a ), i^a^ 
veinr de la chamire dv roi d'Espagne^ 
né à Madrid vers: 1 73o# Les grandes, 
dispositions de cet artiste déterminé-; 
rent la cour d'Espagne h l'envoyer à 
Paris ^ comme pensioD&airç. du Koiy 



GâR 

potir se perfectionner dans son art It 
jr acheva ses études, sous la direction 
de Charles Bupuis, de racadëmie de 
peinture, et retourna vers i nôo dans 
sa patrie, où il épousa la fUie du ce- 
iè])re Raphaël Mengs. Ses estampes 
les plus remarquables sont : Vffis^ 
ioire écrivant les fastes de Char' 
les III f roi d'Espagne ^ d'après So- 
limène; la Vierge et VEnfani'Jé' 
sus , d'après Van Dyck ; ÏJldoradon 
des bergers , d'après Pierre ; les Por- 
traits de Boucher et de Colin de 
Fermant y qu'il a gravés pour sa ré- 
ception à L'académie de peinture de 
Paris, et une Résurrection du Sau- 
veur, d'après Carie Vauloo. La date 
de I ^55 , que porte cette dernière es» 
tampe, suffît pour détruire l'opinion 
des auteurs du Dictionnaire umper- 
sdj qui placent l'époque de. la nais- 
sauce de Garmona en 1751. U est 
mort à Madrid en 1807. ?•— £. 

GARMOSTËLLE, né à Paris le a5 
août 1 7 1 7, y est mort le a6 déc. 1 806. 
U avait été lecteur du duc d'Orléans, 
et l'ordonnateur des fêtes que donnait 
ce pciooe. En une matinée , il compo- 
sait une. pièce de théâtre d'un ou deux 
actes, d'après le nom ou le caractère 
des personnes qui devaient y jouer un 
rAle. Se& Proverbes dramatiques lui 
ont assigné une place dans la littéra- 
ture, «r Le fonds de ces petites pièces , 
» a dit M. Auger» est en général très 
» l^er. 11 n'y but point chercher un 
• nœod bien formé, ni en conséquent 
» ce un dénoûment d'effet. Ce n'est 
» point une combinaison dramatique 
» que Carmontelleétale sous nos yeux:; 
» c'est fm coin de la société qu'il vous 
» fait remarquer ; c'est une aventure, 
» une conversation de salon, deboi^ 
« doîr, de boutique, de spectacle, de 
» promenade, ou de tout autre lieu.pU- 
» blic, à laquelle il vous fait assister» 
B Ce fu'il a tu et entendu^ il le répèle 



CAR 167 

• avee la fidélité d'un miroir et d'ui^ 
» écho« » Aussi , tout en admirant son 
dialogue , lui a-t-on trouvé le déf^iut 
d'être commun, à force d'être natur 
rel. Ces petites comédies sOnt cepeii* 
dant le plus joli répertoire pour le$ 
théâtres de société. La fécondité de 
Garmontelle n'est pas moins étonnante 
que sa facilité. Outre les outrages qu'4 
a fait imprimer , on assure que sie^ 
manuscrits pouvaient composer plus 
de cent volumes. Dans les derniers ' 
temps de sa vie , l'auteur avait été ré- 
duit à les d^ser au Mont-de-Piété, 
en nantissement d'une petite somme 
dont il avait besoin , et c'est peut-être 
la première fois que la finance à avan-^ 
ce de l'argent sur de l'esprit. La répu^ 
tation de probité qu'avait Garmontelle 
fit sans doute, dans cette occasion, plus 
encore que sa réputation Uttéraire« S^ 
Proverbes dramatiques sont une mi- 
ne où beaucoup d'auteurs comiques de 
nos jours ont puisé sans façon.. Aussi, 
quoiqu'il n'eut rien composé pour les 
théâtres du Vaudeville et de Louvois 
( transféré aujourd'hui à l'Odéon }^ 
avait-il, ses entrées à ces dei^x spect^ 
des , à titre d^mUeitr, Au talent d'é- 
crire, Garmontelle joignait le talent ds 
peindre. U a fait les portraits de pres- 
que tous les personnages célèbres d|i 
18''. siècle, et c'est d'après luiqu'opt 
été gravés, entre autres, les portraits 
que l'on voit à la tête des Gprrespoi^ 
dances de M""**, du Deffant et deGrimm. 
U s'amusait aussi quelquefois à faire 
des Transparents» il appelait ainsi 
des tableaux sur papier très fin , les* 

Îuelsy exposés i la lumière du jour 
evant un seul carreau de ses croisées, 
^se déroulaient pendant une heure et 
.plus aux yeux des spectateurs, et leur 
présentaient une smte de scènes. Ces 
Transparents avaient depuis cent jus* 
qu'à cent soixante pieds de loiigu^r» 
Le plus grand plaisir de Garmontelle 



i6« CAB 

était de mettre ses Proverbes ttL TrarU' 
parents , et ses Transparents en Pro- 
verbes. Of) a de cet auteur : I. Prover- 
tes dramatiques y Ï768, 6 vol. in-8''. 
hes jiimanachs'des spectacles dç 
'77^» 1775 et 1776, et le Catalo- 
gue de La FcdlierCy ïi*. partie, N**. 
18285, donnent la nomenclature de 
ces proverbes, qui sont au nombre d^ 
^atre^vingt-deux, et ont étérâmpri- 
me's en 1 783 , 6 yol. in-8''. , puis en- 
core dans le Recueil général des pro- 
verbes dramatiques {^hondres^ '785^ 
16 vol. in-i 2 ). Garmontelle publia les 
tomes 7'. et 8*. de ses Proverbes , 
et , depuis sa mort , on a fait impri- 
Iner ses Nouveaux Proverbes dra- 
rnatiqueSy 181 1, 2 vol. in-^''., qui 
contiennent vingt-quatre pièces. IL 
Théâtre du prince Clenerzow^ tra» 
duit en français pat le baron de 
Blening, 1771 , a vol. in-8^, com- 
pose' par Garmontelle; III. Théâtre 
■de campagne y 1775, 4 vol. in-S**. 
Ce recueil et le précédent contiennent 
de jolies comédies que qudques déve • 
loppements pouvaient rendre digkies 
de la scène Â*ançaise. TV. Triomphe 
de V amour sur les moeurs de ce 
'siècle y ou Lettres du marquis de 
'Murcin au commandeur de St-Brir 
ce, 1777 , *i- parties ini-8". , roman 5 

V. le Duc d*Arnay autre roman; 

VI. fjihbé de plâtre y comédie en un 
'âcle et en prose, jouée sur le Théâtre 
•des Italiens, avec succès ; le a6 ocio- 
' bre ï 779 , et imprimée in-8**. C'est la 

seule pièce que l'auteur ait risquée sur 

• un théâtre public. VI!. Conversaiians 
des gens du monde dans tous les 
temps de Vannée , 1786^ in-8". Cet 
oilsrrage devait former qvfâtre vdomes^ 
et paraître en vingt-quatre livraisons. 
Nous ne connaissons que les deu'x pre- 

* mières, quif sont intitulées : les Fisites 
du jour de Van y et la Promotion, 
(larmonteliie v donne i^ne cppie fidèle 



GiR 

des conversations des gens du mondel^ 
il a renfermé en un petit nombre de 
pages tout ce qu'ont dit en un jour cinq 
ou six personnes des plus aimables , let, 
au bout du livre, il se trouve qu'on n'a 
rien lu, quoique les interlocuteurs 
n'aient cessé de parler. Garmontelle 
avait, dit-on, composé un Traité da 
perspective. Nous ne croyons pas qu'il 
ait été imprimé, A. Bi — t. 

CARNËADB, de Çjrrène, fonda^ 
teur de la troisième académie, naquit 
vers l'an ^18 av. J.-G. ( i4o*. olym» 
piade)p Socrate avait introduit dans la 
philosophie la méthode destructive , 
et, par une douce moquerie et une 
dialectique pressante, avait combattu 
avec succès les philosophes dogoiati'» 
ques. Au Heu de fonder une doctrine, 
d s'était attaché à enseigner une mo- 
rale pratique noUe et élevée. Ce lot 
dans* cette voie que Riarcha Platon , 
y ajoutait de sublimes et poâiques 
imaginations , plutôt qu'on système 
complet et général; Ârcésilas , chef 
de la seconde académie , ne prit dans 
f héritage démocrate que l'art de dé- 
truire les fondements de t.ottte doc- 
trine^ de toute théorie. Il érigea en 
précepte un doute absolu, et professa 
qu^r n^y avait point de vérités. Car- 
néade, à proprement, parler, ne dtffé? 
Tait guère de cette seconde académie s 
en examinant ses opinions et celles 
d'Arcésilas, telles que nous les trans- 
met Cicéron , on trouve qee ce sont les 
mêmes , à bien peu de choses près. Ar- 
césilas disait : « Il n'y a point de vérité ; » 
Garnéade : « On ne peut pas la eonnaî* 
'tre.i« Ce qui établit quelque diversité 
entre les deux philosophes , c'est ptu- 
'tÂt le caractère personne) que la aoe* 
irine; Arcésilas se precipitaiit impér 
tueusement dans un doute universel, 
«'exposant au ridicule 06 tombent les 
'.pyrrhonicnsf Gainéade appuyait da-r 
yafftage siur les probabilités et |es ant 



CAR 

ji^reBccs de vérké qui doivent déci- 
der dans là cooduitede tayie. Il per« 
Biettait ώme au sage d'opiner en queU 
^aes rencontres y pourvu qu'il ne pro- 
UDOçàt jamais* £n tout, il paraîtrait que 
le doute de Garnëàde ^lait une sorte 
de)eu d'esprit, et qu'il avait fort bien 
eompris que c'était un puissant moyen 
d'attaque; mais rien de plus. Aussi là 
eélëbrité de Carnëade est«elle surtout 
ndée sar son éloquence destriictÎTe. 
Elle était si forte que jamais il ne 
soutint rien sans )e prouver, que 
jamais il n'attaqua rien sans le de*- 
iruire dé ibnd en eonvble^ 11 cbai'* 
mait letlràient ses auditeurs, qu'il 
les amenait captife à l'obéissance de 
ses sentiments, et que, par force ou 
par adjresse , il subjuguait les person- 
nes mêmes qm avaient pris contre 
lui les précautions les plus exactes. 
AttcuB aeses adversaires ne pouvait 
lui résbier. Lui seul triomphait. 
Toutes ses opinions prenaient pied, 
toutes «elles des autres étaient re- 
jetées. Le parti contraire fondait de* 
vant son éloquence comme la cire 
devant le feu. « Telle est la vive 
peinture que fait BayLe, d'après Gicé- 
ron et NuméniMs, de l'éloquence de 
€arDéade, se complaisant sans doute 
à peindre les effets d'un talent qui, 
fiDmme le sien, s'employa toujours à 
renverser les assertions • et à semer le 
doute. Ce fut surtout contre les stoï- 
ciens que Gaméade exerça ses redou- 
tables attaques ; il disait lui-méraeque, 
sans Ghrysippe, il. n'eût pas été ee 
qu'il était, il ne s'agit pas ici de la ma- 
nie pratique des stoliciens et de l'es^ 
C't générai du p<^ique^. mais de 
rs dogmes philosophiques et phy^ 
•iques. Il les réduisit à fabsurde sur 
)e ehapitie de la religion, leur proi|- 
▼ant qu'il n'y av»t pas pins de raison 
pour admettre un dieu qu^un autre , 
f^ mP^ wm le jpolythéisms. Il se 



CAR i6g 

déclara aussi contre les orades , leur 
opposant la nécessité du libre arbitre 
de l'homme, il combattit le sentiment 
des stoïciens et des péripatéticieus sur 
le souverain bien. Les premiers di« 
saient que la suprême félicité consis- 
tait à se conformer à l'harmonie gé- 
nérale de la nature, et que tous les 
avantages extérieurs, richesse, for- 
tuné, etc. , étaient des choses commto^ 
des, mais qui, ne pouvant donner un 
bonheur solide , n'étaient dignes d'au- 
cun attachement ; les péripatéticiebs et 
l'ancienne académie définissaient le 
souverain bieu , la jouissance honnête 
des choses qui sont les premières dans 
l'ordre de la nature, et rangeaimt les 
bienë matériels dans une classe infé- 
rieure; Carnéade leur faisait voir que 
leurs controverses n'étai^t qu'une dis- 
pute de mots, puisque tous deux con- 
venaient que les avantages matérieit 
n'étaient point dignes de nos désirs. 
Lui , par contradiction , et sans doute 
pour échapper au danger de rien afôr« 
mer de positif, se renfermait dans 
une définition vague, &isant consister 
le souverain bien à jouir des princi- 
pes naturels, ce qii'on peut interpré- 
ter, exercer librement ses facultés; 
ainsi , il ne faisait entrer aucune notion 
explicite de l'honi^te dans sa défini- 
tioiK II remporta anssi une autre vic- 
toire sur les stoïciens , en les faisant 
convenir, contre leurs opinions pré- 
cédentes , que la bonne renommée 
étak digne d'être recherchée, indé- 
^p^idanmielit de «on utilité positive. 
Le chef des stoïciens était alors Anti- 
pater , et ce fut lui qui défendit le por- 
tique avec le plus de succès contre 
Gaméade; mais son inferiorité était 
fiande. « Il n'osa jamais paraître de- 
« vant lui , ni dans des levions puUi* 
» ques, ni dans des promenades ,, ni 
» dans des conversations; il se taisait, 
» pas un mot ne sortait de sa pauvic^ 



l'^o CAR 

i 

V» LouçLc. Il TalUquait seulement de 
V loin et en cachette , par quelques li- 
« Très qu'il composait. La postérité 
» les a vus ; ils n'étaient pas même ca- 
» pables de se soutenir ciontre Car* 
» nëade mort , tant s'eo faut qu'ils 
» eussent pu loi résister quand il ilo- 
» rissait environné de gloire. » C'est 
ainsi que Bavlc représente la Êdblesse 
de l'adversaire de Caniéade« L'an de 
Rome 598 ( I55^ olympiade), les 
Athéniens ayant saccagé la ville d'O^ 
rope, furent condamnés par le sénat 
à 5oo talents d'amende* Ils envoyè- 
rent en ambassade, à Rome, &r- 
oéade, Diogène le stoïcien, etCrito- 
laus le péripatétioien y pour obtenir 
quelque diminution à ce tribut (i). 
Les trois philosophes , pendant que 
l'on discutait leurs demandes au se* 
nat, voulurent donner ao peuple ro- 
main une idée de leurs talents* Ils ou- 
vrirent des espèces de conferenciBS 
philosophiques , et prononcèrent del 
harangues. C'était BJ^ts que les Ro^ 
mains , vainqueurs de l'utnivers , comr- 
•roençaient à connaître et à rcdàcarcher 
le Ittxe^ les arts, les Idttrts et toutes 
les jouissanees dofit le loisir et la civ»- 
iisation apportent le besoin. Quand 
cette jeunesse, quijBomiMiçail de'jà à 
rougir de la nobke barbarie d» vieilles 
mœurs, entendit (ces hommes habiles 
à manier le langage , t{m traitaient des 
questions auxquelles on n'avait jamais 
songé dans Rome^ qui esaminâent et 
dise«itaH«if ce qui avait toujours passé 
pour certain, qui répandaient à vo- 
lonté le doute sur toutes choses, qui 
renfermaient un raiscmnenent dans 
les Hdroiie» de la dûikctîiqiie, elle se 
poKt» eh fode à oe nouveau s^eétaele , 
abaadoimant tons les anAes divertis- 
sements. Garkiéade surtoot les surpre»* 

— : — ; . ; ■ ■ • l y ■ . t ; I 

(résolvant ÊUea , plmienn c«ii*teifrk sVcrie. 
rni : tt Le» Aihéaitna ae «ow ont dm •av«j4 d«n 
p ambfecaadeurs pour nous perruaaer^ mau povr 
» non» atmthMf c« ^ViU déiireat. • 



CAR 

naît par sa fovce et sa rapidité. li pro» 
nonça deux harangues , l'une pour la 
justice, l'autre contre la justice. Le 
vieux Caton s'alarma de la présence 
de ces habiles parleurs, qui venaieul 
iaire germer avant le temps , parmi 
une nation jeune et sincère, la philo* 
Sophie d'un peuple vieilli et dc^radé. 
« Donnoiis4eurréponseaa plus tôt, re- 
» présen(i^*il, et les renvoyons chei 
» eui^;* ce sont des gens qui persua^ 
» dent tout oe ^'ils veulent^ et .l'on 
» ne saurait déaiêlerla vérité à traveifs 
:à leurs argumenta. » (^<sr* Plwe, 
hv. VII, di. 3o.) Un siècle après, 
Qcéron écrivant son Traité des lois y 
et posant* en. principe qu'il exbte un 
droit naturel , après s'être promis l'ap- 
probation des stoïciens , de» disciples 
d' Aristote y et de l'académie de Pkl»ii» 
^'écrie : « Mais pour cette nouvelle 
n académie perturbatrice de toutes 
» choses, foiidée par Âreénlas et Gai^ 
V nëade, nous implorons son silence; 
» car si eUe se précipitait svr les pria- 
» cipes qui nous semblent à nofos aa- 
n ses bien établis , elle h^s battrait en 
» rnines. Je n'ai garde de h provo- 
* quer; je désire plutôt l'apaiser, ir 
C'est ainsi qu'il parie de kpt^oaoplûe 
du doute, comme d'une divinité mSas 
nale, qi^tl faut conjutfer , et qeî réduit 
tout en poussière. U ùoA remarquer 
cependant que la grandeur et la gra- 
vité des temps Mitiqnes se retrouve 
daàs celte idée de terreur' qu'inspire 
l'âoqneiiee de Caméade et sa pois»- 
sance destructive. Dans les temps ou^ 
demes, le donle n*a pas sn se donner 
cette apparence solennelle; sea anacB 
ont été la noipierie frîrolB; il n'a 
jamais d^iloyé, cemino dans la pU- 
losopliio ateienne, cette farce qui nap- 
pe I tmagmat î rt p, et qui^ nouMil voir 
Garnéade œoime un» ange exierdinuh 
te«r. Il ne pavatt pas qu'il ait jaHiais 
écrit do livres. Sa .doctrine ne fut 



CAR 

ouf^ après sa mort, que par les ou-< 
Tfâgcâ de Glitomachus, son disciple et 
son suocesseuE, Plusieurs de ses paro- 
les , de ses arguments 9 se perpétuè- 
rent dans racadémie, avec le souvenir 
de son âoquence.Il vëcat quatre-vingt* 
dix ans, s^lônQceronetValère^Maxi-* 
me, et Ton ue sait pas bien la date de 
sa mort , qu'on place cependant vers la 
162*". olympiade* Jl était fort studieux, 
et Ton raconte qu'il était souvent tel- 
lement enfoncé dans ses occupations , 
que sa servante était obligée de lé 
faire manger. Cette servante était ausisî 
sa maîtresse. Un jour^ il la surpri t avec 
Mentor^ son principal disciple, a Car- 
» néade ne disputa point alors sur la 
» probabilité, ni sur ripcomprében* 
« siliilité; il prit pour une chose as* 
» surée, et qu'il comprenait fort bien, 
B ce que se$ yeux lui montraient. » 
Bajle s'amuse à tradmre cette raillerte, 
de Numénius, que l'on n'a jamais man- 
qué, de lancer aux pyrrhoniens, et 
qui est toujours plaisante^ bien qu'elle 
ne soit pas un argumei^t* On rap- 
porte.qae Carnéade crai^it la mort, 
et disait souvent: «La naturel a ras- 

> semblé , elle dissipera. » Ayant, ap-. 
pris qu'Antipater le atoïqiie s élatteaup 
poisonné ^ il s^éesist , en le parodiant : 
« fié bien donnez-moi d<mc aiii5si.M4« 
»du vin doux.» L'on conçoit .asses^ 
que sa philosophie Teûi amené à jouit* 
le plus long-temps possible des dour- 
ceurs de la vie, et eut détroit. en lui. 
cette espèce de force assez commune 
chei les anciens , qui les portait à pré^ 
venir -les maux de la vieillesse par 
une mort volontaire.* On cite de lui 
un mot spirituel : « Le manégia est Ia< 
» seule chose qile les jeunes jHrinee» 
» a{^rennent exactement; leurs a»- 
» très maîtres les flattent^ ceux qui 
» luttent avec léux se laissent tomber ; 
^ mais mi cheval renverse par terre 

> toQ& les maladroits , sans d£stiacbOA 



CAR: 171 

» de pauvre , ni de riche , de sujet , m 
»de souverain.» Une autre parole 
fort belle de Carnéade est venue )us* 
qu'à nous: «Si Ton savait en secret 
» qu'un ennemi doit venir s'asseoit 
» sur l'herbe ou serait caché un as-r 
» pic, il Hsiudrait l'en avertir, quand 
» bien même personne ne pourrait 
» savoir que vous avez gardé le si- 
» lence. » — Il y a eu un aotr^ C A&-* 
viàos, épicurien, qu'on a quelque» 
fois confondu avec 1 académicien , et 
qui a. vécu avant lui ^ il ^ait athénien , 
et fut disciple d'Anaxa^ore ( Foy^^ 
Suidas)* -^ 11 y a eu aussi un poète 
nomme CâJucsADE; il faisait des élé- 
g«is qui , dit-on , étaient froides et obs-. 
cures. A. 

CARNEàU ( Etienne ), natif de 
Chartres, apprit parCùtement les bel- 
les-lettres el ensuite la jurisprudence.^ 
Il exerça même les fonctions d'avocat 
au parlement de Paris. Dégoâlé du 
monde, il s'engagea, en i63o, dans 
l'ordre des célestins. Ils'acqmt , dans, 
le temps, beaucoup de i«piûation par. 
aes poésies latines et françaises , ou- 
bliées ai^urd'hui. Il mourut à Paris^> 
le 17 septembre 1671. Il avait corn- 
jKiso lui-même son épiCaphc en firaft-. 
çab et en ktin ) v6ict la version fran- 
çaise: 

Cl gtl qsl I t^occupafii^etclsTeM «t' de.][fr«ié, 
A pu quelque renom dans le monde acquérir; 
U aiiiHr les beAux ariM ; m»ni sur toatte alttrechote,' 
U m^dilu 1« plus celui i!e biep naourtr. - 

Le P. Carneau a été l'un de» traduc- 
teurs des Foyà^s de Pietro délia 
Folle y i663, 4 vol. in-4''*; Houe», 
1745, 8 vol, iu-12. On a du meme^ 
aju^^ur la Slimmimachie, ou le €om*. 
hé^iAes médecins m&defnes^toÈMhani. 
Vusage de VafUimome , poëmt hisf- 
ton-comique y \^S&y in-8^. fiecqàet , 
dans sa Bibliographie des Célestins , 
pag. a 16, donne la liste de quelque» • 
autres opuscules de Carneao. A. B— r* • 
CARNEIEO (MELcmoft, ou, em 



173 CAR 

poftngiiis, Selckior\ îéuiteportogais, 
ne àGûïuibre, d'une famitle nobie, kiÊ, 
le ptemier recteur dn collège que les 
jésuites établirent dans cette Tille. S; 
Ignace l'ayant fait venir à Romey le 
présenta au pape Jules III , ^i le 
nomma éréqiie oe Nieée , et coadju^ 
tenr dupatriarcfaed'ÉtbiG|iie. En 1 555; 
il s'embarqua pour les missions des 
Indes , aborda & Goa, et trarailla quel- 
que temps, mais avec peu de sn<^y 
à la conversion des }iii& de Gocbin. 
Pour les etiipéeber de Étire des prosé- 
lytes, il demanda l'établissement de 
1 inquisition à Goa, et alla exercer son 
zèle apostolique eliez les cbretiens de 
SvTnomas, sUr la côte de Malaban* 
£n 1 567 , il fut nommé évéqne de la' 
Chine et du Japon, et il mourut à 
Maeao , le 1 9 août 1 585. On a de bi* 
quelques lettres dans les recueils des 
missions.— > Garneiro, ou GARifKROP 
( Antoine ) , portugais , né k Fronteira 
près d* El vas , chevalier de Calatrava , 
commissaire et trésorier des armées^ 
espagnoles dans la Belgique en 1 585 , 
écrivit l'histoire des guerres âviks 
des Pays-Bas depuis leur origine, eu 
f 559, jusqu'il Tan 1609. Cet ouvrage 
fut publié h Bruxelles sous le titre 
suivant : Historia de las guerras cf- 
viles que ha avido en los estados de- 
Flandes , Madrid , 161 2 , in - 4^. ; 
1635, in-fol. , livre estimé et rare. 
«— Garneiro ( Ântonio-Mariz ), 
(gentilhomme portugais, chevalier de 
Pordre de Ghrist, vivait au commen- 
cement du 1 7*^. siècle , et crnt avoir 
trouvé le moyen d*empéoher la décU- 
naisoB de l'aiguille aimantée ; aussi lui 
doima-t-oii le surnom Sjigaihafixa. 
U fit un voyage aux Indes , pour véri- 
fier la bonté de sa découverte , et fui 
nommé cosmographe du royaume, à 
la place de don Manoel de Menezes. Il 
a publié: I. Begimento de pilotas^ e- 
roUiro dos Navegaçoens da India 



CAR 

oriental noçamente emendader y e 
aerecentado eom o rotevro de Scfala 
aie Moçambiaue > ete. , Lisbonne , 
i64tt,în-4''*;wîd;, i655> 1666; II. 
ffjrdrographia euriosa de la' na^e*' 
gai;îoit , St.-Sébastien, 1675. — «Car- 
VEiRO ( Diego-Gemec ), portugais , ne 
à Rio- Janeiro, en Amérique, fbt se- 
crétaire de don Alonso de Portugal , 
marquis d'Aguiar, et niottnit k Lis- 
bonne le q6 lévrier 1676, avec la 
charge d'histon<^aphe du Brésil. On 
ne connaît de lui qu'un discours relatif 
à la révolution de Portugal ( Lisbonne^ 
1641 1 in-4^ ) ; une traduction de 
V Histoire de la eontpiéte êe la Chine 
for les Tatars Mantekous-y du F. 
Martini ( ib. , 1657 , in-i 6) , et quel» 
ques autres traductions'd'nn médiocre' 
înlérét. C M. P. 

• CARO (AmnBAL), Fun des plus 
célèbres auteurs italiens du 1 6'. sieiele^ 
naquit, en 1 507, à Gtta-Nova, dans la 
itaarche d'Ancone, d'une ûmiMepeis 
riche. Obligé, dans sa première fea- 
nesse, d'enseigner aux enfants les pre- 
mierséléments^des lettres, IjOuîs Gad* 
dt, ricbe iorentitt, le choisit poor 
mattre des siens : il en fit ensuite son 
secrétaire, et pe tarda pas à lui pro- 
curer de riches bénéfices. Malgré quel- 
ques désagréments que lui causait l'bo- 
meur inégale de son patron , Annibal 
Garo lui resta attaché jusqu'à sa mort, 
arrivée en 1 545. Il entra la même an- 
née, avec le même titre,- dans la maison 
de Pierre-Louis Famèse, qui fut fini, 
en 1545, duc de Parme et de Plai- 
sance, par le pape Paul III , son p^re. 
Là protection de- toute cette £uniUe 
procura bientôt au Garo un accroisse- 
ment de fortune qui lui permit dès- 
lote de satisfaire le goÂt dbpendieux 
qu'il avait toujours eu pour les anti- 
quités et les médailles ; il en forma par 
h suite une collection qui pouvait être 
comparée à cdles des plus £uneux an- 



CAR 

tiqnaires. Sa principak âude devint 
celle <ie la langue toscane , et sa re'po- 
taliond'éGrivam pur et élégant, en vers 
et «a prose, se répandit dans toute fl- 
talie; mais il était souvent détourné 
deses travaux parles fonctions de son 
emploi. Le duc le chargea de plusieurs 
missioDs auprès de l'empereur Charles- 
Quint lieu remplit une dans les Pays- 
Bas, en 1544» relative k la nomina- 
tion de Famèse au duché de Parme, 
qai fat Élite peu de temps après. De 
relOBr de ce voyage, ^i lui occasion* 
oa ane maladie assee grave , Annibal 
Garo, dégoâté d'un service que les 
Tiœs et rfaumeur emportée de ce prince 
devaient lui rendre pénible^ s'occupait 
des moyens de le quitter, lorsque le 
duc fut assassiné à Plaisance. Annibal 
oourot alors quelques dangers. S'étant 
enfin sauvé à Parme , il y &t reçu avec 
âmitie par le nouveau duc , Octave 
Farnèse. Les deux cardinauJt Ranuo- 
cioet Alexandre, frères d'Octave , le 
prirent succesâvem^nt pour secré- 
taire, et il resta au service du second , 
depuis i548 jusqu'à la fin de sa vie. 
De nouveaux béiôéfices furent réunis 
sur sa tête ; la protection du cardinal 
Banuodo lui procura une entrée de 
grâce dans l'ordre de St-Jean de Jé- 
rusalem , et il obtint, peu de temps 
après, deux riches commanderies; 
nuis ce fut pour lui une double source 
de procès; ce qui, joint aux sommes 
qu'à lui fidlut fournir pour soutenir 
ureligion attaquée par les Turks, ré- 
duisit considérablement sea revenus. 
Il fbt même appelé en 1 558 à Malte, 
comme tous les autres chevaliers, pour 
la défense de llie; mais il fut dispensé 
de s'y rendre par la protection du duc 
Octa?e et du cardinal Farnèse. Il était 
alors engagé dans une guerre d'une 
autre espèce a^rec le oélçbre critique 
Gaslelvelro. Il avait fait, en .i545 , à 
h demande du cardinal Alexandre , 



CAIk 173 

une grande et très belle eanzonây k la 
louange de la maison royale de France, 
commençant par ce vers : Fenite aW 
cmbrade' gran gigUd^oro, Au mo- 
ment où elle faisait le plus de bruit en 
Italie, il en tomba une copie entre les 
mains de Castelvetro, qui l'envoya à 
l'un de ses amis , avec des observa- 
tions critiques. Ces observations <:ou- 
Furent en même temps que la can- 
zone* Annibal Garo en ayant eu con- 
naissance, y rendit avec beaucoup 
4'importance et d'aigreur ; Castelve- 
tro répliqua ; Varchi prit la défense 
d' Annibal Garo, son ami: ce fut une 
longue et violente querelle; l'un eut le 
tort de Favoir commencée, et Fautre 
de l'avoir soutenue avec une violence 
qui en donna tout l'avantage k l'agres- 
^ur. On reproche k Garo un tort 
plus grave : on prétend qu'il accusa 
son. ennemi au tribunal de l'inquisi- 
tion , et que ce fut lui qui fut cause de 
aa condamnation et de son exil. Mura- 
tori'le lui impute positivement; Fon- 
tanini et Seghezzi , auteur d\ine Vie 
d' Annibal, l'en jusdfîeut; mais Tira- 
boschi, en rejetant l'idée d'une accu- 
sation formelle, ne nie pas que, dans 
son Apologie, qui courut manuscrite 
avant d'étreimprimée, et dans le temps 
jnéme où Gastelvetro avait été mis ea 
cause devant le St.-Office, et n'avait 
évité la prison que par la fuite, Anni- 
bal se permit desi expressions qui ap- 
puyaient fes dénonciations faites con- 
tre lui, et qui purent contribuer à le faire 
condamner par contumace. Quoi qu'il 
en soit , le Garo, déjà vieux et attaqué 
depuis long-temps de la goutte, aprèf 
avoir publié à Parme son Apologie ,, se 
rendit k Rome, d'où il ne sortit plus 
que pour habiter^ pendant la belle 
saison de chaque année, une maison 
de campagne à Frascati. Il y pr^araif 
une édition générale de ses ouvrages, 
lorsque I se trouvant tout-à-fait libre. 



174 Car 

il conçut le projet d^écrire un poème 
épique. Pour s'exercer au style épi- 
que, et aussi pour démontrer que la 
langue italienne avait toutes les quali- 
tés poétiques qui pouvaient la rendre 
propre à Tépopée, contre Topinion 
\ qu'en avaient encore plusieurs savants 
italiens , il commença une traduction 
de V Enéide , en vers libres ou non 
rimes. Le charme qu'il trouva dans ce 
travail l'y attacha, et, réfléchissant sur 
s&n âge et sur ses infirmités , il aban- 
donna son premier projet, pour ache- 
ver celte traduction de Virgile , qui 
est un des chefs-d'œuvre de la langue. 
II tomba malade à son retour à Rome, 
et mourut le ai novembre i566. Ses 
ouvrages inédits restèrent, après sa 
mort entre les mains d'un de ses ne- 
veux , qui eil commença la publica- 
tion; mais il mourut lui-même avant 
dé l'avoir achevée, et laissa le reste de 
ce soin à son frère, il n'avait paru 
qu'un ouvrage du Garo dans la jeu- 
nesse de l'auteur; il est connu des 
philologues italiens sous le titre de la 
Ficheide. C'est un commentaire plai- 
sant sur un capitolo du Molza , à ta 
louange des figues. L'auteur y prit le 
nom de Ser* j4gresto da Ficaruolo, 
et donna au Molza celui de Padre 
Siceoy du mot grec lùxov, fiùus. L'im- 

Srimeur , que l'on croit avoir été Blado 
'Asola , alors fixé à Rome, fut dési- 
gné sous le nom de Barbagrigia» Le 
titre entier porte : Comento di Ser* 
uégresto da Ficaruolo sopra lapri-, 
maficata del Padre Siceo; et à la 
fin : Stampato in Baldaccoper Bar- 
bagrigia di Bengodi^ etc., iSSg, 
in-4**. Il y en a une édition posté- 
rieure, ia-8°., sans date ni nom de 
lieu, mais qui paraît être de Florence. 
Cette plaisanterie, écrite dans le toscan 
le plus pur, et assaisonnée de tours et 
de l)ons mots florentins , eut le plus 
graj^d succès dans l'académie romaine 



CAR 

délia Firtu , où elle fat lue par l'au- 
teur, et n'en eut pas moins dans le 
public. Léoni d'Ancone, qui était pré- 
sident de cette académie, avait un nez 
énorme; Annibal Caropritce nez pour 
sujet d'un second discours académi- 
que, écrit du même style, qui n^usa 
pas moins cette société de gens de le^ 
très joyeux, et qui amusa surtout beau- 
coup Léoni lui-même. Il fut imprimé 
à la suite du Comento , dans les deux 
éditions ci-dessus, sous le titre de la 
Diceria de' nasi. Ces deux pièces 
sont jointes aux Ragionamenti de 
l'Arétin, dans l'édition de 1660 , in- 
8<>., sous la fausse date de CosmopoU. 
Peu de temps après qu'Annibal eut fait 
et qu'il eut laissé courir dans le public 
sa canzoney ou son ode: Fenite aU^ 
ombra de* grangigUd^orOyilen parut 
un commentaire explicatif et apologé- 
tique, qu'il a toujours nié être de lui; 
mais qu on s'est toujours accordé à lui 
attribuer. Ce commentaire , intitulé : 
Comento alla camone de* giM 
dforo , fat imprimé pour la première 
fois dans tes Lettere 4i varf autori^ 
publiées par Louis Dolce, Venise, 
1 554 , in-8°. Le titre de Fapologie en 
réponse aux critiques du Castelvetro 
est : Jpologia degli accadenùci di 
Banchi di Borna contra M, Lodopîco 
Castehetro da Modena^ informa, 
dfuno spaccio di maestro Pasquino^ 
con alcune opérette del Predella , 
del Buratto , di ser Fedocco , m di- 
fesa deUa sequente canzone del 
commendatore Annibal Caro ; ap- 
partenenti tutte ail* uso délia lin- 
gua toscana e al vero modo dipoe- 
tare, Parme, i558, in.4»., et 1575, 
in-S"". Cette réponse dure et mordante, 
en prose, est suivie de quelques pièces 
satiriques en vers , sous le titre de 
Matiacciniy et d'une Corona de neuf 
sonnets, sur des rimes entrelacées , 
q^ui prouvent paiement et combien 



Car 

Tmitetir, quoique habUuelleKieDl doux^ 
était excessif dans ses vengeances poé- 
liqaes, et avec quelle aisance u se 
jouait des difficulté les {dus épineuses 
de ces sortes de oompositions. Ses au* 
1res œurres , publiées par ses neveux , 
parurent dans Tordre suivant : I. Vue 
Orazioni di Gregorio Nazianzeno 
ieologo , in una dette quali si irai* 
ta quetlo che sia vescovado e auali 
debbiano essere i vescwi; nett al' 
ira deW amore verso i poçeri ; e U 
primo sermone di S. Cecilio Ciprior 
no sopra feîemosinayfatte îh lingua 
toscamij Venise, Aidelfanuce, i Stig, 
iii-4'*. ; !!• BeUonca XAristotéleyfaU 
ta in Ungaa îoscana y Venise ^ 1 67 o , 
iD-4^; ill- 2tf Bimej Venise, Aide 
ttanuce , 1 Sôg, 1 57'i, ia-4*'* f et sou* 
vent râmprimé depuis. Cest uu des 
recueils de ce genre les plus citants 
et les plus estimés. IV* li en faut dire 
autant des Lettere^ dont la première 
prtîe paru( en 1 572 , et la seconde 
en 1 5^4, Venise, Aide Manuce, in-4°<y 
et ibia. , par les Juntes, 1 58i , in-4"* 
Comino de Padoue en a donné dans 
le dernier siècle plusieurs bonnes édi- 
tions; la dernière comprend les let- 
tres écrites au nom du cardinal Far-» 
nèse; elle est en six volumes in-8''. , 
1 764 ef 1 n65. Il n'y a qu'une voix sur 
)e mérite ae ces lettres ; c'est un vrai 
modèle de la bonne prose italienne, et 
il est permis de croire que les auteurs 
italiens qui ont écrit, depuis, dans un 
it jle qu'ils ont cru meilleur , ont plu- 
tôt altéré que perfection né leur langue. 
y.VEneide di Firgilio y tradotta 
in versi scioltiy Venise, Juntes,! 58 1 , 
in'4'**> iSgt», idem. Les plus belles 
éditions qui en ont paru çnsuite sont 
celles de Trévise, i6o3, în-4"v *^ 
Paris, 1760, V^. Quillau, a vol. gr* 
i^"*. Cfest Fouvrage d'Annibal Garo 
qoi a le plus contru>ué à sa réputa- 
tion, n j a jjfiu de poèmes Ualiens o& 



i>5 



CAR 

la langue soit aussi pure, aussi poé- 
tique et aussi belle; u n'y en a aucun 
où le vers libre, scieho , soit plus par* 
fiiit, et où l'on puisse mieux aperce^ 
voir la difiKsrènce qu'il y a entre cette 
espèce de vers et ceque nous entendons 
généralement par des vers blancs. On 
regarde aussi cette traduction comme 
très fidèle. Ce n'est point dans un ar- 
ticle tel que celui-ci que l'on peut exa- 
miner cette partie de l'éloge. Ce qui 
paraît incontestable, c'est que l'auteur 
a là gloire d'avoir fait pour ses com-» 
patriotes une Enéide italienne , aussi 
belle peut-être que V Enéide latine le 
fut pout les Romains , et d'en avoir 
fait en même temps , ce qui est si dif-« 
ficile même dans une traduction libre , 
un modèle d'élégance , de grâce et de 
perfection de style. Que peut*on de- 
mander de plus? VI. GUStraccioni^ 
commedia, Venise, Aide Manuce, 
1 58ti et 1 5S9 , in- 8°. , l'une des co- 
médies les plus originales et les mieux 
écrites de cet ancien théâtre italien 
que l'on connaît si mal en France , 
et dont quelques-uns de nos critiques, 
entre autres Marmontel et La Harpe, 
ont donné de si fausses idées. VU. Le 
Case pastorali di Longo , il quale 
scrisse degli amori di Dafni e Cloe. 
Cette charmante traduction d'un char- 
mant ouvrage fut £dte, à ce qu'il pa- 
raît, par une lettre de l'auteur, à 
Rome, en i538; elle est restée long- 
temps ipédite, et n'a été imprimée 
que vers la fin du siècle dernier , par 
Boddni, I^arme^ 1786, in-4'. Cest 
une des plus élégantes productions de 
ce célèbre typographe. G--£ 

CARO (Rodrigo), né à Utrera, 
près de SévOle, à la fin du 16". siè- 
cle , embrassa l'état ecclésiastique , e( 
se rendit recoimnandable comme ju- 
risconsulte y antiquaire et littérateur^ 
Ses principaux ouvrages sont : L An- 
U^edades j prinçipado de la il' 



^76 CAR 

, lusirissima Ciudad de Swiîîa , y 
chorqgroffhia de su corwenio juri- 
dico y o antisua chancilleria , Se- 
TÎJle, i654,in-foI.; IL Relacion de 
las imçripciones y antiguedad de 
la villa de Utrera, in-4^, avec un 
poëme latin à Téloge de la même ville* 
Rodrigo Garo donna à Seville, en 
1627 , in-/^"*., une édition., avec des 
notes, des chroniques faussement at-^ 
tribuëes à Flavius Lucius Dexter, à 
Hëlëcan et à S. Braulion. Il laissa 
parmi ses manuscrits : Veterum His- 
paniœ deorum mânes swe reUquiaSy 
livre que Nicolas Antonio appelle iiu* 
reum opus, et des Traités De ludis 
puerorum; De los nombres y sitios 
de los vientos ; De los santés de Se- 
yiUa^ Del principado de Cordova; 
et un autre De la anixguedad del 
appellido r^ro, dédié à D. Fernand 
Garo, régidor perpétuel de Carmona» 
Nie. Antonio , qui avait vu tous ces 
manuscrits, les jugeait très dignes de 
llmpression. Il loue aussi quelques piè- 
ces de vers latins et espagnols compo- 
sées par -Garo , et principalement son 
Cupido pendulus, fait h Fimitation 
d'Ausone. — Garo ( Jean ) est auteur 
d'un Traité des oiseaux du Nouveau- 
Monde. Ant. Léon s'est servi de cet 
ouvrage dans sa Bibliotheca indica, 
G. Longolius , dans son dialogue De 
opibus, reproche à Jean Gara d'être 
menteur et barbare dans ses des- 
criptions ( Voy* Bibliotheeœ Gesne^ 
rianœ epitome). — Gard de Torre^ 
(François), prêti'e régulier de l'or- 
dre de S. Jacques » naquit à Séville ^ 
voyagea dans la Belgique et dans le§ 
Indes occidentales^ et publia : léHis- 
ioria de las ordenes miliiares de 
Sont lago, Catatravay Alcantara, 
desde sufundacion , Madrid , 1 629, 
in-lol., dédié à Philippe IV; IL Re^ 
lacion de los serpicios que hizq a 
su magestad 4^1 rey Felipe II 



CAR 

y ni y D, Alonso de Sotomayor, 
de Vhahito de Sant lago , en los 
estades de Flandes ^provincias de 
ChileyUerra firme ^ etc.^ Madrid, 
1620 5 in-4". V--VK, . 

GAaOLËl^ fils d'un proeureuF 
à la chambre des comptes ^ merl 
?ers le mois de juillet 1 759, a coçi - 
posé, depuis 1717 jusqu'à l'époque 
de sa mort , pour U théâtre de la 
Foire, soit seul , soif eâ société avec 
Pannard, un grand nombre de pièces 
dont on trouve la liste dans les Mé- 
moires pour servir à thistoire des 
spectacles de la Foire^ 1. 11 , p. 296 , 
et dans ^Histoire du théâtre de 
t Opéra- Comique , t. II , p. 238. La 
plupart de ces pièces n'ont point 
réussi et n^ont point été imprimées^ 
Garolet a donné au théâtre Italien , eu 
1719, les AveiUures de la rum 
QuincampoiXj comédie en un acte, 
et la Parodie de Médée et Jason , 
en un acte et en vaudevilles, en 1 756* 
Garolet a été éditeiu: de la 2% partie 
du 9'. tome, ou id^« volume du 
Théâtre de la Foire y Paris, Gau- 
douin, 1757, in-i2.Ge volume con- 
tient douze pièces, toutes de Garolet^ 
la douzième , intitulée X Amour dé* 
sœuvréy ou les Faeances de Cythère, 
n'a pas été représentée , et il n'en est 
pas question dans Vftistoire du théâ- 
tre de V Opéra- Comique. A. B— x. 
GAROLI (François-Pierre), na- 
quit à Turin en i()58, et commença, 
au sortir du collège , à s'apphquer à 
la géométrie, à l'architecture et k la 
perspective. Son goût pour cette der- 
nière partie le détermina dans le choix 
de son état. Il alla à Venise, à Flo- 
rence et ensuite k Rome, où il se 
fixa. Ayant été admis à l'académie de 
peinture , il fut si considéré qu'on le 
nomma professeur per[)étuel. Garoli, 
quoique Long à terminer ses compc»- 
sitions, traita un nembrç sssex con- 



CAR 

sidërable de sujets d'iiive&tl(>& , et 
peignit les vues intérieures de plu* 
sieurs églises de Rome. Ces tableaux 
fuKQt recherches 9 nou seulement des 
habitants de cette grande Tiile, mais 
encore des étrangers ^ qui en admi- 
raient le coloris y l'exactitude et le 
fini précieux. Garoli ornait souvent 
ses tableaux d'architecture de figures 
représentant des sujets d'histoire ana* 
lègues à ses compositions. Cet ar- 
tiste nfiourut à Rome en i •716. La 
perspective, qui parait avoiç été igno« 
rée ou très négligée par les anciens 
artistes , fut l'objet principal de ses 
études. Z. 

CAROLINE, reine d'Angleterre. 
Fqx. Geobge il 

CAROLINE ( Louise ) , fille de 
Louis Yin , landgrave de Hesse- 
Darmstadt , née le 1 1 juiUet 1725 ^ 
épousa, eii 17^19 Charles Frédéric ^ 
margrave de Bade, et se rendit bien* 
tôt chère à ses sujets , par le zèle avec 
lequel elle cherc^ à améliorer leur 
sort, et à seconder les vues bienfaisan- 
tes de son époux. Elle était fort ins- 
truite en histoire naturelle, et s'appli- 
qua surtout à favoriser les progi*ès de 
Fagriculture. Elle aimait les voyages, 
et mourut à Paris, le 5 avril 1 785. Le 
beau cabinet d'histoire naturelle qu'elle 
avait formé, et que l'on garde dans le 
palais de Carlsruhe, prouve son goût 
pour ce genre de connaissances : uest 
riche surtout en minéraux et en co- 
quillages. Les impératrices Marie- 
Thérèse et Catherine II firent rassem- 
bler ce quft leurs états offraient de plus 
curieux k cet égard-, et l'envoyèrent à 
la princesse Caroline-Louise. Ce cabi- 
net est classé d'après le système de 
Lioné. Une belle bibliothèque d'ou-s 
T-rages de botanique y. est jointe, et 
l'on y remarque en particulier le grand 
herbier où la margrave fit graver et 
eduminer toutes les plantes de son 

vu. 



CAR 177 

jardin avec les parties de la fructifica* 
tion. Gauthier Dagoty fut le principal 
graveur de cette entreprise. G*-t. 

CARON, chef des Celtibériens et 
des Numântins confédérés poar se« 
couer le joug de Rome, se mit à la 
tête de vingt mille fantassins, et de 
cinq mille chevaux , marcha contre le 
consul Quintus Fulvius, lui livra ba- 
taille, et le défît ; mais, emporté par 
son ardeur à la poursuite des fuyards, 
il fut chargé par la cavalerie ronaine, 
et mourut , les armes à la main , l'an 
i55 av. J.-C. B— p. * 

CARON (LoYs LE ) , jurisconsulte, 
changea son nom en celui de Cha* 
rondos , législateur ancien , et rignait 
Carondas le Coron» Né à Paris 
en i536, il s'adonna d'abord à la 
poésie française* 11 fit paraître dès 
l'année i554 , en un volume in* 
S\ , à Paris, le recueil de sts vers* 
On trouve dans ce volume, qui •n'a 
guère d'autre mérite que celui d'une 
grande rareté, un poëme en vers de 
dix syllabes , intitulé ie Démon 
d^ amour, des Sonnets ^ des Odes y 
des EpigrammeSy qu'il avait compo* 
ses à la louange d'une maîtresse véri- 
table ou imaginaire , à laquelle il 
donne le nom de Clairex II la célébra 
encore dans soixante -dix Sonnets 
qu'il fit imprimer la même année sous 
le titre de Clarté amoureuse , à la 
suite d'un dialogue en prose intitulé 
l^ Claire , ou la Prudence de droit , 
in*8'*. On peut juger, par les insipides 
allusions qu'il ètit au nom de sa mat- 
tresse, même dans les titres de ses 
ouvrages, qu'il n'épargne point les 
jeux de mots. H renonça prudem- 
ment à la poésie pour se livrer en- 
tièrement à l'étude du droit, et il se 
fit une réputation très étendue dans 
son temps, comme jurisconsulte. Après 
avoir fréquenté le barreau , il fut 
pouryu de la charge de lieutenant an 



1^8 CAR 

bailliage de Qennont en Beauyaisis, 
et 'û l'exerça jusqu'à &a mort, arrivée 
en 1617. Il employa ses loisirs à 
composer des ouvrages dont on 
trouvera les titres dans les Bibîio' 
thèques de Lacroix du Maine et de 
Duverdier. Les principaux sont : L le 
Grand Coutumier de France, Fa- 
ris, 1698^ in«4**« y 1^' Coutame de 
Paris y B»ec des Commentaires , 

fol.; Uh ses Œuvres y Paris, lôSy, 
a vol* in-fol. U écrivait en latin et 
en français avec une grande facilité. 
U s'est exercé sur toutes sortes de 
sujets. On a de lui des traités de 
philosophie, des discours, des pané* 
gyri<|nes et des ouvrages de droit. 
Ces derniers sont les seuls qui aient 
•u quelque réputation. W~ s. 

GàfiOM ( Faai»çois ), né en Hol- 
lande de parents français , fut mené 
1res jeune au Japon. Kaempfer dit qu'il 
^lait cuisinier à Dord d'un navire. Bien- 
l6c , il fut chargé de la garde des 
l^rovisions» Excédé des mauvais trai« 
tementsdu capitaine^ il se cacha k>r»* 
que celuî-ci quitta le Japon. Les gens 
de la compagnie qui restaient dans ce 
pays hii enseignèrent k lire, h écrire 
jft à compter. Caron répondit k leurs^ 
âoins par des progrès rapides , et ap* 
prit en même temps k parler couram- 
ment le japonais. Cet avantage lui pro«> 
^ra un prompt avanccnwnt; il devint 

Jar la suite directeur du commerce an 
apon , et membre du conseil des In- 
des. Ayant demandé un poste plus 
^ëraînent) il éprouva un lefus^ et té^ 
^olut de quitter la compagnie hollan- 
daise. Étant À Geyian en i644^ ^ 
bougeait déjà à entrer au service de 
France, lorsque €oibert, voulant faire 
participer le» Français au cotnmerce 
des Indes orientales, cmtque le meil- 
leur moyen serait de se procurer, pa^- 
«liiesiétraiigerflu desboiames capables 



CAK 

de diriger les premiers établissements^ 
Garon en fut nommé , en 1 666, direc- 
teur-général , et on lui associa quatre 
autres Hollandais sous le titre de mar- 
chands ; mats on lui adjoignit le sieur 
Lafaye, et quatre Français, sous le^ 
mêmes titres, avec la condition que 
les Français, dans leurs grades» au- 
raient le pas sur les étrangers. Il na- 
quit de là une rivalité qui eut bien- 
tôt des suites fâcheuses. La flotte ar- 
riva en 1667 à Madagascar. On trou- 
va l'établissement en mauvais état ; 
ou essaya vainement d'en amâiorer 
Tadministiation. La colonie était sans 
cesse en butte aux attaques des natu- 
rels du pays. Les directeurs du com- 
merce pensèrent que l'on ne pouvait 
pas tenir à Madaqgascar, et que ia 
compagnie devait chercher ailleurs les 
avantages que cette tie était lom de lui 
offrir. Garon se chargea de passer à 
Surate , dans l'espoir d'y acheter àe% 
marchandises que l'on pAt envoyer 
en France. Il partit vers ia fin de 
1 667. Arrivé à Surate, il ne tarda pas 
& expédier à Madagascar son vaisseau 
avec une riche careaison. En 1671 ^ 
Delahaie , commatidant la flotté fran- 
çaise dans les Indes , Ini apporta le 
<âordon de St.-Mîchel , faveur d'au- 
tant plus grande , que Caron était resté 
attaché à la reKgion protestante. H 
ft'embarqua en 167^2 , avec Delabaie, 
ponr Trinquemafé. Il avait engagé le 
gouvernement à dioisir l^e de G^lan 
pour le chef-lieu de ses établissements 
dans llnde; T^voi de la flotte de De- 
lahaie avait pour but de former un 
tomptoir à Trinquemalé. On commen- 
ça à y travailler en mars 167a; les 
maladies et d'autres obstacles firent 
abandonner l'entreprise au 'mots de 
juillet. Garon accompagna Delabaie 
à la prise de Meliapour. Les nom- 
breux ennemis qnil s'était attirés 
avaient fait parvenir en France dei 



jpiaffltes centre lui. Il reçut Tordre de 
$y reudre; et, soit que Ton ne voulût 
pas proBOnoer sans l'avoir entendu , 
soit que Ton <3raignit qu'il trouvât le 
moyeD de se soustraire à l'autorité , ou 
donna pour prétexte à ce rappel le 
besoin que l'on avait de ses conseils. 
Fajant aucune dé&ance, il obât sur- 
le-cbâup, et il avait d^ passé le d^ 
imt de Gibraltar pour iarriver à Mar- 
seille, lorsqu'il apprit y par un vaisseau 
français qu'il rencontra, qu'on était 
mal disposé contre lui à la cour: alors 
il fît revirer de bord , pour aller à 
Lisbonne. 11 y était déjà mouillé , et il 
avait reçu une visite de la part de 
St.-fioinain, ambassadeur de France 
près de la cour de Portugal, lorsque 
le vaisseau toucha contre une rocke , 
ctpé-ften 1674* Carun futeu^outi, 
Avec les richesses immenses qu'il ap- 
portait de l'Inde. Uu de ses Els, qui 
était avec loi, parvint à se sauv^. 
On a une Descmption du Japon , 
écrite en hollandais par François Ga- 
ron , €t imprimée à la fiaje en i656*, 
ifl-'4''M %.^ elle se trouve en françjâs 
dans TbevetiOt ^ ei dans le tome IV 
<ia Recueil des Voynges au Nord. 
D— P— 5 et E— s. 
CARON (&AYM0tNo) , né en i6o5 
m Irlande « dans le comté de West- 
mead, entra cbez les récollets , 011 il 
se distingua dans l'étude et dans 
renseignement de la théologie. Après 
avoir passé plusieurs années à Saitz- 
bourg et à Louvain , Jl revint dans sa 
patrie avec le titre de .commissaire- 
général de son ordre. Les catholiques 
étaient divisés en deox partis , dont 
Tiui ejûgeaic de Charles 1". une assu- 
rance positive pour le maintien de la 
religion romaine et des privilèges de 
la Dation, et l'autre se contentait d'une 
promesse générale y jusqu'à ce que ce 
prince fut débarrassé de la guerne 
faricmfînteirc* h^ P. CUcor se i^ro- 



CAR 179 

nonça pour ce deruier parti , contre 
le senUment de son ordre, et il «n 
4^prouva des tracasseries. Lorsqu'il vit 
que les catholiques avaient le destous , 
il passa sur le continent , d'oii il ne re- 
vint qu'a près le rétabli ssemfiutdc Char- 
les II. Ce religieux mourut à Dublin en 
mai 1 ^QQ, Il avait composé un ou- 
vrage fameux intitulé : Remonstran" 
tia Hyberrwrum corura Lopordenses 
uliraaiontanasque censuras ^ etc. , 
«Londres, i6(>5, in-fot. Il y soutient 
avec beaucoup de force la doctrine 
de l'Église gallicane sur l'indépeu- 
dance des rois, la ûdéliié des sujets, 
et contre l'infaillibilité du p^pe. Cet 
ouvrase, dédié à Charles (1 , «st pré- 
cédé d'une plainte k Alexandre Vll^ 
^d pontifie* Max. Alex, Fil que^ 
rimonia, La plainte est dans le recueil 
des libertés de l'Église gallicane, de l'é" 
ditionde 1 75 1 . Le P. Ga;on l'avait pu- 
bliée «n 16(12 , dans la même ville, su^ 
le même sujet et dans les mêmes {)ria-*^ 
clpes. Les autres écrits de ce loyal re- 
ligieux sont : I. JRoma Uiwnphans^ 
Anvers , i655, in-ia , oia il entre- 
prend de pi>Qu^^ la doctrine <»tho- 
tique par une nouvelle méthode ; II. 
ApQStolatus e^ang^icus nûssiona^ 
riorum reguluriuui^ ibid.^ i653, 
in-i2^ Paris, jOSq., m -8°,; III. 
Conlroversiçe générales Jidei eon- 
ira infidèles cannes ei hœreticos^ Pa- 
ris, 16(^0. Il a laissé en mauuscmt : 
De sacerdotio et imperio libri II ; 
De canone SS, Scripturœ contra 
episcopum Dunelmemem* T-<— d* 

€AEON ( I^tGQLAs ), né à Amiens 
en 1*700, £^pprit à graver sur bois de 
Michel Papillon , 'qui est regardé com- 
me le restaurateur de cet art. Les ta- 
lents de Caron n'étaient pas bornés 
a la graviure ^ il avait 'âudié la géomé- 
trie, la mécaniq^ue, et avait fait dans 
ces 3<Hences des progcès très resiar- 
jSj^liçs. Ëaj 759, il fut jncçUnussibie 



i8o 



CAR 



de la société littéraire militaire de B^ 
sançon ( Voyez^ pour ce qui concerne 
cette société, Tartlcle Seran de la 
Tour ) ^ et il mettait la dernière main 
à quelques ouvrages qui auraient ajouté 
à sa réputation, lorsqu'un accident 
épouvantable vint détruire toutes ses 
espérances et le plonger dans le plus 
grand des malheurs. Il avait entrepris 
un petit voyage pour se délasser de 
ses travaux^ étant entré dans une au- 
berge où se trouvaient déjà quelques 
chasseurs , il prit un de leurs fusils, 
et , en le maniant, tua un homme qui 
était en face de lui. Arrêté et conduit 
en prison , il lui fut iEacile de se justi- 
fier ; mais Thomme qu'il avait tué était 
un père de famille, et on le condamna 
à des dédommagements- considérables 
envers ses enfants: il ne put les payer, 
fut retenu à la Conciergerie, y languit 

Îlusieur$ années , et mourut en i '^66. 
'apillon dit que Garon était très supé- 
rieur aux autres artistes de son temps, 
et que, s'il se fût appliqué a dessiner la 
figure, il aurait pu égaler les Lesueur. 
U avait gravé les planches d'un dic- 
tionnaire héraldique , et composé une 
Méthode géométrique pour dimer 
Je cercle f et une Table pour faciliter 
V extraction des racines. On trouvera 
des gravures de cet artiste au cabinet 
impérial des estampes, N". ioa8, 
entre autres , son portrait à glisses 
tailles; mais son chef-d'œuvre dans ce 
genre est le portrait de Papillon , placé 
au-devant du Traité-de la gravure 
en bois , et qu'on attribua dans le temps 
k Papillon lui-même. W— s. 

GARONDELET ( Jean de) , fils de 
Jean de Gharonde, chancelier de Bour- 
gogne, que la petitesse de sa stature fit 
lippeler Cartmdelety naquit à Dole en 
1469. Dès l'an i5o3, il remplit les 
fonctions de conseiller ecclésiastique 
au conseil souverain de Malines. Les 
BourgttiguoDs jooissaicDt k cette épo- 



CAR 

que de la haute faveur de Charles^ 
Quint , témoins les Garondelet , les 
Granvelle, lesBoisot, les Richardot, 
les Bonvalot, etc. De Malines, Garon- 
delet pssa à Bruxelles, ou il présidait 
le conseil ecclésiastique en 1 5^7. Il fut- 
encore, entre autres dignités, revêtu 
de celles d'archevêque de Païenne, de 
primat de la Sicile , de chancelier per* 
pétuel de Flandre^ et de secrétaire de 
l'empereur. Il conserva ces dernières 
places jusqu'en i54o, où son grand 
âge le détermina à renoncer aux af- 
faires publiques. Il n'est pas indifférent 
d'ajouter à tant de titres celui d'ami 
d'Érasme ; la preuve en est dans les 
lettres que lui a adressées ce grand 
homme, et dans la dédicace qu'il lui 
fit de son Saint' ffilaircj en 1 5i^. Ga- 
rondelet mourut à Malines le 8 février 
1 544 y %é de soixante-quinze ans. Il 
avait laissé manuscrits quelques trai- 
- tés sur différentes questions de droit ; 
' mais, suivant le P. Laire, on a imprimé 
en 1 565 , à Anvers , in-S*** , un ouvra- 
ge de lui, intitulé: I^e orbis situ. Le 
P. Laire assure avoir vu un exemplaire 
de cet ouvrage dans la bibliothèque du 
Vatican : nous ne connaissons aucun 
autre bibliographe qui en ait lait men- 
tion. Foppens, dans sa Bibliotheca 
belsica^ nous a conservé son portrait , 
et lépitaphe inscrite sur son monu- 
ment k Bruges, dans l'élise de Sl* 
Donatien , dont il était recteur. 

M — ow et W— s. 
CAROUGË ( Bertrah D - Augu« 
TIN ), né en 1 74 1 9 à Dol en Bretagne, 
s'adonna particulièrement k l'étude de 
l'astronomie. Il vint à Paris et se lia 
avec Latande, pour lequel il fit plu- 
sieurs calculs que ce savant inséra dan s 
les deux dernières éditions de son^s- 
tronomie. On a de lui quelques^^mé- 
moires dans la Connaissance des 
tempf , pour 1781, 1789 et 1798. 
Il laissa de petites tables pour eucu» 



\ 



GAB 

1er y à qn iptatt d'heure près y les pha- 
ses de la lune pendant soixante ans.. 
Elles sont une continuation de celles 
^ue Là Caille avait calculées pour Tu- 
sâge des marins ; Lalande les publia 
dans la Connaissance des temps pour 
1801 ( an Ix). Garouge, né sans for- 
tune, après avoir /ait quelqnes édu- 
cations particulières y obtint en 1795 
la place d'administrateur général des 
postes, qu'il n'avait point sollicitée , 
et ne n^ligea pas , dans l'aisance , l'é- 
tude et les calculs qui, dans tous les 
temps y avaient été ses principales oc- 
cupations. Il mourut h Paris , le 29 
mars 1 798. Lajandc parle de lui avec 
ffloge dans la Bibliographie astrono- 
migue. D^l^-^x. 

GARPANI ( Jossra ) , théologien et 
poète latin , naquit a Rome le 2 mai 
i685y et entra chez les jésuites le S 
]uillet 1 704* A des qualités aimables 
et des vertus douces, il joignait beau- 
coup d'esprit et d'instruction. Il passa 
la plus grande partie de sa vie h Rome,^ 
dans le collée romain, où il enseigna 
la rhétorique , la philosophie et la 
théologie; il y remplit pendant un 
grand nombre d'années l'emploi de 
préfet des études , et mourut presque 
octogénaire^ vers 1 765. Son nom dans 
l'académie arcadienne était TirroCreO' 
poUta. Il a publié sous ce nom deux 
pièces latines , intitulées : De Jesu in- 
fante , R orne 7 1 7 47 9 C[iiî furent ensuite 
traduites en italien; mais ce qui lui fit le 

S lus d'honneur, ce furent sept tra^é- 
ies latines , représentées avec le plu& 
grand succès au collège allemand et 
hongrois à Rome, sous la direction du 
poète François Lorenzini j intime ami 
de Fauteur. Ges tragédies furent d'a- 
bord imprimées à Vienne , en 1746^ 
par les soins de Gh. Griâet , puis à 
Rome , en 1750, sous ce titre: Jose^ 
phi Catpard soc. Jesu, inter Arca- 
des Tjrrthi CreopoUUe, tragediœ^ 



GAB 



181 



eittio qaarta, auctiot et ûCcura^ 
tior. Les autres poésies de ce jésuite 
se trouvent dans la première partie de 
YArcadwn Carminay Rome, 1757. 
On a encore de lui quelques ouvrage» 
de théologie, où il passe pour avoir 
mis beaucoup de clarté , de précision et 
de force de raisonnement. -«-Gaétano 
Garfani y son firère , s'appliqua a l'é- 
tude de la musique, et parvint, jeune 
encore, à posséder tous les secrets de 
la composition. Il s'est fait une ^andc 
réputation comme maître de chapelle : 
il était savant contra-puntiste>, et con- 
naissait toutes les finesses de l'art. 
Mort vers 1780, il a laissé un grand 
nombre d'élèves , qui ont enrichi 
lltalie de leurs productions. — Jo- 
seph Gabpaiti, né à Rome, flo- 
rissait dans le 1 7''. ■ siècle; on croit 
qu'il était de la même &mille que les 
précédents. Pendant quarante ans, il 
fut professeur de droit à (université 
délia Sapienzaj à Rome, et fut choisi 

1)ar le pape Innocent XI pour diriger 
es études dii prince don Lino Odes- 
calchi, neveu du souverain pontife» 
On a de ce Joseph Garpani: Fasti 
deW accadenUa degli Intrecciati, 
Rome, 167S, et, outre divers autres 
ouvrages , plusieurs Discours latins , 
imprimés séparément. — Un autre 
Garpani (Horace), publia, en 1616^ 
à Milan, un livre intitulé: Leges et 
statuta ducaius Mediolanensis , cum 
commentariis* B. G» 

GARPEAU. roy. Saussay (du). 

GARPEGN A . F. MONTERGBIUS. 

GARPENTER (Nathan AEL), ecclé- 
siastique anglais, né dans le comté de 
Devon , élevé à l'université d'Oxford , 
où il devint, en 1 607 , associé du col- 
lée d'Exeter, mort àDublin en i655y 
avait la réputation d'un homme très 
savant Ses ouvrages sont : I. Philo- 
sophia Ubera triplici exercîtaiionunt 
décade ptoposita y (hioxày 162^^ 



fo 



dAR 



in-8*., et Francfort , 1 6a i , în^*. , on- 
-^rage où , Tifii êe% premiers , il attaqua 
la doctrine d^Aiisfote; II. Geographjr 
delineated forth in iwo bûoks , con- 
taining the spharical and tojncal 
parts ihereof, Oxford , i6a5 , iii-4". 
Dans la seconde partie de ce traité, il 
essaye de pronver que les naturels 
d'un pays montagneux sont en gêne- 
rai plus guerriers et plus généreux que 
les hurames nés dans un pays plat. 111. 
jérchifopelj ou Portrait â^un poli- 
tique corrompu ( ffickedpolitician), 
en 5 parties. X— s. 

CAKPëNTER ( Richard ) , anrès 
avoir fait ses études à Oambriage, 
passa sur le continent, y fut ordonné 
prêtre , et se fit , dit*OD , moine béné* 
dictin en Italie. De retour dans sa pa- 
tne en qualité de missionnaire, il en- 
tra , au bout d'un an , dans Péglise an- 
glicane , et j obtint une cnre. Pendant 
la guerre civile , il quitta sa cure , se 
fit prédicateur forain, comme c'en 
était alors assez la mode. 11 s'appli- 
quait principalement, dans ses ser- 
. mons, & exciter le feu d^à allinné en 
Angleterre, et à fbmentpr la scission 
entre le roî Charles T'.ctle parlement. 
Ce métier ne l'avançant point dans ses 
¥ues de fortune , il se retira à Paris , 
avec le dessein apparent 9j changer 
de conduite ; mais il ne tarda pas de re- 
passer la mer. Garpenter se mêla alors 
parmi lesindépenaants, reprît son mé- 
tier de prédicateur ambulant, confor- 
mant ses discours et sa conduite aux 
circonstances. 11 finit pr se marrer, et 
continua ses prédications principale*' 
ment à Aylesbury, jusqu'au rétablis^ 
sèment de Chartes II, exdtant la pitié 
des gms de bon sens , et amusant la 
populace par ses bouffonneries. Ce jo- 
vial ministre du St. Evangile, songea 
enfin snr ses vieux jours à changer de 
vie; il rentra avec sa femme dans Pë* 
glise catholique, et mourut dans cette 



6Ati 

connu union. Cet hoinfire ne manqaaif 
ni d'esprit, ni de savoir; mais il se 
déshonora par fusage qu'il en fît dans 
àt^ temps de confusion et d'anarchie. 
On lisait sous un de ses tableaux : Bi^ 
chardus Carpenterus , sacerdaspor" 
eeîîo euidam, Gerasenorum scili" 
cet, tn omnia prœcipiti , Jructibus- 
que devoto, eidem porco, loquaci 
pariter et minaci mendadifue in* 
dicit silerUium, atque obmutesce. Il 
a composé les ouvrages suivants : I. 
Expérience y histoire et théologie, 
dédiéau parlement, 164^, in-8^., réim- 

1>rimé avec quelques changements, sous 
e titre de la Ruine de VAnte- Christ, 
1648; II. la Loi parfaite de Dieu, 
sermon qui n'est pas sermon > qui 4t 
été prêché et n*a pas été prêché, 

S ublié pendant qn'il.était dans la secte 
es indépendants, i65'i; IIL le Je- 
suite brouillon y imprimé après le ré- 
tablissement de Charles II; IV.Preu- 
t>es que V astrologie est innocente y 
utile et pieuse y Londres, i655, in- 
4".;^ V. plusieurs sermons imprimés à 
Londres en 161 3, 1616 et 16^3 , 
in-4". et in-8^. — Un autre Carpenteh 
( Jean ) , théologien anglais , qui écri- 
vit vers la fin du t6^ siècle, est au- 
teur de plusieurs ouvrages : Sermons^ 
Contemplations^ etc., Londres, 1 588, 
iSgg et 1606, in-4". et in-8\ T— d. 
CARPENTïËR ( Pierre ), reH- 
deux bénédictin de la côngr^alion de 
St.-Maur, né à Gharlevitfe le ^ février 
1697, se distingua par sou érudition 
et sa constance an travail , dans une 
société célèbre par le grand nombre 
de savants qu'elle a produits. Il ent la 
principale part à la nouvelle édition 
du Glossarium mediœ et injimœ la* 
tinitatiSf de Du Gange , publiée de 
1755 à 1 736 ( rb^. Du Ca»ge ).Ce 
fut lui qui en rédigea la pre'&ce , qui 
en surveilla l'impression, et qui y fit 
ks additipni les plus n.osd)reuses. If 



CAR 

«ratt obtenu, par la protection du 
contrôleur-général Orry , Tentrée des 
arcbives de la couronne, et la per^ 
mission d*y puiser too&ks renseigne- 
ments néoessaires à son travail. Parmi 
les pièces qull eut l'occasion d'exami* 
ner, se trouvèrent des lettres de Louis* 
le-Dâ)ounaire , roi des Germains , 
écrites d'un caractère connu des sa* 
rants sous le nom de t^roTii^n. Ge 
sont de véritables signes stënogra- 

S biques employés par les anciens, et 
ont i'usagie s est conservé jusqu'au 
Xl\ siècle. D. Garpentier en fit une 
élude particulière, et publia le résultat 
de ses recherches, dont on imaginera 
aisément toute la difficulté, dans un 
ouvrage intitulé : u^lphabetum iyro^ 
nianum , seu notas tyVQnis expUca/^ 
di methodus^ Pans, 17479 in-^l- 
lies travaux de D. Garpentier avaient 
déjà été récompensés par le prieuré de 
Donchery , qui le mettait à même dé 
se procurer les secours dont il avait 
besoin pour les ooatinuer. Le dépouil- 
lement des titres des archives de U 
couronne lui avait fourni un assez 
grand nombre de notes ; il les accrut 
encore par des recherches assidues, 
et en Wma un ouvrage qui fut 
imprinié sous ce titre ; Glossaritm 
no9um seu ^uf^Umanitum ad auctio^ 
rem Glossaru C^ngiéini edOionan^ 

.Paris, 1766, 4^<^*iti~^<'l*> ^ ^P~ 
plément du Glossaire est phis rave 
et plus cher que k Glossaire même* 
Le 4^ et djôroier Tolume contient 
l'eiplteatioa d'un gr^nd nomb» 4e 
vieux mots français, et la disserta- 
tion de Du Gange s^r quelques mé- 
dailles du bas empire, qui manque 
dans la seconde émtiou du Glossaire, 
Ceox des confrères de D. Garpentier 
qui avaient coopéré k cette édition 
fiireot fichés de lui en voir publier le 
supplémeol sous son nom seul ; il en 
lésulta des disoimou^ si ym9 qa'eUes 



CAR 



i83 



k déterminèrent à demander sa sortie 
de la congrégation* Dom Garpentier 
ayant obtenu sa sécularisation, vécut 
dîans le monde, fréquentant les grands, 
et surtout la maison du prince d'Isin- 
ghen , qui estimait son savoir. Il mou- 
rut à Paris au mois de décembre 1 767* 

W— -s. 

CARPENTlER(ArfTOHfR-Micn£i.i 
architecte , né à Rouen en 1 709, don- 
na de bonne heure des preuves de 
son goût pour les arts, étudia d'abord 
le dessin, et ensuite la sculpture;; 
mais , étant venu à Paris en 1 7^28, il 
tourna tout-à-£iit ses vues vers l'ar- 
chitecture, h laquelle il dut sa répi^ 
.tation et sa fortune. Il devint membre 
de l'académie d'architecture, archi- 
tecte de l'Arsenal, des domaines et 
des fermes générales du roi. Parmi les 
nombreux édifices élevés sur ses des- 
sins, on compte les châteaux de Gour- 
teiJIes et de la Ferté-daus-le-Perche; 
celui de Ballinvilliers, sur la route d'Or- 
léans ; les bâtiments de l'arsenal , les 
rnjtérieurs de l'hôtel 4^ Jkuvron , etc* 
}\ fut aussi chargé par le prince de 
Condé de la construction du palais 
Bourbon ( qui, après avoir reça des 
augmentations considérables , et , pour 
ainsi dire, une nouvelle forme ,1 est 
aujourd'hui le palais du corps législa- 
tif Garpentier, forcé de s'assujétir aux 
plans de l'ardiitecte, son prédéces- 
seur, ne put éviter entièrement dçft 
observations critiques , quoiqu'on ren- 
' dit justice k l'art avec lequel il sut £iire 
un tout de diverses parties isolée. La 
probité et le désintéressement de cet 
artiste le rendirent cher à ceux qui 
le connurent. 11 mourut en 177!», à 
soixantertrois ans. D— t. 

CARPI ( lAcqimi ihs > Fciygt 
Beaenger* 

GARPI ( Hugo ds ) , peintre et gra- 
veur enhois, naquit à Rome vers 1 486« 
Cet artiste futTun des preniiei:s qui e^ 



î84 CAR 

• a 

cuta , en Italie, des gravures en bois k 
trois planclies; la première pour le 
trait , la seconde pour les demi-teintes, 
et la dernière pour les ombres.' Bal- 
tbazar Perrùzzi, le Parmesan , Antoine 
de Trento et quelques autres adoptè- 
rent cette manière , et exécutèrent plu- 
sieurs ouvrages dans ce genre. Garpi a 
Imprimé quelques-unes de ses estàm- 

Î)es sur du papier gris, afin de rendre 
efs lumières, pour lesquelles il faisait 
une plancbe à part, plus brillantes. 
Il a passé en Italie pour l'inventeur de 
la gravure au clair-obscur. Les Alle- 
mands ont revendiqué cette découver- 
te avec quelque apparence de raison , 
puisqueYolgemuth, Albert Durer, Cra- 
Dacb et autres , qui ont gravé dans le 
même genre , lui sont antérieurs ; mais 
on connaît une gravure en taille de 
bois à plusieurs planches , exécutée 
par Jérôme de IVfocetto , natif de Vé- 
rone , et élève de Jean Bellin, qui por- 
te la date de 1 5oo ; elle représente 
l'entrée de notre seigneur dans Jéru- 
salem , et on en voit une épreuve à la 
bibliothèque impériale à Paris. Parmi 
les divers ouvrages dé Garpi , l'on dis- 
tingue : Dapîd coupant la tête de Go- 
liath , le Massacre des Irmocenis , 
Ananie -puni de morty Enée sau^ 
çant son père Jlnchise, d'après Ra- 
phaël, et plusieurs autres estampes 
en taille de bois., d'après le Parmesan 
et autres maîtres. P-^e. 

C^RPI (Jérôme de ), fils d'un 

peintre de décors , fut d'abord pla<*é 

chez Benvenuto, où il travailla sans 

relâche; puis, en profitant des savants 

. modèles que pouvait lui offrir la ville 

de Bologne , il y fit de grands progrès , 

et s'y fit connaître par quelques por- 

- traits. Il s'y attacha surtout aux ou- 

Trages du Gorrège , et fu t ensuite a Par- 

' me, où il copia, chez le docteur Gri- 

• anzoni, le tableau qu'il possédait de 

le grand mettre qui avait été son ami. 



CAK 

II réussit si parÊiitem&t et avec tant 
de promptitude, qu'on Femploya beau- 
coup à faire des copies de ce chef- 
d^œuvre." Cette étude changea sa pre- 
înière manière. Il se rendit à Borne , 
et , à la vue des magnifiques ouvrages 
qu'il y trouva, il se repentit de s'être 
arrêté si long-temps à Ferrare , à Bo- 
logne et à Parme. En effet, son talent 
s'y fortifia tellement qiie, de retour à 
Bologne, il fut chargé de deux ta- 
bleaux; Fun pour l'église St. -Martin, de 
représentant V Adoration des rois; 
l'autre, à St. -Sauveur : on y voit la 
Vierge et V enfant Jésus accompa* 
gnés de plusieurs saints, (ks ouvrages 
se lussent aient du goût du Gorrège, 
et firent appeler de nouveau Garpi à 
Ferrare, où il fut très occupé, tant en 

Peintures à fresque qu'en tableaux à 
huile. Ge fut en i546 qu'il fît un ta- 
bleau commandé par François 1*'., 
repésentant \mé P'énus nue. Vasari 
l'avait vu à Ferrare, et il eu fait l'éloge, 
en disant qu'il était digne de la France 
ou il a été envoyé. Jérôme Garpi ap- 
prit aussi l'architecture sous Gdlasso 
de Ferrare, et le pape Jules II voulut 
Fattacher à son service pour les tra- 
vaux du Belvédère, avec prémesse 
d'un heam logement et d'une forte 
pension ; mais Jérôme , craignant Ids 
chagrins dont la jalousie dés autres 
architectes aurait pu Fafccabler, re-* 
fusa ces avantages ; et resta chez son 
■ protecteur, le cardinal Hippolyte d'Es- 
té , logé à Montecavallo. Il disait 
' « que iV-pain' et l'eau, aVec là tran- 
quillité, valaient mieux que lés hon- 
neurs et les richesses. i> Enfin , de 
retour h Ferrare, il vécut au 'milieu 
de sa famille et de ses amis , travail- 
lant toujours à dts ouvrages de pein- 
ture. Un des pavillons du palais du 
duc Hercule d'Esté, deuxième du nom, 
ayant été consumé par le feu, ce prince 
chargea Garpi de le réconstruire. Il y 



CAR 

réussit parfaitement, et en fut magni- 
fiquement récompense. li mourut peu 
de temps après^ âgé de cinquante-cinq 
ans. R— >N. 

GARPIN,oaCA»PINI ( Jean du 
Plak ) , frère mineur de l'ordre de 
St.-François , né en Italie vers l'an 
1220 9 fut envoyé en 1246 , par 
Innocent IV, vers le khan Batu , 
qui régnait dans le Kaptchac , pour 
le conjurer de cesser ses ravages dans 
plu»eurs pays de la chrétienté, tels 
que la Russie, -la Pologne, la Hon- 
grie. Cet intrépide religieux , arrivé 
à Kiow, alors capitale de la Russie , 
•traversa la Cumante, longea la mer 
Noire , et parvint au quartier-général 
de Batu. Dépêché par ce chef vers la 
horde du grand khan Ajouk, il passa 
au milieu du pays des Bisermines et 
des Naymans, que devait gouverner 
le Prêtre Jean , prétendu prince chré- 
tien subjugué par les Monghols.- Il ar- 
riva enfin à la horde dorée , et obtint 
audience du grand khan , fut renvoyé 
avec une lettre pour le St.-Père, et 
revint par la même route jusqu'à Kiow. 
Après son retour , Carpin devint suc- 
cessivement premier custode de Saxe , 
et provincial d' Allemagne. Il paraît 
qu'à se consacra ensuite aux mission^ 
du Nord , et qu'il prêcha l'Évangile en 
Bohême, en Hongrie, en Norvège et 
en Danemark. Il mourut au milieu de 
ces travaux apostoliques, dans un âge 
avancé. Nous avons de ses voyages 
une relation complète et une autre 
abr^ée» On les trouve dans le premier 
volume du recueil d'HaUuyt , et dans 
le recueil publié par Bergeron , sous 
ce titre : Fc^ages faits prineipale-' 
ment enJlsie dans les 1 2' ., 1 5°., 1 4°. 
et i5'. siècles y par Benjamin de 
Tudèle^ Carpin, Rubnufuis , etc. y 
•la Baye, 1729, ou 1755, 2 vo- 
lumes m-4°< Carpin est le premier 
qui.ait parlé du Prêtre Jtm^ si &- 



CAR 



85 



meux chez les voyageurs du moyen 
âge , et dont l'existence et le pays ont 
enfanté tant d'opinions diverses. H est 
aussi le premier qui ait fait connaître 
k l'Europe occidentale les pays et les 
peuples qu'il avait visités ; mais Carpin, 
quelquefois observateur fidèle, comme 
dans sa description des Monghols, a 
plus souvent tous les défauts des voya- 
geurs, qui, de son temps, parcouraient 
les mêmes contrées , et sacrifie au goût 
de son siècle pour le merveilleux. Il se 
contente presque toujours de copier les 
noms de lieux ou de peuples, tels que 
Jes prononçaient les Tatars qu'il visi- 
tait, et il en résulte qu'il prend sou- 
vent des hordes ambulantes pour des 
nations sédentaires, et des camps pas- 
sagers pour des villes anciennes. 

L. R-— E. 
CARPIONI ( Jules ) , peintre et 
graveur, né à Venise en 161 1. Les 
leçons de son maître , Alexandre Va- 
rotari, dit le Padcuan, lui firent 
faire des progiès sensibles dans la 
peinture, surtout dans le genre des 
bacchanales, des danses, et autres 
sujets de caprice , dans lequel il réus- 
sit beaucoup mieux que tous ceux qui 
ïavaient précédé. Après avoir parcou- 
ru les principales villes d'Italie, ou il 
laissa un grand nombre de ses pro- 
ductions , recherchées et esliuiées des 
amateurs , il se fixa à Vérone , où il 
'^mourut en 1674. H a gravé à l'eau 
forte plusieurs sujets de sa composi- 
tion, entre autres, Jésus- Christ au 
jardin des Olives , et un Repos en 
Egypte. P — ^E. 

CARPOCUATE , hérésiarque ,^ na- 
tif d'Alexandrie, vivait sous le règne 
d'Adrien. Elevé à l'école dès philoso- 
phes platoniciens , il reconi/ut, comme 
eux , l'existence d'un dieu suprême^ 
celle des anges dérivés de lui par une 
.suite infinie de générations. 11 admet- 
tait l'éternité de la matière ; et la créa- 



i86 CAR 

tion du monde dans le temps, parU 
ministère des puissances ange'liques, 
d'où il concluait que les juifs n'avaient 

1)as adore le vrai Dieu. Il croyait que 
es âmes sunt une émanation de la Di- 
vinité'; mais qu'ayant oublié leur cé- 
leste origine^ elles avaient été dégra- 
dées dt' leur première dignité, et con- 
damnées à être unies à des corps mor- 
tels, sous la dépendance des anges, 
créateurs du monde. J.-C. n^était , se- 
lon Garpocrate, qu'un pur homme, 
né de Josrph et de Marie, par la voie 
ordinaire d une génération charnelle , 
et il rejçtait les Évangiles de S. Mat- 
thieu et de S. Luc , qui apprennent 
qu'il est né d'une vierge par l'opéra- 
tion du S. Esprit. U prétendoil quH 
J.-G. n'était distingué des autres hom- 
mes que par l'élévation de son ame, 
qui, ayant moins oublié Dieu que les 
autres , en avait reçu une vertu qui le 
rendait capable de résister aux anges ^ 
et de remonter au ciel malgré eux, en 
laissant sur la terre son corps , qui 
seul avait souffert et était mort, d'où 
Garpocrate rejetait la résurrection de 
la chair* Les hommes pouvaient imi- 
ter J.-C. , r^aler , mériter la même 
gloire. Devenus impassibles au miliea 
des corps étrangers qui les environ- 
naient , les carpocratieAs faisaknt dé- 
pendre la moralité des actions du 
tempérament et de l'éducation.; Us 
pensaient que Dieu ayant nus dans 
tous les coaufs le germe de toutes les 
passions, on pouvait s'y abandonner 
«ans crime et sans remords. Aussi^ 
leurs mœurs étaient-elles ordinaire- 
ment fort corrompues. Plusieurs d^en- 
tre eux croyaient même qu'on ne pou- 
vait obtenir le sjdut qu'en se livrant 
sans retenue k toute sorte de désor- 
dres. Ils avaient leurs enchantoments , 
leur magie, leurs secrets; ils osar- 
quaient leurs sectateurs à l'oreille. 
Êpiphançây fils de Carpocratei âeyé 



CAR 

dans l'étude de la plus sublime pliSa* 
Sophie^ commençait à donner une for<» 
me plus séduisante au système de sois 
père , et à le débarrasser des prati*^ 
ques crossières de se^ sectateucs , 
lorsquil mourut à l'âge de di^^-sept 
ans. Il fut révéré comnie un dieu ; 
on lui dressa des autels; on lui ottrit 
des sacrifices dans l'île de Cepbalonie^ 

Î latrie de sa mhi'e» S» Clément d'A^ 
exandrie cite quelques kmbeaux 
d'un Traité 4^ la justice , qu'il avait 
composé. Une femme de cette secte, 
appelée MarcdUn^^ se montra à Rom« 
sons le pontificat du pape Anioet , et j 
pervertit beaiicoup de monde. T— bu 
CARPOV (Jacques), professeur 
de mathématiques, etdirecteur dugyiA- 
nase de Weimar , né k Gos&br le 2g 
septembre 1699 , fit ses étade^ k 
Halle et à Jéna, apprit de Wolf U 

Jbilosophie, étudia la théologie, le 
roit, oonna des leçons publiques è 
l'université, et s'y fit bientôt des en- 
nemis, pour avoir tenté de traiter b 
théologie d'après les méthodes pliilor 
s<^hiques« En vain le duc Eruest-Au- 
guste déchra que ses <^[iinions étaient 
exemptes d'erreur; l'approbation d'w^ 
prince ne suffit point pour deïendjre 
Gacpov contre ianîmosité des théor 
logions. Il quitta Jéia» se rendit A 
Weimar , fut suivi d'un grand ntmibre 
d'étudiants qui quittèrent fuiûversite 
pour continuer à l'entendre, et se fixa 
pour toujours dans cettedemièire ville, 
da il mourut le 9 juÎA 1 768. On a de 
lui un grand nombre d'écrits de théo- 
logie, où il a cherché à introduire la 
rigueur des dénuonstrations philoso- 
phiques; les titres en sont curieux et 
quelquefob absurdes; on 7 trouve 
cependant de l'indépendance d'esprit 
et du mérite: 1. Disp. de roUonis 
si^jîcîeniis princî/^co, Jéna, i7!i5, 
in-4^.;ll. De çuastione utràm tel'' 
ius $it ma^nafOn animal p.'ûÀà,^ 



GâR 

1715, ill>-4^; IH. Sei>èlatum SS. 
Trimtmtis nrysterium mefhodo de^ 
nuBnsirmtwdprùposkum et ah objeC" 
îionibus varias vmdicatum , Jêoa , 
1755, in-8^.;iy. Theologia dogma- 
tka revelatay melhodo scienlified 
adomatay 4 ^o^» w-4'*'> 1735-67. 
Cet onvnige porte aussi le titre d* Œ- 
conomia siUuiis Dfw. Test. ; Y. Ele- 
menia theohgia naturalis à pria* 
n> Jena, «74^» iii-4'.; VL Pensées 
sur l'wamiage de Us grammaire um- 
verselle (en français ), '744 y în- 
4"-> «te. G— T. 

CARPZOV (Benoit), en latin 
Carpxowius, jurisconsulte distingué , 
naquit dans la marche de Brandebourg, 
k aa octobre 1 565. U fit ses premières 
études à Francfort-8U]>rOder^ et les 
continua^ soit k Wittemberg, soit dans 
les pins célèbres universités de TÂlle^ 
mague, jusqu'en iSqo, qu'il rentra 
dans ses foyers. Bientôt après , il fut 
nommé docteur, et^ en 1 5g2 , asses- 
seur en droit. £n 1 5f)4 9 ^ comte de 
Reinstein et de Bladienbourg le fît 
son cbaueeKer, en lui permettant 
de réisider à Wittemberg, où il fut 
nommé professeur de droit en 1 599. 
En f 6«a , k reare de Gbrtstîan I". , 
éloctevr de Saxe, fbonora aussi du 
titre At son chancelier, et l'électeur 
CbristiaB le fit son conseiller. Com- 
blé de faveur» il se retira enfin à Wit- 
temberg, où il mourut en i6a49 lais- 
sant après lui cinq fils , qui se distin- 
guèrent to«s dans la même carrière. 
Il a ^pMié pittsienrs écrits sous «e û- 
tre DispstUttàones juridicce^ tels que 
De appeUaiiômhus ; De tesîamentit 
^rjniMSjÈnîS etc. tj*^*T 

CARPZOV (Benoît), fils du 
précédent, naquit k Wittemberg, le 
a 7 mai iSgS, et mourut le 5o août 
id66, api^ aroir été conseiller in- 
tûne de relecteur de Saxe, et, pen- 
dant quafante-siz ans , assesseur <}t 



CAR 187 

réchevittâge des appels. Il fut encore 
plus habile jurisconsulte que son père, 
et mérita d'être regardé comme le pre- 
mier des praticteos allemands. Ses 
principaux ouvrages sont : l.Practica 
rerum criminaUum , Wittemberg ^ 
1 635, in-fol. : il j en a plusieurs autres 
éditions, ainsi que des allégés; IK 
De caphulatione Çœsaredy swe de 
lege regid Germanorum , Erfurt , 
16^5, in-4^; I^eipûg, t 640, etc.; 

III. Decisiones iUustrium Saxoni^ 
corum , Leipzig , 1646 , in»4^ } ^c.; 

IV. Definiiianes forenses ad consîi" 
tuJt. Saxon, j Francfort, i658, etc. 
Nous n'étendrons pas davantage ce 
catalogue , qui serait aujourd'hui ab- 
solument sans intérêt, les ouvrages 
deCarpzov étant devenus coniplèle- 
raent inutiles. Nous renvoyons le lec- 
teur curieux de les connaître à Wit- 
ten , dans ses Memoriœ jurisccnsul^ 
torum , p. I T I , en observant toute- 
fois que Witten attribue à Benoit 
Garprov , le père , les ouvrages du 
fils : c'est Hiomonymîe qui a causé cette 
erreur. Carpzov était fort religieux. 
On trouve dans un de ses panégy- 
ristes , qu'il avait lu cinquante-trois 
fois la Bible d'un bout à Fautre , trois 
fois les notes d'Otsiander^ douse fois 
celles de Cramer, et que, si Ton îm- 

S rimait ' ses ouvrages théologiques , 
s ne seraient pas moins volumineux 
que le recueil de ses oeuvres de juris- 
prudence : fort heureusement , toute 
cAte théologie est restée manuscrit^. 

B— *5S. 

CARPZOV ( Atoïïste ), frère 
du précédent , docteur en droit, né à 
Colditz^ s'occupa surtout de la diplo- 
matie. Après avoir été avocat de la 
cour k Wittemberg, il occupa suc- 
cessivement les places de conseiller ^ 
d'assesseur et de chancelier de la 
haute-cour en Saxe. Il assista au 
traité de paix d'Osnabruck , et, eâ 



i88 



GAA 



16497 tn qualité cTenvpyé chargé de 
pleins pouvoirs, à celui de Nuremberg, 
qui réglait rexécution du premier. A 
obtint, en 1 65 1 , la [^ace de chancelier 
à Goburg , et, en 1675 , celle de con- 
seiller intime à Gotha. 11 mourut en 
i685, lûssAnt àes Meditationes pas- 
sioTudes , et quelques autres écrits. 

G— T. 

CARPZOV (Conrad) naquit à, 
Wittemberg , où il fut d'abord docteur 
et professeur de droit, assesseur, en- 
fin chancelier et conseiller intime de 
rarcheyêque de Magdebourg. Il.mou- 
rut en i65B, âgé de soixante -cinq 
ans. Il a laissé plusieurs écrits qui 
traitent de matières de droit; les prin- 
cipaux sont : De regaîibus , De pace 
religiosd; De inofficioso testamento; 
De interdictis ; De exhœredatwni- 
hus^De concubinatu ; De injuriis et 
fanvosis Ubellis , etc. , etc. G— x. 

CARPZOV (Christun) na- 
quit à Colditz, et s'adonna , comme 
tous ses frères , à l'étude du droit , 
qu'il professa avec distinction à Frano 
fort-sur-FOder, oii il mourut en 1 64^. 
Il a écrit : Disputationes de jure con- 
suetudinario ; De seivitutihus reoLi- 
hus ; De mord; De danationilms; De 
principiis , auctorihus et auctoritati" 
bus legum humanarum. G— t. 

CARPZOV (Jean -Benoît), 
était frère du précèdent. Il naquit h 
Rochlitz, le 27 juin 1607 , et mourut 
le 27 novembre 1657. Il fut profes- 
seur de théologie à Leipzig. On a ée 
lui , entre autres ouvrages , une dis- 
sertation De Ninwitarum pœrUtentidy 
Leipzig , 1640, in-4°* 7 InUroductio in 
theologiamjudalcam. B— ss. 

CARPZOV (Jean -Benoît), 
fils du précédent , suivit la carrière 
où son père s'était distingué, et pro- 
fessa à Leipzig les langues orientales 
et la théologie. On a de luit I. Disser- 
tatiQ de nummis Mosen cornutum 



CAR 

estih^erUibus^ Leipzig, 1659, in-4*.'; 
II. Aniimadyersianes ad Scbickardi 
jus regium Hebrœorum , Leipzig ^ 
1674 7 in-4''*9 m* une édition du 
traité de Maimonides sur les jeunes 
des Hébreux , avec une traduction la- 
' tine, Leipzig , i6^a , in-4'*) et beau- 
coup de traités sur des questions de 
philologie sacrée , dont il y a une 
collection faite à Leipzig en 1699^ 
in-4^« U était né dans cette ville, le 
24 avril 1639, et mourut^Ie 23 mars 
1699. B— ss, 

CARPZOV ( Frédéric - Benoit ) , 
frère du précédent, naquit à Leipzig, 
le I ^''. janvier 1649 , et fut membre du 
sénat de cette ville. Dès 1669, il se 
fit connaître par une dissertation aca- 
démique, où il examinait si la nais- 
sance, de J<4]. est prédite dans la 4^- 
églogue de Virgile, comme l'a préten- 
du Ëusèbe de Césarée. Cette disser- 
tation a reparu en 1700. On lui doit 
une édition des Amœnitates juris de 
Ménage, Leipzig, 1680. U a Eût réim- 
primer dans la même ville, en i685 , 
les lettres politiques de Hubert Lan- 
guet, augmentées de quelques lettres 
à rélecteur de Saxe. Vers i68a, il en- 
tra dans la société des hommes de let- 
tres qui rédigeaient les jicta erudUo- 
rum, commencés par Othon Mencken. 
Les morceaux qu'Adonna dans ce jour- 
nal lui firent une grande réputation. 
U rendit quelques services à Spanbeim 
pour l'édition ;des œuvres de Julien : 
ce fut lui qui surveilla l'impression et 
corrigea les épreuves. Spanbeim, dans 
sa préface, lui eu a témoigné sa re- 
connaissance. Carpzov mourut le ao 
mai j 699. B — ^ss. 

, CARPZOV ( Samuel -Benoît ) , 
frère du précédent, naquit à Leipzig, 
en 1647 , et i^ourut le 3i août 1707. 
U fut professeur de poésie. On ne con- 
naît guère de lui qu'un ouvrage de 
théologie^ contre le jésuite Masenius , 



CAR 

intitule : Anii-MasemuSj seu Examen 
jwvœ praxeos orthodoxamjidem dis- 
cemendi et amplectendif à Jacoho 
Masenio propositœ, B— ss. 

CARPZOV (Jeait-Gottlob), 
fils du précédent , naquit à Dresde , 
en 1679. On connait de lui: I. une 
dissertation latine sur les opinions des 
anciens pMIosopbes , touchant la na- 
ture de Dieu , à Leipzig, 1699, i°-4^v 
II. Critica sacra, Leipzig, 1708, inr 
4*".'^ il y en a plusieurs éditions fort 
augmentées , une, 'entre autres , de 
Leipzig, 1748, in-4**.; III. une in- 
troduction, en latin, aux livres histori- 
ques de F Ancien-Testament, Leipzig, 
1714, in-4°«î IV. un ouvrage sem- 
blable pour les livres canoniques du 
Nouveau-Testament, Leipzig, 1721, 
m-4°. Il mourut le 7 avril 1 767. 

B— ss. 
CARPZOV (Jeaw-Benoît), né 
en 1720, à Leipzig , y fut professeur 
de philosophie , et le fut ensuite 
de littérature ancienne dans l'uni- 
versité de Helmstâedt U était parent 
des précédents. Voici l'indication de 
ses principaux ouvrages ; ils sont 
écrits en latin; mais souvent, pour 
plus de elarté ou de brièveté, nous 
citerons les titres en français : L Phi" 
losophorum de quiète Dei placita , 
Leipzig, 1740, in-4**î H* Observa- 
tions sur un paradoxe ^Arision de 
ChiOfdansDiogèneLaërce(yn, 160), 
Leipzig, 174^9 iix-S*'.; III. Memcius 
sive Mentius Sinensium post Confu" 
cium phitosophus opU max,, Leipzig, 
1745, in-H°.; cette dissertation sur 
Meng-tseu , philosophe chinois , tirée 
presque entièrement de la Philoso- 
phia sinica du P. Noël , n'est recher- 
chée que pour sa rareté; IV. Essai 
d^ observations philologiques surPa- 
léphates. Musée, AchUles Tativs; 
Ijeipzig, 1743, in-8'. Carpzov donna 
quelques aunées après oue éditioo de 



CAR 189 

Mu^e , Helmstaedt , 1 749 > în-4*. , et 
il la réimprima h Magdebourg en 
1775, in-ô'*., avec un assez grand 
appareil de critique e^ de leçons di- 
verses. Ce travail n'a pas obtenu beau- 
coup de réputation. Les notes de 
Carpzov sur Achiltes Tatius ont re- 
paru dans l'édition de Boden; elles 
ont peu d'importance. V. Disserta- 
tion sur Autoljrcus de Pitane , dont 
il est parlé dans Diogène Laërce (IV, 
219), Leipzig, 1 744> in-8^.; VI. Lectio- 
numFlananarum strieUir<e, etc : ce 
sont des remarques critiques sur Jo^- 
sèphe; VII. Spécimen d'une nouvelle 
édition d*Ëunape^ Leipzig, 1748, 
in-4''* On peut regretter qu'il se soit 
borné à cet essai. Il possédait les pa- 
piers de Fabricius , qui, ayant forme 
le projet de publier Ëunape , avait ras- 
semblé les variantes de presque tous 
les manuscrits connus. Carpzov ne 
paraît pas avoir été un très habile hel- 
léniste; mais, aidé des recherches de 
Fabricius, il eût pu donner une bonne 
et utile édition d un auteur très inté- 
ressant et trop négligé ; VIII. Exer- 
citationessacrcBy sur? Epître aux ffé" 
breuXy'Ethnslxàt, 1 758, in-8^ Dans 
les prolégomènes, Carpzov s'étend 
beaucoup sur Philon , sur sa philoso- 
phie, sa théolo^e, son érudition hé- 
braïque , I9 ressemblance de son style 
avec celui de $. Paul dans VEpître aux 
Hébreux. C'est la partie la plus curieu- 
se de cet ouvrage. IX. Discours de 
S. Basile sur la naissance de J,-(X, 
en grec et en latin , Helm&t^dt, 1 758. 
in-8''. Dom Gamier avait attaqué l'au- 
thenticité de ce discours ; Carpzov la 
défend avec beaucoup d'érudition. X. 
Dissertation sur la vie et les écrits de 
Saxon le grammairien, ibid., 1763, 
in-4°. ; XL Dialogue de Hiéronyme 
( F. Hiéronyme) sur la Sainte- Trini- 
té, en grec et en latin, avec des notes , 
ibid. y 1 768 1 iii-4''* L'aDuéft smta»p 



190 G A K 

CarfAOT donna un aiirtre traité thëo- 
•k^ique de cet Hiëronyme, intitulé en 
grec, PhiloponMU 11 ràuût ensuite 
ces deux ouvrages dang un seul vo- 
.lume , publié à AUenbourg, 1 772 , iii^ 
.8^ XII. Diabfgues des morts àehvt- 
cien^ avec des notes, UelmsUedl;, 1775, 
]D-8\; XUI. Deiixépitresapocrypii^y 
Tune des Gofintliieiisà $. Paul, l^titre 
•de S. Paul aux; Geriatliiens , publiées 

ares le manuscrit araMoien , et 
oites en grec et en latin , Leipzig , 
1776, in-8^ Carpooyest mort te i& 
jivril i8o5. B — ss. 

GàRPZOV (Beikmt-Datid ), filsde 
Benoit P**. , savant tlié^ogien protes- 
'taotde Jéiia, publiadans cette^ville use 
dûsertation De ponUficum kebrœo^ 
rum vestiiu sacro , i655 , in-4'**, 
réimprimée dans d'autres coUeo^BS. 
;0a a aussi de lui quelques lettres dans 
.les Amœnitaies Uuerarim de Schel- 
.lioni, etaiUears.—- €AttKov(Augu3l)e* 
Benoit) y fils de Jean-Benoit raocîeii, 
naquiteâ Leipûg en 16449 Y ^ P<^ 
iesseur en dit>it, assesseur du consis- 
jKûr-c, et chanoine à Mersd)ourg« Il 
publia un grand nombre de disserta- 
tions de ^oit -civil, dont ^elqnes- 
tiiies n'ont rapport qu'è des coutumes 
.locales y et nourut le 4 niars 1 708. 
— -Carpeot (Jean -Benoit), fils 
de Jean -Benoit II, luiquit à Leip- 
zig en T670, y ftit professeur ex- 
.traordihaif e de langue kâxaique , 
^'employa au mîntstère de la oliai- 
ze» 0t 4B0unit le i4 so«t 1733. On- 
tre le Ctdiegium reMndûo - fo'à2^» 
jcum, de son père, dont il fat Tédi- 
.teur, Leipzig y 1703, in-4"., «t qui 
est un commentât» sar le livre de 
Buth, on a de lui queiqiKS disserta- 
tions, sur rUnm et le T^mmkn, sur 
' la sépulture du palxiardie Joseph , De 
acudemid cmtaiis Jthde, etc. — 
QiMKUjfv ( Jean-Benoit ), fucisconsuke, 
néi XUsesde 1^ .1675 , .M .ça i j^oa 



CAR 

syndic et bouipnestre de Zktau en 
Lusace, et, en i ^5ïybaiûh{Amtmann) 
de Wittemberg , où il mourut le S sep- 
tembre 1 759. Il a publié, en allemand^ 
1. Thédire historique de la ville de 
Ziitau , Zittau , 1 7 r6, in-fioL ; II. les 
Jlntiquités les plus remarquables du 
mutrquisatdeÈmÊte-Lusace^ Leipzig, 
1719, in-foi.<*— Gar»eov (Cbristia»- 
Benoît), médecin, a publie: I. DiS' 
sertaUo de medicis ab ecdesid pro 
suneiis haèids, Leipzig, T709. io- 
4". ; IL Deâuore nlbe , WiUembeigy 
17 1 1 , in-^^*.; m. Cattohgia, Leip- 
lig , 1 7 r6 , in-8". , fig. G'est une his- 
toire uatmnelle des «bats , avec de 
grands détails sur quelques cliats 
monstrueux, nés â Leipzig en 1713* 

aftLP. 

CASB ( TmoBCAs) , dont le véritable 
nom était Miles Pinkne^y, d'une an- 
cienne Caunifle de Broohall, fut envoyé 
)e«ne au collège anglais de Donai , où 
ii se distingua par sa piété et par ses 
progrès dans les lettres. Après avoir 
été pendant dix ans procureur de «e 
colli^, il se rendit^ Paris, et y fonda 
le monastère des^Anguslines anglaises ^ 
dont il £at le directeur jusqu'à sa mort, 
arrivée le 3f octobre 1 674? à soixante» 
•quinze ans.G'était un homme maàépé^ 
pacifique , intciligent dans les afiaires. 
Le carcEuûA de Btcheiieu avait beau- 
coup de^jonsidératîou pour hn. li ét«t 
cansuké sur les ^s les pb» difficiles 
.«n matières ecclésiastiques. Ses biens 
-forent employés en bonnes œuvres. Il 
fsumit les pnemieis fends pour f éta* 
iilissement du 'collège des Anglab à 
Paris. Ses nombreuse&occupattons ae 
■l'empêdhèrent pas de donner au pa- 
-Mic les ouvrages suivants : I. Fietas 
Parisiensis,9Am, i666,in-8*.<7e9t 
une description des hépitanx de cetin 
vîftc. U. Douces Pensées de Jésus el 
de Marte, i^5, iu'd^.Oeâont des 
jnéditatioDS en anglais, pour les di^ 



CAK CAR igi 

ttanchès et les fêtes dii Saoyairfitde provinces, mt porte des coups plut 
la Ste. Vierge. III. Le Gage de Véter- funestes k la royauté. Les Antudespa* 
nite'j traduit du français de Camus, trïoftf «es étaient dans tous les clubs: 
évéque de Betley, i652 , in -8°. IV. dans les villes, comme dans les plus 
lAsSoUloqttesdeThomasàKempiSy petits villages, chaque société popu- 
traduits du latin , Paris , i653 , in- 1 a ; kire avait son Carra, Tout ce qu'on 
V. divers Traités sut le cuite , iaprie- disait dans ces associations turbulen- 
te, les anges^, les saints. Je purga* tes était ramassé par cette feuille, qui 
loire^la primauté du pape , la perpé-^ répandait tout cela d'un bout de la 
tttite de l'Église , composés en grande France à Tautre , abusait la confiante 
partie avec le docteur Gosens, Paris, ignorance, exahait le fanatisme poU- 
1646 , in-8^. VI. Traité de t amour lique,et réunissait enfin, par une sorte 
'de Dieu , traduit de 5. Francis dt 4e communication électrique, tous ces 
Sales, Paris, i65o, in-8\, a vol.; hommes fougueux, qui, sans en avoir 
et quelques autres traductions du mê- l'intention , firent tant de mal à leur 
«e pure. T — d. patrie, pour tomber ensuite eux-mé- 
GAtlRA (J^an-Louis) , né en 1 74^ » i&cs dans TaMme que leur imprudence 
àPont'de^Vesle, de panents pauvres avait creusé. Le joumaliste Carra se 
•qui lui firent laire quelques âudes , «royait assee fort pour bouleverser 
mais ne réformèrent pas ses inclina- VEunope ; dès le 29 décembre 1 790 , 
tions. Accusé d'un vol grave, il fiit il se présenta à la tribune du dub 
oUi^ de s'enfuir de son pays , erra des Jacobins, déclara formellement la 
Jong'ieinps en Allemagne , et parvint guerre àf empereur Léopold , et ajouta 
à se placer en qualité de secrétaire que, poursoulevertous les peuples de 
ches no. hospodar de Moldavie , qui TAllemagne, il ne demandait que cin- 
•fut étranglé par oinlre de la sublime tiuante mille hommes , douze presses^ 
Porte, pour avoir, dît-<H], suivi les des imprimeurs et du papier; mais 
conseils de l'aventurier iBran^ais. Carra alors , même dans ce dub , on ne peu-» 
remplit ensuite les mémos fonctions «aitpointàla guerre, et Mirabeau le fît 
chez le cardinal de ftot^n , qui trouva couvrir de huées.Le 8 septembi^i 790^, 
plaisant de prendre à «on service le il se présenta à la barre ducorp»l^s« 
secrteire d'un iMMSpodar. Sa mauvaise ktif ,-et fit remettre sur le bureau une 
conduite l'ayant encore forcé de quit-> tiâ>atière en or , qu'il dit lui avoir été 
ter cette piaee> il accourut à Paris dis donnée par le roi de Prosise, en re- 
4es premiers moments de la révolu- connaissanoe d'un ouvrage qu'il lui 
tion^etaprès avoir coopéré, en 1789, avait dédié, et demanda que cet or 
À la cédactton da Mercure naîionai^ ser^ À«orabattre le souverain qui l'ef» 
•ou Jaurnâd ttêM€t du eitojren^ avec avait gral^ t il termina en d^hirant 
Masckty Bogeii de BassviHe , elc. , il k signature de la lettre que le roi lui 
devint le pks h^Ntuel rédacteur d'un avait adressée. Cependant, phineurs 
jeûnai intitulé : jinnaies patriott' personnes ptélendirent que, malgré 
^^im , qui portait le nom de M. Mèr- toutes ees protestations d'un répubK*- 
*..Qaoiqa'«crite d'un style lonrd et eantsme qui ne conoaissait ni égards 



pleine d'an bavardage ^groîssier , cetle m ménagements , Carra était l'agent 

ftuiiletmt an succès prodigtenx, qu'elle d'un parti qui voulait tnettre le duc de 

dut à son exagération démagogique. Il Brunîmick sur le trône de France. Ce 

^'cft est peint qm^ «urlout dans ks soupçon, qu'on croit mal fende, âl 



ii>îi CAR 

fortune auprès de Robespierre, qai le 
désigna comme un traître, bien que, 
clans toutes ies circonstances, il eût été 
un de ses plus utiles serviteurs. Carra 
lut un des principaux moteurs de l'at- 
taque des Tuileries , le i o août y et s'en 
vanta dans sa feuille. U accusa le gé- 
néral Montesquiou, commandant en 
Savoie , et fut envoyé au camp de Châ- 
lons j d'où il annonça la retraite des 
Prussiens. Carra fut député à la con- 
vention par deux départements, et ac- 
cepta la nomination de Satoe-et-Ldre. 
Dans le procès de Louis XVI , il fut 
un des premiers à se prononcer contre 
l'appel au peuple. Du reste, il ne se 
fit point remarquer dans cette assem- 
blée , et réserva tous ses moyens pour 
son journal. C'est dans cette feuille que,' 
dès les premiers mois de i ^giî , il in- 
sistait pour que la populace fôt armée 
de piques , afin de Popposer à la garde 
nsitionale, uniquement composée des 
boui^eois de chaque ville, et il le ré- 
péta si souvent, qu'enfin ses vo»ix 
furent remplis. Cette mesure désorga- 
nisa la force publique qui soutenait 
la faible constitution. La garde natio- 
nale, surtout à Paris, avait une tenue- 
très belle, et se faisait honneur de ne 
para^ îamais que sous le plus bril- 
but costume, militaire. Dès quelles 
piques parurent , la plupart des corn- 
'pagnies ne voulurent point se confon- 
dre avec la tourbe des piquiers , que 
dès^ors on appelait sans-culottes^ et 
cessèrent de faire le service. Rejeté du 
.parti de Robespierre, eomme on l'a 
dit plus haut , Carra se rangea dans ce- 
lui des firissotins , et fut nommé , sous 
le ministère de Roland , garde de la 
bibliothèque nationale. Bientôt les dé- 
nonciations se multiplièrent contre lui, 
lifarat ^ Couthon et Robespierre le fi- 
rent rappeler d'une mission à Bkùs , 
le 1 2 juin 1 793. Proscrit par suite des 
éy^nemeuts du 3 1 mai, il ixi oond^m- 



CAR 

ne' à mort, le 5o octobre , par le triba» 
nal révolutionnaire de Paris, et déca- 
pité le lendemain , à l'âge de cinquante 
ans, avec les vingt-un députés giron- 
dins. Carra se croyait un des plus habi- 
les diplomates de l'Europe. La veille de 
- sa eondamiiation, il réglait encore les 
destinées du monde et des souverains. 
Ses principaux ouvrages sont : L SyS' 
téme deia raison, ou le Prophète phi» 
losophe, Londres, 1 7 7 5 ; 3*. édition, 
Paris, 1791 , in -8°.; ouvrage mis à 
l'index à Vienne; iiWntient des décla- 
mations contre la royauté. H. Histoire 
de la Moldavie et de la Falachie, 
avec une dissertation sur tétat ac- 
tuel. de ces deux provinces , 1778, 
in-i2 , réimprimée à Neuchâtel en 
1781; in. Nouveaux principes de 
physique y 178^-85, 4 vol. in-8°. ; 
IV. Essai sur la nautique aérienne j 
dans lequel il prétendit avoir trouvé 
le moyen de diriger les globes aéros- 
tatiques, i784,in-ia; y > Examen 
physique du magnétisme animal, 
1785, in -8**.; VI. Dissertation élé- 
mentairesurla nature de la lumière, 
de la chaleur du feu et de VAectri- 
citéy 1787, in-8 .; VIL Unpetii mot 
de réponse à M. de Cahnne , sur sa 
requête au roi , 1 787 , in-8 \ j VIII. 
Histoire de V ancienne Grèce, de 
ses colonies et de ses conquêtes , tra- 
duite de l'anglais de Gillies , 1787- 
88 , 6 vol. in-8<^.; le sfyle de la tra- 
duction a. quelquefois delà sécheresse 
et de la gène, surtout dans le premier 
volume f IX. V Orateur des étaU^gé- 
néraux , in-8\ ; X. Consideraiions y 
recherches et observations sur les 
états-'genéraux , 1 789, in-8''. , 1 790, 
io-8^ ; XI. Mémoires historiques et 
authentiques sur. la Bastille , 1 790, 
3 vol. in-8*.; XIL des opuscules et 
pamphlets politiques, sur lesquels on 
. peut consulter la France littéraire de 
M. Ërscb, el les Siècles Utêéraires de 



CAR 

DesessaHs. Carra est encore auteur 
SOdazir , roman philosophique ^ 
1772, in- 8*. B^u. 

CAR I\AGH(Jeait-Tobie), conseiller 
intime de la cour de Prusse , et profes* 
seur de droit à Halle, né à Magde- 
Lourg le 1 ", janvier 1 702, fit ses étu- 
des à Halle, et ne tarda pas à acqué- 
rir en jurisprudence une érudition fort 
étendue , éclairée par un jugement sain 
et ferme. Il mourut le 2 1 octobre 1775. 
On a de lui un grand nombre d'ouvra- 
ges ou plutôt de dissertations : I. De 
imaginarid œquitateprohationispro 
evitanâo perjurioy Halle, 17^49 ^^^ 
4°. ; II* De periculo rei immobilis 
venditœ ante resignationemjudicia'' 
lem^ Halle, 1734, in-4°-; IH- ^^ 
prœcipuis differeniusjuris romani et 
germanici in compensatione , Halle, 
1 739 , in-4^* ; IV. Courte Introduc^ 
tion à la procédure cùfile et crimi' 
nellcj in'4''*9 publiée à Halle , après 
la mort de l'auteur, par H. J. 0. Kœ- 
nig, qui l'a fait précéder d'une Vie de 
Carrach , etc. G— -t. 

C/iRRACH£ (Louis), peintre, 
appelé en Italie Ludovico Carac- 
.ci y OU ^utôt Carracci y naquit à 
Bolide en 1 555. A quinze ans, il pa-* 
rut plas propre à broyer les couleurs 
qu'à savoir les employer avec discer- 
nement. Fontana, son maître à Bo- 
logne , et le Tintoret, son maiti*e à 
Venise, rengagèrent à renoncer à la 
peinture. Ses camarades l'appelaient 
le bœuf, parce qu'il était lourd et 
lent dans ses travaux. ( C'est mal à 
propos qu'on a souvent publié cette 
anecdote à l'article du Dominiquin ). 
Cette lenteur n'était pas cbez Louis 
l'effet d'un esprit borné , mais d'une 
Toionte profondément sentie de faire 
mieux qu'on n'avait £siit jusqu'alors. 
Louis craignait tout ce qui était idéal; 
il ne recherchait que la nature ; il vou-^ 
lait «e rendre compte de la plus petite 

vu. 



CAR i{j3 

ligne de sts compositions. Ne se trou- 
vant pas trop découragé par les avis 
de ses maîtres, il passa à Florence, j 
étudia André del Sarto , et demanda 
des leçons à Passignano , émule du 
Cigoli. Les peintres florentins de ce 
temps-là, pour corriger la langueur 
de leurs maîtres, imitaient le Cor« 
rége et ceux de son école. Cette idée, 
qui plut à Louis, le détermina à se 
rendre à Parme pour y étudier aveo 
zèle le chef de son école et le Parme- 
san. Il revint ensuite à Bologne; mais 
pensant bientôt qu'avec ces nouveaux 
principes, qui devaient heurter le 
goût du temps, il ne parviendrait ja- 
mais à se faire écouter, il chercha à se 
former un parti parmi les jeunes 
gens delà ville. Un de ses oncles pa« 
ternels , tailleur de profession, avait 
deux fils nommés Augustin et ^n- 
fiibal; le premier devait être orfèvre, 
le second suivait l'état de son père. 
Le caractère des deux frères était très 
différent; Augustin, versé dans la lit« 
térature et dans les sciences, s'occu^ 
pait de poésie et de géométrie, et se 
faisait distinguer par la politesse de 
ses manières ; Annibal , peu cultivé et 
sauvage , avait de la disposition à 
montrer une humeur querelleuse et 
bizarre. Louis les engagea tous deux 
à entrer dans la carrière de la pein- 
ture, et, en maître adroit, il vit que, 
pour former deux grands artistes de 
ces sujets d'un caractère si opposé, il 
• était nécessaire de recourir à la ma-* 
nière employée par Isocrate pour ins- 
truire Ëphore et Tfaéopompe. Avec 
l'un, il fallait se servir de l'éperon , tan« 
dis qu'avec l'autre, il ne fallait user que 
du frein. Peu de temps après, Louis 
parvint à les faire vivre ensemble en 
assez bonne intelligence. Le carac- 
tère le plus difficile à yaincre avait 
été celui d'Annibal. En 1 58o , Louis 
les envoya à Parme et k Venise. Au?* 

i5 



194 CAR 

ijusliu et Annibal étant revenus h Bo- 
ogne auprès de Louis , tous trois 
commencèrent à se faire un nom ; 
mais il s'éleva contre eux un parti si 
puissant, qu'ils furent sur le point de 
renoncer à leur style. Annibal , qui 
se montrait toujours le preinier pour 
les résolutions vigoureuses, persuada 
à Louis et à Augustin de ne pas cé- 
der, et s'écria qu'ils devaient oppo- 
ser de nombreux ouvrages au tor« 
rent d'injures (fui pleuvait sur eux 
de toutes parts. Louis, reprenant cou- 
rage , pensa à fonder à Bologne une 
académie de peinture, qu'il appela 
l'académie des Incamminad. il éta- 
blit pour principe fondamental qu'il 
fallait réunir l'observation de la na- 
ture à l'imitation des meilleurs maî- 
tres qui avaient précédé. Bientôt , il 
donna un cxempfë de ce principe 
dans sa Prédication de S. Jean- 
Baptiste aux Chartreux. Parmi ceux 
qui écoutent le saint, et qui sont des 
portraits du temps , le premier est fait 
d'après le style de Raphaël, le se- 
cond d'après "^le style du Titien , le 
troisième d'après le style du Tinto- 
ret. Augustin fut pourtant celui qui 
porta le plus loin l'application et 
Fétude de cette maxime ( Fojr. Au- 
gustin Carrache). Lès plus beaux 
Ouvrages de Louis sont à Bologne. Il 
' excella dans les vues d'architecture 
et dans le dessin. En remarquant 
toutes les idées de Louis que ses 
successeurs lui ont dérobées, on eA 

* tenté de dire de lui qu'il fut, comme 
Homère , parmi les Grecs, fins in- 

' seniOTum. Louis était très profond 
dans toutes les parties de 6 pein- 
ture; aussi a-t-on pu emprunter de 
lui ce que l'on se sentait le plus de 
facilité à imiter. Ce maître jouit long- 
' temps de toute sa gloire, du moins 
' pendant la vie de ses cousins, qui 

* oontittuèrent de l'honorer et de le 



CAR 

consuber. Annibal, avant de termî^ 
ner la galerie Farnèse, voulut que 
Louis vînt l'aider à y mettre la der- 
nière main; mais celui-ci, mécontent 
de quelques procédés pleins de du- 
reté qu'Annibal avait eus envers Au- 
gustin , ne voulut passer alors à Rome 
que deux semaines , et revint à Bo- 
logne. Il y mourut en 1619, dans un 
état voisin de la pauvreté, après avoir 
survécu dix-sept ans à Augustin , et 
dix à Annibal. Le musée Napoléon a 
neuf tableaux de Louis , y compris 
les deux qui représentent les deux 
éléments , l'eau et la terre. On ne se 
lasse pas de voir celui qui ofire la 
Vierge tenant de la main gauche PEn- 
fant-Jésus , et de la droite un livre. 
Sur la fin de sa vie , Louis ne fut plus 
aussi exact dans son dessin. Son 
^nncmciation ^ belle fresque placée 
dans le chœur de St-Pierre , église 
métropolitaine de Bologne, présente 
quelques incorrections» On les lui 
reprocha durement , et il les recon- 
nut. Quelques auteurs assurent que 
le chagrin qu'il conçut de cette cri- 
tique fut assez vif pour abr^er ses 
jours. On lui a £ait d'autres repro- 
ches relativement à sa couleur ; 
Mengs dit même qu'il ne fut pas co- 
loriste ; mais des connaisseurs attri- 
buent l'état de d^radation où se 
trouvent beaucoup de tableaux de 
Louis à la précipitation de ce maître, 
qui n'attendait pas , pour commencer 
à peindre, que ses toiles fussent as- 
sez sèches. D'autres l'ont blâmé de 
n'avoir introduit que peu de per- 
sonnages dans ses compositions, es,« 
cepté dans ses batailles et dans les 
fresques, où il y a nécessairement 
une grande foule de peuple. Nous 
ne savons pas si ce prétendu dé&nt , 
qu'on peut reprendre aussi chez An- 
nibal, n'est pas plus souvent nu mé- 
rite ( f^. Attu. CuMUCHi^ }. ToQte&b , 



CAR 

il faut avouer que Louis eut le tort de 
ne pas s'attacher à l'étude de l'anti- 
que, étude qui pouvait s'accorder avec 
celle de la natui'e. Les amateurs re- 
ckerchent la jolie gravure de M.Mor- 
ghen , faite d'après Louis, et repré- 
sentant une Madonne avec son fils , 
de deux pouces de haut , sur un 
pouce et demi de large. L'original , 
de la même grandeur , se trouve à 
Bologne , chez M. Gini. On croit que 
la figure de la Vierge était celle de la 
signora Giaconiazzi, beauté célèbre 
du temps. Dans une petite chapelle 
du couvent de St.'Oominique à fio« 
logne'y entre le maitre-autel et la sa- 
cristie, on voit le buste et le tom- 
beau de Louis Garrache. On se fera 
une idée juste des compositions de ce 
grand peintre en parcourant l'ouvrage 
intitulé : H Claustro di San Michèle 
in Bosco , di Bologna , gravé d'après 
Louis y par Jacques Giovannini, et 
décrit par le chanoine comte Malva- 
sia , Bologne y 1694 , in-fol. — Garra- 
che ( Paul ) , frère de Louis , n'est 
rappelé dans l'histoire de la peinture 
que pour être jugé avec sévérité. Mal- 
vasia assure qu'il n'avait aucun gé- 
nie , et qu'il ne savait qu'exécuter pas- 
sablement les idées des autres. Pro- 
bablement il a travaillé à beaucoup 
d'ouvrages de Louis et de ses cou- 
sins Augustin et Annibal ; mais il n'a 
jamais été nommé avec honneur. 

A:— D. 
GARRAGHE( Augustin), peintre, 
cousin de Louis et de Paul, naquit à 
Bologne en i558. Il fut d'abord desti- 
né à apprendre l'orfèvrerie; mais il 
n'en chercha pas moins à vivre eu 
même temps dans la société des sa- 
vants et des gens de lettres. Louis 
rayant déterminé à s'occuper de la 
pemture, il devint bientôt, surtout 
pour Tinyention, un des plus habiks 
élèves de son cousin« 11 s'occupa aussi 



G A R ig5. 

de la gravure , et il a plus gravé qu'il 
n'a peint , par des considérations que 
Aous allons détailler, et qui donnent 
l'idée la plus avantageuse de la dou- 
ceur de son caractère. Augustin avait 
appris de bonne heure à dessiner, à 
Tépoque oii il avait reçu les premières 
leçons de ciselure : aussi corrigeait-il 
les maîti:es qu'il gravait , et donnait-il 
aux contours une grâce nouvelle quç 
n'avaient pas les originaux. De retour 
de. Venise , ou il avait été voir les ou* 
vrages du Tintoret, il reprit l'étude 
de la peinture, et, ayant été préféré, 
dans un concours , à son frère Anni- 
bal lui-même , il conçut l'idée de sa 
Communion de S* Jérôme , qui est au. 
musée Napoléon, et qu'on regarde, k 
juste titre , comme l'idée première du 
tableau du Dominiquin , repi^sentant 
le même sujet. On ne peutnen ajouter 
À la piété du saint vieillard, à celle du 
prêtre qui lui offre l'hostie , à l'expres- 
sion des assistants qui soutiennent le. 
moribond. On voit seulement avec 
peine que l'ofliciant , dans sa nature , 
est presque aussi beau que le S. Jérô- 
me, personnage principal. Annibai 
conçut une vive jalousie contre Au- 
gustin, et, sous différents prétextes, 
il chercha à lui persuader de continuer 
de graver. Augustin eut la bonhomie 
d'entrer dans les vues de son frère. 
Annibal , en même temps averti par le 
succès du S. Jérôme , sentit qu'il fal- 
lut devenir plus soigné, et travailler 
avec moins de promptitude» Plus tard, 
Augustin ayant accompagné son frère 
à Rome , l'aida dans une partie de ses. 
travaux de la galerie Farnèse , et lui 
donna quelques-unes de ces idées poé- 
tiques qu'on y rencontre av(*c tant de 
plaisir. L'exécution de la fable de Ce- 
pkale et de Galaihée est presque 
tout entière d'Augustin. Get ouvrage 
parait dicté par Anacréon à un peintre 
des beaux temps de la Grèce. Le bnut 



jxfi CAR 

4yaiU' couru qiiç le graveur faisait 
nieus que le peintre, Ânuibal éloigna 
son irèi^ , en dbaut que son style était 
élisait y mais point assez grandiose. 
Les pdères d'Augustin, la médiation 
de plusieurs grands de la yiile, et mê- 
me des ordres supérieurs^ ne purent 
change la volonté d'Annibal, qui fut 
inflexible, et qjui £iisait valoir le droit 
qu'il avait de ne pas laisser son frère 
travailler à cette galerie, dont l'entre* 
prise était confiée à lui seul. Augustin , 
toujours dodle , se retira à la cour du 
4uc de Panne. Il y peignit dans un 
salon XAnumr célesie, Y Amour ter- 
restr$ et VAnwur vénal. Peu de 
temps après , il succomba à un excès 
de fatigue. Il restait une figure h. ter« 
" miner. Le duc de Parme ne voulut pas 
qu'aucun artiste l'acbevât, et, à sa 
place ^ il fit mettre l'éloge d'Augustin. 
Go regrette un Jugement dernier que 
ce maître venait aussi de commencer , 
et qui resta imparfait lorsqu'il mourut 
à Parme, en 1601. Augustin avait 
composé, pour l'académie qu'il avait 
fondée k Bdogne avec son cousin 
Louis ( F, L% Carracke) et son frère 
Anuibàl,un Traité de perspective et 
d'architecture qu'il commentait lui- 
même dans son école. Il expliquait en 
même temps le mouvement des arti- 
culations et des musdes , et, en cette 
partie, on sait qu'il était aidé par ie 
chirurgien Lanzoni. Le musée Napo- 
léon a trois tableaux d'Augustin, j 
compris le 5. Jérôme dont nous avons 
parlé , et sou Elémmit du feu, conni^ 
•ous le nom du Phiton. (îomme gra- 
veur, Augustin mérite aus» de grands 
âoges ; son burin est fier et savant, 
ses baohures bien prises suivent ordi- 
nairement le sens des muscles , comme 
il l'avait ^seigné dans son Traité de 
perspective , cité plus haut On s'ap» 
perçoit Êicitement qu'il gravait au pre- 
mier coup-d'œil. 11 a laissé beaucoup 



s 



CAR 

de gravures obscènes qui sont deve- 
nues très rares. A— d. 

GARRAGHË ( Anhibal), peintre, 
firère du précédent, naquit à Bologne 
en i56o. Il ne répugna pas d'abord 
à travailler sur FétaQi de son père, 
qui était tailleur; mais bientôt, par les 
conseils de Louis, son cousin, il ap- 
rit à dessiner, et commença à &ire 
e tels progrès, que Louis voulut le 
garder dans son atelier, et envoya 
Augustin , son frère, étudier sous Fon^ 
tana. Annibal s'appliqua à faire des 
copies soignées du Gorr^e , du Titien, 
de Paul Yéronèse, et composa, comme 
eux, beaucoup de petits tableaux. Les 
premiers ouvrage importants qu'il fit 
avec Louis et Augustin furent tiès 
sévèrement critiqués. Sans jamais se 
décourager, il répondait qu'il ne fallait 
pas s'en rapporter à despemtres gâtés 
par les dâices de Rome, et qui j 
iBvaient été accablés d'éloges , de son- 
nets et de diplômes d'académiciens 
{F. L. CARRAcnE). n continua d'entre- 
prendre de grands travaux. Il donnait 
tes règles d'ordonnance et de distribu- 
tion des figures, dans Pacadéaûe qu'il 
avait créée à Bologne avec son cousin 
et son frère. Mengs dit qu'il trouve 
dans quelques-uns des premiers ouf 
vrages d' Annibal , Tapparence , mais 
non le fonds du style du Cornue. Il 
ajoute que cette apparence est si trom- 
peuse, qu'elle porte à regarder Aouibal 
comme un des grands imitateurs da 
peintre lombard.- Annibal ne tarda 
pas à se &ire distinguer par son ta- 
bleau de S, Rock y que Je Guide a 
gravé depuM à l'eau^fohe, et qui est 
aujourd'hui a-Oresde. Le saint est 
placé près d'un portique; il distribue 
ses richesses aux pauvres. Bientôt An- 
pibal fut appelé à Rome. 11 y chercha 
un moment à imiter Rafaël et l'an- 
tique; mais, pour conserver toujours 
quelque chose de grandiose dans ses 



i 



Ùkfi 

compositions, il ne renonça pas an 
stjle du Corrëge. On le chargea d'or- 
ner de peintures la galerie du palais 
Farnèsc. Parmi les sujets qu'il présen- 
ta y dusieurs furent cnoisis par mon*- 
signdlPAgucchi. Bellori en explique 
toutes les allégories. Dans une cham- 
bre qui n'est pas d'une grande di- 
mension, on voit Hercule entre le 
Vice et la Vertu, Hercule soutenant le 
Monde, Ulysse libérateur; dans la ga- 
lerie, entre autres sujets, TAmour yer- 
tueux , l'épisode de l'Amour vicieux , 
une très belle bacchanale pleine d'é- 
nergie et de feu. A chaque pas, dans 
cette galerie, on*^recunnait l'étude de 
l'Hercule Farnèse et du torse du Bel- 
védère, qu'Annibal savait dessiner de 
mémoire avec une exactitude surpre- 
nante. Cet ouvra^ respire une élé- 
gance antique, et toute la grâce de 
Raphaël. On y remarque, parmi des 
imitations de Tibaldi , qui avait peint 
à Bologne vers i55o, avec Micolo 
deir Abbate ( Voyez Abbate ) , une 
partie du style de Michel- Ange quel- 
quefois adouci y et tout ce que les Vé- 
nitiens et les Lonibards avaient eu de 
plus noble et de plus savant. Le Pous- 
sin a dit qu'on n'avait pas mieux com- 
pose' deptiis Raphaël. Il y a à Bologne 
un parti d'amateurs qui préfère Louis 
à Àunibal. Hors de Bologne, on doii- 
ne la palme à ce dernier, et on aime 
à croire qu'il fut le plus grand peintre 
de la famille. Peut-être Augustin eut-il 

S lus d'invention , peut-être Louis fut- 
plus savant dans l'art d'enseigner; 
mais Annibal eut un génie plus élevé , 
et sa manière a plus d'éloquence et de 
noblesse. Enfin, on déterminera peut- 
être bien le différent mérite des trois 
Garrache , en disant que Louis rap- 
pela le Titien, Augustin le Tintoret, 
et Annibal le Corrége. Il faut, pour 
être vrai , ajouter qu'Annibal , s'il de- 
vint un grand maître^ dut beaucoup à 



CAR 19JJ 

LtHiis , qui l'avait fermé. Le premier 
« la gloire d'avoir fait de plus beaux 
ouvrages; le second celle d'avoir forme 
la maiu d'Avnibal. On a reproché à 
Annibal un peu trop de gouft pour les 
caricatures. Ce défaut venait de sft 
grande pomptitude à dessiner tout oe 
«qu'il rencontrait. On rapporte qti'ayanC 
été volé sur un grand chemin , il alla 
éhez le juge dessiner la figure des vo- 
leurs qui Tavaient dépouil^. Un jour 
que son iî^ère Augustin lui adressait 
quelques reproches isnr sa conduite , 
et lui parlait de la société peu choisie 
qu'il fréquentait , Annibal , pour toufe 
réponse, dessina sur un papier qui se 
trouvait sous sa main , son père et sft 
mère tenant une aiguille et des ci- 
seaux, pour rappeler à son frère qu'ils 
avaient été élevés dans une boutique 
de tailleur. L'anecdote suivante donne 
une idée juste de cette même facilité, 
et de son goÛt pour l'antique. Augustin 
parlait devant lui de la beauté da Lao- 
coon, et, voyant qu'Annibal ne pa- 
raissais pas faire attention à ce qu'il 
disait, il hii demanda s'il n'aimait pas 
cette statue? « Que dites-vous? ré- 
» pondit Annibal, en dessinant sur le 
» mur le Laocoon et ses malheureux 
» fils; les poètes, comme vous, pei- 
» çnent avec la parole, et les peintres 
» avec le pinceau. » Il 'dit encore à 
un peintre qui voulait se battre avec 
lui à l'épée : « Moi, je ne me bats qu'a- 
ie vec le pinceau; voilà mes armes. » 
On a en tort de croire qu'il avait fait 
cette réponse à Josépin, chevalier 
d'Arpino. Ce dernier était très lâche 
( Voyez Oaravage); il n'aurait pas 
osé défier un homme violent com*- 
me AnnibaL On voit au musée vingt- 
huit tableaux de ce maître; celui qiii 
est connu sous le nom du Silence 
du Carrache, est d'une composition 
délicieuse. Dans VAppariUùri de la 
Fierge à S. Luc, le saint a une fi« 



J98 G Â R 

gure sublime et toute la grandeur de 
celles de la galerie Faruèse. Apnibal^ 
après avoir travaille plus de huit ans 
k cette galerie, n'ayant reçu en paie- 
ment que 5oo ëcus d'or, voulut les 
rendre au cardinal Farnèse. On le dé- 
tourna de ce projet. 11 conçut une telle 
affliction de l'ingratitude de ce prince, 
qu^il tomba malade, et mourut peu de 
temps après, l'an 1609, âge de qua- 
rante-neuf ans. Annibal ne fut pas 
seulement grand artiste; il apprit de 
son cousin Louis à raisonner sur son 
art, et on regrette qu'il n'ait pas laissé 
un traité semblable à celui que l'on a 
de son frère Augustin. Ce dernier avait 
écrit sur là perspective et l'arcliitec- 
ture ; Annibal eût dû nous transmettre 
âes belles pensées sur la composition. 
Il établissait, d'après le principe de 
Louis, adopté depuis dans l'ouvrage 
de M. Hagedom, qu'un tableau ne 
devait être composé que de trois 
groupes, et il croyait qu'on pouvait 
aisément y trouver des défauts, si on 
y faisait entrer plus de douze figures. 
11 faut observer qu'il ne s'agit pas ici 
'de fresques. Suivant son opinion , le 
silence et la majesté sont des qualités 
nécessaires pour répandre la beauté 
jsur uûe composition. Il pensait aussi, 
et M. Hagedorn est encore en ce point 
de son avis, qu'il faut qu'une sorte de 
repos s'étende sur les idées accessoi- 
res^ pour que l'œil soit amené et fixé 
sans obstacle sur le principal person- 
nage du tableau. Cest ainsi qu'une fi- 
gure a l'ombre, placée dans un grou- 
pe éclairé, sert de soutien à la figure 
qui parait à la lumière , de liaison à 
celle qui est contigoë, et de délasse- 
ment à l'œil du spectateur. Au moyen 
de ce repos, la vue acquiert de nou- 
velles forces pour parcourir des en- 
droits plus animés. Ces principes 
avaient été auparavant ceux de Léon- 
Baptiste Albert! y florentin^ qui avait 



CAU 

écrit sur la peinture; mais Annibal a 
eu la gloire de les mettre à exécution 
dans des ouvrages immortels. Enfin , 
s'il partage avec son frère et son cou- 
sin l'honneur d'avoir fondé l'école 
bolonaise, il a le mérite d'avsîr été, 
dans sa galerie Farnèse, un auteur 
original qui excitera long-temps une 
vive admiration. On doit lui reprocheir 
les mauvais traitements qu'il a fait 
souffrir à Augustin; cependant cette 
conduite, effet d'une jalousie qu'il ne 
pouvait surmonter, eut en elle-même 
un résultat heureux pour sa gloire. En 
renvoyant Augustin , Annibal prit ta- 
citement l'engagemsnt de ne pas le 
faire regretter, et les moixieaux de sa 
galerie où il a déployé le plus de force 
et de vigueur, furent- faits après le 
départ d Augustin. Gelui-d eût fourni 
sans doute à son frère une quantité 
d'idées gracieuses qui auraient enrichi 
cette composition ; mais Annibal n'a- 
vait pas dans le caractère assez de 
patience et de générosité pour en pro- 
fiter , et il ne voulait partager sa gloire 
avec personne. Augustin eût encore 
pu engager son frère à être plus avare 
des raccourcis , dans lesquels il réus- 
sissait presque toujours, mais qu'il a 
trop répétés. Annibal expira entre les 
bras de son neveu Antoine, qui le fît 
exposer dans l'Elbe du Panâiéon de 
. Borne ; 011 avait été exposé Raphaèl 
quatre-vingt-neuf ans auparavant, et 
le fit ensuite inhumer k coté de ce 
grand homme. A-*>d. 

GARRACHE(Fbançots), peintre, 
frère d'Augustin et d'Annibal , naquit 
en iSqS. II fut l'élève de ses frères 
beaucoup plus âgés que lui. Après la 
mort d'Augustin et d'Annibal , il osa 
lutter contre son cousin Louis, et fit 
mettre sur sa porte^ k Bologne: a Ici 
» est la véritable école des Gsurache ; » 
mais on blâma cette conduite, qui n'é- 
tait d'ailleurs soutenue par aucun suc* 



CAR 

éêsy et on u'eut aucune estime pourlui. 
Il n'avait fait qu'un tableau, place' à 
Sainte-Marie-Majeure , et le bon Louis 
Tarait corrige. Cependant François fut 
assez ingrat pour le persécuter, et fut 
même soupçonné de l'avoir frappé 
dans une dispute. Après la mort de 
Louis ^ il alla a Rome; il y fut d'abord 
reçu comme devait l'être le frère d'An- 
nibal; mais bientôt on leconnutmieux, 
et on le méprisa. Le libertinage l'ayant 
conduit à l'hôpital de cette vjUe , il y 
mourut à l'âge de vingt-sept ans , en 
162a , san^ avoir laissé à Rome aucune 
peinture. François avait une grande 
présomption et peu de talent. A — ^d. 
CARRACIiE ( ANTOINE ), peintre, 
Ûs naturel d'Augustin, naquit a Venise 
en 1 585. Il avait un caractère plus 
noble que son oncle François. Sage et 
réfléchi , plein de reconnaissance pour 
Annibal , son maître , il reçut ses der« 
nîers soupirs à Rome , après lui avoir 
prodigué les consolations et les soins 
les plus tendres, et il veilla à lui faire 
faire des* funérailles magnifiques. Il 
travailla à fresque à St.-Barthélemî et 
au palais du Vatican. Lanzi dit que les 
tableaux de ce maître sont très rares : 
leniusée en possède un, représentant 
ie Déluge, Des hommes, des femmes,^ 
des enfsints expriment, par différents 
mouyements pleins de passion, la 
crainte qui les tourmente. Il y a , sur 
une partie plus élevée ^ un homme qui 
étend les bras , et qui est d'un effet su- 
blime. Quelques personnes croient 
qu'Antoine emprunta cette idée d' An- 
nibal , qui aimait beaucoup son neveu, 
et cherchait h faire sa répntatîoîi. MM. 
Brignole, â Gènes, ont une Sainte 
Fércnique de cet artiste. 11 mourut à 
Borne en 16 18, âgé de trente-cinq 
ans. A-*D. 

CÂRBANZA ( Barthelemi de ), 
archevêque de Tolède', né en i5o5, 
il Miranda^ dans la Navarre y d'une 



CAR i^ 

famille noble et ancienne, fit ses 
premières études à la nouvelle uni- 
versité d'Alcala , et entra ensuite 
chez les dominicains. L'éclat avec le- 
quel il professa la théologie à Vallado- 
lid, attira un grand nombre de per- 
sonnes qui venaient le consulter de 
toutes parts. Charles-Quint l'envoya , 
enj546, au concile de Trente, où il 
se fit remarquer par son zèle et ses 
écrits. Lorsque Philippe d'Autriche, 
qui avait été son élève , passa en An- 
gleterre pour épouser la reine Marîe, 
il emmena Carranza avec lui. Cette 
princesse lé choisit pour son confes- 
seur , et le chargea de travailler à réla« 
blir la religion catholique dans son 
royaume. Le zèle qu'il mit dans cette 
opération, plus digne d'un inquisiteur 
espagnol que d'un vrai ministre de 
J.-C. ^ le porta à faire exhumer le$ 
corps des hérétiques pour les livrer 
aux flammes. Ce zèle fanatique altère 
beaucoup le mérite qu'on lui attribue 
d'avoir rameué un grand nombre d'an- 
glicans à l'Église catholique. Lorsqu'il 
alla rendre compte do sa mission à 
Philippe, qui était repassé en Flandre, 
ce prince, devenu roi d'Espagne, pjir 
l'abdication de Charles-Quint, le ré- 
compensa , en lui donnant l'archevêché 
de Tolède. Carranza , qui avait dé[à re- 
fusé deux évéchés, n'accepta le nou- 
veau siège que sur les plus fortes sol- 
Hcitations du roi. Son élévation lui 
suscita des jaloux, et lui attira des 
persécutions , que les protestants ont 
regardées comme une punition de celles 
qu'il avait exercées contre eux en 
Angleterre. Ses ennemis prirent pour 
prétexte un Catéchisme ({W^ publia en 
entrant dans son diocèse. Ce catéchisme 
fut censuré par l'inquisition d'Espagne, 
approuvé par la commission dfu con- 
cile de Trente chargée de l'examen 
des. livres, attaqué de nouveau par 
révêque de Lérida, principal agent de 



%6o CAR 

la cabale. Peu de temps après, l'arcbe- 
Véque de Tolède ayant assiste' Charles- 
r Quint dans sa dernière maladiej le bruit 
se repandit que lé prince mourut dans 
des sentiments peu catholiques. Les 
ennemis dupre'Iat, qui n'avaient peut- 
être répandu ce bruit que pour per- 
dre le dépositaire des derniers sen- 
timents du monarque , l'accusèrent 
d'avoir perverti Fesprit de son pé- 
nitent. Garranza fut arrêté, et conduit 
à l'inquisition, accompagné de deux 
évéques. a Je vais en prison, leur dit- 
» il, entre mon meilleur ami et mon 
» plus grand ennemi. » Les deux pré- 
lats paraissant émus de ce propos , il 
ajouta incontinent pour les calmer : 
«t Mon meilleur ami, c'est mon innocen*- 
» ce ; mon grand ennemi , c'est l'arche- 
» vêche de Tolède. » Dans le cours du 
procès , il s'éleva une question de com- 
pétence entre les commissaires du pape 
et les officiers de l'inquisition. Pie Y 
évoqua l'afiaire à Home. Garranza y fut 
conduit et enfermé au château St.- 
Ânge , mais traité moins durement 
qu'en Espagne. E^fin, après dix ans 
de détention , il fut absous ; mais , par 
égard pour l'inquisition espagnole, on 
rpbligea à abjurer quelques proposi- 
tions, qu'il n'avait point soutenues 
dans le sens forcé qu'on leur donnait, 
La sentence portait qu'il serait suspen-^ 
du pendant cinq ans du gouvernement 
de son diocèse, et relégué, durant ces 
cinq ans, au couvent de la Minerve. 
Le màlheureul Garranza ne survécut 
que dix-sept jours k sa sortie de pri- 
son, étant mort d'une rétention d'urine, 
Je 2 mai iS^Ô. Les plus grands per- 
sonnages avaient pris beaucoup ain- 
térét à sa triste situation. Le savant 
Navarre, son ami, quoique âgé de 
quatre-vingts ans , avait fait le voyage 
d'Espagne à Rome pour le défendre; 
François Régis, Gaspard Geranautez, 
archevêque de TaiTagonCi et autres, 



GÀR 

lui avaient procuré toute sorte de 
50ulfigements. Le jour de ses obsèques, 
toutes les boutiques furent fermées, en 
signe de deuil public. Le peuple llio« 
nora comme un saint, et Grégoire XIII 
fit orner sa tombe d'une épitaphe ho- 
norable. Ses ouvragés sont: 1. Com" 
merUarios sobre el catechismo chris* 
Uano, Anvers, i558, in-fol., livte 
rare , qui fut l'occasion et le premier, 
prétexte de ses malheurs ; IL Summa 
conciliorum , Venise , 1 546 , in-S". , 
souvent réimprimée , dont les préli- 
minaires ont l'avantage de contenir 
beaucoup de choses en peu d'espace j 
ils ont seulement le défaut de se res« 
seutir des principes ultramontains, 
ll\,De necessarid residentid epis^ 
coporum et aliorum pastorum , Ve- 
nise, 1 547 et i562, in-8^n établit 
dans ce traité que la résidence est de 
droit divin. IV. Divers Traités des Sot* 
crements, de la Prière y du Jedne^ 
de y Aumône; V. des Instructions 
pourlamesse. On lui attribueun TreU* 
té de la Patience , vertu dont il avait 
donné un si bel exemple pendant sa 
longue détention ( Fojjr. Herrera , 
Hist^ de Philippe II ; le comte de 
Roca, HisU de Charles V^ etc.). On 
trouve la vie de Garranza dans le livre 
de Didier de Gastejon , intitulé: Pii^ 
macia de la Santa Iglesia de Tole^ 
do. Pierre Salazar de Mendoza écrivit 
aussi la vie de Barthelemi de Garranza, 
par ordre de D, Gaspard de Quiroga, 
son successeur sur le siège de Tolède, 

GARRANZA ( Jéroiq), né à Se- 
ville , dans le lô'^. siècle , chevalier de 
l'ordre du Ghrist en Portugal, passa 
en Amérique en i $89, fut gouverneur 
de la province de Honduras , et écri* 
vit sur l'art des armes, principale- 
ment de Tépée, soit pour Fattaque, 
soit pour la défense. Il est le premier 
qui paraît avoir réduit en pratique h 



CAR 

Aéorie publiée par un nommé Jean 
Pons de Perpignan. Son ouvrage, qui 
£st rare et recherche', a pour titre : 
De la Jilosofia de las armas, de 
su destreza ^ jr de la agression y 
defension christiana , San-Lucar , 
i56g, in-4^» cl i582, même for- 
mat On publia en i6i^ un abré- 
gé du traité de Garranza ( Vqy. Pa- 

CHEGO DE NaRVAEZ). — GaRRANZI 

(Didier), dominicain, a écrit une 
Doctrine chrétienne y dans une des 
tangues américaines, nommée chon- 
lai y usitée dans la province de Ta- 
basco , près du Yucatan. — Garranza 
( Michel -Alfonse de), né à Valence , 
dans le i6^. siècle , vicaire général de 
l'ordre des carmes en Espagne, cen- 
seur royal en Portugal, mourut octo- 
génaire â Valence en 1607. On a de 
lui : I. Fîta sancti Ildephonsi^ Va- 
lence , i556, in-8°., réimprimée à 
Louvaîn , et avec des notes par Jean 
BoUandus, dans les Acta sanctdrum 
(5 janvier); IL Camino del cielo'. 
Valence , 1 60 1 , in-8°. , etc. V«— VE. 
GARRANZA ( Alphonse ). Voyez 

CiRANZA. 

CÂRRARA (JEAN-MlCUEt-ALBERT), 

d'une noble famille de Bercame , fut 
tout k fa fois théologien ; historien , 
philosophe, médecin , orateur , poète 
et l'un des plus féconds écrivains du 
1 5^ siècle. Il était fils de Guîdo Gar- 
rara, savant médecin, qui mourut le 
9 janvier 14^7, et dont il a écrit la 
vie. C'est d'après cette vie que Vos-- 
sius ^a placé au nombre des histo- 
riens du 1 5°. siècle; mais il méritait 
de l'être à d'autres titres. On distin- 
guerait sans doute parmi ses grands 
ouvrages une histoire des évéiiements 
qui se passèrent de son temps , llistO' 
riarum italicarUm libri LX; mais 
elle n'a pas été imprimée. Jean-Mi- 
cfael-Albert, à Tcxemple de son pçre, 
exerça la médecine. Dans sa jeunesse, 



CAR 



^01 



il servit dans les guerres de Philippe- 
Marie Viscouti, contre François Sfor- 
ce; on ignore si c'était en qualité &t 
médecin ou de soldat. Il était fort 
Versé dans tous les genres de littéra- 
ture , comme le prouvent ses différen- 
tes productions, et fort estimé de 
savants de son temps. On connaît en*- 
core de lui : I. un poërae inédit, en 
vers héroïques , sur la guerre des 
Vénitiens , commandés par Jacques 
Marcello, De hellq Veneto per Ja- 
cobum Marcelhan in lialid gesto^ 
liber unus , dont le manuscrit est 
conservé a Venise dans la biblio* 
thèque de Ste.-Maric délia Sainte^ 
II. un grand nombre de discours en 
prose et de poésies diverses , tant cii 
latin qu'en italien , qui n'ont point 
été imprimés , mais dont on a des 
copies dans plusieurs bibliothèques 
d'Italie^ III. De omnibus ingeniis aU' 
eendœ memoriœ, Bologne, 1491 y 
IV. Oratio extemporalis habita m 
fuhere Bartholomœi Coleonis, Bef- 
e, 1732, etc. Garrara mourût 



ans sa patrie le 26 octobre 1490, 
et fut enterré dans l'élise de St.-Fran- 
çois, auprès de son père et de ses an- 
cêtres. Deux ans auparavant ( le a4 
février i488), l'empereur Frédéric 
III lui avait donné le titre de comte 
palatin , et l'on assure qu'il fut sou- 
vent appelé comme médecin par lès 
principales villes , non seulement d't- 
talie, mais de France, d'Allemagne, et 
par les plus puissants souverains de 
LËurope. Sa vie a été écrite par An- 
toine Suardi de Bergame, et impri-* 
mée à Bergame en 1 784* -—Un autre 
Garrara ( Pierre -Antoine), égale-^ 
ment né à Bergame, flofbsait dans le 
17°. siècle. On a de lui : V Enéide ai 
Firgllio iradotta in ottavarima cq^ 
gli argomenti del medesimo, Veni* 
se, 1681 , dédiée a François d'Esté, 
duc de Modèue. Le poète nous ap» 



00% C A K 

prend dans son avertissement qu'il 
eonimença cette traduction par ca- 
price , qu'il la continua par plaisir, et 
qu'il Facbeya par obstination. Cette 
version^ qui n'est pas sans mérite, ■ 
reparut à Venise, en i "^oi , sans autre 
changement qu'un nouveau frontis- 
pice et une nouvelle ëpitre dëdicatoire, 

B. G. 
CÂRBARA (Hvbertin), jësuiie^ 
l'un de ceux qui cultivèrent avec le 
plus de succès la poésie latine en Ita- 
lie, au commencement du iB*^. siècle, 
naquit d'une noble famille , originaire 
de Bergame, à Sora, ville du royaume 
de Napies. Il fut pendant plusieurs an- 
nées professeur de belles-lettres au 
collège romain , et y resta jusqu'à sa 
mort, arrivée en 1 7 15. Vers les der- 
nières années de sa vie , il publia un 
poème héroïque, divisé en douze li- 
vres, sous le titre de Columbus, swe 
deltinere Cristophori Columhij Bo- 
rne, 1 7 1 5 , et Âusbourç , i ^So, dé- 
dié au cardinal Pamphile , son ami, 
bien£iiteur des lettres , et très bon lit- 
térateur lui-même. L'invention et la 
conduite du poème, sont vraiment 
poétiques ; mais le style l'est beaucoup 
moins , et c'est sans doute pour cela 
que, quoiqu'il eut été avantageusement 
annoncé dans le monde , et qu'il eût 
reçu beaucoup d'applaudissements 
quand l'auteur le récitait lui-même, 
on le lit peu. On a de lui un autre 
poëme, intitulé: In victoriam de 
Sa^'this et Cosacls relatant suh aus- 
■piciis D. D, Joannis in Zolkucia^ et 
ZloczouSobieski^etc, carmeny Bo- 
rne, 1668. Il y a plus de force dans 
le style , mais moins d'intérêt dans le 
sujet.— Un autre Garrara ( François 
de ] , dit il Fecchio , est auteur d une 
Cronica délia città di P adossa , que 
Muratori a insérée dans le second 
tome des Renan Italicarum script 
tores. K, G^ 



CAB 

GABBARE (Jacques P'. de ) , était 
issu d'une maison souveraine de Pa- 
doue, persécutée au commencement du 
iS*"'. siècle par les gibelins. En i5i49 
il se mit à la tête d'une troupe de sédi- 
tieux qui chassa ou fit périr les anciens 
magistrats, et, le !25 juillet i5i8,it 
fut déclaré seigneur de la république. 
Gane de la Scala, l'ennemi de Padoue, 
avait secrètement favorisé l'élévalion 
de ce nouveau prince, moins pour le 
servir que pour nuire au parti guelfe. 
Gane, dès 1 année suivante, attaqua le 
nouveau seigneur de Padoue, et celui- 
ci, pendant tout son règne, fut appelé 
à combattre avec désavantage pour 
maintenir sa souveraineté. Il fut même 
obligé de la partager avec Frédéric , 
duc d'Autriche, pour obtenir de lui de» 
secours , et il se réduisit à n'être que 
le lieutenant d'un souverain étranger, 
après avoir été souverain lui-même. Il 
mourut le a3 novembre 1 324, laissant 
ses filles et se$ bâtards sous la protec- 
tion de Marsilio de Garrare , son ne- 
veu. S. 



GABBÂBE (Marsilio de), à la mort 
de son onde , demeura chef de sa mai* 
son et seigneur de Padoue, ou plutôt 
lieutenant du duc d'Autriche dans 
cette ville; mais un autre de ses oncles, 
Nicolas de Garrare, qui avait partagé 
avec lui les soins du gouvernement, 
sortit ensuite de Padoue, et lui déclara 
la guerre ; en même temps , les Alle- 
mands demeurés dans la ville se ren- 
daient edieux aux citoyens par mille 
vexations. Marsilio, désespérant de se 
défendre h la fois contre son parent, 
ses soldats et son ancien ennemi, 
préféra entrer en n^ociation avec le 
dernier. Il alla trouver lui-même Gane 
de la Scala , seigneur de Vérone ; il fit 
épouser à Marsilio , neveu et héritier 
du seigneur de Vérone, la fille de Jac- 
ques de Garrare , nommée Taddée, et^ 
après s'être fait conférer de nouveau. U 



CAR 

seigneurie de Padouc par les conseil», 
Je 5 septembre i32^, il la transfera 
Je 7 septembre à Cane de Ja Scala , 
qu'il mit en possession de la ville et de 
son territoire. Il conserva cependant 
la principale autorite' dans Padoue, c^ 
il profita de cette révolution pour coq- 
fisquer à son profit tous les biens de ses 
ennemis. Marsiiio demeura fidèle aux 
neveux de Cane de la Scala, lorsque 
celui-ci mourut, m i5ig, Albert, qui 
était Faine, vint s'établir à Padoue; 
mais il ne s'y occupait que de ses plai- 
sirs , tandis que Carrare restait chargé 
de toutes les affaires. Cependant les 
seigneurs de la Scala s'étant rendus 
odieux à toute l'Italie par leur orgueil 
et leur ambition, les républiques de 
Florence et de Venise résolurent, en 
1 556 , de les humilier. Marsiiio de 
Carrare prêta l'oreille aux propositions 
qui lui furent faites par Pierre de' 
Bossi , général de ces deux républiques. 
Ubertino de Carrare, son neveu , qui 
avait à se venger d'Albert de la Scala 
pour une offense particulière, acheva 
de le déterminer. Les portes dePadoue 
furent ouvertes, le n août 1 357, à l'ar- 
mée des deux répunliques , Albert de 
la Scala fut fait prisonnier, et la sou- 
veraineté fut rendue à Marsiiio de 
Carrare; mais il eu jouit peu de temps, 
étan^ mort le m mars suivant. H n'a- 
vafit point d'en&nts, et son neveu 
Ubertino lui succéda. S. S— *i. 

GAl\RARE ( Ubertino de). Albert 
de la Scala, dans l'ivresse du pouvoir 
absolu , avait fait violence à la femme 
d'Ubertiao de Carrare; et comme de- 
puis il avait publié cette offense , il se 
figurait qu'Ubértino, ou l'ignorait, on 
l'avait oubliée aussi ; mais Ubertino, 
sans se plaindre, sans laisser percef 
aucun ressentiment , attendait le mo- 
ment de la vengeance ; seulement , il 
avait ajouté à la tête de maure qui 
fannait le cimier de son casque ^ deux 



CAR 



7.00 



cornes d'or, monument de sa honte 
et de sa haine secrète. Ce fut lui qui 
introduisit Pierre de' Rossi dans Pa- 
doue , et qui arrêta le tyran impudique 
qui l'avait déshonoré. Ubertino suc- 
céda^ le ai mars i55B, à son onde 
Marsiiio, avec l'approbation de la 
seigneurie de Venise et de tout le parti 
guelfe. Le ^4 janvier de l'année sui- 
vante , il fut compris dans la paix gé- 
nérale,, et reconnu pr Marsiiio de ta 
Scala , comme seigneur de Padoue. 
Cependant, la rivalité entre les deux 
maisons subsbtait toujours , et les 
hostilités se renouvelèrent peu après. 
Lorsqu'elles furent terminées par une 
seconde paix, au mois de mai i545, 
les Vénitiens en conçurent beaucoup 
de jalousie. Us voulaient que les sei- 
gneurs de Padoue et de Vérone s'af- 
. faiblissent par leurs guerres mutuelles, 
et ils laissaient déjà percer cette dé- 
fiance de la maison de Carrare , qui 
devait un jour causer sa ruine. Uberti- 
.no cepenaant mourut sans enfants , le 
a5 mars i545. La violence de son 
caractère, ses vengeances implacables, 
et la del>auche dans laquelle il était 
plongé, l'avaient rendu odieux au 
peuple. S. S— T. 

CARRARE ( Marsilietto Pappa- 
FAVA DE ), parent éloigné d'Ubertino, 
fut Hésigné par ce prince pour lui 
succéder ; mais à peine avait-il été re- 
connu pour seigneur de Padoue , que 
Jacques II , fils de Nicolas et neveu de 
.Jacques P"., l'assassina, le 9 mai 
1 54B , après avoir séduit quelques-uns 
de ses gardes. Marsilietto, pendant 
les deux mois qu'il avait régné, avait 
montré de la douceur et de la justice : 
il fut regretté par ses sujets. S. S— i. 

CâRRARE (Jacques II D£).L'assas- 
sinat de Marsilietto demeura quelque 
temps caché au peuple , et Jacques II 
profita du sceau de ce prince , dont il 
s'était empard, pour s assurer la pos- 



ao4 CAR 

session de Monselice et cle tontes lef) 
forteresses de l'e'tat de Padoue. Il an- 
tiohça ensuite la mort de Marsilietto; K 
réclama la seigneurie , comme nu héri- 
tage dont il avait été dépouillé par uà 
parent bien pins éloigné que lui des 
premiers princes de sa maison , et il 
fut reconnu par le peuple. Jacques de 
Carrare gouverna Padoue en paix avec 
assez de sagesse, et il se concilia l'af- 
fection de ses sujeU ; mais il avait au- 
près de lui un jeune bonime nommé 
GnUlaumCy bâtard d'un de ses ondes, 
dontrhumcuraltiëre et les débauches 
lui causaient beaucoup d'inquiétu<fe. 
Il lui avait défendu de sortir de Pa- 
doue, et , un jour qu'il Tavait appelé 
auprès de lui pour le ^réprimander , ce 
furieux tira un couteau de sa poche , 
et, se jetant sur lui, retendit mort à ses 
pieds, le II décembre i35o. Le bâ- 
tard de Carrare fut bientôt mis en piè- 
ceis par les gardes qui entouraient leur 
seigneur. S. S — i. 

GâRRâRE (Giagomino de), frère 
du précédent , flit immédiatement pr6« 
clamé seigneur de Padoue, avec son 
neveu François, fils de Jacques II. 
Pcndatitcinq ans, ils maintinrent entre 
eux la meilleure harmonie, et l'état 
prospéra par leurs soins réunis ; mais 
une )àlousie violente entre les femmes 
de ces deux seigneurs, qui devinrent 
mères en même temps , fit naître k 
l'iin et à Fautre le désir de demeurer 
seul maître de l'état. On assure que 
Giacomino avait projeté de fiire assas- 
siner François , son neveu , par les 
mains de Zambone Dotti , qu'il avait 
déjà gagné; mais il fut prévenu par 
François, qui, revenant de l'armée 
qu'il conduisait contre les Visconti , 
entra le i8 juillet i355 dans. la 
chambre où Giacomino soupait , et 
mit lui-même la main sur lui, en lui 
disant: a Mon onde, vous êtes mon 
p prisonnier,, » Giacomino fut en ef* 



CAR 

fet enfermé dans une forteresse, ouil 
mourut en 1 572. S. S-hi. 

CARRâRË(Fraivçois 1«^DE ).Le$ 
petits princes de Lombardie , menaçai 
tous également par la maison Visconti, 
qui voulait soumettre cette contrée, s'é- 
taient ligués ensemble, eni554> sons 
la protection de la république de Ve- 
nise. Les Gonzague de Mantoue, les 
marquis d'Esté de Feirare , et les la 
Scala de Vérone , s'étaient réunis aux 
Carrare de Padoue. François V\ as 
Carrare commandait l'armée de la li- 
gue, lorsqu'il surprit son onde, en 
1 355. Il soutint la guerre contre les 
Visconti avec des succès variés , sou- 
vent trahi pr la grande compagnie 
d'aventuriers que les alliés avaient prise 
à leur service ; cependant, il la termina 
par une paix honorable , le 8 juin 
i558 ; mais dans le temps même où il 
était pressé par les armes des Visconti , 
le roi Louis de Hongrie envahissait les 
états de Venise , avec l'armée la plus 
formidable qu'on eût encore vue en 
Italie. Les Vénitiens étaient alliés de 
François de Carrare; cependant ils 
n'avaient pu lui donner aucun secours 
dans la guerre contre les Visconti ; de 
son coté, Carrare redouta de provoquer 
le roi de Hongrie , qui , à la tête de 
dnquante mille hommes de cavalerie , 
pouvait mettre son pays à feu et à sang. 
il contracta des liens d'amitié et cThos- 
pitalité avec lui ; il lui fournit des vivres 
pendant toute la durée de la guerre , 
et il provoqua ainsi le ressentiment de 
la république de Venise , qm ne lui 
pardonna jamais.François de Carrare, 
qui, comme tous les princes d*Italie, 
avait à cette époque des assassins dé- 
terminés à sa solde , fît enlever de ienrs 
maisons, dans des gondoles, les séna- 
teurs vénitiens 'qui lui étaient k pins 
contraires, et les fit conduire dans 
son palais à Padoue, ou, par la crainte 
d'une mort immédiate , il arracha d'eux 



CAR 

le serment qu'ils conserveraient la paix 
avec lui , et qu'ils ne révéleraient point 
la violence qu'ils avaient soufferte; 
pais tout ce qu'il put obtenir ainsi fut 
de dififërer leur vengeance. La jalousie 
des Vénitiens s'augmenta encore , lors* 
que Louis deHongrie donna y en i56by 
Feltre et Beflune à Carrare, en signe 
de sa reconnaissance ; et celui-ci , de 
son côté, chercha, par une alliance plus 
étroite avec le roi de Hongrie , à se 
prémunir contre la haine de ses puis- 
sants voisins. Les Florentins , les Pi- 
sans et les légats du pape firent ce 
qu'ils purent pour empêcher les hosti- 
lités; mais enfin elles éclatèrent en 
1372. Carrare acheta les secours des 
dues d'Autriche; il en obtint aussi de 
Louis de Hongrie; mais ces derniers 
finirent par lui être préjudiciables. 
Etienne, vayvode de Transylvanie, 
qui commandait les Hongrois, ayant 
été fait prisonnier, le i ^'.juillet i375 , 
Carrare, peur racheter sa hberté, fut 
obligé, le %i septembre, de condes- 
cendre à une paix honteuse, de payer 
un tribut considérable , et d'envoyer 
son fils à Venise pour' demander à la 
seigneurie paidon de L'avoir attaquée. 
Mais plus François de Carrare avait 
été humilié, plus il nourrissait contre 
les Vénitiens un ardent désir de ven- 
geance : il saisit avec empressement 
roccasioD que lui en donnèrent les 
Génois , et il contracta une ligue avec 
eux et le roi de Hongrie, enstiite de 
laquelle éclata la guerre de Ckiozza, 
qui, de 1 378 à 1 3Ô i ,mit la république 
à deux doigts de sa perte ( Fojr. Vic- 
tor PisANi, Charles TÉsro, Lucien et 
Pierre Doria ). François de Carrare , 
à la fin de cette guerre, fut relevé de 
toutes les ccmditions onéreuses qui lui 
avaient été imposées par son précé- 
dent traité avec la répnbhque. En 
i584 9 il acquit les villes de Trévise, 
Ceaeda, Feltie et Bcllune, et il parut 



CAR 



ao5 



plus puissant qu'il n'avait jamais été. 
Les Vénitiens ne voulant plus attaquer 
ouvertement un prince aussi belli- 
queux, et soutenu par d'aussi puis- 
sants alliés , excitèrent contre lui An- 
tonio de la Scala , seigneur de Vérone, 
qu'un ressentiment personnel animait 
àé\k , et que ses astrologues flattaient 
de l'espoir des plus brillantes con- 
quêtes. François de Carrare s'efforça 
vainement de fiiire comprendre au 
seigneur de Vérone quels étaient ses 
vrais intérêts ^ après avoir gagné sur 
lui deux grandes batailles; 3 lui offrit 
encore la paix aux conditions les plus 
avantageuses ; mais Antonio de la Sca- 
la, soutenu par l'argent des Vénitiens, 
refusia tout arrangement; il rechercha 
l'alliance de son ambitieux voisin, Jean 
Galeaz Visconti, qui voulait profiter 
des guerres entre ces deux princes 
pour les écraser tous deux. François 
de Carrare^ menacé de cette nouvelle 
attaque , n eut d'autre parti à prendre 
que de devancer la Scala. Sans avoir 
aucune confiance en Jean Galeaz, il 
accepta son alliance, et il convint avec 
lui de partager les états du seigneur de 
Vérone. Jean Galeaz , le plus riche et 
le plus puissant, mais aussi le plus 
penîde des princes de l'Italie, dépouilla 
Antonio de la Scala de ses états pen- 
dant la seule campagne de 1 387 ; mais 
il eut à peine achevé cette conquête , 
que, sans provocation ni sujet de plâiu- 
te , il déclara la guerre à François de 
Carrare, et le réduisit aux dernières 
extrémités. Les Vénitiens applaudis- 
saient à la ruine d\in voisin qu'ils 
haïssaient ; les peuples , lassés de la 
guerre ,^étaient disposés à se soulever, 
et François de Carrare fut enfin obligé, 
avec son fils François II , de consentir 
à un échange que lui fit offrir Jîeau 
Galeaz. Il livra Padoue et Trévise à 
Visconti, avant lafin de Tannée i388, 
et oa lui promit eu retour la seigneurie 



io6 



CAR 



d'une des ailles de Lombardie encla- 
vées dans tes états de son ennemi ^ 
mais ce dernier, au lieu d'exécuter sa 
convention , enferma François P'.dans 
le château de Gomo , et l'y retint jus- 
qu'à sa mort ^ le 6 octobre iSgS* 

S. u— — I. 

CARRARE ( François II, ou No- 
viLLO de). Tandis que François I*'. de 
Carrare était attaque par Jean Galcaz, 
il avait essayé de calmer lesn^urmures 
du peuple, qui demandait la paix, en 
cédant à son fils François II la sei- 
gneurie de Padoiie, et lui-même il 
s'était retiré à Trévise. François II 
commença donc à régner le 29 juin 
1 588, et , le 13 novembre de la même 
année ,Hl fut obligé de rendre sa capi- 
tale à Jacques del Venue, général du 
seigneur de Milan. Il s'achemina tris- 
tement vers Pavie, avec sa femme et 
SCS enfants, pour attendre les volontés 
de Jean Galeaz. Celui-ci ne voulut point 
lui accorder d'audience, et , après l'a- 
voir long-temps fait languir dans Fat- 
tente , il lui céda enfin , en dédomma- 
gement de sa principauté, le château 
dcmi-ruiné de Cortason^ près d'Asti. 
François II, retiré dans ce château, 
fut bientôt averti que Jean Galeaz 
voulait l'y £ah*e assassiner; il se déroba 
par la fuite à la mort qui lui était pré- 
parée, et, se déguisant en pèlerin, il 
suivit la rivière de Gênes , pour venir 
en Toscane demander des secours aux 
Florentins. En route , il fut exposé à 
des dangers inouïs; d'autant plus que 
Taddée d'Esté, sa femme, dont la 
grossesse était avancée, ne pouvait pas 
supporter la mer. A Gênes , à Fisc , à 
Florence même , ses espérances fu- 
rent trompées ; les amis sur lesquels 
il avait compté ne lui montraient que 
froideur et défiance ; mais aux coups 
redoublés de la fortune, il opposa une 
énergie indomptable. La naine fut 
pour lui une puissance ; il échauffa de 



CAR 

son ressentiment les Florentins, qui 
voulaient demeurer en paix avec Jean 
Galeaz; il leur fît sentir la nécessité de 
s'opposer à temps à un tyran ambi- 
tieux qu'aucun traité ne pouvait lier , 
et, dès qu'il les eut déterminés à com- 
battre, il parcourut l'Europe pour leur 
trouver des alliés. Avant tout, il leur 
assura le secours des Bolonais ; ensuite, 
traversant la France et la Suisse pour 
passer en Allemagne , il arma aussi le 
comte d'Ottenburg , le duc de Bavière, 
le comte de Modrus et de Segna en 
Croatie ; il se préparait même à tra- 
verser la Servie , pour demander des 
secours au roi de Rascie : la mort de. 
deux de ses alliés, la froideur des 
Florentins , les maladies dont iui- 
mêrae il fut frappé, rien né put le 
décourager. Les Vénitiens, alarmés de. 
la grandeur de Yisconti , promirent 
secrètement de favoriser Carrare. 
Avant l'arrivée des puissances auxi- 
liaires qii'il avait appelées d'Allemagne, 
il se .mit lui-même en marche avec 
quelques compagnies de gendarmes , 
dès qu'il sut que les Florentins avaient 
commencé les hostilités. Les anciens 
sujets de sa Êimille, qui fa vai en t aban- 
donné deux ans auparavant, soupi- 
raient déjà après son retour ;. ils se ran- 
gèrent en foule sous ses étendards ; ils 
l'accueillirent dans tous les châteaux 
avec des cris de joie, et lui ouvri- 
rent les portes de sa capitale le 19 
juin 1 390. Il continua la guerre pen- 
dant deux ans ^vec des succès variés , 
et il fut compris comme souverain in- 
dépendant dans la paix conclue le % 
février iSga, entre là ligue guelfe et 
le seigneur de Milan. François II, ré- 
tabli dans sa souveraineté par la con- 
nivence des Vénitiens et l'appui des 
Florentins, chercha de toute manière 
à mériter l'amitié de ces deux répu- 
bliques. Il témoigna la plus grande 
déférence à la première ^ il s« laissât 



CAR 

engager par la seconde dans toutes les 
guerres qu'elle eut à soutenir contre 
Jean Galéaz. Sa situation vis«à-vis de 
ce puissant voisin commençait à deye- 
bir dangereuse, lorsque le duc de 
)\fi]an mourut inopinément etr i4o!2. 
Carrare , au lieu de se défendre , put 
alors songer à Êiire lui-même des con- 
quêtes. Et| 1 4o4 f il rétablit dans Vé- 
rone Guillaume de la Scala; mais celui- 
ci étant mort, et ses fils ayant voulu 
traiter avec les ennemis , Carrare 
Vempara lui-même de Vérone. Il fut 
aussi pendant quelques jours maître 
de Brescia, et il était sur le point de 
conquérir Viccnce , lorsque les Véni- 
tiens , qui voyaient sa grandeur avec 
défiance , prirent tout à coup la dé- 
fense des Visconti, moyennant la ces- 
sion de Vicence , et déclarèrent la guer- 
re à François de Carrare. Le prince de 
Padoue, abandonné à cette époque par 
tous ses alliés , et attaqué encore par 
Gonzague , seigneur de Mantoue, n'é- 
tait pas en état de résister long-temps 
à la république de Venise ; cependant, 
il soutint pendant un an et demi l'at- 
taque de forces infiniment supérieures 
avec le courage le plus inébranlable. 
Jacques, son second fils, commandait 
à Vérone; il fut obligéde rendre cette 
place le 2^ juin i4o5; et, contre sa 
capitulation , il fut conduit en prison, 
Frdnçois II défendait Padoue, con- 
jointement avec François III, son fils 
aîné. Après avoir éprouvé toutes les 
calamités que peuvent entraîner la pes- 
te et la guerre, il fut obligé de capitU" 
'1er le 1 7 novembre de la même année, 
II fut conduit à' Venise avec son fils , 
Boas condition que, s'il ne s'accordait 
pas avec la seigneurie , il serait remis 
en possession des forteresses dont il 
était encore maître ^.mais le conseil des 
dix le fît enfermer dans la prison où 
son fils Jacques était de'jà retenu de- 
puis cÎBQ raOTS» Jacques , pendant «$t 



CAR 207 

espace de temps, n'avait apprb aucun 
des malheurs qui frappaient sa famil- 
le, et l'arrivée de son père et de soa 
frère dans son cachot lui en donna la 
première nouvelle. Bientôt après , le 
conseil des dix, au mépris du droit 
des gens et de la foi des serments, 
résolut la mort des trois princes de la 
maison de Carrare. Les bourreaux 
entrèrent, le 17 février 1 406, dans 
la prison de François II , et lui ordon- 
nèrent de se préparer à mourir ; mais 
il ne voulut pas se soumettre à une 
sentence injuste, et il se défendit contre 
eux avec une escabelle de bois , jusqu'à 
ce que, succombant sous leurs efforts, 
il fut renversé et étranglé. Ses deux 
fils, Jacques et Français III, le furent 
aussi le surlendemain. Deux autres dé 
ses fils , encore fort jeunes , étaient à 
Florence ; les Vénitiens mirent leurs 
têtes à prix; cependant aucuu assassin 
n'eut la lâcheté d'attenter à leur vie ; 
mais Ubertino mourut de maladie à 
Florence^ le 7 décembre 1407 , et 
Marsilio , qui embrassa la carrière des 
armes , après avoir servi comme con- 
dottieri dans plusieurs guerres contre 
les Vénitiens, fit, en i455, une ten- 
tative sur Padoue, où il échoua. Il fut 
arrêté comme il s'enfuyait, et perdit 
la tête sur un échafaud, le 18 mars de 
la même année. Avec lui finit la des- 
cendance légitime de la maison de 
' Carrare, celle, peut-être , de toutes les 
maisons souveraines de l'Italie, qui 
avait produit le plus d^hommes distin- 
gués. S. S— I. 

CARRÉ , ou CARRÉE ( Fa ançois ) , 
peintre, né en Frise, l'an i656, avait 
fait des progrès dans l'étude des lan- 
gues, dit Descamps, et allait entrer 
danâune communauté religieuse, lors- 
que son goût pour la peinture l'en dé- 
tourna. Il mérita, par son habileté^ 
d'être nommé premier peintre du prin- 
«e GuiUaume-Frjédéric, stathpuder de 



2b8 



CAR 



Frise , et yit ses travaux esdme's, tant 
de ce prince que du public. Il réussis- 
sait pmopâlement dans la représen- 
tation de fêtes de yillage. A la mort de 
son protecteur , il lui témoigna son at- 
tachement et ses regrets par la cons- 
truction d'un catafalque magnifique, 
qu'il fit exécuter sur ses dessins, et 
qu'il grava ensuite à l'eau forte. Il 
continua d'être au service de la prin- 
cesse douairière Albertine, et s'établit 
ensuite à Amsterdam, où il mourut, 
en 1669, à trente-trois ans , laissant 
deux fils, Henri et Michel Carré , qui 
furent aussi peintres. — Henri Carae 
iiaquit en i65ô, selon Weyerman , et 
eu i658, selon Houbraken. Ni»ces 
biographes, ni Descamps, ne nous ap- 
prennent pour quel motif François 
Carré, qui n'avait point à se plaiudre 
d'avoir cultivé les arts, voulut fermer 
cette carrière à son fils, et le destina au 
ministère de la chaire. Quoi qu'il en 
soit , le jeune Henri se passionna pour 
la peinture, peut-être parce qu'on lui 
d^endait de s'y livrer , et, quand on 
s'aperçut qu'il avait secrètement fait 
d'assez grands progrès, on le plaça 
d'abord chez Juriaen Jacobsz, assez 
bon peintre, et.eosuite chez le célèbre 
Jacques Jordaens. Devenu habile, il 
n'en abandonna pas moins la peinture, 
lorsque la princesse Albertine , dont 
,on a de^à parlé, lui donna une place 
d'enseigne dans un régiment. 11 se 
comporta bien dans son nouvel état , 
et se trouva, en 1672, dans la ville 
de Groningue, alors assiégée; mais 
le goût de la peinture se réveilla chez 
lui , et il renonça , pour s'y livrer , au 
métier des armes. S'étant fixé à Ams- 
terdam , il fut presque toujours oc- 
cupé par deux amateurs, Fierens, 
avocat distingué, etVan-Dyck, riche 
brasseur. Il peignit aussi de grands 
paysages dans une salle du château de 
ilyswick. Henri Cari'é mourut le 7 



CAH 

juillet f 721 , à quatre-vingt-cinq ans, 
laissant sept enfants, dont quatre cul* 
tivèrcnt la peinture, mais avec moins 
de succès que leur père. Descamps 
vante la couleur et la touche de Henri. . 
— Michel Carre d'Amsterdam , frère 
et élève de Henri , ne naquit proba- 
blement pas en i656, comme le prë* 
tendent les biographes, puisqu'il était 
je cadet > et l'élève de son frère. De 
son école, il passa dans celle de Ni- 
colas Berghem; mais , après avoir bien 
saisi la manière de ce grand paysa- 
.giste, il eut le tort de l'abandonner pour 
suivre celle de van der Leen , peintre 
peu connu. Un séjour de plusieurs an- 
nées qu'il fit à Londres ne fut point 
avantageux à sa fortune; mais le roi 
de Prusse l'appela près de lui pour 
remplacer Abraham Begyn , qui venait 
de mourir , et lui donna une pension, 
.outre laquelle on lui paya bien ses ou- 
vrages. La mort de ce prince le força 
de revenir à Amsterdam. Il mourut à 
Aikmaêr en 17*28. Tout en louant la 
facilité de ce peintre , Descamps lui re* 
proche d'avoir trop souvent consulté 
son imagination , plutôt que la nature. 
Il cite cependant avec éloge une salle ^ 
à Amsterdam , entièrement peinte par 
Michel Carré , représentant la Renr 
contre de Jacob et d'Esaii. Le mu- 
sée Napoléon ne possède aucun tableau 
de ces trois peintres. D— t. 

CABRÉ, voyageur français du I7^ 
siècle, avait eu la commission de visi- 
ter la cote de Barbarie , et divers ports 
de l'Océan. Les mémoires qu'il adressa 
à Colbert, fixèrent sur lui l'attention 
de ce ministre , qui projetait de grands 
établissements dans les Indes orien- 
tales. Il fut nommé pour Caire partie 
de l'expédition dont Caron était le 
chef et la manière dont il en parle, 
.donne lieu de supposer qu'il fut placé 
par le ministre pour lui envoyer des 
rapports particuliers sur ce qui st 



CAR 

passerait. La flotte partît le i o juillet 
1 666, On toucha à Madagascar et à 
l'ile Bourbon, où Carré vit l'oiseau 
appelé le dronte , qui depuis a été 
perdu ( Foy. Bontekoe). Garon, que 
son s^our à Madagascar avait con- 
vaincu de l'impossibilité d'y fixer le 
chef-lieu des établissements de la com- 
pagnie ^ se détermina à choisir Surate. 
Carré en donne la description, ainsi 
que celle du pays et des peuples voi- 
sins. Envoyé à Bassora pour le com- 
merce de la compagnie , il y était en 
1668 y lorsque les Turks enlevèrent 
cette ville aux Arabes. Pour se sous- 
traire aux malheurs de la guerre , il 
se retira avec son navire à l'île de Ga- 
rac f dans le golfe Persique. De retour 
à Surate , Carbn l'envoya en France , 
sous prétexte d'y porter des nouvel- 
les de rétablissement , mais sans doute 
pour se débarrasser d'un surveillant 
incommode. Carré qui n'aimait pas Ca- 
ron , qu'il appela toujours le Hollan- 
dais y accepta la mission avec plaisir! 
Il s'embarqua en 1671 pour Bender- 
Âbassi ; de-là, il se rendit à Bagdhâd, et 
traversa le désert. Durant «ë trajet , il 
eut beaucoup à souffrir , et il fut le té- 
moin d'une des scènes les plus déchi- 
rantes qu'un homme puisse contem- 
pler. Un Turk, amenant deux cents 
jeunes filles qu'il comptait aller vendre 
en Arabie, en Perse et aux Indes , 
n'avait pas trouvé d'eau dans les puits 
du désert. Il voyait mourir l'une après 
l'autre ces infortunées , qui remplis- 
saient l'air de leurs cris. Carré , après 
s'être éloigné avec son guide de ce 
lieu de désolation , continua sa route, 
et arriva à Alep. Il alla à Tripoli de 
Syrie , visita le Liban , s'embarqua à 
Séide ^ et aborda heureusement à Mar- 
seille. Il publia sa relation sous ce 
titre : Voyage des Indes orientales ^ 
mêlé de plusieurs histoires curieuses, 
PariSy 1699/12 vol. in-t3. Il dit à la 

vu. ' 



CAR 3<K> 

fin du premier volume , qui renferme 
le récit de ses courses , qu'il ne tarda 

Sas à être renvoyé par terre aux In- 
ès, et que le second volume contien- 
dra la relation de ce voyage ^ mais il 
n'a tenu parole qu'en partie ; car on 
n'y trouve que des fragments sur dif- 
férents sujets, et des anecdotes ga- 
lantes . on y voit seulement qu'il était 
à Visapour en 1673. Carré écrit d'une 
manière assez intéressante ; mais il 
parle beaucoup trop de lui, rapporte 
trop d'aventures insignifiantes^ et ne 
détermine pas toujours avec exactitu- 
de les dates des événements. E — s. 

CARRÉ ( Louis ) , géomètre fran- 
çais, né en i663, dans un village d« • 
Brie, avait d'abord été destiné à l'état 
ecclésiastique ; mais son père , simple 
laboureur , ne put fournir à la dépense 
nécessaire pour achever ses études , et 
le jeune théologien serait retourné aux 
champs, si le P. Malebranche&e l'avait 
gardé auprès de lui pour lui servir de 
copiste. Carré ne tarda pas à se péné- 
trer de la métaphysique de son maître , . 
qui lui enseigna en même temps les 
principes des mathématiques. L élève * 
profila si bien , qu'en peu de temps , il 
se mit au-dessus du hesdin en don- 
nant des leçons de mathématiques et 
de philosophie. Dans cette dernière 
partie , qu'il affectionnait le plus , il 
eut pour disciples beaucoup de fem- 
mes , parmi lesquelles se trouvaient 
des religieuses. Les réflexions que 
cette circonstance suggère à Fonte- 
nelle , rendent curieux l'éloge très 
court qu'U a fait de Carré. Ce sa- 
vant fut reçu membre de l'académie 
des sciences en 1697, et mourut le 
1 1 avril 1 7 1 1 . Il a laissé plusieurs 
mémoires dans la collection de cette 
société, et, dans le Journal des Sa* 
fiants y un Jlbrégé d'un traité shr 
la théorie générale du son , sur les 
différents accords de la musique , €P 

14 



aïo CAR 

sur le monochofde» L'atfce feignon 
Tavait cliargé de Faire ta description de 
tous les ÎDstruinents de musique usite's 
en France ; mais s'a ioiort prématurée 
ne lui permit pas d'acbever ce trayail. 
Le plus împomnt dé ses ouvrages est 
sa méthode pour la mesure àes sur^ 
faces y la dimension des solides, 
leurs centres de pesanteur, de per- 
cussion, . d'oscillation , par Vappli" 
cation du calcul intégral y Paris, 
I «y I o 9 in-4''* Quoique bien incomplet y 
même pour Tëpoque où il parut, et 
renfermant plusieurs inexactitudes, 
cet ouvrage eut d'abord un assez grand 
succès : on ne le consulte plus aujour- 
* d'hui. . G. M. P. 

CaBRÉ (Bemi ) f bénédictin ^ prieur 
de liéccleuf , et sacristain delà Celle , 
né à St.-Fal le 20 février 1706 , cul- 
tiva les sciences avec succès. On a de 
lui : I, les Pseaumes dans V ordre his- 
torique, nouvellement traduits sur 
Vhébreu , 1 74 î» , in-8°. ; lï. le Maître 
des novices dans l'art de chanter , 
1744 9 in -4°. Cette production est 
, assez 'curieîise, et fut dtée avec éloge 
dans les joufrnaux du temps. On^oit 
surtout y remarquer le chapitre oà 
Carré traite de la voix. H fait Té- 
loge du vin, le conseille pour toutes 
les maladies ) et dit : a Le vin fait 
«» presque autant que tous les autres 
31 remèdes ensemble. 9 On y ti*ouve 
aussi quelques propositions qui ne 
font ^iais moins singulières. IIL Ja 
Clef des Pseaumes , 1 755 , in-i 2 ; 
IV. Recueil curieux et édifiant sur 
les cloches, 1757, in-8**. Ce livre, 
dans lequel l'auteur a réuni beaucoup 
de particularités isur les cloches, est, en 
effet , un des plus curieux qui existent 
sur cette matière. V« U a laissé en ma- 
.uiiscrit un Brét^iaire biblique, disposé 
pour obliger les ecclésiastiques à faire 
Hne émde particulière de la Bible. 

D.L. 



CAR 
CABBÉDEMONTGERON. Fûj-. 

MoNTGERON. 

CÂRbEL (Louis-Joseph), doc- 
teur en théologie, taatif de Seissel en 
Bugey , est auteur des ouvrages sui- 
vants : L la Pratique des billets , 
Louvàin , 1 690 ; Bruxelles , 1 698 , in- 
1^, Ce livre a pour objet de réfuter 
celui de Le Correur, intitulé: Traité 
des billets entre négociants, 1682. 
Ce dernier soutenait que, dans le com* 
mérce , il est permis de prêter à inté- 
rêt , pour un temps limité , sur de sim- 
ples billets. Càrrel convient que cette 
pratique n'est point opposée à la loi 
naturelle , ni par conséquent mauvaise 
en soi , mais qu'elle est contraire à la 
loi divine expliquée par la tradition, 
IL La 'Science ecclésiastique suf fri- 
sante à eUe-méme sans le secours 
des sciences profanes , Lvon , 1 700 , 
in- 12. On y trouve d'excâlcntes cho- 
ses sur Tobligalion où sont les ecclé- 
siastiques de s'appliquer à la science 
de leur état , mais trop dé sévérité k 
l'égard de l'étude des sciences pro- 
fanes, m. ^m à V auteur de la vie 
de M. d'Aranthon d!Alex^ éyéqum 
de Genève , Bruxelles et Lyon 1700, 
in-ia. L'auteur de cette /^îe (&• Le- 
masson ) y répondit dans 4es Eclair» 
cissements'plsLcés à la fin de la a*', édi- 
tion. Carrel soutenait que le prélat n'é^ 
tait point contraire auft sentiments de 
'5. Augustin et de S. Thomas sur la 
grâce et la prédestination , ni ennemi 
de Port-Boyal. Dom Lemasson s'at- 
tacha à prouver que M. d'Aranthoa 
n'était point janséniste , ni quiétiste. 
IV. IJn Avis et trois . lettres , insé- 
rées dans ï'Histoire des ouvrtiges 
des savants , de 1 708 , sur les pro- 

Eositions concernant la révélation et 
i certitude du texte sacré , où il prend 
'la défense du docteur Holden , dans 
son Analyse de la foi. V. LeUrc à 
Mn Ameht de la HoussajcCy Paris, 



CAR 

4691 9 kl- 16, de 60 pâg. Elle roule 
Èuc la traductiou des Lettres de Cicé- 
ron à Atticus j par St.-Kéal. T*— -p. 
CARRÉNO DE MlUANDA (porc 
Juan ) , naquit de parents DobJes k 
Âyiles , viUe des Asturies , en i^ 1 4* Q 
apprit à Madrid ie dessin, de Pierre 
de Las Cuevas, et fut relève de Barthé- 
lemi Roman pour le coloris. Il excella 
dans le portrait et dans Thistoire. IL 
peignit à l'âge de vingt ans les tableaux 
du cloître de Sainte-Marie d'Arragon, 
et ceux de l'église du couvent du Ro- 
saire de Madnd. Il iiit élevé en 1 657, 
par la noblesse d'Avila , -et ensuite par 
celle de Madrid , à des fonctions de 
judicature ; mais Yelasquez^ voyant 
que ce genre d'occ<q>ation ie détour- 
nait des travaux auxquels il était plus 
endin , lui fit &ire , dans le palais du 
roi des peintures qui furent q^prou- 
yées par Philippe IV, £t ce prince ie 
nomma peintre de la couronne en 
1669. Charles II .conûrma cette no- 
mination peu -de temps après, et lui 
duona, en outre, l'ordre de Saint- 
Jacques. Ses amis le félicitant à l'oc- 
casion de cette dernière dignité , et 
lui disant qu'il n'en avait pas besoin 
pour illustrer sa naissance, mais. que 
cet honneur refluait sur Isi peinture^ 
il leur répondit : « L21 peinture n'a pas 
» besoin de d^ honneurs ; car elle peut 
9 lesdonner à tout le monde. x> Les ta- 
bleaux de Carréno sent semarquablcs 
par la correction du. de&sin, par >le 
gracieux et la douceur du coloris ; ses 
teintes iinilcnt celtes de 'Van Dyck; ses 
esquisses ont de ia franchise, dclaiaci- 
iilé «t.de l'invention» Ce peintre possé- 
dait Hussk rart.de. la gca^vure. il moniuit 
en i6B5. OnToità'Madrid, entre les 
principales -œuvres de Carréno, une 
Ma£LBieiiie .dans iejiésert^ au cou- 
Teut de Las Becogidas; à Tolède, unp 
Sainte I^amUle dans l'église des bc- 
nédîctîos de St.-Martiu; à Alcala de 



CAR ait 

Henatez , dans l'église des religieuses 
de la Madeleine, un tableau de Jésus^ 
un Baptême de Noire^ Seigneur ; à 
la paroisse de St.- Jean , deux grands 
tableaux historiés , concernant la vie 
de S* Isidore le laboureur. Carréno 
fit aussi une Madeleine qu'on voyait 
à Ségovie, dans la collection des ta- 
bleaux de l'amiral de Castille. On ad- 
mire à Pampelune son fameux ta- 
Uean de X Institution de l'ardre des 
trinitaires , chez les religieux du mê- 
me nom. L-— IE. 

CàEBËUA (Pierre ), sicilien , na- 
quit à Militello , dans la vallée di Noto , 
•en 1-571. Il était versé dans les an- 
tiquités de la Sicile , et son sav(Hr le fit 
rechercher par plusieurs princes d'I- 
taUe. Il mourut à Messine ie 8 sept. 
1^47? %^' ^^ soixante-seize ans. Parmi 
ies nombreux ouvrages qu'il a laissés, 
on doit remarquer : 1. Fariorum epi^ 
ffktmméaumlib, ///^Palerme ,1610^ 
in-;8'.; II. il Giuoco de Scacckiy 
jeu dans lequel il était fort habile. Ce 
traité, imprimé à Militello en 161 7, 
in-4"» y est rare et tiès recherché des 
curieux. liL / tre lihri dell* epistole 
di Gio, Tiommaso Moncada, corde 
â'Attemb, tradoiUdalliaiingua la^ 
iina nelV itaUana ; annotazioni e 
dickiariazioni sopra dette epistole ; 
ibid. , .i6io, iuMÔ; ly. il Alongi" 
heUo-descriitoin tre lihri; Poésie per^ 
icneuti aile materie di Mongibello^ 
réimprimé dans 'le Thésaurus anti-- 
quit, rSieiliœ. Girrera a inséré dans 
eetledssonptioa le catalogue des plan- 
tes qui. croissent sur cette montaâ;ney 
fait par Bonfigiiuolo , d'Ancoiic. V. 
Délie jnemorie istoriche délia città 
di Catania, en deux voluinfs in fdl. , 
publiés, l'un en tGSq, l'autre en 
1641 ; le second volnrae ne contient 
que la vie et les miracles de Stc. Agathe. 
Le premier , traduit en latin par Abra- 
ham F«eiger, a été inséré dans le ïb"* 

j4- 



aîa CAR 

volume du Thésaurus antûjptitatum 
Siciliœ de Burmann. On trouve aussi^ 
dans le même volume , une disserta- 
tion de P. Carrera, intitulée : Disquisi- 
tio de vero significatu numismatum 
quorumdam Messanensuan, seu Ma- 
mertinorum Catanensium, On pré- 
tend que Carrera avait aussi composé 
un troisième volume de cette histoire , 
ou il traitait de l'origine des familles 
nobles de la Sicile , mais qu'il lui fut 
défenda , ou qu'il s'abstint lui-même 
de le publier. YI. Délia famigUa 
Tedeschi, lib, III j Catane, i64^, 
în-4°'; VII. V Arnica Sjrracusa illus- 
WaJta; VII T. il Bonanni dialogo. — 
CàRaERA (François) y jésuite sicilien, 
né en 1 629 , mort le 217 février 1 679 , 
a publié : Panthéon siculum , sive 
sanclorian siculorum elogia^ Gênes, 
1679, in-4°. On a aussi de lui quel- 
ques poésies latines. R. G. 

CARRERA ( Antoine pRiNcrvAL), 
médecin, né à Arona dans le Mila- 
nais y est coiinu par une satire contre 
les médecins, intitulée : Le Cor^usio- 
ni de* medicij in cui si scuoprono gli 
errori e gV inganni di essiy Milan , 
1 653 , in-8°. , publiée sous le nom de 
Raphaël Carrare. C'est pour répondre 
à cet ouvrage, qu'on publia, sons le 
nom de Reinier Perruca , VÂpologia 
de* medicij Milan, i635, in-8\ 

A.B--r. 
CARRÈRE( François), né à Per- 
pignan le II mars 1622, reçu doc- 
teur en médecine à l'université de 
Barcelone en i654 9 appelé à la cour 
de Madrid en 1667 , devint , en 1676, 
premier médecin des armées du roi 
d'Espagne. II quitta cette place en 
1690, et se retira dans sa patrie. Il 
mourut à Barcelone, dans un voyage 
qu'il j fit, le 14 mai 1695. On a de 
lui : I. De vario, omniquefalso as- 
trologiœconceptu^haircchue, 1657, 
in-4". } II. De salule miUtum tuen- 



CAR 

dd, Madrid , 1679, in-8°. Il n'est 
poiut question dans cet ouvrage des 
maladiet des soldats, mais seulement 
des soins qu'on doit avoir pour la 
conservation de leursanté. — Garrere 
( Joseph ) , son neveu , né à Perpignan 
le 8 décembre 1680, docteur en mé- 
depne à l'université de cette ville , le 
22 décembre 17049 recteur de cette 
compagnie en 1716, 1723, 1^37; 
mort le 12 avril 1737 , a laissé : I. 
jinimaâ^ersiones in circulaîores , 
Perpignan , 1714» in-4''. } ouvrage 
contre la circulation du sang ; II. De 
febribuSj 1718, in-4*. ; III. Essai 
sur les effets de la méthode du bas 
peuplepoùr guérir les fièvres ,1721, 
in- 12. — Garrere ( Thomas ) , ûls 
de Joseph, né le 11 février 1714» 
reçu docteur en médecine à Perpignan, 
le 22 janvier 1737, professeur au 
^ mois d'octobre de la même, année , 
recteur en 1762, doyen de sa Êiculté 
en 1761, mourut à Perpignan le 26 
juin 1 764* On a de lui : I. Réponse à 
une question de médecine dans la- 
quelle on examine si la théorie de la 
botanique est nécessaire à un méde- 
cin, 1 740 9 in-4^* f II* Lettres d'un 
médecin de province , 1743, in-4".; 
Réponse à la lettre raisonnée de 
M'^ ♦ ♦, 1743, in-4^;Xrtt^e à M. 
GourraignCy 1743 ,^ in-4*- ; Ré" 
Jlexions sur les éclaircissements que 
M. Simon a donnés sur la maladie 
d'un officier d* artillerie , 1744» ^' 
4^. Ces quatre opuscules sont relati- 
tifs à une péripneumonie catarshale. 
III. Dehominis generatione^ < 7^4 > 
in-4''vIV. Réponse à Vautewr d'une 
lettre sur l'impossibilité de recon- 
naUre par V ouverture des cadavres 
les causes des maladies ^ 1755 , in- 
1 2 ; V . Z>c sanguinisputreiUne^ 1 «j Sg, 
in-4''- ; VI. De hœmatoscopidy Mont-* 
pellier , 1 769 , in-8°. , thèse souteuueîj 
par Pierre-Joseph Laroquej VII. ^jt' 






CAR 

veras phthjrsipulmonari aquœ PreS' 
ternes ( de la Preste), etc., Perpignan , 
1748, in-4'\; VIII. Thèses ex uni- 
versa medicind, 1756, in-4^;lX. 
Essai sur les eaux miiiérales de 
Nossa en Confient , Perpignan , 
i754,in-i2; a. Traité des eaux 
minérales du Roussillon , Perpignan , 
1756, iu-8". , attribué par erreur à 
son fils. A. B — T. 

CARRÈRE ( Joseph-Barthelemi- 
FaAifçois ), fils de Thomas , né à 
Perpignan, le 24 août 1740, fut ins- 
truit par son père dans l'art qu'il pro- 
fessait. U fut reçu docteur en méde- 
cine à la faculté de Montpellier , en 
17^9, puis revint dans sa patrie, où 
il fit d'abord des cours particuliers 
d'anatomie. D obtint ensuite la place 
de professeur dans l'université de cette 
ville. En 1772, le roi lui donna en 
fief tes eaux minérales des Escludes, 
avec leurs dépendances. L'année sui- 
vante, il fut nommé inspecteur-géné- 
ral des eaux minérales du Roussillon. 
Il vint alors se fixer à Paris , et donna 
sa démission des places qu'il occupait 
àPeipignan ; mais l'université de cette 
ville lui conféra le titre de professeur 
éméiite, en considération de ses ser- 
vices et de ceux de ses ancêtres. Peu 
après , il fat nommé censeur royal et 
membre de la société de médecine. Il 
passa ensuite en Espagne, où il sé- 
journa plusieurs années. Il est mort à 
Barcelone le 20 décembre 1802. On 
a de lui nn grand nombre d'ouvrages: 
I. Dissertatio de vitali corporis et 
animœfœdere, 1758, in-8°. ; IL 
Dissertatio ph^siologica de sangui- 
nis circulatione y 1764, in-S". ; III. 
De digestionis mechanismo , 1 765 ; 
IV. De revulsione , 1 77 o ; V. Répon- 
se à un ouvrage qui a pour titre: 
Rediercbes anatomiques par Louis- 
Kicliel Gostc , etc. , 1 7 7 1 , in-4"« ; VL 
I^issataUo de rétrograda sanguinis 



CAR 



Qi5 



motUy 1772 > in-S". ; VII. Traité 
théorique et pratique des maladies 
irtflammatoiresj 1 774, in-8". ; VIII. 
Bihliothèqi/Le littéraire , historique et 
critique de la médecine ancienne et 
moderne y tome P'., 1776, iu-4**-; 
tome IP., 1776, in- 4°. Il n'a par» 
que ces deux volumes ; l'ouvrage en- 
tier devait en avoir huit. Cest propre- 
ment un dictionnaire biographique des 
auteurs qui ont écrit sur la médecine ; 
ses articles sont en général plus exacts 
et plus complets que ceux d'Éloi. Le 
dernier mot traité dans le second vo- 
lume est Coivarty médecin anglais. 
Dans le Journal de médecine eu mois 
de décembre 1 776^ on critiqua vague- 
ment cet ouvrage. Garrère, au lieu de 
passer condamnation sur les reproches 
qu'on lui faisait, eut la faiblesse de 
s'en offenser. 11 écrivit et fit imprimer 
à ce sujet une Lettre à M. Bâcher y 
1777, in-8°. Cétait non seulement 
donner de la consistance à la critiqué^ 
mais aigrir le censeur , qui , dans le 
Journal de médecine des mois d'avril y 
mai , juin, juillet et août 1 777, fit in- 
sérer des articles raisonnes, mais d'un 
ton aigre et dur, sur la Bibliothèque 
de Garrère. IX. Le Médecin ministre 
de la nature , ou Recherches et Ob^ 
servations sur le pépasme ou coction 
pathologique , 1 7 76 , in- 1 2 ; X. Dis- 
sertation médico-pratique sur Vusa- 
ge des rafraîchissants etdes échauf 
fants dans les Jièvres ' exantJiémati^ 
queSy 1778, in-8^; XI. Mémoire 
sur les vertus y l'usage et les effets 
: de la douce amère , ou solamen scan- 
dens dans le traitement de plusieurs 
maladies ^ et surtout des maladies 
dartreuseSy 1781, in-8°.; XII. Ca^ 
talogue raisonné des ouvrages qui 
ont été publiés sur les fioux mine- 
. raies en général^ et sur celles de 
France en particulier y 1785, in-4*'. 
La I'*, partie Uaite des eaux miné- 



ai4 CAR 

raies en gênerai; la liVdes eaux miné- 
rales de la France eu particulier ; la 
5*. donne le dénombrement des eanx 
minérales de la France sur lesquelles 
on n'a point écrit ^ la 4* présente le 
tableau de la température des eaux 
thermales do la France. Le volume est 
terminé par des table»» XIII. Manuel 
pour le service des' malades^ ^^^y 
in-it2; 1787, in-ia, traduit en al- 
lemand , Strasbourg , 1 787 , in - 8". ; 
XI Y. Précis de la matière médi^ 
cale par Fenel , avec des notes , 
1 786, in-8''. ; i8o'J , a vol. in-8*'. ; 
XV. Ee cherches sur les nïaladies 
'Vénériennes chroniques, 1788, in- 
iQ ; XYI. Tableau de Lisbonne en 
1 796, suivi de lettres écrites en Por* 
tugal sur Vétat ancien et actuel dé 
ce rojaume , Paris, 1797, iu-8'*. j 
ouvrage anonyme , où Fauteur repré- 
sente le gouverncraénl de ce royaume 
comme le plus faible , son ministère 
comme le plus despotique , son admi- 
nistration comme la plus corrômptié^ 
son peuple comme le plus avili, sa ca- 
pitale comme le plus détestable séjotit 
de toute TËurope. Pendant son séjour 
en Espagne, Garrère avait ramassé 
•ur tout ce qui concerne ce pays beau- 
coup de matériaui , dont M. Aletaiï- 
dre de la Borde a fait l'acquisitioti, et 
dont il déclare avoit profité dans s0h 
Itinéraire descriptif de ^Espagne , 
1808, 5 vol. in-S'*., et atlâ$; a% édi- 
tion, 1809, 5 vol. in-8'., et atlas* 
Désessarts , dans son supplément aiix 
Siècles littéraires de la Frarwe, dit 
que Garrère a fait des romans , des 
poésies, des histoires, des pièces de 
théâtre. A. Il— t. 

GAURERI. F. Gemellï-Garrem. 

CARRERO ( Pierre-Garcias), né 
a Gaiahorra au 1 6*. siècle , docteur en 
médecine , professeur de cette science 
à l'académie d'Alcala de Hénarès y eut 
une grande réputation qui lui valut 



CAR 

une pUce de médecin de Philippe ITT. 
Il a mit preuve d'un grand savoir dans 
les ouvrages qu'on a de lui : 1 . DispU" 
tatianes medicœ et commeniarii in 
primant f en Ubri quarti jivicennœ, 
in qtiihus non solùm quœ pertinent 
ad iheoricam sed etiam ad praxim 
locupletissimè reperiuntur , .Bor- 
deaux ^ 16^28, in-foi.; l'éditeur fut 
Pierre Ferriol, disciple de Carrero; 
11. Disputatianes medicœ et com^ 
mentarii ad fen primam Ubri primi 
Avicermœ^ hoc est defebribus, Al- 
cala de Hénarès, 1612; Bordeaux, 
1628^ itt-fol.; III. Disputatianes me- 
dicof et commentarii in omnes lihros 
Galeni de lacis affectiSy Atcala d« 
fiénarës , i6o5- ibvi, in-fol. 

A. B-T. 
GARREY (Jacques), peintre, né à 
Troyes en janvier 1646, entra dans 
l'école de Lebrun. Ge célèbre artiste le 
choisit poiir accompagner à Gonslan- 
tinople OlHer de Nointel , nommé 
ambassadeur près la Porte orhomane, 
et qui lui avait demandé un artiste ha- 
bile. Garrey peigtiit d'abord l'audience 
accordée par le grand-vézyr à l'ambas- 
sadeur français. Il fit ensuite à Jéru- 
salem deux tableaux, dont l'un re- 
présentait l'entrée de l'ambassadeur 
français dans cette vide, l'autre le 
Feu sacré , cérémonie usitée dans 
l'église du St.-Sépulcre par les secta- 
teurs de la religioii grecque. Bans di- 
vers voyages où il avait accompagné 
Nointel à Athètaes, en Palestine et 
dans TArchipel , Garrey dessina un 
grand nombre de statues, de bas-re- 
liefs et de monuments; niais ces des- 
sins , qu'il avait laissés à Gonstantîiio- 
pie, furettt perdus. Lorsqu'il fut à» 
retour en Frkitce^ Lebrun lui fit avoir 
une pension , un appartement h. Ver- 
sailles, et un aux Gobelins. Garrey mé- 
rita ces Êiveurs en travaillant pour le 
monarque. Il eut parte IVxécutmi do 



CAR 

U galerie 4^ Versailles , dessina les 
morceaux les plus curieux du cabinet 
du roi , et fit des dessins pour des 
ornements de sculpture, des ouvra- 
ges d'orfèvrerie, etc. £u 1690, épo- 
que de la mort déLebrun, Garrey re- 
tourna dans sa ville fatale, où il {it 
un grand nombre ^'ouvrages , dont le 
plus important fut la f^U de S, P^nr 
taJéonj en six grands tableaux , exé- 
cutes pour la pàrobse de ce nom. Il 
mourut '4 Troyes le 18 février 1 726. 

D— T. 

GARRIARIC, roi des Suèves, con- 
temporain d'Agi|a , rpi des Visigoths , 
r^i^ait, vers le milieu du 6^. siècle, 
$ur le Portugal, \b^ Galice et les Astu- 
ries. Son 6\s , Xhéodon^ir^ ayant été 
attaqué d'une maladie de langueur qui 
épuisa long-temps Tart des médecins , 
se vit enfin soulagé , et crut avoir ob- 
tenu sa guértson par ('iutercession de 
S. Martin , évêque de 'f'ours. Garriaric 
abandoDua alors la secte arienne pour 
embrasser la religion catholique , et 
bâtit, en l'hoBneur de S« Martin /la 
cathédrale d'Or^ose danç le royaume 
4e Galice. Il mourut en SSg, laissant 
le tronc à son fils Théiodomir. B — p. 
CARRÏCHTPft DE BECKINGEN 
(Partuelevi )y médecin de l'empe- 
reur Maxinûlien II, se fit remarquci*, 
5^r la fin du 16". siècle, par la smgM- 
larité de sçs opinions. 1| é^tit imbu 
des pr^ugés 4^ l'astrologie ^ de l'ai- 
cbimie et de la théosopnie. Sous le 
nom emprunté 4^ PhiUmusus , il a 
publié plusieurs ouvrages sur dive^- 
les parties de la médeciue, et par- 
ticulièrement sur les niantes et leurs 
propriétés médicinal^ et alimentai- 
Tts. Il indique sous que) sigae du 
todiaque et à quel degré d'élévation 
ixtt Thorizoïi doil ^tre ce signe pour 
^cneilUr ^t préparer une plante, afin 
«{u'elle ait.im effet salutaire. Malgré la 
ïizanexie 4u su{et et du style , ces pu- 



CAH aî5 

vrages eurent de la vogue ; on en fit 
successivement un grand nombre d'é- 
ditions in-fol et in-B®. Nous ue citons 
les titres des ouvrages deGanichter que 
comme des moquments de la faibles- 
se de l'esprit humain ; ils sont tous 
écrits en allemand : I. Liyre de plan- 
tesy dans lequel on indique dans quel 
%ig7ie du zodiaque , et à quel degré 
il doit être y pour qu'on se médica» 
mente, Strasbourg, 1575 et iS^S^ 
in-S"". ; cet ouvrage eut encore ensuite 
sept éditions^ et il fut réimprimé à 
Nurembeiç en 1686, in-8^, sous 
le ^tre de Krceuter und Arzneibuch^ 
avec des augmentations par Gardiluc- 
cius , et à Tubingue eu 17^, in-8".; 
IL njrm.hne aUemcinde, If|iremberg 
et Amberg, l6lo,in-8^; III. Trai- 
té de rharmoniej de la sjrntpatkie 
et de Vantipathie des plantes , Nu- 
remberç, 1686, in-8^; IV. Traité 
4és plantes de V Allermigne ^ décri* 
tes diaprés les influences quelles re^ 
coivent des corps célestes y Stras- 
bourg, T 576 , in-fo].^ I SqS , in-fol. ; 
ce iperoe ouvrage reparut sous le titre 
de Horn des ffeiles menschUscher 
Blodighheît, Strasbourg, 1619, in- 
fol., et 1675, in-3*.; cette dernic|re 
édiiiop porte le véritable nom d£ sqn 
auteur. D — ^P — s. 

GAPRIER ( Jeaiï ; Baptiste ) . né 
en 1756, à Yolai, village près d Au- 
irillac dans la haute Auvergue, était tj^it 
obscur procureur quand les désor- 
dres de la révolution commencèrent. 
Il fut nommé député, en 1792, à 
la convention nationale. Il contribua 
à faire établir le tribunal révolution- 
naire , le I o mars 1 793 ; enfin , en 
toute occasiou , il se montra fort 
ardent à persécuter et à proscrire. 
Il avait entendu dire que ta Franpe 
était trop peuplée pour recevoir la 
république ; il fiit d avis de la dépeu- 
pler. On reatendit uo jour ^ en déjeû- 



ai6 CAR 

liant dans un café de Paris , dire que^ 
pour rendre la republique plus heu- 
reuse ^ il fallait supprimer au moins le 
tiers de ses habitants. Il vota la mort 
de Louis XVI , et, le 6 avril, il deman- 
da un des premiers l'arrestation du 
duc d'Orléans, et concourut puissam- 
ment à la révolution du 5 1 mai. Aprq^ 
avoir été une première fois en mission 
en Normandie, où les patriotes mode'- 
rés des provinces de l'ouest avaient 
çssaye' de se de'fendre par un soulève- 
ment, Carrier fut envoyé à Nantes , 
où il amva le 8 octobre 1 795. La 
guerre civile était en ce moment dans 
toute son ardeur. Les victoires des 
Yendéens, la peur qu'ils inspiraient, 
avaient tourné en rage les sentiments 
déjà fort exagérés du parti opposé. 
L'incendie des villages, les massacres 
avaient de'jà commencé. Quelques gé- 
néiaux , des représentants en mission, 
dont la conduite a depuis passé pjbur 
modérée , grâce scieur successeur Car- 
rier, avaient déjà permis ou commandé 
beaucoup de cruautés. La convention 
envoya Carrier à Nantes^ en lui re- 
commandant de prendre des mesures 
de destruction et de vengeance plus 
rapides et plus générales. Carrier se 
conforma avec zèle à de telles instruc- 
tions. La ville de Nantes, lorsqu'il y 
arriva, commençait déjà à être en 
proie à une foule d'hommes féroces : il 
s'en entoura , et ils s'excitèrent mu- 
tuellement à des horreurs sans exem- 
ple. Les priisons étaient déjà rem- 
plies. L'entière défaite des Vendéens 
à Savenay accrut encore lé nombre 
des prisonniers , et encouragea l'ar- 
deur sanguinaire de Carrier et des 
hommes qui l'entouraient. 11 trouva 
bientôt que les jugements informes et 
précipités qui envoyaient chaque jour 
à la mort une foule de prisonniers , 
exigeaient de trop longs délais. « Nous 
» ferons ^ disait- il aux furieux dont il 



CAR 

» était environné, un cimetière de la 
» France, plutôt que de ne pas la ré- 
» générer comme nous l'entendons, v 
Il proposa aux autorités de la ville de 
faire périr les détenus en masse et 
sans être jugés. Après quelques débats, 
il résolut, malgré la résistance de plu- 
sieurs de ses agents, d'exécuter son 
projet. Il fît d'abord embarquer, le 1 5 
novembre 1793, quatre-vingt-qua- 
torze prêtres dans une barque, sous 
prétexte de les transporter ailleurs. 
Le bateau était à soupape , et, pendant 
la nuit, on le submergea. Peu de jours 
après, une seconde exécution pareille 
de cinquante - huit prêtres eut encore 
lieu ; elle fut suivie de plusieurs au- 
tres. Ces horribles expéditions , aux- 
quelles on donna le nom de noyades^ 
et que Carrier lui-même appelait hai- 
gnades, et déportations verticales , 
étaient exécutées par d'infâmes satel- 
lites qu'il avait organisés sous le nom 
de compagnie Marat Carrier, ren- 
dant compte à la convention de ses 
travaux , raconta la mort de ces prê- 
tres comme un naufrage heureux et 
fortuit. Son récit, qu'une sorte d'am- 
biguïté rendait plus atroce , mais non 
pas moins clair, se terminait par ces 
mots : « Quel torrent révolutionnaire 
» que cette Loire ! » La convention 
mentionna honorablement cette let- 
tre. Lorsque Carrier vit que sa con- 
duite était ainsi approuvée, il ne con- 
nut plus de frein. Deux hommes ^'ii 
avait revêtus d'un grade militaire , 
Fouquet etLamberty , furent chargés 
d'exterminer les prisonniers sans ju- 
gement.' Un vaste édifice, nommé 
Y Entrepôt y servait à entasser les vic- 
times dévouées à la mort. On y jetait 
pêle-mêle hommes, femmes, en&ntSy 
vieillards. Chaque soir , on venait les 
prendre pour les mettre sur des ba- 
teaux ; là , on les liait deux à deux , et 
on les précipitait dans Feau, en les 



CAR 

poussant à coups de sabre ou de 
baïonnette ; car on ne se donnait plus 
le temps de préparer des barques à 
soupapes. On dit que, par une déri« 
sion horrible, on attachait quelque- 
fois un jeune homme et une jeune fille 
pour les noyer, donnant à ce sup- 
plice le nom de mariage républicain. 
Pendant plus d'un mois, ce massacre 
se renouvela toutes les nuits. On sai- 
sissait indistinctement à l'Entrepât 
tout ce qui y e'tait renfermé ; tellement 
qu'on noya un jour des étrangers pri- 
sonniers de guerre. Une autre fois , 
Carrier, qui vivait dans la plus infâme 
débauche, voulant donner un exem- 
ple de Taustérité des mœurs républi- 
caines , fit prendre une centaioe de 
filles publiques , et ces malheureuses 
furent noyées. Enfin , Ton estime qu'il 
à péri quinze mille personnes à l'En- 
trepôt, il est vrai qu'outre les suppli- 
ces , la faim , le froid , la misère , l'a- 
bandon complet où on laissait ces 
prisonniers entassés et l'épidémie en 
ravagèrent unegrande partie ; on né- 
gligeait même d'enlever les cadavres ; 
la corruption était telle, qu'on promit 
h vie à quelques hommes qui se char- 
eèrent de nettoyer la prison , et l'on 
fit périr néanmoins ceux qui survé- 
curent. Tel fut le spectacle qu'offrait 
Nantes. Les rives de la Loire étaient 
couvertes de cadavres; l'eau du fleuve 
en était corrompue, et l'on fit défense 
de la boire. La famine , les maladies 
contagieuses désolaient la ville. Cha- 
que jour , une commission militaire ju- 
geait àmort de nombreux prisonniers; 
chaque nuit l'on anticipait sur ces ju- 
gements; on fusillait jusqu'à cinq cents 
victimes par jour dans les carrières de 
Gîgan. Quelques mois avant son sup- 
plice, Robespierre ayant conçu le pro- 
|et de faire nnir le régime de terreur 
qui dévorait la France, et d'en rejeter 
les crimes sur ceux de tes collègues 



Car 217 

quf partageaient le gouvernement avec 
lui, fit rappeler Carrier, et témoigna 
qu'il désapprouvait sa conduite. Un 
esprit un peu moins féroce conunença 
à r^ner à Nantes. Fouquet et Lam- 
berty furent même sacrifiés à l'hor- 
reur publique, et condamnés à mort, 
non pour avoir égorgé, mais pour 
avoir soustrait des victimes au sup- 
plice. Cependant, Carrier revint siéger 
avec assurance dans la convention, 
nç se cacha en rien de ce qu'il avait 
fait , et prit hautement la parole cha- 
que fois que quelque mesure sangui- 
naire fut proposée. Le 9 thermidor 
arriva , et ceux qui triomphèrent de 
Robespierre se virent amenés à ren- 
verser lés échafauds , et à changer de 
direction. Dès que l'effusion du sang 
fut arrêtée , un cri universel s'éleva 
de plus en pins contre les hommes 
qui en avaient tant versé. Pour con- 
quérir la faveur publique , il fallait se 
prêter à ce besoin d'une juste ven- 
geance qui animait toute la France. 
Chacun, parmi les révolutionnaires, 
s'empressait à rejeter sur d'autres le 
sang qui avait été répandu , et , dans 
leurs divisions, ils excitaient le peuple 
contre ceux d'entre eux qui étaient 
allé un peu plus loin que les autres. 
Les troubles de la Vendée qui du- 
raient encore, le procès d e quatre- vin gt- 
quatorze Nantais ( i ) , que Carrier avait 
envoyés à Paris au mois de novembre 
1 793 , et qui comparurent au tribunal 
au moment où ils pouvaient être non 
plus victimes, mais accusateurs, atti- 
rèrent sur Carrier l'exécration géné- 
rale , et la voix publique demanda 
bientôt sa tête. Les charges étaient 



il 



^1) Ils partirent au nombre de cent trenle-deux ; 

en périt trente-six dans la route ou dans les pri- 
sons, ils dcTaient élre fusillés à Aaccnis; mais le 
commandant de l'escorte qu^on lenr avait donnée, 
nommé Boustard , refusa d^exécuter Farrété dont 
il était porteur , et fut mis en prison à Angers. Ili 
devaient être noyés dans cette ville ; mais le con- 
ventionnel Uenta n'osa exécuter cette mesure ce" 
t«l«ti«nnaurè , et Carrier TappeU l» peut iV«/«nr. 



«id CriU 

nombreuses , borribles ; maison nV 
▼ait aucune pièce signée de la main de 
Carrier, La coi^iyettûon hésitait; enûu, 
^ur des avis qui leur forent donnés , 
quelques mewres du comité de aur^ 
lé générale envoyèrent à Nantes leur 
secrétaire général , qui rapporta deux 
ordres, ^gnés de Carrier^ de faire 
guiHoliner cinquante à soixante indi- 
vidus sans jugement. Alors , la conven- 
tion traduisit Oirrier au tribunal ré- 
volutionnaire. En vain Carrier repré- 
$enta-t-ii qu'il n'avait fait qu'çbcir à 
la convention; qu'il s'était conformé à 
f esprit général; que des mesures à 
peu près semblal^es avaient été prises 
oans plusieurs provinces ; que, dans le 
même temps, un décret authentiqi^ 
avait prescrit aux généraux de passqr 
tous les Vendéens au fil de la baïon- 
pctte , et de réduire en cendres tous 
les villages; que des colonnes infer- 
nales avaient exécuté cet ordre : v Pouf- 
)» auoi blâmer aujourd'hui ce que vos 
1» décrets ont ordonné, dis£|it-il? La 
» convention veut- elle donc ^p coi)- 
)» damner elle-i¥iéme7 Je vous le pré- 
9 dis, vous serez tous enveloppés dans 
» une proscription inévitable. Si l'on 
» veut me punir , tout est coupable ici, 
» jusqu'à la sonnette du président, t» 
: Cette défense pe fut point écoutée. 11 
y avait de l'imprudence aux conven- 
tionnels k poursuivre ainsi Carrier ; 
. mais il y ei) aurait eu encore dayai^- 
tage à essayer de le défendre. Il répéta 
devant le tribunal la même justifica- 
tion qu'il avait présentée à l'assemblée. 
I/instrnction de ce procès ^ qui d^ra 
deux mois,les dépositions des témoins, 
les récriminations de quelques ageiyts 
de Carrier cx>ntre lui ^ qui voulait re- 
jeter les crimes sur eux, forment fi^e 
pièce historique dont la lecture est 
difficile à soutenir. Carrier fut condam- 
né pour avoir ordonné des exécutions 
arbiti^aires; dans des intentions contre- 



CAR 

« 

révolutionnaires \ tant ceux qui Fen** 
voy^iient au supplice avaient des ména- 
gements à garder avec eux-mêmes! Il 
marcha à la mo]:t avec fermeté, le i6 
décembre 1794? l'epétant qu'il était 
innocent. En se cçmparant à quelques- 
uns des hommes qui disaient de lui 
une victime expiatoire , il pouvait ne 
pas se croire plus coupable qu'eux. 
Ceux qui voudront connaître celte épo- 
que de la révolution , peuvent consul- 
ter les, ouvrages suivants : I. Relation 
,du voyage des cent, trente - deux 
Nantais , impvin^ée à Paris , an mois 
de thermidor de l'an u. U s'en fk dix 
à dou2^e éditions dans quinze )o^rs , çt 
elle a été traduite en plusieurs langues. 
II. Dénonciation de^ crimes de Car- 
rier, par Phelippes TronJoHy, impri- 
mée en fructidor an 11 , ip-i"- et io- 
8°. ; HL Rapport de Carrier sur les 
missiçns qui lui Qi^t été confiées , im- 
primé pftr ordre de la convention na- 
tionale , vendémiaire et brumaire an 
m, a parties in-8".; IV. NojradeSy 
fusillades , etc. , ou Réponse au rafh 
port de CçiV^ier, par Phelippes Tron- 
jolly, Pari^, 311 m, in-8°.; y. Rap- 
• P^^ fai^ P^^ l^ commission 4^s 
vingt-un^ pour examiner la conduùe 
de Carrier , et pièces remises à l» 
commission, Paris, imprimerie natio- 
nale, brvimaire 911 ui^ 2 brochures 
in-8.; VI. Bulletin du tribunal ré- 
volutionnaire y contenant le procès 
de Carrier ci du comité révolutipr^" 
naire de Nantes^ 60 numéros in-4°». ; 
VIL Frocès criminel des membres 
du comité révolutionnaire de iVo^ 
teSf et de Carrier , ci-devt^ntrepré^ 
. sentant du peuple, Paris, an m, 4 
vol. in- 18.; VIIL la loire vengée , 
^ Paris j an ju, ;? vol* in - 8^ ; Du ^ 
, système de dépopuLiUon^ ou la vie 
et les crimes de Carrier^ son procès 
et celui du comité révQlutiimilijfirfi 4^ 
Nantes, ^sx Gracchus Babeuf^ V^'^p 



CAR 

an in, în-8'*. Ce dernier onvrage est 
curieux , et le nom de son auteur le 
rend phis remarquable. B*-£ f. 

CARRIERA. r, RosALBA. 

CARRIERES (Louis de), ne en 
i66a h Auyile, près d'Angers, d'une 
lâmille noble, fut d'abord page d'un 
ambassadeur de France en Es^pague. 
11 embrassa ensuite la profession mi- 
litaire, qu'il quitta en 1689 pour en- 
trer , à Wge de* vingt-sept ans , dans 
la congrégaiton de l'Oratoire , et y 
commencer ses études par les bnma- 
nités. Il mourut dans la maison de 
St.-Honore', le 1 1 Juin 1-^17,3 cin- 
quante-^inq ans. Le P. de Carrières a 
rendu »ùn nom célèbre par un Com- 
mentaire littéral sur tous les livres 
de la Bible , d'un genre absolument 
nouveau. Ce commentaire consiste 
dans insertion de quelques phrases 
ou demi - plirasels , souvent même 
d'un ou de deux mots, dans le texte, 
pour le mettre à la portée des sim- 
ples fidèles. Ces courtes intercalia- 
tions sont en lettres italiques, afin 
que le lecteur ne confonde pas les 
additions du commentateur avec le 
discours de l'écrivain sacré. Le choix 
en est foh avec tant de goût , l'auteur 
a teilement su saisir l'esprit de ce 
livre ditin , qu'on ne s'aperçoit pour 
ainsi dire pas de là d^érence du 
dmunentaite avec le texte original. 
C'est, de tous les ouvrages de ce geure, 
le pitrs simple, le plus naturel , h plus 
abrëcjé. Le lecteur n'est point IFatigué 
par d^s ex][lliCations hors d^suvlre; il 
n'est point obligé d'interrompre ta lec- 
turt du texte pour aHer chercher dans 
des notes on dans deft dissertations 
Fëclairà^semènt des elidi^tis diffid- 
!es; il n'est point arrêté par ks opi- 
nions opposées des diffin*ents inter- 
prètes; â'vttft toutd'nii coup le vrai 
sens sons nne forme directe, et qui 
^explt^ savent par des ^tfroles 



CAR !ii$ 

même de FEeriture; en sorte qu'on 
trouve presque toujours la parole dt 
Dieu interprétée par elle-ittéme. Cet 
ouvrage fut im^ntmé successivement 
en ving^quatre volumes in «Il , de- 
puis r^oi jusqu'en 1716, IjCS deux 
premiers n'eurent pas d'abord on 
grand sncéès. L'auteur dégoûté voulait 
discontinuer son travail. Bossuet l'en- 
couragea, et lui prédit la vogue qu'il 
ne pouvait manqw^r d'avoir par la sui- 
te. ËfTeethrement, les éditions s'en sont 
fort nmlti{4iées. Il est devenu d'un 
usage }osf nalier. Il a été adopté dans 
la Bible de l'abbé de Vence et dans 
celle d'Avignon. Dans cette dernière , 
l'éditetir , Rondet , a feit quelques 
corrections propres à rendre l'ou- 
vrage encore plus parfait. C'est h 
seule version française de l'Ecriture- 
Sainte qui «oit autorisée en Italie. «^ 
François Carrières, cordelier, d'Apt 
en Provence , est auteur d'un CoTri" 
mentaire latin de la Bibles Lyon, 
1661 ; d'ime Histùria chronôlogica 
pontificum romanomm, eumprœsi" 
gnatiorïefuîurorum à Sancto Mala- 
chid, réimpriàiée à Lyon , 1694 9 ^^'' 
I a , et d'autrelis ouvrages qui ne mé- 
ritent guère d'être tirés de l'oubli* 

T-HÊ). 

CARRÏLLG (Martin), juriscon- 
jTuhe et historien espagnol, né k Sa- 
ragosse dans le i6*. siècle, y pro- 
iessa pendant plus de dix ans le droit 
canon, et fttt rectetir du collège 
de cette ville. BeVenger de Bardaxi , 
évêque d^Huesta , le nomma son 
grand-vicaire , et il fut attaché en la 
même qualité à Alphonse Grégoire et 
Thomas Ôorgia, archevêque de Sa- 
ragosse. It obtint ensuite un Caitoni- 
cdt dans la cathédrale de cette ville* 
PhiU|ype II l'envoya en 161 1 en Sar- 
dai^ en qna^ ie râitenr; il en re- 
vint en i6it», et eut en i6i5 l'ab- 
baye de Ifont-Àrragon^ qu'il p<^ 



3-20 CAR 

sëda jusqu'à sa mort, vers i63o. Ou 
a de lui: I. Annales^ memorias 
cronoîogicas , que corUienen las co- 
sas suoedidas en el mundo , sena- 
ladamente en Espaha , desde su 
principio X poblacion hastael aho 
K. DGxx, Huesca, i6a2, in-fol., 
réimprimé après la mort de fau- 
teur y Saragosse , 1 63 4 , in - fol. ; 1 1 . 
Eloge des femmes célèbres de 
l'Ancien' Testament {en espagnol ), 
Huesca, 1626; III. Historia del 
glorioso S, Falero obispo de Zara- 
goza^ Saragosse , 161 5, iu-4°. : on 
trouve à la suite un catalogue de tous 
Jes prélats, évéques, archevêques et 
abbés dju royaume d'AiTâgon ; IV. 
Relàcion del nombre, sitio , plantas , 
conquistas , christiandad , fertUi- 
tad , ciudades , lugares y gobiemo 
del reyno de Sardeha^ Barcelone, 
1612 , in- 4**. : eette relation de la 
Sardaigne, adressée à Philippe II, est 
le fruit du séjour que Garillo avait 
'fait dans cette île en vertu de la 
mission qu'il avait eue Tannée pré- 
• cédente ; V. Catalogus archiepis* 
coporum Cœsaraugustance eccle- 
sicSy Gagliari, 161 1 ; Yl. plusieurs 
ouvrages de juiisprudcnce canoni- 
que, dont Antonio donne la liste, 
mais qui sont sans intérêt aujour- 
d'hui, i— Jean Carrillo , frère de 
Martin, entra dans l'ordre des fi-cres 
nineurs, et fut confesseur de Mar- 
guerite d'Autriche. Il a laissé : I. His^ 
toria de la tercera orden de nues- 
tro seraphico padre S. Francisco , 
première partie , Sarragosse, 161 o, 
in-4''. ; seconde partie , 161 5 , in-4°v 

II. Historia de santa Isabel , in- 
farUa de Aragon y reynade Por- 

tugal, Sjrragosse, 161 5, in -4°*; 

III. Relàcion kistorica de la real 
fondacion del monasUno de las 

descalzas de santa Clara dé Mon 
dnd, Madrid^ 16169 ûi*4°* A.B— t. 



CAR 

CARRILLO LASSO DE LA VE- 

G\ (Alphonse), fils de Ferdinand 
Carillo , président du conseil des In* 
des , natif de Cordoue, chevalier de 
l'ordre de S. Jacques, commandeur 
de Vêles, intendant de l'iniant Ferdi- 
nand , né au 16*^. siècle , a écrit : I. 
Firtudes reaies , Cordoue, 1626; 
II. Soberania del reyno de Espar 
na^ Cordoue, i6a6, in-4'*.^ III. im- 
portancia de las Leyes , Cordoue, 
1626, in-4**.; IV. De las antiguas 
minas de Espaha, Cordoue,' 16249 
in-4°. j V. Sagrada Erato (l'Erato 
sacrée) jr meditaciones doi^idicas 
sobre los cl psalmos , publiées long- 
temps après la mort de l'auteur par 
Ferdinand et Manuel Carrillo , Na- 
ples, 1657. Alphonse Carrillo avait 
été éditeur des œuvres de son frère, 
Louis Carrillo y Sotomayor, qui, che- 
valier de Tordre de St.-Jacques, après 
avoir étudié six ans à Salamanque , 
embrassa Tétat militaire , servit sur 
les galères d'Espagne, et en eut qua- 
tre sous son commandement. Louis 
Carillo mourut te 22 janvier 161 o, à 
vingt-six ans , après s'étie fait remar- 
quer non moins par ses mœurs que 
par son expérience prématurée, ses 
talents militaires et poétiques. Parmi 
les Obras de D. Louis Carrillo y 
Madrid, i6i3, in-4°M ^^ trouve 
une traduction de VArt d'aimer 
d'Ovide, en vers espagnols de biût 
syllabes, une traduction en prose chi 
traité de Sénèque, De la brièveté de 
la vie, 11 avait laissé imparfait un 
poème , dont Théroïne était Ste. Ger-<. 
trude. — François Ferez Carrillo a 
laissé : Fia sacra ^ exercicios espi- 
rituales^yartede bien monr, Sar- 
ragqsse, 161 9, in-8**. — Trois au- 
. très Alphonse Carrillo sont men- 
tionnés par Antonio dans sa Biblioth. 
Hispana noça; mais les renseigne- 
ments que donne sur eux. ce biUk- 



CAR 

^phe sont incertains €t sans inté- 
rêt. A. B - T. 

CARRTON ( Louis ), né à Bruges 
vers 1 547 y d'un Espagnol et d'une 
Allemande, fit ses études à Louyain 
avec Juste-Lipse, dont il fut ensuite 
l'émule. Après avoir pris le grade de 
licencié en droit , il alla continuer ses 
études à Cologne, puis vint à Paris , 
où il obtînt l'amitié de Jean Dorât, de 
G. Postel , de B. Brisson , cle P. et Fr. 
Pithôn , de J.- A. Baïf, de H. Estienne, 
de Josias Mercier, de J. Bongars, et 
autres doctes personnages du temps. 
Il fit un voyage en Flandre, revint en 
France, et y donna , à Bourges , des 
leçons sur la jurisprudence ; il passa 
ensuite à Orléans , et retourna à Lou- 
vain, où il fut fait professeur extraor- 
dinaire en droit civil; puis, la même 
année ( le i*'. décembre i586 ), 
nommé à une chaire royale , qui l'obli- 
geait d'expliquer sommairement les 
Institutes de Justinien. Le 10 jaih 
1 589 , on lui donna la chaire de droit 
canon. Il était chanoine du premier 
rang de St.-Pierre , à Louvain , cha" 
noine de la cathédrale de St.-Omer, 
chanoine de St.-Germain-de-Mons : il 
résigna ce bénéfice en iSqo. Il avait, 
depuis 1 587 , la direction du collège 
de St.-Yves, ou des bacheliers de 
droit ; il se démit de cette place en 
1 593 , et mourut à Louvain le *i5 juin 
1 595. Il a donné des éditions de ^a- 
lérius Flaccus, Anvers, 1 565, in-8^. j 
i566 , in-i 2 , de quelque importance, 
h cause des leçons d'un bon manuscrit 
que possédait Garrion: les notes de Car- 
non ont été réimprimées dans l'édi- 
tion de Falérius, donnée par Bur- 
mann , etc. ; de Salluste ; du traité de 
Gassiodore , De orthographia ; de 
l'ouvrage dcCensorinus, De die na- 
tali , bonne édition qui a servi de 
base, pour le texte, à celle de Lin- 
denbruch ; mais ce qui fait son princi- 



CAR 



221 



pal mérite, c'est son édition des JVuits 
attiqueSy d'AuIu-Gelle, imprimée par 
les soins de Henri Ëstienne , Paris , 
i585, in-8\ Girriou ^vaît promis 
des notes ; mais comme dans les huit 
mois qui suivirent l'impression d'Au- 
lu-Gelle , il n'avait encore donné des 
notes que pour sept feuilles et demie 
d'impression, Ëstienne fit paraître le 
texte en annonçant toutefois les notes 
sur le frontispice , comme devant pa- 
raître à part. 'H. Ëstienne et Carrioa 
ayant tous les deux quitté Paris , l'im- 
pression des notes ne se continua pas, 
et ce qui est imprimé forme cent vingt 
pages. Ces notes ne vont que jusqu'au 
chapitre 25 du P^ livre ; il est donc 
à croire qu'elles auraient formé un 
gros volume. Elles se trouvent dans 
quelques exemplaires à la suite d'Au- 
lu-Gelle. On doit encore à Carnon : 
I. AnUquarum leciionum comment 
tarii très , in quihus varia scriptO" 
rum veterum loca supplentur, cor- 
riguntur et iUustràntur , Anvers ^ 
1576 , iu-i2 ; Francfort, i6o4 , in- 
B''.; II. Emendationum et observa^ 
tionum libri duo, Paris, i585, in- 
4''-; ces deux ouvrages ont été réim- 
primés dans le tome troisième du The» 
sauras criticus ^ de Groter. Enfin , 
c'est Carrion qui a publié la première 
édition des voyages de Busbecq ( F, 
BusBEGQ ). Carrion est fort maltraité 
dans le Scaligerana secunda; il y 
est qualifié d'homme docte, dodus ^ 
sed summus fur Hbrorunij plagia» 
rius, etc. On va même jusqu'à y dire 
qu'il eut des goûts affreux. A. B — t. 
CAl^RION ( Emmanuel Ramihez 
DE ) , savant espagnol , né vers la fia 
du 16®. siècle, s'occupa de l'instruc- 
tion des sourds-muets avec un grand 
succès, et, suivant Nicolas Antonio y 
trouva le premier, dans sa patrie, 
l'art de leur enseigner les lettres , et 
de leur donner quelque usage de h 



du 



CAft 



parole , ou , s'il n'inventa point cet art 
sublime , il fut du moins le seul qui 
l'exerça de son temps. 11 publia h Ma- 
drid, en 1622 ,im livre intitulé : Ma- 
ravillas de naturalezza en que se 
contienen dos mil secretos de cosas 
naturales , etc. , ouvrage qui fat réim- 
primé en 1629 , in-4''*7 l'âuteur y dé- 
veloppe la méthode publiée par fionet 
en I S93 ( Foj-, BoNET ). Parmi les 
sourds-muets auxquels Garriou donna 
d'utiles soins, on remarque le mar- 
quis de Priega, grand d'Espagne , et 
D. Louis de Vélasco, frère du conné- 
table de Gastille. — Garrion ( An- 
toine ), poète lyrique espagnol^ na- 
quit dans le iS*". siècle à Séville, ou 
du moins vécut dans cette ville. On 
trouve plusieurs de ses odes dans le 
recueil de celles de Boderic Fernandez 
de Santa- Ella, imprimé sous ce titre : 
Odœ in divœ Dei genitricis laudes , 
eleganti forma carminis redditœ, 
Séville, i5o4,in-4'*. V — yt.. 

CARRCKJGE ( B.Augustin). K 
Cârouge. 

GARROZZA (Jean ) , né à Messine, 
le 8 juin 1678, fut un des élèves les 

)>lus distingués de Dominique la Sca- 
a. Peu de temps après avoir reçu les 
honneurs du doctorat, il fut appelé à 
Ste.-Lucie, en qualité de médecin- 
physicien de cette ville, peuplée de 
quatre mille habitants. Sa pratique y 
fut tellement heureuse^ que, dans l'es- 
pace Ae tro^ ans, il ne perdit qu'un 
seul malade. En 1702^ il revint à 
Messine, et donna bientôt k ses com- 

Fatriotes une preuve authentique de 
universalité de ses connaissances , en 
soutenant avec éclat unelhèse De om- 
ni scibili, G*est encore dans la même 
année qu'il «publia un opuscule in-4^« 
intitulé : Contra vulgo-scientias ac* 
qidsitas per >disciplinam. En 1704, 
u fit imprimer à Messine un ouvrage 
k-4°'; <^°s lequel il proscrit les re- 



CAR 

mèdes gàléniqnes, et donne unepré« 
férence exclusive a ceux que fournit 
la chimie. Voici le titre de ce traité in- 
complet : AnJtiiropohgiœ tomus pri" 
mus , in quo facilior et utilior me' 
dendi ikeoria et praxis palàm fit , 
ahsque electuariis^ cùnfeciionUpus ^ 
lohoCj tabeUis , syrupis , julep, roby 
apozematiSy saccharis , catharHcis y 
sternutatoriis , masticatoriit , ej^i- 
themalibus , sacculis , vesicaniihus ^ 
phlebotomid , tandem sine quitus^ 
dam decoctis, vinis medicatis , em^ 
plastris ,€tc. Plusieurs autres produc- 
tions de Carrozza sont restées manus- 
crites ; par exemple : i**. Devitd ; 2®. 
De rerum initiis ; 3**. Galeni quere^ 
lœ contra galenistas ; 4^* Prœcepta 
moraUa. G. 

GARRY. r. Gary et Lacarry. 

GARS (Laurent), fils de Jean-Fran- 
çois Gars , graveur de thèses h Paris , 
naquit à Lyon en 1 703. Etant venu à 
Paris fort jeune , il y fit ses études. Son 
père, qui le destinait à la peinture, le 

J)laça diez Ghristophe , membre de 
'académie, et ensuite dans l'école de 
Lemoyne. Malgré ses succès dans ce 
genre , son goût naturel pour la gra- 
vure le détermina à se livrer k la pra- 
tique de cet art. Ge fîit sous la conduite 
de Lemoyne, et d'après ses tableaux ^ 
qu'il se forma. La réputation dii gra« 
Tcur suivant toujours celle du peintre 
qu'il traduit. Gars , oui s'était consacré 
entièrement à ce maître, dut nécessai- 
rement partager le discrédit 'dans le- 
quel il est tombé. Quoi qu'il en soit , 
Laurent Gars peut être regardé, après 
Gérard Audran, comme le plus habile 
graveur dans ie grand genre; sou 
Hercule et Omphale , son Allégorie 
sur la fécondité de la reine , la 
Thèse de Fentadour, sont des chefs* 
d'œuvrc; le moelleux du pinceau, l'ei»- 
pâtement de la couleur , la fiDe5se de 
la touche, y sont rendus avec une v^- 



CAR 

jîtë , un sentiment rares. Ayant obtenu 
dans sa jeunesse une première mé- 
daille à l'académie de St.-Luc , et plu- 
sieurs années s'étant écoulées sans 
qu'on en distnbuât. aucune , cette 
acârdémie, pour s'acquitter, décida 
que tous ceux qui avaient gagné la 
première médaille concourraient en- 
semble. Gars demeura encore vain- 
queur dans cette nouvelle lutte. Reçu 
à Tacadémie royale de peinture, etc. , 
eni'j^'i, il parvint au grade de con- 
seSler de cette compagnie en i ^57. Il 
mourut en 1771, regretté autant par 
sts qualités morales et l'agrément de 
son esprit, que par ses talents. Parmi 
ses nombreux élèves, on distingue 
fieauvarlet, Flipart, Saint -Aubin, 
Jardinier, etc. P — je. 

CARSTARES ( GinLLAUME ), théo- 
logien écossais , ué en 1 649 aCathcart, 
fit ses études k Utrecbt, où nombre 
dl!A:ossais allaient alors chercber Une 
patrie. La connaissance qu'il avait des 
affaires de l'Angleterre , son adresse 
et sa prudence, le rendirent recom- 
maudwle auprès du prince d'Orange , 
qui le nomma son chapelain particu- 
lier, le fit choisir ministre delà con- 
grégation anglaise de Leyde , et l'em- 
ploya comme son secrétaire de con- 
nance. « Il revint dans son pays, 
» dit Bumet , avec tous les secrets du 
» prince d'Orange dans son sein. » 
Arrêté, à l'occasion d'une conspiration 
qui venait d'être découverte, il fut mis 
à la torture, dont l'usage subsistait 
encore en Ecosse, et ne déclara ricnj 
mais ensuite , flatté de l'espoir d'un 
pardon absolu, et sur la promesse 
que ses aveux ne serviraient de té- 
moignage contre personne, U consen- 
tit à une déclaration judiciaire, que, 
maigre la promesse qui lui avait été 
faite f on employa judiciairement con- 
tre un de ses amis. U retoiu*na en 
lipUaude; QÙ il fut reçu du prince 



CAR 



aaS 



d'Orangé comme le méritaient lei 
souffrances qu'il avait endurées pour 
lui. Lorsque ce prince se fut élevé au 
trône d'Angleterre, il nomma Garsta- 
res son chapelain pour l'Ecosse, mais 
désira le conserver près de lui. Guil- 
laume manifesta bientôt l'intention 
d'établir l'épiscopat dans ce royaume 
sur le même pied qu'en Angleterre. 
Carstares,quiprévoyaitle danger d'une 
pareille mesure, s'y opposa de tout 
son crédit. Des ordres sévères avaient 
été expédiés pour faire signer aux mi- 
nistres écossais une déclaration qu'ils 
avaient refusée. Les dépêches étaient 
remises au courrier, qui devait partir 
le lendemain matin. Garstares Rap- 
prend , va au milieu de la nuit dcman-» 
der les dépêches au courrier de la part 
du roi, court à Kensington, £ût éveil- 
ler le prince, tombe à genoux pour 
demander pardon de sa hardiesse; le 
roi, d'abord irrité, l'écoute, et enfin, 
convaincu du danger des ordres qu'il 
avait donnés , jette les dépêches au 
feu , et charge Garstares de prendre 
les mesures les plus convenables. Ce 
service lui valut, dans son parti, nne 
considération qull fit souvent servir à 
le modérer, et qui lui acquit ainsi à la 
cour le plus grand crédit sur les ailài- 
res d'Ecosse. Son influence politique 
fiuit avec la vie de Guillaume. La reine 
Anne lui conserva néanmoins la place 
de chapelain pour l'Ecosse, 11 fut en- 
suite nommé principal de l'université 
d'Edimbourg, l'un des ministres de 
cette ville , et quatre fois modérateur 
de l'assemblée générale. Il mourut en ' 
1 7 1 5 , après avoir travaillé efficace- 
ment à procurer l'union des deqx 
royaumes , et rendu de grands services 
aux universités d'Ecosse. Ses papiers 
d'état et ses lettres^ précédés d'une 
notice sur sa vie, ont été publiés en 
• 1774? park docteur Mac Gormick, 
X vol. ijpi-4^. X- 



!I24 C A U 

CARSTENS ( AsMUs Jacob ), na- 
quit à Sankt-Jurgen, village près de 
Schleswig , le lo mai 1754, et mou- 
rut k Rome le 25 mai 1 798. Son père 
était meunier, et sa mère, fille d'un 
avocat. Ses parents l'envoyèrent, dès 
l'âge de neuf ans , à une école de 
Schleswig; mais au lieu d'écouter les 
leçons de ses maîtres , il s'amusait à co- 
pier les mauvaises gravures de ses li- 
vres de classe. Sa mère lui enseigna 
les premiers principes du dessin; la 
vue des tableaux de Jurian Ovens, 
l'un des meilleurs élèves de Rembrandt, 
et qui avait fixé son séjour dans le 
Holstein , rendait le goût du jeune 
Garstens pour la peinture , de jour en 
jour plus vif. U quitta, au bout d'un 
apprentissage de cinq ans, la mai- 
son d'un marchand de vin chez lequel 
il avait été placé, quoiqu'il eût encore 
deux ans à y rester. Le désir qu'il 
éprouvait depuis long-temps de voir 
les ouvrages des grands maîtres , dont 
il ne connaissait encore que le nom, le 
conduisit à Copenhague. Les tableaux 
et les statues qu'il y vit firent sur lui 
la plus vive impression; il passait dés 
journées entières à les admirer. Le 

Î)remier tableau qu'il y fit représentait 
a Mort â^Mschyle. Le comte de 
Moltke, l'un des amateura les plus dis- 
tingués du Danemark , crut trouver 
dans celui de Garstens le germe d'un 
grand talent , et lui donna quelques 
encouragements. Garstens n'en fut pas 
moins réduit bientôt après à faire des 
portraits pour gagner sa vie. Admis au 
nombre des élèves de l'académie, il 
mérita les éloges du célèbre professeur 
Abilgaard , qui voulut avoir Garstens 

Sour élève; mais celui-ci avait tropd'in- 
épendance dans le caractère pour se 
soumettre au despotisme d'un maître ; 
il portait cet esprit si loin qu'il refusa 
quelque temps après d'accepter la« 
médaille d'argent qui lui ayait étédé- 



CAR 

cernée dans un <;oncours , parce que (a 
n^dailie d'or n'était point accordée à 
c6lui)qui l'avait méritée. Dès ce mo- 
ment, il quitta l'académie; son expul- 
sion fut affichée à la porte. Gependant 
les professeurs l'engagèrent à concou- 
rir pour l'exposition de l'année sui- 
vante , et lui firent espérer du prince 
royal une pension et la permission 
d'aller à Rome. Garstens répondit qu'il 
espérait bien aller à Rome sans ces 
secours. En effet , il se mit en route en 
1785, accompagné de l'un de ses 
frères , à qui il avait appris le dessin. 
11 s'arrêta quelque temps à Mantoue 
et à Milan; mais se trouvant sans 
protection et sans ressource dans un 
pays dont il ne connaissait même pas 
la langue, il ne vit d'autre parti que 
de retourner en Allemagne , traversa 
à pied le St.-Gothard , et vint avec son 
frère à Zurich , où il alla visiter Gess- 
ner , qui l'accueillit avec bonté, le re- 
commanda à quelques personnes, et 
particulièrement à Lavater , avec qui 
il eut plusieurs entretiens sur les beaux- 
arts; mais leur enthousiasme était de 
nature très différente ^ et il leur fut dif- 
ficile de s'entendre. Garstens arriva 
enfin à Lubck, ou il resta près de 
cinq années. Ses portraits y furent 
encore sa seule ressource ; mais soa 
voyage, tout malheureux qu'il avait 
été , lui avait donné une foule d'idées 
nouvelles. Ge n'est jamais inutilement 
qu'un peintre visite la Suisse , et con- 
temple les tableaux de Jules Romain 
et de Léonard de Vinci. Garstens savait 
encore trouver au milieu de ses nom- 
breux travaux le temps de se livrer à 
des compositions historiques. Le poète 
Overbeck, avec qui il avait £ût con- 
naissance, fut très surpris de trouver 
dans la petite chambre de Garstens des 
dessins dignes de figurer dans les plt&s 
brillants salons ; il en parla à un riche 
amateur; qui l'engagea à se rendre à 



CAR 

BerKiiy paya ses dettes > et le mtt h 
même de rester pendant six mois dans 
cette viîle'pour se faire connaître, exi- 
geant seulement de Carstens qu'il en- 
richirait un jour sa collection de quel- 
ques-unes dé ses productions. Gairstcns 
y vécut pendant deux ans presque 
ignoré : il parvint cependant à se faire 
connaître de quelques libraires. Les 
gravures qui ornent la Mythologie de 
Ramier ont été faites sur ses dessins, 
de même que les figures au trait de la 
mythologie de Moriz, imitées de pier- 
res antiques. Ce fut pendant st>n sé- 
jour à Berlin que Carstens exéeuta cette 
riche composition^ qui représente la 
Chute des anges , et où l'on voit plus 
de deux cents figures. Ce n'est, il est 
vrai, qu'un simple dessin au trait et 
au lavis ; mais il mérite l'attention des 
connaisseurs. Cet. ouvrage lui valut 
une place de professeur à l'académie. 
Il avait décoré^ pendant son séjour à 
Berlin , la salle du palais Dorville ; 
c'est Touvrage le plus considérable 
qu'il ait exécuté dans cette ville. II 
partit pour Rome, assuré d'une pension 
de 45o rixdales, s'arrêta un mois à Flo* 
rcnce , et arriva à Rome en septembre 
] 792. Plein d'admiration pour les ou- 
Tragcs de Raphaël, qu'il allait voir 
tous les jours au Vatican , il perdit 
insensiblement le goût excessif qu'il 
ayait pour la composition allégorique. 
Le premier ouvrage qu'il exécuta à 
Rome représentait la Fisite que les 
argonautes firent au centaure Chi- 
ron ; ce dessin se distingue par la pu- 
reté du style , la beauté des formes et 
la distribution de la lumière ; la criti- 
que ne peut s'attacher qu'à quelques 
dé£iuts de détails. Au mois d'avril 
1 ^95 , Carstens invita le public à visi- 
ter la galerie nombreuse de ses ou- 
vrages. Le jugement qu'en portèrent 
les connaisseurs fut très honorable 
pour lui. On remarqua surtout à cette 

vu. 



CAR itiS 

exposition ^ sa composition de Méga- 
ponte, dont l'originalité mérita tous 
lès suffrages, et le fit comparer à Ra- 
phaël et à Michel-Ange : l'idée en est 
empruntée de Lucien. Il exécuta en- 
core plusieurs autres belles composi- 
tions pendant l'année 1 79$ ^ presque 
tous les sujets en sont puisés dans les 
poésies d'Homère , de Pîndare , de So- 

Shocle, d'Eschyle y de Shakespeare et 
'Ossian. V Argonautique d Apollo- 
nius de Rhodes lui fournit, peu d^ temps 
après, les sujets d'une suite de vingt- 
quatre dessins qu'il se proposait de 
graver lui-même; mais une maladie de 

Ï>oitrine , dont il était atteint depuis 
ong^emps , l'enleva aux arts au mo- 
ment où il allait mettre cette belle en- 
treprise à exécution « Ses dessins ont 
été gravés depuis, assez mal, par un 
tyrolien , nommé Koch, Dans sa der- 
nière maladie , Carstens peignit son 
tableau SOEdipe-Roiy d'après So- 
phocle : ce ait le dernier de ses 
ouvrages qu'il put terminer. Cars-» 
tens s'était transporté de bonne heu- 
re aux époques néroïques de la my- 
thologie , et la comparaison de ses 
divers ouvrages prouve que c'étaient 
les sujets qui convenaient le mieux à 
son talent. On y remarque cette ten- 
dance à la pureté des formes et des 
contours , k ces positions gracieuses , 
à ce caractère de grandeur et de force 
^ui distingue si éminemment les an- ^ 
ciens; mais on y remarque aussi une 
certaine rudesse qui naît de l'observa- 
tibn trop scrupuleuse de ce principe* 
Il sentait lui-même que les principes 
véritables de l'anatomie ne lui étaient 
pas assez familiers. Quant à la pers- 
pective et à la juste distribution de Idt^ 
lumière, il n'en connaissait que ce 
qu'il avait appris de la nature. Il n'est 
as étonnant qu'il ignorât les secrets 
u coloris : ce ne fut c(ue dans un âge 
déjàayancé ^ue sa fortuné lui perwit 

a5 



l 



% 



a2Q GâR 

d'entreprendre des tablées à rhuile. 
On trouYé iaitis le Magasin ençycl<h 
-pédique ( i8io) une notice très dé- 
taillée sur Garstens et sur ses ouvra- 
ges; sa vie a été écrite^en allemand. 

• ^ A— s. 
GARTâBI ( VnrcEifT ), naquit à 
Reg^Oy dans les premières années 
du I6^ siècle. On ne connaît aucun 
détail sur lui ni sur sa famille; seule- 
ment une lettre qui lui fut écrite par 
Bartb. Ricci, nous apprend queUar-' 
lari fut attaché au cardinal Hippolyte 
d'Esté, le jeune , qui avait pour lui 
beaucoup d'amitié et qui le chargea 
d'une mission délicate en France. Re- 
yenu dans sa patrie, Gaitari publia 
plusieurs ouvrages , dont les princi- 
paux sont: I. Fasti df Ovidio traiU 
alla Ungua volgare^ Venise, i55i , 
in-8''. L'épitre dédicatoire est adres- 
sée à don Alphonse d'Esté , fils et suc- 
cesseur du duc Hercule II, duc de 
Ferrare. Gîtle traduction en vers li- 
l>res (sciolti) est insérée dans le re- 
cueil di tutti gli antichipoeti {tom* 
XXIIl), imprimé à Milan, en 1 745. 
Cartari s'élaut aperçu qu'il ne suffisais 
pas de traduire ce poëmc d'Ovide, mais 
qu'il était encore nécessaire de l'ex- 
pliquer en plusieurs endroits , joignit 
à sa version un dialogue qui peut servir 
de commentaire aux Fastes, et qui est 
intitulé : Il Flavio iniomo à Fasti 
voZg/in, Venise, i553, in-S**. Fia» 
vio est le nom d'un des interlocuteurs 
de ce dialogue. Cette première édition 
de la traduction , et plus encore cet 
opuscule qui eu est le commentaire, 
sont d'une extrême rareté. 11. // corn- 
pendio deW istoria di mons» Paolo 
Giwo , con le postule^ Venise , 
i56!2, in-8"., ouvrage estimé; III. 
iè Immagini degU Dei degli an- 
tichi ^ neUe {juaU si conténgono gli 
iâoli^ ritij cerimonie, etc., Venise, 
r556y iB-4°*; ^i^ *u prinee Louis 



CAR 

d'Esté 9 qui fut peu de ten^s apr^ 
cardinal. Cet ouvrage eut un grand 
succès; l'auteur profita des ol»enra- 
tionsqui lui furent faites, revit entiè- 
rement son travail, l'augmenta, et \e 
publia de nouveau à Venise, 1571 , 
in-4'** Il fut réimprimé, ibid. , en 1 38a 
et i5ga, in-4^; ^ Padoue, i6o5, 
in-8'*. , et en 1 608 avec des additions 
de César Mal£itti; puis à Venise, en 
1609, in-4''* Le savant Laurent Pi- 
gnorio de Padoue perfectionna en- 
core cet ouvrage, et en publia «ne 
nouvelle édition à Padoue, en i6i5 , 
in-4^;. réimprimée k Venise, i6a5; 
à Padoue, 1626; enfin à Venise, 
1647 et 1674: les dernières éditions 
sont les j^us estimées. Ce traité a été 
traduit en français par Antoine Du- 
^ verdierjLyott, 161 o,in-8"., d'après 
l'édition italienne imprimée dans la 
inéme viHe , en 1 5Bi , in-d*". i(. G. 
CARTARI (Charles), né à Bolo- 
gne en 161 4 , était avocat au consis- 
toire , fut chargé par Urbain VIII , en 
i638, de l'inspection des ardiives du ' 
St.-Siége, et mourut en 1697. Il avait 

Sublié quelques ouvrages de jurispru* 
encede son père, Jules Gartari, né k 
Orviete en 1 558 , et mort sénateur ro- 
main en 1 655 ; mais il est phis connu 
par les ouvrages suivants : I. la Basa 
d^oro pcnUificia, racconto istarieo^ 
Rome, i68i,in-4''.;II.Pa/Ztfi2el?«m- 
bina y otvero Biblioteca degH opus-^ 
Içoli volanti, che si conservano net 
PaUazzo deUi signori Altierij Bo» 
me, 1694', în-4". Cet ouvrage , dont 
la première partie seule a para, liit 
composé en 1680; il contient tao na- 
ges qui renferment un catalogue des 
petites pièces singulières irapriAiées 
à part. La préface de la PalladeBeam^ 
bina a été insérée dans le tome i**« 
de la Biblioteca volante , de GneHi ^ 
seconde édition, donnée et consîdékti* 
blement alimentée parle doCIcfur San- 



CAR 

cassani. Dans cette prëface , Gaitarifâit 
avec beaucoup d'esprit et d'originalité' 
rdoge des opascules en prose et en 
▼ers; il rapporte les titres d'un assez 
grand nombre de ces pièces, et les 
noms de leurs auteurs. « Je connais , 
9 dit Gartari , ime telle quantité' de ces 
9 légèresproductions, que, de memoi- 
» re^ et nommant les premières qui se 
» pr^entent, je peux sur-le-champ 
» designer les suivantes : Allessandro 
» Bandiera a écrit: Délia nobilità el 
% antickità de* Sartori; Antonio Cor- 
» seti , Demimmis; Antonio Tilesio, 
n De coloribus ; Bartolo da Sassofcr- 
» rato y De Falcone; Beda , De lo- 
» ^ueld per gestum digUorum; Bru- 
» nacdtto, ^rte del ladro; Buoso 
» Tomani, DeUa Compagnia de' ta- 
» gliacantoni ( des coupe - jarrets ) ; ' 
» Burchiello Barbiero, La nobUtà 
9 deW arte de harbieri , etc. » Il 
remplit plus d'une grande page in-4°* 
de ces litres singuliers. Cette édition 
de la Biblioteca volante contient 
ansà j par articles séparés et dans 
Tordre alphabétique, tout l'ouvrage 
de Garlan. Celui-ci avait promis de 
potirsuivre son travail avec rapidité, 
annonçant qu'il avait un grand nom- 
bre de matériaux tout prêts; mais il 
mourut peu de temps après la publi- 
cation de sa première partie. Il a lait 
encored'autres ouvrages, dont on peut 
iroir la liste dans les uécta eruditor. 
de 1 7 1 3 9 pag. 5o5. -^ Cartari (An- 
toine-Etienne ), fils du précédent , né 
x65i y avait entrepris un grand 
_ sur toutes les familles illustres 
de FBoxogtf et en publia une espèce 
de prospectus , sous ce titre : Prodro- 
nu> g^atUizio^ wvero iraUalo délie 
' céi insegne délie fanùgUe, pre-- 
au Europea gentUizia, 
^ 1^79 y in- 1 3 ; mais il mourut 
%GSS avant de l'avoir achevé. Il 
porté son travail jusqu'à la lettre 



CAR 2^7 

M y et possédait d'abondants matériaux 
pour le terminer. R. G. 

CARTAUD DE LA VILLATE 
( François ), qhanoine d'Aubusson , sa 
patrie, quitta son bénéfice pour se re- 
tirer à Paris, où il mourut en i737« 
11 avait publié des Pensées critiques 
sur les mathématiques . Paris , 1 7 33 , 
in- 12. n proposait divers préjugés 
contre cette science, dans le dessein 
d'en ébranler la certitude, et de prou- 
Ver qu'elle a peu. contribué à la per- 
fection des beaux arts. Le résultat de 
cet ouvrage paradoxal, mais écrit 
avec esprit et facilité, est que les ma- 
thématiques ne sont pas toujours 
exemptes d'erreur. L'année qui pré- 
céda sa mort , l'abbé Cartaud fit im- 
primer un Essai historique et philo- 
sophique sur le epût y 1736, in- 12. 
Cet Essai pal'ut aabord avec le nom 
de l'auteur, à Paris ; mais il fut bien- 
tôt supprimé; on permit cependant au 
libraire de le vendre sous un firontis- 

Sice anonyme , et sous la rubrique 
'Amsterdam. On l'a réimprimé avec 
le nom de l'auteur, Londres ( Paris), 
1751, in- 12. Il y a de l'imagination 
dans les idées, des prétentions dans 
le style, des contraoictions dans les 
jugements , etc. Il pousse le paradoxe 
jusqu'à prétendre que Daillé, Lapla- 
cette et autres n'avaient pour but dans 
leurs ouvrages que de renverser leur 
secte en feignant d'attaquer leurs ad« 
versaires. T — d. 

C A R T E ( Thomas ) , historien 
aurais , naquit en 1686, k Clifto», 
dans le comté de Warwick, et étudia 
à Oxford et à Cambridge. Etant en- 
tré dans les ordres, un sermon qu'il 
prêcha à Bath, le 3o janvier 1714, 
et qui avait pour objet de justiGer 
Charles I"^'. , relativement a^ massa- 
cre d'Irlande, l'entraîna dans UQe con- 
troverse avec un ministre dissident , 
nomnjié Chandler^ ce qui lui donna oc- 

i5m 



338 CAR CAR 

casionâe publier son premier ouvrage Imparti opposé i )a maison de Ha- 
ie Massacre irlandais présenté sous novre. £n I';44t quelques craintes 
son vrai jour. Attache aui inléréls de d'une nouvelle enlreprise de la p^irt 
là niàisou deStuarl , il refusa de pté- du prétendant ayant réveillé contre 
ter serment à Geoi^e I'^. , et quitta Carte les anciens soupçons , il fut ar- 
l'Uatnt ecclésiastique. Quelque part rélé, et subit un examen à la suite du- 
«u'il parait avoir eue dans la rébellion quel on le mit eu liberté. Cette drcons* 
de 17 15, et plus eiicore TbouDeur t^occ inl extrêmement fevorable à son 
alors daifgereux d'avoir clé secrétaire ouvrage. Un grand nombre de soui- 
dC|re'Têque Auerbujy , le rendirent tel- cjiplions furent ouvertes par de» par- 
lement suspect, qu'une récompense ticuliers et par diverses compagnies de 
de loop Uy.'sterl. fut promise a qui- Ijondres pour l'cpcourager dans s«n 
cpiique se saisirait de sa personue. Il ejilreprise. Le premier volume fut pu- 
s'eumit en France, où il résida plu- bliéen 17471 ii'fol.j mais, malgré le 
neurs ^finees sous le nom de Philips; mérite que l'on ; recopuut , l'auteur, à 
it jr tri^vailb à une édition anglaise de l'pccasion du s acre de s rois d'Angle terre 
l'î^istoire dfi président de Thou,édi- eidcs merveilleux effétsqu'on lui attri^ 
don quj parut ensuite en sept volumes l^uc, ayant inséré dans une note l'his- 
in-ibl., Londres, 1753. Ce travail içite à un aommé Chrislopka Lwel, 
fut si bien accueilli par ses compatrio- qu'on disait avoir;éré guéri des dcroudl- 
tés, qu'on assure qull fut affrandii les par le pre'tciidant,.^ Avignon, en 
de tons drplts et impositions sur le 1716, cette preuve de crédulité et 

Îtapitr et l'impression. La reine Cnro- d'esprit de parti détruisit presque tout 

(ue avant obtenu pour lui la permis- le crédit de l'ouvrage , cl fût cause 

sjon de. rçnlrer en Angleterre , il s'oc- que la corporation de Londres se dé- 

cupa alors d'un de ses plus importants termina à retirer sa souscription. Carie 

ouvrais , VHistoire de la vie de poursuivit néanmoins son entreprise. 

Jacques , duc d" Orntond, dq)uis sa Le deuxième et le troisième vduine 

naissnnee,eni6ia, jusqu'à sa ntOTt parurent successivement en 1750 et 

en 16S8, en 5 vol. in-ful., dont le 1752; le quatrième fut publié aprèa 

tfoisitme, qui n'est qu'un recueil de samort,en 1755. L'ouvrageestpleiiL, 

lettres écrites par Cbnrles l'^,Cba^le5 de reclicrches utiles, mais il estasses 

II, le diic d'Ortnond, les secrétaires mal écrit. C^rte s'était propose de 

d'état, etc., pendant les troubles d'An- le continuer jusqu'à la révfdutioii d* 

gleterre et d'Irlande , parut d'abord 168^, et ^vail rasseml^é à cet efièt 

en 17$^: le premier et le second fn^- un grand nombre .de. matériaus-qui 

1^1 publiés en 1736. Un abrégé de se trcMivent aujourd'hui ^^P* la bi- 

cet ouvrage ,pan^ en français, sous bliotbèque Bodlçienne. 11 inenn^ Ift 

à ûlve i i^èmoires de la vie de mj'- ) avril i7$4) V^ d'Abiogd<oB_, 

Iprd duc d'Ormond , traduits de dans le comté de Berk. Ou rapjwrttt 

^atieZais,Ial}^ye, ] 73:7*3 vol. Iht qae, ses papiers étant passa dMft. 



CAR 

toVv JtÂn^eierrc <t Ir nrad de 
Papiers ^éUA qoi ai Êà h suite* 
Oa a aussi de Hkmms Carte «n A»» 
eueUdêUttres origmmies H ée wié* 
moires concenuau les mffmresi^Jw- 
^teîerreyde\%^\ à 1660, Londres, 
I ^38 , 3 Tol. in-8^ , tire' des papien 
âa duc d'Ormond , et un CuUdogue 
des roUes gascons , normands H 
Jranâais , conservés dans les archi^ 
9es de la tour de Londres , Londres 
(Paris) y 1745, 2 Tol. in-fol. ( f^of. 
J. P. DE BouGAiNviLLE )• Il est eocofe 
éditeor des Lettres de Robert Both- 
m^eif ambassadeur d'Angleterre en 
Pmfiigai en 1667 , auxquelles il joî- 
çntun Abrégé préliminaire de VhiS' 
lecrv générale dePortugaly Londres, 
174^^ ; idem , traduit en français par 
faUiéDesfbntaineSy Paris, >743> 2 

wtL ifl'ia. A— ^. 

GAfiTËLETTI ( FaAwçois-SÉBAs- 
\' auteur très peu connu d'un 
le Martyre de Ste. Cécile. 
Le Taaae y son contemporain , à qui 1 
a y aàaaa s diNite adressé un exemplaire 
^flct mifnge, Ten paya, selon 1 usage 
; « pv m sonnet â sa louange; 
»se ne prouve rien en 
dn poëme; le nombre des édi- 
se prtrare pas darantage. Cest 
tm ihrre de piété que de poésie, 
de lîrres ont touioun 
de êébà. La dernière éàt- ! 
meillenre^etquiiuttt:* 1 
ffi Faolear. ? j 
i«i5g8,in'i2.LeIir 
dfepaia trois ans. Qmmi. 
imela premîèfe éditaa r 
àeSÊe.Céeaetki 
delà 
BecDiS8i,il 



CAR »i^ 

tiarclW mut W Tisie. Ta dMii^c* 
naire italien a imfuuur crur uai\rip ; 
un dîdiounaire triujaàs fa tt^Wie ; 
d'aiitres la lediroiil |vul-ètir cucun* . 
«f i! fiis&era pour cuustaul t^ur ite{(« 
eamera sceLrosa deit tp>feu , le 
Tasse eut Guldeui pour jin^uii^ur. 

ClHTEii fFaiWfois), aiidui an* 
glais(fu 1^'. siècle, oiembti' dcL *o. 
déle des êDliquâires de Louâtes a 

des plancLes, ud ^V^'SiedrMalasA 
à Gikahar. ^ui i e;t r^M^mtw' ,^ 



1778. 0?t eirrn:: 
aHanand. Caitr; tx* ^t 



"-• '•*.^r. 



de publier 

crilique de lifte- e^rt^ . _, 

dans les preairr «». _ 

merie,aveclâVvc&aL 

mais il FaTiit 2 iOK^Be 

qn'ilmoBnc.r' j^^ - 

CiBTE: 1 
distinguer 
naquit er 
daeome£ 

âne 




.1 

» 
.e 

es 

ce 
de 
,où 
.]Aa- 
iivoyd 
cguluSy 
de terre 
^rigente , 
; remporta 
9 forces na- 
des rigueurs 
odieux , il fut 
Giftb«(^9 et 



dSo CAR 

LXIV et G du Rambler j portant la 
signature de Chariesay et une tra- 
duction anglaise des Dialogues â^Ah 
garotU sur la lumière et les cou- 
leurs. Elle mourut à Londres, le 19 
février 1806, âgée de quatre - vingt- 
neuf ans. X— s. 

GAETERET (Philip), capitaine 
de vaisseau , Anglais , commandait la 
corvette le Sy^aUow , (pii partit des 
ports d'Angleterre le 22 août 1 766 , 
sous les ordres du capitaine Wallis, 
commandant le Dolphin y pour aller 
découvrir de nouvelles terres dans 
riu^mispbère méridional. Le commo- 
doreByron( Fqy, Byror) venait de 
terminer son voyage, et avait visité 
les îles Malouines , appelées par les 
Anglais Falkland; les capitaines Wâfl- 
lis et Garteret , après une courte re- 
lâcbe à Madère , se rendirent direc- 
tement au détroit de Magellan. Le 
Swallow était mauvais voûter; Wal- 
fis fut forcé de Fabandonner pen- 
dant un coup de veut que les deux 
bâtiments éprouvèrent a la sortie du 
détroit. Garteret , «après avoir couru 
de grands dangers , vint prendre de 
Feau à nie Masafuero, passa an 
sud de l'ile de Pâques , et décou- 
vrît Itle Pitcairn, située à environ 
cent cinquante lieues dans le sud-^st 
de l'arcbipel Dangereux. Sa route fut 
ensuite dbrigée au nord-ouest ; elle lui 
fit découvrir quelques iles au sud de 
rarçbipel des îles de la Société , et le 
fit passer entre ce groupe dlles qu'il 
laissa à Pest et les deux arcbipels 
connus sous les noms d'îles des Amis 
et des Navigateurs y qu'il laissa à 
l'ouest^ mais il n'eut connaissance 
.d'aucune des iles qui les composent. 
Parvenu à dix d^és de latituae sud, 
Garteret gouverna droit à l'ouest, et 
eut connaissance de l'archipel de 
Santa - Gruz de Mendana , qu'il ap- 
pela iles de la Reine Ckarklte* Il vi* 



CAR 

sita lâ cÂte nord de la pins gnnde He 
qui porte le même nom que Tarcbi- 
pel , ensuite continua sa route au 
nord -ouest, et découvrit les îles qu'il 
nomma Gower et Carterety qui ap- 
partiennent à la partie nord-est dès 
lies de Salomon , sans voir aucune 
autre terre de ce grand archipel, qui 
avait été découvert par Mendana. A 
l'époque du voyage de Garteret , les 
^géographes les regardaient comme 
fabuleuses; ce fiit Buacbe qni, en 
1 781 , avança le premier que les dé- 
couvertes de Surville devaient en 
ùire partie. Dix ans après , Fleu* 
rieu confirma cette opinion dans un 
bel ouvrage qui a aidé à les re- 
trouver. Depuis le voyage du contre* 
amiral d'Ëntrecasteaux, cette identité 
est prouvée. Garteret passa le pre- 
mier dans le canal St. -George, qui 
sépare les terres de la Nouvelle-Bre- 
tagne de celles de la Nouvelle- Ir- 
lande , que Dampier avait cm n'être 
que l'ouverture d'une grande baie. Il 
relâcha à un port situé près de l'en* 
trée de ce canal, à la côte de h Non* 
velle* Irlande , auquel il donna soa 
nom ; ensuite , il prolongea cette der- 
nière côte et celle de l'île qui est im- 
médiatement à l'occident , vit les iles 
Portland, et découvrit les Ses de 
l'Admirahy, Le SwaUow se rendit 
à Batavia après avoir abordé la côte 
sud de Mindanao et avoir passé 
dans le détroit deMacassar. H par- 
tit de ce dernier port pour retourner 
en Angleterre y où il arriva k*^ fé* 
vrier 176g, après, deux ans et 4enû 
de campagne. Garteret eut a liitterpen- 
dant son voyage contre. des difficul- 
tés de toute espèce, et surtout centre 
le mauvais état A^&waUown L'alté<> 
ration de sa santé et le déblNrement 
de son vaisseau l'empéchèfent proba* 
blement de pousser plus loin ses dé- 
couyertes. Quoi qu'il «n soit, il « eik- 



CAR 

■ichi la g&>grapliie de plimeurs Mn- 
naissances impoitantes , et mérite 
d'oocnper on rang honorable parmi 
les navigateurs. La relation de son 
Toyage se trouve avec celle du pre- 
mier voyage de Gook^ publiée par 
Hawkesworth. R-— l. 

GARTEKOMACO. Vc^ez Forts- 

GV2BRI. 

CARTHAG le jeune ( S. ) > ^tTL^m- 
méMochuda, ou le Matinal y évéque 
en Irlande, fut disciple de S. Cartbag 
l'ancien et de S. Comgalh II fonda dans 
leWest-Meath le grand monastère 
de Ratbènin ou Rateny , qui devint 
Técole la plus nombreuse et la plus 
'célëbr# qu'il y eût en Europe au 7**. 
siède. Garthag y gouverna plus de 
huit cents moines pendant l'espace de 
quarante ans , et composa pour ses 
disciples une règle que Pon conserve 
encore en ancienne langue irlandabe. 
-Les persécutions d'un petit roi voisin 
diliçèrent Carthag et ses mcmies à 

|)iendre la finte. lis se retirèrent dans 
e Munster ou Mémonîe. Le saint est 
regardé comme le premier évéque de 
Lismore; il y fonda un monastère, 
une cathédrale y une école plus câè- 
bre encore que celle de Ratneniny et 
molirUt le i4 mai 657* La grande 
^lise de Lismore fot dédiée sous son 
invocation , et la ville appelée de son 
•nom , Lismore-Mockuda. La vie de 
S. Caithag a été écrite en vers latins 
par Bonav. Moron , tarentin. Y— vz. 
GARTHA6ENA ( Jean de ), e%^ 
pagnol y entra chez les jésuites , ^ou il 
passa ensntte chez ks mineurs obser- 
irantins. B profeûa la théologie à Sala- 
«anqne^puis à Rome. Paul V l'ayant 
engagé k ésriredans son démêlé avec 
-b république de Venise , il composa 
les oÎhix ouvrages suivanj^: Pro ec« 

édéukfersu» injustas Fenetûrum le- 
^, Rome, iéo7., in-4^ \ Propu- 



CAR s3t 

gnaadum eaiholicum de jure betti 
romani porUifids advenus ecclesié 
jura violantes j ibid., 1600, in-8*« 
Dans Pun et l'autre de ces deux ou- 
trages, Vultramontanisme est poussé 
jusqu'à l'exagération; mais ce qui doit 
paraître le plus singulier, c'est que, 
tout en déclamant contre les sdliauces 
de la France avec les princes prêtes-» 
tants, il soutient que le pape peut ap- 
peler à son secours des troupes infi- 
dèles pour protéger les libertés de 
l'Église contre ceux qui voudraient y 
îporter atteinte. Les autres ouvrages de 
Garthagena sont : HondUœ calhoUcas 
de sacris arcanis Deiparœ Iffariae et 
Josephi, Cologne y i6i3-i8, ^ vol. 
in-lbl. ; Paris, i6i4 et i6i5, 4 ▼<>'• 
in-fol . ; Homiliœ catholias in uniuer' 
sa christianœ religionis OKcana, 
Rome, 1609; Paris, 161 6, in-fol. 
Ces deux ouvrages, le premier sur- 
tout , contiennent quelques proposi^ 
tiens répréhensibles. Praxis oratio» 
tus menUdis , Venise et Cologne, 
161 8, in- 13, etc., etc. Garthagena 
mourut à Naples en 16 17. T— d. 

CARTHALON, grand-prétre d'Her- 
cule , fils de Mâchée, général carthagi- 
nois , envoyé pour offrir des dépouiller 
à l'Hercule Tyrien, trouva à son retour 
Carthage assi<^ée par son père, qui 
en avait été banni , et, ayant traversé 
le camp de Mâchée , revêtu de ses 
habits sacerdotaux , sans le saluer, ce 
dernier , irrité de cette marque de 
mépris , le fit attacher à une crol|| , où 
il expra, l'an 53o av. J.-C— Car- 
THALoir , général carthaginois envoyé 
en ficile après la défaite de R^lus, 
pour commander les troupes de terre 
et de mer, assi^ea et prit Agrigepte , 

Ja'ii réduisit en cendres, et remporta 
e grands avantages sur les forces na- 
vales des Romains ; mais des rigueurs 
déplacées Payant rendu odieux , il fut 
rappelé par le sàiat de Garthagi», éC 



%5% CkK 

remplace' par Amilcar Jarca, peiie 
d'Annibal , vers l'an a5o av. J.-C. — 
GABTHiiLon , général de la cavalerie 
carthaginoise , accompagpa Ânnibal 
dans son expédition d.^alie , et rem? 
porta y sur les frontièrc(s du Samnium, 
un avantage considérable sur Uostilius 
Slancinius , qui commanoait un parti 
de cavalerie. Envoyé à Rome après la 
bataille de Cannes, pour proposer anx 
Boniains des conditions de paix, il 
reçut l'ordre de sortir avant la nuit 
des terres de la république. Garthalpn 
commande ensuite la garnison cartlia« 
ginoise dç Tareute ; mais s'étant laissé 
surprendre par les Komains , il fat 
pas3é.au fil del'épé^^ ainsi que près- 
que, tous ses soldats 9 l'an aog avant 

CARTHEUSER ( jEAN-FaÉDÉnic ), 
docteur et professeur en médecine à 
Francfort-sur-l'Oder , né en j 704 , et 
mort en 1 7 7 7 , avait acquis de profon- 
des CQD naissances dans les science» 
pbjsiqu<>s -s p»i!ticulicrement sur la 
chimie et la botanique , ce qui lui fit 
considérer la. matière médicale sous 
des rapports nouveaux , et le mit, en 
état d'y opérer une réforme salutaire^ 
Il a examiné çt SQumis à de nouvelles 
expériences un grand nombre dç 

Slantes et de médicaments , et il a 
istingué avec beaucoup d'exactitude 
leurs véritables propriétés de celles 
«que l'ignorance et la crédulité leur 
avaient attrjbpées^ Ses écrits sont en 
quelque sorte devenus classiques; I. 
Elementa cJ^miœ medi<xis aogmaf 
tiço'eoçpmmenialis y Halle, 1736, 
în-S°. ; Francfort-svrJ'Oder , 1753., 
in-8?. , avec. des augmentations; et 
1766, in-8%;.IL .BuMmenta mtO/ç-: 
TUS mediccB^ Franicfort- sur •» l'Oder , 
1 74ï > in-S". , jreimpumé avec Quel- 
ques c^Dgement;s« wus cç titriç; rtm 
damenta matermmedjicgs genetalis, 
«t sp^cMis « ibi4« , i .749 et 1 750,1 



CAR 

^ vol. in-8*/; ibid,, 1^67, a voLîil- 
8**. ; Paris, 1 762, 2 vol. in-ia j Paris, 
] 769 , .4 vol. in^^i 2 , par les soins de 
Jean-Charles Desessarts. On en donna 
une traduction française à Paris , en 
1755 , 4 yol. in-i2. Cet excellent ou- 
vrage est un de ceux qui ont le plus 
contribué à la réputation de l'auteur. 
III. Pharmacologia tkeoretico-pracr 
tica^ Berlin , 1 74^ , in-S'". ; Genève , 
j 763, 2 vol. in^**. ; lY, FmdamerUa 
pathologiœ et therapeùe pralectioni» 
bus suis academiçis accommodata^ 
tome I , Francfort-sur-l'Oder , 1 758 , 
in-S"*. ; tome II, ibid., 1 762 , in-8®.; 
y. Dissertatio chjrmîco'fhysica de 
genericis quibusdamplaniarumprinr 
cipiis hactenàsplerunujUe negùctiSy 
ibid., 1754, in-8°. 11 y. en a deux 
autres éditions, données dans la même 
ville ; la troisième est de 1 764, in-8^ 
Cartbeuser £iit connaître dans cette 
dissertation les principes que l'on peut 
retirer tels qu'ils existent dans les 

Slantes , sans les décomposer et les 
énaturer ; il les réduit à six genres : 
les sels volatils buileux concrets \ Jes 
camphres ; les cires; les sui& ou huiles 
figées , que l'on appelle quelquefois 
beurres 9 et les savons, autre espeee 
d'huile figée ; les sucres ; Jes esprits 
bal;samiques acidulés. VI. Vingt disser* 
tations sur des plantes et des jnëdica- 
juents, tant indigènes qu'exotiques^ 
dont il (ait connaître les véritables pn>< 
priéjtés. Toutes ces dissertalions, ,qi|i 
avaientparu séparément^^nt été réin« 
primées ensemble, dans les^deux le» 
çueils.intitulés : Dissena^ione^i^si' 
co^d^mcO'mediGts d«t,Mibusdam 
mateijm médical subj^ctts #JMr<al« 
acpubUcè habiUB» nmw- iterumreeti/r 
sœ, Francfort'9Qr*)'04er ^ 1774 9 ivh 
8\ ^ et D^sfirMM»€$ ivpnnmtf^ s^ 
lecthreS'phjrsiccH:It^iim^y 0c nfor^ 
dicœ. variis argununttSfposi movam 
lustratiQuem ad frqhm rei^QC0lte^ 



CAB 

fbiâ. ,1775, m-8°. ; VIT. Dd morbis 
endemicis Ubeîlus y ibid., 177^, in- 
8*'. ; y III. AmœnUatum naturœ sive 
historia naturaUs pars /, gênera- 
liory Halle , 1 735, iii-4''. Cet ouvrage , 
écrit en allemand, n'a pas ëtécoutinuc. 

D— P— s. 
CARTHEUSER (Frédéric -Au- 
guste), médecin, fils du pre'cëdent, 
ne à Halle , 1 754 > n'a pas acquis au- 
tant de célébrité que son père. Reçu 
docteur en 1753, il fut nommé Tan- 
née suivante répétiteur à Tuniversité 
de Francfort-sur-i'Oder. En 1766, il 
devint professeur ordinaire de méde- 
cine et de chirurgie à Giessen, et, six 
ans après ,' directeur du jardin de bo- 
tanique. Plusieurs princes d'Allemagne 
le décorèrent du titre de conseiller. En 
1779, «a santé chancelante le déter- 
mina à quitter ses emplois. Il se retira 
d'abord à Treyhof , pms k Birkenbach , 
et enfin à Schierstein, où il mourut le 
la décembre 1796. On a dé lui : I. 
Elementa mmeraLoffue sysUmaticè 
<2ûpo$i£/s, Francf.-sur4'0der, 1765, 
în-d**.; IL Rudimenta orjretographiœ 
Fiadrino * Francofurtanœ y ibid. , 
1755^ in-8^; m. Rudimenta hy^ 
drologiçB systeméiiicœ , ibid. 1758, 
in-8''.; IV. FermiscfOeschrifteny etc*, 
c'«st*à-dire : Mélanges d'histoire natu- 
relle , de chimie et de médecine, vol. 
!*'• , Leipzig et Magdebourg, 1 759, 
iu-S"*. Iln'a paruquece volume. V. Mi- 
neralogische AhkandhjMen, c'est- 
à-dire: Mémoires minéraiogiques, Gies- 
8en,in-8%i]ivol.^lepreaueren 1771, 
et le seoond en 1 773. Le même autemr 
a publie une ode et quelques autres 
jttèces de poésie aUemande; un opu»- 
cnle sur la police des mines, en alle- 
mand; un autr€ snr les eaux mmë- 
rales d'Auerfiach; un^oisième sur 
celles d'Ems ^^jHrquairième sur le per- 
frctionnemént de divers arts et £ibri- 
fpuB&i et beanoonp de dissertations sur 



CAR 



fkVi 



les champignons vénéneux , sur quel- 
ques passages des Georgiques de Vir- 
gile, sur la sophbtîcation des vins, eto. 
— - Son frère ( Charles - Guillaume.) 
suivit la mime carrière , et publia4leB 
RefiexUms sur la diète ^ en Romand. 

CARTIER ( Jacques) , né k St..Ma- 
lo , est le premier navigateur qui noift 
ait £iit connaître le fleuve St.-Laurenr , 
ainsi qne les cdtes et les pays quil'avot- 
sinent. On ne connaît pas les naviga- 
tions qu'il a Eûtes dans sa jeunesse. Le 
désir dé perpétuer son nom par quel- 
que service mémorable l'engagea à 
proposer à Philippe de Chabot , grand 
amiral de France sous le règne de 
François I^'. , d'aUer visiter les terres 
de l'Amérique septentrionale, dés^ 
gnéessouslenomde Terres-Nem^eè^ 
qui n'était pas encore donné ezclwé- 
vement k la grande ile située à l'em- 
bouchure du fleuve Saint-Laurent. lie 
grand «nirat, qni connaissait sans 
doute le mérite de Cartier, aecueilSt 
sa demande et la présenta an roi. 
François I^. chargea Cartier lui-mémè 
d'ex^nter ses projets. U partît de Stl« 
Malo le 30 avnl 1 534? ^^^ ^^^x na- 
vires d'environ soixante tonneaux et 
soixante-un hommes d'équipage cha- 
cun. Le journal de Jacques Curtier M 
nous dit pas précbément quel était le 
but de son voyage ^ mais on peut le 
oenjectnrer , d'après la manière dmit il 
a dirigé sa route, et surtout d'après 
l'objet principal des redierdies de 
deux navigateurs italiens qui étaient 
allés' avant kû dans la même partie dU 
globa On eaît que Sébastien Cabet, 
en. 1495 ( yojr; Cabot ), eut ordite 
du rti d^Anf^elerre d'aUer chercher 
par le nprd<«ouest im passage au Ga^ 
thai orientai ; mans^ il ne nens reste 
que des notions très confuses de ses 
découvertes. Jean V«ranano^ floren- 
tin ( Fqy. YÉRAzoAxro )^ fat envoyé 



d54 CÂft 

en liiï^j ptfFrançob 1^«, ^iir yi- 
«iter les terre» de FAmoique septen- 
Irionale dans le même destem. Il est 
plus que probable que Garder partît 
dix ans après cedemier , dans le mê- 
me but y et qu'3 eut ordre de cbercher 
quelques lieux propres à £iire des ëta- 
blissements , s'il ne pouvait pas trou* 
.ver de passage. A Troque de- sofi 
yojà^e^ on ignorait que 111e de Terre- 
Neuve fiit séparée du continent; par 
.conséquent y le large passage qui mène 
par le sud de cette île au golfe Saint- 
Laurent était entièrement inconnu. 
Des pêcheurs banques , qui s'étaient 

Çîut-etre aventurés sur les traces de 
érauano, avaient p^étré dans le 
détroit de Belle-Isle^ qui conduit au 
même, golfe par le nord ; mais ils n'é- 
taient pas entrés très avant, etcroyaient 
que ce n'était qu'une haie proK)ndey 
^'ils appelaient Bai^ des Chdtemux : 
•le nom en es(- resté à une petite baie 
située à l'entrée du détroit de Belie- 
. laie y sur la cote de Labrador. Jacques 
Cartier y à là suite d'une navigation 
très heureuse , vintattérir, le i ornai 
>iS34 , sur la cête oxieut^de de Terre- 
.Neuve, à peu près à Tendroit où Vé« 
.noEano en avais abandonné la recon« 
.naissance; ensuite il remonta au nord, 
' M entra dans le détroit de Belle-Isley 
qu'il appelle Golfe des Chdêeaux. 11 
en prolongea la cote nord , ou celle de 
Labrador , y trouva plusieurs beaux 
.ports, et relâcha dans qUelquesmns. 
«Dès qu'il s'aperçut que ce prétendit 
iplfe s'élargissait à mesure que ats bâ- 
^ents s'avançaient à l'ouest, et qu'il 
.allait bientât perdre de vue les eôtes 
méridionales, il s'éloigna des terres 
de Labrador, fit route an sud, et vint 
.attérir sur le cap DouUe, aujourd'hui 
Pointe^Riehe. Sa roote M fit ensuite 
prdonger lacdteoccidentale de Terre- 
.Neuve, et le conduîstt très près de 
resto^mitéiaudHiiiest ûe, cette ite^ et 



CAR 

presque k l'ouverture du passage du 
sud dont on a parlé plus haut. Le mau- 
vais temps l'obligea de s'écarter de la 
côte avant d'y arriver , et le porta à la 
vue de quelques petites'fles peu éloi- 
gnéasnïe ce passage, dont il ne fit 
que soupçonner alors l'existence, mais 
qu'il trouva à la fin de sa seconde cam- 
pagne. Son projet était probablement 
de pénétrer d'abord dans Fouest aussi 
loin qu'il le pourrait , et il suivit cette 
direction. La petite île Brion se pré- 
senta à sa vue ; ensuite il vit le groupe 
des lies de la Madeleine , et se détour- 
na pour les visiter; mais, croyant 
qu'elles tenaient au continent , il con- 
tinua la route de l'ouest, et rencontra 
la cête ooddentale du golfe Saint-Lau- 
rent, qu'il visita soigneusement, dans 
l'espérance d'y trouver un passage. 
Son premier mouillage fut à Centrée 
de k baie des Chaleurs, dont Ruté^ 
rieur iiit visité par ses canots, et^ 
après s'tere assuré qu'il n'y avait ^ 
d ouverture, on mit à la voile. Cartipr 
vint eniXire mouiller dans la baie de 
GASpé, située très près de l'embou- 
chure du fleuve Samt-Laurent, et il 
la prit pour Feutrée d'une rivière. 
Dans les fréquentes communications 
qu'il eut avec les haletants du pays , fl, 
sut leur inspirer une telle confiance ^ 
qu'un des chefs consentit à la'isser 
partir avec lui deux de ses as , à con* 
dition qu'il les lui ramènerait Fannée 
suivante. La partie de la navigation de 
Cartier que l'on vient de décrire est 
.très bien circonstanciée dans son jour- 
nal, et peut se suivre avec faeiliié sur 
les nouvelleft cartes. Les Mras qu^ a 
•donnés aux diverses parties delaoâte 
ont depuis été chang ; mais les lieux 
•qu'il a désignés son» âcites à recoh- 
naitre. Dans le Pilbte de TerrwNetè-' 
9e, pnUié par le dépêt des oaMes et 
plans delà marine, on a> voulu con^ 
sacrer tiu déoouvei^^ ^Pim a éfiot 



CAR 

l«s noms qa'il leur avail donatfs au* 
dessous de ceuii qui sont uskës^ La 
description de la route que Cartier a , 
suivie après avoir quitté la baie de 
Gaspé, n'est pas aussi claire que ce 
qui précède ; on peut néanmoins as- 
surer que, prenant pour un golfe le 
canal du fleuve St.- Laurent, qw est en- 
tre la rive droite du fleuve et l'ile d'An- 
ticosti, il en traversa l'ouverture 9 et 
chercha ensuite à pénétrer par le canal 
qui passe au nord de la même île. On 
peut croire qu'il s'avança Jusqu'à la 
pointe occidentale y où il vit le canal 
s'élargir et où il éprouva des courants 
violents qui durent lui indiquer que 
c'était l'embouchure d'une très grande 
rivière. Cartier y voyant la mauvaise 
saison s'approcher^ et craignant d'être 
retenu tout Thiver dans ces contrées , 
revint sur ses pas, passa une seconde 
fois par le détroit de BeUe-Isle, et 
fit route pour Saint-Halo, où il arriva 
le 5 septembre i554* Le récit que 
Cartier fit de ses découvertes ranima 
les espérances ; le roi ordonna un ar- 
mement pkis considérable que le pre- 
mier; on équipa un bâtiment de cent 
vingt tonneaux qu'il commanda; on 
en mit sous aes ordres un autre de 
soixante tonneaux , et un troisième de 
quarante , propre k entrer dans les ri« 
vières où u n'y aurait pas assez d'eau 
pour les deux autres. Plusieurs jeunes 
gens de distinction s'embarquèrent 
avec Cartier , en qualité de volontai- 
res. Cette campagne commença par un 
iicle public de religion. Le jour de la 
Pentecôte, les capitaiiies et les équi- 

Kgies firent ensemble leurs dévotions 
ns la cathédrale de Saint-Malo , et 
reçurent ensuite la bénédiction de l'é- 
v^ue. Ils mirent à la yoile le 19 mai 
i53^« Leur trajet, pour se rendre à 
Tçrre-Neuve, fut long et pénible; le 
mauvais temps sépj»ra les bâtiments; 
aab ils se Kunkent dans le d^oit 



CAR 



aS5 



de BcUe-IsIe, oùron avait airigné ut 
rendex-voos. Cartieri dans sa pre- 
nièie campagne, avait prolongé les 
oàtes du golfe Saînl4j«urent , qui sont 
au sud du détroit de Belle-Isle ; dans 
ceUoHÛy il ne s'écarta pas de la câte 
septentrionale , et pénétra , presqu'en 
lignedrottOy dans 1 intérieur du fleuve» 
Il le visita avec soin, et s'avança à 
sept à huit lieues au-delà de l'endroit 
où, depuis, la. ville de Quebee a été 
bâtie. La rivière près de laquelle la 
flotte mouilla reçut le nom de Saùtte- 
Crois } mais la postérité lui a donné 
celui de Jacques-Cartitr. Les deux 
hommes que l'on avait embnrquÀ à la 
baie de Gaspé pendant le premiec 
voyage, avaient appris un peu de fran- 
çais , et furent a'une grande utilité 
lorsqu'on voulut prendre des rensei- 
gnements propres à diriger dans les 
rechendies que l'on voulait Ciire. Ils 
contribuèrent aussi k concilier aux 
Français l'amitié des peuples qui vi*. 
vent sur les bords de ce grand fleuve. 
Cartier profita de ces avantages; il 
remonta avec son plus petit bâtiment 
Jusqu'à l'extrémité du lac St,-*Pierre, 
où il fut arrtté par une barre qui tra- 
versait le canal dans lequel il devait 
passer* U s'embarqua dans ses canots, 
et continua sa route jusqu'à un village 
que les habitants a^pelaifliit Hodie-' 
lag0y et sur les rumes duquel a été 
l>âtie depuis la ville de Monlrétdf si- 
tuée à plus de cent cinquante lieues 
marines de l'emboi;(diure du fleuve» 
Cartier visita le pays, eut des commu- 
nications smc les ludNtants dont il 
gapa l'amitié. Il ne tarda-pas à venir 
rqoindre son petit bâtiment dans le 
lac Saint-Pierre , et retourna à Sainte- 
Croix, où il hivecna aveu sa flotte. 
L'hiver fiit long et très dur ; les éqm- 
;ea eurent beameoup à aouflOrir -du 
et du manque de rafi:aidiisse« 
m«DU; cependant les saoï^ages lent 




s36 



CkVC 



apportèrent de temps en temps une 

Ertie de leur chasse. Le plus grand 
tons leurs maux fut cause par le 
sc^bot. Ce fléau des gens de mer ^tail 
encore peu connu du temps de Cartier r 
il ne le nomme pas , et en prle-comme 
d'un mal tout nouveau ; mais les divers 
symptômes qu'il décrit avec beaucoup 
de ^tail appartiennent tous si visi« 
blenent'à cette cruelle maladie , qu'il 
est impossible de s'y méprendre. Plu- 
sieurs de ses gens y suooombërent y 
et, au milieu de février i536y sur 
cent dix hommes qui lui restaient, il 
n'y en avait pas dix qui ne fusatent at-» 
teints de ce mal. Cartier craignit qu'un 
tel état de feibtesse n'engageât les sau- 
vages à commettre, à son égard , quel* 
que acte de violence ; il en fut réduit , 
pour le leur cacher , à les empêcher 
d'approeher de ses bâtiments , et à 
feire frapper continneltement ses gens 
sur le pont , ou sur le côté du navire 
avec'des planches, afin de faire croire 
au'ddiors qu'ils étaient occupés à tra« 
vailler. Heureusement pour eux, un 
des chefs du pays, qui les avait quittés 
quelque temps auparavant les jambes 
ettâécs et dans un état pitoyable , re- 
vint se préseoter h eux très bien por- 
tant. Cartier voulut savoir la cause 
d'une guérisoii aussi prompte , et ce 
chef lut montra dans la forêt un arbre 
dont les feuilles et l'écorce prises en 
idfiiSMKi lui avaient rendu la santé. 
Beox hommes seuls osèrent d'abord 
Eure i^e de ce remède ; mais l'effet 
salutaire qu'il produisit détermina 
touilles autres à suivre leur exemple; 
le ^itd' arbire fut eotipé, et employé 
tout eritier À opérer leàr guérison. La 
maladie avait néammeins eu le temps 
de 4&F6 dé grands ravages j et Cartier 
fut oUigéd'abandonnerun'deses bâ- 
timéfiàts^'pàite quH manquait de bras 
pour le maâctiavrer* H partit le 6 mai 
avec deux bâtiments ; et sortit dn flett< 



CAR 

ve par le canal qui'est an sud de IHe 
Anticosti, et qu'il avait pris en i534 
pour un golfe. 11 vint ensuite chercher 
le passage qu'il avait supposé à la 
même époque devoir exister au sud 
de Terre-Neuve; il le trouva , et com- 
pléta, par cette dernière découverte ^ 
celle du fleuve et du golfe Saint-Lau- 
rent. Ses bâtiments arrivèrent k Saint* 
Malo le 1 6 juillet i556. Le journal de 
la campagne de Cartier nous a ét^ 
conservé presque en entier par Les- 
earbot; la narration est &ite à la troi- 
sième personne, et porterait à croire 
qu'elle n'a pas été écrite par lui<4nême. 
On y trouve quelques endroits ob- 
scurs; cependant, telle qu'elle nous est 
parvenue, elle fait connattreqoe Car- 
tier avait dirigé sa navigation sur un 
plan très bien conçu , et qu'il l'a exe'- 
cutée avec courage, habileté et persé- 
vérance. Le récit de ses entrevues avec 
les sauvages et des événements qui lût 
sont arrivés est simple, et porte tous 
les caractères de la vérité. On ne peut 
lui reprocher aucun acte de cruauté; 
Il ne parait avoir employé la violence 
que lorsqu'il enleva, à la fin de son se- 
cond voyage, plusieurs chefs qu'il voti- 
lait amener en France avec lui ; encore 
est-il à présumer qu'il finit par les re^ 
lâchef^ et n'en conserva qu'on seul, 
qui consentit à venir de bonne volon- 
té , et contribua, par ses discours, k 
calmer ceux qu'une telle action avait 
soulevés. Cartier fat renvoyé en 1 54o 
dans le fleuve Saint-Laurent ; il de- 
vait être sous* les ordres de François 
de la Roque , seigneur de RobervaP. 
qui avait été nommé nce-roi de tous 
les pays environnants. Ce vice-roi ne 
partit que plus de dix-buit mois après 
Gurtier, qui resta pendant tout ce 
temps abandonné h ses proprés res- 
sources; enfin, pressé par la disette, 
il prit le parti de revenir en Fran- 
ce. Il rencontra, à Terre -Heav^> 



CAR 

Roberyal qaï venait ie joindre, et il 
lui donna ordre de le suivre; n^is 
Cartier se ^sépara pendant la nuit, 
et arriva h Saint-Malo en i542* Hao 
kluyt nous a conservé ie prëcis de ce 
dernier voyage dans le troisième et 
dernier volume ie sa colkction. On 
trouve le journal des deux premiers 
voyages dans tHîstoire de la Nou" 
telle 'France , de Marc Lescarbot/ 
Paris , i6i 2 ; la traduction en italien 
est dans le troisième volume de la 
collection de Ramusio^ Venise, i565. 
Il nous reste^un autre monument des 
voyages de Cartier, intitule'': Brief 
récit de la nai^igation faite es isles 
de Canada , ffocîielagey Saguenajr 
et autres y Paris, i545, et Rouen ^ 
1598, in-8°. R— u 

CARTOUCHE (Louis - Domini- 
que) , à qui l'on ne consacre cet ar- 
ticle que parce que son nom est de- 
venu dans la langue française le sy- 
nonyme de voleur et de brigand f 
était ne' à Paris vers la fin du 17*. 
siècle. Dès son enfance, il montra son 

Senchant décidé pour le vol. Chassé 
u collée pour quelques escroque- 
ries par lesquelles il débuta dans la 
carrière , chassé ensuite de la maison 
paternelle pour la même cause, il 
s'instruisit à l'école d'une bande de 
Voleurs qui ravageaient la Norman-, 
die, et revint ensuite à Paris, où il ne 
tarda pas. à devenir le chef d'une 
^bupe de bandits qui lui étaient dé- 
voués. Cartouche fit des règlements 
pour organiser sa 'troupe, qui deve- 
nait cbaque jour plus nombreuse; il 
lia ses compnces par les serments les 
]^us forts , et se réserva un pouvoir 
despo.dque sur tous les membres de 
Tassociation ^ avec le drpit de vie et 
de mort sur phacun $eûx.. Cette asso* 
âatio^ot étant wû organisée, on n'en- 
tendit plus parl/er dans la capitale que 



CAR a57 

trats, ne pouvant faire arrêter Caiy 
touche, proposèrent une re'conipeiise 
à ceux qui le mettraient*dausles maina 
de la justice } mais il échappait à toutes 
les rechercher Ayant appris qu'un jeu- 
ne soldat aux gardes françaises, an de 
ses complices, avait en la pensée.de le 
trahir, il fit assembler sa troupe dans 
une plaine au milieu de la nuit, -fit ap 
procher le jeune homme qu'il soup- 
çonnait, et donna ordre à ses compa* 
gnons de l'égorger, ce qui fut exé- 
cuté au même instant. Ma^;ré ces pré- 
cautions, il fut arrêté peu de temps 
après dans un cabaret de la'Courtilie, 
le i4 octobre 1721 , et conduk au 
Ghâtelet. On • le mit dans un cachot 
profond , d'où il se sauva par les ca- 
ves voisines ; mais il fut repris sur les 
cris des gens chez qui il se sauvait; 
Son arrestation , son procès et le ré- 
eit de ses brigandages , occupèrentla 
capita).e pendant plusieurs mois. U 
£it enfin condamné à être ron^u 
vif. Malgré les soufirances de la ques- 
tion, il avait refusé de nommer ses 
complices } mais , arrivé à la [dace.de 
Grève ^ où il espérait encore qu'il se- 
rait délivré par ses compagnons, il 
jeta les yeux autour de lui, et, va 
voyant que le houcreau et les gai^les, 
il se fit conduire à l'bâtel-4e^ilie, on 
il avoua to^s ses brigandages^ et 
nomma iies.nonAreiix compilées, qui , 
poui: hi jplupart, fur^t arrêtés» Car- 
touche fut exécnté le 38 nov^embre 
1721. Les^ journaux^ les mémoires 
du tenips op^ donné beaucoup «le dé* 
tails sur les circx>Bst9iM:e$ de sa mon 
et de sa vie. Dans le temps miime df 
son pi:ocès, on représfH^ta une cornée 
die mtitulée Cartouche ^ pan Leh 
grand, Qn qo^çotf encore un poème 
assez médioooe , qui a <^ur titre : 
Cartouche , p» U Fice jnadj par 
Grandval, Paris, 1795, in*^''., fig. 
L'aïUeur trQiiya platsaoldie parodia,» 



a38 



CAR 



sur ce sajet ignoble , les pins beaux 
Ters de la Hmriade; il y a joint un 
pebt dictionnaire de Pargot. Ge poème 
a eu plusieurs éditions. On trouve une 
relation assez détaillée du procès et du 
supplice de Cartouche dans le 2''. vol. 
des Procès fameux de Desessarts. 
On a réimprimé très souvent Vilis- 
toùre de la vie et du procès du fa^ 
meux Z. />. Cartouche et de plu-' 
sieurs de ses complices y i vol. in- 
18. Z. 

CARTWRIGHT (Thomas), theV 
logien anglais, de la secte des puritains, 
naquit vers l'année i555 , dans le 
oomté de Hertfoid, et étudia à Cam- 
bridge, où il devint parla suite pro- 
fesseur de théologie. Son talent, com- 
me pi*edi€ateur , attirait une foule im- 
mense à ses sermons. S'étant permis 
d'attaquer la discipline de l'Église anr 
Ricane , les évêques se soulevèrent 
contre lui , résolurent de le perdre 
dans Kesprît de la reine ÉKsabeth, et 
réussirent à le faire expulser de l'uni- 
varsîté. 11 passa sur le continent, fut 
qudques années ministre des négo- 
ciants anglais k Anvers et à Middel- 
bourg, revint en Angleterre, maigre 
les persécutions dirigées alors contre 
les puritains , et j publia même quel- 
ques écrits f où il proposait ime nou- 
irêlle discipline et denouvdles formes 
de culte. Ces écrits ayant alarmé le 
gouvernement, Cartwright se vit obli- 
«• de sortir de nouveau du nnraume. 
S'ëlaot hasardé d'y rentrer au liout de 
dnq ans, il fut arrêté et mis en prison 
comme séditieux. Délivré par le crédit 
du lord trésMer Burteigh et du comte 
de Leîcester, qui lui donna la direc- 
tion d'un hôpital fondé par lui dans 
le comté de Wanvidi, il ne jouit pas 
long-temp^ de sa liberté , et, après 
avoir été emprisonné h dîffiSrentes re- 
prises , il mourut en i6o3, âgé de 
sôixante-huil ans» U était extrême'^ 



CAR 

ment laborieux , et ne donnait jamais 
plus de cinq heui'es au sommeil. Outre 
ses ouvrages de controverse, écrits ea 
anglais, on a de lui : I. CommerUaria 
practicain totam historiam evangC' 
licam, ex quatuor ei^angelistis har- 
monicè condnnatamy in-4°.9 i63o. 
Une belle édition de cet ouvrage a été 
p)ibliée à Amsterdam , par Louis Elze^ 
vir, en 1647, in- 4% sous le titre soi« 
vaut: Harmonia evangeUca comment 
tano amljrticoy metaphrasUco^prac- 
tîco , illustrata^ etc. II. Commen- 
tarii succincti et dilucidi in prover^ 
bia Salomonis, Amsterdam, 161 7 et 
i638,in-4®v in» Metaphrasis et ho^ 
milice in lihrum Salomôms qui inscri" 
hitur Ecclesiastes , Londres, i6o4 y 
in - 4*« ; Amsterdam , 1 64 7 , in - 4°» î 
IV. jinswer concemingchurch disci" 
pUne, 1575 , in-4'-î ^- **" Cours de 
théologie^ in-4 °. y Londres , 1 6 1 6, eta 

X— s. 
CARTWRIGHT ( GtJiLuiuMx ) , 
théologien et poète anglais, naquit en 
161 1 à Northway, dans le comté de 
Gloccster. Il fît une partie de ses étu- 
des, comme élève roval, à l'école 
de Westminster, et acheva son édu- 
cation à Oxford y où il prit les or- 
dres , et se distingua dans la chaire 
par l'éclat d'une éloquence brillante, 
soutenue du plus beau débit et de la 
plus belle figure. U remplit aussi avec 
un grand succès, à cette même univer- 
sité , la place de professeur de méta- 
physique. 11 obtint plusieurs boi^ceiy 
et composa des pièces de.théâtre, peu 
connues aujourd'hui , mais représen- 
tées alors avec succès par les élfudiants 
et même par les docteurs de l'universi- 
té. Une entre autres , VEsdope rq^alf 
tragi-comédie , donna tant de plaisir 
à la reine, qu'elle voulut la voir re- 
présentée ensuite par ses propres co-« 
médiens, afin dç comparer les divers 
talents de ces acteurs d espèce tris di^ 



GAll 

i&CDts; niaii d'après le jugetaèntana- 
nime, Pavantàge demeura à ruiiiver- 
sitë.Gartwright mourut en 1644) ^g^ 
de trente «trois ans. li a été prodi- 
gieusement loué parles poètes de son 
temps, et le recueil de ses pièces de 
théâtre, au nombre de quatre, impri- 
mées ensemble sous ce titre : Corne" 
dieSy trof^' comédies j andpoems, 
Londres, i65 1 , in-S*'., contient aussi 
cin({nante pièces de vers à sa louange, 
toutes à la vérité par les beaux esprits 
de TunÎTersité, â laquelle il avait don- 
né un éclat d'un genre particulier. Ben 
Johnson l'appelait son fils , et l'aimait 
beaucoup. On a de Cartwright des poé- 
sies grecques , latines et anglaises. On 
connaît d'autres théologiens anglais 
du même nom , dont les ouvrages sont 
k |iea près oubliés. X— s. 

C A RU S ( M^BGUS ÂT7AEL1U8 , et 

non Mahlius Avreliauus ) , naquit 
à Narbonne , suivant Eutrope, A. Vic- 
tor et Orose. Zonare dit aussi qu'il était 
gaulois; néanmoins quelques histo- 
riens le font naître à Rome , d'autres 
fn Ulyrie ou à Milan. Quant à lui , il 
voulait passer pour romain , et dans ta 
lettre qu'il écrivit au sénat, lorsqu'il 
lut élevé à l'empire , il s'explique en 
ces termes : a Ré]ouissez-vous , pères 
» conscrits , de ce qu'un membre de 
9 votre corps et de votre nation est 
» nommé empereur, etc. » Carus, après 
avoir passé par les grades civils et mi- 
litaires , fut choisi par Probus pour 
remplir la place de préfet du prétoire, 
et , après la mort de cet empereur, l'an 
a8a , il fut du par l'année pour lui 
succéder. Cette élection fit croire que 
Carus avait eu part à la mort de Pro- 
bns; mais Vopiscus l'en justifie pleine- 
ment. Garus punit au contraire avec 
beaucoup de rigueur les meurtriers de 
ce prince. Il avait été comblé de ses 
faveurs; car non seulement Probus lut 
avait lait bâtir xa/t maison des demers 



CAR aSg 

pubKcs V tom H avait ardonné qu'on 
lui élevât une statae équestre en ré* 
compense de ses services. Carus créa 
césars ses deux Gis , Carinus et Numé* 
rien , aussitôt qu'il fiit élevé k l'empire^ 
et leur donna , quelque temps après , 
le titre à^ Augustes. 11 parait qu'ils ne 
prirent celui d'empereur qu'après sa 
mort. A la nouvelle de celle de Probus, 
les barbares crurent l'occasion favora* 
ble pour se soulever. Cams envoya 
Carinus dans les Gaules, et partit lui* 
même pour l'Illyrie avec Numérien, 
son second fils , afin de combattre les 
Sarmalcs qui se préparaient 4 envahir 
la Thrace et iltalie. Il en tua seize 
mille et fit vingt mille prisonniers. Il 
partit ensuite pour la guerre contre lea 
Perses , dont Probus avait déjà fiiit lea 
préparati£i. 11 s'empara de la Méso- 
potamie, des villes de Sélencie et de 
Ctésiphon, et prit alors les surnoms 
de Persique et de Pmihique. Encou- 
ragé par Aper , préfet du prétoire , qui 
voulait régner k sa place , il résolut de 
pousser plus loin ses conquêtes; mais 
il mourut au milieu de se^ victoires, 
vers là fin de l'an !i85 , après un règne 
d'environ deux ans. Les uns préleii* 
dent qu'il fut frappé d'un coup de Ibu- 
dre dans sa tente; les autres, qu'il 
mourut de maladie, mais que seso& 
ciers, dans la désolation que leur cau- 
sait la perte de ce prince, mirent le 
feu à sa tente; ce qui accrédita le pre- 
mier bruit. Cette mort confirma le 
préjugé des Romains, appuyé sur un 
oracle, qu'il n'était pas permis k ce 
peuple de porter ses armes au-ddi de 
Clésiphon. Vopiscus dit que Carua 
tenait le milieu entre les bons et les 
mauvais princes, et qu'il aurait pu 
Itre placé parmi les premiers, s'il na- 
vait pas eu Carinus pour fils. Il fut 
mis après sa mort au rang des dieux. 
On a des médailles grecques et latines 
de <Mtt empereur. Les premières ont 



d4o CAR 

éé frappées k Alexandrie enËçypte;. 
les unes elles autres font mention de 
sa consécration. U parait même que, 
de son vivant, il fut appelé Dominus 
et Deus. On lui donne pour femme 
Magnia Urbica ( Fc^ezCjLKimjs). On 
peut consulter la dissertation du ba- 
ron de la Bastie, Mémoires de VA' 
cadémie des inscriptions , p. 4^7 9 
tom. XIII y sur la durée de l'empire 
de Garus et de s^s fib. ^ T— -rr. 

GABUS ( Fa£D£BiG - Auguste ) , 
savant théologien protestant^ né à 
Uudissin le 27 avril 1770, mort à 
Leipsûg le 6 février 180*^ , a enseigné 
la phUosophie avec distinction dans 
l'université de Leipzig y comme pro- 
fesseur extraordinaire, depuis 1796;* 
comme professeur ordinaire, depuis 
i8o5. M. Ferdinand Hand a publié le 
recueil de ses oeuvres en 7 vol. in-S**., 
à Leipzig, 1 808- 1810. Ils contiennent, 
I. et IL sa Psjrcholo^; III. son His- 
toire de la psychologie ; IV. Ré- 
Jlexions sur V histoire de la philoso» 
phie ; V. Psychologie des Hébreux ; 
YL Considérations sur l'histoire de 
l'espèce humaine ; VIL des Essais 
de monde et de philosophie reli- 
gieuse. Tous ses ouvrages sont en 
«Uernand , a l'exception d'unedisserta- 
fion , intitulée : Historia anJtiquior 
sententiarumecclesiœ grœcœ de oc- 
commodaiione christo in primis et 
apostoUstributd, Leipzig, 1795, in- 
4*** 7 et d'un mémoire intitulé : De 
Anaxagoreœ cosmo-theologiœ fonr 
tibus eommeniatiOy ib. , 1 796, in-4^. 
Ce dernier otivrage est à la suite du 4** 
vc^ume de ses oeuvres. M— on. 

GARUSO ( Jeav-B APnsTE ), en la- 
tin CarusiuSj historien sicilien , na- 
quit à Polizzi , près de Palerme, le 27 
décembre 1673. La lecture des ou- 
vrages de Bacon le d^o&ta de la phi- 
losophie scolastique qu'on lui ensei- 
gnait chez les jésuites de Patenoe; il 



CAR 

se mit a étudier avec ardeur c^e de 
Descartes et de Gassendi , et il finit 
par tomber dans le scepticisme. Ea 
1 700 , ayant eu l'occasion d'accompa- 
gner à Paris deux jeunes gentilshom- 
mes , il fit connaissance avec les sa- 
vants les plus distingués de cette capi- 
tale , et surtout avec le P. Mabilloir, 
qui lui inspira le goût des recherches 
historiques. De retour dans sa patrie, 
il se livra exclusivement à cette étude 
jusqu'à sa mort , arrivée le 1 5 octobre 
1 724* On lui doit : L Memorie istori- 
che délia SiciUa , dal tempo de suai 
primieri abitatori sino alla corona- 
zione del rè Fittorio-Amedeo , Pa- 
lerme, 1716, în-fol. Ce tome I*'. ne 
va que jusqu'il l'an i o54 ; le tome H, 
qui va jusqu'aux vêpres siciliennes, et 
le tome III , qui termine l'ouvrage , 
furent publiés par son frère , François 
Garuso , en 1 745. IL Historiée sara^ 
eenO'Sicuke varia monumenta , in-r 
sérée tomr I , part. 2,des Rerum itaU-* 
carum scriptores^ de Miiratori; III. 
Bibliotheca historica Siciliœ seu his-^ 
toricorum de rébus Siculis à Sarace^ 
norum in^asioneadArragonensium 
principaUimcoUectio p^ahvmty 1720- 
1 723 , a vol. in-foL C'est un recueil 
de plusieurs historiens du moyen âge , 
dont les uns n'avaient jamais été im- 
primés , et les autres étaient devenus 
rares. On peut voir le détail des trente 
pièces que renferme cette collection 
dans Fabricius , Conspectus Ihesauri 
litter, ItàUcBy pag. 75-78.— -Jérôme 
Garuso, natif de Vitulano, dans le 
royaume de Naples , servait dans Far- 
mée du duc dtJrbin , au commence- 
ment du I7^ siècle, et a publié une 
relation poétique des guerres aux- 
quelles il avait eu part , sous ce titre : 
L' Historia in oitava rima , neïla 
quale si racconia Uverissimo succès^ 
so del miserabile asseàio e arrcsA 
deUa çiu4 di Fer$eUL — Charles 



CAD 

Caruso, jurisconsoltc sicilien , ne à 
GirgêDti, juge k l'audience royale de 
MessiDC, mort \e*i5 novembre i6go, 
a publie un grand nombre d'ouvrages ; 
les plus importants sont : I. Praxis 
circà modum procedendi in cit^ilibus 
super ritu regni Siciliœ, 2®. édition , 
Païenne, 1705, in-fo], ; IL Praxis 
circà modum procedendi in crimi-* 
ndibus , etc., ibid. , i655, in-fol., 
souvent réimprimé, avec les additions 
de son fils Joseph Caruso , mort il 
Palerme en 1706. CM. P. 

GâRVâJAL. ^o/. Ferdinand IV. 
GARVAJâL, ou plus exactement 
C4RAVAJAL ( Jean de ) , cardinal , 
éiFéque de Placentta, né à Truxîllo 
dans i'Ëstramadure , fut successive- 
ment auditeur de rote, gouverneur 
de Rome et légat. Eugène lY Télé va à 
la pourpre îc 17 décembre i446;il 
Tayait. précédemment envoyé au con- 
cile de Bâie , pour y appuyer ses inté- 
rêts. En t44^.) Carvajal assista à la 
diète convoquée à Mayence , et y parla 
avec force et éloquence. Dans un se- 
cond voyage, il fut accompagné en 
Allemagne par Thomas de Sarzane , 
qui fut depuis pape sous le nom do 
Nicolas r. Carvajal déploya beau- 
coup d'habileté dans vingt-deux l^a- 
tions; il se fit une grande réputation par 
ses succès en Allemagne, en Bohême, 
où il se vit exposé à la fureur des Hus- 
sites; en Hongrie, où il contribua à 
la grande victoire que l'armée chré- 
tienne remporta, le 'i-2 juillet i456, 
sur Mahomet II , empereur des Turks. 
Le zèle de Jean dq Curvajal était dé- 
sintéressé; il refusa tous les cvéchés 
qu*on lui offrit pour l'augmentation 
de ses revenus, et mourut à Rome lo 
6 décembre i4^? âgé de soixante- 
dix ans. Le cardinal Bessarion com- 
posa son épitaphe. Sa vie a été écrite 
en latin et publiée à Bome. V— ye. 
CARVAJAL ( Bernardin ds \ car- 



CAR i24t 

dinal, évêque de Qtrthagène, neveu 
du précédent, né à Palencia, fut suc- 
cessivement évêque d'Astoi^a , de Ba- 
dajoz, de Sfguença, de Placentiâ et d» 
Carthagènè. Aleiandre VI lui donna 
le chapeau de cardinal en 149^9 ^^ 
l'envoya nonce en Espagne. Ferdinand 
et Isabelle le nommèrent ensuite leur 
ambassadeur à Bome. En i5ii, il 
prit , par vengeance ou par ambition , 
le parti de Louis Xll et de l'empereur 
Maximilien, contre Jules II, et lut 
l'auteur du concile de Pise, qui se pro- 
nonça contre le pontife. Carvajal fut ex- 
communié dans le concile de Latran , 
et déclaré indigne de la pourpre : il se 
retira à Lyon. Après la mort de Jules 
II , en 1 5 13 , il crut pouvoir se ren- 
dre à Rome sans danger; mais il ftit 
arrêté à Livourne, d'où Léon X le fit 
conduire à Civittà - Vecchia. Oh lut 
dans la septième session du concile de 
Latran, un acte par lequel Carvajal 
condamnait tout ce qui s'était ait au 
concile de Pise, et reconnaissait qu'il 
avait été justement retranché du nom- 
bre des Cardinaux. Louis XU réclama 
sa mise en liberté; Léon X la promit; 
les ambassadeurs de l'empereur et de 
Ferdiuand s'y opposèrent, {n'étendant 
que c'était faire injure à Jules IL En- 
fip , Carvajal obtint son pardon en le 
demandant à genoux dans un consis- 
toire tenu le 27 juin'i5i5. 11 rentra 
dans toutes, ses dignités. Il exerça 
encore plusieurs emplois importants 
sous Adrien VI et Clément VII , et 
mourut évêque d'Ostie et doyen du 
sacré collège, le i3 décembre i525 , 
à soixante-sept ans. On a de lui plu- 
sieurs discours , homélies et sernrons; 
nous citerons seulement : I. Oratio 
de eligendo sûmmo pontifice, pro- 
noncée en 1 49^ dans 1^ basilique de 
St.*Pxerre, à Borne, et imprimée ta' 
même année dans cette ville , suivant 
l'auteur de la Bibliatheca poMificia ; 



34^ CAR 

II. Oratie ad Sixtum IF et carâtna* 
liumcoUegium , prononcée en 1 484 ; 
Jll. Oratio habita nomine cathoU" 
çorum regum ad Alexandrvm FL 
Les auteurs espagnols foiit un grand 
ëloge de l'éloquence de Bernardin de 
Gai^ajal. V— VE. 

GARYâJàL ( LiuA^T Galindez 
be), de la même famille, chevalier 
de Gâtatrava , naquit à Placéntia , en 
Estramadure , en 1 47^ , professa avec 
succès la jurisprudence à ^alaman- 
que , fut conseiller du roi Ferdinand et 
je la reine Isabelle , eut une grande 
part à la régence du royaume d'Es- 
pagne, du temps du cardinal Xime^ 
pës, et a«sijsta au couronnement de 
Charles-Quint, qui, arec sa mère , la 
yeine Jeanne de Gastille , le nomma 
grand-maître des postes de tontes les 
Indes , et lui donna les aigles de l'Em- 
pire pour ajouter à ses armes, afin de 
le récompenser des services qu'il avait 
jtendus à l'état, et de$ sacrifices que 
sa maison avait faits. Ccst à lui que 
l'on doit la révocation du testament 
^e Ferdinand-le-Gathplique, qui con- 
tribua tant à la tranquillité de l'Espa- 
gne; il ne fut pas moins utile à Charles- 
Quint après la mort de Ferdinand , 
en retenant prisonnier, dans sa for- 
teresse de Madrigalejo , en Estraoisi- 
dure, l'infant don Ferdinand , que les 
autres grande seigneurs voulaient pro- 
clamer roi. Il écrivit plusieurs ouvra- 
ges qui sont restés manuscrits : {. 
des mémoires de la vie de Ferdinand 
et d'Isabelle, sous le titre de Memo^ 
rial o registro brève, eic. , écrits plu- 
tôt eu courtisan qu'en écrivain véri« 
4iqiie; H. Hisioria de lo ocurrido 
despues de la muerte de rey don 
Ferna^ido el CathoUco ; III. Armo^ 
tacwnes de la historia de Espaha; 
JV. Genealogia.de los CarvajaleS) 
y. Addicwfkes a los varones ilias- 
ires daFéNmarkFerez ds Gusmam 



CAR 

ce dernier ouvrage a été imprimé en 
1 5i 7 , in-fol., avec une Fie de Jean 
11^ roi de Castille, dont Garvajal fut 
l'éditeur. Il travaillait à une Histoire 
d^Espagne, lorsqu'il mourut à Burgos 
le 37 novembre x5a']. V— ve. 

GARVAJAL ( François DE ), capi- 
taine espagnol , s'était signalé à. Pavie 
et au sac de Rome en 1 5^7» Le désir 
d'amasser des richesses l'ayant con- 
duit au Mexique et au Pérou , il de- 
vint, en .1 54^ , major-général de l'ar- 
mée royale, et contribua , par sa bra- 
voure et par ses conseils , au gain d« 
la bataille de Ghups, ou le jeune Al- 
magro iut vaincu par le gouverneur 
Vaca de Castro. S'étant attache' en- 
suite au parti de Gonzale Pizarre^ 
Garvajal le décida à se mettre à la têts 
des mécontents, et contribua à ses 
succès. Envoyé d'abord dans le haut 
Pérou pour s*opposer aux progrès 
des royalistes , il les dispersa en 1 546, 
se rendit maître delà ville de la Plala 
et des fameuses mines du Potosi, d'où 
il tira des richesses immenses. Devenu 
Tame du parti de Gonxale, il lui fît 
gagner, par ses savantes dispositions, 
la bataille de Guariua, et conseilla 
ensuite à ce chef de se rendre tout-à- 
Êiit indépendant , et de se faire roi. 
Quoique Gonzale eût rejeté son aris , 
Garvajal lui resta constamment fidcle, 
et fut fait prisonnier comme lui lors 
de la défection de son armëe, en 
i548, et condamné à être pendu, 
comme traître à son roi : il était âgé 
de quatre-vingt-quatre ans. Quand on 
lui lut sa sentence , il répondit frmde- 
ment r a On ne meurt qu*une ibis. » 
Son corps, mis en quartiers, fut ex- 
posé sur le chemin de Guzco. Cet 
nomme extraordinaire, si célèbre dans 
les révolutions du Pérou , insultait à 
la faiblesse, à la lâcheté, et se laissait 
désarmer par une saillie. Toujours fr- 
dèle à la foction à laquelle il s'était at- 



CAR 

taché, il se montra inexorable envers 
les traîtres et les transfuges ; il en fut 
le bourreau, et les immola par mil- 
liers : aussi sa cruauté passa-t-clle en 
proverbe. On prétend qu'il fil périr, 
■par des travaux excessifs, plus de 
vingt mille Indiens dont il avait fait 
*ses esclaves; mais jamais on ne le vit 

Serdre le souvenir d'un service ou 
'un bienfait. Bon général, et même 
homme d'état, il montra une force de 
caractère peu commune , et fu^ , quoi- 
que octogénaire , le premier et le plus 
infatigable soldat du Nouveau-Monde. 

B— p. 
CARVAJAL ( Jean ) , parent du 
préce'dent , fut son émule en audace 
et en férocité, mais fut plus perfide 
que lui. Il était officier dans la provin* 
ce de Venezuela lorsque Gharles-Quint 
la céda aux Welser d'Augsboùrg , â 
titre de fief de la couronne d'Espagne. 
George Spirra , allemand , et le der- 
nier gouverneur de ce pays nommé 
par les Welser, étant mort le i!2 juin- 
i 540, l'évêque Bastidas, qui avait été 
nommé au gouvernement, envoya son 
lieutenant-général^ Philippe de Urré , 
ài la découverte de la chimère du lac 
Parima , ou del Dorado, Tandis que 
ceiui-ci s'en retournait à Gora , alors 
capitale de la Venezuela , après quatre 
années de courses et de Recherches 
inutiles dans les forêts de rAraériquc 
méridionale, il fut assassiné par un de 
ses officiers^ Pédro Limpias , gagné 
pr CaiTajal , qui venait d'usurper le 
gouTemeraent de Venezuela , dévolu 
â Urré par la translation de Bastidas 
â févêché de *Porto-Rico. Carvajal 
âvâit eu l'audace de fabriquer des 
fausses lettres-patentes qui le nom- 
maient gouverneur. 11 fonda , durant 
son usurpation , la ville de Tucuyo , 
le seul établissement durable qui se 
soit formé pendant que ce pays resta 
5«us la tyratittie des Welser. Le li- 



G A R :i43 

cencîé don Juan Pérès de Toloza, 
qui fut envoyé dans le pays , en qua- 
lité de gouverneur, par Charles-Quint, 
•fit pendre Garvajal en i5/|6. 

D— N L— E. 

GARVAJAL ( D. Louis-Firmiw, 
comte de la Union. ( Fo^. Union. ) 

GARVALHO ( Dominique ), gêné- • 
rai portugais, enleva, eu i6ô5,rile 
de Sundina aux Tndiens Mogores , et 
défit ensuite le roi d'Aracan, dans un 
combat naval. Le prince indien , étant 
revenu avec de nouvelles forces', blo- 
qua nie , et bientôt la famine obligea 
Garvalho d'abandonner sa conquête. 
En se retirant au port de Sirapur , il 
rencontra la flottille des Mogores, sur 
laquelle il remporta une victoire com* 
plète ; mais il fut blessé à la gorge 
d'un coup de flèche , dont il pensa 
perdre la vie. Quand il eut ravitaillé 
et augmenté son escadre , dans le des- 
sein d'aller arracher Sundina au roi 
d'Aracan , il se rendit à la cour du roi 
de Chaudecan , allié des Portugais , 
pour l'exciter à se joindre à lui ; mais 
à peine eut-il obtenu audience à Jésor, 
que ce prince perfide le fit arrêter , et 
le livra ensuite au roi d'Aracan , qui le 
fit périr dans les tourments , en 1 6o4* 

B-rP. 

GARVALHO D'ACOSTA ( Antoi- 
ne), né à Lisbonne en i65o, mort 
en l'jiS, âgé de soixante-cinq ans, 
embrassa l'état ecclésiastique, publia 
divers traités, sous les titres de Corn* 
pendio geograficOy Fia astronomicay 
astronomia methodica , et se fit sur- 
fout connaître par une ample descrip- 
tion du Pj)iiugal, intitulée : Corogra* 
Jia Portuguezâ e descripçam topo-* 

frdfica do reitio de Portugal , Lis- 
onne,.i7o6, 1708 et i7i2,5voL 
în-fol. Un critique français disait, au 
commencement du 18". siècle, qu'il 
fajfait en tout de la modération, et 
qu'il craignait que cette description du 



Mi CAR 

Portugal ne fut plus grande que le 
royaume; mais cet ouvrage, rare en 
France , est ciurieux , instructif, et le 
meilleur qu'on ait sur cette matière 
On y trouve l'bbtoire ecclésiastique, 
civile et paturelle des principaux lieux 
du royaume ; les généalogies des prin- 
cipales familles ( c'est la partie la plus 
faible )^ les hommes illustres , etc. La 
partie ecclésiastique est beaucoup trop 
étendue, et l'auteur ne s'y montre pas 
exempt de superstition. II parcourut le 
Portugal , pui^ dans différentes ar- 
chives , sacriOa à cette grande entre- 
prise sa santé, sa fortune, et ne laissa 
pas,' en mourant, de quoi payer les 
frais de son enterrement. L'histoire 
littéraire du Portugal fournit un grand 
nombre d'auteurs du nom de Car' 
valko ; les principaux sont : — Gar- 
VALBO ( Luiz Alonzo de ), jésuite y 
mort en i65o. On a de lui, L uu^rt 
poétique, intitulé : Cisna de ApoUo 
de VArte poeiica , Médina dèl Gam- 
po , i6ot2 , in-8'. ; IL Antiguedades 
y cosas mémorables del principado 
de AsturiaSf Madrid, ièg5, in-fol. 
Cet ouvrage est estimé. — Garvalho 
( Laurent Pires ) a écrit l'histoire 
des ordres militaires d'Espagne : 
Enucïeationes ordinum militarium 
Hispardarum , Lisbonne , 1695 , iu- 
fpl. — Garvalbo ( Antoine ) , né à 
Lisbonne en iSgo, entra dans la so- 
ciété des jésuites , professa la riiéto- 
rique et la philosophie à Evora , à 
Goïmbre, et mourut en i65o, âgé de 
soixante ans. Il écrivit des Commen- 
taires sur la Somme de S. Thomas y 
in primam secundœ partis, et fit im- 
primer k Lisbonne , en- 1 627 , un dis- 
cours sur cette question délicate : Si 
convienequelospredicadores repre- 
hendan principes y mimstros» — 
Gartalho ( Valentin ) , jésuite. Phi- 
lippe Alegambc cite de cet auteur : L 
SuppUmentum anauarutn ^istùta-^ 



CAR 

rum ex Japonidy anno MDC ; U* 
jimatœ litterœ ex SiniSyannoMDdiy 
Rome, i6o3, in-8**. ( en italien ). — ■ 
Carvalho ( Antoine Monis de ) est 
auteur d'un traité cuiieux qui à pour 
titre: Francia interessada conPor^ 
tugal en la separacion de CastiUa , 
Barcelone y i644> "^•4'*- Carvalho 
traite, dans cet ouvrage , des intérêts 
communs des princes et des états de 
l'Europe. — Carvalho- Villasboas 
( ]VIartin ), docteur en droit, alla 
exercer l'état d'avocat à Milan, et y 
publia un volume in-4^* , qu'il dédia 
à Ranuzzio Farnèze, duc de Parme. 
C'est un traité de politique, qui à pour 
titre : le Miroir des princes et des mi- 
nistres, Espejos de principes y m> 
nistros, •— Carvalho ( Jean de ) , 
professeur de droit canonique a Comi- 
bre, y fit imprimer, en i65i : De 
qnarid falcidid et légitima ^ et In 
cap, Raynaldus de testamentîs, — « 
Carvalho ( Tristan Barbosa de ), 
auteur ascétique de plusieurs ouvrages , 
dont le plus curieux est intitulé: Rà^ 
miUete del aima y Jardin del cielo; 
c'est-à-dire , Bouquet de l'ame et Jar- 
£n du ciel. *— Carvalho de Parada 
( Antoine ) , archiprétre et garde des 
archives royales de Portugal, dites de 
Torre da Tombo , a composé un Ai t 
de r^er, et la Fida do servo de 
Dios BariSudome da Costa tesou- 
reiro da se de Lisboa. V — ^ve. 

CARVALHO. roy. Pombal. 

CARVE ( Thomas ), né dans le 
eomté de Tipperary , en Irlande, vers 
1 590 , aumônier d une légion au ser- 
vice de l'Empire, composée de soldats 
des trois royaumes , fit plusieurs cam- 
pagnes en cette qualité, dans la guerre 
de i655, et publia le récit des événe- 
ments dont il avait été le témoin, sou$ 
ce titre : Jtinerarium Th. Carvce^ 
Mayence, lôSg; 2% pitie, 1641 ; 
5^ partie, Spire,. 164Ô, in-iat. Cet 



CAR 

cmyrage, qui renferme quelques par- 
ticularités curieuses , ne doit être lu 
qu'avec pre'caution^ parce que l'auteur 
a recueilli sans examen beaucoup de 
bruits populaires. On a encore de 
Carve, Ljra, swe Anacêphaléosis 
Hïbemica^ cui accessenmt annales 
jEfibemicœ^ etc., a*, édition, Sultz- 
bach, 1666, in-4'. L'auteur traite, 
dans cet ouvrage, de l'origine, des 
noms, des mœurs et des coutumes 
des peuples de l'Irlande. Les annales 
comprennent l'histoire de cette île de- 
puis II 48 jusqu'en 1666. Garve était 
mort dès l'an 1 664? à l'âge de soixante- 
quatoc^ ans. W— s. 

CAR VER ( Jean ) fut , au com- 
mencement du 1 ']\ siècle , le premier 
gouverneur de la colonie de Plimoutb. 
Obligé de quitter l'Angleterre pour 
eause de religion , il s'était réfugié à 
Leydc, d'où il fut envoyé à Londres , 
pour traiter de l'acquisition d'un ter- 
ritoire avec la compagnie de Virginie. 
Ayant obtenu des lettres-patentes , il 
p<Trtit en 1620, avec deux bâtiments 
et cent vingt passagers. Après une na- 
vigation pénible , ils abordèrent sur 
une cdte déserte , où ils eurent d'abord 
à se défendre contre les sauvages et 
les maladies , et finirent par s'établir 
sur une baie, à laquelle ils donnèrent 
le nom de Ptimouth, Carver , qui avait 
été élu gouverneur dès les premiers 
moments de cette colonie, à la plura- 
lité des suâragcs , la gouverna pen- 
dant deux ans avec sagesse, et fit, 
avec les sauvages, des traités qui ont 
été maintenus pendant cinquante ans. 
11 mourut en 1625. Son épée est dé- 
posée à Boston, dans un cabinet his- 
torique. Z. 

CARVER ( JoNATHAS ), né en 1 732, 
à Stiilwater, dans le Connecticut , fut 
k quinze ans placé chez un médecin 
pour étudier l'art de guérir. Son esprit 
actif l'éloignant de cette profession, il 



CAR a/|5 

entra comme enseigne dans un régi- 
ment d'infanterie, parvint au grade de 
capitaine, et servit avec distinction 
dans la guerre de 1756 à 1755; Au 
retour de la paix, il conçut le projet de 
reconnaître les parties intérieures de 
l'Amérique , et d'arriver au grand 
Océan, afin d'ouvrir de/douvelles rou- 
tes au commerce. Il partit de Boston 

.au mois de juin 1766, et se rendit à 
Michillimakinac , fort situé entre les 
lacs Huron etMichigan.il prit ensuite 
sa route au sud , en suivant la partie 
septentrionale de ce dernier lac, entra 
dans la baie Verte, remonta la rivière 
du Renard , arriva par un portage k 
l'Ouisconsin , qu'il descendit jusqu'au 
Mississipi, et navigua sur ce fleuve en 
le remontant. Parvenu au-dessous du 
saut St.-Antoine, les glaces l'ob'igè- 
rent de quitter son canot. Il continua 
sa route à pied , et atteignit la rivière 
St.-François. Revenu à son canot, qu'il 
avait laissé k l'embouchure de la ri- 

' vière St.-Pierre , il la remonta pendant 
quarante miilej,et, ayant alors ren- 
contré une petite rivière qui venait du 
nord et qui n'avait pas de nom , il lui 
donna le sien. Il resta sept mois chez 
les Nadoessis, qui habitaient au milieu 
de plaines situées par le 1 00''. degré 
de longitude occidentale , et le 45*'. de 
latitude boréale. Les sauvages , qui 
l'avaient bien accueilli, l'accompagnè- 
rent lorsqu'il les quitta , au printemps 
de 1 767, et lui firent don d'un terrain 
considérable le long du Mississipi. 
N'ayant pas trouvé , à son retour sur 
les bords du fleuve, les objets de traite 
que les agents anglais lui avaient pro- 
mis de lui envoyer, et sans lesquels il 
lui était impossible de poursuivre son 
voyage à l'ouest, il descendit jusqu'au 
pays des Chippeways , entra dans la 
rivière de ce nom , suivit ensuite la 

. rivière Godard, et arriva dans le lac 
Supérieur , dont il côtoya pendant 



246 CAR 

douze (oetit railles les bords du nord et 
de YesU 11 ne put pas non plus pendant 
ce trajet se procurer cbezlc^ Anglais, 
qui venaient traiter dans cette région, > 
les choses dont il avait besoin pour, 
continuer ses courses chez les sauva- 
ges , ce qui le détermina à revenir à 
Michillimakinac, par le détroit Ste.- 
Marie. Ikjjf passa l'hiver, en partit en 
juin l 'jôHj et, prenant sa route par les 
grands lacs, le fleuve St.-Lauren( et le 
lac Ghamplain , il fut de retour à Bos- 
ton au mois d'octobre , après avoir fait 
plus de deux prille lieues. U s'occupa à 
mettre en oi*dre sa relation , et s'em- 
barqua pour l'Angleterre* Sa requête- 
p^entée au roi, pour être remboursé 
des sommes qu'il avait avancées, fît 
juger qu'il pourrait donner sur l'inté- 
rieur du continent américain des no- 
tions précieuses pour le commerce ; 
il fut en conséquence mandé par le 
bureau du commerce, qui parut satis- 
fait de ses réponses, et kii permit de 
publier sçs papiers. Il venait d'en trai* 
ter avec un libraire, lorsque le prési- 
dent du bureau de commerce lui en* 
voya l'ordre de rejnettrc à son greffe 
tous les papiers relatifs à ses décou- 
vertes. Obligé de racheter son manus* 
crit, il s'effocça vainement de faire 
joindre cette dépense à l'état de celles 
qu'il avait présentées , et il parait qu'on 
ne lui alloua qu'une somme trèsmodi-* 
que. 11 apprit ensuite que son manus-' 
crit avait été égaré dans les bureaux f 
mais il en avait conservé une copie 
d'après laquelle il le publia. Garver, 
négligé par le gouvernement, n'avait, 
pour faire exister sa famille, que le 
chétif emploi de commis d'un bureau 
de loterie. Cette fâcheuse situation al* 
téra sa santé } une dyssenterie , suite 
d'absdnetices forcées, dit son histo-* 
rien , fut terminée par une fièvre pu« 
tride, qui l'enleva le 3 1 janvier 1780, 
Sa fin déplorable donna Ueu k la ibada* 



CAR 

tion. d'une société pour le soiilagemenl 
des gçns de lettres malheureux. On a 
de Carver : I. Traité sur la culture 
du tabac y. Londres, 1779, in-8". , 
avec deux giîavures ; 11. la relation de 
ses voyages, imprimée en 1774- E^e. 
eut un débit assez prompt y puisqu'il 
en parut une a^'.é^tion en 1778, et 
une S"., avec une notice sur sa vie , 
par Iç docteur Lcttson , en 1 '180. Elle 
a été traduite en allemand la même 
année , et ensuite en français , par 
Montuda, sous ce titre : Foj'age 
dans les parties intérieures de VA-» 
mérique septentrionale , pendant les 
années 1 766 , 1 767 et 1 768 , par J# 
Carver, Paris, 1784? i vol. iB-8^ 
L'autçur donne beaucoup de détails 
intéressants sur les sauvages ; peut- 
être les juge-t-il un peu favorablement| 
tandis qu'il juge sévèrement les Fran- 
çais. Les détails relatifs à l'histoire 
natui-elle n'ont pas une grande impor- 
tance ; mais tout ce qui concerne la 
géographie physique annonce un ob* 
servateur exact et judicieux. Il parie 
avec un peu de jactance de ce qu'il a 
vu , et cependant il n'a pas remonté le 
Mississipi plus haut que le P. Henne- 
pin^ et peut-être n'est-il pas allé k 
l'ouest plus loin que La. Hontan ; mais 
il a suivi l'usage de ses compatriotes, 
qui rendent rarement justice aux dé- 
couvertes des Français. E— ^s. , 
- CARY(Lucius)* ^jo^. Falrlakd. 
CARY (Robert), savant anglais , 
né à Cookinglon, dansleDevoushire, 
eu 161 5, étudia à Oxford, et obtint 
la cure de Portlemouth, dans son 
pays natal. Comme il avait de la nais- 
sance et des talents , les ministres 
presbytériens s'efforcèrent de l'attirer 
dans leur parti, et y réussirent en le 
nommant modérateur d'une de leurs 
assemblées^ néanmoins, lors duréta-» 
blissenient de Charies II, Gary fut un 
des premiers à le féliciter sur son re^ 



CAR 

tottf ; ce qui lui valut en 1662 Far- 
cKidiaconat d'Ëxeter ; mais ayant été 
dépouillé de ce bénéfice deux ans 
après, il retourna k sa cure de Portle- 
mouth , où il mourut en 1688, âgé de 
êoixante-treizc ans. On a de lui un 
ouvrage , intitulé : Palœologia chro- 
nica^ ou Tableau chronologique du 
temps ancien y en '^parties; 1°. Z?ï- 
deustique; *à°,Apodictique; 5°. Ca- 
nonique , Londres, 1677, in-fol. Il 
a traduit en vers latins quelques hym- 
nes en usage dans l'église d'Angleterre. 
— Cary (Henri), comte de Mon- 
mouth, et*cousin de la reine Elisabeth, 
fut élevé avec Charles I". , et mourut 
en 1661 y après avoir beaucoup sou^ 
fort dans les guerres civiles. II a tra- 
duit en anglais divers ouvrages. X — ^s. 
GARY ( FÉLIX ), fils d'un libraire 
de Marseille , y naquit le 24 décem* 
bre 1699. 11 eut à peine achevé son 
cours de philosophie qu'il annonça son 
goût pour la numismatique ; il s'ap- 
pliqua bientôt à l'étude de l'histoire , 
et forma une très belle collection de 
médailles antiques. Dans un voyage 
qu'il fit à Paris en i']i5 , Carjr ajou- 
ta beaucoup à ses connaissances qui 
avaient déjà étonné plusieurs savants. 
De retour à Marseille, il fut nommé 
membre de l'académie qu'on venait, 
d'y établir ( 1 736). Dans un second 
voyage à Paris , en 1 734 , il enrichit 
encore sa collection ; mais c'est à 
Marseille qu'il se procura les médailles 
les plus rares de son cabinet, par les 
iadlités que donne le commerce de 
cette ville avec les Échelles du Levant 
c H avait, dit l'abbé Barthelemi, un 
» beau cabinet de médailles et une pré- 
» cieuse collection de livres assortis à 
» son goût.... Des connaissances ea tout 
» genre, dirigées par un esprit exceU 
» lent et embellies par des mœurs 
» douces , rendaient son commerce 
» aussi agréable qu'instructif. » Gary 



• CAR 147 

était associé de l'académie de Gortone. 
£n 1762, celle des inscriptions et 
belles4ettres le nomma son corres- 
pondant. Il mourut le i5 déc. i754« 
On a de lui : I. Dissertation sur la 
fondation de Marseille^ sur Vhisioire 
des rois du Bosphore Cimmérien^ et 
sur LeshonaXy philosophe de MitjT" 
Une , Paris, 1744? i^' i2,^édié à 
l'abbé de Rothelin. II. Histoire des 
, rois de Thrace et de ceux du Bos* 
phore Cimmérien , éclaircie par les 
médailles , Paris , 1752, in-4**. , Gg, 
G'est le plus important de ses ouvra- 
ges : avant lui, on avait confondu plu- 
sieurs rois du Bosphore avec ceux de 
Thrace; il y distingue avec beaucoup 
de sagacité ce qui appartient à cha- 
cune de ces dynasties , et cette his- 
toire , puisée dans les sources les plus 
authentiques , peut être regardée com- 
me un ouvrage classique. Cest aussi 
par les médailles qu'il y fixe la pre- 
mière année ou l'ère du Bosphore qui 
est la même que celle du Pont , c'est-à- 
dire la 457** de Rome. Hardouin , 
Vaillant, Haym, el Souciet avaient 
en vain cherché à éclaircir ce point 
de chronologie ; mais il est bien re- 
marquable que Froclich , qui publia 
la même année ses Regum veterum 
numismata anecdota , soit arrivé au 
même résultat, et que, sans se con- 
naître , ces deux numismates ayent 
reconnu , chacun de leur coté , que 
c'est Mithridate le grand qui introdui- 
sit l'ère du Pont dans le Bosphore, 
lorsqu'il réunit ce royaume à se» 
états de l'Asie. Depuis la publication 
de ces deux ouvrages , les cabinets de 
l'Europe se sont enrichis de nouvelles 
pièces qui confirment les heureuses 
conjectures de Gary. Il a laissé beau- 
coup de manuscrits. Le Dictionnaire 
de la Provence et du comtat Fenais' 
sin cite les titres de neuf dissertations et 
de sept discour&y et dît qu'il avait com* 



348 CAB 

i)o$eun VoeabuLaire provençal^ arec 
es ëtymologies de chaque mot. I) pa- 
rait que ce manuscrit est perdu. Après 
la mort de Gary, ses méaailles furent 
acquises par Tabbë Barthélerai , pour 
être reuuies nu cabinet des médailles 
et antiques de la bibliothèque du roi. 

A. B— <r. 

GAIlYL( JosEP9)«the'oloj;ieny né à 
Londtes. en 1602, se distingua corn* 
me prédicateur , et prêcha souvent 
devant le long-parlement. Il fut em* 
ployé , pendant la guerre civile, dans 
différentes négociations où il montra 
beaucoup d'habileté et non moins de 
ièle contre Charles ^^ Destitué à l'é- 
poque de la restauration, il passa se- 
crètement ses dernières années à Lon- 
dres, occupé de la composition de dif- 
férents ouvrages , dont le plus consi- 
dérable est une Exposition du livre 
de Job y plusieurs fois imprimée en 
i3 vol. in-4°., et en 2 vol. in fol. Il 
mourut en 1672. -^Garyl (Jean), 
poète anglais , né dans le comté de 
Su$scx , était catholique et fut secré* 
taire de la reine Marie, fcmime de 
Jacques II. Il suivit dans VesLÏl la for? 
tune de ce monarque, qui le créa che« 
Valier , et lui conféra les titres purci 
ment honoriGques de baron Dartford , 
comte de Garyl. Ge fut lui qui donna , 
dit-on , à Pope l'idée de son poëme de 
la Boucle de cheveux enlevée. Outre 
quelques poésies insérées dans divers 
recueils, on a de lui : I. la Princesse 
anglaise y ou la Mort de Bichard Illy 
tragédie, 1667, in-4'*.; U.sirSalo- 
mon y ou le Fat prudent, comédie, 
1671 , in-4**. ; III. les Psaumes de 
David ^ traduits de la Fulgate ^ 
1700, in- 12. X---S. 

GAUYOPHILE< Jean-Mathieu ) , 
nrchevêque d'Iconie, né da^is l'île de 
Corfou, mort à Rome vers l'an i636, 
était un homme très savant dans le 
grec, le latin et les bngues orientales. 



CAS 

Le cardinal François Barberai, n^ 
yen d'Urbain VIII, auquel il était at* 
taché y l'engagea à publier ses nom- 
breux ouvrages : I. Il a traduit da 
grec en latin la Fie de S* Nil U 
jeune y Rome, I6a4>ÎIl-8^; Tl.t^on- 
futatio NiU Thessalomcensis , gr, 
/a^, Paris, 1626, in-8^; III. il pu- 
blia , pour la première fois, sur un 
manuscrit de lanibliothèque du Vati- 
can , les Lettres grecques .de Thé- 
jnistocle j auxquelles il joignit une 
traduction latine et des variantes à 
coté du texte. grec, Rçme , i6a6, 
in-4''. Sa traduction a été conservée 
dans l'édition de Francfort, 1629, ou 
l'on supprima les variantes, et encore 
dans celle de Leipzig , 1710, in-S"*., 
donnée par les soins de Chrétien 
Schôttgen , qui y a ajouté deé notes et 
une préÊice, ou il réfute les auteuis 
qui prétendent que ces lettres ne sont 
pas de Thémistocle. IV. Il apubliéen 
grec et latin de sa version, te Concile 
général de Florence, Rome, sans date, 
in-4''.; V. Caldeœ seu œthiopicœ Un* 

Suce institutiones , borne, 1 65o , in" 
'*, -y VI. Befutatiopseudo-christianm 
Caihechesis editœ à Zacharid Ger* 
Çanà grœco , gr. lot. , Rome , i63 r , 
m-4''*; VIL Censura confessiom's 
Jidei, seupotius perfidiœ ced^vidana 
quœ suh nomine ÇyrilUpatriarchm 
ConstantinopoUUm édita circum- 
fertuTy Rome, i63i , in-8?. (^0/. 
Cyrille Lucar ); VIIL il a traduit en 
italien la Doctrine chrétienne à^ax* 
diual ficUarmin, en y joignant une 
version syriaque , Rome, 1 635, in- 
8''. ; IX. enfin , un volume de vers 
grecs et latins, intitulé ; Noetes tuscun 
lanœ C. T— 1. 

CARYOPHILUa ^qr.GAROFALO. 
. CASA ( JsAir DELLA ) , poète et 
orateur italien , l'un des écjîvains les 
plus élégants du i6^* siècle , était 
d'une famille noble et ancienne du 



CAS 

"MngeHo, près de Florence, et y na- 
quit le 28 juin i5o5. Son père, 
6b\i^é de fuir sa patrie par les trou- 
bles qui y régnaient , se retira d'abord 
à Bologne avec son fils ; il l'y laissa 
lorsqu'il alla se fixer k Rome, où il res* 
ta quelques années. On croit que le 
jeune délia Casa commença ses études 
à Bologne, et les poursuivit à Pa- 
doue. En 1 5^4 » il se réunit h Flo- 
rence avec son père , et y eut pour 
maître en poésie Ubaldino Baiodi- 
nelli. Il se rendit ensuite à Rome , ôii, 
pendant quelque temps , il n'eut pas 
une conduite très régulière. II se ré- 
forma ensuite, entra dans les ordres 
ecclésiastiques, et se livra aux études 
sérieuses que son nouvel état exi- 
geait. 11 s'attacha aux deux cardinaux 
Alexandre Farnèse , dont le premier 
devint pape sous le nom de PauîIII 
en 1 554 .Ce fut le commencement de 
la fuitime du Casa. Il était en i54i 
commissaire apostolique à Florence , 
pour la perception des décimes pon- 
tific^iles , avec le titre de prélat , et fut 
nommé , en 1 544 7 ^ rarchevêché de 
Bénévent. Il fut envoyé la même an- 
née nonce du pape à Venise. 11 y fit 
en plusieurs occasions preuve de son 
talent oratoire et de son habileté dans 
le maniement des affaires. De retour 
à Rome, après la mort de Paul III, il 
arrangea ses affaires temporelles , et 
retourna vivre paisiblement a Venise 
dans le commerce des muses ; mais 
il n'y fnt pas oublié ; Paul IV , dès 
l'instant de son exaltation au pontifi- 
cal^ l'appela auprès de lui, et le fit 
son secrétaire d'état le plus intime. Il 
fut dans la plus haute faveur auprès 
de ce pape: on s'attendait à le voir 
compris dans la première promotion 
au cardinalat ; mais il s'en fit une de 
sept cardinaux vers la fin de 1 555 , 
et Von vit avec surprise que le nom 
de monsignor ddla Gasa n'y était 



CAS 340 

ps. On à prétendu que quelques 
poésies licencieuses quil avait faites 
dans sa jeunesse en furent la cause, 
et l'on donna même k cette omission 
des causes plus graves ; mais le cha- 
noine Gasotti, dans la vie de ce pré- 
lat, l'attribue uniquement à la politi- 
que du pape, qui , dans cette nomi* 
nation, ne voulut avoir égard à au- 
cune recommandation particolière ni 
k aucune raison de faveur. Il en 
écarta son propre neveu et plusieurs 
sujets recommandés par différentes 
cours. Le Casa l'était par celle de 
France, et, connaissant les motifs qui 
avaient dirigé le pape , il ne montra 
aucun déplaisir. lient d'ailleurs l'es* 
pérance la mieux fondée d'être nom* 
mé à la promotion suivante; mais il 
mourut d'une goutte remontée avant 
que cette promotion eât lieu. On a va- 
rié sur la date de sa mort ; Tauleur ci- 
té ci-dessus la fixe, avec beaucoup de 
vraisemblance , an i4 nov. 1 556 ( i ). 
Celui des ouvrages en prose qui a fait 
le plus de réputation au Casa est son 
traité intitulé : Galateo , wvero de* 
cosUimi^ Florence, i56o, in-8\, 
très souvent réimprimé, et traduit en 
diverses langues ( Fqy. les Mémoires 
de Nicéron ); le traité, moins étendu, 
intitulé : DegU Uffizj communi tra 
gli amici supertori e inferiori en est 
comme le supplément. Ce dernier est 
la traduction italienne Êiite par Casa 
lui-même de son traite latin De 
officiis inier poténtiores et tenuio' 
res amicos, 11 a aussi laissé quel- 
ques harangues prononcées ou écrites 
dans des occasions importantes, et 
un recueil de lettres. Ses ouvrages 
latins sont le traité que l'on vient 

(1) Contre IWinioii d*UgbeUi qniU place vers 
la fin de tSSg. Caiotti cite à Pappui de la aiénne 
nne copie jittthentimie du teitament, délivrée le 
91) mai i5$7 , etréailion de set poésies italiennes 
donnée en i558 par Erasme Gemini , qui parle , 
.dans son avertissement ^ dcHa Twerila mcmoria 
dit sao pufbronc. 



aSo CAS. 

de citrr , les Vies du Bembo et de 
Gaspard Con tarin i , des épîlres , 
des troduetious de Plaioti et d« 
Jbucydide , el quelques poésies (carw 
mina) , rëiin})riinèes plusieurs fois 
à Florence^ à Venise, etc. Le goût 
excessif de Fauteur pour réic^ance 
latine a fait dire, à Balzac ( lettre as j 
livre V) que ce prélat ne pouvait se 
résuiidre à prier Dieu en latin, parce 
que le langage des prières lui parais* 
sait trop barbare ; mais un prélat de 
l'église romaine qui n'aurait dit ni son 
office, ni «on bréviaire, ni sa messe 
en latin , est une de ces exagérations 
que Ion peut pardonner à Balzac 
sans y croire. Ses Rime , ou Poé^ 
sies lyriques italiennes , sont com- 
parées, pour l'élégance et la pure- 
té du style, à celics du Bembo, et 
contribuèrent de même en Italie. au 
rétablissemem du bon goût. La pre-> 
inière édition parut deux ans après 
sa mort, Venise, i558, in-8\ Mé- 
nage a fait sur ces poésies un com- 
meiitaire italien estimé, qui lut im- 
primé à Paris en 1667, '""S*. D'au- 
tres commentateurs italiens ('avaient 
précédé, et d'autres encore l'ont sui- 
vi. Ce Canzoniere en a eu presque 
autant que celui de Pétrarque. Les 
éditions les plus estimées de toutes les 
ceuvres du Casa sont celles de Flo- 
rence, 1707 , 5 vol. in-4". 5 Venise, 
1 738 et 1 729 , 5 vol. in -4°« , «t ibid. , 
1 752 , 3 vol. in-4"i Cette dernière 
est la plus complète : on y. trouve qua- 
ranie-trcMS lettres jusqu'alors inédites , 
et un discours politique, aussi inédit, 
«dressé au cai^inal Carafia. Les ou- 
vrages y sont rangés dans un meilleur, 
ordre que dans les précédentes. Le 
premier volume contient les poésies 
Italiennes, ou Rime; le deuxième, tou- 
tes les lettres; le troisième, les ouvra- 
ges latins , en vers et en prose. En 
Ictc du premier sont deux lettres de 



CAS 

fabbé Casotti, contenant des recber». 
ches précieuses sur la vie et les ouvra«> 
ges de l'auteur, et déjà imprimées dans 
l'édition de Florence, 1707 ( Foy^ 
Casotti ). Les Rime qui viennent en* 
suite sont accompagnées de notes 
rédigées par l'abbé Forcellini, tirées 
des longs commentaires de Quattro- 
mani, de Severino, de Caloprese^ 
de Ménage , de Salvini , et réduites à 
ce qui est utile pour l'intelligence des 
beautés poétiques et des finesses de la 
langue toscane. A l'égard de quelques 
pièces licencieuses , telles que ce trop 
célèbre Capilolo del Fomo, et celui 
de* Racciy et un troisième Sopra ii 
nome di Giovanni , composées dans 
sa jeunesse , et lorsqu'il n'avait point 
encore pris d'état, elles ont été rejetées 
des éditions générales de ses œuvres ; 
mais on les trouve dans les recueils 
facétieux et satiriques du Berni, du 
Mauro, etc. Op ne peut, dans ua 
ouvrage de la nature de celui-ci; ni 
s'étendre sur ces pièces , ni défendre 
l'auteur contre les accusations odieuses 
auxquelles elles ont donné lieu , ni ci- 
ter même le titre d'un poème latin que 
des auteurs protestants lui ont &usse« 
ment attribué y sans violer soi - même 
les lois de la décence qu'on lui reproche 
d'avoir blessées. G— É* 

CASA BIANC\ (Louis), né en 
Corse, d'une famille distinguée, entra 
dès sa jeunesse au service dans la 
marine , et s'y distingua par sa bra- 
voure. Nommé député par son dé- 
partement à la convention nationale, 
il y vota la détention indéfinie de 
Louis XVI , et, du reste, se fit peu te* 
marquer. Après la session il entra dans 
le^ conseil des cinq -cents, où il ap- 
puya en différentes circonstances les 
mesures proposées par le directoire 
pour l'organisation de la marine. Sa 
mission étant finie , il rentira au ser- 
vice ^ et fit partie de l'expédition d'& 



CAS 

gyptc GOtnme capitaine du vaisseau 
VOrieni, Il se trouva en cette qualité' 
à la bataille d'Aboukir, et y périt 
avec son Gis , jeune homme de beau- 
coup d'espérance. Z. 

CASABONA (Joseph), botaniste, 
ne en Flandre vers le conmicncement 
du i6". siècle, mort a Florence en 
iSqS, dans un âge très avance, est 
aussi appelé quelquefois Benincasa, 
11 eut le titre de botaniste du grand- 
duc de Toscane, François de Médicis> 
et fut g^rde du jardin de botanique 
de Florence , qui avait été établi par 
Laurent Ghini , en i544>Casaboua 
avait £iit un voyage dans l'île de Crète^ 
ou il avait observé et recueilli beau- 
coup de plantes. Il se proposait de 
publier ses observations; mais la mort 
l'en empêcha. Le manuscrit et ses des-: 
sins ont été' conservés , et ils existaient 
encore au milieu du siècle dernier , 
entre les mains de Targioni-Tozzetti , 
savant botaniste, qui a donné quelques 
notices historiques sur les naturalistes 
toscans, dans sa Corographia éU Tos* 
caruif et dans la belle préÊice qu'il a 
mise à Vffortus plantarum Florent 
tirUy deMicheli, Florence, 1 748,in-4"- 
Gasaboua fit connaître une belle espèce 
du genre des chardons. Pour la dési- 
gner brièvement, quelques auteurs lui 
donnèrent pour épithète le nom du bo- 
taniste. Linné Ta adoptée poiu* nom 
spécifique, et la plante est univcrsel- 
lemeot appelée aujourd'hui carduus 
CasaboruB, D— P — s. 

CASAL (GASPJkRD ), Portugais, né 
à Ticiria , suivant André Resend , entra 
dan^ l'ordre des ermites de S. Au- 
gustin , fut premier professeur de 
théologie à Go'imbre , vers 1 54a , con- 
seiller et confesseur du roi Jean III , 
dont il avait été le précepteur. Il as-> 
sista à deux sessions du concile de 
Trente, fut nommé évéque, prési- 
da un synode à Lisbonne , et mou- 



CAS 



aSi 



rut à Go'imbre en 1677 , ou P^^^^ ^" 
iS'j^j suivant le Chronicon j^uguS" 
tinianum. Casai écrivit sur les Tapi-- 
ques d'Aristote , et composa plusieurs 
autres ouvragés, dont les principaux 
sont : I. De jusiijicatione humarH 
generiSy Venise, i563 et 159c); IL 
Axiomata christiana « Coïmbre » 
i55o; Venise, 1 563, et Lyon, iSgS, 
in-4^; 111. Decœndy etc., Venise, 
1 565 , in - 4"*. ; IV. De usu calicis, 
de sacrificio Missœ , etc* , Venise , 
i563, et Anvers, i566, in-4°«)etc. 
— G&SAL (Gaspard), médecin espa- 
gnol, né à Oviedo en 1691 , mort à 
Madrid en 1759, a composé un cui- 
vrage intitulé : Historia natural y 
mediea de él principado de AsiU" 
riiis, Madrid, 176a, in-4''* Ge traité 
ne parut qu'après la mort de l'auteur^ 
par les soins de J.-J. Garcia ; il a plus 
de rapport à la médecine qu'à l'his* 
toire naturelle pr<^rement dite de 
cette contrée, V— vb* • 

GASALANZIO (Joseph de), fonda- 
teuif des écoles Pies, né en i556, à Pé- 
ralta dans i'Arragon, d'une famille no- 
ble, embrassa l'état ecclésiasliq ue, fit un 
voyage à Borne, euti:a dans Ja confré- 
rie de la Doctrine chrétienne, et for- 
ma ensuite une espèce d'institut pour 
instruire les enbuts des devoirs de la 
religion» Paul V Térigea en congréga* 
tion en 1617, sous le titre de Con* 
grégaUoH Pauline. Ge fut en i6*ii 
que Grégoire XV donna aux ecclé- 
siastiques qui faisaient partie de cette 
congrégation le nom de cler4is r^u^ 
îiers des écoles PieSé Ils eurent bien- 
tôt un grand nombre de collèges en 
Espagne, en Itahe^ en Allemagne ^ 
en Hongrie et eu Polc^ne. En ripnon- 
çant au monde pour se vouer à ses 
laborieuses fonctions , GaSalanzid avait 
pris le nom de Frère Joseph de la 
mère de Dieu, Ge pieux fondateur 
mourut à Rome, le 25 août 1648 ^ k 



l52 



CAS 



quatre-vingt-douze ans; et fut cano* 
nisé par dément XMI, en 1757. Sa 
▼iaa e'të écrite par le P. Âlexis> Rome^ 
i695,in-8°. B— p. 

C4SALI ( Ubeatiit de ), frère mi- 
neur dans le 14*. siècle, est auteur 
d'un livre aussi rare que singulier, in- 
titule' : Arhor vitce crucifixœ Jesu , 
> Venise, i485,in-fol. On lit à la fin 
du prologue, que Gasali termina cet 
ouvrage dans l'année 1 3o5. Quelques 
écrivains ont pensé que ^Arborvitm 
avait £adt naître l'idée du Êimeox Zî- 
ber conformitatum vitas S. Francisd 
aà vitam J. C,{ Fojr. Albikzi ). L'un 
et l'autre ouvrages contiennent en efiet 
un sommaire de la vie de J.-G. , et ont 
pour but principal de relever la splen- 
ideur de Tordre de St.-François. Gasali 
cherche même à persuader que J.-G. en 
fut le premier instituteur. Son dnquiè* 
me chapitre est intitulé : Jésus nor^ 
mam eonstituens; le troisième a pour 
iitrei Jésus Franciscum generans* Il 
j a bien autant de séraphiques rêveries 
dans le livre de Casaii que dans celui 
d' Albizzi ; mais on y trouvé moins d'im- 
piétés. Gasali est encore auteur d'un 
traité De septem ecdesiœ siatibus , 
Venise, 1 5 1 6, in-fol. G'est une espèce 
de commentaire sur V Apocalypse ^ 
comme YOnus eccleskB, de septem eC' 
èlesias statibuSy que la conformité du 
titre et du sujet a fait aussi attribuer à 
Gasali, mab que plusieurs bibliogra- 
phes présument avoir été composé par 
Jean , évêque de Ghiemsée. Gasali avait 
embrassé le parti des spirituels contre 
les frères de communauté, dans la dis- 
pute sur la pauvreté. Ge qu'il écrivit , 
en 1 3a I, sur ce sujet , a ^té recueilli 
par Baluze, dans ses Miscellanea. 

V^VE. 

GASALI ( Baptiste ) • né à Bo- 
rne, ûorissail au commencement du 
'i6\ siède. Il se distingua comme ora- 
teur et comme poète, et fut intime ami 



CAS 

du Bembo. Le pape et le roi d'Angle- 
terre, Henri VIII, l'employèrent dans 
plusieurs négociations importantes. 
Après avoir passé la plus grande partie 
de sa vie à voyager, il retourna à 
Bome, où il termina ses jours. On le cite 
comme un des meilleurs poètes latins 
de son siècle. -» Son frère , Gr^oire 
Gasali, cultiva également les lettres, 
et fut employé dans diverses ambas- 
sades. Ayant suivi son frère en Angle- 
terre , il fut créé chevalier par Henri 
"VIII. An sac de Rome, en 1527, s'é- 
tant retiré avec le pape dans le château 
St.-Ange, il eut la liberté d'en sortir, 
comme ambassadeur d'Angleterre. Il 
retourna da ns cette île ; mais les choses 
y ayant changé de face,il fut obligé d'en 
sortir , revint en France , et ensuite 
dans sa" patrie, où il mourut dans un 
âge avancé. B. G. 

GASALI ( Jean-Baptiste) , savant 
antiquaire ïomain , se distingua dans 
le 1 7*. siècle par des ouvrages en- 
core recherchés : I. De profanis et 
sacris veterum ritibus, Rome, 164 4 
et 1645, 1 vol. in-4''- fig« ; réimprimé 
k Francfort en 1681. II. De vèteri- 
bus sacris cJuisUanorum ritibus ex- 
planatiOy Lomé, 1647, in-fol. fîg. 
III. De ritibus veterum JEgyptio- 
ruuHy Bome^ i6449i'^*4^« ; Francfort, 
1681, in- 4*** 9 traité curieux, mais 
trop superficiel. IV. De urbis ac ro- 
mord oîim imperii splendore , Bome, 
î65o, in-fol. G'est le plus estimé des 
ouvrages de Gasali. On trouve cinq de 
ses dissertations dans les Antiquités 
de Gronovius: I^ De têtu nuptiarum 
veterum ( tom. VIII ) ; 2". De ira- 
gœdid et comœdid ( ibid.) ; S"*. De 
tricUrdis , cotwims , kospitalitate^ et 
tessicris veterum ( tom. IX ) ; 4**- De 
thermis et bidneis veterum {'ûnà.)} 
5*". De insignibus, ofmulis etJibuÙs 
(ibid.). V— TE. 

GASANATE(j£ROM£),néâiNapks 



\ 



CAS 

le 1 3 juin f 620 , suivit d'abord le bar- 
reau. Étant allé à Rome, le cardinal 
J. B. Pamphili l'engagea à entrer dans 
Tétat ecclésiastique. Pamplûli, devenu 
pape sous le nom ^Innocent X^ créa 
Gasanate l'un de le^ cameriers, et lui 
donna le gouvernement de quelques 
TÎIles. Étant à Camcrino , il se lia d'a- 
mitié avec Altieri, évêque de cette 
ville. Alexandre VII envoya Gasanate 
a Malte, en t658, en qualité d'in- 
quisiteur, et remploya ensuite dans 
diverses congrégations , ou assem- 
blées ecclésiastiques, Altieri , devenu 
pape en 1670, sous le nom de Clé^ 
ment JT, le créa cardinal en 16^5, 
et lui confia plusieurs affaires; Inno- 
cent XI ( le nomma, en lôgS, biblio- 
thécaire du Vatican. Gasanate avait 
amassé une nombreuse et belle bi- 
bliothèque; il était en correspondance 
avec plusieurs savants et gens de let- 
tres, et les encouragea toujours dans 
leurs travaux. G'est à sa sollicitation 
que l'abbé Zacagni ( Voy, Zagagni), 
publia son volume de Collectanea^ 
Rome, 1698, iu-4°*7 qui aurait été 
suivi de plusieurs autres, si Gasanate 
n'était mort le 3 mars 1700. Ge car- 
dinal l^ua sa bibliothèque au couvent 
de la Minerve , de l'ordre de Saint- 
Dominique , à condition qu'elle serait 
publique; il ajouta à ce legs le fonds 
d'un revenu de 4)000 écus romains, 
tant pour Faugmentation annuelle de 
cette bibliothèque , que pour l'entre- 
tien de deux bibliothécaires , de deux 
frères convers pour le service, de deux 
lecteurs pour enseigner la doctrine de 
S. Thomas, et de six théologiens du 
même ordre, mais de différentes na- 
tions, pour entretenir la saine doctrine. 
Cette bibliothèque porte depuis long- 
temps le nom de Gasanate. Audiffredi 
en avait fait le catalogue ( voy. Au- 
diffredi ). A. B— T. 
G A S ANO VA ( Maac-Antomîe ), 



CAS 



253 



poète latin du I6^ siècle, né à Rome, 
mais originaire de Gomo. Il était atta- 
ché à la famille Golonne> et, dans les 
différents qui s'élevèrent entre cette 
maison et le pape Glément VII, il 
lança contre ce pontife des épigram- 
mes très mordantes. Il fut arrêté et 
condamné à mort. Glément VII lui fit 
grâce; mais il tomba dans une ex- 
trême pauvreté , fut réduit , si l'on ea 
croit Valcfrianus , à mendier son 
pain , et mourut enfin de misère et de 
la peste, qui acheva de désoler Rome, 
après qu'elle eut été saccagéç, ea 
15^7 , par l'armée du connétable de 
Bourbon. Ayant fait quelques an- 
nées auparavant un voyage à Gomo, 
pour voir sa famille , il avait été 
reçu à Milan avec beaucoup de dis- 
tinction par tous les amis des lettres. 
Paul Jove loue la pureté de ses moeurs 
et l'amabilité de son caractère. Son 
principal talent était cependant celui 
de l'épigrammé. Gatulle et Martial 
étaient %t% modèles. Il réussit peu à 
imiter l'élégance et la délicatesse du 
premier; et, s'il imita mieux quelque 
chose du second , ce furent plutôt ses 
défauts que ce qu'il y a de fin et de pi- 
quant dans ses pensées et dans sou 
style. Les poésies de Gasanova sont 
éparses dans divers recueils , et sur- 
tout dans les Deliciee poëtarum Ita^ 
lorum. G— É. 

GASANOVA (François), né à Lonr 
dres en 1 73o , d'uue famille italienne. 
Ses parents étant retournés d'Angle- 
terre à Venise, Pélevèrent, ainsi qu^ 
ses frères, dans Fétude des langues 
anciennes et Qiodemes. Il profita d^ 
cette éducation d'une manière éton- 
nante, quoiqu'il entreprît dès-lors de 
travailler à devenir peintre. A Fâge de 
vingt-cinq ans, Gasanova vint à Paris 
avec un de ses frères qui s'occupait de 
belles •lettres. Gelui-ci apporta quel- 
ques pièces de poésies fugitives que les 



îi54 CAS 

Italiens aiment beaucoup; l'autre vint 
avec deux oïl trois petits tableaux de 
batailles. Des amis ks présentèrent à 
Cb. Parrocel, grand dessinateur, et qui, 
dans ce genre, dessinait les chevaux 
du pi us grand caractère, ayant fait des 
ëtudes profondes sur cet animal, si 
beau et si difficile à bieu rendre eu 
peinture. Il ne fut pas content du ta- 
lent du jeune Gasaùova; cepeudant, il 
lui dit ces mots remarquables : « Vous 
9 paraissez sentir le coloris; suivez vo- 
• % tre inclination ; mais ne négligez pas 
9 le dessin; car , s'il ne suffit pas pour 
9 la perfection dans Fart de peindre, 
» il en est la base fondamentale. » 
Casanova se promit bien de suivre cet 
avis ; mais eu dessinant d'après van 
der Meulen et Parrocel lui-même , il 
s'/ittacha encore plus au coloris et aux 
effets de la lumière, si difficiles à bien 
rendre dans les tableaux composas 
d'une multitude de figures. Il alla 
prendre auprès de Diëtrici , peintre 
babile. à Dresde , les moyens de sé- 
duire et de plaire , qu'il puisa aussi 
dans les talents enchanteurs de l'école 
hollaudais'c. Par cette marche et un 
travail opiniâtre , il se mit en état de 
se présenter à facadémie royale de 
pmture, et y fut reçu comme peintre 
de batailles. Son tableau montrait une 
exécution vive et hardie ; de la con- 
naissance des effets de la lumière du' 
ciel, un grand goût de composition ^ 
de lai-ges niasses; enfin, des mouve- 
ments ingénieux dans les hommes et 
dans les chevaux. Cet ouvrage /exposé 
au salon, lui attira de tous côtés des de- 
mandes de tableaux de batailles. 11 en 
fît aussi beaucoup dans le genre de 
van de Yeld , modèle si excellent pour 
peindre les animaux. Il les vendait 
fort cher. Les plus remarquables, et 
peut-être les derniers qu'il ait faits en 
Francd, sont ceux qui, demandés par 
le piittcti de Coudé poun^on nouveaix 



CAS 

palais , ' représentaient des sujets de 
batailles gagnées par le héros de ce 
nom. On ne peut guère pousser plus 
loin la chaleur du coloris et de l'exé^ 
cutiou que dans ces deux tableaux. Au 
milieu de ses plus grands succès , Ca- 
saùova, dépensant toujours l'argent 
sans mesure et accablé de dettes , fut 
obligé et fort heureux d'accepter la 
demande qui lui fut £iite par l'impéra-» 
trice de Russie , Catherine II , de pein- 
dre pour son palais , ses conquêtes sur 
les Turks. Il alla exécuter cette belle 
entreprise à Vienne en Autriche^ ou 
il fut très bien accueilli. D'un caractère 
fier et élevé, il recherchait la compa- 
gnie des personnes de haut rang , à 
qui sa conversation paraissait fort pi- 
quante. Il était un jour à la table du 
prince de Kaunilz, ministre de l'em- 
pereur, 011 l'on parlait de Rubens et 
de ses talents comme grand peintre et 
comme diplomate. Un des convives 
dit : a Rubens était donc un amhassa- 
» deurqui s'amusait delà peinture.— 
» Votre Excellence se trompe, répartit 
» Casanova , c'était un peintre qui s'a- 
» musait à être ambassadeur, n Tou- 
jours fort occupé^ il faisait un tableau 
qui dev.ût représenter l'inauguration 
des Invalides par Louis XIV, lorsqull 
fut attaqué de la maladie dont il est 
mort , à Binihl , près de Vienne , en 
mars i8o5. Plusieurs de ses ouvrages 
ont été fort bieu gravés , et il est sorti 
de son école des artistes distingués. 

R— N. 

CASAREGI ( Jean-Barthelemi ), 
poète italien , naquit à Gênes en 
1 676. Son père était avocat , et il eut 
un frère, Joseph-Laurent- Marie Casa- 
regi, qui prit l'état de leur père, et fut 
un habile jurisconsulte. On doit à ce 
frère quatre ouvragées estimés : Viseur' 
stisjegales de commercio ; il Cani' 
bistaistriiiio; le Spiegazioni sul con" 
solalo di marc, tvElucuhrationes ei 



CAS 

resolutiones ad statuta Januûs de 
decretis ac successiordbus ab intes- 
tato, Jean Bartlielemi se livra dès sa 
première jeunesse à Tëtude des bellos- 
lettres. Il alla à Rome à Tâ^^e de vingt- 
trois ans , s'y fit bientôt connaître par 
des poésies e'iegantes , et fiit reçu de 
l'académie arcadienne. On ignore s'il 
se fît d'autres occupations et s'il eut 
un autre état. On joint à son nom le 
titre d'abbé, qui prouve qu'il portait 
l'habit ecclésiastique, et celui de comte, 
soit qu'il ait été fait comte de l'empTré 
romain, soit qu'il eut quelque bénéfice 
auquel ce titre fut attaché. Il fit en 
1716 un voyage à Sienne , et y resta 
jusqu'au mois de septenlibre de l'année 
suivante. Il vint aussi à Paris, sans 
que Ton sache positivement à quelle 
époque, ni s'il y fit un long séjour. 
De Sienne , il se rendit à Florence , et 
ii parait qu'il s'y fixa. Il fut reçu de 
racadémie florentine et dé celle de ta 
Grusca. Il publia en i '740 sa traduc- 
tion italienne en vers libres ( sciolii ) , 
du poëme de Ss^nnazar De partu vir- 
ginis ; en 1 74 1 , ses Sonetti e Canzoni, 
ou poésies lyriques, et eu i75i , les 
Proyerhes de Salomony traduits com- 
me le poème de Sannazar : ils ont été 
réimprimés à Verceii en 1774* C'é- 
tait un homme de bonnes mœurs, d'un 
caractère doux et d'un commerce agréa- 
Ue ; il eut pour amis le savant et in- 
génieux Manfredi, les deux Zanotti, 
Grescimbeni, Guidi, Zappi, et plu- 
sieurs autres littérateurs et poètes célè- 
bres. Il mourut à Florence, le 23 
mars 1755. G— »•£. 

GÂSAS ( BARTHlÉtEMI DE LAS ) > 

évéque de Chiapa dans le Mexique , 
naquit d'une fsimille noUe à Séville , 
en 1474* ^^ passa à Saint-Domin- 
gue à rage de dix-neuf ans avec son 
père y Antoine de Las Casas , qui avait 
accompagné Christophe Colomb lors 
de son premier voyage au Nouveau* 



CAS 



255 



Monde. Revenu en Espagne , il em« 
brassa l'état ecclésiastique , et entra 
depuis dans l'ordre des dominicains , 
afin de se faire employer comme mis- 
sionnaire pour la conversion des In- 
diens. 11 résidait en i555 au monas- 
tère de St.-Dominique, dans l'île àt 
St.-Domingue. Il y passait son temps 
à prêcher l'évangile aux Indiens et 
aux nègres , et l'humanité à leurs op- 
presseurs. Le plus fidèle historien de 
cette époque, Oviedo Valdès, officier 
espagnol , qui passa presque toute sa 
vie dans le Nouveau -Monde, nous 
apprend , liv. V,chap. 4, que, dès l'an 
1 5 19, il y eut une insurrection d'In- 
diens , causée par un outrage fait par 
un officier espagnol à la femme du ca- 
cique don Henri , qui avait embrassé 
le chrislianisikie. Ce cacique ayant en 
vain demandé justice, se retira avec 
les siens dans les montagnes de Beo- 
ruko , d'où ii fit , pendant près de qua- 
torze ans , la guerre aux Espagnols. La 
paix fut rétablie en 1 555 , et fut prin- 
cipalement l'ouvrage du missionnaire 
Las Casas. Oviédo, tout conquista- 
dor qu'il était, finit le chap. la de 
son livre en rendant justice aux vertus 
et au zèle de Las Casas. Il raconte 
comment ce digne missionnaire s'en- 
fonça dans les forêts et les montagnes 
pour réconcilier le cacique Henri et 
les Indiens avec le nom espagnol ; 
comment il cimenta entre eux une 
paix qui malheureusement ne fut pas 
de longue durée , et qui fut suivie de 
l'extermination de presque tous les 
indigènes. Avant d'entrer daus l'ordre 
de St.-Dominique, Las Casas avait 
présenté k Charles - Quint plusieurs 
mémoires en faveur des Indiens. Les 
efforts qu'il avait faiits pour adoucir 
leur destinée avant été inutiles , il se 
proposa de fonder une colonie sur des 
principes bien différents de ceux que 
suivaient alors ses compatriotest^l ob- 



256 



CAS 



tînt de Pcmpereur d'être enroyé à Cu- 
mana en qualité de gouverneur, Arnyé 
à Porto-Ricco^en 1619, avec trois 
cents laboureurs castillans ^ il se rendit 
h Gumana pour y établir ses colons. 
Persuadé que ses compatriotes de- 
vaient être en horreur aux indigènes , 
il avait imaginé de distinguer ses co- 
lons par nn habit prticulier, orné 
d'une croix blanche ^ afin qu'ils ne 
pussent être confondus avec les autres 
Espagnols. Conquérir l'affection des 
naturels en se conformant à l'esprit 
bienveillant de l'Évangile , en respec- 
tant leur liberté et leurs propriétés, tel 
était le plan de Las Casas et des hom* 
mes de bien qui l'accompagnaient. 
Malheureusement , quelque temps 
avant son arrivée à Cumana, des pi- 
rates espagnols y qui prenaient le nom 
de conquistadores y avaient £ût des 
descentes sur la côte de la Trinidad , 
de Venezuela et de Cumana , d'où ils 
avaient enlevé des Indiens y tandis 
qu'ils trafiquaient avec eux et leur 
donnaient des festins. Les Indiens s'é- 
taient vengés en exterminant les Es- 
pagnols dont ils.. avaient pu se saisir. 
Lorsque Las Casas fut arrivé à Cumana 
avec les siens, Gonzalo Ocampo, qui 
y avait été envoyé par le gouverneur 
de St.-Domingne en qualité de com- 
mandant , refusa de reconnaître son 
autorité. Las Casas, après avoir logé 
ceux qu'il conduisait avec lui dans un 
fort entouré de palissades, se ren- 
dit à St.-Domingue, afin de faire con- 
naître au gouverneur-général des Indes 
la rébellion d'Ocampo. Ce chef venait 
de soulever les indigènes par ses exac- 
tions et ses cruautés , et comme ils ne 
pouvaientcroire qu'il y eût des gens de 
bien parmi les Espagnols , ils tombè- 
rent sur les colons de Las Casas, com- 
me sur (es satellites d'Ocampo, et mas- 
Mcrèrent tous ceux qui ne purent se 
sauver dans la petite ile 4e Cubagiia. Las 



CAS 

Casas ne se rebuta pas r on le vit cott" 
tinuellement allantd'Amérique en Es- 
pagne, et revenant d'Espagne en Amé- 
rique, pour plaider la cause de ces mal- 
heureux. Tant de zèle et de vertus ir- 
ritèrent contre lui leurs oppresseurs. 
On vit un autre ecclésiastique , Sépul- 
véda, chanoine de Salamanque , théo- 
logien et historiographe de Charlrs- 
Quint , composer un ouvrage intitulé : 
Démocrates secondas y seu dejustis 
beUi causis ; an Uceat bello Indos 
prosequiy auferendo abeis dominia 
possessionesque et bona temporaliay 
et occidendo eos , siresistentiam op' 
posuerint , ut sic spoliati et subjectiy 
faciliàsper prœdicatores suadeatùr 
iisjides. Charles-Quint défendit l'im- 
pression de ce mémoire; mais il fut im- 
primé h. Rome , et les moines le firent 
circuler eu Espagne, au mépiis de l'au- 
torité souveraine. Las Casas , devenu 
évêque de Chiapa , réfuta cet abomi- 
nable libelle , par un écrit qni porte 
l'empreinte de son caractère; il est in- 
titulé : Bremsima relacion de la 
destruccion de las IndiaSy in-4''. , 
Séville, i552. Sépulvéda ne se tint 
pas pour battu ; il demanda une con- 
férence publique avec Las Casas , 
et il continua de soutenir, dans ses 
discours et dans ^es écrits, que, d'a- 
près le droit politique , Charles-Quint 
pouvait forcer les Indiens à le recon- 
naître pour leur souverain , et que , 
d'après les lois de l'Église , c'était un 
devoir d'exterminer quiconque refu- 
sait d'embrasser la religion chrétienne. 
Charles-Quint nomma Dominique So- 
to , son confesseur, pour examiner ce 
grand procès ; mais ce monarque , ac- 
cablé d'affaires, ne prononça jamais 
sur celle-ci. On continua de Êiire la 
chasse aux Indiens, de les exterminer 
ou de les entasser dans les mines. Oa 
prétend qu'il en périt quinze million» 
daus moins de dix ans. Le dévouement 



CAS 

de Las Casas h la cause des Indiens a 
donne' lieu , d'après le témoignage de 
Herréra, à une accusation bien reuiar- 
cfuablc f c'est d'avoir lui - même con- 
seille aux Espagnols la traite des nè- 
gres, aûn de les substituer aux In- 
diens dans les travaux des Colonies. M. 
Grégoire a fait un Mémoire , intitulé : 
j^poîogie de B. de Las Casas , etc. , 
inséré dans le quatrième tome des 
Mémoires de la classe des sciences 
morales et politiques de V Institut. 
Il y réfute celte imputation calom- 
nieuse. Nous ayons consulté , comme 
luiy tous les écrivains espagnols et por- 
tugais de cette époque, ainsi que les an- 
glais qui ont écrit sur le comtncrcè, él* 
il resuite de cet examen, i*. que fous 
les historiens qui ont accasé l'évéque 
de Ghiapa de cette barbare inconsié- 
quence , Raynal , Pauw , etc. , et mèm^ 
Robertson, ont tons écrit sur la foi de 
Herréra, historien élégant, mais par- 
tial , ou sur celle du père Charlevoix , 
qui , lorsqu'il parle des colonies espa- 
gnoles ^ ne feit que traduire Herréra 
sans le citer ^ 2^. que les Espagnols 
achetaient des esclaves nègres des Por- 
tugais , long-temps avant la découver- 
te du Nouveau - Monde , et qu'ils en 
amenèrent avec eux dès le commence- 
ment de leur établissctnent à Saint- 
Domingue. Il existe de Las Casas ^ 
dans la bibliothèque de Mexico, trois 
volumes manuscrits in-fôlio, dont il 
j a une copie dans la bibliothèque 
de Facadémie de Madrid ; ce sont 
ses mémoires , ses lettres ofGcielles 
et famitières, et ses autres ouvrages 
politiques et théologiques. Loin de 
trouYer , dans tous ses écrits , un 
mot d'où l'on puisse conclure qu'il ait 
conseillé de substituer l'esclavage des 
noirs à celui des Indiens , on y voit, 
au contraire , dans trois ou quatre en- 
droits où il a occasion de parler des 
esdaYcs nègres y qu'il compatit à leurs 

"VU. 



CAS Î257 

maux. Las Casas fut un théologien , 
un publiciste et un historien distin- 
gué. On a accusé d'exagération le récit 
qu'il a fait des crimes et des meurtres 
commis par les conquérants du Nou- 
veau-Monde. Clavigcro , cependant, 
ne peut s'empêcher de retracer, dans 
toute son histoire, les cruautés et 
les injustices de Corlès , d'Alvarédo 
et des autres chefs espagnols. Il re- 
présente le Mexique, Ttascala et Ie$ 
autres états voisins, comme très po- 

Îtuleux au temps de la conquête. 
1 est d'accord, sur ce point, avec 
Côrtcs. Las Casas , après avoir passé 
chiquante ans dans le Nouveau -Mon- 
de, et traversé douze fois l'Océan pour 
aller plaider en Espagne la cause des 
Indiens , se démit de son évéché , et 
revint en i55i dans sa patrie, où, 
après s'être immoilahsé par son ac- 
tive bienfaisance et la pratique de tou- 
tes les vertus , il mourut à Madrid eu 
1 566; Remésal , Echard et Quétif di- 
sent que B. de Las Casas était d'une 
famille noble et distinguée de France, 
dont les ancêtres étaient venus s'éta- 
blir dans les Espagnes vers le temps 
de S. Ferdinand. Cette circonstance se 
trouve confirmée et développée dans 
les détails d'une vieille chronique au 
pouvoir de cette maison , qui subsiste 
encore aujourd'hui sous le nom de Las 
Cases. Les ouvrages de 13. de Las Ca« 
sas , sont : I. Brevissima relacion de 
la destruccion de las Indias; elle a 
été traduite en latin , sous ce titre : 
Narratio regionum indicarum per 
hispanos quosdam devastatarum , 
etc. , Francfort, 1 5(>8 , in- 4'*' > avec 
fig. , de J.-Th. de Bry ; et, en français, 
par Jacques de Miggrode , Tyrannies 
et cruautés des Espagnols j, Anvers, 
J679, in-4°. ; une autre traduction 
parut en 1698 ( ^q/ez J. B. M: de 
Bellegarde ) , mais elle est infidèle , 
et le traducteur Ta augmentée à sa 

17 



/ 



d58 



CAS 



manière. Les Hollaodais ont souvent 
réimprimé ces traductions , pour 
animer les Flamands contre les Es- 
pagnols. IL Prmcipia quœdam ex 
quitus procedendum est in dispu- 
tatione^ ad manifestandam et de^ 
fendendam justiHam Indorum ; III. 
Vlrùm reges et principes , jure aU- 
quo vel titulo et salvâ conscieniid, 
cipes ac subditos à regid corond 
Menare et alterius domnii parti" 
cularis dilioni subjicere possint ? 
Francfort, 1671 , in-4'*., rare, ayant 
éxé supprimé; IV. des opuscules de 
théologie et de morale. L'édition ori- 
ginale de las Ohras de Z>. Barth, 
de Las Casas y Séyille , 1 55^, 5 part. 
în-4'**9 est rare et recherchée en carac- 
tères gothiques ; il y en a une contre- 
façon en lettres rondes. Sa vie a été 
écrite en italien par Michel Pio , bolo- 
nais, 1618, in-4°. L'auteur de cet 
article a( aussi donné une notice sur 
Barihelemi de Las Casas , à la fin du 
tom. II de son Foyage à la Trini- 
dad et en Fene'zuéla , Paris , iBia. 

D- — N L— E. 
CASAS (Pons de Las Cases, ou Las), 
seigneur de Belvèze , en Languedoc , 
d'une origine commune avec le pré- 
cédent , fut un des ornements de la 
cheyalerie sous le règne de Fran- 
çois P'. a On l'appelait, dit une vieille 
» chronique, le vrai ches^aliery \ajleur 
» de noble famille. Il eut la glorieuse 
» part des belles et des mauvaises ba- 
» tailles d'Italie, fut blessé trois fois , 
» et eut en sa vie , à la façon du temps, 
» trois combats singuliers , dont il 
V sortit vainqueur, et le dernier avec 
» pleines dépouilles d'un capitaine na- 
» politain. o Ce modèle des vertus che- 
valeresques mourut en i58i , à l'âge 
de quatre-vingt-six ans. D — N L — k. 
CASAS (Christophe de las ) , né à 
Séville, mourut en iSiG, pour avoir 
pris mal à propos une dose d« manne. 



CAS 

On a de lui : I. Vocabulaire des deux 
langues , italienne 'et espagnole , 
Venise, 1 5^6, in-8°., réimprimé dan» 
la même ville , en 1 594 , par les soins 
de Camillo Camilli , qui y avait fait 
beaucoup d'additions. Gaspar Sciop- 
pius met ce dictionnaire au rang des 
derniers livres ; N. Antonio le croit au 
contraire utile aux Italiens et aux £spa* 
gnols : il a tout au moins cessé de l'être. 
IL Une traduction espagnole de Solin , 
Séville, 1 673, in-4**« — Casas (Gonsal- 
vede Las),habitantdu Mexiquc,dans le 
16*^. siècle, prenait le titre de seigneur 
de la province ou nation de Zanguita. 
Il est auteur d'un traité sur la culture 
des ver^ h soie dans la Nouvelle -Es* 
pagne : Arte para criar seda en 
NuevaEspana^Gv^nsAty i58i,in- 
8°. ; réimprimé avec les traités de Ber- 
rera et autres sur l'agriculture, Ma- 
drid, 1^20, in-foL Gonsalve de las 
Casas , avait aussi composé les ouvra- 
ges suivants qui sont restés manus- 
crits: Tratado de la guerra de los 
Chichimecos elDefensa deconquis^ 
tas y conquistadores de las IrldioB 
occidentales» Il traite dans ce dernier 
ouvrage de la découverte des Indes 
occidentales et de la conversion dos 
Indiens. A. B— r et V — ve. 

CASATI (PAun ) , né à Plaisance 
en 161 7, entra chez les jésuites de 
bonne heure, et, après avoir enseigné 
k Rome les mathématiques et la théo- 
logie, fut envoyé en Suède à la reine 
Christine, qu'il acheva de déterminer 
à embrasser la religion catholique. Il 
mourut à Parme le '1*1 décembre 1 707, 
à l'âge de quatre-vingt-onze ans. 11 est 
auteur des ouvrages suivants : I. Z^- 
cuum proscriptum ; IL De terra ma- 
chinis motd, Rome, 1668, in-4'**» 
III. Mechanicorum libri octo; IV. 
De igné dissèrtationes , Panne, 1 686 
et 1695, 2 vol. in-4°« : ce traité est 
fort estimé; De AngeUs dispuUUia 



CAS^ 

theolùgicaf Opticœ disputationes.U 
composa ce traité d'optique à quatre- 
Yiogt-buU ans, e'tant de'jà aveugle. 
On a encore de lui divers autres li- 
Très pea importants , dont on trouve 
la liste dans Nicéron» Z. 

CAS ATI (Christophe ), patricien 
milanais, ne eu 17122, et mort dans 
sa patrie en 1804, était ûls du comte 
j[oseph Gasati, homme très instruit , et 
qui rassemblait chez lui un grand nom- 
bre de savants , de littéirateurs et d'ar- 
tistes. Plusieurs d'entre eux durent à 
ses encourageinents une partie de la 
gloire qu'ils avaient acquise, et, de ce 
Bombre, fut Migliarca, auteur «dJu'poë* 
me intitule': il Figliuol prodigo. Au 
milieu d'une telle société, le jeune Chris- 
tophe ne put manquer de prendre du 
goût pour les sciences et les arts. Son 
inclination paniculiëre le portai spécia^ 
tement à l'ëtude de la jurisprudence , 
et surtout à celle de l'histoire et des 
vieilles chartes. Il a compose en ce 
genre quelques écrits pleins d'e'rudi- 
tion , qui sont restés dans son porte* 
feuille. Le seul que le public ait connu 
par l'impression est une dissertation 
de 307 pages in-B""., intitulée :Z>tfZr 
wi§jme aéUe émguste case à^Austria 
e di Lorenay Milan , 1 792. Dans cet 
oavrage , qui lui valut d'honorables 
téoiotgaages de satisfaction de la cour 
de Viemie, il a fait voir, en réfutant 
quelquefois MablUon et d'Herrgott, 
qa'£ticon, premier duc de l'Allemagne 
inférieure, fut la souche commune des 
princes d'Autriche et de Lorraine. Éta- 
blissant ensuite que le père d'Éticon 
fiit le duc Boniface , et son aïeul le duc 
Goodon , Casati met en évidence l'ori* 
gtne du très ancien droit de patronage 
qœ la maison d' Autriche avait sur la 
c0Att abbaye de Grandval en Alsace, 
et de celui de souveraineté non moins 
ancien qu'elle exerça sur cette pro- 
vince. La di$sert^iiott^tsisçoopagné« 



CAS aSg 

d'un appendice où l'auteur a montré 
d'aine manière assez péremptoire que 
les familles des princes français car- 
ie vingiens et capétiens dérivent de la 
même souche que celles des princes 
d'Autriche et de Lorraine. G— if . 

CASAUfiON(IsAAGD£), naquit le 18 
février tSSq, à Genève, où sa fa- 
mille, origîuaire du Dauphiné , s'e'tait 
réfugiée , après avoir embrassé la ré* 
forme. Son père étant rentré dans sa 
patrie, fut ministre à Crcst , et se char* 
gea de l'éducation du jeune Isaac, dont 
les progrès, sous un tel maître, furent 
si rapides , que, dès l'âge de neuf ans^ 
il parlait latin avec correction et facili- 
té. Il en avait dix*neuf lorsqu'il quitta 
la maison paternelle pour aller faire 
son cours académique à Genève. Il s'y 
livra à l'étude de la jurisprudence, de 
la théologie, des langues orientales, et 
se mit en état de remplacer , en 1 582 » 
F. Portus>son professeur, dans la chai* 
re de grec. Il y épousa Florence, fille 
de H.Etienne, et publia chaque année 
des éditions, des traductions d'auteurs 
grecs et latins , avec des notes et des 
commentaires remplis de critique et 
d'érudition. Son caractère naturelle- 
ment inquiet, et la bizarrerie de son 
beau-pèr£ lui ayant rendu le séjour de 
cette ville désagréable, il accepta, en 
1 596, une chaire de grec et de belles- 
lettres à Montpellier, où il ne demeu- 
ra que deux ans ,- parce que les appoin- 
tements qu'on lui avait promis étaient 
mal payés. Henri IV, informé de son 
mérite , l'appela à Paris, pour occuper 
un poste semblable à celui qu'il avait 
en Languedoc. Sa religion, la jalousie 
des autres professeurs , et peut-être 
son caractère un peu difficile , lui cau- 
sèrent des désagréments, dont il fîic 
amplement dédommagé par la place de 
bibliothéc2\ire du roi, avec un traite- 
ment de 400 livres , somme considé- 
fablç à celte époque. Il fut un des com« 

17.. 



200 CAS 

missahvs à la conférence de Fontaine- 
bleau, entre le cardinal Duperron et 
Buplessis Mornai , et donna son avis 
en faveur du premier contre le dernier* 
On savait d'ailleurs qu'il ne partageait 
point les seniiments des réformés sur 
divers points importants de leur Sym- 
bole, a il ne faut pas le dissimidcr, 
u écrivait-il à Wittembogard; la gran^ 
» de différence que )e trouve entre 
» notre foi et celle dé l'ancienne Église 
» me cause beaucoup de trouble ; car, 
» pour ne point parler des autres ques- 
» tions , Luther s'est éloigné des an- 
V cieus sur les sacrements ; Zwingle 
» s'est éloigné de fiUther ; Calvin a 
9 abandonné l'un et l'autre , et ceux 
9 qui ont écrit depuis ont abandonné 
% Calvin. Si nous continuons d'aller ce 
• train , quelle ^ra la Qn de tout ce- 
» ci ?... V Ces dispositions peu d^ui- 
sées le rentrent suspect à son parti. 
On le soupçonna de penser à se faire 
eatboliqtie.Ce soupçon se fortifia q^nd 
<on vit un de ses nls embrasser la relî- 
Igion romaine, et se faire capucin. On 
assure qu'avant de prononcer ses vœux, 
ce (ils étant allé lui demander sa béné^ 
diction , il lui dit : « Je vous la donne de 
» bon caur ; je ne vous condamne 
» point ; ne me condamnez pas non 
» plus : J*-C. nous jugera. » Après ki 
mort de Henri IV , Casaubon suivit en 
Angleterre le chevalier Wotton , am- 
bassadeur extraordiiiatro de Jacques 
I<^. Ce prince l'accueillit de la- manière 
lai plus distinguée , lui donna deux pré* 
bondes, l'une à Cantorbéry, l'autre k 
Westminster , et lui fit en outre aoo 
liv. stCrl. de pension. Les protestants 
de France étaient toujours inquiets sur 
la sineéritc de son attachement à leur 
pai^ti. Pierre DamouHn écrivit à Mon* 
taigu , évéque de Bath, que Casaubon 
avait beaucoup de penchant pour le 
papisme; qu'il n'était plus retenu dans 
fe réforme que par ua petit nenibire 



CAS 

d'articles; que, s'il retournait en FraiH 
ce , il finirait par changer de religion , 
ce qui, ajoutait Dumoulin, causerait 
beaucoup de scandale et de préjudice 
au parti de la réforme. Casaubon se 
fixa effectivement en Angleterre, et 
mourut à Londres, le i^'. juillet i6i4- 
11 fut enterré à Westminster. On lut 
dressa un mausolée sur lequel fut 
gravée une épitaphe honorable. C'était 
un théologien pacifique et condliant, 
un savant du, premier ordre, bon tra* 
ducteur, excellent critique. Cest le 
{émoignage que lui ont rendu Pitbou , 
de Thon, Heinsius, Graevius, Gr<K 
novius et autres savants. Le car- 
dinal Duperron disait que, pourjes 
belles-lettres, il en savait plus, lui 
tout seul , que tous les jésuites ensem- 
ble, ce qui est exagéré. Le même car- 
dinal ajoutait que, quand Casaubon par- 
lait français , il semblait que ee fut un 
paysap ; et que, quand il parlait latin , 
il semblait qu'il parlât sa langue. Ce- 
pendant, on a remarqué des gaUicts- 
mes dans son latin, et plusieurs inexac* 
titudes dans ses ouvrages historiques. 
Son amour-propre , porté au-delà des 
bornes, Itd attira quelques désagré- 
ments, n avait d'abord pris le non 
à'ffortibonus , sous lequel il publiai 
ses notes sur Diogène Laërce et su» 
Théocrite. 11 se contenta ensuite de 
donner mie terminaison latine aa 
nom de Casdubùn. La sede nomen- 
elatiire de ses livres remplirait plu- 
sieurs colonnes ( Fqy, Goloxiés ) ; 
on se bornera à indiquer ici les prin- 
cipaux :*l. In Diogenem Laerikum 
notée i 1 58S^ in-8^ , réimprimées de- 
puis dans le Diogène à^ Henri Etien- 
ne, de i594, et dans celui de IVfei-* 
bomius; II. PoijrcBni strataffemor- 
tum gr. et lot. cum notis Casda^ 
boni , Lyon , 1 689 , in-i q . Casaubon 
est le premier qui ait publié le texte 
grec de cet auteur. ÙL uirisMdîs 



CAS 

ôpera gr. et laL y Lyon , 1 5go , în- 
kA.y avec des notes marginales , édU 
lion peu travaillée^ nfimprimee plu- 
sieurs fi)ts; IV. Theaphrasti charaC' 
teres, gr^ et laLy dont les meilleures 
éditions sont celles de Lyon, 16^2 , 
de Cambridge , 1712, par Needham , 
et de Cobourg, 1765, in-8^y par 
Fischer. Cest un de ses meilleurs ou- 
vrages en ce genre. V. Suetonii operà 
cum ammadffersionibusy Paris, 1606, 
in-4^ ; ce commentaire, souventrelm* 
primé avec des additions , fut reçu 
avec un applaudissement universel : 
on le retrouve dans l'édition de Wolf , 
Leipug, itfoo. VL PersU satjrne 
cum comment. , Paris , i6o5 , in-B**« 
Scaliger , ami du commentateur , di- 
sait que « b sauce valait mieux <{ue le 
» poisson. » En eflet , quoiqu'on ait 
quelque peinera soutenir la lecture de 
cet énorme commentaire, où sept cent 
dix yers sont ensevelis sous tant de 
passages grecs et latins , les notes de 
Casaubon n'en sont pas moins une 
mine d'érudition qui ne saurait être 
trop louée. VIL Pofy'lni opéra gr, et 
laL , Psaris , 1609. Cette version est 
estimée. Casaubon mourut sans avoir 
pu dcmner le commentaire qu'il avait 
promis sur cet auteur; après sa mort 
on publia ce qui fut trouvé dans ses 
papiers ( Paris , 1 6 1 7 ^ in-&^.) , ce qui 
ne va pas plus loin que le 20'. cbap« 
da P'. liv. Ces notes ont reparn dans 
les éditions de Gronovius et d'Ër- 
nesti. Casaubon a travaillé dans le 
même genre sur Théocrite, Strabon , 
Denys d'fialicarnasse , Dicéarque ^ 
Pline le jeune , Apulée , Athénée , Dion 
Chrysostome . sur le Nouveau - Testa* 
ment , sur S. Grégoire de Nvsse , dont 
il a, le premier, publié l'épitre à Eus- 
tatfaie, Ambrobie et Basilisse. Se& 
ouvrages en ce genre ne sont pas. 
exempts de fautes ; mais on y trouve 
une sagacité merveilleuse et ua juge«» 



CAS 



361 



nent exquis; il interprète ou rétablit 
les passages des anciens avec un rare 
bonheur r son commentaire sur Stra* 
bon est le meilleur qui existe; ses 
travaux sur Théocrite et Athénée 
sont aussi très estimés des savants.^ 
ViJl. Desatjrricd Grœcorum poë" 
si et RomanoTum satyrd libri duo^ 
Paris , 160S, in-S?» 11 y soutient que 
la poésie satirique des Ijatius est fort 
différente de celle des Grecs, opinion 
qui a tiécombattue par Heinsius , et 
adiçtée par Spanheim. Cest dans cet 
ouvrage qu'on trouve les prcraicrei 
recherches faites avec succès sur la 
poésie satirique de ces deux ancien^ 
peuples. IX. Exercitationes in BarO'^ 
nium y Londres , 1 6 1 4 > in •* folio ; 
Francfort , 161 5 , in-4°.f Genève, 
t655 et 65, in-4". Cet ouvrage , an- 
ncmcé d'avance avec beaucoup d'os* 
tentation, n'eut, lorsqu'il parut, qu'un 
succès médiocre , même parmi les 
protestants. Casaubon n'avait ni asses 
aérudition ecclésiastique , ni assex 
de science théologique pour une entre- 
prise de cette nature , ce qiii a fait dire 
à quelques écrivains « qu'il n'avait 
renverse que les girouettes du grand 
édifice de fiaronius.» Le cardinal Noris 
et le P. Pagi l'ont souvent relevé sur 1» 
chronologie. X. De libertate eccie" 
siasticd , Uber singularis , 1607 ^ 
in-8°. Ce livre, entrepris pour soute* 
nir les droits de la puissance tempo* 
relie contre les prétentions de la cour 
romaine, à Foccasion du diflferend 
survenu entre la république de Venise 
et Paul V, fut discontinue par ordre 
de Henri IV , qui l'avait comnRiudé, 
après que le différend eut été terminé, 
11 n'y avait alors que deux cent soixan^- 
te-quatre pages dimprimécs. Comme 
Casaubon en envoyait les feuilles à ses 
«nis à mesure qu'elles sortaieut de 
k presse , on les a réimprimées dans^ 
Goldast y CoUeciatiea de monarekid 



nâi 



CAS 



imperii , et dans le recueil des lettres 
de l'auteur. XI. Ad FrorOonem Du- 
cœum epistola y Londres , i6i i , 
^-4". L'objet de cette lettre très pi- 
quante est de combattre la doctrine des 
)ësuites sur rautorité des rois. XI L 
Casavboniepistolœ , dont la meilleure 
et la plus ample e'dition est celle d'À- 
meloTeen, à Rotterdam, en 1709, in- 
fol. ËUes sont au nombre de onze cent 
onze, dont il y en a trois cents qui n'a- 
vaient jamais été publiées. On 7 a réuni 
sa Tie, ses poésies, les lettres de son 
(Ils, les notes marginales de Colomiez, 
pour expliquer les endroits obscurs. 
Quoiqu'il y ait peu de ces lettres qui 
traitent de matières importantes , la 
lecture ne laisse pas que d'en être 
agtéable; elles sont bien écrites, et 
pleines d'érudition , mais un peu em«> 
barrassées par un trop grand ifom- 
bre de passages grecs , et trop rem- 
plies d'humeur contre ceux dont il 
croyait avoir à se plaindre. JeanGhris- 
to[)ne Woiffa publié un Casaubonia-^ 
na, Hambourg, 1710, iu-S"*. Gère** 
cucil est curieux et plein d'érudition. 
L'éditeur a mis dans sa préface une 
notice bonne, mais incbmplète , des 
jéna. Joly, sur Bayle, ailicle Gour- 
nai , dit qu'on attribue XAnti-Cotton 
à Augustin Gasaubon , fils d'isaac , 
avant son entrée chez les capucins, 
mais on n'en a aucune preuve , et les 
vraisemblances sont contre. T-— d« 

. GASâUBON ( MiaiG ), filsdu pré^ 
cèdent, naquit à Genève le i4 août 
1 599. Après avoir commencé ses étu^ 
des dans l'académie protestante de Sé^ 
dan, iUuivit son père en Angleterre, et 
alla les continuer au collée de Ghrist, 
à Oxford f ou il prit le bonnet de doc^ 
teur en théologie. Il était curé de Ble^ 
don, dans le comté de Sommerset, pré^ 
beudier de Gantoibéry, et recteur 
d'Ickham, lorsque la révolution qui 

conduisit le malheureuse Charles V\ 



CAS 

k l'écbafikud lui enleva tous ses béné- 
fices. On lui proposa , de la part de 
CromweU, d'écrire l'histoire de celte 
âfireuse erpoque , en lui laissant la li- 
berté de le Élire avec la plus grande 
impartialité , et en ofirant de lui rendre 
la bibliothèque de son père, avec une 
pension viagère , réversible sur toute 
sa famiQe, laquelle ne s'éteindrait qu'à 
la mort dn plus jeune de ses enfants f 
Gasaubon observa qu'un pareil ouvrage 
ne pouvait se concilier ni avec son ca- 
ractère , ni avec se& principes ; qu'il 
se croirait obligé d'y insérer des ré- 
flexions qui déplairaient sûrement au 
protecteur. Malgré son refus, Grom- 
well chargea une personne de lui re- 
mettre , en pur don , une somtne de 
400 4iv. sterl., qu'il ne voulut point 
accepter, quoiqu'il fût dans le besoin. 
L'offre que lui fît faire la reine Chris- 
tine, par son ambassadeur, pour l'atti- 
rer en Suède, avec promesse d'un trai- 
tementbonorable,!! eut pas plus de suc- 
cès. Après le rétablissement des Stuarts, 
il fut récompensé de son inaltérable 
fidélité par sa réintégration dans tous 
ses bénéfices , qu'il conserva jusqu'à sdL 
mort , arrivée le 1 4 juillet 1 67 1 . Gasau- 
bon fut enterré dans la calbédrale de 
Gantorbéry, où on lui dressa un dbobu- 
ment orné d'une bdle épitapbe. Cétait 
un homme pieus^ charitable envers les 
pauvres , d'un caractère honnête et 
afiable, se £iisant un plaisir de com* 
muniquer le fruit de ses recherches. 
Stanley et Selden l'éprouvèrent sur- 
tout ; le premier, pour son ëditicm 
d'Eschyle; le. dernier, pour ses ex* 
plications des marbres d'Arundel. Il 
s'était principalement appliqué à la 
critique. Cest le genre dans lequel il 
réussissait le mieux. Son érudition était 
très variée, sansétreaussi.profondeque 
celle de son père, dont les papi«»v lut 
furent d'une gcande utilité. If attribuait 
à \^ philosophie de Descartes, le peu 



CAS 

(le goût qn'on avait de son temps pottr 
les belles-lettres. Il débuta jeune dans 
la carrière des lettres, par des ouvra- 
ges qui firent honneur à sa pieté filiale , 
parce qu'ils eurent pour objet de ven- 
ger la mémoire de sou père, attaquée 
sur Tarticlede la religion et des mœurs. 
Le premier était intitulé : Pietas con- 
tra maledicos patriinominis et reli- 
gionis hostesy Londres ,1631 jin-S**. } 
on y trouve la liste de tous les ouvra- 
ges d'Isaac Casaubon , manusck'its ou 
imprimés ; et le second , Vindicalio 
patris adversûs imposiores , ibid. , 
1624 9 in-4°- Il se propose dans tous 
les deux de réfuter des imposteurs 
qui avaient publié, sous le nom de son 
père, un livre dont le but était de 
faire venir la- liturgie chrétienne de 
celle du paganisme et de celle de l'Al- 
€oran. Ces deux écrits se trouvent aussi 
dans Fédition de 1 709, des lettres des 
deux Casaubou. Les principaux de ses 
antres ouvrages sont: L Opuai milevî' 
tani Ubri Vil, cum notis et emenda- 
iionUms , Londres , 1 63 1 , in-S'*. ; IL 
NoUb et emendationes in M. Antoni- 
ni libros XII, ibid., 1645, in-8^ Il 
avait traduit ces livres en anglais, 
1634, in.4^ j i064, in-S'*., et fait 
un Index curieux de tous les mots 
grecs philosophiques qu'on j trouve, 
et dés mots latins correspondants de 
Sénèque et de Cieéron. IIL De ver- 
borum usu et accuratâ eorum cognU 
Honis utdJUaie, diatriba, 1647 , in- 
la ; IV. De quatuor Unguis corn- 
mentéOionis pars prior^ i65o^ in- 
%*, Cette première partie roule sur 
les langues faeliraïque et anglo-saxon- 
ne. La seconde , qui devait traiter 
des langues grecque et latine , n'a 
point vu le jour. V. De la nécessité 
de la réformation au temps de Lu^ 
fheTj en anglais, Londres, 1664^ 
in-4''- Il s'y propose de justifier du 
les ^lises protestante$. L'ou^ 



CAS 



^63 



vrage ayant été attaqué, il opposa, 
au bout de deux ans , une réponse à 
ses antagonistes. VI. Delà crédulité 
et de Vincrédulitéy dont la première 
partie parut en 1668, et la dernière ' 
en 1670, in-8^ H y attaquait le sad- 
ducéisme moderne, établissait la réalité 
des esprits , celle des opérations sur- 
naturelles , sans en exclure celles des 
sorciers. Cet ouvrage, qui contient une 
histoire du platonisme dans ses rap- 
ports avec le christianisme , eut peu 
de succès. VIL La Cause première 
des biens et des maux ^jui arrivent 
en ce monde , i645 , in-4°. 11 y ex- 
pose les sentiments des païens à ce 
sujet, les examine |)ar l'Écriture sainte, 
, et entreprend de prouver que c'est 
dans ce livre divin qu'ils les ont pui- 
sés. VIII. Traité de V enthousiasme , 
i655 , in-8**. , contre ceux qui l'attri- 
buaient à une inspiration du piel , et 
contre d'autres qui voulaient le donner 
pour une inspiration du diable; IX. 
Véritable et fidèle relation de ce qui 
s'est passé entre Jean Dée et cer^ 
tains esprits, lôSg, in-fol. Léibnîtz 
faisait beaucoup de cas de cet ouvrage. 
X. Défense de V Oraison dominicale, 
1669, contrôle docteur Jean Owen, 
qiii , étant directeur de l'université 
d'Oxford, c'était couvert au moment 
où le prédicateur récitait cette oraison. 
Casaubon a donné plusieurs autres 
écrits sur diverses matières ecclésias- 
tiques; des notes surTércnce, Épic- 
tète, Hiéroclès , Florus ; sur Diogène 
Laërce, dans l'édition de Mcibomius • 
sur Polvbe, dans l'édition de Grono-* 
ve ; sur Perse, dans l'édition de Lon- 
dres, 1647, iï*^**- Cn y trouve le» 
notes de Casaubon le père, et celles 
qu'il avait laissées dans ses papiers. 
Mérie avait noté plus de mille fautes 
dans la version latine de Platon par de 
Serres. Il voulait écrire pour prouver 
que Gassendi n'ayait pas bien entendu 



a64 CAS 

Épicure. Ses lettres sont h la suite dé 
celles de son père, dans l'édition 
d'Ainelovcen. Son style en anglais est 
dur et traînant^ entrelardé de mots 
grecs et latins , suivant l'usage de ce 
temps. Il a laisse' quantité' de mangs- 
crits qui sont conservés dans la bi- 
bliothèque d'Oxford. T— p. 

CASAOX ( Charles, marquis de ), 
membre de la société royale de Lour 
dres et de celle d'agriculture de Flo- 
rence, était propriétaire à l'île de Gre- 
nade ; mais la France ayant cédé cette 
île à r Angleterre, par le traité de 1 763, 
il devint sujet de cette puissance. 
Après un long séjour dans cette colo- 
nie, il revint en France, et il demeu- 
rait à Paris pendant les années 1 788 
à 1 791 . Il y était distingué par l'agré- 
ment et la justesse de son esprit dans 
les meilleures sociétés , et notamment 
dans celle du duc de la flocliefoucauld 
et de la duchesse d*Enville, sa mè- 
re. Après le 1 août 1 792 , Casau^ 
passa à Londres, où il est mort en 
1796, dans un âge avancé. Pendant 
son se'joùr à la Grenade , il s'était 
beaucoup occupé de la culture de la 
canne à sucre , et il reconnut que 
l'opinion généralement reçue alors, 
que la culture de cette plante et l'exT 
traction du sucre ne pouvaient se 
faire d'une manière avantageuse qu'en 
grand , et par des nègres esclaves , 
n'était qu'un préjugé : il fit voir , par sa 
propre expérience, que l'on obtenait 
des résultat? proportionnellement aussi 
avantageux par fa petite culture, c'est- 
à-dire, sur de petites habitations ou 
propriétés , avec très peu de monde. 
11 donna, sur ce sujet, un mémoire à 
la société royale de Londres, sous cç 
titre : Sj'stéme de la petite culture des 
cannes à sucre, ( Transact. philos, , 
vol. LXIX. ) Ce mémoire fut jugé si uti- 
le, qu'il fut réimprimé séparément, à 
Londres, en 1 779, in-4**., et, dix ans 



CAS 

après, à Paris , dans le Traité du si^ 
cre^ par Le Breton, Paris, 1789, 
in- 12. Casaux l'ayant beaucoup per-p 
fcctionné , le publia sous une forme 
nouvelle, avec ce titre : Essai sur 
fart de cultiver la canne et d'en eX" 
traire le sucre , "Paris ^ 1781 , in-8**. 
de cinq cent douze pages, avec une 
planche assez mal exécutée. Cet ou* 
vrage , remarquable à l'époque où 
il parut , a été surpassé par celui quç 
M. Dutrône a publié à Paris en 1 789 
sur le même sujet. Casaux a aussi en- 
richi de notes la traduction française 
du voyage d'Arthur Voung en Fran* 
ce, Paris, an II ( 1793), 5 vol. in- 
S"". Il a publié des Considérations 
sur quelques parties du méchanisme 
des sociétés , Londres , 1785-1788, 
5 parties in-8"., ouvrage quia été trar 
duit en anglais sous les yeux de l'auteuTi 
par ParkynsMacmahon. Cet ouvrage, 
et plusieurs opuscules qu'il composai 
pendant la révolution , lui ont faif 
une réputation parmi les publici&tes. 
On trouve la listé de ses écrits dans 1^ 
France littéraire de M. Ersch ^qui a 
seulement oublié d'indiquer celui qui 
a pour titre : JLa proposition (hausse" 
ment de pa^e des ouvriers) nest 
pas nem^e , il ne s'agissait que de l($ 
démontrer y Paris, 1789, in-8% 

CASE ( PiERaE Bqe ) , dont le va> 
table nom était Desmaisons ^ naquit à 
Limoges au commencement du i4^ 
siècle , entra dans l'ordre des carmes , 
i)i^, auprès s'être 4isitingué d^s toutes 
les charges , il devint général , et fat 
un des docteurs que Philippe VI as- 
sembla à Vincçnnes pour ex^mipef 
l'opinion du pape Jean XXII sur )a 
vision béatifique. Clément VI le nom- 
ma d'abord patriardbe titulaire de iér 
rusalem , p^is il le chargea de l'admi- 
iiistration del'évêché de Vaison t ^^^^ 
quelques auteurs le font même éyéque i 



CAS. 

mais son testament et son e'pîtaphe ne 
lui donnent que le titre d'administra- 
teur de cet évéchë. Il mourut en répu- 
tation de sainteté en i348, après avoir 
qomposéquatreliTressurIeJ^0ftr^i£es 
SenUnces ; des commentaires sur la 
Politique d*ArisU>te^ et des sermons. 
Ces ouvrages sont assez bien écrits 
pour le temps. T — ^d. 

GAS£ ( Jean de la ). F. Casa. 

CASE (Jean), ne à Woodstock, 
dans le comté d'Oxford , se rendit fa< 
meux au 16''. siècle, dans Funiversité 
de cette ville , par son talent pour b 
dialectique ^ et fut regardé comm^ un 
des plus subtils argumentateurs de 
son temps. Soupçonné d'être catho- 
lique au fond du cœur, on le destitua 
de ses places dans l'université f mais, 
comme il passait pour nn excellent 
maître, on lui permit d'élever une 
école de philosophie, qui fut très fré* 
quentée, siirtoutpar les catholiques. 
Il joignit à l'étude de la philosophie 
celle de la physique, prit même le 
degré de docteur dans 'cette faculté en 
iSSg. Il avait un talent particulier 
pour inspirer le goût de l'étude aux 
jeunes gens, qu'il savait instruire en 
les amusant. C'était un homme aima- 
ble et £»célieux en société. La crainte 
de troubler sa tranquillité lui avait 
fait adopter le système de qudques 
catholiques de son pays, qui croyaient 
pouvoir concilier la foi orthodoxe avec 
leur assistance au service. divin dans 
les églises anglicanes; mais, dans sa 
dernière maladie, il fit une franche 
confession du catholicisme , et voulut 
mourir entre les bras d'un prêtre de 
cette communion. La f^upart de ses 
ouvrages sont des commentaires sur 
dÎYcrs traités d'Aristote,qui eurent de 
la Togue daiis le temps , et furent sou- 
vent rcimprimés. On a encore de lui: 
jépologia nmsiçesy tam vocaUs quam 
i/istrummiaiis et mi^^^ Oxford, 



CAS a65 

i588, in-8''. Il a laissé en manuscrit : 
Apohgia academiarum' Rebellio' 
nis vindiciœ, T— «D. 

CASE ( LXVAGHER DE LA ), s'cm- 

barqua pour Madagascar en i656, 
sans autre dessein que celui de voir du 
pays , dans le temps où le mai'échal dt 
fa Meilleraie possédait en son nom un 
fort dans cette île. A son arrivée , il 
trouva les troupes du fort en très petit 
pombre, et continuellement exposées 
aux attaques des insulaires. Fortifies 
par le secours qui leur arrivait d'£u« 
rope, les Français entreprirent de 
battre leurs ennemis , et la Case se 
distingua dès-loprs par un courage eX'»* 
traordlnaire. 11 repoussait les insulai- 
res rassemblés par milliers, quoique 
n'ayant avec lui qu'un petit nombre dç 
soldats; il cpfubattit mêpie, et tua avec 
les armes du pays un souverain eu 
réputation d'une grande valeur. Ces 
exploits lui attirèrent beaucoup decon^* 
sidération de la part des insulaires et' 
des Français. Chamargou, gouverneur 
du fort Dauphin, en devint jaloux, 
et chercha a le &)re périr. Instruit de 
ce projet, la Case se retira dans Fin- 
térienr du pays avec quelques Fran* 
çais et une peUte troupe de nègres: 
c'était à qui^ des princes, qbtîendraijt 
son alliance. Oian, c^est-à-djre, le roi 
fiasisatle , le captiva plus qn'uif autre , 
et lui fit épouser sa fille » la princessf 
Sian Nong. La Case ne profita de son 
élévation que pour faire du bien aux 
FrançaiSi» OiHnipé sans cesse à faire 
des coiirse^ contre leurs ennemis et 
contre ceux de son beau-père, il fai- 
sait passer au fort la plus grande par- 
tie de son butin. Le besoin que l'on 
avait de son secours, plus que la re? 
connaissance do procédés si génép 
reux , engagèrent plus d'une fois Char 
margou à se rapprocher de lui et à l» 
rappeler. La Case ne s'y refusa ja» 
mais; et fut toujours dispgsé à faire 



3(56 CAS 

tout le bien que l'on attendait de tuî. 
Lorsque Rennefort( /^.Renkefoht) 
arriva dans Tile , la Case se lia avec 
lui d'une amitié très intime , et lui 
donna les meilleurs conseils; mais ces 
avis , que Rennefort porta en France , 
furent peu goûtes; cependant on avait 
accordé à la Case 2e titre de major de 
l'île. Il continua de se signaler par des 
exploits dignes d'un plus grand théâ- 
tre, et de servir des gens qui se refu- 
saient en quelque sorte au bien qu'il 
leur voulait faire. Enfin, au mois de 
juin de l'année 1670 , il mourut d'une 
colique du pays , et sa veuve se rcraa- 
iria seci'^cment h un autre Français. 

M— LE. 

CASEARIUS ( Jean ), ecclésiasti- 
que hollandais, résident à Gochin sur 
la fin du i7*. siècle, avait' des con- 
naissances fort étendues sur la bota- 
nique; il coopéra au magnifique ou- 
vrage que Rbéède van Drakenstein 
îpublia sous le titre à*ffortus Mala- 
baricuSf en i3 volumes in-fol. avec 
des figures. Caséarius dressa le plan 
de l'ouvrage , fit les descriptions des 
plantes , et rédigea le texte des deux 
premiers volumes. M. Jacquin a con- 
sacré à sa mémoire un genre dé plan- 
tes qu'il a observé en Amérique , au- 
^iel il a donné le nom de casea- 
ria. Linné ne l'adopta pas ; il le réu- 
nit à celui du samyda , comme peu 
différent; mais la découverte de plu- 
sieurs nouvelles espèces la fait ré- 
tablir : ce sont des arbres et des ar- 
bustes. D— P— s. 

CASELÏUS ( Jean Ceessel, 
^us connu sous le nom de ), naquit 
«n iS53 à Gôttingue, d'une famille 
originaire du duché de Gueldre, d'où 
«Ile avait été bannie' à cause de son 
attachement à la nouvelle réforme. Il 
fit ses études â Leipzig, à Restock, 
à Francfort, à Bologne, et eut pour 
aaitres Mébncbthony GamérariuS; etc. 



CAS 

Deux voyages en Italie, Tun en iSCe 
et l'autre en 1 566 , le mirent en re- 
lation avec les hommes de lettres les 
plus distingués de ce pays, teU que 
Muret, Manuce, Sigonius, Victorius 
et autres. Au retour de son premier 
voyage , il devint professeur de philo- 
sophie et d'éloquence à Rostock. Quel- 
ques années après, il se chargea de 
l'éducation du fils de Jean -Albert, 
duc de Mecklenbourg. Le duc de Lu- 
nebourg l'appela ensuite pour rem- 
plir une chaire de philosopbîe dans 
l'université d'Helmstaedt , récemment 
fondée. <j'est dans ce poste qu'il passa 
les vingt-quatre dernières années de 
sa vie, et qu'il finit ses jours le 9 
avril 161 3. Gasélius s'était acquis une 
considération générale auprès des sa- 
vants et des personnes du plus haut 
rang; il la méritait par son honnêteté 
et son respect pour la religion. Il s'é- 
tait fortement prononcé contre Daniel 
Hoffmann et autres qui , pour mettre 
la philosophie en contradiction avec la 
théologie, enseignaient qu'il y a plu- 
sieurs choses qui sont vraies en théolo- 
gie et iaussesen philoso{Aie, paradoxe 
dont Bayle a fait depuis on bien fo* 
neste usage. L'empereur Maximilien 
lui donna une grande marque de son 
estime, en le rétablissant dans toas les 
titres de noblesse de ses ancêtres. Ses 
ouvrages sont très nombreux ; mais 
c'est surtout par ses lettres qu'il est 
connu; le style en est pur, la latinité 
élégante; elles sont pleines de grâces, 
de pensées ingénieuses ; on y trouve 
une vaste érudition, distryi)uée avee 
beaucoup de goût; elles roolnt, en 
génécal, sur des matières analogues à 
la profession de l'auteur. Les savants 
et .les gens de qualité auxqueb elles 
sont adressées en Êdsaîeiit leurs dé*> 
lices , et on les lit encore acqoord'hni 
avec autant d'intérêt que déplaisir. Il 
«'en faut de beaulsoup qu'elles aienC 



CAS 

^të toutes imprimées , et nous n'avons 
pas même une édition complète de tou- 
tes celles qui ont vu le jour. Le plus am- 
ple recueil est celui que Just de Dran- 
feld publia en 1687 , in-8''. , à Franc- 
fort , sous ce titre : Opus epistoUeiim 
exhibens /. Caselii epistolas, etc. • 
il ^ a à la fin un petit traité latin sur 
le genre épistolaire, De caractère 
epistoUco. Le même éditeur avait fait 
imprimer, quelques années aupara- 
vant, un Recueil des poésies gr^c^ 
ques et latines de Casélius , qui res- 
pirent le goût de Tantiquité. 11 avait 
promis de donner au public les ou- 
vrages politiques et philosophiques du 
même auteur; mais ce projet est resté 
sans exécution. On a encore de Casé- 
lius des traductions de VA^ésilas et 
de la Cjrropédie de Xénophon, cl 
divers autres ouvrages. Térence était 
son auteur favori , et il le portait tou- 
jours avec lui. T — ^o. 

CASËLLA (Pi£rre-Léon), histo- 
rien , antiquaire et poète latin du I6^ 
siècle, -était né, non pas à Aquilée, com- 
me on l'a écrit, mais à Aquila, dans 
fAbruzze. Luca Contile, dans une de 
£e8 lettres écrite en i562, loue ses 
talents, ses qualités estimables, et la 
connaissance parfaite qu'il avait ac- 
quise^ dans ime extrême jeunesse, de 
la langue et de la poésie latines. En 
supposant que Caselia eût alors vingt 
ou vingt - deux ans , il était donc ne 
vers i54o ou i54a. On ignore l'épo- 
que de sa mort. Son ouvrage De pri* 
mis lîaliœ coloms parut, pour la pre- 
mière fois , à Lyon en 1 606 , in-8"., ol 
fat ensuite inséré dans le premier vo- 
lume du recueil des historiens d'Itn- 
lie, publié par Grxvius et Burmann. Il 
<st suivi, dans l'édition de Lyon , d'un 
npnscule du même genre : De TuS' 
eorum origine et republicd Floren- 
tmd^ des éloges de quelques illustres 
«rli»le$ ; crt d'un recueil d'épigran|i^c6 



CAS ^67 

M d'inscriptions. La latinîti^ de ces di- 
vers écrits ne justifie pas- tout- à- fait, 
les éloges de Luca Contile, et, dans son 
premier ouvrage, l'auteur ne montre 
pas toujours une critique extrêmement 
sûre. Il rejette , il est vrai , comme siip- ' 

S osés , les auteurs publiés par Annius 
e Yiterb^; mais il donne comme 
réelles certaines suites généalogiques 
des premiers rois d'Italie, qui ne sont 
pasmcHns fabuleuses. Il fait peu d'u- 
sage des monuments ; ses assertions 
sont souvent dépourvues dé preuves» 
Enfin , au jugement de Tiraboschi , 
après tout ce qui avait déjà paru sur 
les antiquités de Tltalie, on devait at- 
tendre quelque chose de meilleur. 

G— É. 
CASENEUVE (Pierre dÊ)> 
né à Toulouse, le 5i octobre iSqi ^ 
de parents aisés qui ne négligèrent 
rien pour son éducation. Après avoir 
terminé son cours de théologie, il se 
livra à l'étude de la jurisprudence , 
et fit dans cette science des pogrès 
très remarquables. Il possédait à fond 
les langues savantes , et le désir d'ac- 
quérir une intelligence parfaite des 
auteurs latins modernes lui fit appren- 
dre Fallemand, l'italien , l'espagnol et 
même l'ancien provençal. L'élude ré- 
fléchie qu'il fit de ces langues contri- 
bua sans doute à faire naiti*e en lui le 
goût des recherches grammaticales et 
étymologiques auxquelles il s'adonna 
dans la suite. Le besoin d'une vie pai- 
sible, et retirée lui fit pré&'rer I état 
ecclésiastique aux emplois brillants de 
la magistrature qu'il pouvait espérer. 
Satisfait d'une modeste prébende qu'il 
obtint à l'église St.-Étienne, sans soins, 
sans désirs , il se proposait d'achever 
ses jours dans la retraite et au milieu 
de ses livres. Son roérite,'qui commen- 
çait à le faire connaître plus qu'il ne 
l'aurait voulu , fiit on obstacle à sa ré- 
^ii^tioD* L'archevêque de Toulouse 



!i68 



CAS 



l'appela pris de lui , et le détermioa a 
travailler sur la Coutume de Laiip;ue- 
doc. Le Traité du Franc-Alleu, 

Toulouse, i64i, iii-4°* 9 fl^'i^ ^^^ 
au jour peu de temps après , fut 
accueilli par les e'tats du Languejdoc, 
qui lui offi'irent une peusion pour 
écrire l'histoire de la pi^vince. Ca- 
seneuve refusa la pension , ne you* 
lant d'autre récompense d'un trayail 
Utile à son pays, que le plaisir même 
de l'avoir entrepris. Il fit paraî- 
tre, pour d^ager sa parole, la Ca* 
talognefraTiçaisej Toulouse j 16449 
in-4°* f ouvrage très piquant dans le 
moment où il fut publié, rempli d'ail- 
leurs de choses curieuses, et qui fut 
généralement bien i*eçu. Le plus connu 
actuellement des ouvrées de Case- 
neuve est son dictionnaire intitulé; 
Origines de la langue française. 
Il en était occupé depuis plusieurs 
«nnées , lorsqu'il apprit que Mé« 
nage faisait imprimer son trayail 
sur le même sujet, Aussitét, il re-^ 
nonça à ses projets, et une circons- 
tance qui aurait rendu ennemis d'aur 
très personnes , les unit d'une ami^ 
tié qui ne finit qu'à la mort de Gase<p 
neuve, arrivée le jour anniversaire de 
sa naissance, en i652. Le manuscrit 
de Fouvrage qu'il avait commencé sur 
la langue française passa entre les 
mains de ses héritiers, qui le conser- 
vaient avec soin. Foucault, inten- 
dant à Montauban , l'obtint d'eux , 
^et le communiqua à Ménage , qm 
enjavait fait commencer l'impression 
lorsqu'il mourut, en 1692. Simon 
de Val-héberf resta alors chargé 
d'en suiyre la publication , et c'est k 
ses soins et à sa patience que Aous de- 
yons de posséder cet ouvrage dans 
un ordre qui en rend la lecture agréa- 
ble. On le trouve h la smte de l!é(uiou 
du Dictionnaire étymologique de 
Ménage f Paris ^ iC^4; io^fid., et 



CAS 

fondu avec h tente dans les édi- 
tions suivantes de ce dictionnaire 
( ^0^. Jault et MÉNAGE ). Les autres 
ouvrages de Gaseneuve sont: I. la 
Caritée, ou la (^-prienne amoureux 
se y in-8^9 roman; IL VOngine des 
jeux Jleureaux.de Toulouse^ i^Sg, 
in-4"- On trouve à la tête de ce trlité 
fort intéressant la Vie de l'auteur, en 
latin, par Bernard Médon. U est bon 
de remarquer que Caseneuye n'y £iit 
aucune mention de Clémence Isaure, 
regardée comme la fondatrice des jeux 
floraux , et que l'éditeur a ajouté k la 
fin du volume des pièces qui preu- 
ycnt que Clémence Isaure n'a jamais 
existé. U avait publié quelques autres 
ouvrages peu importants , et en a lais« 
se en manuscrit de plus remarqua^ 
blcs y entre autres , un Traité de la 
langue provençale ; un de V origine 
des Français i et une Histoire des 
favoris de France. On en trouve la 
liste dans la pré&ce que Yal-hdsert 
a miie au-devant de I édition qu'il a 
donnée des Origines. W— -s. 

CASIMIR V\jdit le Pacifique, fils 
de Miécislas II , roi de Pologne, était 
encore en£int, loirsqu'en io54> il per- 
dit son père. Sa mère Richsa , nommée 
sa tutrice et régente du royaume, ayant 
soulevé les Polonais par son mauvais 
gouvernement, fut obligée, en i o56, de 
s'enfuir en Saxe avec son fils , que bien- 
tôt après elle enyoya à Paris. Casimir 
s'y livra à l'étude, et sembla chercher 
dans la culture de son esprit un dé- 
dommagement au trône auquel il ^aic 
forcé de renoncer. Cependant la Po» 
logne, en proie aux dissensions intes- 
tines, était en même temps Faragée 
par le roi de Bohême et par les Rus- 
ses. Quelques hommes courageux soi»- 
gèrent à tirer leur pays de cet abkaet 
Une diète fut indiquée k Gnesne, eC 
le primat Etienne Pobozg proposa de 
rappeler l'héiitier Ugptîme fk la 



CAS 

renne. Quoique Ton ne connût pas son 
caractère et que Ton pût craindre qu'il 
ne chercbât à venger les outrages qu'it 
aradt reçus, aucun personnage puis- 
sant ne paraissant digne de gouverner, 
on convint de rappeler Casimir ; mais 
tin ignorait le lieu de sa retraite. Les 
ambassadeurs que Ton envoya à sa 
mère apprirent qu'il s'ëtait retire dans 
l'abbaye de Ciuni.Us allèrent l'y trou- 
ver^ et lui exposèrent les malheurs et 
les désirs de la nation. Casimir était 
lie par des vceux ; il avait même reçu 
le diaconat. Le pape Benoît IX , à qui 
Fon s'adressa pour qu'il romptt les en- 
gagements de Casimir, feignit de ne 
Souvoir accorder cette demande, afin 
e redoubler l'empressement des Po- 
kmais. Il se rendit enfin à leurs solli- 
ôiations, à condition Ijue chaque Po- 
lonais paierait tous les ans j à perpé- 
tuité , une certaine somme pour l'en- 
tretien d'une lampe dians l'égKse de 
Sl.-Pierre ; que la nation entière por- 
terait , comme les moines , les cheveux 
courts en forme de couronne ; qu'aux: 
grandes fêtes , tous les nobles auraient 
an cou, durant la jnesse, une étolede 
Kn , semblable à ceHe des prêtres et 
des diacres; que Casimir conserve^ 
rait l'habit religieux , et que les Polo» 
nais , enfin , ne mangeraient pas de 
viande depuis la Septuagé^ime jusqu'à 
Pâques. Casimir quitta le cloître. Sa 
mère , qu'il vit en traversant la Saxe , 
essaya vainement de le dissuader dé 
retourner en Pologne. Accueilli par 
ées acclamations générales , il fut cou- 
ronné, à Gnesne en loft. Son pre- 
mier soin fut de chercher à étouflfbt 
les semences de division /et de pu- 
lier une amnistie. Cette sage conduite 
produisit le plus heureux effet pour le 
fétablissement de la tranquillité. Ca-^ 
simir prévoyant que ta prospérité de 
Pétat réveillerait la jalousie aes pub* 
saBcesr vouînes-^ckertha à les gagner. 



Cas a6f) 

Jaroslaw, duc de Russie, était l'ennemi 
le plus dangereux. Ciasimir rechercha 
son alliance, lui demanda la main de 
sa sœur, et offrit même de rendre auiC 
Russes plusieurs villes que Boleslas , 
sonàïeul, leur avaitenlevées.Ils avaient 
eux-mêmes besoin de la paix. Leur 
duc signa le traité proposé, et remit 
sa sœur Marie aux ambassadeurs de 
Casimir, avec une dot convenable. La 
princesse, en arrivant.* ei "Pologne, 
abjura la religion grecque, se fit de 
nouveau baptiser , et prît le nom 
de Dobrogneva. La Mazovie rentra 
sous ^obéissance de Casimir. Les 
Prussiens offrirent de lui payer uiv 
tribut , et se remirent sous sa dé- 
pendance. Ce prince , assuré de la parx 
âu dehors, chercha à faire fleurir le» 
sciences dans son royaume. Les mo* 
nastères étant alors leurs sanctuaires , 
il envoya à Cluni des députés avec 
de riches présents. Ils en ramenèrent 
douze religieux , pour qui le roi fonda 
deux couvents dont l'établissement 
contribua à épurer les mœurs et k 
donner à la religion la dignité et la 
décence qui s'çftaient perdues au mi- 
lieu des guerres civiles. Malgré son 
amour pour la paix, Casimir fut obli-^ 
gé , en I oHi , pour ne pas s'attirer le 
éourroux de Pempercur qui l'avait pré- 
servé des attaques du roi de Bohême, 
de lui fournir des troupes pour aller 
en Hongrie venger ses défaites qu'il at- 
tribuait aux secours envoyés aux Hou« 
crois par les Polonais; La guerre ne 
tut pas longue , et Casimir mit à pro- 
fit la tranquillité dont il se promettait 
de jouir toute sa vie. Tous ses effovttf 
tendirent à faire goûter au peuple les 
bienfaits d'une sage administration. A 
sa mort , arrivée le 28 novembre v 
ïo58, il ne restait en Pologne pres- 
qu'aucune trace des calamités pas- 
sées. Ce prince emporta les regrets de 
ses sujets ; et ment» le titre ^orieux 



270 CAS 

de restaurâteuF pacifique dû reyàume; 
Il eut quatre fils: Boleslas^ qui lui 
succéda; Uladislas, Olhou qui mou- 
rurent ayant lui; Miecislas ^ qui ne lui 
suryëcut que peu d'années, et une 
fi\\e qui épousa Yratislas, duc de 
Bohême, E^-^. 

CASIMIR II éuit le 5«. ûh de Bo- 
lesl^s III y roi de Pologne , qui , a sa 
mort, en ,i;i3i8, ne lui assigna aucun 
lot dans le partage qu'il fit de ses états 
à ses autres enfants. Il est vrai qu'a- 
lors. Casimir était au berceau^ et Ton 
prétend que son père , à qui on adressa 
des représentations à ce sujet , répon- 
dit que les frères de Casimir contri- 
bueraient malgré eux à l'élever. Par- 
venu à l'âge vinl , Casimir commanda » 
aia»i que chacun de ses frères, une 
division de l'armée qui fit une inva- 
sion en Prusse en 1 164. Il reçut de 
Boieslas IV, en 1167, les provinces; 
de Saudomir et de Lublin , possédées 
aiiparavant par son frère Henri , mort 
dans la guerre contre les Prussiens- 
Bolesks ayant mécontenté ses sujets , 
le trône fut offert à Casimir, qui re- 
jeta cçtte ofire.avec indignation. Ce 
refus augmenta l'estime que les Polo- 
nais avaient déjà pour lui. Miecislas I IT, 
qui avait sp/ccédé à Boieslas , souleva 
les Polonais par sa mauvaise conduite ; 
on se réunit pour lui ôter la couronne 
en 1 1 1 7. On l'offrit à Casimir ; il ne; 
l'accepta qu'avec peine. Cracovie s^ 
déclara pour lui : cet exemple entraîna 
toutes les provinces. Miecislas , étonné 
seul de cette défection générale, deinan* 
âa en vain des secours aux nobles de la 
grande Pologne et à ses gendres , Bo- 
gislas , duc de Bohême, et Henri , duc 
de Bavière et de Saxe. Son fils Othon 
même se souleva contre lui , et fit hom- 
mage à Casimir de la province qu'il 
venait d'usurper, Casimir se faisait 
chérir par sa bonté et la s^esse de sou 
gouvemeotent; ilWri^ea Iss 9bu$| 



CAS 

abrogea lés usages onéreux au peuple^ 
entre autres celui qui obligeait les gens 
de la campagne à fournir le logement 
et la nourriture h tout noble en voyage. 
CependantMiecislas , qui s'était réfugié 
en Silésie , connaissant bien le carac-> 
tepe de son frère , lui écrivit pour lui. 
redemander ses états , en lui rappelant 
des services signalés qu'il lui avait 
rendus. Si l'on en croit les historiens ^ 
Casimir aurait renoncé ail trone^ qu'il 
croyait ne devoir qu'à une injustice , 
s'il eût pu en descendre sans l'aveu de 
ceux qui l'y avaient élevé. Il leur pei- 
gnit l'infortune de son frère , et se re- 
procha d'avoir aidé son fils Otbou à 
le dépouiller. Les magnats se mépri- 
rent sur les sentiments de Casimir, 
attribuèrent sa démarche à la pusil- 
lanimité , et lui parlèrent avec d'autant, 
plus de hardiesse , qu'alors commeo-. 
çait à germer chez eux cet esprit d'in- 
subordination qui plus tard a £aiit le 
malheur de la Pologne. Ils repr^en- 
tèrent à Casimir qu'il allait les perdrez 
en les r-emettai^t sous la domination- 
d'un prince méchant et avide de ven- 
geance ; ils ajoutèrent que lui-même 
serait dépouillé. de ses duchés; mais 
qu'au reste., plutôt que de se rendre 
les instruments de son malheur, ils 
se choisiraient un autre roi s'il per- 
sistait dans son dessein. Casimir céda 
k leurs remontrances , sans abandon- 
ner néanmoins le projet de soulager 
les peines de MiecisLis. Celui-ci cher- 
chait à obtenir par la force ce qu'il 
supposait que son frère lui refusait 
par ambitioa. L'empereur ne lui ayant 
pas accordé de secours , il conduisit à 
Gnesne des troupes que lui avait don« 
nées un petit prince son gendre, donc 
les états étaient baicnés par la mer 
Baîtique. Il se. rendit maître de la 
grande Pologne, que Casimir avait 
peut-être recommandé de ne pas dé- 
f^uixe av«c vigueur. Othon vint de- 



CAS 

mander grâce à Miedsias, qui , voyant 
l'aversion générale des Polonais, n'osa 
pas attaquer Casimir , et s'occupa à 
s'affermir dans sa conquête. Cepen- 
dant, la province de Brzesc y qui prit 
finactivitë de Casimir pour de la £ii* 
blesse, se révolta contre loi ^ il marcha 
contre la capitale du pays , la prit en 
douze jours, et punit de mort les ins* 
tigateurs de la révolte. Cette expédia 
tion , qui fit connaître la valeur de 
Casimir, lui inspira des idées de con- 
quête. Sous un prétexte assez* léger, 
il entra dans le duché de Halice , et, 
après une grande victoire ,. il en remit 
en possession , conune vassal de la 
Pologne , le (ils d'une de ses sœurs que 
l'on en avait chassé. Cette expédition 
intimida Miecislas,* il eut recours à la 
fourberie. Il réussit à séduire le gou- 
verneur de la MazoTÎe , qui obimea le 
peuple à lui prêter serment de fidélité: 
lia crainte d exciter une guerre civile 
empêcha Casimir de s'y opposer; il 
prévoyait d'ailleurs l'événement qui' 
arriva bientôt. Miecislas souleva, par 
sa mauvaise conduite , le gouverneur 
et les grands , qui allèrent implorer la 
cle'mence et le secours de Casimir. Ce 
prince leur fournit des troupes qui 
chassèrent Miecislas. Casimir, alla en-> 
suite dans le duché de Haiicz , pour 
venger la mort de son neveu , empoi- 
sonné par ses sujets , qui avaient dé^ 
ferë le pouvoir à Vladimir, le précé- 
dent usurpateur. Celui-ci, après avoir 
été retenu prisonnier par Bêla, roi de 
Hongrie, à qui il était venu demander 
des secours , et qui avait envoyé sQn 
fils André pour s'emparer du auché , 
s'échappa de captivité. Ne pouvant. 
ibroer André , renfermé dans la capi- 
tale , il ravagea les frontières de la 
Pologne ; il finit cependant par s'unir 
aux Polonais pour chasser André , et 
se reconnut vassal de Casimir, qui eut 
après cela une guerre k soutenir con« 



CAS ^71 

tre Bêla : elle fut terminéet par une 
trêve. Deux princes russes , aUiés de , 
Casimir , le choisirent pour arbitre 
dans une contestation qu'ils avaient au 
sujet de leurs limites. Il était occupé' 
à r^ler leur différend , lorsqu'il apprit- 
qu'une conspiration , ourdie par Mie-, 
cislas, à la, laveur du mécontentement, 
excité par la guerre de Hongrie , ve« 
naît d'éclater. Le palatin et l'évêque, 
de Cracovie , restés seuls fidèles » s'é-« 
taient emparés des forts de la ville, et. 
résistaient à Miecislas ; il n'osa pas at- 
teudre l'arrivée de son frère, La pré*' 
sente seule dç Casimir ramena les. 
rebelles, qui l'avaient cru mort en 
Russie. 11 punit de l'exil le chef des ré* 
voltés, et pardonna aux autres. Cet 
acte de clémence lui gagna tous les* 
cœurs ; Miecislas même cessa ses en^ 
treprises', ^t fournit bientôt après defe 
troupes à Casimir , qui fit une expédi- 
tion contre les Prussiens , paroequ'ilS' 
refusaient de payer les tributs» Le9 
Prussiens , efii^yés de la rapidité de 6A 
marche et des ravages qu'il comment-- 
t^t , promirent les tributs , pt don- 
nèrent des otages. Ce succès fut suivie 
de la p^ avec les Hongrois. Casimir^' 
adoré de ses sujets, respecté, de st$) 
voisins, jouissait du repos , lorsqu'il^ 
mourut subitement, le 4 iKiaî < i94»' 
au milieu d'un banquet , à l'âge de 
soixante-dix-iept ans. Sou équité lui 
mérita le surnom de juste. Sa dévotion* 
s'alliait avec un penchant immodéré 
pour les femmes. Quelques autem'S. 
ont même prétendu qu'il avait été em- 
poisonné par une fenune fatiguée, da. 
$es poursuites. Il avait épousé, en 
1 160, Hélène , fille de Yozevold, duc 
de Belz, dont il eut Lezko, son suc- 
cesseur; Conrad, duc de Mazovie, 
tige de la branche de Mazovie qui s é- 
tçignit en i4i6, et Salomé, femme 
de Carlomaa, fils d'André^ roi de. 
Hongrie, 



^p CAS 

GÂSlMtR III, dît h Grand, fils 
d'Uladislas Loketek , s'était distingué 
par sa bratmire sons le rëgue de son 
père y qui lui avait confié le soin de le 
venger des chevaliers teutoniques, et, 
pour le former à la conduite des peu- 
ple» , l'avait établi souverain de la 
grande Pologne , distinction qui avait 
catrsé des troubles dans Téta t. A peine 
tfssis sur le trône, en iS53, il voulut 
prolonger la trêve que son père avait 
oondue avec les chevaliers, parce que 
l'étonnante facilité avec laquelle ils se 
lelevaient de leurs défaites, Élisait 
draind^e une ^lite continuelle de com- 
bats sans résultât. Ayant obtenu la 
prolongation de la trèvepour un an , 
Casimir invita le rot de K)ngrie à ser- 
vir de médiateur entre hri et les che- 
valiers. Il s'appliqua ensuite k Têpri' 
met h licence, et pmiit les brigands 
qui désolaient la Pologne. If fut con- 
Tenu en i335, dans le congres de 
Wissegrad, qire les dieYaKers ren- 
draient k la Polocne le palatinat de 
Gâjavie, ainsi que le district de Dobr- 
fin, et lui paieraient r 0,000 florins 
M réparation dé leurs dégâts. Casimir, 
de son cèxé, renonçai à la Poméranie. 
Cet accord, avantageux sait chetaUers, 
lêu^ ayant fait es^rer qu'il» pour-» 
votent exiger dé Casimir de nouveaux 
Sacrifices, il» luSf dédatèrent ^ lorsqu^il 
voulut entrer en posses^n de la Cn- 
javie , qufil devait préalablement Êrire^ 
approiiver le traité par les états dtt 
royaume. Le roi, hors d'état de ven- 

Ser cette insulté, proposai à la diète 
e ratifier lelrai^, ce qn^elle refusa ^ 
cependant, comme on ne pouvait pour 
lé moment pretidre tes armes contre 
les chevaliers, oft résolut d'employer 
l'autorité du pape pour obtenir jus- 
tice. Le St-Siége écouta les plaintes 
des Polonais ; ses codnkiissaire» con- 
damnèrent les chevfldiers k restituer 
k la- Pologne la Poméranie et les au- 



CAS 

très provmces qu'ils retenaient, à ré- 
tabUr à leurs frais les églises qu'ils 
avaient détruites , à payer des indem- 
nités ccmstdérables k Casimir ; enfin , 
à tous les frais du procès. Cette sen- 
tence , qui fut suivie de l'excommuni- 
cation , n'intimida pas les chevaliers ; 
ils eurent recours à l'emperettr Louis 
V, qui leur défendit de se dessaisir 
des biens de l'ordre. Les chevaliers 
gardèrent leurs conquêtes et posèrent 
les armes. Casimir , n'ayant pas d'en- 
fant mâle, et voulant s'assurer l'appui 
d'un prince puissant, choisit ponr 
^ccesseur, en i539, ^^^ neveu 
Louis, fils du roi de Hongrie. Ce choix 
iiit approuvé après de vives opposi- 
tions , et on le notifia k Louis , avec 
la restriction que ses droits au trône 
de Pologne ne seraient valables qu'au- 
tant que Casimir n'aurait pas d'en- 
Êints. CasÎDiiir perdit son épouse en 
i54o. U s'empara peu après de la pe- 
tite Russie, qui avait autrefois appar« 
tenu k la Pologne , et dont le souve- 
rain venait de mourir. Il épousa en- 
suite Hedvige, fille du landgrave de 
Hesse. Le caractère jaloux de cette 
princesse ne tarda pas à lui faire per- 
dre l'afibction de Casimir, qui se sépa« 
ra d'elle, et la tint dans une espèce de 
captivité. Désirant réunir toutes ses 
forces contre la Russie, mais encore 
phis , n'avoir pas de nouveaux démê- 
lé avec les chevaliers teutoniques , il 
Uw offrit k paix aux conditions con- 
venues quelques années auparavant. 
Us souscrivirent à cet accord, qui, 
cette fois, fut ratifié par la dicte eu 
1 345. Casimir conquit presque en en- 
6er la Silésie> dont il ne retint que 
FrauenstadL Le roi de Bohême , su- 
seeraiii du dnc de Silésié, indigné de 
la conduite de son vassal , fit des pré- 
paratifs pour attaquer la Pologne, me- 
nacée par les Tatars. Ces bai^res 
l'approchaiçttt de Cracovie; Casimir 



CAS 

leur dispute le passage de la Vîstule, 
•les force à se retirer, vole en Silesie, 
détruit l'année du roi de Bohême, et 
revient dans ses états pour y rétablir 
Tordre. Il convoque une diète à Wils- 
licza en 1 347 , réunit les plus habiles 
gens du royaume, les charge d'une 
refonte générale des lois, et coopère à 
leurs travaux. Ses nouvelles ordon- 
nances sont acceptées. La sollicitude 
paternelle qii'il ne cessa de témoigner 
pour la classe la plus malheureuse de 
ses sujets, lui valut le titre de roi des 
paysans. Il essaya même , avec quel- 
que succès, de ramener dans ses 
états les arts que les troubles en 
avaient exilés. Il travailla ensuite à 
fnettrc son royaume à Tabri des in- 
sultes des ennemis, eu fortifiant les 
villes; puis il fonda des hôpitaux , des 
collèges, des universités. Voyant que 
les Polonais, uniqucmeut occupés de 
la passion des armes, lui reprochaient 
en quelque sorte sa vie inactive, i\ 
rassembla une armée, enleva aux Li- 
thuaniens tout ce qu'ils possédaient 
dans la petite Russie , et célébra ses 
conquêtes par un triomphe. Bientôt , 
les Lithuaniens , profitant de l'ardeur 
effrénée avec laquelle Casimir se livrait 
à ses plaisirs , reprirent ce qu il leur 
avait arrai^é. Les nobles regardèrent 
cette agression et la peste qui dévas- 
tait la Pologne , comme un châtiment 
du ciel imté des désordres du roi, et 
ne firent que de faibles efforts pour 
repousser l'ennemi. Casimir se ré-* 
Teille de sa léthargie, renforce son aiv 
mée d'un corps de Hongrois que son 
neveu lui amène , rentre dans la Rus- 
sie, Kvre bataille aux Lithuaniens , 
Élit leur duc prisonnier , et reprend la 
Volhynie; mais le prince lithuanien 
s'échappe de ses fers, et s'en empare 
de nouveau. Les Polonais, qui avaient 
reconnu Louis pour successeur au 
trône de son oncle , voulant faire va- 
vu. 



^'G A*S 273 

loir k ses yeux leur consentement et 
le mettre à profit pour eux-mêmes^ 
envoyèrent à Bude des députés qui 
lui firent signer, en i355, les pre- 
mières conventions conclues entre la 
noblesse et les rois. Casimir , choqué 
de cette démarche, résolut de se marier 
une troisième fois, dans l'espoir d'obte- 
nir un héritier. Hedvige, délivrée de sa 
captivité, venait de mourir; il épousa ^ 
en 1 358, une princesse de même nom, 
fille du duc de Glogau. Il paraissait 
uniquement occupé de goûter les dou« 
ceurs du repos, lorsque des troupes 
qu'il avait accordées à un des fils du 
vàyvode de Moldavie, ptnir ressaisir 
l'héritage de son père , furent défaites 
et réduites en captivité. Cet échec fut 
si désastreux pour la Pologne, qu'elle 
ne conservait aucun espoir de le ven- 
ger. Casimir fut réduit à racheter à 
grands frais les prisonniers. Il trouva 
cependant le moyen de faire éclater 
sa magnificence, lorsque, accompagné 
de plusieursiautres souverains, l'empe- 
reur Charles IV vint à Cracovie cpou' 
ser la fille du duc de Stetlin, petite-fille 
de Casimir. Ce prince reprit en 1 366 
la Russie rouge aux Lithuaniens, et 
laissa à deux seigneurs de cette nation 
la Volhynie et le palatînat de Beltz,'à 
condition qu'ils les tiendraient en fiefs 
de la Pologne. Cette expédition venait 
d'ajouter à la gloire de Casimir, lors- 
qu'il mourut, âgé de soixante-un ans , 
des suites d'une chute de cheval , le 
8 novembre 1370. Ses grandes quali- 
tés firent oublier ses nombreuxdéfauts. 
Le plus grave qu'on lui ait reproché , 
a été son penchant déréglé pour les 
femmes. Parmi le grand nombre de 
ses maîtresses, on remarqua une 
juive, nommée Esther, qui obtint de 
lui les privilèges dont les juifs ont, 
depuis cette époque, joui en Pologne. 
Casimir ne laissa de son troisième ina« 
riage que deux filles. Eu lui fhifti^ rat c 

18 



a74 ;CAS 

. des Piast, qui gouvernait depuli cinq 
ccat vingt-huit ans. Jusqu'à ce prin- 
' ce, les Polonais n'avaient eu que des 
rois pris dans leur sein ; ils commen- 
cèrent afors à en élire d'e'trapgers, et 
ce fut la première cause des troubles 
qui ont désolé ce royaume. E— s. 

CASIMIR ly ét^it fils d'Uladislas 
V. A l'âge de treize ans , et du vivant 
de son frère Uladislas VI, il fut nom- 
mé roi par les mécontents de Bohê- 
me en 1 458 ; mais les Polonais ne 
purent soutenir ce choix contre Al- 
Bert, duc d'Autriche, depuis empe- 
reur. A la mort de Storobudski, duc 
de Lithuanie , Uladislas envoya Gasi« 
mir dans ce p^ys en qualité de régent. 
Les Lithuaniens l'élurent duc, et son 
frère confirma ce choix. Lorsqu'en 
i44^9 '^ nouvelle de la malheureuse 
bataille de Varna parvint en Pologne, 
on refusa d'abord de croire à la mort 
d'Uladislas ; .lorsqu'il ne fut plus pos- 
sible d'en douter , tous les suffrages se 
réunirent sur Casimir, qui, à l'insti- 
gation des Lithuaniens, refusa le 
trône, sous prétexte que la mort de 
son frère